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Turquie et géopolitique

À la question souvent posée de savoir pourquoi on insiste tellement pour intégrer la Turquie au sein de l’Union européenne, il n’est pas facile de répondre, tant les aspects géopolitiques mais aussi ceux qui régissent la construction européenne participent à des mythes, des tropismes, aussi bien qu’à des réalités.

En ce qui concerne l’Union européenne, il s’agit principalement d’un tropisme de genèse : on intègre, ou dissout à l’intérieur ce qui potentiellement est dangereux. La logique n’est pas neutre, elle participe à la genèse même de l’Europe qui s’est construite par l’association de deux ennemis héréditaires, la France et l’Allemagne, sur les ruines de la Seconde Guerre mondiale. Le processus d’intégration des pays « à problèmes » comme la Grèce, l’Espagne et le Portugal ont renforcé cette attitude : le projet de l’intégration a fini par payer, et la chute des dictatures est due en partie au projet européen. Le sort des pays du bloc de l’Est s’insère dans la même logique : intégrer des sociétés post-communistes pour ne pas avoir à résoudre des problèmes à ses frontières générées d’un « développement irrationnel » tel qu’il apparaît en Russie par exemple. Cette attitude est devenue une habitude. Le choix entre un arrière-pays entropique externe ou son assimilation, pousse l’Union européenne à s’étendre à l’infini avec, comme objectif déclaré, la « normalisation » de son espace proche. En filigrane apparaît ainsi une idée maîtresse : quels que soient les problèmes politiques (dictature, communisme et aujourd’hui islamisme, instabilité politique), le « processus d’intégration » finira par les résoudre. Si cela s’est vérifié avec les pays méditerranéens, on est loin du compte avec ceux de l’Europe centrale. D’autant plus que la rapidité de leur entrée a fait l’impasse sur la dynamique du processus lui-même, censé aplanir les problèmes avant l’intégration. La chose est encore plus évidente avec les tout derniers venus, la Roumanie et la Bulgarie : la machine s’est emballée, tandis qu’en Europe même la gestion interne connaît les impasses qu’on lui connaît. Accusée d’une « fuite en avant » l’Union européenne continue cependant à planifier l’entrée de la Turquie en son sein. Pourquoi ?

L’entrée de la Turquie implique deux séries de questions. La première nous concerne directement : qui sommes-nous ? qu’est-ce que l’Europe ? quels sont ses objectifs ? Ce sont des questions auxquelles, jusque-là, on n’avait répondu que par des généralités. Transformer ces questions en « projet d’élargissement » et répétant les principes fondateurs de la CECA ou de la CEE, c’est faire preuve d’anachronisme et indiquer un désarroi évident. Par ailleurs, le bon fonctionnement des institutions ne peut pas pallier un projet politique. Bien gérer n’est pas synonyme de projet. Certes nécessaire, le principe d’une majorité renforcée remplaçant l’unanimité n’est pas un but en soi. Faute de projet politique, la technostructure européenne se justifie ainsi par la dynamique de l’élargissement.

La deuxième série de questions concerne la Turquie elle-même. Pourquoi faudrait-il l’intégrer ? Les raisons avancées ont leur poids. La Turquie, pendant toute la période de la guerre froide a profité de son ancrage à l’Occident en se transformant en un gigantesque porte-avions visant le ventre mou de l’URSS. Membre de l’OTAN, elle a joué un rôle stratégique primordial. Cet ancrage, qu’elle a brillamment marchandé, a été aussi son meilleur bouclier pour ne pas se transformer en démocratie réelle. On lui a toujours pardonné ses coups d’Etat parfois sanglants, la pendaison de plusieurs de ses hommes politiques, la répression des années 1970, l’existence d’une extrême droite ultranationaliste et mafieuse, la négation du génocide arménien, l’invasion de Chypre, ses guerres sales anatoliennes ou urbaines, son refus de reconnaître la minorité kurde, etc. La fin de l’Union soviétique, qu’Ankara avait anticipée étant très présente en Asie centrale, aurait pu sonner le glas de cette attitude tolérante. La première guerre en Iraq, les guerres balkaniques, son rapprochement spectaculaire avec Israël, sans oublier le développement économique qu’elle a su mettre en place sur sa façade méditerranéenne qui lui permit de passer d’un capitalisme d’Etat à une économie de marché, bref, la reconduction de sa position stratégique, ont perpétué le laxisme occidental vis-à-vis de ce pays. La déliquescence de sa classe politique, l’avènement d’un mouvement politique confessionnel aujourd’hui au pouvoir qui la remplaça, la « criminalisation du politique » et même l’apparition de mouvements islamistes ultras, ne changèrent pas la donne. Les nouveaux périls ne remplacent pas les anciens. Ils se superposent, tandis que les vieilles crispations nationalistes (question kurde et arménienne) restent toujours intactes. Le processus d’intégration de la Turquie est le plus ancien. Or, force est de constater que l’Union douanière et les négociations durant les années 1970-1995 n’ont pas changé grand-chose sur la situation interne turque. C’est vrai, les exigences n’étaient pas énormes de la part de l’Union. Cela a-t-il changé depuis ? Oui, certainement. Les réformes se sont accélérées depuis 2004, portant essentiellement sur des aspects économiques et législatifs. Ce qui transforme par ailleurs ce pays en une des cibles des fondamentalistes. Cependant, les résistances concernant Chypre - pays membre de l’Union européenne -, celui des minorités, et, plus généralement le passage d’une démocratie formelle à une société dite « ouverte » (qui, après-tout, est l’objectif final du processus d’intégration), a pour l’instant très peu évolué. La « longue marche forcée » que Kemal Atatürk imposa à son peuple avec une rigueur toute militaire était possible. Dans les années trente, plusieurs pays avaient des régimes autoritaires, il ne faisait pas exception. Les années de guerre et les débuts de la guerre froide lui permirent de parachever son projet. Aujourd’hui, un projet volontariste et autoritaire, qui passerait outre les aspirations, les certitudes et les contradictions de la société turque n’est plus chose aisée. La société turque est en constante effervescence, comme l’indique l’aventure de l’élection présidentielle. Enfin, ce n’est pas chose simple pour la Turquie de gérer son statut régional. L’affaire kurde l’inquiète et son prolongement iraquien la met en porte-à-faux avec son allié américain. Le problème de l’eau qui perpétuera un conflit latent avec la Syrie n’est pas une affaire réglée, loin de là, d’autant plus que les barrages qui le monopolisent se situent en Anatolie kurde. La mer Egée, la définition des eaux territoriales, Chypre, gardent le front ouest « ouvert ». Bref, les crispations géopolitiques nourrissent les crispations internes et vice-versa. Nous sommes plus près d’une situation de blocage que d’une autoroute grande ouverte vers les réformes culturelles, sociétales et sociales exigées. Cela ne tranche pas évidemment la question de l’intégration, mais n’est pas étranger aux problèmes qu’elle rencontre. D’autant plus que le processus lui-même paraît, aux yeux d’une frange de la population, comme une contrainte supplémentaire.


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71 réactions à cet article    


  • tvargentine.com lerma 4 juin 2007 09:49

    La Turquie ce n’est pas l’Europe et vouloir chercher à interger des pays qui n’ont aucune culture identique à la culture européennes serait une grave erreur.

    Allez plutot demander à ce pays et à se régime islamiste de respecter les droits de l’homme et de se construire une zone de libre échange avec des pays de leur culture. (Syrie,Libye,Liban,Irak..)


    • Gazi BORAT 4 juin 2007 10:16

      @ lerma

      Juste 2 points (de détail ?)

      - 1/ La Turquie est plus proche culturellement des autres nations turcophones que des pays arabes que vous mentionnez.

      - 2/ D’autre part, le soutien à Jean Marie Le Pen dont vous avez fait preuve durant la campagne électorale présidentielle démontre votre goût pour les régimes « musclés » et font naître un doute sur votre attachement aux Droits de l’Homme.

      gAZi bORAt


    • tvargentine.com lerma 4 juin 2007 11:59

      Vous laissez entendre que j’ai voté LEPEN,c’est faux !

      Cela démontre bien que vous n’acceptez pas le choix républicain des citoyens français qui ont élu Nicolas Sarkozy président de la République Française.

      Vous n’acceptez pas l’esprit de contradiction, mais ça c’est normal,vous ne reconnaissez toujours pas le génocide arménien.

      Vous êtes trop intolérant pour rentrer dans l’Europe et l’Europe ne veut pas de vous dans sa totalitée

      Votre gouvernement turc sont des obscurantistes islamistes comme vous ,et mon Président Nicolas Sarkozy à dit,que si vous n’êtes pas content en France vous pouvez rentrer dans le pays que vous aimez tant : LA TURQUIE


    • Gazi BORAT 4 juin 2007 12:29

      @ lerma

      A titre personnel, je n’ai jamais nié le génocide arménien, milite pour la mise en place d’une commission d’historiens concernant la question et pour le rapprochement de ces deux peuples.

      Du côté religieux, je ne suis pas islamiste puisque même pas musulman mais athée..

      En ce qui concerne la dernière injonction à quitter le territoire, elle me rappelle un échange entre un citoyen turc (d’extrème gauche) et son voisin un médecin (encarté Front National et fier de l’être) pour une place de stationnement.

      Le MEDECIN : « Si vous n’êtes pas content, retournez dans votre pays ! »

      Son VOISIN : « Moi communiste international, moi partout chez moi ! »

      J’avoue avoir ri en les entendant..

      gAZi bORAt

      PS : Pourquoi le vote « Front National » est-il un vote si honteux ?


    • Fred 5 juin 2007 03:38

      Curieux de prétendre reconnaitre le Génocide arménien et évoquer cet abject instrument du négationnisme turc habituel qui est de réclamer une commission d’historiens mixtes. L’histoire a été dite, redite et archidite.

      J’attache à ce message un article que j’ai publié sur le sujet.

      Un des principaux arguments Turcs face à la proposition de loi déposée par le parti socialiste le 12 octobre 2006 visant à punir la négation du Génocide Arménien et qui ne confine pas, à ce que l’historien Turc Halil Berktay qualifiait de « délire négationniste » (comme les récents projets de légiférer sur un Génocide Français en Algérie, boycotter toute relation commerciale avec un des principaux pays fondateurs d’une Europe qu’elle souhaite rejoindre ou encore expulser 70000 arméniens de Turquie), tient en une proposition « d’ouverture » faite au premier ministre arménien de créer une Commission mixte d’historiens chargée d’étudier cette question.

      Cette grande « avancée » a été acceuillie parfois avec enthousiasme par de nombreux hommes politiques et penseurs soucieux de ne pas froisser la Turquie comme Philippe Douste Blazy le 18 mai 2006 dans son discours d’opposition au premier projet de loi punissant la négation du Génocide prononcé à l’Assemblée Nationale mais également Luc Ferry dans une tribune publiée par le Monde le 12 mai 2006.

      Mais pour qui sait ou veut bien lire correctement cette proposition, le négationnisme d’Etat pratiqué par la Turquie, se lit cinq fois dans son le libellé même.

      Car enfin, qui la Turquie compte-t-elle tromper avec sa « Commission d’historiens Turco-Arméniens chargée de faire la lumière sur les événements tragiques qui se sont déroulés entre 1914 et 1922 en Anatolie Orientale » ?

      - Rouvrir les débats sur un fait historique avéré n’est jamais qu’un grand classique des négationnistes de tous les génocides. La rhétorique est immuable, elle consiste à insinuer de facto un doute à partir de pseudo-vérités scientifiques ou de vérités déformées : s’il est nécessaire de rediscuter des événements en question, c’est que tout n’a pas été dit, qu’il faut « faire la lumière » sur des faits supposés réels mais cachés au plus grand nombre : toute analogie avec les négationnistes d’un autre génocide n’est pas fortuite, les crimes de masse ne peuvent se nier autrement qu’à l’audace, au discours outrageusement spécieux.

      - Quand bien même l’inacceptable principe de rediscuter du Génocide Arménien en « commission » devait être retenu, se pose immédiatement la question de sa restriction à des historiens Turcs et Arméniens. Pourquoi une telle limitation ? A cela trois raisons, parce qu’il s’agit de nier l’universalité d’un tel crime, tenter de le banaliser, le déshabiller encore un peu plus de sa dimension exceptionnelle : sa qualification de Génocide. Par ailleurs placer une telle commission sous l’égide de l’ONU ou de toute autre instance internationale, n’aurait aucun sens pour la partie Turque : elles ont toutes déjà reconnu officiellement le Génocide Arménien sur la base des montagnes de preuve existantes y compris la condamnation même des principaux génocidaires par la Turquie au procès de Constantinople en 1919. De l’ONU au Parlement Européen à la chambre américaine des représentants, le Vatican ou le Grand Rabbin Askenaze d’Israël en passant par la Douma et toutes les associations qui militent dans le monde pour le respect des droits de l’homme, il n’est aucune organisation ou institution crédible qui n’ait reconnu ce Génocide. Enfin, il faut comprendre « d’Arménie » et non « Arménien », ce qui éliminerait la diaspora, soit la plus grosse partie des arméniens rescapés du génocide de cette commission rêvée par les Turcs.

      La mention « d’événement tragique » outre le fait qu’elle diffère du mot Génocide, est également une ancienne « technique négationniste » qui dans le cas de la Turquie va encore plus loin dans l’abjection parce que ce libellé sous-entend spécifiquement dans ce pays, que le Génocide était le fait...des arméniens sur la population civile Turque et que cette commission pourrait établir l’existence de cette chimère que seuls, même en Turquie, quelques ultra-nationalistes extrémistes continuent d’imaginer

      La période retenue n’est elle aussi pas neutre, s’intéresser à la période 1914-1922, c’est ignorer les terribles massacres de1894-1896 (dont l’ampleur, 200 000 morts, et l’horreur pourraient leur valoir à eux seuls la qualification de Génocide) ainsi que ceux de Cilicie de 1909 (30 000 morts), c’est nier cette constante génocidaire souvent oubliée, étalée sur plus de 20 ans et trois régimes dans l’Empire Ottoman entre la fin du XIX ème siècle et le début du XXème.

      Enfin, circonscrire les lieux à l’Anatolie Orientale, c’est faire bien peu de cas des innombrables massacres d’arméniens perpétrés bien loin de cette zone, c’est-à-dire bien loin des zones de combat avec les Russes pendant la première guerre mondiale, et qui élimine de fait un argument essentiel et souvent utilisé par les négationnistes du Génocide Arménien : les tueries n’auraient été que des dégats collatéraux dans les déplacements de population inhérant à une période de guerre.

      Force est de constater qu’encore une fois, même dans ces « nouvelles » propositions, la Turquie cherche à échapper à ses responsabilités historiques, à flouer le jeu sur un sujet aussi grave pour cause d’agenda européen. Il serait illusoire, naïf ou inquiétant d’y voir un fléchissement de la Turquie. Les arméniens qui ont appris à reconnaitre la négation et ses techniques depuis 91 ans ne sont pas dupes, et il ne faudra pas s’étonner de les voir refuser dans leur immense majorité, à l’instar du premier Ministre de la République d’Arménie, toute participation à ce type de mascarade.


    • Gazi BORAT 5 juin 2007 07:34

      « ...L’histoire a été dite, redite et archidite... »

      Curieuse position...

      Selon vous, les travaux des historiens devraient s’arrêter à un moment donné, sous prétexte que tout est connu d’un évènement passé.. et que tout travail de recherche ou étude complémentaire ne mènerait qu’au révisionnisme ou au négationnisme..

      Une commission d’historiens INTERNATIONAUX (pourquoi la limitez-vous aux Turcs et aux Arméniens ?) permettraient enfin que soient établis, de façon incontestable, les circonstances et l’ampleur du génocide.

      D’autre part, vous vous trompez. La position des négationnistes turcs est exactement la même que la vôtre : tout a été dit sur l’évènement et il n’est pas utile d’y revenir et de modifier les livres d’histoire des enfants turcs.

      Cette attitude me fait penser à celle qui a prévalut en France dans l’immédiat après guerre, au moment du résistancialisme.

      La vision de l’histoire française était bloquée car il fallait absolument la figer sur l’image d’une France unanimement résistante (et accessoirement unie derrière le Général De Gaulle).

      Il a fallut la le choc provoqué par la sortie du livre d’un historien américain Robert Paxton « La France de Vichy » pour qu’enfin on regarde en face la collaboration..

      gAZi bORAt


    • yann68 5 juin 2007 16:21

      Avant de parler d’un sujet allez plutôt vous renseigner sur la question.

      La Turquie n’a pas de culture commune avec l’Irak, la Syrie ou encore la Lybie.... révisez votre géographie. Tous les pays que vous avez cités sont soit arabe soit perse, les turcs n’ont rien à voir avec eux sauf au niveau de la religion.

      La France et la Turquie sont les deux seul Etats laique au monde.... ce n’est pas l’Etat qui est musulman en Turquie mais la population, ne mélangez pas tout...

      Lorsque des gens comme vous auront cesser d’avoir des propos racistes, le monde évoluera en paix.


    • Gazi BORAT 4 juin 2007 10:12

      @ L’auteur

      Merci de votre énumération de questions, qui, à elles seules, mériteraient chacunes un article.

      Cependant, un autre point serait à prendre en considération : le peuple turc souhaite-t-il entrer dans l’Europe ? Vraisemblablement, les partisans seraient majoritaires mais peut-on en être vraiment certain ?

      Le gouvernement actuel, l’AKP d’Erdogan et Gül le souhaitent indéniablement et le fait que cela pourrait affaiblir le poids de l’armée et sa position de défense de la laïcité pèsent sur ce choix.

      Mais le kémalisme ne se limite pas à la laïcité.

      Il a instauré en Turquie un interventionnisme d’état dans l’économie dont certains aspects, importants dans la vie quotidienne de nombreux citoyens comme le contrôle des prix sur les produits de première nécessité pourraient disparaître si la Turquie entrait dans l’Europe et adoptait son modèle d’économie libérale.

      De plus, dans les récentes manifestations de masse pour la défense de la laïcité, des slogans étaient bien visibles, et en nombre, appelant à l’indépendance nationale et au rejet de l’Europe.

      gAZi bORat


      • Michel Koutouzis Michel Koutouzis 4 juin 2007 10:25

        C’est bien la dernière question de mon article. Je suis d’accord, il y a en Turquie une opinion qui ne trouve pas à l’intégration rien que des avantages. Pour les raisons que vous citez très justement. En d’autres termes, il faut se désirer pour être désiré par les autres. tant que l’Union proposera une identité de technostructure sans réel projet, tant que elle apparaîtra comme une machinerie normative et libérale, tant qu’elle ne se pensera pas, elle sucitera des craintes et des refus...


      • Avatar 4 juin 2007 10:43

        L’Europe n’est qu’une partie de l’Eurasie...

        En tant que Marseillais, je me sens plus proche d’un turc que d’un islandais ou d’un finlandais...

        Nous nous baignons dans la même mer, la Méditerranée...

        Contrairement à ce qui est écrit plus haut, je crois que la jeunesse turque rêve de voir la rentrée de la Turquie dans la CEE...

        Mais faut pas les prendre pour des cons trop longtemps les turcs...Ca fait des dizaines d’années qu’on en débat, discute ,analyse...etc...

        Faudrait ptet leur donner un jour une réponse claire...

        Car pour l’instant, ce statu quo profite surtout aux barbus...


      • Gazi BORAT 4 juin 2007 11:35

        « ..prendre pour des cons trop longtemps les turcs... »

        Cela peut être une formule pertinente pour décrire ces tergiversations.. mais le phénomène n’est pas nouveau.

        Par sa postion géographique stratégique, la Turquie se trouve habituée à ces situations et négociations marquées par l’ambiguïté.

        Déjà, à la fin de l’Empire Ottoman, quand la Turquie était alors qualifiée d’ « Homme malade de l’Europe », les puissances européennes jouaient le rôle de médecins administrant des poisons mais prolongeant à tout prix l’agonie de leur malade.

        A cette époque étaient souhaités l’affaiblissement et la mise sous tutelle économique de l’Empire (la Dette Ottomane) mais surtout pas sa disparition.

        gAZi bORAt


      • armand armand 4 juin 2007 10:42

        Il existe au moins deux Turquies, celle, occidentalisée, des grandes villes et des régions les plus prospères, celle, orientale, marquée d’ailleurs par les conflits autour de la question kurde. Mais cela ne me semble guère plus problématique que la Roumanie ou la Bulgarie, et un paysan de l’est anatolien est à la limite, compte tenu de l’excellente infrastructure scolaire et institutionnelle, plus susceptible de s’européaniser qu’un Rom roumain. Au risque de répéter les arguments qui reflètent, le plus souvent, un parti-pris idéologique, les obstacles sont religieux et géographiques (l’existence d’une petite pointe turque en Europe justifie-t-elle l’appellation européenne ?). La complexité politique turque est, certes, redoutable. Puisque les nationalistes laïcs peuvent très bien être europhobes et les islamistes de l’AKP europhiles et nettement plus accomodants sur les questions d’identité. Et le rôle régulateur de l’armée offre un casse-tête certain. Mais est-ce vraiment insoluble ? Guère plus, à mon avis, que l’absorption de multiples pays qui sont passés d’un état de dictature communiste à celui de démocraties libérales en un coup de baguette magique.

        Quant à l’hypothèque chypriote, êtes-vous sûr que ce soit la Turquie, ou la KKTC du nord de l’île qui posent problème ? J’y vois plutôt de l’obstruction du côté des irrédentistes du sud, refusant le plan de réunification de l’ONU, et un empressement malsain de la CEE a accueillir un demi-état qui est loin d’avoir mis de l’ordre dans ses affaires, puisqu’il reste un paradis fiscal bien apprécié des mafiosi russes.


        • Anto 4 juin 2007 11:10

          le probleme n’est peut etre pas insoluble, mais celui offert par l’armée turque, véritable état dans l’état, ne semble pas à la portée de l’UE. C’est la deuxième force de l’OTAN derrière les US qui pour reprendre l’image de l’auteur utilisent la Turquie comme un porte avion géant. Cela offre un poids « diplomatique » international à la turquie que l’UE n’est pas capable d’intégrer tant les intérets géostragiques de chacuns peuvent différer.


        • Michel Koutouzis Michel Koutouzis 4 juin 2007 11:12

          La question que pose l’article est bien celle-là. Il y a en effet des similitudes entre les paysans roumains, bulgares et turcs, et les problèmes que connait la société turque ne sont pas radicalement différents de tous les autres pays ayant rejoint l’Union. Mais « l’empressement malsain », pour vous citer, à intégrer ces pays avant qu’ils ne soient résolus (ce qui est le but des négotiations d’intégration) crée et créera des disfonctionnements certains. Le manque de projet européen global se transforme en une multitude d’actions d’harmonisation d’après coup. Ce qui, à son tour, court-circuite les véleités d’un projet qu’il ne serait pas exclusivement « technique ». C’est ce que je nomme à mon article « la fuite en avant ». Depuis très longtemps, nous soulignons le role offshore de Chypre, et le fait qu’il soit devenu un paradis fiscal pour les républiques de l’ex-Union Soviétique. Cela ne’empêche pas une situation oxymore : un pays candidat refuse de reconnaitre un pays membre. Le droit et le droit international, les conventions, contrairement aux résolutions de l’ONU, constituent un état de fait, dont personne ne peut s’émanciper. Cela pour ne pas partir sur un jeu de responsabilités, dont chacun peut y jouer, et qui débute en 1973..., pour ne pas dire bien avant. Il n’existe pas deux mais plusieurs Turquies et vous avez raison de souligner que il existe des laïcs anti-européens et des « religieux » pro-européens. Mais il ne s’agit pas là du clivage principal. L’essentiel pour moi est la contradiction entre « démocratie formelle » et démocratie réelle". On critique la première et on craint la seconde...


        • Gazi BORAT 4 juin 2007 11:16

          @ armand

          Merci de soulever en ces termes la question chypriote. Je pense comme vous que l’Europe a été peut-être un peu trop pressée dans son intégration de l’ïle et aurait dû attendre la réunification du territoire.

          Cette réunification ne doit pas être difficile à négocier et je pense qu’en échange des quelques îlots de la Mer Egée inhabités les plus proches des côtes turques, la Turquie pourrait participer au démantelement de la République Turque de Chypre du Nord (juridiquement entité indépendante de la Turquie).

          De plus, les tensions entre Grêce et Turquie étant maintenant retombées, la Grêce ne ferai pas sans doute de difficultés à l’abandon de ces quelques cailloux..

          gAZi bORAt


        • hurlevent 4 juin 2007 12:13

          « Cette réunification ne doit pas être difficile à négocier et je pense qu’en échange des quelques îlots de la Mer Egée inhabités les plus proches des côtes turques, la Turquie pourrait participer au démantelement de la République Turque de Chypre du Nord (juridiquement entité indépendante de la Turquie). »

          Là vous êtes complètement à coté de la plaque. Tout d’abord, Chypre est un état indépendant et souverain, envahit illégalement par la Turquie. Cette invasion est en violation des règles de l’ONU. En conséquence, je ne vois pas ce qu’il y a à négocier. Les envahisseurs doivent partir et Chypre doit retrouver sa souveraineté. Je ne comprend pas pourquoi on traite avec un pays en conflit ouvert avec un pays membre de l’UE. La situation à Chypre est similaire à celle de la France entre 1870 et 1918, quand l’Allemagne occupait une partie de l’Alsace Lorraine. Accepterait-on de traiter avec l’Allemagne dans ces conditions ?

          D’autre part, Chypre ne possède aucun îlots dans la mer Egée. Seuls la Grèce et la Turquie en possèdent.

          « De plus, les tensions entre Grêce et Turquie étant maintenant retombées, la Grêce ne ferai pas sans doute de difficultés à l’abandon de ces quelques cailloux.. »

          Je ne vois pas en quoi la Grèce est-elle concernée par le conflit Chypre-Turquie.

          Chypre est aujourd’hui sous occupation militaire étrangère, une occupation dénoncée par une résolution de l’ONU. J’espère que l’armée Turque sera éjectée de Chypre le plus tôt possible.


        • Gazi BORAT 4 juin 2007 13:09

          @ hurlevent

          La Grêce est-elle concernée par la question de la réunification chypriote ?

          Oui, et tout autant que la Turquie, dans la mesure où la partition de l’île découle d’un conflit entre ces deux nations.

          A cette époque -rappelons-le- la Grêce des colonels avait prononcé l’ENOSIS (annexion) de l’île, son chef d’état Mgr Makarios se rapprochant alors trop à son gré du bloc soviétique. Dans le cadre d’une telle « anschluss », vu le caractère démocratique du régime de la junte grecque alors au pouvoir, la communauté turque de Chypre avait tout à craindre de l’arrivée de l’armée grecque.

          Aujourd’hui, si la République Turque de Chypre du Nord est une entité juridiquement séparée de la République Turque, des troupes turques stationnent effectivement dans cette partie de l’ïle, à la demande de ce gouvernement, tout comme des troupes françaises stationnent dans certains pays d’Afrique.

          Vous me rétorquerez que ce mini état est un état fantoche et vous n’aurez pas tort - tout comme certains pays d’Afrique..

          La Turquie peut jouer de ses bons offices mais, dans ce cas, une négociation est inévitable.

          Quant au non-respect d’une résolution de l’ONU, une précédente protestation datant de 1967 n’a jamais non plus été entendue..

          gAZi bORat


        • tarzoon 4 juin 2007 15:58

          concernant ta comparaison entre les roms roumains(pays et peuples que je connais tres tres bien) et les paysans de l’est de l’anatholie je pense que tu t’egard fortement car dans un premier temps il faudrait deja que ces paysans accepte et integere les lois de leurs propres pays ce qui n’est pas le cas car des tribunaux de village (ou tribunaux islamique) font appliquer leur propre loi et justice . Pense tu que les droits de l’homme sont mieux respectes en turquie qu’en bulgarie ou roumanie permet moi d’en douter !!

          et pour chypre un pays attaqué , la perte de la moitie de leur territoire l’expulsion de tous leur citoyens de la partie nord de l’ile (des populations turque qu’on a force a s’installer sur cette ile) !! la turquie refuse de rendre cette partie de l’ile , la turquie refuse de reconnaitre chypre (ce qui est un comble pour un pays voulant integrer l’europe !) et qui jusqu’a recemment refusait l’ouverture de ces ports et aeroports !!!mais à part ça ils ne sont responsables de rien...... bien dit !!


        • Gazi BORAT 4 juin 2007 16:18

          @ Tarzoon

          « Justice parallèle »

          Ce type de justice n’est particulier, ni à la Turquie, ni à l’islam et est plus lié aux structures claniques.

          Il existe des institutions semblables chez les Roms : les Krys, qui tranchent en cas de litiges entre des membres de la communautés et pronocent des sentences dont la plus crainte est le banissement, comparable à l’excommunication du Moyen Age chrétien.

          L’Albanie, chrétienne et musulmane, est beaucoup plus attachée au Kanùn (code de loi traditionnel) qu’aux lois du pays. Cette institution, remarquablement décrite par l’écrivain Ismaïl Kadare dans plusieurs de ses romans, a résisté même au régime d’Enver Hoxha.

          Et que dire des vendettas corses, siciliennes, si elles ne sont pas le respect de lois traditionnelles prédominant sur le droit national ?

          gAZi bORAt


        • tarzoon 4 juin 2007 16:31

          la encore tu confond une justice non officiel dans une communautes minoritaires avec une justice plus ou moins officiel dans un village qui n’a pas une indentite particuliere sauf le fait de faire partie d’un meme village !!!la pseudo justice que tu decris existe aussi dans la communauté tzigane de france qui juge et comdamne tous ce qi est propre à leur communauté mais ce n’est pas officiel et c’est interdit par la france alors que dans le cas des villages turques ceux sont des jugements qui sont accepté(toléré) par ankara car ils sont tres eloigné du pouvoir central !!!


        • Gazi BORAT 4 juin 2007 17:02

          « ..tolérés par Ankara.. »

          Cette tolérance a toutefois des limites.. tant qu’il s’agit de conciliation pour des questions de dédommagements de culture par le bétail ou autres litiges vicinaux, l’etat y trouve son compte..

          Cependant, lorsqu’il s’agit de cas pouvant relever d’un tribunal correctionnel ou plus, l’état turc fortement centralisé n’apprécie pas trop..

          Les crimes et délits relevant de la vendetta ou de l’honneur sont réprimés. Le plus souvent, le coupable se présente à la Gendarmerie et place son honneur dans le fait d’avoir accompli l’acte qui lui était demandé le plus souvent par la famille et est fier ensuite de se présenter devant l’Etat.

          J’ai un ami proche qui a échappé à cette logique. Natif de la région d’Adana, il a été convoqué un jour à un conseil de famille.

          Sollennellement, on lui a remis un morceau de tissus qui emballait un pistolet et la photo d’un homme qu’il devait supprimer, pour une histoire de vendetta à rallonge entre deux familles.

          Il est devenu alors « serefsiz » (sans honneur) car il a fui cette logique et habite aujourd’hui à Strasbourg.

          De telles histoires existent dans tous les pays où existent de fortes traditions patriarcales et claniques..

          gAZi bORat


        • ZEN ZEN 4 juin 2007 11:03

          Article intéressant, qui pose bien des problèmes de fond qui vont nous hanter encore longtemps et cette question de fond qui concerne la nature du projet européen lui-même :

          « faute de projet politique, la technostructure européenne se justifie ainsi par la dynamique de l’élargissement. »


          • Cris Wilkinson Cris Wilkinson 4 juin 2007 11:16

            Les peuplent des 15 anciens états membres de l’Europe n’auraient pas voulu l’entrée des 12 nouveaux, c’est pour cela que l’on ne leur à pas demander leurs avis. Alors la Turquie, arréter de venir nous « pomper » avec.

            L’UE, c’était le bordel à 15, cela va devenir le chaos à 27, alors LACHEZ-NOUS avec la Turquie.


            • Gazi BORAT 4 juin 2007 11:20

              @ Chris Wilkinson

              « Lachez-nous avec la Turquie »

              Agoravox, c’est comme la télévision, vous pouvez changer de fil comme on change de chaîne, si le sujet ne vous convient pas..

              gAZi bORAt


            • gwinblad 4 juin 2007 11:59

              @ l’Avatar qui dit : "L’Europe n’est qu’une partie de l’Eurasie... En tant que Marseillais, je me sens plus proche d’un turc que d’un islandais ou d’un finlandais... Nous nous baignons dans la même mer, la Méditerranée...", je rappelle que les français se baignent, ou ont la possibilité de le faire, en mer du nord, Manche et Atlantique (sans compter les DOM-TOM). Ce qui nous rapproche, selon votre argument, des belges, hollandais, anglais, irlandais, islandais, américains et j’en oublie. Votre petite dimension marseillaise qui n’appartient qu’à une minorité de français ne peut être avancée comme argument définitif pour faire entrer la Turquie dans l’Europe.

              Sorry


              • Gilles Gilles 5 juin 2007 09:19

                GWinblad, moi je suis d’accord avec l’AVatar, étant aussi provençal d’origine.

                Je partage bien plus de références culturelles et historiques avec un maghrébin ou un turc qu’avec un islandais, un russe, un guadeloupéen (donc européen...) car j’ai vécu dans une région ouverte sur la Méditerranée où toutes ces communautés coexistent (c’est ce que l’avatar veut dire quand il parle de se baigner dans la même mer) .

                Que la coexistence soit parfois difficile, d’accord c’est un fait, mais qui n’oblitère pas que l’on connait et comprend bien mieux les populations du pourtours méditerranéen que d’autres populations européennes plus éloignées et avec qui les contacts ont été plutôt rare dans notre histoire.

                Que la Turquie intégrer l’Europe ne me gène absolument pas, au contraire ! Encore faudrait-il qu’ils acceptent de rentrer dans le cadre européen


              • Gazi BORAT 5 juin 2007 10:40

                @ Gilles

                Vous avez raison, il existe indéniablement une culture commune dans cet ensemble cohérent qu’est l’espace méditerranéen.

                Il a existé à Istanbul, jusque dans les années cinquante, un style musical particulier : le Rebetiko, bel exemple de ce que vous évoquez.

                Cette musique, fort appréciée par la pègre grecque des ports, comprenaient des chansons qui, dans le même texte mélangeaient : rumca (grec de Turquie), turc, ladino (judeo-espagnol), arabe et.. français !

                Cet ensemble méditerranéen a sur l’Europe l’avantage de caractéristiques géographiques beaucoup moins floues..

                gAZi bORAt


              • Vilain petit canard Vilain petit canard 4 juin 2007 12:03

                Excellente réflexion sur le problème, en effet, aucun projet politique européen ne vient justifier cette entrée (ni le refus non plus).


                • Cangivas 4 juin 2007 12:52

                  Merci à l’auteur pour ses articles sur les relations entre l’UE et la Turquie.

                  Enfin, pour être franc, je n’ai pas encore vraiment bien compris pourquoi des pro-européens sont fondamentalement pour l’entrée de la Turquie dans l’UE (même si celle-ci présente ou semble offrir quelques avantages).

                  Parce que si l’UE vient à ressembler à un Empire disparate, comment un véritable sentiment européen (au même titre qu’il existe un sentiment national en France, en Italie, etc.) peut-il raisonnablement exister ?

                  Pour ma part, je suis opposé à l’entrée de la Turquie parce que c’est un pays musulman (ou de tradition musulmane) avec une population nombreuse... intégrer la Turquie reviendra à replacer, plus encore qu’aujourd’hui et en permanence, les religions (avec leurs différences culturelles, dans le champ politique, etc.) ou leur instrumentalisation au centre de la plupart des débats européens.


                  • vachefolle vachefolle 4 juin 2007 15:14

                    Non les pro-europeens sont CONTRE l’entree de la turquie. Seuls les anti-europeens comme Blair ou Bush sont pour.

                    Cest parfaitement logique, puisque l’entree de la turquie signifierait la fin de l’europe politique, et l’asservissement complet de la politique europeene a celle des US, compte tenu de la proximite de tous les conflits du moyen orient....


                  • vachefolle vachefolle 4 juin 2007 16:30

                    Why Turkey should never enter EU : 1/ Turkey is not in Europe. Only 4% of Turkey is in Europe.

                    If Turkey enters, then where are the geographical limits ? Are we going to create another United Nations ? If Turkey enters, what about Syria, Lebanon, Israel, Russia, Algeria, .... Japan

                    2/ But Cyprus has been accepted in EU so Turkey Should be ?

                    Against the previous argument, some people will answer : But Cyprus is not in Europe but is in EU, so Turkey can be. Well, Turkey is 100 times larger and populated than Cyprus. Can we compare both issues ? Honestly not.

                    3/ A Strategic importance ? NO Turkey in Europe will move the Europe boundaries to such funny countries like Syria/Iraq/Iran. Do Europeans want to be concerned by all these middle-east problems : Clearly NO.

                    This is a huge strategic error, probably made by the same ‘experts’ who wanted the Iraqi war. For the strategic benefit of Europe, Turkey should be kept as a buffer zone, a good military ally who can acts as a shield. Europeans DO NOT WANT to be implicated into such eternal middle-east political problems.

                    4/ Turkey will avoid civilisation clash ? NO

                    Some people say that EU should accept Turkish to show that Europe can accept muslin people ? What a stupid argument. First we have already plenty of muslin in Europe, and second we can extend this argument to other countries or religions or races. We may propose to accept Zimbawe in Europe, to prove that we can integrate many black people, or Thailand for Asian people, and so on....

                    But strategic experts should think about one point : Can Turkey survive to Europe with its Kurd separatism problem ? What EU will do if Turkey split and explose on this issue due to Europe accession ?


                  • Cangivas 4 juin 2007 16:33

                    D’accord avec toi en ce qui concerne la logique de Blair (et de Bush).

                    Quand je parlais des pro-européens, je pensais par exemple à Rocard, Cohn-Bendit, ...

                    Quelle est leur logique à eux s’agissant de l’intégration de la Turquie ?

                    Que l’Europe n’est plus d’identité distincte (hormis une dimension démocratique, droits de l’homme, etc.) et qu’il ne puisse pas se former une identité euro-européenne et un nationalisme du même nom (comme il y a eu des identités nationales fortes, etc.) ?

                    Ou que l’intégration de la Turquie dans l’UE empèche toute opposition de se déclarer et de dégénérer en conflit entre le bloc européen et le monde musulman ?


                  • vachefolle vachefolle 4 juin 2007 17:40

                    La position de moscovici dans une emission tv etait assez interessante. Il disait grossomodo que comme l’integration politique etait ratee et impossible a relancer, la seule alternative etait l’elargissement sans fin (bon mettons que je caricature un peu).

                    Non je ne comprend pas les pro-europeens qui veulent l’integration de la turquie, a part dans l’idee d’eviter que ce pays sombre un jour dans la dictature ou l’integrisme, en considerant que cette situation serait plus dangereuse que la turquie a l’interieur de l’UE ?!


                  • Gilles Gilles 5 juin 2007 09:28

                    « Do Europeans want to be concerned by all these middle-east problems : Clearly NO. »

                    Ben tient... on a pas le choix, nous sommes concernés et nous intervenons déjà dans les affaires Moyen Orientales, depuis presque 100 ans.

                    1/ israël....grandement peuplé et crée par des européens (juifs peut être mais européens depuis 2000 ans)

                    2/ Guerres d’Iraq ou une bonne palanquée de pays européens sont intervenus

                    3/ Le terrorisme qui touche le liban , Israël, enfin bref tous les pays de la zone, a des répercussions chez nous et donc nous intervenons pour essayer de régler leurs problèmes et du coup les nôtres

                    4/Intérêts pétroliers

                    5/ réfugiés kurdes, iraquiens, palestiniens etc qui malgrès que leur pays n’ai pas de frontière avec l’Europe vienennt en Europe tout de même

                    etc etc etc


                  • vachefolle vachefolle 5 juin 2007 22:30

                    He bien voila, encore plein d’arguments pour expliquer que ce serait une folie d’integrer la turquie pour se retrouver directement impliqué dans tout ce .....

                    Si l’europe peut intervenir dans cette zone, cest justement parce qu’elle n’a aucun interet direct a proteger et peut etre globalement neutre entre les differents partis.


                  • vachefolle vachefolle 4 juin 2007 15:12

                    Il n’existe aucun argument qui permettrait de distinguer le cas Turc du cas Russe.

                    Allons-nous accepter l’integration de la russie dans l’EU ? Rien ne dit que cette question ne searit pas d’actualite dans 5 ou 10 ans...

                    Bref tout le monde comprendra que l’europe doit avoir des limites, et que les limites les plus logiques sont les limites geographiques.


                    • Gazi BORAT 4 juin 2007 15:43

                      « Les limites les plus logiques sont les limites géographiques.. »

                      C’est un critère logique, je vous l’accorde.. mais qui ne s’applique pas à l’île de Chypre !

                      gAZi bORAt


                    • vachefolle vachefolle 4 juin 2007 16:31

                      Donc l’UE ira de l’afrique du sud jusqu’au JAPON ? Bel avenir .....


                    • Gazi BORAT 5 juin 2007 09:07

                      « .. l’UE de l’Afrique du Sud au Japon,.. »

                      Vous êtes ironique mais sans doute pas à côté de la plaque.

                      Si la présentation « marketing » de l’Europe aux opinions publiques dans la plupart des media a été un projet de construction philosophico/culturelle, son application révèle une vision purement économiste de mise en place d’un vaste espace de libre-échange et de promotion du libéralisme.

                      Lequel, comme le communisme, est sans frontières..

                      gAZi bORAt


                    • vachefolle vachefolle 5 juin 2007 22:33

                      ceci dit comparer le cas chypriote au cas turc est de la pure hypocrisie, psuique la turquie est 100 fois plus grande et 100 fois plus peuplée que Chypre.

                      Justifier l’entree de la turquie par la presence de Chypre, reviendrait a justifier l’entree du Bresil dans l’UE, au meme titre que la guyane francaise est dans l’UE.

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