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Accueil du site > Actualités > Europe > Traité simplifié, une nécessité ?

Traité simplifié, une nécessité ?

Une Europe forte autour de l’euro.

L’Europe des vingt-sept n’est, aujourd’hui, qu’un vaste espace commercial, où circulent librement les biens, les services et les personnes - suivant des règles complexes assorties de dérogations nombreuses -, avec des institutions difficilement lisibles et à géométrie variable pour répondre aux particularismes des Etats membres (on peut par exemple être dans Shengen ou ne pas y être, tout en étant ou pas dans l’Euroland, etc., etc.). C’est la fin du processus initialisé par les pères fondateurs à Rome. Mrs Thatcher a gagné !

Faut-il, pour dépasser ce stade, mettre en place rapidement des compromis - appelés plus romantiquement « Traité simplifié » -, qui dénaturent le Traité constitutionnel, bien au-delà de ce qu’accepterait Valéry Giscard d’Estaing qui en est le père, s’il était consulté ? Ce serait une opération de communication pour les opinions publiques, c’est certain. Mais ne serait-il pas plus sage de laisser l’Europe actuelle « en l’état », de lui laisser digérer son expansion sans autres ambitions que d’être cette vaste zone de libre-échange que souhaitent certains membres, dirigée par une Commission bureaucratique qui produit les règlements nécessaires au quotidien, avec un Conseil des chefs d’Etat et de gouvernement discret, et un Parlement « godillot », indispensable centre de traduction.

L’acquis important n’est-il pas l’Euroland ? C’est en effet en renforçant les liens entre les treize qui ont adopté l’euro, que l’Europe puissance peut naître. La monnaie unique va naturellement les amener à se doter d’un espace fiscal et social unique (ou du moins défini par des limites comme le fut la monnaie à l’époque du serpent monétaire) qui fera sauter les verrous actuels découlant des critères du Pacte de stabilité. Beaucoup de briques élémentaires sont disponibles ou à portée de main pour doter l’Euroland de ces politiques fiscale et sociale, d’une diplomatie et d’une puissance militaire crédibles. C’est-à-dire que le poids politique, diplomatique, industriel, financier et commercial de l’Euroland peut réponde à celui des USA. Il n’est pas nécessaire de mobiliser les vingt-sept pays membres pour atteindre cet objectif, les treize de l’euro suffisent !

L’obstacle majeur n’est pas d’ordre budgétaire - on peut mettre des choses en commun sans pour autant accroître les budgets. Il est plus dans le fait que le Royaume-Uni n’a pas encore adopté l’euro, beaucoup plus pour des raisons historiques, culturelles, économiques, techniques, financières - sans oublier ses liens avec le Commonwealth et les USA -, que pour des raisons de politique intérieure. L’attachement à la livre est un argument électoral qui fait encore recette. Mais où est l’intérêt des Britanniques à long terme ? Aucun économiste ne parierait sur la livre.

C’est dire que le déblocage de la situation actuelle ne passe pas par on ne sait quel compromis entre les Etats pour qu’une Constitution aménagée soit adoptée, ou par la création d’une avant-garde vertueuse, mais bien plus par l’adhésion du Royaume-Uni à l’Euro. Après cela bien des choses se mettront en place d’elles-mêmes. Cette Europe-là sera solide, car elle aura un espace géographique et un espace fiscal définis - deux conditions nécessaires pour faire d’une réalité juridique un espace culturel (une nation...). Une évolution des institutions européennes sera nécessaire pour permettre une bonne gouvernance de l’Union autour du noyau dur des treize formant l’Euroland.

Le rejet de la Constitution peut être une chance pour l’Europe, qui peut se reconstruire autour de l’Euro, dans des limites d’un espace géographique enfin définies.


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6 réactions à cet article    


  • Forest Ent Forest Ent 30 mai 2007 18:50

    Bof.

    Le traité réduit à la partie 1 n’a que peu de sens, car la partie 3 contenait tout ce que tous les Etats avaient voulu sanctifier avant d’accpter le vote majoritaire. Il n’y a donc que très peu de chances qu’ils reviennent là-dessus.

    La situation actuelle est par ailleurs intenable car il n’y a aucune possibilité d’harmonisation fiscale, règlementaire ou économique. Il n’y en aurait d’ailleurs pas eu plus avec le TCE, qui excluait la fiscalité et le droit du travail du vote majoritaire.

    Il n’y a pas de progression possible avec un groupe restreint de pays. Si certains d’entre eux s’entendent par exemple sur une politique fiscale, les autres serviront volontiers de paradis fiscaux, ce qui est déjà le cas avec l’Irlande, le Luxembourg, ...

    Je ne vois en fait aucune issue possible. Il faut sans doute quitter l’UE dès maintenant.


    • Nicolas Nicolas 31 mai 2007 07:00

      « Il faut sans doute quitter l’UE dès maintenant. »

      Z’êtes malade ou quoi ?!?

      Tous de même, quiter l’Union ne va pas faire disparaitre les paradis fiscaux !

      Par contre, je vois la gueule de nos agriculteurs !!


    • non666 non666 31 mai 2007 14:28

      1) Quitter « l’Europe » (en fait l’UE telle qu’elle est construite) nous redonnerait aussi le controle sur les entrée sortie d’argent vers les paradis fiscaux que l’on peut qualifier de parasite de l’Union

      2) Les agriculteurs ne recevraient plus de subventions de l’UE...

      Mais nous ne contribuerions plus a ce budget europeen non plus et nous pourrions refaire des subventions « nationales ». Donc pas de deficit du point de vue français.

      Nous avons apporté enormement en cooperation a l’Europe : Airbus, EADS, Nucleaire.

      Le retour est nul. Les autres n’ont rien apporté au mariage.

      Il y a un moment ou il faut mieux repartir avec ses acquis. Les mariages aussi sont sous le principe de la communauté de bien reduits aux acquets...


    • gc 23 juin 2007 01:27

      Tu as tout faux.

      1. Pour les paradis fiscaux : la quasi-totalité des paradis fiscaux les plus aboutis et les plus utilisés sont situés hors de l’UE (certains cantons suisses, le Liechtenstein, Monaco, Andorre, les Iles Cayman etc). Ils peuvent faire encore + de « dumping fiscal » ou social, car justement ils ne sont pas sous le contrôle de l’UE, qui impose quand même beaucoup de contraintes aux Etats en matière fiscale. Si on sort de l’UE, on n’aura pas + de contrôle sur ces pays.

      2. Tu dis que la France paye beaucoup en contributions au budget de l’UE mais qu’en retour elle ne reçoit rien. Rien n’est plus faux ! La France reçoit actuellement beaucoup + que ce qu’elle ne paye, surtout grace à la PAC. C’est d’ailleurs ce qui irrite certains pays qui eux, payent plus qu’ils ne reçoivent (par ex le Royaume-Uni).

      Alors, renseigne toi avant de débiter des anneries :) Des petites rectifications, ça fait pas de mal :)


    • gc 23 juin 2007 01:45

      Ah, et aussi : 1. Si nous sortons de l’UE et que nous imposons des droits de douane pour « nous protéger du dumping social, de la concurrence étrangère etc etc », les autres pays relèveront également leurs droits de douane pour les produits français. Les produits étrangers arriveront moins en France, mais les produits français s’exporteront également moins. Ce qui sera nuisible aux emplois français au lieu de soi-disant les protéger. Aucun pays étranger ne sera assez fou pour accepter que la France relève ses droits de douane sans en imposer en retour contre les produits français.

      2. Si nous sortons de l’UE, il faudra trouver d’autres débouchés pour l’économie française : actuellement, nous réalisons la plupart de nos échanges avec d’autres Etats de l’UE. En rechange, nous ne pourrons pas adhérer à l’autre organisation de coopération et d’échange en Europe qu’est l’AELE (Association Européenne de Libre-Echange : Suisse+Norvège+Liechtenstein+Islande : pays hors-UE membres d’une association uniquement limitée au libre-échange) : la France est trop peuplée et pas assez riche pour en faire partie, ils ne nous accepteront jamais.


    • Chichile Chichile 31 mai 2007 12:59

      « Il faut sans doute quitter l’UE dès maintenant. »

      Un auteur américain,Larry Bond, proche de Tom Clancy dans le genre littéraire, a écrit il y a une dizaine d’années un livre s’appelant Cauldron. A l’époque, j’avais trouvé l’ouvrage comme de la pure science-fiction : explosion de l’UE, la France explosant dans ses banlieues, une alliance de circonstance avec l’Allemagne, le retour en force des USA, qui envahissent économiquement le reste de l’Europe, et inévitablement, le retour de la guerre.

      Compte tenu de ce que je vois se dessiner aujourd’hui, la volonté de quitter l’UE, l’aveuglement de certains pour comprendre ce que signifie l’UE et son achèvement politique, je ne suis plus certain de vouloir mettre le terme de SF sur ce bouquin...

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