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Souveraineté monétaire ou vraie dictature bancaire

La sortie de l’€uro est-elle l’unique condition d’un retour à la souveraineté monétaire ?

La Grèce est-elle destinée à nous montrer ou à nous ouvrir le chemin pour un retour à la souveraineté monétaire dont le premier geste serait de quitter l’€uro, au moins en tant que monnaie unique  ? Retour au Drachme à Athènes, au Franc à Paris ? Resterait par la suite à examiner son sort éventuel comme « monnaie commune ». Nous avons dit première étape : en effet revenir à une monnaie nationale donne une manœuvrabilité, une souplesse de gestion impossible dans le carcan de la monnaie unique, mais cela est-il suffisant ? Que nenni si l’on considère les règles qui encadrent les financements, en particulier par l’emprunt, des dépenses des États. Repartons ici quarante ans en arrière pour comprendre en quoi la souveraineté monétaire est une impossibilité dans les mailles d’acier de la loi française et des traités constitutifs de l’Union européenne.

En effet la France n’a pas perdu sa souveraineté monétaire le 1er janvier 2002 avec la mise en circulation fiduciaire de l’€uro [1] mais le jour où la cryptarchie financière régnante l’a condamnée à emprunter exclusivement sur le marché libre de l’argent et par voie de conséquence à en subir les diktats.

Le 3 janvier 1973 le fidéicommis de la banque Rothschild, Georges Pompidou [2], président de la République fait adopter une loi portant réforme des statuts de la banque de France. En son article 25 celle-ci dispose que « le Trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l’escompte de la banque de France  ». En d’autres termes, la Banque de France se voit interdire d’accorder des crédits (par définition non grevés d’intérêts) à l’État, celui-ci est dès lors condamné à emprunter sur les marchés et aux taux que ceux-ci jugent adéquats. Cela revient à dire que l’État abandonne à partir de l’année 1973 le droit de « battre monnaie  » et transfère cette faculté souveraine au secteur privé dont il devient le débiteur volontaire. L’État ainsi s’autolyse littéralement en se plaçant sous l’empire de la loi 73-7, tombant de facto sous la coupe discrétionnaire du Marché du gros argent et des banksters qui le contrôlent.

Pire, en 1992 l’article 104 du Traité de Maastricht (devenu depuis l’article 123 du Traité de Lisbonne signé le 13 décembre 2007), remise la loi du 3 janvier 1973 au magasin des curiosités en interdisant notamment aux États d’emprunter auprès de leur banque centrale. Chacun sait que les traités prévalant sur la loi interne sont à ce titre infiniment plus contraignants, d’autant qu’il est quasi impossible de les remettre en question sauf à les considérer comme des chiffons de papier… attitude passée de mode et non politiquement correcte. Notons qu’en fin de parcours, ce sont les mêmes dispositions, déjà présentes dans la loi 73-7 Pompidou-Rothschild, qui se retrouvent aujourd’hui transposées presque inchangées dans le Traité « constitutionnel » de Lisbonne.

Ce rappel explique comment la dette française se montait fin 1979 à 239 milliards d’€uros (en fait 82,8 milliards d’Euros, 21% du Pib, augmentés de l’inflation). Fin 2008, elle s’établissait à 1327 mds dont 1306 mds exclusivement dévolus au service de la dette, soit une progression de 1088 mds entre 1980 et 2008. Conclusion, si la France avait conservé la capacité de créer sa propre monnaie, la dette réelle ne serait que de 21 milliards d’€uros ! De quoi rester songeur, car force est de constater que le système financier adossé à l’idéologie libérale, est parvenu à vampiriser les ressources nationales jusqu’à mettre en péril l’État lui-même. Bref, pour retrouver une souveraineté monétaire perdue, il ne s’agit donc pas uniquement de sortir de l’€uro, ce serait trop simple, ni de l’Union européenne, mais de s’affranchir du parasitisme bancaire légal lequel tire puissance et substance de l’idéologie libérale-libertaire. En un mot il ne saurait y avoir de retour à la souveraineté politique qu’en s’affranchissant de la dictature des banques et des marchés que représente si bien la bureaucratie céleste bruxelloise, mais également et surtout, sans une révolution épistémologique nous débarrassant une fois pour toute des perversions libéralistes, intellectuelles et morales.

D’une crise l’autre

La crise de septembre 2008 avait pourtant constitué un sévère avertissement. Elle nous aura appris au moins une chose, à savoir que ce ne sont pas tant les règles de fonctionnement - ou plutôt leur absence, une déréglementation sans limites qui démarre en 1974 - des banques et des établissements financiers, qui sont à l’origine première de la crise… Ce ne sont pas les paradis fiscaux, las parachutes dorés et les salaires des opérateurs de salle de marché et les crédits hypothécaires à risques ou encore les produits dérivés qui sont les causes premières de l’effondrement de nos économies et de la crise de la dette, mais bel et bien l’idéologie ultra libérale dans ses fondements théoriques et sa philosophie qui a incarcéré les États et les peuples dans un mortel maillage juridique, lequel au Marché et à la Banque de les marteler de leur Talon de fer[3].

Tant que les nations se soumettront à l’implacable servitude du dogme fétichiste de la concurrence libre et parfaite, tant qu’ils communieront dans la croyance idolâtrique en l’autorégulation des échanges et de la vie économique sous l’influence de la Main invisible, tant qu’il n’y aura pas de rupture totale avec une idéologie faisant de l’homme et du vivant une simple marchandise et de la consommation à outrance son ultima ratio, la crise multiforme, financière, économique, environnementale, continuera de sévir jusqu’à ce qu’adviennent d’inévitables catastrophes.

En un mot comme en cent, si nous voulons guérir notre pays (et au-delà), du mal qui le ronge, il faut renverser l’idole ultralibérale, laquelle n’est à tout prendre que le pendant inversé du collectivisme soviétique. D’ailleurs en Chine la chimère libérale-marxiste-léniniste prospère… tandis que la version européenne, mixte d’étatisme soviétique et de parlementarisme, échoue de façon pitoyable ne cherchant d’issue que dans une fuite en avant vers plus de dictature combinée des marchés et de la bureaucratie triangulaire euromondialiste (UE/BCE/FMI). 

À nous par conséquent, ici en France et en Europe, de réviser nos lois et d’infliger à la Banque dévoyée de sa fonction sociale et aux oligarchies financières prédatrices, la sévère « correction » de style qu’elles méritent. C’est peut-être ce qui risque d’ailleurs d’arriver spontanément dans un délai assez court : l’implosion de la « bulle » de la Dette souveraine… Le parasitisme n’ayant pas vocation à vivre seulement aux dépends de son hôte, mais par nature de le faire crever, les marchés à force de goinfrerie ont à ce point surchargé la barque (occidentale) des dettes souveraines que celle-ci est au bord de chavirer. Car en dépit de la crise et de ses graves séquelles sociales, les liquidités, les fonds vagabonds en quête de placement n’ont jamais été aussi abondants sur les marchés. Tel est le paradoxe de la méga crise systémique en cours. Il n’en demeure pas moins - et c’est là la loi inflexible des « marchés » - que comme pour toute bulle spéculative celle de la dette semble bien condamnée à s’effondrer. Espérons in fine que périront avec elle ceux qui croissent et se multiplient au grand préjudice des peuples, des nations et de la Civilisation.

1- « Le talon de fer  » Jack London 1908

2- La page des élections législatives de 1997 refermée, Strauss-Kahn obtient du premier ministre Jospin de s’engouffrer dans l’€uro en laissant de côté les conditions auparavant posés par la gauche quant aux contraintes liées à l’application du « pacte de stabilité ». Cf. Le Monde 3 nov. 1999. Ce qui permet avec la signature du Traité d’Amsterdam le18 juin 1997 de mettre en œuvre de la monnaie unique dès 16 septembre suivant.

3- Georges Pompidou fut chef du cabinet de De Gaulle d’avril 1948 à 1953, époque à laquelle il entre à la banque Rothschild où il occupa très vite la direction générale du groupe. Nommé en 1959 au Conseil constitutionnel, Pompidou devient en avril 1962 Premier ministre de De Gaulle. Il sera remercié en juillet 1968, avant d’être élu à la présidence le 15 juin 1969.


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17 réactions à cet article    


  • Robert GIL ROBERT GIL 17 juin 2011 12:50

    Qui se souvient des prix en franc, d’une baguette, d’un café, d’un litre de lait
    ou d’un kilo de pomme de terre, et oui avec l’euro les prix ont augmentés, et
    c’est une moyenne, d’environ 30%, soit un tiers de plus qu’avant l’euro. Et ce
    pour tous les produits courants de la vie de tous les jours et nécessaires à tout
    individu et toute famille...alimentation, loyers, transports, loisirs, habillements.
    Sur certain produits les augmentations sont supérieures à 80% et à plus de
    1200% pour les pommes de terre ! Seuls les salaires et retraites ont été indexés
    directement sur l’euro ! Pardon pas tous les salaires, le salaire de Sarkozy a été
    augmenté de 218% par rapport de celui de J.Chirac.Voir ci-dessous :

    http://2ccr.unblog.fr/2010/10/20/sortir-de-leuro/


    • plancherDesVaches 17 juin 2011 13:16

      Cette inflation aurait tout de même eut lieu sans Euro.

      Elle aurait même peut-être été pire : voir l’inflation en GB en 1993 quand Soros a attaqué la Livre.


    • Aldous Aldous 17 juin 2011 14:07

      Mais à quoi vous attendiez vous ?

      Je parle aux électeurs qui ont voté en faveur des transfert de souveraineté à l’UE.

      Quand on accepte de céder sa souveraineté il ne faut pas s’étonner que les dirigeants ne nous prennent plus en considération, vu que ce n’est plus à nous qu’ils ont des comptes à rendre.

      C’est pas pour rien qu’on criait « Le roi est mort, vive le roi » quand un souverain décédait.

      Nous nous avons abdiqué notre souveraineté en rase campagne.

      ABDIQUE.

      Point barre !

      On n’abdique pas en s’attendant à rester le souverain.

      Inutile de dire « je ne savais pas » , « Je n’avais pas compris » puisqu’on on a tous lu « L’esprit des lois » de Montesquieu.

      C’était obligatoire à l’école de la République.

      Et c’était fait exprès pour que le peuple ne soit pas couillon et comprenne ce que c’est que d’être souverain.

      Évidemment il y a eu le « non » au référendum.
      Mais qui s’est élevé contre la trahison du congrès qui a annulé le référendum en votant le traité de Lisbonne ?

      Personne.

      Bon ben il est temps de se réveiller !


      • Berserk 17 juin 2011 14:20

        Merci à l’auteur pour cet article efficace et bien écrit.


        • kiouty 17 juin 2011 16:36

          45 milliards de charges de la dette par an à payer aux possesseurs d’obligations françaises. Rien que ça. C’est équivalent au déficit, à peu près, non ? Ou au moins en grosse partie. Sans intérêt, pas de déficit.

          Et tout le monde s’en fout (sauf les 3000 personnes un peu renseignées qui ont lu quelques trucs sur le sujet et qui trainent ici ou sur les blogs alter). On préfère parler de la maigreur de hollande, de dsk, des liens de hulot avec les multinationales, de la crucherie de Royal, de l’hystérie et de la médiocrité de Sarkozy, bref, que des trucs à la con quoi.

          Avec cette somme, combien de trous de la sécurité sociale pourraient être bouchés, combien d’années de retraites en plus on pourrait accorder aux salariés, combien d’hôpitaux, de tribunaux, d’écoles pourraient avoir les moyens adéquats pour effectuer leur mission, combien d’investissements dans les énergies renouvelables pourraient être effectués ?

          Hein ? Hein ? Hein ?

          En fait, les caisses ne sont vides que parce qu’elle se sont faites braquer par Pompidou et Giscard en 1973, pendant que tout le monde faisait l’amour au lieu de la guerre et s’abrutissait le cerveau a fumer des cigarettes rigolotes. En plus, le Pompidou a bien attendu Giscard, il n’aurait jamais pu faire un truc pareil sous De Gaulle, il se serait fait exploser.


          • kiouty 17 juin 2011 16:38

            Bon, pis y aurait pas un seul socialiste ou communiste, ou meme melenchoniste pour expliquer cela aux français. Meme le sieur Besancenot est d’une discrétion de violette sur le sujet.


          • Le péripate Le péripate 17 juin 2011 16:50

            Condamné à emprunter.... wouf, quelle peine !

            Non mais vous imaginez la situation : le pouvoir peut lever des taxes et impôts, et si vous ne payez pas il a même les gendarmes, encore payé par vous comme pour rire. Mieux, le pouvoir peut même commander à sa banque centrale, consortium de banquiers privés certes mais aux ordres d’augmenter discrètement la quantité de monnaie. Oh, pas grand chose, quelques pour cent par an... On appelle ça l’inflation, les prix montent, enfin la monnaie perd de la valeur. Et ça va vite : depuis 1914 toutes les monnaies ont perdues jusqu’à mille fois leur valeur. Ou est parti la différence ? Devinez.

            Condamné à emprunter.... si ce n’est pas du foutage de gueule...


            • arcrachatcredits arcrachatcredits 17 juin 2011 16:51

              toujours l’éternel reproche a l’europe et a l’état
              lorsque des régles sont définies et quelles sont bonnes les Etats souverains se l’approprient
              lorsqu’elles font obligation de défense de l’environnement ou des régles sanitaires financières etc... les gouvernants souverains le reproche à l’europe

              Le fonctionnement de l’europe n’est pas exempt de disfonctionnement avec l’influence des lobbyistes de tout poils et des intérêts partisans de chaque pays. et les pays qui faisant parti de l’europe ne veulent pas de l’euro tout cela bien complexe.
              Mais pour parler de la devaluation lorsque le petit franc a été divisé par 100 ce n’était pas l’europe et il est plus facile d’attaquer le francs ou la livre sterligne que la monnaie de l’europe.
              La ou le bas blesse c’est que l’on veut tirer les avantages et pas les inconvenients de la solidarité.
              Que la BCE ne tient compte que de la régle de l’euro fort mais tient peut compte du dollar faible et la BCE travaille le capital qu’un peu d’inflation vraiment calculé ne ferait pas de mal avec une baisse du rapport dollar/euro

              Mais le principe des polluleurs payeurs ne doit pas s’appliquer aux spéculateurs payeurs car la crise venant du systeme financier lui même l’on doit forcer nos dirigeants a faire payer celà (oh la douce utopie)
              mais un petit dessin sur les subprimes a voir souligne la crise
               http://www.arcrachatcredits.org/articles.php?article=71

              mais aussi très lié l’explication pour tous enfants comprise de la spéculation source mère de la crise économique et financière http://www.arcrachatcredits.org/edito.php?article=746


              • Domino Domino 17 juin 2011 16:53

                Il y’ aura bien un moment ou la dette atteindra un tel sommet qu’aucun pays européen ne pourra rembourser... que se passera-t-il ?


                • Kessonfait ? 17 juin 2011 20:16

                  Je dirais l’effondrement du système et nous avec, cela s’appelle l’hyperinflation (la dette augmente et les moyens de la rembourser diminue) voir Weimar 1923.


                • Kessonfait ? 17 juin 2011 20:12

                  Salut Camus,

                  Ton article retrace la perte de souveraineté de la France mais aussi de cette Europe au profit des financiers.

                  Où se situe cette finance dont tu parles ?
                  Que pourrions nous faire aprés avoir récupéré le controle de notre monnaie ?


                  • Digger 18 juin 2011 02:27

                    Moi j’aime bien le graphique sur cette page. Il circule pas mal sur le net et je le crois assez exact ; ce sont les intérêts composés de la dette qui creusent la dette.
                    http://postjorion.wordpress.com/2010/06/02/98-article-invite-a-j-holbecq-monetiser-la-dette-publique/
                    Je viens de lire le paragraphe charge de la dette sur wikipédia et c’est assez épouvantable.
                    http://fr.wikipedia.org/wiki/Dette_publique_de_la_FranceLa
                    « La charge de la dette représente le paiement des intérêts seuls ; elle se montait à 47,4 milliards d’euros pour l’année 2005, soit la presque totalité de l’impôt sur le revenu »

                    et « Le remboursement du capital de la dette, qui fait partie du service de la dette, représente pour l’État environ 80 milliards d’euros, c’est-à-dire la somme de toutes les autres recettes fiscales directes (impôt sur les société, ISF, etc.). Au total, le service de la dette de l’État représente 118 milliards d’euros, ce qui correspond à la totalité de ses ressources fiscales directes, ou encore, presque à la TVA (environ 130 milliards) »

                    Evidemment les sommes prêtées par les banques privées sont créées au moment du prêt. Ce qui au passage invalide l’éternel gnagna des adversaires du système où la Banque centrale crée la monnaie. D’après lesdits adversaires ce système serait inflationniste (planche à billet ! planche à billet !). Le processus est identique ; dans les deux cas la monnaie est créée de rien. Il y a quand même une différence à l’arrivée, hein...


                    • BA 18 juin 2011 11:00

                      Il y a environ un an, le jeudi 4 mars 2010, la Grèce lançait un emprunt à 10 ans. La Grèce avait dû payer un taux d’intérêt de 6,39 %.

                       

                      Ce taux d’intérêt était exorbitant : c’était 3,26 % de plus que ce que l’Allemagne payait (quand l’Allemagne lançait un emprunt à 10 ans, elle ne devait payer que 3,13 % d’intérêt).

                       

                      http://www.obliginfos.fr/2010/03/04/lemprunt-grec-a-10-ans-emis-a-63/

                       

                      L’Union Européenne et le FMI ont alors décidé d’intervenir pour sauver la Grèce. Deux mois plus tard, début mai 2010, l’Union Européenne et le FMI ont mis sur la table 750 milliards d’euros pour rassurer les investisseurs internationaux. Ils ont décidé de prêter 110 milliards d’euros à la Grèce.

                       

                      Ils ont déclaré que, grâce à ces mesures, la Grèce pourrait recommencer à emprunter sur les marchés en 2012.

                       

                      Aujourd’hui, nous pouvons faire le bilan : un désastre.

                       

                      - Les investisseurs internationaux n’ont pas du tout été rassurés.

                       

                      - Le 4 mars 2010, pour un emprunt à 10 ans, la Grèce avait dû payer un taux d’intérêt de 6,39 %. Vendredi 17 juin 2011, le taux des obligations grecques à 10 ans est de ... 16,939 % !

                       

                      - La Grèce ne pourra pas revenir emprunter sur les marchés en 2012.

                       

                      - Comme la Grèce est écrasée sous des montagnes de dettes, l’Union Européenne et le FMI ont donc décidé ... de lui prêter 100 milliards d’euros supplémentaires !

                       

                      - Les dettes publiques ne peuvent pas monter jusqu’au ciel : il arrive toujours un moment où tout s’effondre. Ce moment, ça s’appelle un défaut de paiement.


                      • Bernard Pinon Bernard Pinon 18 juin 2011 11:35

                        Questions aux doctes économistes qui fréquentent Agoravox.

                        Supposons que la France décide de resusciter le franc afin de pouvoir reprendre le contrôle de sa monnaie (lisez mes lèvres : dévaluer).
                        La dette est libellée en Euro. Quelle marge de manoeuvre aurait le pays pour renégocier celle-ci en Francs ?

                        • Kessonfait ? 18 juin 2011 12:24

                          Effectivement c’est un vrai casse-tête. Les grecs ne veulent pas d’un autre plan d’austérité ce qui a contraint le FMI de dire ok pour vous filer l’argent nous verrons aprés pour l’austérité mais ne l’a pas versé. Les banques qui devaient récupérer cet argent risquent elles aussi de vaciller. ESt-ce qu’en France nous accepterons un nouveau plan de renflouement avec austérité plus grande qu’aujourd’hui ? J’en doute !

                          Reprendre le controle de sa monnaie ne signifie pas seulement de revenir au franc mais reprendre le controle public de la banque nationale ( pas de la laisser entre les mains des financiers privés) et d’emettre du liquide pour reconstruire une plateforme de développement pour le bien commun des habitants.

                          Cela peut se faire aussi pour les autres pays de l’Europe. Il nous faudrait liquider la BCE (qui rachète n’importe quel actif spéculatif toxique contre de l’argent qui repart à la spéculation) où peut être la transformer en service public européen ainsi nous pourrons mettre en commun un fond pour des travaux européens avec une monnaie commune mais pas dans les économies nationales. Cela ne gènerait pas le remboursement d’une dette libéllé en euro (plytechnique et non spéculatif)

                          Pour la dette, nous pouvons aller voir dans les banques ce qui est productifs (nous gardons et nous paierons) et ce qui est spéculatif ( nous les laisserons aux financiers privés) : cela s’appelle une banqueroute organisée ou faillite ordonnée par la séparation des activités bancaires (1 activité = 1 banque) ce qui obligera les spéculateurs ( ceux qui auront survécu) à la prudence car si ils perdent non seulement ce sera leur argent mais en plus ils feront faillite car non protégé par leurs activités de dépôt ( qui entraîne un renflouement public).


                        • Ariane Walter Ariane Walter 18 juin 2011 12:39

                          Excellent article d’une parfaite clarté et que je garde dans mes archives.
                          je pense que cette dette est une « dette détestable » qui n’a pas vocation à être payée.
                          A deux reprises les EU ont déclaré une dette détestable et ont refusé de la payer. A Cuba et en Irak. ils connaissent donc le système.
                          Quant à l’Equateur ,en déclarant sa dette détestable, ce qui n’a fait moufter personne, il a fait passer sa dette de trois milliards à 800 millions.

                          Cette dette détestable ,pour notre pays et pour tous les pays d’Europe, témoigne de l’ intention d’un groupe de s’enrichir aux dépens d’une collectiviré. Il y a faute à l’origine.Les chiffres prouvent à quel point elle a été préjudiciable à notre Nation.
                          je pense que non seulement il ne faut pas la payer mais réclamer aux organismes bancaires qui ont empoché des intérêts, des dédommagements.

                          Nos pays ont été à moitié vendus par une bande d’escroc en rapport avec des mafias. Il faut en appeler à la Justice. Déposer une plainte collective au nom de la Nation.

                          il faudra faire vite car nos alliés les Zuniens ont pondu une directive qui permet d’arrêter sans autre forme de procès celui qui milite pour le « non remboursement de la dette ».

                          vous avez dit « dictature » ? mais cela se renverse, non ?


                          • Albator 19 juin 2011 18:51

                            Bonjour,

                            L’euro est une erreur historique comme la construction iconoclaste de l’Europe, et son élargissement sans fin, d’économies disparates.

                            Née d’une bonne idée, rapprocher 6 pays, on en est arrivé aujourd’hui à 26 pays contre la volonté populaire mais grâce à une volonté politique, pilotée par les grands banquiers qui sont les réels gouvernants. L’euro est un boulet, un fardeau qui empêche notre compétitivité et qui est largement surévalué par rapport au dollar.

                            Seuls les grands groupes industriels en ont profité pour délocaliser à moindre coût vers des pays où le coût de la main d’oeuvre est bien faible, détruisant des milliers d’emplois.

                            Dans le même temps, les importations de ces mêmes pays ont cru de manière exponentielle car libellées en majeure partie en US$ bien plus avantageux. Nous avons donc détruit des pans entiers de notre économie.

                            Nous avons laissé faire les banques, nous avons abandonné notre droit régalien de battre monnaie ce qui nous permettait de financer nos investissements à moindre coûts alors qu’aujourd’hui il nous faut emprunter à des établissements financiers, à des taux parfois prohibitifs, liés à des agences de notation qui font la pluie et le beau temps. L’inflation, qui soit-disant, devait être maitrisée, n’a jamais été aussi forte depuis 10 ans. Les grands groupes de distribution y ont tout de suite vu l’occasion d’augmenter leurs prix et donc leurs marges car qui se soucie aujourd’hui de payer 0.10 centime d’euro de plus le même produit d’une semaine sur l’autre.

                            Ces grands groupes de distribution qui ont par ailleurs ruiné des milliers d’agriculteurs et qui continuent sous le regard complaisant de nos gouvernements.
                            Mais tout ceci est normal si on se replace dans le cadre d’une économie mondiale dont la seul règle est le profit à tout prix pour quelques milliers de milliardaires, qui eux se sont enrichi au détriment d’une grande majorité de la population.

                            Sans l’euro et surtout la loi scélérate du 3 janvier 1973, notre dette serait égale à 0 aujourd’hui, alors qu’elle ne fait que croître car nous remboursons d’abord aux banques privées les intérêts de notre dette et non le capital et, c’est le comble, que nous empruntons à ces mêmes banques pour rembourser ces intérêts et financer notre déficit. C’est le serpent qui se mord la queue.

                            La sortie de l’euro est donc inéluctable sauf si nous alignons notre taux directeur sur celui des Etats-Unis et notre parité euro sur celle de l’US$. Ce serait la fin de la spéculation et des aller et retours des traders.

                            Le budget de l’état est aussi une construction hérétique car confondant des dépenses d’investissements amortissables et des dépenses de fonctionnement.

                            Nos politiques n’ont hélas aucune notion économique et préfèrent s’en remettre aux conseils des lobbies financiers qui bien sûr n’ont aucun intérêt à voir ce système fort lucratif s’arrêter.

                            Il faut aussi revoir tout notre système de taxation douanières des importations (pour la plupart nos produits importés sont taxés autour de 5% quand les mêmes pays nous appliquent 25 ? 30 ou 50% !). La réciprocité des taux doit devenir une règle. Idem pour le coût des visas touristiques ou business. Quand un pays demande 100 euro pour un visa, nous demandons 20 euro !!!

                            Que se passera t-il si l’on sort de l’euro demain ? Et bien, au niveau de la consommation intérieure cela ne changera rien, sauf probablement une baisse des prix des produits de consommations courantes « made in France » quand les consommateurs se rendront compte qu’avant 2000 la baguette valait un franc et qu’aujourd’hui, elle en vaut 6 fois plus et ce n’est qu’un exemple. La grande distribution (et le commerce en générale) ne sera probablement pas contente.

                            Les produits importés coûteront plus chers, mais rapporteront plus à l’état et inciterons nos industriels à relocaliser leur production en France ou en Europe de l’Ouest, mouvement qui a déjà commencer car le les coûts en Chine augmentent fortement ainsi que les coûts de transports. Et puis, on achète pas une TV écran plat tous les jours, mais des produits de première nécessité, oui.

                            Dernier point, l’espace Schengen est une vaste fumisterie et une vraie passoire. Nous devons revenir à nos frontières nationales.

                            Il faut aussi favoriser l’achat made in France comme le font de nombreux pays de part le monde. Aujourd’hui la mondialisation, c’est pour nous, par pour les autres qui voient d’abord leurs intérêts nationaux.

                            Et la Banque de France (j’ignore aujourd’hui à quoi elle peut servir aujourd’hui et pourquoi elle existe toujours) devra être de nouveau à même de financer nos besoins de financement à taux 0 et non plus les banques privées qui ruinent toutes nos économies.

                             

                            Cdlt.

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