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Accueil du site > Actualités > Europe > Traité européen modifié : pourquoi nous demandons une ratification par voie (...)

Traité européen modifié : pourquoi nous demandons une ratification par voie référendaire

« L’abdication d’une démocratie peut prendre deux formes, soit elle recourt à une dictature interne par la remise de tous les pouvoirs à un homme providentiel, soit à la délégation de ses pouvoirs à une autorité extérieure, laquelle au nom de la technique exercera en réalité la puissance politique, car au nom d’une saine économie on en vient aisément à dicter une politique monétaire, budgétaire, sociale, finalement une politique au sens le plus large du mot nationale et internationale. » P. Mendès-France

Le 29 mai 2005, les citoyens français, interrogés par voie référendaire, ont dit NON au traité constitutionnel européen (TCE) qui leur était présenté. Un peu plus de deux ans plus tard, Nicolas Sarkozy propose la ratification par voie parlementaire d’un « mini-traité simplifié », le traité dit de Lisbonne, qui n’est ni mini, ni simplifié, et qui n’est autre que la resucée à peine remaniée du projet de constitution retoqué en 2005 !

Avant même d’aborder le fond du nouveau texte, c’est d’abord sur sa méthode de ratification que nous devons nous opposer avec force.

Et pour cela, nous disposons des outils législatifs nécessaires, pour peu que nous organisions une mobilisation populaire forte autour de la revendication pour un nouveau référendum en 2008.

Ensuite, afin d’essayer d’aborder ce sujet de façon plus efficace et constructive, je vous proposerai une étude de texte, afin de vous démontrer que, comme l’a déclaré Valéry Giscard d’Estaing, dans ce « nouveau » traité, « les outils sont exactement les mêmes. Seul l’ordre a changé ».

Si cette appréciation s’avère pertinente - et elle n’a aucune raison de ne pas l’être puisque VGE fut le rédacteur du projet de constitution rejeté -, cela signifie donc que Nicolas Sarkozy piétine doublement le principe de souveraineté populaire : une première fois en faisant ratifier ce traité par voie parlementaire alors que par son expression souveraine le peuple n’en a pas voulu en 2005, et une deuxième fois en nous faisant croire que ce texte - désormais illisible - est différent du premier alors qu’il n’en est rien.

Enfin, je ne pourrai décemment pas passer sous silence la position prise par le Bureau national du Parti socialiste le 6 novembre 2007, même si je la déplore, car dans ce traité que le PS se propose d’accepter sans discussion, je ne retrouve notamment ni la notion d’Europe sociale, ni celle d’Europe des peuples que nous avions collectivement défendues ; par ailleurs, cette position revient à tourner définitivement le dos à l’engagement de la candidate investie par le PS pour la campagne présidentielle, qui promettait d’organiser un référendum pour la ratification dudit traité renégocié.

Pour autant, nous ne devons pas faire d’amalgame entre méthode de ratification et contenu du texte ; approuver le contenu, même si cela me semble discutable en l’état, ne revient pas à approuver simultanément et automatiquement la méthode d’entérinement !

...Je persiste donc dans ma demande de mise en place d’un référendum, pour que la décision rendue par le peuple qui s’est exprimé massivement en 2005 ne soit pas foulée au pied.

Ensuite, si nous parvenons à une ratification par référendum, il appartiendra aux électeurs de trancher, notre rôle se limitant à tenter d’éclairer leur choix, en mettant à leur disposition une information qui n’est pas disponible aisément actuellement, et en proposant l’ouverture de débats citoyens.

1. Pour que la démocratie ne soit pas bafouée...

« Ce qui a été tranché par le peuple, ne peut être remis en cause que par le peuple », Laurent Fabius.

Avant même de nous prononcer sur le contenu du traité de Lisbonne, nous devons nous constituer en une dynamique unitaire de gauche forte afin d’imposer l’organisation d’un référendum pour sa ratification ; car, comme l’a justement déclaré Laurent Fabius dans Le Parisien du 28 octobre 2007, « Ce qui a été tranché par le peuple, ne peut être remis en cause que par le peuple. »

Dans le respect nos principes démocratiques, ce traité ne peut logiquement être ratifié que par voie référendaire, puisque le TCE qu’il se destine à remplacer a été proposé au peuple selon ce procédé ; utiliser toute autre méthode pour faire adopter ce texte serait un déni de démocratie, reviendrait à s’asseoir sur notre souveraineté populaire.

Allons-nous accepter que l’on récuse ainsi l’expression de notre volonté ?

Comme l’a écrit André Bellon, ancien président de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale, dans une tribune de Marianne : « Il ne saurait être question de transiger avec les principes fondamentaux des droits du peuple. Un vote a eu lieu. Il doit être respecté. Seul un nouveau vote populaire pourrait légitimer un nouveau traité. »

Par ailleurs, durant l’élection présidentielle, tous les candidats de gauche se sont engagés à faire passer par voie référendaire tout nouveau texte. Peut-être est ce le moment de leur rappeler leurs promesses passées...

2. De quels moyens disposons-nous pour imposer un référendum ?

Pour pouvoir faire ratifier le traité par voie législative, il faut modifier la Constitution (article 88-5).

Pour cela, Nicolas Sarkozy devra réunir le Congrès du Parlement (Assemblée nationale et Sénat réunis à Versailles, soit 908 parlementaires), et obtenir un vote à une majorité des 3/5e des suffrages exprimés en faveur de cette modification.

C’est pour cette raison que les personnalités de gauche qui prônent l’abstention sont dans l’erreur : à ne pas vouloir se prononcer lors de cette première étape obligatoire, ils prennent le risque de permettre au gouvernement de réaliser cette modification constitutionnelle en lui concédant les 3/5e de votes indispensables.

Si, lors de ce premier vote, les parlementaires désireux de voir respecté le souhait des citoyens français en faveur d’un nouveau référendum, s’unissent, ils peuvent faire barrage à la modification de la Constitution.

Et dans ce cas, Nicolas Sarkozy n’aura pas d’autre alternative que de proposer le traité de Lisbonne à ratification par voie référendaire.

A ce stade, l’engagement pour le oui ou le non à ce traité n’entre pas en ligne de compte.

Et c’est là que la mobilisation de l’opinion publique est importante : c’est à nous qu’il revient d’inciter les parlementaires que nous avons élus à assumer leur mandat en votant contre cette modification qui reviendrait à bafouer notre expression souveraine proclamée par le résultat du vote du 29 mai 2005.

Interpellons-les publiquement, n’hésitons pas à leur écrire si nécessaire, l’important est de nous faire entendre, de les convaincre massivement.

« Imposer un référendum est donc possible, à condition de ne pas suivre celles et ceux qui refusent une prétendue "bataille perdue d’avance", et qui, sensibles au discours de N. Sarkozy et de ses nombreux soutiens médiatiques, entretiennent le défaitisme et la résignation », Paul Quilès.

Pour vous aider à imposer ce référendum, mais également pour préparer l’étape suivante constituée par le vote des citoyens dans le cadre référendaire, je vous propose de prendre connaissance du traité de Lisbonne, bien loin du « mini-traité technique » promis par le candidat N. Sarkozy pendant la campagne présidentielle.

3. Le traité de Lisbonne, un traité ni mini ni simplifié

Considérant que nous nous acheminons vers l’organisation du référendum de ratification, il s’agit désormais de faire connaître au plus grand nombre le contenu de ce traité... Loin de moi l’idée de vous en épargner à tout prix la lecture, car s’y frotter c’est reconnaître qu’il n’est ni simplifié ni résumé, ni plus social ni moins libéral, par rapport au texte du TCE :

240 pages, près de 300 articles, des renvois incessants au TCE, et aux traités de Rome et de Nice, ce texte réécrit par les juristes du Conseil des ministres européens est tout bonnement incompréhensible ! Il sera donc indispensable que soit fourni à tous les électeurs un texte consolidé pour pouvoir le lire sans se référer sans cesse aux autres traités. En attendant, je porte à votre connaissance ces quelques réflexions et remarques suite à sa lecture :

· Sur la « concurrence libre et non faussée » (art. 3 du TCE) et l’Europe sociale :

Si l’expression exacte « libre et non faussée » n’apparaît plus, pour autant le principe d’une concurrence sans entrave se retrouve dans une déclaration annexe (protocole 6) ; ceci confirme donc qu’en termes de concurrence, rien n’a changé, et la valeur juridique du principe reste la même.

De même, rien ne va dans le sens d’une harmonisation fiscale ou sociale, pourtant demandée par les Français, au travers de leur expression pour le NON lors du référendum pour le TCE.

· Suppression de la partie III (politiques européennes) du TCE :

Cette partie du TCE a juste été déplacée et se retrouve in extenso à partir de l’amendement 40.

Le nouveau texte reste donc très proche de celui du TCE.

· La Charte des droits fondamentaux :

A la base, l’esprit du texte d’origine était censé engager l’Europe vers l’atteinte de standards sociaux harmonisés et tirés vers le haut, même s’il n’était déjà pas très ambitieux ; désormais, avec le nouveau traité, il ne s’appliquera pas partout puisque la Grande-Bretagne et la Pologne pourront s’exonérer de son application. Comment espérer dépasser l’Europe de technocrates actuelle, et promouvoir une Europe des peuples plus sociale, si ses principes ne s’appliquent pas à tous les pays membres ?

· La place de la BCE :

N. Sarkozy a publiquement et abondamment polémiqué sur le rôle de la BCE ; pourtant, entériner le traité de Lisbonne c’est entériner que la BCE a vocation à limiter l’inflation. Que sont donc devenues les rodomontades de notre omniprésident sur ce sujet ?

· Au sujet de la préférence communautaire vantée par N. Sarkozy :

Elle ne figure nulle part dans le traité de Lisbonne ...

Par contre, il est stipulé, notamment à l’article 10A, que l’Union vise à encourager une économie mondiale via la suppression progressive de tous les obstacles au commerce international. Il est donc question de poursuivre la mondialisation dans un cadre ultralibéral et de confirmer l’interdiction de toute entrave à la libre circulation des capitaux, malgré la casse sociale que cela risque d’entraîner ...

Quelques idées fausses sur l’Europe et sur ce traité :

o L’Union européenne était en panne depuis le NON des Français et des Hollandais, et la ratification du traité de Lisbonne va la sortir de l’enlisement :
NON, les institutions ont continué à jouer leur rôle en fonction des traités en vigueur ; il n’y a jamais eu de situation d’impasse, dont N. Sarkozy va miraculeusement sortir l’Europe !

o N. Sarkozy se met dans la posture du sauveur de l’Europe, de celui qui va permettre qu’elle sorte de l’ornière dans laquelle elle est bloquée depuis deux ans, grâce à ses habiles négociations :
NON, c’est un menteur ! Son rôle est resté mineur dans l’élaboration de ce texte. Il n’a même pas su tirer profit de l’amorce de protocole social préparé par Angela Merkel, et qui aurait pu servir de base de négociation pour obtenir des avancées sociales !

o Il y aurait urgence à ratifier ce nouveau traité, qui valide le système de majorité qualifiée, car cela va sortir l’Europe de sa « paralysie » :
NON, d’abord l’Europe n’a jamais été paralysée, et de toute façon, la mise en place du système de majorité qualifiée sera entamée à partir de 2014 et achevée en 2017 !

o La voie parlementaire permet une ratification rapide (courant décembre 2007), désirée par N. Sarkozy :
NON, il est probable que le traité ne sera ratifié qu’en mai 2008 au mieux, car il ne sera signé par les 27 pays membres que le 13 décembre prochain, puis à l’issue de cette validation au niveau européen viendra l’adoption par la France.
Or, pour valider le texte par voie parlementaire, il faut d’abord le faire examiner par le Conseil constitutionnel, réunir le Congrès pour modifier la Constitution, obtenir le vote du Congrès, puis le faire voter par l’Assemblée nationale, dont l’agenda prévisionnel des travaux est déjà bien chargé avec les projets de réformes entamées par le gouvernement.


Par Corinne ZANNIER

Secrétaire fédérale PS 93,
Signataire Gauche Avenir
www.gaucheavenir.org http://referendumeurope2007.free.fr/

Pétition à signer pour demander une ratification par voie référendaire, et sélection de sites intéressants à visiter sur ce sujet :

http://www.respecteznotrenon.org/

http://www.pourlarepubliquesociale.org/

www.reconstruirelagauche.fr


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33 réactions à cet article    


  • JL JL 14 novembre 2007 14:15

    Dans cette affaire, le chef de l’Etat a trahi la parole du candidat qui disait ; « je ne vous mentirai pas je ne vous trahirai pas »«  : en effet, il avait promis un mini traité »parce que les institutions sont bloquées« . Chacun savait que les institutions n’étaient pas bloquée en UE mais au sein de l’AGCS peut-être. Mais les médias ont menti. Aujourd’hui on nous dit : »vous avez voté pour cette ratification, circulez y a rien à voir« . Autrement dit : »les baisés comptez-vous".

    On va vers l’épreuve de force, qui ne sera peut-être qu’une formalité mais aux conséquences désastreuses et irréversibles. Si ce déni de démocratie est entériné c’en sera fini de la légitimité du pouvoir dans ce pays. Un précédent sera créé, porte ouvert à toutes les dictatures, d’autant que des transferts de souveraineté seront nécessaires pour s’adapter à ce traité.

    Il faut dire à la décharge de cette Europe que «  »on zappe l’Europe quand elle produit des règles qui avantagent les crevards et on s’en sert comme bonne excuse pour faire semblant de renoncer à des promesses à la con qu’on avait bien l’intention de ne pas tenir« à lire dans l’article »C’est la grève au village" sur le blog d’Agnès Maillard là :

    http://blog.monolecte.fr/post/...

    et là :

    http://tf1.lci.fr/infos/econom...

    Alors, que les eurolâtres, fassent leur travail pour nous faire aimer cette Europe là ! En attendant nous avons le droit et le devoir de dire non, non et non aussi longtemps qu’il nous sera possible.

    Ps. Pas d’accord avec ce que vous écrivez au sujet de S. Royal : «  »cette position revient à tourner définitivement le dos à l’engagement de la candidate investie par le PS pour la campagne présidentielle, qui promettait d’organiser un référendum pour la ratification dudit traité renégocié«  ». Elle même s’est ralliée à cette ratification scélérate.


    • JL JL 15 novembre 2007 10:14

      «  »Vous n’avez pas l’air d’avoir l’excuse d’être assez ignorant pour y avoir cru.«  »

      Ignorant ou de mauvaise foi ? en tout cas, pas très fier, et dans les deux sens. En effet, il faut ne pas être fier pour prendre de sang froid le risque de passer pour un sot.

      Mais il existe une alternative : l’intérêt vénal.

      Je vois dans le sarkozysme, ce système inventeur de la droite décomplexée, une perche tendue à tous ses adeptes : vous n’êtes ni ignorants ni crédules, vous êtes des winners. smiley


    • anny paule 14 novembre 2007 14:52

      En fait, tout est étroitement lié : l’Europe qui nous est imposée (TCE/ « Traité simplifié » = « bonnet blanc et blanc bonnet »), les réformes auxquelles nous assistons (ou que nous subissons) depuis le milieu des années 80 (1986, Acte Unique, PS au pouvoir), celles que mène à grand renfort médiatique le super Zorro actuel...n’ont d’autre objet que de nous « mettre en ordre de marche » pour répondre à des directives qui n’ont rien de social, rien d’humaniste !

      Quand nous aurons perdu ce qui a fait la richesse de notre culture, celle de notre pays au profit d’une nébuleuse européenne de la haute finance, que nous restera-t-il ?

      Je partage totalement l’avis de l’auteur : nous devons (c’est un minimum démocratique) obtenir un référendum. Nous devons informer l’ensemble de citoyens sur le contenu du texte dont on prétend escamoter le vote populaire. Nous devons nous saisir des élus (de tous bords) pour qu’ils exigent une ratification par voie référendaire.


      • Stephane Guezenec Stephane Guezenec 14 novembre 2007 15:16

        Résumé du programme proposé par l’auteur :
        - Pas de traité européen pour continuer à torpiller la construction européenne.
        - Pas de réformes en France pour nous laisser distancer par le monde, l’Europe, et l’Allemagne réformée par Schröder (un homme de gauche). Et le référendum n’est qu’une façon d’espérer un vote anti-sarkozy, comme il y eut un vote anti-Chirac contre la constitution européenne. Rappel : les français ont élu Sarkozy. Ca ne vous plait pas, mais ça s’appelle la démocratie. Point barre.


        • 5A3N5D 14 novembre 2007 15:27

          La résistance est aussi un devoir.

          Constitution de 1958 :

          Article 3 :

          «  »"La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du REFERENDUM.

          Aucune section du peuple ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice.«  »"

          Que vous soyez dans la majorité ou dans l’opposition ne change rien au problème : nulle section du peuple ne peut s’accaparer la souveraineté populaire.

          Lorsqu’on affirme une chose, il serait bon d’en vérifier le bien-fondé car, en suivant votre logique, 47% des français seraient exclus du peuple souverain. Point barre.


        • Christophe Christophe 14 novembre 2007 17:42

          @Stephane Guezenec,

          Parce que pour vous, la démocratie se résume au suffrage universelle ?

          Vous avez une bien piètre approche de la démocratie et des propos qui justifient que des actes anti-démocratiques peuvent être fait sous couvert de votre perception de la démocratie.


        • JL JL 14 novembre 2007 18:35

          S. Guézennec, vous êtes bien dans l’esprit de ceux qui lui passent tout, depuis ses bévues jusqu’au triplement de son salaire. Vous ne connaissez rien aux institutions française. Le président de la 5è République n’est pas un dictateur élu.

          Vous devez être bien jeunot pour parler ainsi. Vous avez l’illusion que le président peut tout parce que les médias lui passent tout, tant ils ont la trouille que l’on obtienne un référendum.


        • claude66 claude66 14 novembre 2007 15:46

          combien de personnes avaient lu le projet de constitution avant de voter non (ou oui) avant de proposer un référendum,il faudrait être sur que le citoyen a été bien informé et qu’il à compris.que le vote se rapporte au sujet et non à un autre motif -mécontentement - sanction -ignorance - habitude


          • DG. DG. 14 novembre 2007 17:15

            les citoyens avaient très bien compris l’enjeu du traité.il y a eu énormément de débats de fonds, que se soit en meeting ou dans les médias. Tout le monde en France sait désormais que le gouvernement n’est qu’un exécutant des directives européennes : c’est ce qu’on appelle une réforme inévitable ! Et oui, on y est juridiquement contraint. Dès lors, Ségolene eut été élue, cela n’aurait rien changé, avec quelques aménagements accessoire différents, la même contrainte faisant foi (on admire ici toute la force de la démocratie).

            c’est pour cette raison, que le non était à la foi un non de gauche et un non souverainiste. c’est à dire une direction toujours de plus en plus libérale, pris au sens conservateur (remarquez bien que l’UE n’a pas d’objectif réel de ce point de vue, car la libéralisation n’a pas de fin, on peut toujours faire mieux dans ce sens ?!?! c’est strictement dogmatique). Et d’autre par parce que les institutions européennes ont bien trop de pouvoir.


          • Christophe Christophe 14 novembre 2007 18:01

            @Claude66,

            Certains l’on lu, d’autres pas. Si vous souhaitez le savoir, je ne l’ai pas lu, je l’ai analysé ; c’était l’une de mes fonction que l’analyse de textes juridiques ; mais cela m’a pris 3 mois.

            Car un tel texte ne peut être exclusivement lu. Combien de renvois entre les articles pouvons-nous retenir de façon sûre. L’approche de textes juridiques est complexe, j’en conviens (le nombre de concepts introduits par le TCE est impressionnant et dépassent largement ma capacité mémorielle). Alors pour instaurer les prémices d’une constitution, il faudrait faire plus simple ; et les choix économiques n’ont pas lieu d’être dans une constitution ... mais là, il y a un hic ! En effet, tous les articles constitutionnels à proprement parler étaient limités dans leur interprétation à (globalement) la concurrence libre et non faussée. Vous comprendrez que si nous devions avoir d’un côté une constitution fondée uniquement sur des valeurs, elle supplanterait les articles des accords passés, principalement d’ordre économique. C’est donc un choix à faire ; mettre les valeurs économiques au dessus du reste impose l’intégration des accords économique dans l’approche constitutionnelle donc de le rendre difficilement digeste à la lecture et à l’interprétation, ou alors ne mettre que des valeurs et faire valider ouvertement que les valeurs économiques sont au dessus de tout. Est-ce bien raisonnable ? Je doute, dans ce contexte, de son acceptation.

            Mais je dois faire erreur, certains pensent que les votants ayant rejeté ce texte ont voté contre Chirac ; et cette vérité est incontestable ! D’ailleurs, combien l’ont analysé dans ceux qui ont voté oui ? En fait ils auraient voté pour Chirac si je comprends bien ! smiley


          • JL JL 14 novembre 2007 18:41

            Nul doute que si le oui l’avait emporté, tous les médias auraient clamé en choeur que les français sont intelligents. C’est ce qu’ils disent toujours quand leur parti, celui de la presse et de l’argent, la PPA, gagne les élections.


          • fifilafiloche fifilafiloche 14 novembre 2007 17:33

            Votre article vient malheureusement après une série d articles de même nature ce dernier mois. J ai peur que votre article ne se distingue pas suffisamment des articles précédents pour motiver de nombreuses nouvelles réactions.


            • cza93 cza93 15 novembre 2007 11:48

              @fifilafiloche :

              certes il arrive tardivement mais pas forcément de mon fait : il a mis plus d’une semaine à être validé, alors qu’un autre de mes articles a mis moins de 24H pour être rejeté .... mais est hébergé par Esprit Libre ...


            • judel.66 14 novembre 2007 17:52

              non Stephane...j’ai voté sarco et j’ai ma carte UMP mais j’ai aussi voté non a la giscarderie de tce ...avez vous lu l’article II-70 du projet giscard qui est maintenu....avez vous lu les articles concernant la defense européenne....en fait de traité simplifié nous avons la meme sauce giscard et je me sens totalement trahi....

              dois je vous dire egalement que comme beaucoup dans ce qu’il faut appeler «  »la France profonde et silencieuse«  »je ne veux pas avouer mon désenchantement mais, mais ,,mais ,,avez vous apprécié vous meme notre plat ventre aux usa !! ! ! ....


              • Forest Ent Forest Ent 14 novembre 2007 21:23

                Bon article. Ca fait plaisir de voir qu’il y a des gens à gauche au PS. Je commençais à en douter.


                • cza93 cza93 15 novembre 2007 11:53

                  @forest

                  oui il y a encore des gens pour croire et défendre les valeurs de gauche ; du reste si tu veux nous rejoindre chez Gauche Avenir, la porte t’est grande ouverte : nous accueillons tant des militants que des sympathisants, de sensibilité PS, PC, écolo, ... bref de gauche ! Nous ne comptons ni nous renier, ni nous résigner, et si la résistance doit partir de quelque part, ce sera de chez nous ! Nous menons une réflexion tant sur nos acquis que sur notre avenir qu’il faudra bien reconstruire si nous voulons être en ordre de marche pour les prochaines échéances, nous essayons d’aborder toutes les thématiques, bref d’avancer !


                • moebius 14 novembre 2007 22:48

                  vous avez raison...je suis lepéniste et je partage votre point de vue, NON a l’Europe. Ca va etre coton de faire une révolution (nationaliste ou socialiste) dans cette entité qui nous dépasse. En plus ils parlent meme pas le français...


                  • moebius 14 novembre 2007 22:50

                    ..mais on résistera et on sera courageux et fiers...


                  • Nemo 15 novembre 2007 00:47

                    Effectivement, votre article intervient un peu après la bataille.

                    Alors, en résumé, même si cela ne vous plaît pas : Nicolas Sarkozy, s’est fait élire avec 53% des voix en affirmant qu’il relancerait l’Europe, par un Traité simplifié, en le faisant passer par la voix parlementaire.

                    Si c’était tellement important, et si les français était aussi contre que cela, ils ne l’auraient pas élu.

                    Or, ils l’ont élu. D’où, cette conclusion tout à fait extraordinaire : soit les français s’en foutaient suffisamment pour ne pas voter contre lui, soit (OH MON DIEU EST-CE POSSIBLE ???) ils ont changé d’avis depuis 2005...

                    Quoiqu’il en soit, et aussi mal que cela puisse vous faire (je le conçois fort bien bien) c’est déjà trop tard.

                    Mais rassurez-vous, vous aurez encore de nombreuses occasions pour manifester votre saine colère et votre indignation légitime, en bloquant les Facs ou en défilant avec les conducteurs de TGV qui revendiquent la pénibilité de leur travail...


                    • Forest Ent Forest Ent 15 novembre 2007 03:23

                      Une minorité de français a voté pour le TCE et pour Pinocchio. Pinocchio a promis avant les élections qu’il s’opposerait aux négociations d’adhésion de la Turquie. Il les a relancées. Il a promis qu’il ne représenterait pas le TCE. Il le fait. Il a promis qu’il ne privatiserait pas GDF. Il le fait.

                      Vous n’avez pas l’air d’avoir l’excuse d’être assez ignorant pour y avoir cru.

                      Je pense que l’on n’a pas fini sur tous ces sujets. Rendez-vous dans deux ans pour le bilan.


                    • JL JL 15 novembre 2007 10:16

                      Mal placé, toujours ce bug dans AV.

                      «  »Vous n’avez pas l’air d’avoir l’excuse d’être assez ignorant pour y avoir cru.«  »

                      Ignorant ou de mauvaise foi ? en tout cas, pas très fier, et dans les deux sens. En effet, il faut manquer cruellement d’amour propre pour prendre de sang froid le risque de passer pour un sot.

                      Mais il existe une alternative : l’intérêt vénal.

                      Je vois dans le sarkozysme, ce système inventeur de la droite décomplexée, une perche tendue à tous ses adeptes : vous n’êtes ni ignorants ni crédules, vous êtes des winners.


                    • Forest Ent Forest Ent 15 novembre 2007 13:55

                      « vous n’êtes ni ignorants ni crédules, vous êtes des winners. »

                      De la démagogie telle que pratiquée depuis l’antiquité. Ce qui ne va pas - en plus - dans le sarkozysme, c’est l’implicite :

                      « vous êtes des winners ... si vous n’êtes ni noirs ni arabes ni fonctionnaires ni ... »

                      C’est de mauvais augure à terme pour la cohésion et l’identité nationales.


                    • Christophe Christophe 15 novembre 2007 19:23

                      @Nemo,

                      La mauvaise foi est-elle votre raison d’être ?

                      Si vous croyez vos affirmations Or, ils l’ont élu. D’où, cette conclusion tout à fait extraordinaire : soit les français s’en foutaient suffisamment pour ne pas voter contre lui, soit (OH MON DIEU EST-CE POSSIBLE ? ? ?) ils ont changé d’avis depuis 2005..., pourquoi avoir peur d’un référendum ? Si ils s’en foutent, les nonnistes n’iront pas voter, si ils ont changé d’avis ils voteront oui.

                      Vous êtes donc bien peu cohérent dans vos propos ; un référendum qui passerait légitimerai ce traité. Pour ma part, ce traité sera illégitime car non respectueux des règles démocratiques eut égard au passif de rejet par voie référendaire.

                      Je croyais que les sarkosistes restaient des républicains, ou au moins des démocrates. Il s’avère que vous démontrez que ce n’est pas le cas de tous !


                    • faxtronic faxtronic 16 novembre 2007 10:59

                      A forest : la cohesion nationale se fera avec des menottes.


                    • judel.66 15 novembre 2007 11:25

                      nemo ...ne trahissez pas notre pensée pour exiter des sots ...il n’est pas question de s’associer aux cheminots ou a la minorité de littéraires contestataires...

                      notre souci c’est comment s’opposer a la reprise intégrale de la giscarderie de TCE.....

                      contrairement a ce que vous dites , Sarco avait promis de proposer un traité remanié et simplifié or , le texte repris est pratiquement le giscard initial ; on est roulés..... par exemple , donnez vous la peine de lire l’article II-70 entièrement repris ..lorsque ce texte sera voté l’UOIF fera immédiatement invalider par la cour européenne toute notre reglementation sur la lai¨cité et nous aurons des postières ,des instits , etc voilées ..

                      n’oubliez pas que les textes européens l’emportent sur les textes nationaux...


                      • judel.66 15 novembre 2007 11:33

                        nemo ....j’oubliais ,bien sur , on a voté Sarco et il peut penser qu’on lui a donné un blanc seing ; alors qu’en réalité nous n’avions pas le choix il fallait éliminer Sego et les épouvantails telle aubry quelle trainait....

                        de toutes façons pour le TCE on est roulés....


                      • JL JL 15 novembre 2007 13:51

                        judel66 : «  »de toutes façons pour le TCE on est roulés.... «  »

                        Eh bien voila ! C’est pas difficile à dire, quand même. On ne vous en demande pas plus. smiley

                        Avec Ségo vous auriez eu un référendum, pensez-y. Quant au reste, la même chose que maintenat, en plus soft sans aucun doute. Mais le TCE, c’est irréversible. Merci les gars ! smiley


                      • faxtronic faxtronic 16 novembre 2007 11:03

                        oui, mais avec sego on aurait eu sego et les elephants du PS. C’etait vraiment un choix cornelien : le bouffon populo avec sa bande d’escroc, ou la conne populo avec sa bande d’escroc. Au moins le bouffon, il vient pas chialer sa mere a chaque fois qu’on lui pose une question. Il raconte et fait que des conneries (un bon chiraquien en somme), mais c’est un bouffon, cela fait rire nos petits camarades mondiaux. Il vaut mieux faire rire que faire pitié


                      • Christophe Christophe 15 novembre 2007 19:16

                        Je vous recommande l’article du Telegraph sur le sujet.

                        Les anglais espèrent eux, un référendum qui risque de toquer ce nouveau traité. Le référendum est une promesse du parti travailliste ; mais Sarkosy tente d’influencer l’ensemble des nations de l’Union pour qu’il n’y ait aucun référendum (du moins dans les pys où cela est possible).

                        Vive la République, vive la Démocratie ... sans le peuple !!! smiley


                        • judel.66 16 novembre 2007 21:07

                          c’est tout de meme bon ces commentaires !!!ça valorise A V...et ça nous défoule ...un peu ! ! !


                          • stradiuvarius 18 novembre 2007 19:35

                            Le TCE a été rejeté par référendum à 55 % en 2005. Il est inconcevable, impensable, scandaleux que le nouveau texte « simplifié » ne soit par soumis à nouveau aux Français sous prétexte qu’il risque d’être à nouveau rejeté quand bien même il est un copié collé exact de feu la constitution européenne « dixit le diamantaire Giscard » ?! Quel est donc la conception de ce guignol Umpiste ainsi que de ses conseillers en communication et en image concernant les principes fondamentaux en démocratie ?
                            - Ne pas prendre le risque de consulter les Français pour avaliser (de force) au Parlement ce qui a été déjà rejeté avec force. Cette clique d’ignares au service du sacro saint MEDEF pense elle être à ce point dépositaire ou garante du « bien être » de la nation pour clouer au pilori son histoire, sa spécificité, ses réflexes versus le « changement tant annoncé » sans flouer de manière concomitante sa base électorale pour du bas corporatisme et de l’intérêt particulier ? Qu’en est il de la Turquie au fait ? Puissent ceux qui ont répondu aux sirènes populistes de ce nain de jardin manger leur chapeau par les 2 bouts pendant 5 ans, surtout l’électorat ouvrier et pauvre... ! Ne méritent pas mieux.


                            • judel.66 20 novembre 2007 20:46

                              le anglais nous départageront.... si reférendum il y a chez eux , et , c’est probable ,il voteront non comme auraient voté les allemands si on leur avait demandé ....


                              • pad pad 21 novembre 2007 22:00

                                De l’utilité d’un nouveau traité institutionnel européen et de la légitimité d’une ratification parlementaire. Pour défendre ce traité, je commencerais par répondre à ses turiféraires, qui dans leur ensemble ne l’”attaque pas sur le fond mais sur la forme, que le “non” français était beaucoup plus un rejet, un compréhensible ras le bol, de la politique chiraquienne’ qu’une volonté souverainiste ou alter-européenne. Quand l’on regarde la côte de popularité de cet opportuniste dirigeant, qui pensait se refaire une santé par un référendum positif qui maintiendrait la légitimité de son gouvernement, l’on remarque qu’il n’avait jamais été plus bas et que ses réformes rencontraient un mécontentement de la population. Le mécontentement des Français n’ayant pas étaient été écouté que se soit au élections présidetielles de 2002, aux régionales..., il s’est à nouveau exprimé à l’occasion de cette consultation. À ceux qui, n’ayant pas peur de tomber dans l’excès et le ridicule, affirme qu’une ratification parlementaire est synonyme de “coup d’état”, je rappellerais que se sont les Français qui ont élu leurs députés, et que s’opposer à un parlement élu par et pour le peuple équivaut à rejeter la démocratie ; Je voudrais aussi rappeler aux amnésiques que la majorité des français a voté pour le programme de Nicolas Sarkozy qui incluait ce traité ; Deplus qui est le plus qualifié pour comprendre un traité (trop ?) complexe : un député dont c’est le métier ou un français moyen qui n’a aucune notion juridique ? Le fond maintenant : Ce traité instore une majorité partielle nécéssaire au fonctionnement à 27 si la majorité à 100% permettait le fonctionnement à 15 à 27 les divergences d’opinions, mêmes mineures rendent tout traité caducs avant même son application. En instaurant une présidence plus stable et un ministère des affaires étrangères européens, qui permettront à l’avenir d’empecher des dissenssions comme celles sur l’Irak, ce traité renforce l’influence de l’UE en temps que groupe d’Etat solidaires et l’élève au rang de véritable contre pouvoir à “l’hyperpuissance” américaine. Il permet par une simplification des lois en vigueures, d’améliorer le fonctionnement institutionnel de l’UE et de réduire ses coûts de fonctionnement. Ce traité, enfin, ne soumet pas l’Europe à l’OTAN, il n’a rien à voir avec la question Turque, et pour finir, puisqu’il est essentiellement tréssé entre des entre des puissances du centre ou de guauche (Angleterre, Allemagne, Italie, Suède, Espagne...), il n’est ni ultra-libéral, ni pro capitalisme sauvage...

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