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Accueil du site > Actualités > Europe > To speak english or not ?

To speak english or not ?

En voyageant sur le portail Europa du site du même nom, celui de l’Union européenne, on peut y lire que l’UE compte vingt langues officielles, qu’elle travaille donc dans les langues choisies par les gouvernements des Etats membres et non dans une langue unique ou dans quelque langue qu’elle aurait elle-même choisie et qu’une bonne partie de ses citoyens ne pourraient pas comprendre, que ce choix du multilinguisme officiel en tant qu’outil de gouvernance économique est unique au monde...

Rassuré d’être au cœur d’un modèle aussi original et si soucieux de ses citoyens, vous voulez sans tarder communiquer avec vos frères des autres pays européens et vous vous rendez sur la page « jumelages » . Surprise : le texte n’est plus affiché que dans dix langues, et on vous explique que les projets de jumelage de villes sont désormais gérés par une agence exécutive que vous pouvez joindre en cliquant sur un lien. Et là, seconde surprise, vous tombez sur un texte en anglais. L’an dernier la demande de subvention pouvait être faite en anglais, français ou allemand ! Les réclamations ne pouvaient être faites qu’en anglais !

Les citoyens des nouveaux pays membres le savent depuis des années : la commission européenne ne s’adressait à eux qu’en anglais, et quand ils voulaient réclamer des fonds européens, ils étaient - et continuent de l’être - priés de le faire en anglais ! Donc, comme souvent s’agissant de la construction européenne, il y a les contes d’Andersen pour amuser les schtroumpfs et la réalité qui n’est pas du même tonneau. La réalité est que l’anglais est en train de devenir progressivement la seule langue de travail de l’UE, et que la notion de langue officielle est remisée au rang des armoiries qui ornent les murs des châteaux dans le Royaume de sa gracieuse majesté.

Qu’en dit la classe politique française ? La pantalonnade atteint des sommets. Alors qu’au début des années 1990 Jacques Toubon , manifestement immunisé contre le virus du ridicule, faisait traduire « pins » par « épinglette » et menaçait des pires foudres tout fonctionnaire qui utiliserait des termes anglais (notons au passage que les deux tiers de l’anglais viennent quand même du français !), on a fait un virage à 180° ! Même le très moyenâgeux baron Ernest Antoine Seillière ose narguer notre président préféré en s’exprimant en anglais, la « langue des entreprises ». Dans ce monde « bobotisé », ceux qui s’inquiètent des menaces pesant sur l’usage de la langue française sont voués à la ringardisation. D’ailleurs, si seuls ceux qui parlent anglais avaient eu le droit de vote, on n’aurait pas vu le non l’emporter au référendum ! L’usage de la langue peut être réservé et toléré s’agissant d’exercices « druidesques » comme les dictées de Pivot ! Mais quand les choses deviennent sérieuses, il faut savoir vivre avec son temps.

Mon propos n’est pas de rejoindre dans la défense de la langue française une Académie française décatie qui, en rigidifiant son usage, a été largement responsable de son déclin. Ce qui est en cause, c’est simplement le droit du citoyen d’exercer sa citoyenneté dans sa langue maternelle. Je ferai simplement un certain nombre de remarques.

Il fut une époque où les gouvernants s’adressaient, en français, au peuple des bouseux qui, lui, parlait anglais : c’était l’Angleterre du Moyen Age. Il fut une autre époque où, sous d’autres cieux, quand on s’exprimait en français, on avait droit à un cinglant : « Speak white ! » : c’était le Québec des années cinquante !
Il n’existe aucun exemple d’Etat démocratique qui ait pu durablement fonctionner en usant, comme langue officielle , de la langue maternelle d’une seule partie de ses citoyens. Les seuls cas existants opposables sont d’anciennes colonies et la langue du colonisateur y fut imposée par la force dans un contexte où les langues locales n’étaient parfois même pas écrites et où les populations étaient analphabètes. L’URSS qui avait imposé l’usage du russe s’est effondrée.
On mesure à quel point la langue est un paramètre essentiel du fonctionnement de la démocratie. Le Canada n’a survécu que parce que les anglophones ont eu l’intelligence de faire des concessions aux Québécois. La Belgique est secouée par l’opposition entre Wallons et Flamands, les premiers ne comprenant pas les seconds et vice-versa .Il n’y a, à vrai dire, que la Suisse qui ait réussi à maîtriser cette marmite avec, il est vrai, une forte tradition de fédéralisme.

Quels sont les motifs de tout cela ? Certainement pas la difficulté du dialogue entre les peuples : les Allemands parlent rarement le français et les Français encore plus rarement l’allemand, ce qui n’a pas empêché le développement d’un sentiment de sympathie entre ces peuples autrefois ennemis. La véritable raison peut s’énoncer ainsi :

1. La démocratie est un système qui s’équilibre en aménageant des compromis entre des intérêts différents.
2. Or, pour que ces compromis soient acceptés, il faut que chacun puisse avoir été à même défendre ses intérêts et qu’il acquiesce à la nature du compromis.
3. On ne défend bien ses intérêts que lorsqu’on peut le faire dans sa langue maternelle.

Il en résulte qu’une Union européenne qui serait composée, d’une part, d’une aristocratie parlant anglais, d’autre part de multiples plèbes s’exprimant en français, italien ou polonais, n’est promise à aucun développement durable, pour utiliser la logorrhée chère aux eurocrates.
Pour l’instant, la réalité est cachée aux citoyens : le Parlement européen, pour inutile qu’il soit, continue à bénéficier d’une traduction simultanée dans les vingt langues (même s’il faut passer par l’anglais pour aller du portugais au slovène, ce qui fait que les Slovènes reçoivent une traduction décalée dans le temps). A la Commission, en revanche, l’usage de l’anglais devient la règle entre fonctionnaires, et tout le monde sait que là est le siège du pouvoir !

Comment s’étonner ensuite que surgisse un jour une directive Bolkestein ? Ce n’est pas Jacques Barrot qui risque de s’en apercevoir : il ne parle pas anglais ! Nos députés européens non plus, d’ailleurs...

Il faudrait demander à Royal, avocate du oui, quel espace existerait pour sa démocratie participative quand les citoyens devraient poser les questions en anglais tandis qu’on leur répondrait en anglais. Ladite madame Royal répondrait peut-être, si elle a lu le projet de traité, que celui-ci disposait justement que tout citoyen a droit à ce qu’on lui réponde dans sa propre langue. Réponse exacte, par écrit ! Sous quinzaine !
Etre citoyen, dans un Etat démocratique, ce n’est pas, en effet, pouvoir entendre et être entendu dans sa langue maternelle (ce qui constituait le minimum même aux temps de Philippe Auguste et de Jean sans Terre avant de faire intervenir les archers du Roy). Etre citoyen, c’est pouvoir participer au dialogue public dans toutes ses dimensions, pouvoir porter un débat contradictoire, pouvoir interpeller les gouvernants.
Il est vrai que si Lionel Jospin avait parlé anglais en 2002, ses interlocuteurs, victimes d’un plan de licenciement, n’auraient pas entendu que l’Etat ne pouvait pas tout faire ! De même aurait-on pu attribuer l’engagement de Sarkozy de ne pas privatiser GDF à une erreur de l’interprète.
En envoyant Olivier Duhamel et quelques éclopés du suffrage universel à Strasbourg, on ne peut pas dire que l’UMPS crée un « désir d’Europe », mais ces gens-là imaginent-ils un seul instant que les citoyens puissent accepter demain sans broncher que ceux qui fabriquent la norme, rue de la Loi, ne sont pas en mesure de les entendre, car ils ne comprennent pas leur langue ? Retournons un seul instant au mythe fondateur du contrat social : comment peut-on imaginer que les citoyens remettent les clés de l’exercice du pouvoir à des gens avec lesquels ils ne se comprennent pas ?

Mais il faut aller plus loin : l’omnipotence de l’anglais n’est pas sans influence sur les politiques. Une langue est d’abord le produit d’une culture et véhicule une vision du monde ; une Weltanschauung comme disent les Allemands. Ce n’est sans doute pas un hasard si l’Europe des années soixante ne ressemble pas à celle du début de ce siècle. Le tarif douanier extérieur commun (en fait la préférence communautaire) est une dimension majeure de la première. Avec l’entrée du Royaume-Uni commence une longue dérive libre échangiste et environnementaliste liée à l’histoire économique et religieuse des pays anglosaxons. La mondialisation est sans doute un facteur de cette dérive mais elle n’est pas seule. Le fait que l’on ait réfléchi et travaillé dans la langue des thatcheriens n’y a pas peu contribué !

Le malaise né des deux non au référendum a mis à mal l’image d’Epinal d’une Europe créatrice de richesse et welfariste. L’Europe, c’est d’abord l’avenir promis du sous-développement durable ; en tout cas, c’est ce que ressentent confusément les citoyens quand on veut bien leur demander leur avis. Alors, si ce doit être plus de cette Europe-là, et que dans le même temps, quatre-vingt pour cent de ses citoyens soient cantonnés dans le rôle d’une sorte de Tiers Etat linguistique, les europhiles devraient avoir du souci à se faire !

Martin Kellenborn


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238 réactions à cet article    


  • Kafka (---.---.31.153) 28 décembre 2006 13:46

    « Il n’existe aucun exemple d’Etat démocratique qui ait pu durablement fonctionner en usant, comme langue officielle , de la langue maternelle d’une seule partie de ses citoyens. » O ironie ! Un Français nous vante les mérites d’une démocratie où chaque citoyen peut s’exprimer dans sa langue... Faut-il rappeler que la France est le seul pays, parmi les 25 de l’Union européenne, qui impose, dans sa Constitution, une seule langue à ses citoyens, et qui refuse de ratifier la convention sur la protection des langues minoritaires ? A ce propos, on pourrait se souvenir que cette chère langue française, décrétée langue nationale sous la Révolution, devint réellement celle des tous les habitants de l’Hexagone à l’occasion de la Grande Guerre ? Qu’une autre langue - l’anglais - s’impose plus pacifiquement est tout à son honneur.


    • Martin Kellenborn 28 décembre 2006 21:06

      Ah bon.....le français est langue officielle depuis François 1er ...( Edit de Villers cotteret) Bon, à l’époque ce n’était pas vraiment la démocratie !!! Qu’aujourd’hui un édit communautaire à venir dise que c’est l’anglais , il faudrait démontrer que c’est plus démocratique !!!merci d’apporter de l’eau à mon moulin


    • Helios (---.---.134.126) 28 décembre 2006 21:52

      Vous savez trés bien que si la France n’a rien ratifié en ce domaine, c’est parce que cela ferait vraiment trés desordre que l’arabe, DEUXIEME LANGUE EN FRANCE, puisse être officialisée comme telle !

      Continuons à faire l’autruche...


    • Jean-Christophe Loric jean-christophe 2 janvier 2007 23:44

      je crois beaucoup en la TECHNOLOGIE comme dans star trek, demain on pourra se parler chacun dans sa langue et avec une oreillette la traduction se fera en instantané. Idem pour le net, la traduction automatique existe déjà. Je recois déja des SMS en version vocale, et meme les articles d’agoravox se lisent (tres bien) par un automate. Ceci dit, il faut etre pragmatique : quand je rencontre un grec, un russe ou un chinois je suis hyper content que l’anglais existe. Et d’alleurs ce n’est plus de l’anglais depuis longtemps, c’est un anglocréole deformé par tous les accents de la terre !! le frenglish a son charme par exemple ! et que dire du ’are you talking to me ? ’ avec l’accent italien. J’ai vécu 2 ans aux pays bas, et appris le néerlandais. La plus grosse difficulté de cette langue ? l’anglais !! he oui difficile de parler neerlandais comme une vache espagnole avec un holandais qui comme moi est bilingue anglais... bref c’est une question de curiosité, de volonté. C’est vrai d’un point de vue democratie : tout le monde a droit a un message qu’il comprend. Mais une fois qu’on a dit ça chacun doit etre libre. Ne jugeons pas les fonctionnaires europeens qui parlent anglais : pour une fois ils sont PRAGMATIQUES ! smiley


    • skirlet (---.---.208.112) 3 janvier 2007 01:23

      Moi aussi, j’aime bien la SF. Cependant, on n’est pas sur le point de créer une intelligence artificielle, sans laquelle il est impossible d’obtenir une traduction valable. Un exemple récent : la chanteuse Madonna a voulu remercier ses admirateurs russes d’avoir assisté à son concert à Moscou. La traduction a été faite avec un logiciel, et voilà le résultat :

      « Merci 50.000 ecstatic ventilateurs russes assisté mes confessions montrent Moscou. Exposition était explosion ! Je me trouve sur le chemin back to hôtel maintenant et je vouloir empêcher vous savoir que tout est approuvé. Etat approvisionnement a fait merveilleux travail faire exposition était sans danger. Merci Russie ! » (et encore, la traduction vers le français ne rend pas des fautes de déclinaisons). Pour se comprendre avec ça, il faut se lever tôt smiley

      « Ceci dit, il faut etre pragmatique : quand je rencontre un grec, un russe ou un chinois je suis hyper content que l’anglais existe »

      Si vous en rencontrez de ceux qui ont suffisamment progressé. Sur les Russes, je suis bien placée pour savoir, à quel point l’anglais est élitiste et combien est petit le pourcentage de la population qui le maîtrise.

      « Et d’alleurs ce n’est plus de l’anglais depuis longtemps, c’est un anglocréole deformé par tous les accents de la terre !! »

      Une preuve supplémentaire que cette « langue » n’est pas un bon outil de communication.

      « c’est une question de curiosité, de volonté »

      Oui. Donc, selon vous, tout le monde doit développer une volonté et une curiosité envers l’anglais, tandis que dans le monde on a 6000 langues ?

      « Ne jugeons pas les fonctionnaires europeens qui parlent anglais : pour une fois ils sont PRAGMATIQUES ! »

      Récrutés à cause de leur connaissance d’anglais, il est normal que pour eux cette solution est pragmatique. S’ils était récrutés sur d’autres critères, le pragmatisme serait ailleurs. Il est inconcévable que ceux qui nous dirigent soient choisis pour leurs compétences linguistiques en anglais.

      « Mais une fois qu’on a dit ça chacun doit etre libre. »

      Justement : on doit être libre d’utiliser nos langues maternelles, sans qu’on nous traite de sous-hommes uniquement parce qu’on n’est pas les « native speakers », sans qu’on nous oblige de passer un temps fou pour maîtriser l’anglais.


    • Pascal (---.---.57.125) 5 janvier 2007 12:30

      Skirlet,

      Je pense qu’il faut bien distinguer deux choses : le fonctionnement interne des institutions de l’Union et les rapports de celles-ci avec les citoyens.

      Ces institutions ont l’obligation d’être efficaces. Elles doivent rendre des comptes. Il est en ce sens normal que quelques langues soient retenues comme langues de travail. Elles sont définies d’un commun accord par les états membres. L’anglais occupe une place particulière parce que la réalité actuelle est ainsi : cette langue est la plus répandue parmi les intellectuels et décideurs en Europe. L’Allemagne, par exemple, a essayé d’imposer un usage plus grand de sa langue, sans grand succès jusqu’à présent : l’allemand n’étant pas répandu de manière disons plus ou moins uniforme entre les pays membres. Il faut être pragmatique. C’est une convention comme une autre adoptée pour faciliter la vie en commun. D’aucuns pourraient contester les références que constituent le méridien de Greenwich pour les fuseaux horaires et les points cardinaux (le Japon se lève avant nous, cela serait-il injuste ?), l’usage exclusif de l’anglais dans l’aviation, l’utilisation de chiffres arabes pour compter, que 1+1 = 2... En ce sens, il me paraît normal que les insitutions européennes imposent la connaissance entre autres langues de l’anglais comme critère de sélection lors de ses recrutements. C’est en fait la mesure la moins discriminatoire (même si elle n’est pas la plus juste. Mais y a-t-il justice dans ce domaine ?) pour éviter la cacophonie et la paralysie. On peut rêver d’une langue commune à l’Europe mais la réalité est autre et le continent connaît un large éventail linguistique. Ce n’est pas prêt de changer.

      Vous dites que « [...] Il est inconcévable que ceux qui nous dirigent soient choisis pour leurs compétences linguistiques en anglais [...] ». Mais ceux qui nous dirigent ne sont pas choisis pour leurs compétences linguistiques en anglais ; à moins que vous ne consideriez la Commission européenne comme instance dirigeante... Ce qui est faux. Au sein de celle-ci travaillent ni plus ni moins des fonctionnaires exécutant, comme dans toute administration, la mission qui leur est attribuée, ici par les états. La responsabilité politique (et donc le pouvoir de décision que vous mentionnez) est du côté du Conseil des ministres accompagné bien souvent du Parlement européen. D’une part, les ministres européens restent responsables devant leurs parlements respectifs et les parlementaires européens sont élus au suffrage universel direct depuis 1979 par les citoyens européens que nous sommes, tous les cinq ans. Les décideurs n’ont pas de compétences linguistiques précises à avoir. D’où le recours à l’interprétation lors des réunions. Les réunions du Conseil et du Parlement font l’objet d’interprétation simultanée. C’est un principe qui n’est nullement remis en cause même si des problèmes de recrutement et de financement sont posés.

      En ce qui concerne, les rapports des institutions de l’Union européenne avec ses citoyens, comme je l’ai déjà écrit, il me semble fondamental que chacun de nous puisse s’adresser à ces institutions dans la langue de son choix (pour autant qu’il s’agisse d’une des langues officielles) et de recevoir une réponse dans la même langue.

      Voilà pour l’éclaircissement.

      Pascal


    • skirlet (---.---.8.92) 5 janvier 2007 15:49

      Concernant le fonctionnement interne des institutions :

      tout d’abord, l’anglais N’EST PAS RECONNU OFFICIELLEMENT comme unique langue d’échanges européennes. Sa promotion se fait insidieusement, sous couvert des belles paroles sur le multi-, plurilinguisme, « l’Européen trilingue » et autres tape-à-l’oeil. Si les institutions ont décidé de fonctionner ainsi, qu’ils le disent haut et fort, qu’ils présentent leurs arguments et expliquent, pourquoi les accord signés ne sont pas respectés.

      « C’est en fait la mesure la moins discriminatoire (même si elle n’est pas la plus juste. »

       ??? Demander des « native english speakers » pour des postes n’est pas discriminatoire ?.. On est face à la pire discrimination des toutes, celle de la naissance.

      « à moins que vous ne consideriez la Commission européenne comme instance dirigeante... »

      Officiellement elle ne l’est pas. Mais plusieurs choses dépendent d’elle, choses qui influent notre quotidien. Il suffit de voir l’affaire du logo... et ce n’est qu’une miette parmi tant d’autres. Je persiste à croire que les fonctionnaires doivent être qualifiés en d’autre chose que les langues, car une personne douée en langues ne l’est pas forcément dans d’autres domaines.

      « On peut rêver d’une langue commune à l’Europe mais la réalité est autre et le continent connaît un large éventail linguistique »

      Justement - c’est parce que l’Europe contient un large éventail linguistique qu’elle a besoin d’une langue commune, qui n’avantagerait personne. Je répète « commune », ou « auxiliaire », si vous préférez, et non « unique ». Car le tout-anglais, c’est la voie directe à la suppression de la diversité linguistique au profit d’une seule langue. C’est vrai aussi dans le cas où à la place de l’anglais se trouvait n’importe quelle autre langue ethnique.

      « Les réunions du Conseil et du Parlement font l’objet d’interprétation simultanée. »

      Elles ne sont pas assurées dans toutes les langues. J’ai lu pas mal de choses à ce sujet.

      « En ce qui concerne, les rapports des institutions de l’Union européenne avec ses citoyens, comme je l’ai déjà écrit, il me semble fondamental que chacun de nous puisse s’adresser à ces institutions dans la langue de son choix (pour autant qu’il s’agisse d’une des langues officielles) et de recevoir une réponse dans la même langue. »

      Je suis bien d’accord avec vous. Mais la réalité est toute autre. J’ai fait des essais et reçu des réponses en anglais, of course. Allez voir le site officiel de l’UE, section française, et voyez par vous-même le nombre des documents non traduits même en français, pourtant une des langues de travail !

      Que l’on le veuille ou non, la façon dont fonctionnement les institutions se répercute sur tous les peuples. Et on nous force de fonctionner pareil, en favorisant l’anglais partout. Personne ne se préoccupe des simples citoyens, qui doivent pourvoir communiquer efficacement pour créer une structure supranationale que l’UE est suppose être. L’Europe est en panne, force est de le constater, parce que les citoyens s’en sentent exclus.

      Je suis contre cette anglicisation de l’Europe. Je suis contre le fait que l’anglais soit imposé dans les établissements scolaires, qu’on le veuille ou pas. Je suis contre son apprentissage précoce, à partir de la maternelle. Je suis contre l’hypocrisie des institutions, contre leurs théories irréalisables et culpabilisantes, qui font en réalité la promotion d’une seule langue de l’Union, et en plus cette langue appartient au pays le moins européen. Je suis contre ce « pragmaitsme » élitiste et méprisant envers les autres membres de l’UE.

      Une Europe - rouleau compresseur, je n’en veux pas. Et pourtant, l’idée était bonne...


    • Pascal (---.---.29.36) 7 janvier 2007 06:39

      Skirlet,

      Je vous invite à relire mon intervention. Vous ne semblez pas l’avoir très bien comprise.

      A part cela, une petite précision : « des natives speakers » sont demandés dans toutes les langues de l’Union.

      Enfin, vive l’apprentissage des langues (de l’anglais et des autres) !


    • skirlet (---.---.47.4) 7 janvier 2007 15:49

      Pascal, j’ai lu attentivement votre intervention, je pense l’avoir comprise. Je ne comprends toujours pas, pourquoi exiger l’anglais de tous serait le moins discriminatoire (non, pas de « pragmatisme » - un outil qui demande une dizaine d’années minimum pour la prise en main n’a rien de pratique ni pragmatique. Et encore, je n’évoque pas d’autres aspects de cet état de choses).

      « A part cela, une petite précision : »des natives speakers« sont demandés dans toutes les langues de l’Union. »

      Pas souvent smiley

      http://www.lingvo.org/2/15

      Et puis, les négociations avec la Roumanie, pays membre de la francophonie, ont été menés exclusivement en anglais. Pourtant, le français est une langue de travail aussi, n’est-ce pas ? Le discours « tout va très bien, Madame la Marquise » ne me suffit pas.

      « Enfin, vive l’apprentissage des langues (de l’anglais et des autres) ! »

      Avec l’anglais comme plat incontournable dans le menu ou pas ?


    • Pascal (---.---.56.65) 8 janvier 2007 11:50

      Skirlet,

      Quand je parle de pragmatisme, je veux simplement souligner qu’il faut bien une langue pour communiquer entre ces fonctionnaires venus d’horizons divers et que dans un point de vue pratique et financier, il vaut mieux prendre celle qui est la plus répandue parmi certains groupes de population de divers pays. Il se trouve qu’aujourd’hui, c’est l’anglais.

      Selon moi, demander aux fonctionnaires de connaître notamment l’anglais constitue en effet le choix le moins discriminatoire : le nombre de personnes qui maîtrisent l’anglais est plus élevé que ceux qui parlent par exemple le suédois, l’italien ou encore le français. Elle est sans doute aussi la langue étrangère la plus enseignée dans les écoles de l’Union prise dans son ensemble. Imaginez les réactions si, du jour au lendemain, l’exigence vis-à-vis de l’anglais était remplacée par le grec et que désormais, il faudrait connaître cette langue (et cette écriture) pour passer un examen.

      Il est vrai que l’anglais n’est pas une langue facile. Mais les autres non plus. Et puis, l’on ne demande pas d’être parfait bilingue. Le principe est de pouvoir communiquer, d’avoir une bonne base.

      En ce qui concerne le lien que vous mentionnez, je ne le connaissais pas. Mais pourquoi n’allez-vous pas sur le site même de la Commission européenne qui comprend tous les concours pour toutes les institutions communautaires (www.europa.eu).

      Pour les négociations avec la Roumanie, y a-t-il eu une demande expresse des autorités de Bucarest en vue de mener des négociations, en totalité ou en partie, en français ? Ont-elles eu lieu exclusivement en anglais ?

      Enfin, oui, je suis en faveur de l’apprentissage des langues, de l’anglais comme des autres. Personnellement, je ne comprends pas votre dernière question (anglais, incontournable ?). L’anglais pour moi est une ouverture sur le monde et j’en recommande l’apprentissage à tous. En Belgique, nous avons un peu le même problème : certains politiques flamands rêvent de « reconquérir » Bruxelles, devenue depuis quelques décennies une région autonome officiellement bilingue (français-néerlandais). Dans les faits pourtant, la population parle très majoritairement le français mais un lointain passé flamand leur fait défendre ce rêve. Certains vont même jusqu’à tenter de séduire l’électeur pour que, en cas de scission de la Belgique, les Bruxellois choisissent plutôt une Flandre relativement prospère (et adoptent par la même occasion le néerlandais comme langue principale) qu’une Wallonie moins riche et francophone. Ils ne voient pas (ou ne veulent pas admettre) que le français reste une ouverture sur le monde que les francophones ne veulent pas perdre d’autant qu’il fait partie de leur identité. Pour l’anglais, mon raisonnement est semblable : je ne veux pas abandonner cette langue car elle est une ouverture sur un monde encore plus large que la francophonie. Partout où je me déplace, actuellement en Russie ;o) , lorsque l’on entend que je suis étranger, l’interlocuteur local m’adresse la parole en anglais. Certes quelques mots parfois, bredouillés, mais en anglais, pas dans une autre langue...

      Bien à vous.


    • (---.---.31.244) 8 janvier 2007 12:04

      L’anglais est une langue belle et riche (plus de 200 000 mots).

      Elle présente une certaine difficulté. Mais cette difficulté est en raison de sa richesse et de sa consistance. Remplacer une vraie langue par une langue « facile » n’aurait pas plus de sens que de remplacer les vraies maths ou la vraie chimie par des maths « faciles » ou une chimie « facile ».


    • skirlet (---.---.219.86) 8 janvier 2007 12:54

      Pascal, on parle beaucoup en ce moment du développement durable. Les coûts de l’anglais sont élevés, arriver à le maîtriser à un niveau suffisant est long. Côté rapport qualité-prix c’est très insatisfaisant.

      Du moment que dans l’UE existent plusieurs langues de travail, ceci doit être respecté. Point.

      « Imaginez les réactions si, du jour au lendemain, l’exigence vis-à-vis de l’anglais était remplacée par le grec et que désormais, il faudrait connaître cette langue (et cette écriture) pour passer un examen. »

      Pour moi est inacceptable qu’une seule langue puisse être exigée. Avec des tas d’interpètes, les exigeances doivent se porter sur d’autres aspects d’un fonctionnaire, pas sur ses aptitudes linguistiques, comme je l’ai déjà dit plusieurs fois.

      « Il est vrai que l’anglais n’est pas une langue facile. Mais les autres non plus. »

      C’est vrai. Et encore, faut voir... On apprend à lire en polonais très rapidement, et en anglais pour ainsi dire jamais (même les natifs, selon leur dires, ne connaissent pas la prononciation d’un mot inconnu).

      « Le principe est de pouvoir communiquer, d’avoir une bonne base. »

      Communiquer à quel niveau ? Acheter une bière et mener des négociations demande un niveau différent. Et je suppose que les fonctionnaires doivent faire plus qu’acheter une bière smiley

      « Ont-elles eu lieu exclusivement en anglais ? »

      Oui. Concernant la demande expresse, je ne comprends pas pourquoi il faut insister pour négocier dans une autre langue de travail que l’anglais.

      « L’anglais pour moi est une ouverture sur le monde et j’en recommande l’apprentissage à tous. »

      Donc, l’apprentissage des langues pour vois, c’est avant tout l’anglais.

      « je ne veux pas abandonner cette langue car elle est une ouverture sur un monde encore plus large que la francophonie »

      Tiens, c’est curieux... Comment ça « abandonner » ? C’est tellement facile d’apprendre les langues smiley Ou vous voulez dire que si l’anglais déclinait rapidement (ce qui est fort probable), vous vous sentiriez frustré ?

      « Certes quelques mots parfois, bredouillés, mais en anglais, pas dans une autre langue... »

      Ceci confirme que le monde a besoin de communiquer. Mais l’anglais est un outil particulèrement mal adapté, selon des linguistes anglophones smiley

      Anonyme IP:xxx.x93.31.244

      L’anglais est une langue riche et belle, mais pas plus que les autres. Le mythe sur son nombre de mots vient du fait que les dictionnaires anglais ratissent large et mettent dedans des mots désuets, de l’argot, des termes scientifiques en quantité, des expressions comme entrées séparées etc.

      « Mais cette difficulté est en raison de sa richesse et de sa consistance. »

      Cette difficulté ne vient pas de sa richesse mais de son développement chaotique. J’ ai déjà dit plus haut au sujet de la lecture. Pour apprendre à lire (pas comme un adulte, bien entendu) on estime le temps nécessaire à un écolier anglais - 3 ans, français - 2 ans, finlandais - trois mois... Et je ne vois pas du tout ce que vous entendez par « consistance ».

      « Remplacer une vraie langue par une langue »facile« n’aurait pas plus de sens que de remplacer les vraies maths ou la vraie chimie par des maths »faciles« ou une chimie »facile« . »

      C’est de l’espéranto que vous parlez ? Voyez plus bas mon intervention qui commence par « Au sujet de la facilité de l’espéranto ». C’est une vrai langue, riche et souple. Un petit exemple de traduction anglaise-espéranto de Kipling :

      Rudyard Kipling

      Se

      Se vi konservas kapon en lucido,

      dum la popolon regas jam panik’,

      se vi ne donas kaŭzon por malfido,

      eĉ kiam ne plu kredas vin amik’ ;

      Se, malgraŭ laco, povas vi atendi,

      rezisti al mensogo kaj malam’,

      ne cedi al despero, ne pretendi

      je plaĉaspekto kaj saĝula fam’ ;

      Se vin obeas revoj - sed ne male,

      se regas vi la pensojn en konsci’,

      se al Triumfo kaj Fiask’ egale

      rilatas vi sen troa emoci’ ;

      Se vian vorton oni hipokrite

      transformas je kaptilo por stultul’,

      sed post frakas’ de viaj faroj, spite,

      obstine rekomencas vi de nul’ ;

      Se povas meti vi sur unu karton

      la tutan havon, riske je bankrot’,

      kaj ĉion perdi, kaj reprovi starton,

      sen diri vorton pri perdita lot’ ;

      Se via kor’ kaj nervoj, malgraŭ trivo,

      plu servas eĉ en stato de ruin’,

      kiam nenio restas por la vivo,

      krom Volo, kiu diras : « Tenu vin ! » ;

      Se, parolante, vi kondutas inde,

      kun Reĝoj ne forgesas pri popol’,

      kaj se vin oni fidas, sed ne blinde,

      kaj ĉiuj sekvas vin - laŭ propra vol’ ;

      Se ĉiu hor’ de via vivo plenas

      per la impeta kuro sen humil’,

      al vi la tuta Tero apartenas,

      kaj pli - vi estas Homo, mia fil’ !

      Comparez cette traduction à l’original (y s’appelle « If... ») et dites-moi, en quoi elle est inférieure et qu’est-ce qu’elle n’a pas pu exprimer. J’attends smiley


    • Pascal (---.---.58.138) 8 janvier 2007 20:22

      Skirlet,

      Rapidement,

      - développement durable : quel rapport ?

      - rapport qualité-prix d’une langue : ??????!!!

      - examens des fonctionnaires de l’UE : le fonctionnaire doit maîtriser trois langues officielles dont l’anglais voire le français. Mais, les examens portent bien plus que sur les langues ! Il y a des matières à connaître tout de même.

      - facilité d’apprendre une langue : votre notion est bien relative et subjective.

      - négocier : il est normal que les fonctionnaires aient un bon niveau linguistique. Ils sont (bien) payés pour leurs connaissances parmi lesquelles linguistiques.

      - Roumanie : j’aimerais connaître vos sources.

      - l’apprentissage des langues : vous tirez des conclusions hâtives mais l’anglais est, pour moi, un plaisir par l’ouverture sur le monde que peu de langues offrent à l’heure actuelle. Mais l’apprentissage de toute langue est à promouvoir. En ce sens, j’ai plaisir à apprendre aussi et encore sur ma propre langue maternelle, ses nuances, ses particularités et difficultés etc. Cela dépend en fait de vos objectifs (professionnels ou autres) et centres d’intérêt.

      - abandon : ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Une langue est un outil pour communiquer. L’outil change et bien, on s’adapte... C’est tout. Pas question de frustration. C’est vous qui êtes frustrée vis-à-vis de l’anglais et faites une fixation sentimentale sur la langue, moi pas.

      - anglais outil de communication mal adapté selon les linguistes anglophones ? A voir mais peu m’importe, c’est tout de même la langue que beaucoup de gens choisissent et grâce à laquelle nous pouvons communiquer.

      Merci.


    • skirlet (---.---.43.142) 8 janvier 2007 20:42

      Pascal :

      « développement durable : quel rapport ? »

      Mettre tout le monde à l’anglais - mauvaise stratégie. Passer à une solution plus efficace - développement durable.

      « rapport qualité-prix d’une langue : ? ? ? ? ? ?!!! »

      Longues études + mauvais niveau en langue = mauvais rapport qualité-prix.

      « le fonctionnaire doit maîtriser trois langues officielles dont l’anglais voire le français »

      Tout est dans « dont l’anglais » et « voire le français ». La voie qui mène au tout-anglais.

      « facilité d’apprendre une langue : votre notion est bien relative et subjective »

      C’est un peu léger comme argument.

      « Ils sont (bien) payés pour leurs connaissances parmi lesquelles linguistiques. »

      Là, je suis d’accord avec « bien payés ». Cependant, après avoir discuté avec sur la Toile avec certains fonctionnaires, j’ai des doutes en plusieurs choses...

      « l’anglais est, pour moi, un plaisir par l’ouverture sur le monde que peu de langues offrent à l’heure actuelle »

      Je ne conteste nullement que l’apprentissage de l’anglais peut être un plaisir. De là à l’imposer à tous, dès le plus jeune âge... Quant à l’ouverture sur le monde, des langues autres que l’anglais m’ont apporté beaucoup plus, aussi bizarre que ça puisse vous paraître smiley

      « Cela dépend en fait de vos objectifs (professionnels ou autres) et centres d’intérêt. »

      Entièrement d’accord.

      Sources ? Déjà celles-ci : http://ec.europa.eu/enlargement/archives/enlargement_process/future_prospec ts/negotiations/eu10_bulgaria_romania/chapters/index_fr.htm

      (les docs ne sont qu’en anglais)

      http://www.senat.fr/rap/r03-052/r03-0523.html

      « C’est vous qui êtes frustrée vis-à-vis de l’anglais et faites une fixation sentimentale sur la langue, moi pas. »

      Pascal, par pitié, pas de psychanalyse à deux balles ! Je ne suis pas du tout frustrée, mon niveau actiel me satisfait amplement, et je n’ai pas envie de l’approfondir. Et si les désirs correspondent aux possibilités, il n’y a pas de frustration.

      « A voir mais peu m’importe, c’est tout de même la langue que beaucoup de gens choisissent et grâce à laquelle nous pouvons communiquer. »

      Choisissent, oui. Comme dans la blague sur les élections de Gorbatchov, où on avait un seul candidat à choisir smiley On pourra parler du libre choix, quand la pression vers l’anglais ne sera pas telle qu’elle est, et quand on pourra choisir entre au moins cinq langues dans l’enseignement. Et ne me dites pas qu’en dehors de l’anglais, point de commmunication smiley

      « Merci. »

      Mais de rien ! Tout le plaisir est pour moi smiley


    • Trois rivieres. (---.---.39.120) 12 janvier 2007 13:13

      Mais bien sur ce n’est pas déja assez compliqué comme ça... 27 états membres, presque autant de langues à traduire entre elles, sous divisées par 4, 5 voire 6 langues régionales, elles mêmes sous divisées par 2/3 patois soit à la louche 500 idiomes à traduire pour notre seule petite communautée Européenne....

      Alors oui Vive le Breton, l’Alsacien, le Basque, Le Corse, le Cochois, le Chti, le Cantalou etc etc mais jusqu’a preuve du contraire il n’existe plus de cas d’unilinguisme dans l’une de ces langues. Tous ont en commun le Français.

      Ce que l’anglais ne peut revendiquer en France, en Allemagne, en Italie, En Espagne, En Pologne etc... et qui donc de facto occasionne ce sentiment d’incompréhension, ou d’obstacle à la communication lorsqu’un l’un de ces cityens souhaite echanger avec les instances Européennes.


    • cricri (---.---.122.99) 28 décembre 2006 13:51

      J’ai surtout adoré le point 3 !! Désolé, mais je suis tout à fait capable de défendre mes intérets en anglais... qui n’est poutant pas ma langue maternelle !! Sorry sir... This is the reason why I’ve stopped reading here.  smiley


      • Martin Kellenborn 28 décembre 2006 21:07

        Vous ne faites pas partie du Tiers Etat alors !!! Your future is open !!!


      • M. Goutte (---.---.126.161) 28 décembre 2006 23:29

        It would have been of great interest to express yourself in a correct english : « why I stopped reading here ». J’ose espérer que vous maniez mieux la langue de Molière. La langue est un instrument de pouvoir cher Monsieur, et vous ne semblez pas crédible en Anglais. Réfléchissez-y à deux fois.


      • skirlet (---.---.50.107) 29 décembre 2006 13:41

        En effet. Et dans ce contexte, il est bon de se rappeler que « anglais », s’agissant d’une langue, s’écrit en français avec une minuscule smiley


      • Pozitiva (---.---.158.83) 2 janvier 2007 06:13

        Désolée, Cricri, que vous soyez sorry, mais il ne faut pas généraliser votre cas personnel.

        Bien qu’ayant étudié l’anglais pendant 7 ans (comme le fait une majorité de lycéens) je suis très loin de parler cette langue couramment et pas du tout en mesure de faire valoir mes droits éfficacement au moyen de cet outil linguistique. Pour défendre mon bout-de-gras, je ne me sentirais tout-à-fait à l’aise qu’en français.

        Pour que l’Europe soit équitable, il faut qu’elle RECONNAISSE LE DROIT à chaque citoyen d’utiliser une langue qu’il maîtrise pleinement, donc dans 99% des cas, sa langue maternelle. Peu d’entre nous seraient prêts à renoncer à ce droit, je pense.


      • Pascal (---.---.56.65) 8 janvier 2007 12:00

        Désolé Goutte, le present perfect était tout à fait indiqué dans le cas présent ; l’auteur mettant l’accent sur l’action (arrêter la lecture) et non sur le fait qu’il l’a faite dans le passé.


      • Pascal (---.---.56.65) 8 janvier 2007 12:12

        Pozitiva,

        Quelle était la durée des heures de cours que vous avez eues ? A quelle fréquence ? Et surtout, pratiquiez-vous la langue en dehors de ces mêmes cours ? Je ne pense pas que la langue soit à ce point inaccessible. Par contre, il existe une utopie qui consiste à croire que l’enseignement d’une langue étrangère à concurrence de, disons, 4 x 50 minutes par semaine par un locuteur non natif voire natif puisse donner quelque résultat. C’est un leurre. Il est essentiel de pratiquer la langue, de l’écouter sans quoi l’on court droit vers la déception. Et oui, en ce sens, les langues sont plus exigeantes que les maths. Courage ! ;o)


      • skirlet (---.---.219.86) 8 janvier 2007 13:55

        Je ne suis pas Pozitiva, mais j’ai eu une expérience similaire. Au bout des 8 du français, je n’arrivais pas à maintenir une simple conversation (cependant j’étais une bonne élève, même dispensée de l’examen à l’université, parce que tout le temps des bonnes notes smiley )

        « Et surtout, pratiquiez-vous la langue en dehors de ces mêmes cours ? »

        Moi, à une époque oui, ensuite non. A l’école (chez nous, on appelait « école » tout ce qui est du primaire jusqu’au bac) je préparais plus intensément les autres matières (physique, chimie, biologie etc.) qui m’étaient nécessaires pour mes futures études.

        « Et oui, en ce sens, les langues sont plus exigeantes que les maths. »

        Ca aussi, je le sais. Quand j’apprenais les langues pour mon plaisir, c’est fou le temps que je leur ai consacré smiley Mais bon, c’était mon loisir. Peut-on raisonnablement demander à tout un chacun un investissement pareil du temps, des efforts (et de l’argent aussi, bien que ce n’est pas le sujet principal) ? Peut-on demander à tout le monde d’avoir une forte motivation pour l’anglais ?

        Le discours officiel sur l’Européen trilingue est trompeur. Les remontrances envers les établissements scolaires sont injustifiées, car il est impossible d’y apprendre une langue, comme vous l’avez dit, faute de temps. Alors quoi ? Il n’y a pas que les langues dans le monde ! Un type qui va à la pêche après sont travail est tout autant respectable qu’un autre qui étudie une langue. Croire que ce loisir-là est supérieur est un leurre aussi smiley


      • eugène wermelinger eugène wermelinger 28 décembre 2006 14:49

        à l’auteur : Mi gratulas vin, via analizo estas ekzakta. Europo havas nun unu komunan monon : la euro-valuto. Por ekzisti Europo bezonas sian propran lingvon. La internacia lingvo de nia kontinento, kiu tutnature estas esperanto ! Jam Google ekzistas en esperanta versio : iru rigardi. La lernado de tiu lingvo estas plurfoje pli facila ol tiu de iu ajn alia lingvo. La granda avantago estas la neutraleco de la lingvo. Mi utiligas tiun lingvon jam de jaroj kun granda kontenteco. Vi faru same. Tio estas la sola bona solvo. En français : Je vous félicite, votre analyse est exacte. L’Europe a maintenant une monnaie commune : l’euro. Pour exister l’Europe a besoin d’une langue propre. La langue internationale de notre continent est tout naturellement l’espéranto. Google existe en version esperanto : aller voir. L’apprentissage de cette langue est plusieurs fois plus facile que de tout autre langue. Le grand avantage est la neutralité (économique ou politique)de la langue. J’utilise cette langue depuis des années avec grande satisfaction. Faites de même. C’est la seule bonne solution. Voilà : l’essentiel est dit. Les blocages ne tiennent pas à l’espéranto qui ne fonctionnerait pas, ou n’aurait pas de culture et autres fariboles, mais aux différents ostracismes ou diktats politiques et économiques. Il nous suffirait, en cas de volonté politique, de quelques mois à peine pour enclencher cette langue. On peut aussi attendre encore un siècle et nous apercevoir qu’éventuellement l’anglais n’aura pas été le bon choix. Ira-t-on alors vers le chinois ? D’ici là ils auront peut-être submergé le monde. Au fait : il y a des cours gratuits sur le net par i-kurso, ou lernu, et bien d’autrtes sites encore. Mi kore salutas vin kaj deziras al vi bonan novjaron 2007. NB : avez-vous remarqué la facilité avec laquelle vous avez compris l’espéranto ? Félicitations : faites un pas de plus !


        • (---.---.206.254) 28 décembre 2006 16:45

          Et pourquoi pas le Volapuk ? ( cher à De Gaulle)


        • Jules Lebenet (---.---.244.51) 28 décembre 2006 18:24

          A mon avis, il n’y avait que le FRANCAIS, cher à DE GAULLE.

          Le VOLAPUK, c’était pour se foutre de la poire de l’IP xxxx....etc smiley


        • herbe herbe 28 décembre 2006 15:28

          j’appuie le commentaire précédent :

          En effet pourquoi pas l’esperanto ?

          Il y a un tabou ?


          • herbe herbe 28 décembre 2006 15:58

            un lien pour apporter des arguments :

            http://claudepiron.free.fr/articlesenfrancais/casetonnant.htm


          • Hesoneofus 28 décembre 2006 16:10

            vivant en slovaquie, pays de l’UE. je vais vous donner mon point de vue. premierement, l’anglais est une langue maternelle minoritaire dans l’union europeens. elle n’est langue maternelle que pour les anglais. les eccossais, les galois et les irlandais ont leurs propre langues. ensuite, l’anglais est vendu au monde comme une langue facile. ce qui est linguistiquement completement faux, elle est plutot largement difficile( polysemie, polyphonie, homonymie, grammaire compliqué, son imprononsable par une majorité d’humain, aucune regularité entre graphene et phoneme, etc..). elle est consideré facile, car c’est la langue dominante dans le monde des affaires et de la diplomatie. les nouveau arrivant de l’UE parle aussi bien francais qu’anglais.. c’est a dire qu’il parle peut francais.preferant l’allemand ou le russe. Donc oui, il n’est pas souhaitable que l’anglais soit la langue domminante en europe, d’autant plus que les anglais ont tendance a se desouder de l UE. alors que faire ? en observant les famille de langue europeennes, on decouvre 3 groupe dominant. les langue romane, les langue slaves et les langue saxonnes. obligé les enfants a apprendre une langue de chacune de ces trois familles, serait souhaite car cela permetrait a chacun d’avoir une racine linguistique suffisante pour parler avec un autre peuple et apprendre facilement une langue derrivé. ainsi parler francais, facilite l’apprentissage de l’italien. parler russe, facilite le polonais, russe, parler flamand facilite l’allemand. alors certe ce systeme reduit des langues extrement minoritaire. le grec, le hongrois. le galois. mais cela donne une ouverture de comprehension enorme. enseigné l’anglais n’a d’interet que si l’on veux converser avec l’amerique du nord. les asiatique le parle tres mal a cause des dificulté d’elocution et d’ecoute des sons. reste l’amerique latin qui parle une langue romane, et l’affrique qui parle francais/anglais globalement. Donc, oui il serait temps de bouter les anglophiles hors d’europe.


            • Martin Kellenborn 28 décembre 2006 20:33

              Naozaj a tiez rozpravam slovencinu... co myslite ze ne som skopny hovorit po franczusky ??? Oui je suis quadrilingue dont le slovaque... et c’est bien pour cela que je suis aussi désanchanté par cette belle Europe quia finalement les fesses sales


            • Kafka (---.---.228.99) 28 décembre 2006 16:14

              « L’Europe a maintenant une monnaie commune : l’euro. Pour exister l’Europe a besoin d’une langue propre. »

              Comparer une langue a un échange marchand est sans doute le meilleur argument CONTRE l’esperanto !


              • ZEN zen 28 décembre 2006 16:18

                Je me permets de rappeler l’intéressant débat qui eu lieu sur Agoravox concernant cette question :

                http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=13232


              • krokodilo (---.---.11.178) 28 décembre 2006 22:10

                Une langue est pourtant aussi un échange : d’informations, de culture.

                Par ailleurs, l’analogie avec l’euro est légitime mais trompeuse car si l’Europe a manifestement besoin d’une langue auxiliaire commune, personne n’envisage de proposer le remplacement des langues comme l’euro a remplacé les monnaies nationales ! Ce serait aussi absurde qu’impossible, mais il est bon de le rappeler aux sceptiques envers l’espéranto.


              • Pozitiva (---.---.158.83) 2 janvier 2007 07:14

                « Comparer une langue a un échange marchand est sans doute le meilleur argument CONTRE l’esperanto ! »

                Cette phrase n’a absolument aucun sens ! C’est ce qui arrive quand on veut dénigrer pour dénigrer, sans rien connaître au sujet

                Premièrement, faire un parallèle entre l’euro et l’espéranto, ne veut pas dire que l’on assimile la langue à une monaie. En revenche, il s’agît bien d’échange, mais d’échange culturel.

                Deuxièmement, il est souvent reproché à l’espéranto d’être une langue « aseptisée », donc trop propre. Il faut donc choisir entre 2 critiques : trop propre, ou pas assez ?

                Troisièmement, comme l’euro, l’espéranto n’appartient à aucun peuple, donc il est équitable car ne favorise ou ne défavorise personne.

                Quatrièmement, le parallèle s’arrête là, car l’euro est la monaie UNIQUE, qui a supprimé les unités monaitaires en usage auparavant. Alors que l’espéranto, langue COMMUNE, ne vise qu’un statut de langue auxilliaire. Son usage, comme ne cesse de le démontrer depuis plus d’un siècle, la communauté espérantophone mondiale(*), protège la diversité linguistique et met tous les locuteurs sur un pied d’égalité, que leurs langues maternelles soient des langues de grande diffusion ou non.

                (*) Inutile d’ironiser. Chacun peut vérifier l’existence réelle de notre communauté, répartie sur tous les continents et en constante augmentation grâce à internet, ainsi que le foisonnement culturel et la « conscience citoyenne » qui la caractèrisent.


              • eugène wermelinger eugène wermelinger 28 décembre 2006 16:40

                Cher Kafka, grâce à vous je viens d’apprendre (premier commentaire) que l’anglais s’impose « pacifiquement » de part le vaste monde. (A l’occasion on se fait aider par les polonais ou italiens et autres alliés en Irak), mais passons, je ne suis pas contre les peuples anglais ou américains. Bon, puisque d’après vous j’ai trouvé le meilleur argument CONTRE l’espéranto, vous allez aussi me - et nous - donner le meilleur POUR. Si, si, faites un petit effort. Mi esperas ne tedi vin kaj salutas vin amike !


                • Francki (---.---.230.156) 28 décembre 2006 16:42

                  En effet la théorique « égalité » entre les langues dans les institutions de l’UE, est une véritable bouffonerie... et aboutit de facto à la généralisation de l’anglais.

                  L’espéranto pourrait être une solution, mais elle n’a pas ma préférence. Car la langue de l’Europe, c’est la traduction !

                  On pourrait donc choisir de favoriser la diversité linguistique en mettant en avant une langue représentant chacune des grandes familles linguistiques : par exemple français, anglais, allemand, espagnol, polonais. Soit 5 langues qui permettraient à plus de 80% des européens de communiquer efficacement.

                  C’est ce que fait NEWROPEANS dans ses débats internes : et ça marche ! http://www.newropeans.eu


                  • eugène wermelinger eugène wermelinger 28 décembre 2006 16:55

                    En effet : super, je viens d’y aller voir. TOUT est en anglais. Pour la traduction, il faut y repasser quand ?


                  • krokodilo (---.---.11.178) 28 décembre 2006 22:04

                    A mon humble avis, cette histoire d’intercompréhension passive entre groupes linguistiques est du pipeau : depuis quand un français comprend-t-il naturellement un espagnol ou un italien ? Au mieux, s’il en a fait un peu, pourra-t-il déchiffrer à l’écrit quelques textes pas trop difficiles et pas trop idiomatiques. N’oublions pas non plus la logistique : à l’heure actuelle, on ne peut même pas dans tous les collèges choisir en 6e l’italien près de la frontière, ou l’espagnol et le catalan près de l’Espagne ! Alors envisager un panel de cinq langues au choix... De plus, les parents sont rationnels : s’ils voient tous les jours leurs médias se gargariser d’anglicismes et l’Union européenne se vautrer dans l’anglais, ils choisiront toujours l’anglais première langue. Il est à craindre que les trois ou quatre (!) autres langues voient leur temps d’étude réduit à la portion congrue. Nous ne sommes pas des machines. Ne dit-on pas en anglais « avoir les yeux plus gros que le ventre » ?


                  • Jules Lebenet (---.---.244.51) 28 décembre 2006 18:08

                    Sans oublier la PROMOTION LINGUISTIQUE dans les entreprises.

                    Avec cette dictature LINGUISTIQUE, dans tous les domaînes on privilégie la maitrise de cette LANGUE, binarisé que représente l’anglais par rapport à la compétence métier.

                    Combien de SDF parlent et écrivent l’anglais FLUENT ? Parmi ceux qui ne peuvent prétendre à une telle maitrise combien ont pourtant diplomes et expériences NOTABLES ?


                    • Asp Explorer Asp Explorer 28 décembre 2006 18:50

                      Bonjour,

                      En voyageant sur le portail Europa du site du même nom ; celui de l’Union européenne, on peut y lire que l’UE compte 20 langues officielles, qu’elle travaille donc dans les langues choisies par les gouvernements des états membres et non dans une langue unique ou dans quelques langues qu’elle aurait elle même choisies et qu’une bonne partie de ses citoyens ne pourraient pas comprendre, que ce choix du multilinguisme officiel en tant qu’outil de gouvernance économique est unique au monde...

                      Il suffit toutefois d’avoir quelques notions de mathématiques pour comprendre que ce modèle est voué à l’échec. Le nombre de traducteurs nécessaires pour traduire n langues est égal à (n x (n -1))/2, il en résulte qu’avec 20 langues de travail, il faudrait 190 traducteurs en permanence dans chaque instance européenne. Pour trouver des traducteurs français/allemand, ça va, mais allez-donc trouver un traducteur protugais/slovène...

                      Rassuré d’être au cœur d’un modèle aussi original et si soucieux de ses citoyens, vous voulez sans tarder communiquer avec vos frères des autres pays européens et vous vous rendez sur la page « jumelages » . Surprise : le texte n’est plus affiché que dans dix langues et on vous explique que les projets de jumelage de villes sont désormais gérés par une agence exécutive que vous pouvez joindre en cliquant sur un lien. Et la, seconde surprise, vous tombez sur un texte en anglais. L’an dernier la demande de subvention pouvait être faite en anglais, français ou allemand !! Les réclamations ne pouvaient être faites qu’en anglais !

                      Pour la raison ci-dessus explicitée, il est impossible de traduire toute la pléthore de documents émise quotidiennement par l’UE. Il en résulte que tous les documents ne sont évidemment pas traduits dans toutes les langues, et que certains, peu usités, ne sont disponibles que dans une langue. En l’occurrence, quand c’est le cas, c’est l’anglais, car il se trouve que c’est la seule langue que tous les fonctionnaires européens ont en commun.

                      Les citoyens des nouveaux pays membres le savent depuis des années : la commission européenne ne s’adressait à eux qu’en anglais et quand ils voulaient réclamer des fonds européens , ils étaient et continuent d’être priés de le faire en anglais ! Donc, comme souvent s’agissant de la construction européenne, il y a les contes d’Andersen pour amuser les schtroumfs et la réalité qui n’est pas du même tonneau. La réalité est que l’anglais est en train de devenir progressivement la seule langue de travail de l’UE et la notion de langue officielle est remisée au rang des armoiries qui ornent les murs des châteaux dans le Royaume de sa gracieuse majesté .

                      « Les citoyens » ont rarement l’occasion de demander des subventions à l’UE. Ces procédures administratives sont principalement le fait des administrations nationales et locales ainsi que des entreprises où, faut-il au moins l’espérer, on trouve toujours une secrétaire se débrouillant en langue de Shakespeare. Quelle était l’alternative ? Faire un effort budgétaire pour traduire en Slovaque chaque formulaire de subvention à l’hectare de bagasse de topinambourg cultivé ? Tirer équitablement au sort dans quelles langues on va traduire les formulaires, quitte à envoyer des papiers en grec à des agriculteurs Danois ?

                      Qu’en dit la classe politique française ? La pantalonnade atteint des sommets .Alors qu’au début des années 90 Jacques Toubon , manifestement immunisé contre le virus du ridicule , faisait traduire « pins » par « épinglette » et menaçait des pires foudres tout fonctionnaire qui utiliserait des termes anglais ( notons au passage que les deux tiers de l’anglais viennent quand même du français !) on a fait un virage à 180° ! Même le très moyenâgeux baron Ernest Antoine Seillière ose narguer notre Président préféré en s’exprimant en anglais, la « langue des entreprises ». Dans ce monde « bobotisé » ceux qui s’inquiètent des menaces pesant sur l’usage de la langue française sont voués à la ringardisation. D’ailleurs , si seuls ceux qui parlent anglais avaient eu le droit de vote, on n’aurait pas vu le Non l’emporter au référendum ! L’usage de la langue peut être réservé et toléré s’agissant d’exercices « druidesques » comme les dictées de Pivot ! Mais quand les choses deviennent sérieuses, il faut savoir vivre avec son temps

                      C’est un procédé commun mais peu glorieux que de se vanter d’être anticonformiste pour justifier un discours qui va parfaitement dans le sens de la pensée dominante. Vous avez toutefois raison de parler de pantalonnade et de ridicule à propos des consternantes particularités législatives françaises qui font que les radios et télévisions sont obligées par la loi de diffuser un quota de chansons francophones aux heures de grande écoute, et où les annonceurs sont obligés de rajouter un « *juste fais-le » au-dessous d’un slogan diffusé à l’échelle mondiale pour complaire à des règlements liberticides, démagogiques, inefficaces et de surcroît, qui donnent la mesure du peu d’estime dans laquelle nos dirigeants nous tiennent.

                      Mon propos n’est pas de rejoindre dans la défense de la langue française une Académie française décatie qui , en rigidifiant son usage, a été largement responsable de son déclin. Ce qui est en cause, c’est simplement le droit du citoyen d’exercer sa citoyenneté dans sa langue maternelle. Je ferai simplement un certain nombre de remarques.

                      Je vous rejoins.

                      Il fut une époque où les gouvernants s’adressaient, en français, au peuple des bouseux qui lui, parlait anglais : c’était l’Angleterre du moyen-age. Il fut une autre époque où , sous d’autres cieux, quand on s’exprimait en français, on avait droit à un cinglant « speak white ! » : c’était le Québec des années cinquante ! Il n’existe aucun exemple d’Etat démocratique qui ait pu durablement fonctionner en usant, comme langue officielle , de la langue maternelle d’une seule partie de ses citoyens. Les seuls cas existants opposables sont d’anciennes colonies et la langue du colonisateur y fut imposée par la force dans un contexte où les langues locales n’étaient parfois même pas écrites et où les populations étaient analphabètes. L’URSS qui avait imposé l’usage du russe s’est effondrée.

                      A cause de la pratique du russe ?

                      On mesure à quel point la langue est un paramètre essentiel du fonctionnement de la démocratie. Le Canada n’a survécu que parce que les anglophones ont eu l’intelligence de faire des concessions aux québécois. La Belgique est secouée par l’opposition entre Wallons et Flamands les premiers ne comprenant pas les seconds et vice versa .Il n’y a à vrai dire que la Suisse qui ait réussi à maîtriser cette marmite avec il est vrai , une forte tradition de fédéralisme.

                      Les racines du conflit sont plus profondes. Longtemps, le pouvoir en Belgique a été aux mains des riches et francophones du sud, les gens du nord, néerlandophones, n’ayant que le droit de trimer dans leurs usines. Depuis, la situation s’est inversée, le nord est prospère dans le sillage des Pays-Bas et de l’Allemagne, et le sud largement touché par la désindustrialisation. Des tensions de même nature existent en Italie où pourtant, l’argument linguistique n’existe pas.

                      Quelles sont les motifs de tout cela ? Certainement pas la difficulté du dialogue entre les peuples : les allemands parlent rarement le français et les français encore plus rarement l’allemand ce qui n’a pas empêché le développement d’un sentiment de sympathie entre ces peuples autrefois ennemis. La véritable raison peut s’énoncer ainsi :

                      1.la démocratie est un système qui s’équilibre en aménageant des compromis entre des intérêtsdifférents. 2.Or pour que ces compromis soient acceptés, il faut que chacun puisse avoir été à même défendre ses intérêts et qu’il acquiesce à la nature du compromis. 3.On ne défend bien ses intérêts que lorsqu’on peut le faire dans sa langue maternelle.

                      Le point 3 me semble un peu péremptoire. Car comment un anglophone natif peut-il faire valoir son point de vue en utilisant une langue recherchée face à des anglophones plus lacunaires ? Aucune chance. Il souffre d’un handicap équivalent, il doit abaisser le niveau de son langage jusqu’à pouvoir se faire comprendre sans susciter la méfiance. Nous avons tous fait l’expérience, je crois, qu’il est plus facile de s’entendre en anglais avec un Allemand, un Indien ou un Espagnol qu’avec un anglo-américain de souche. Ne sera-ce pas, dans ces conditions, l’Anglais qui se sentira exclu ?

                      Il en résulte qu’une Union européenne qui serait composée, d’une part, d’une aristocratie parlant anglais , d’autre part de multiples plèbes s’exprimant en français , italien ou polonais, n’est promise à aucun développement durable , pour utiliser la logorrhée chère aux eurocrates. Pour l’instant, la réalité est cachée aux citoyens : le Parlement européen , pour inutile qu’il soit, continue à bénéficier d’une traduction simultanée dans les vingt langues ( même s’il faut passer par l’anglais pour aller du portugais au slovène, ce qui fait que les slovènes reçoivent une traduction décalée dans le temps). A la Commission , en revanche , l’usage de l’anglais devient la règle entre fonctionnaires et tout le monde sait que là est le siège du pouvoir !

                      Comment s’étonner ensuite que surgisse un jour une directive Bolkestein. Ce n’est pas Jacques Barrot qui risque de s’en apercevoir : il ne parle pas anglais ! Nos députés européens non plus d’ailleurs...

                      Je ne pense pas que la mauvaise compréhension des textes ou la distraction de nos gouvernants soit la raison profonde de l’adoption de mesures d’inspiration néolibérales que l’on fait semblant de découvrir avec effroi lorsqu’elles franchissent le Quiévrain. Mais c’est un autre débat.

                      Il faudrait demander à Royal , avocate du Oui, quel espace existerait pour sa démocratie participative quand les citoyens devraient poser les questions en anglais tandis qu’on leur répondrait en anglais.

                      Je ne me souviens pas que madame Royal ai jamais préconisé que l’anglais devînt langue officielle de la France. Le concept de démocratie participative ayant une vocation nationale parfois, locale le plus souvent, votre argument me semble un brin caricatural.

                      La dite madame Royal répondrait peut être, si elle a lu le projet de traité que celui ci disposait justement que tout citoyen a droit à ce qu’on lui réponde dans sa propre langue. Réponse exacte, par écrit !! sous quinzaine !!! Etre citoyen, dans un Etat démocratique , ce n’est pas, en effet , pouvoir entendre et être entendu dans sa langue maternelle ( ce qui constituait le minimum même aux temps de Philippe Auguste et Jean sans Terre avant de faire intervenir les archers du Roy) . Etre citoyen c’est pouvoir participer au dialogue public dans toutes sers dimensions, pouvoir porter un débat contradictoire, pouvoir interpeller les gouvernants. Il est vrai que si Lionel Jospin avait parlé anglais en 2002, ses interlocuteurs, victime d’un plan de licenciement, n’auraient pas entendu que l’Etat ne pouvait pas tout faire ! De même aurait on pu attribuer l’engagement de Sarkozy de ne pas privatiser GDF à une erreur de l’interprète . En envoyant Olivier Duhamel et quelques éclopés du suffrage universel à Strasbourg, on ne peut pas dire que l’UMPS crée un « désir d’Europe » mais ces gens la imaginent ils un seul instant que les citoyens puissent accepter demain sans broncher que ceux qui fabriquent la norme, rue de la Loi, ne sont pas en mesure de les entendre car ils ne comprennent pas leur langue ! Retournons un seul instant au mythe fondateur du contrat social : Comment peut on imaginer que les citoyens remettent les clés de l’exercice du pouvoir à des gens avec lesquels ils ne se comprennent pas !

                      Une bonne occasion pour que la France se dote d’une corporation inconnue chez nous mais qui rend de fiers services dans de nombreux pays de par le monde : des journalistes. Il me semble en effet que c’est leur métier de rendre intelligible la politique. Ce qui du reste, ne dépend que peu de la langue, et beaucoup de l’utilisation qu’on en fait. Ainsi, après le référendum, lorsque le président Chirac expliqua (en excellent français) que le chômage était la préoccupation majeure des Français et qu’il allait en faire la priorité absolue de son prochain gouvernement, tout le monde applaudit. Parce que personne - en tout cas aucun journaliste - n’a eu la bonne idée de traduire à destination du bas-peuple la pensée du chef de l’Etat : « On va revenir sur les 35 heures, les acquis sociaux et le code du travail pour faire plaisir aux patrons, en priant pour que la baisse naturelle du chômage dûe à la démographie nous donne raison ». Le naufrage du CPE était donc lisible dans le discours chiraquien avant même l’arrivée de Villepin. Là encore, pas besoin de se draper dans le voile d’une langue étrangère pour duper les gens.

                      Mais il faut aller plus loin : l’omnipotence de l’anglais n’est pas sans influence sur les politiques. Une langue est d’abord le produit d’une culture et véhicule une vision du monde ; une "Weltanschauung » comme disent les allemands. Ce n’est sans doute pas un hasard si l’Europe des années soixante ne ressemble pas à celle du début de ce siècle. Le tarif douanier extérieur commun (en fait la préférence communautaire)est une dimension majeure de la première .Avec l’entrée du Royaume Uni commence une longue dérive libre échangiste et environnementaliste liée à l’histoire économique et religieuse des pays anglo-saxons. La mondialisation est sans doute un facteur de cette dérive mais elle n’est pas la seule . Le fait que l’on ait réfléchi et travaillé dans la langue des thatcheriens n’y a pas peu contribué !

                      Examinons rationnellement les deux hypothèses : la votre pose que la langue anglaise introduit, par son seul emploi, une évolution dans les mentalités. La mienne considère que les anglo-saxons dominant l’économie mondiale, leur influence se fait sentir simultanément dans le domaine des langues et dans le domaine économique. En toute honnêteté, lequel de ces deux points de vue vous semble-t-il le plus proche de la réalité ?

                      Le malaise né des deux Nons au référendum a mis à mal l’image d’Epinal d’une Europe créatrice de richesse et welfariste. L’Europe , c’est d’abord l’avenir promis du sous développement durable ; en tout cas c’est que ressentent confusément les citoyens quand on veut bien leur demander leur avis. Alors, si ce doit être plus de cette Europe là et que dans le même temps quatre vingt pour cent de ses citoyens soient cantonnés dans le rôle d’une sorte de Tiers -Etat linguistique, les europhilles devraient avoir du souci à se faire !

                      Que l’UE soit une construction politique boîteuse, c’est un fait que personne ne cherche à contester. Que la cacophonie linguistique en soit une des raisons, c’est bien possible. Que l’adoption de l’anglais comme langue commune fasse de nous des vassaux de l’Angleterre, ça me semble bien plus discutable. L’histoire humaine ne marche pas comme ça, le fait de parler la même langue, par exemple, n’a pas empêché les Américains de se libérer de la tutelle britannique quand il a été temps pour eux de prendre leur destin en main. Lorsque les Indiens ont accédé à l’indépendance, ils inscrivirent l’anglais parmi leurs langues officielles, pour la simple raison que c’était leur seule langue commune. Peut-on soupçonner Nehru d’avoir voulu vendre son pays aux Anglais ?

                      Il est gênant en terme de démocratie, comme vous le soulignez à juste titre, que le peuple ne comprenne pas la langue de ses élites. Toutefois, j’attirerai votre attention sur le fait qu’un grand nombre d’Européens, et en particulier de Français, parlent anglais, même si c’est souvent un anglais pauvre. Je pense qu’il doit être à la portée d’un bon tiers des Français de lire un texte de loi rédigé en anglais, pour peu qu’il ai un peu de temps devant lui et un dictionnaire sous la main. C’est peu ? Oui, mais combien seraient capables de comprendre le même texte en français ? La plupart des gens n’ont aucune raison ni aucune intention de s’adresser à l’Europe, pas plus qu’ils n’en auraient de lire chaque semaine le Journal Officiel. Et ceux qui doivent régulèrement traiter avec l’UE, dans leur immense majorité, parlent déjà anglais. Le problème est donc assez marginal.

                      Et pour remplacer l’anglais tout-puissant, que proposez-vous ? Pour des raisons pratiques, le multilinguisme ne fonctionnera pas tant qu’on n’aura pas réussi à faire parler 20 langues à tous les citoyens du continent. Il y a bien d’aimables plaisantins pour proposer l’espéranto, c’est à dire rajouter une 21e langue que n’apprendront que ceux qui y seront obligés par leur activité, et on en reviendra à la situation que vous dénoncez, en remplaçant toutefois une langue parlée par 45% des français par une autre parlée par 0,03% des français.

                      Si l’anglais s’impose, s’il s’est imposé (car ce débat est d’arrière-garde), ce n’est par hasard, mais par la conjonction de facteurs favorables, qui sont :

                    • le besoin d’une langue commune
                    • la facilité d’apprentissage de l’anglais « de base »
                    • l’influence économique Américaine
                    • la présence d’une culture anglo-saxonne vivante et attractive
                    • la préexistence d’une forte population de locuteurs

                      Comme aucun de ces points n’a de chance d’évoluer notablement dans les années qui viennent, je vous suggère un petit stage chez wall street institute.

                      Alors je vous le demande, à part sortir de l’UE, y a-t-il une alternative crédible à l’anglais ?

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Auteur de l'article

Martin Kellenborn

Fonctionnaire ; ai travaillé pour la commission européenne, quadrilingue Et aussi énarque désabusé devant ce qui ressemble de plus en plus au bas Empire


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