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Accueil du site > Actualités > Europe > Tsipras demande aux Grecs d’appouver sa politique euraustéritaire

Tsipras demande aux Grecs d’appouver sa politique euraustéritaire

Décidément, le feuilleton Grec nous réserve un flux continu de rebondissements. Après des tergiversations aboutissant à un référendum-surprise semblant pousser à la rupture, Tsipras a choisi de capituler sur toute la ligne, faisant passer trois textes à l’Assemblée en contradiction totale avec son programme. Maintenant, il démissionne pour provoquer de nouvelles élections. Qu’en penser ?

 
Syriza, nouvel avatar social-démocrate
 
Les sept derniers mois ont de quoi donner le tournis. En janvier, Syriza était encore en train de dénoncer les politiques austéritaires demandées par les dirigeants européens et acceptées par ses prédécesseurs. Mais après de longues négociations et un référendum brillamment gagné contre l’austérité, Tsipras a capitulé et fait voter par le Parlement trois textes demandés par la troïka : les hausses d’impôts mi-juillet, juste après l’accord du 13 juillet, puis un texte sur les réformes dites « structurelles », enfin, il y a quelques jours, le texte définitif de l’accord sur le nouveau plan, de 86 milliards. La semaine dernière, Athènes a touché la première tranche de ce plan et remboursé la BCE. En fait, Tsipras a attendu la mise en place de tout l’arsenal de la troïka pour démissionner et provoquer de nouvelles élections.
 
Tsipras admet qu’il « n’a pas obtenu l’accord qu’il souhaitait avant d’être élus en janvier (…) nous avons lutté et fait des compromis (...) Cet accord, nous sommes obligés de le respecter  ». Il soutient « avoir malgré tout réussi à obtenir des exigences inférieures à celles de l’accord précédent », ce qui est faux, car il a accepté plus que ce qui lui était demandé fin juin. Samedi, George Katrougalos, ministre du travail, était sur Europe 1 pour défendre Tsipras. Il a tenu le discours habituel du centre gauche, parlant même d’Europe sociale. Pire, il a défendu le fait que le gouvernement Grec n’aurait pas eu d’autres choix que d’accepter cela. Quand la gauche dite radicale qui reprend le TINA de Thatcher pour justifier l’austérité ! Sur Marianne, Panagiotis Grigoriou a dénoncé « le dernier acte de l’escroquerie politique Syriza  ».
 
Sortir d’une impasse politique

Mais il y a aussi des arguments plus politiques, que décrypte bien Coralie Delaume sur son blog. Au final, Alexis Tsipras n’a plus de majorité politique stable puisqu’il a du compter sur les voix des partis qui avaient soutenu les précédents mémorandums pour les trois textes de cet été, car un certain nombre des députés de sa courte majorité ont décidé de s’y opposer. A moins de former une alliance avec d’autres partis (ce qui est difficilement concevable étant donné que Syriza s’est bâtie sur l’opposition aux partis du passé, accusés de tous les maux), Tsipras est sans majorité. On peut imaginer qu’aujourd’hui, il pense sans doute pouvoir gagner une majorité avec un Syriza expurgé des membres opposés au nouveau mémorandum. Aujourd’hui, il occupe une place centrale dans l’espace politique.

Et, en agissant aussi vite, et par surprise, Tsipras asphyxie l’opposition, même si les frondeurs de Syriza devraient concourir avec un parti indépendant. Mais le timing choisi par Tsipras ne leur facilite pas la tâche. Ils n’auront que très peu de temps pour faire campagne, et expliquer notamment la nécessité de quitter la monnaie unique, ce qui demande de la pédagogie. Et les Grecs pourraient avoir l’impression de repartir à zéro en votant pour eux, ce que les longs mois de négociation pourraient ne pas leur donner envie de faire. En effet, malheureusement, il ne faut pas oublier que de nombreuses raisons poussent les Grecs à accepter le dur traitement qu’on leur demande de mettre en place depuis plus de cinq ans. Ce faisant, le pari d’Alexis Tsipras pourrait bien, malheureusement, être gagnant.

 

En fait, Tsipras fait la pari, pas fou, qu’une majorité des Grecs sont sur la même ligne que celle qu’il exprime aujourd’hui, que s’ils en ont assez de l’austérité et de la tutelle, ils préfèrent encore rester dans l’euro plutôt que d’y mettre fin. Pendant ce temps, les charognards pourront agir, et dépouiller le pays de ses aéroportsTsipras est devenu le meilleur ambassadeur de l’euraustérité, comme la réaction de l’UE le montre.
 

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13 réactions à cet article    


  • howahkan howahkan Hotah 24 août 2015 10:27

    Partout les pseudo oppositions que sont toutes les gauches, propriétés des mafieux qui essayent de diriger la planète entière, tombent..

    ce Grec est un un autre avatar...combien de millénaires encore pour comprendre ?

    Ben oui,mais le pauvre de base et le riche sont les mêmes hommes, la différence est une question d’opportunité....

    sur le fond ils sont d’accord :essayer fuir ce que la vie est....pour essayer d’atteindre ce que je voudrais qu’elle soit....

    les deux sont totalement incompatible,alors la vie, « on » ne sait meme pas ce que cela est.....

    je ne connais que les concepts illusoires de ce qui me reste de cerveau et que je crois réels....accessibles....

    Mais ce que je veux n’existe pas.....naître c’est mourir, les deux sont liés.... l’humain essaye de délier les deux en ce faisant il supprime sa part liée à L’Origine...la faute majeure,........

    le reste n’est que déclinaison de tout cela et va notamment empêcher l’ouverture du cerveau en entier. entre très jeune et environ l’age de 20 ans + ou -, ..là ou se trouve la partie qui n’est pas du tout comparative ,qui ne donne pas de valeurs donc ne crée pas de hiérarchie...et ne con ait pas la peur, ni la souffrance etc..de plus elle est une émetteur récepteur universel ....etc

    dommage....c’est là en permanence pour tous ,pour celui qui va sentir le chemin.....évidemment cela n’a plus rien a voir avec nos pseudo vies....et n’est ni bien ni mal mais au delà, en tous les cas dans ce monde il n’y a aucune pseudo competition qui cache en fait une élimination, pas de valeurs données, pas de business, pas de guerre etc etc

    il n’y a rien a accomplir qui ne soi déjà..........sauf une nouvelle recette de cuisine éventuellement, un marteau plus gros , ou la couleur de mon chapeau etc ,mais a part ce genre de détails qui occupent toutes nos non vies, il n’y a rien à accomplir qui ne soit deja...

    cette erreur fondamentale vient du fait que seule une partie de nos cerveau s’est ouverte...

    et je n’y peux quelque chose que pour moi meme, et encore en tant que je , je ne suis absolument pas responsable de cela, si quelque chose de transcendant se produit....

    « je » n’est bon que dans le pire et les machines.........

    « je » est un danger pour la vie...

    « je » ne le sait pas du tout, il ne sait pas qu’il est seulement un programme ...


    • zygzornifle zygzornifle 24 août 2015 10:57

      c’est pas Tsipras qui demande mais Merkel, Hollande qui sont les larbins des banques etc.....

      L’Europe comme toute charogne abandonnée en plein air va filer des maladies puis une épidémie puis la mort a tout ceux qui la côtoie .......


      • zygzornifle zygzornifle 24 août 2015 10:58

        les « sans dents illettrés de la France du bas au RSA » sont nos grecs a nous ......


        • zygzornifle zygzornifle 24 août 2015 11:02

          dette Grecque :     321 milliards d’€
          dette par habitant : 29789€

          dette France  :     2089 milliards d’€
          dette par habitant : 31527€

          qui est le plus dans la merde ......Cocorico....


          • Pingouin094 Pingouin094 24 août 2015 14:29

            Si vous étiez grecs, que feriez-vous ? Honnêtement, pour ma part, je ne sais pas.


            Comme l’a justement expliqué Yannis Varoufakis, le problème est qu’il est pratiquement impossible de préparer un « Plan B », une sortie ordonnée de l’€uro. Même s’il avait commencé à travailler sur le sujet avec une équipe réduite, les préparatifs pour celà sont important et impossible à garder secret.
            Et une fois la préparation du « Plan B » rendue publique, tout s’enclenche avant qu’il ne soit prêt : fuite des capitaux, nécessité d’instaurer un contrôle des capitaux, fermeture des banques jusqu’à ce que la nouvelle monnaie soit prête.

            Bref, il n’y a pas d’autres choix que de passer par une « faillite » du pays. Et je comprends que même dôtés des meilleurs intentions, Tsipras ait renoncé devant l’obstacle.

            Oui, des pays ont déjà fait faillite et se sont redressés. De loin, d’un regard macroscopique, on peut dire que finalement, l’Argentine s’en est plutôt bien sorti et a redressé la barre. Mais de prêt, si on regarde ce que les gens ont vécu au moment de la faillite de l’argentine, la somme des souffrances individuelles des gens brusquement plongé au-delà de la pauvreté dans l’indigence la plus absolue, si on regarde la somme des gens qui sont morts de faims, de froids, faute de soins, ça laisse à réfléchir.

            Alors oui, des grecs meurent déjà de faim, de froids, faute de soins, du fait de l’austérité. Mais justement, faut-il aller encore plus loin dans l’horreur et la souffrance en espérant que la lumière soit au bout du tunnel....

            Alors entre deux maux, choisir entre charybde et sylla... Etant bien confortablement assis sur ma chaise, en France, avec un revenu assuré, un toit etc... je ne me permettrais pas de donner des leçons à ceux qui jouent leur survie, au sens littéréal.


            • bakerstreet bakerstreet 24 août 2015 14:51

              @Pingouin094

              Pas la peine d’aller en Grèce, bien des gens se trouvent dans la même situation en France. Je n’ai jamais cru au sauveur Tsipras, ce laïque qui proposait de transformer les pierres en pains, sur fond de démagogie et d’arrivisme. Comme Hollande en France, il a réalisé la bas ce que la droite aurait eu les pires difficultés à réaliser. Il n’a jamais été question d’un plan B en Grèce,les Grecs ne voulant manifestement pas dans leur majorité sortir de l’euro, l’étalon d’or fantasmé.
               Hors, comment vouloir être révolutionnaire, tout en ne voulant rien changer à l’essentiel ? 
              Comment vouloir prétendre à un autre possible tout en préférant les distributeurs en euros ?
              Un peu de commerçant et d’épiciers, matois, aurais je tendance à dire.
              Mais 
              « Etant bien confortablement assis sur ma chaise, en France, avec un revenu assuré, un toit etc... je ne me permettrais pas de donner des leçons à ceux qui jouent leur survie, au sens littéréal. » comme vous dites

            • Pingouin094 Pingouin094 24 août 2015 16:51

              @bakerstreet : 
              « Etant bien confortablement assis sur ma chaise, en France, avec un revenu assuré, un toit etc... je ne me permettrais pas de donner des leçons à ceux qui jouent leur survie, au sens littéréal. » comme vous dites
              Vous, par contre, vous ne vous en privez pas.


            • Arafel Arafel 24 août 2015 14:50

              Tsipras est une canaille.....


              • César Castique César Castique 24 août 2015 15:37

                @Arafel

                En tout cas, tous ceux qui espéraient qu’il exploserait la cagna, en deux coups d’épaules tant elle est pourrie, en sont à remâcher leur déception...


                Personnellement, je n’y ai jamais cru, et quand je l’ai vu accepter, sans rejeter violemment sa tête en arrière, de se faire tapoter la joue par l’ignoble Juncker, comme le turbulent de la classe par l’instit’ indulgent, qui se souvient de sa propre scolarité, j’ai pris sa juste mesure.

              • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 24 août 2015 16:23

                Il y a l’autre hypothèse.   Tsipras, Varoufakis sont de connivence. Chacun peut se retirer a Corfou ou se mettre en réserve de la république, pendant qu’un nouvel evzone tout frais peut monter dans l’arène pour un autre round de pancrace...... La Grece a gagné.du temps... en attendant de sortir de l’Euro et de l’U.E, sa dette alors prise en charge par les BRICS qui l’étaleront sur 60 ans... Et bien des gens feront un fric fou



                PJCA

                • Elliot Elliot 24 août 2015 23:20

                  Au moins ainsi les choses sont claire.

                  Après avoir demandé au peuple grec de rejeter par référendum la politique de force de l’UE contre ses intérêts légitimes, Tsipras lui demande maintenant d’entériner sa volte-face (des persifleurs diront trahison )

                  Je ne sais s’il se voyait lui-même dans le costume que tous ceux, qui rêvent d’une alternative à un monde de plus en plus articulé sur le principe des injustices sociales, lui avaient taillé et qui se morfondent aujourd’hui bien démoralisés dans l’attente de nouvelles espérances.

                  Car heureusement ceux qui ont la soif de justice sociale chevillée au corps sont des battants qui trouvent dans l’adversité des raisons supplémentaires de se battre.

                  En bon politicien qui veut maintenant tirer un avantage personnel d’une situation où il est le jouet des intérêts qui le dépassent mais qu’il se résoud à servir, Tsipras spécule sur la résignattion et le désenchantement populaire pour sauver ce qui peut l’être de sa carrière politique.

                  Soyons certains que contrairement aux dernières législatives, cette fois il partira avec le préjugé favorable de ceux qu’il s’est choisi comme maîtres et qu’il devrait bénéficier des voix de ceux qui à Droite ne sont pas trop rancuniers sur son passé.

                  Le Socialisme a inscrit , dans son histoire, de belles figures à son Panthéon mais il a aussi charrié son lot de renégats qui ont choisi de se coucher plutôt que le combat et, à cet égard, la France n’est pas loin de la pole position.

                  Celui que les pontes de l’UE dépeignaient comme un dangereux aventurier s’est coulé dans la peau d’un paisible régisseur dont les capacités de gestion sont strictement encadrées par la haute finance et qui doit mettre en œuvre les politiques de régression sociale qui sont la clef de voûte de l’offensive néo-libérale

                  L’expérimenttaion grecque doit servir de modèle à appliquer dans les pays qui historiquement ont encore des digues pour résister plus ou moins au maelström et qu’il faut faire sauter


                  • eric 30 août 2015 12:08

                    Quelle austérité ? Grâce au soutien de l’Europe et aux mesures d’économie des fonds publics auxquels elle a incité la Grèce, le bout du tunnel est en vue. +0,9% de croissance au dernier trimestre connu ! Hollande en rêverait. Arrêter d’augmenter les salaires et dépenses publics n’est pas de l’austérité, c’est du salut public.
                    Le principal problème politique, c’est quand les gens qui vivent du racket public sont à plus de 25% de l’électorat, il devient très difficile de réformer quoi que ce soit.

                    On le voit particulièrement bien en Grèce et à Paris. A Paris en effet, compte tenu du nombre des administrations centrales, des institutions publiques genre Musée, RATP, siège de boites nationalisée, embauches massives parla municipalité d’agents publics inutiles, la proportion de ceux qui ont un intérêt de classe à voter à gauche parce que leur beefsteak en dépend, compromet les possibilité d’alternance faute d’union de toutes les droites.

                    En Grèce aussi, j’imagine que l’actuel pouvoir doit arroser discrètement la base de son électorat avec e qui peut rester d’argent public de façon a rester au pouvoir avec sa minorité de suffrage et une alliance avec les fascistes.

                    Le maintient de Tsipras au pouvoir est la garantie que les pauvres, et non les agents publics, payeront l’essentiel du cout des difficultés. Comme en France. La gauche de la gauche de gauche grecque est sans doute assez lucide sur qui la nourrit pour ne pas faire trop de vagues.


                    • lsga lsga 30 août 2015 16:35

                      Il faut en penser que le Keynésianisme est mort, et qu’absolument aucune politique de redistribution des richesses ne peut plus fonctionner à une échelle aussi petite qu’une nation. 

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