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Accueil du site > Actualités > Europe > Un noyau dur européen ?

Un noyau dur européen ?

La crise que vit l’Union européenne depuis la victoire du non, ainsi que les désaccords persistants (cf. la directive « Services ») entre des Européens qui demandent plus de social et d’autres plus de libéralisme, invitent à repenser l’idée d’un noyau dur réunissant seulement quelques États membres de l’Union prêts à aller vers plus d’intégration.

Rappelons que la non-création d’un noyau d’Europe fédérale, entre les six pays originels de la CEE - Communauté économique européenne - (France, Allemagne, Luxembourg, Belgique, Pays-Bas, Italie : premiers signataires du Traité de Rome de 1957), a eu des conséquences considérables.
La France, sous l’influence de la droite gaulliste alliée aux communistes, en porte une lourde responsabilité.

Depuis son entrée dans les institutions européennes, l’action du Royaume-Uni a objectivement favorisé l’affaiblissement politique de l’Union. Celui-ci a pu être accéléré par l’élargissement à d’autres États avant un approfondissement politique.
Aussi, certains pays se sont parfois clairement opposés aux progrès de la construction d’une Europe forte, pour que celle-ci se dissolve progressivement dans la mondialisation.

Avant l’élargissement de 2004, Mme É. Guigou, alors députée européenne, disait : «  Si l’Union européenne n’est pas renforcée avant l’élargissement aux pays de l’Est (Pologne, Estonie, Lettonie, Lituanie, République Tchèque, Slovaquie, Slovénie, Hongrie, Malte, Chypre), elle se désintégrera dans une zone de libre-échange qui privera pour toujours les Européens de la capacité de maîtriser leurs destinées et de peser sur l’évolution du monde ». Cela se confirme de plus en plus, avec l’échec de la Constitution européenne qui tentait de corriger cet approfondissement manqué. Pour autant, l’Union a également de quoi se réjouir : enfin, ses citoyens s’approprient l’Europe. Enfin, ils comprennent qu’ils peuvent infléchir son cours ; enfin, ils remarquent que les eurodéputés détiennent le pouvoir de légiférer. On l’a constaté lors de la campagne référendaire, on le constate encore lors des manifestations à Strasbourg concernant la directive « Services ».

Mais faute d’un ciment suffisant et d’un quelconque projet fédérateur, certains des nouveaux États membres ont renforcé le groupe des États membres de l’UE qui sont décidés à en reprendre les éléments de puissance au profit d’un vaste marché commun et d’une zone de libre-échange.

C’est pourquoi il ne semble guère possible de construire l’Europe puissance à 25, et bientôt à 27. Sans doute trop de disparités idéologiques, trop peu d’ambitions communes, et une absence d’esprit européen véritablement commun.
Ce projet ne paraît pouvoir commencer qu’à quelques-uns.
Et seuls ceux aspirant à une Europe autonome et unie politiquement peuvent construire autre chose qu’ « une grande Suisse ».

Car il faut organiser une Europe-puissance, une communauté volontariste et ambitieuse de destins pour le bien des Européens et un monde multipolaire.
Et si cela n’est pas possible à 25, il faut affirmer le droit des peuples lucides à créer un noyau fédéral.

Au sein même de l’Union, tel semblait être le projet de l’Allemagne et de son ministre des Affaires étrangères, M. J. Fischer, en mai 2000.
Il s’agissait de commencer par une coopération renforcée généralisée entre les États qui veulent coopérer de manière plus étroite que les autres, et qui pourrait concerner la transformation de l’eurogroupe en une union politico-économique, avec la protection de l’environnement, la lutte contre la criminalité, le développement d’une politique commune d’asile et d’immigration, et naturellement, aussi, la politique étrangère et de sécurité.

Bien que les coopérations renforcées ne fassent qu’accompagner un espace de libre-échange par des alliances diverses, l’Allemagne a précisé que la « coopération renforcée ne doit pas être comprise comme un éloignement de l’intégration. Un pas intermédiaire vers la réalisation de l’Union politique pourrait être la création, plus tard, d’un centre de gravitation. Un tel groupe d’États signerait un nouveau traité fondamental européen, qui constituerait le noyau de la fédération. Et, sur la base de ce traité, il y aurait des institutions propres, un gouvernement qui devrait parler au sein de l’Union européenne d’une seule voix sur le plus grand nombre de questions possibles, un Parlement fort, un président élu directement. Un tel centre de gravitation devrait être l’avant-garde, la locomotive pour l’achèvement de l’intégration politique, et contenir déjà tous les éléments de la fédération future (...). Le dernier pas serait l’achèvement de l’intégration dans une fédération européenne ».

Parachevant l’édifice, M. J. Rau, ancien président de la République d’Allemagne et aujourd’hui décédé, proposa, le 4 avril 2001, un processus authentiquement démocratique pour construire cette fédération des Etats-nations.
Pour créer une opinion publique européenne et renforcer la démocratie à cette échelle, il avait déjà proposé l’élaboration d’une constitution, dont il avait brossé les grands traits.
À de telles perspectives, la France n’avait pas vraiment répondu, en rappelant que le terme de « fédération » n’a pas la même signification dans les deux pays, et surtout en réaffirmant inconsciemment qu’elle souhaitait une Europe forte avec des institutions faibles !
Elle a ainsi privé les Français d’un avenir enfin mobilisateur.

Quant à la constitution adoptée par les États membres en juin 2004 et refusée en 2005 en France et aux Pays-Bas : bien que très en-deçà d’une véritable Europe politique et démocratique, elle laissait entrevoir une union politique et démocratique plus étroite.

Ce texte étant donc mis de côté, et bien que l’Autriche veuille aujourd’hui le ressusciter, il faut désormais plus que réfléchir à ce noyau dur.


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17 réactions à cet article    


  • brch90 (---.---.184.165) 16 février 2006 14:13

    Monsieur,

    Je ne suis pas d’accord avec vous.

    C’est aux pays de dicter l’orientation européenne qui en elle même n’a pas d’existence dans la conscience collective. Il suffit des -directives- parachutées de on ne sait où, type Bolkenstein ou Turquie. Pourquoi ne pas ajouter la Nouvelle Zélande à l’Europe ? Les îles Samoa ?

    Faire un noyau dur ne prendrait sa consistence que dans un objectif précis et lequel à part construire l’Europe en elle même ? Construire pour quoi et surtout pour qui ?

    On ne paut aussi pas blâmer les britanniques qui refusent l’euro. La banque européenne ne doit pas être indépendante des pays dirigeants. Vous laisser un inconnu gérer votre budget ? vous dicter vos dépenses ? Les anglais sont peut être pro-américains mais ils ne sont pas fous !

    Le crédit de l’Europe ne va pas s’améliorer.

    Elle ne sert qu’à -l’économique- et pas pour les gens communs. Elle produit des chômeurs et cherche à étatiser tout les secteurs de la société avec son conseil qui émet des ordres exécutifs en dépit du bon sens. Ces freins bloquent toute la société. Les entrepreneurs et les grosses fortunes n’ont pas besoin d’une Europe unie pour faire voyager les capitaux ... mais par contre n’en ont pas besoin pour les emmerder.

    Si l’Europe veut servir l’emploi alors qu’elle protège ses frontières par des droits de douanes, des freins immigratoires, des lois cohérentes : des lois qui ne sont pas que des intrusions à la liberté et à la vie privée, comme on l’observe aujourd’hui. Le budget sera alors vite bénéficiaire. Elle peut déjà le faire mais RIEN ! Il ne faut pas renforcer les institutions si celles qui existent ne servent à rien : à part se regarder le nombril. Interdit de, obligé de, doit payer pour etc ... On peut les critiquer mais les américains sont libres. Le citoyen doit concevoir l’utilité européenne autrement que pour les grandes banques mondiales qui sont déjà d’ailleurs libres.

    Vous dites - il faut affirmer le droit des peuples lucides à créer un noyau fédéral-. Les citoyens ne sont pas des idiots mais des adultes. Cessez de parler à la place du Citoyen, vous vous prenez pour qui ? un intellectuel ? Notre président Chirac à pris en compte l’opinion des Français par le référendum ... Si le président nous pose la question de quel droit, sous quelle légitimité, parlez vous à la place du Citoyen ?

    Vous dites -La France, sous l’influence de la droite gaulliste alliée aux communistes, en porte une lourde responsabilité.- La construction européenne est réservée aux socialistes ? Dernière nouvelle ... Moi qui ai toujours cru que Elmut Kohl était de droite .. Et Robert Schuman ... Jacques Chirac, Georges Pompidou ... Valérie Gircard D’Estaing ... Des grands hommes qui ont oeuvrés pour l’Europe : revoyez vos manuels d’Histoire.

    Et pitié cessez vos grands mots Etats fédérés, états nations etc ... qui ne signifient rien à part des théories technocratiques.


    • PJ-BR (---.---.122.108) 16 février 2006 18:31

      En 1954 les gaullistes et les communistes ont voté contre la création de la CED. Ils refusaient que la politique de défense de la France lui soit dictée par l’étranger. Ils ont tués dans l’oeuf le début de pouvoir politique. Donc oui la droite gaulliste et les communistes ont bien torpillé la création de l’Europe Fédérale.

      Quant à l’européanisme de Jacques Chirac il est récent. Et il continue à nous jouer régulièrement la partition du « Je voudrais bien mais c’est Bruxelles qui m’en empêche ». Et il n’a pas hésité à mettre la construction européenne en péril en lançant un referendum sur la TCE pour remonter dans les sondages. Et l’essentiel de sa campagne était axé sur le poids prépondérant de la France dans la future UE.

      Le PCF a toujours été, et est encore, contre le fédéralisme en Europe. Ils nous ont rejoué la même partition contre le TCE, ils n’acceptaient pas que la législation européenne prime sur les législations nationales. Pour eux comme pour les gaullistes l’horizon indépassable de la défense des français est la France, et seulement la France. Le souverainisme du PCF a toujours trouvé des points d’entente avec le nationalisme bon enfant des gaullistes. Aujourd’hui encore pour combattre la directive Bolkestein au lieu d’utiliser le Parlement Européen (élu par le peuple) ils préfèrent en appeler au veto de Chirac, président le plus mal élu de toute la cinquième république.


    • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 16 février 2006 15:10

      Votre interessante proposition revient à remettre sur le tapis l’idée d’une Europe à deux vitesses en attendant sa réunification politique ultérieure, aujourd’hui impossible du fait de l’échec du référendum en France et aux Pays-Bas. Or je vois plusieurs difficultés à la mise en oeuvree de votre proposition.

      La première et non des moindres est que les autres pays européens ne soient légitimement inquiets de voir les pays les plus riches s’entendre à leurs dépens et refusent cette hiérarchie laquelle pourrait leur imposer telle ou telle décision oiu contrainte quant aux échanges avec eux auxquels ils ne pourraient plus s’opposer.

      Je me demande même s’il ne faudrait pas leur accord, sinon en droit , du moins en fait, pour établir une telle division dès lors qu’il n’aurait même pas la possibilité d’exiger faire partie de ce noyau dur (ce qui n’est pas le cas pour la zone Euro)

      La deuxième est politique : Il faudrait que les pays formant ce noyau dur soient d’accord sur un projet économique et social commun ménageant l’idée très française du service public monopole d’état, ce qui, au vue des résultats de notre référendum, me semble bien compromis. Vivant en partie en Allemagne je peux vous dire qu’on est très loin d’un tel accord et je vois mal un noyau dur avec la France sans l’Allemagne.

      Enfin vous parlez me semble-t-il avec quelque mépris de l’Europe qui ne serait pas une grande puissance mais une grande Suisse. D’abord il s’agit de s’entendre sur la notion de puissance pour écarter d’emblée l’idée d’une puissance aggressive et guerrière ou conquérante. La Suisse n’a pas connu la guerre depuis des siècles et c’est une démocratie pluraliste. Il convient de rendre hommage à sa sagesse politique et à son refus de se voir imposer une guerre extérieure quelconque. Ensuite si l’Europe doit être forte c’est en tant que fédération ou confédération pacifiante. En elle-même et à l’extérieur, ce qui peut impliquer des interventions extérieures, mais dans le seul cadre des décisions de l’ONU et du Conseil de Sécurité (qu’il faudrait redéfinir), mais pas par la menace ou le chantage permanents et préventifs sur les états qui ne se conformeraient pas à ses vues , aux contraire du gouvernement US actuel.

      Sur la plan poltique il me semble que le TCE contient beaucoup de points qui peuvent (encore) faire l’accord entre les 25 et/ou 27 sur des bases non pas seulement libérales (et nous vivons tous en économie libérale) et encore moins ultra-libérales de l’économie, mais aussi et surtout sur des droits individuels, politiques et sociaux des individus qui faisaient de ce traité un traité typiquement internationaliste et social-démocrate.

      C’est tellement vrai que la plupart des états européens ont ratifié le TCE ; c’est donc la France qui se trouve en position de refus de l’Europe réelle et qui devra donc revoir un jour ou l’autre sa position (avec ou sans référendum), si elle ne veut pas se voir isolée et en subir les conséquences politiques. Je confirme qu’il n’est pas question pour les allemands et les espagnols par exemple de s’aligner inconditionnellement sur le refus du TCE par la France et/ou de faire comme si un tel refus pouvait et devait donner jour à un noyau dur plus ou moins fusionnel entre ces pays. Aucun pays en l’état n’est prêt à se soumettre à la position française et surtout à un dictat de sa part qui serait perçu comme particulièrement arrogant dès lors qu’il prétendrait imposer à ses partenaires un accord sur ses conditions et sa vision mythique social-nationale, y compris chez elle, des rapports entre la poltique et l’économie et du service public. En cela le TCE n’est pas derrière nous, comme le proclame la direction du PS, pour fuir le débat et la clarification nécessaires internes entre les partisans d’un socialisme d’état et les sociaux-libéraux plus ou moins honteux, mais devant Ségolène Royal, laquelle se présente comme candidate socialiste à la candidature aux présidentielles et qui « ose » penser par elle-même, l’a très bien compris. J’espère, sans illusion au regard de la clientèle électorale de leur parti, qu’elle sera entendue par les militants de PS

      Les conséquences du non français au référendum

      Le rasoir philosophique


      • Sam (---.---.108.229) 17 février 2006 17:55

        Je suis allé voir votre argumentaire sur le lien « Les conséquences du non français au référendum » (déjà supprimez le / dans l’URL) mais je suis étonné de ne pas voir votre analyse du NON hollandais pour confronter les points de vue.

        Pour mettre les choses au point : je ne suis ni de gauche, ni souverainiste, et voici quelques questions et remarques :

        Que pensez-vous de la suppression du concept des « racines chrétiennes » de l’Europe du texte d’origine ?

        Est-ce qu’une Constitution doit comporter des critères d’ordre économique ou social ?

        Étiez vous d’accord d’imposer à l’Europe le modèle économique et social franco-allemand qui faisant à l’époque respectivement 10% et 12% de chômeurs ?

        Ne pensez-vous pas qu’il eut été judicieux de fixer notre constitution (règles constitutionnelles) avant que d’élargir à 25.

        Je pense pour ma part que si nous avions fixé tout ça lorsque nous étions 12 et fait une pause histoire de récolter les fruits de 50 ans de contraintes et sacrifices économiques et social au lieu de rechercher une hypothétique croissance externe par l’intégration des ex-pays de l’est trop différents économiquement et socialement du fameux « noyau dur » européen et de devoir amputer la directive Bolkenstein pour créer une harmonisation impossible entre les 25.

        Le titre de cet article sous-entend le désaccord de l’élargissement à 25 et j’adhère à ce désaccord.

        Pour finir les arguments (gauche et droite) en faveur du OUI au référendum avaient tout pour mécontenter tout le monde et j’en avais prédit le résultat ; Chirac vendant le OUI avec comme argument l’abrogation de la directive Bolkenstein, argument prôné par Henri Emmanuelli depuis trois ans, cela fait désordre dans les rangs de la droite libérale...


      • Antoine (---.---.16.169) 24 février 2006 18:37

        Je reste persuadé que l’opposition des français et des néerlandais ont été une bonne chose...peut être pas souhaitable, mais recevable.

        Une Europe a deux vitesses me semble en effet peu judicieuse, elle provoquerait un déni des l’attentes des nouveaux entrants et le risque de voir grandir chez eux le désintérêt pour le projet. Je place cette réflexion pour des motifs géopolitiques.


      • Antoine (---.---.225.172) 16 février 2006 17:46

        Bonjour,

        C’est ce que propose aussi le premier ministre belge.

        Outre les remarques de Monsieur Reboul qui sont très pertinentes (voir communication ici), je ne crois pas que les recents entrants aimeraient bcp ce noyau dur. Leur sensibilité reste encore écorchée d’avoir eu à subir le diktat soviétique et je ne crois pas que donner l’impression de les remettre dans une sorte d’antichambre soit judicieux.

        En tout cas votre article est très interessant.


        • Alexandre Santos (---.---.183.195) 16 février 2006 18:05

          Je ne pense pas que le problème soit avec les nouveaux entrants, ou même avec le Royaume Uni.

          Si l’Europe patauge, c’est par ce que les probables membres de ce noyau dur n’ont plus de projet européen, et ne sont plus d’accord entre eux, et l’opinion publique à l’intérieur de leurs états est divisée.

          Je rappelle que c’est la France et les Pays Bas qui ont mis à terre le TCE, pas un quelconque pays de l’Europe de l’Est. La France elle même est un exemple typique de pays fondateur sans projet pour l’Europe. Pendant les années 90 elle n’a pas favorisé l’intégration européenne, ou est même devenue un obstacle. L’Italie est devenue atlantiste depuis les années 2000. Les Pays Bas ont une crise intérieure gravissime, qui les a fait porter au pouvoir un parti d’extrème droite (qui s’est aussitôt désintégré).

          Si les pays fondateurs avaient un projet, les autres suivraient. Parler de noyaux durs est ignorer le vrai problème de l’UE, qui se trouve justement dans son supposé noyau dur.


          • brch90 (---.---.183.231) 18 février 2006 14:36

            Il faut cesser de dire que c’est la France qui, c’est le ??? qui ... En Europe, le premier principe serait de respecter autrui et de ne pas culpabiliser les autres selon leurs opinions.

            On croirait que la France est responsable de tous les maux et seule en Europe !


          • Cergy - Osny 2008 (---.---.234.70) 16 février 2006 19:00

            Par Yvon Collin S ?teur PRG de Tarn-et-Garonne Membre de la d ?gation du S ?t pour la Planification Pendant que les parlementaires adoptaient le projet de loi de finances pour 2006 avec un d ?cit de 46,947 milliards d’euros, la Mission p ...


            • PJ-BR (---.---.122.108) 16 février 2006 20:17

              Le noyau dur, aujourd’hui, c’est ceux qui ont clairement montré qu’ils voulaient aller de l’avant en ratifiant le TCE (Espagne, Luxembourg, Allemagne...). Ceux qui n’ont pas encore lancé le processus de ratification n’en veulent pas (Royaume Uni, Pologne). La France et la Hollande n’ont pas voulu c’est dommage mais tant pis pour eux.

              A un moment ou à un autre la France et la Hollande auront une deuxième chance d’intégrer ce noyau dur. Et le TCE sera présenté de nouveau à l’identique ou presque (cf referendum en Irlande). Et je pense que d’ici là un nombre certain d’organisation auront révisé leurs positions. Sinon nous n’aurons plus qu’à partir.


              • brch90 (---.---.183.231) 18 février 2006 14:31

                Sans être trop radical, - j’ai envie de m’énerver - il est probable que le fait de porter à nouveau un traité - pratiquement inchangé - selon vos dires, au vote des électeurs ne pourra que renforcer les opinions extrèmes.

                Si on ignore et méprise les choix électoraux alors à quoi bon ? Pourquoi ne pas faire revôter la loi sur l’avortement tous les six mois ? Et la constitution française ? Et ce jusqu’à ce qu’on obtienne le résultat que l’on veut ? Qui le veut ?

                Je pense que l’on sort alors du domaine démocratique. Suprimez donc directement le parlement et annulez le doit de vote ! Le Qui aurra ce qu’il veut plus vite.

                Non, soyons sérieux, n’oublions pas que prendre les électeurs pour des cons - vulgaire - fera basculer l’opinion. Regardez les résultats du premier tour à l’élection présidentielle de M. Chirac et M. Le Pen. Vous avez hélas - comme beaucoup- la mémoire très courte.

                Comme le dit Alexandre :
                - Si l’Europe patauge, c’est par ce que les probables membres de ce noyau dur n’ont plus de projet européen, et ne sont plus d’accord entre eux, et l’opinion publique à l’intérieur de leurs états est divisée.- L’Europe, si elle existe, doit protéger ses citoyens, son économie et probablement, comme le dit Sylvain devenir plus interventioniste. Elle forgera alors son identité, une armée unique (pas les Polonais, les Italiens , la BFA chacun de son côté, comme à l’heure actuelle) afin de poser son identité sur le monde : démocratie, économie et protection.

                Or aujourd’hui
                - à part l’Euro monnaie unique il n’y a aucun projet économique de grande ampleur (à part quelques point ça et là), sinon laisser toutes les portes extérieures grandes ouvertes.
                - pas ou très peu d’élargissement de la Brigade Franco-Allemande
                - aucune harmonie législative ou très peu.

                On peut alors s’interroger et se demander à quoi sert de rassembler des pays qui ont donc peu de points communs mais qui ne font que se concurrencer.


              • lexpat (---.---.2.9) 22 juin 2006 12:23

                Il ne faut pas mettre dans le meme sac un oui au TCE et le Noyau dur. Un oui au TCE aurait rendu plus improbable l’avenement d’un Noyau. A mon sens plus l’UE s’agrandit sans se donner des structures administratives de type federal, plus nous avons des chances de voir emerger un petit groupe de nations (peut etre les 5 du début) qui voudront se mettre ensemble pour se proteger de l’influence des autres.


              • (---.---.162.15) 19 février 2006 08:57
                  Cela se confirme de plus en plus, avec l’échec de la Constitution européenne qui tentait de corriger cet approfondissement manqué.

                C’est le contraire, un Oui à la Constitution aurait désintégré l’Europe dans une zone de libre-échange, laissant les Européens dans l’incapacité de maîtriser leurs destinées et de peser sur l’évolution du monde, et pour longtemps, 50 ans à être politiquement et économiquement bloqué.

                Le grand avantage du Non est d’avoir laissé ouvertes les portes de l’avenir. Il reste bien sûr à s’en saisir et ce n’est pas évident, surtout avec des partisans du Oui qui refusent de prendre en compte le refus de continuer dans la voie qui était tracée. Il faudra encore quelques années pour qu’ils en prennent conscience.

                C’est alors qu’une idée comme comme celle que vous présentez d’un noyau dur deviendra possible. Là dessus, de nombreux partisans du Non et du Oui peuvent se réjoindre.

                Dites-vous bien, pourtant, que ce noyau n’a d’existence possible que parce que l’on reste sur le traité de Nice. La constitution européenne, elle, aurait exigé que ce noyau ne rencontre pas l’opposition du moindre pays, et il y en aurait sûrement eu...

                Am.


                • Nicolas Cadène Nicolas Cadène 19 février 2006 13:24

                  Ce n’est pas tout à fait exact. Je vous invite pour cela à consulter mes blogs sur l’Europe et la campagne référendaire : http://ouialeurope.blogspirit.com http://ouiaureferendum.hautetfort.com


                • Yann Riché (---.---.108.233) 19 février 2006 15:56

                  Le débat sur le noyau dur n’est pas nouveau, en 1995 déjà, ce concept était à l’ordre du jour, de manière peut être plus confidentielle.

                  La proposition qui me semble la plus logique aujourd’hui est celle du premier ministre Belge M. Guy Verhofstadt (Cf. - Le Monde du samedi 11 février) qui propose de relancer un noyau dur sur la zone €uro.

                  En effet la zone €uro nécessite une certaine convergence des politiques des pays qui y sont rattachés. Les pays de la zone €uro ont tout intérêt à rechercher le consensus et à obtenir une politique commune pour que la monnaie soit stable (ce qui implique plus de démocratie sur cette zone et donc in fine une forme ou une autre de fédéralisme).

                  Le traité constitutionnel a été sabordé par les français, c’est un fait, le PS a tourné le dos à son engagement européen, tout comme Chirac.

                  L’Europe doit donc attendre les prochaines élections françaises pour se relancer... Mais qui va défendre la directive de libéralisation des services en France, qui va se risquer sur le projet européen, qui va se dire prêt au compromis ?

                  Autant d’interrogations que d’absence de réponse.

                  Yann Riché


                  • lexpat (---.---.2.9) 20 juin 2006 22:39

                    Je salue l’auteur du commentaire sur le noyau europeen ainsi que les observations pour ou contre qui y sont attachée. J-C Junker confiait à Die Welt avant hier qu’à son avis Kerneuropa (le noyau) n’était qu’une question de temps, une chose que lui ne souhaite pas mais qui est inevitable à cause de l’élargissement de l’UE. Moi je souhaite que les pays fondateurs se retrouvent et forment une petite Europe dans la grande Europe. Oui, l’idée n’est pas neuve et nombre de politiciens surtout en France et en Allemagne l’ont évoquée souvent. Pour nous ressortissants des 5 c’est le seul avenir.


                    • Laurent (---.---.120.29) 21 septembre 2006 10:13

                      C’est une idée que Jean-Louis Bourlanges défend depuis de nombreuses années. Légitimement, qu’est-ce qui empêche les pays fondateurs, étant donné leur histoire européenne commune depuis 50 ans, à créer un état fédéral ? C’est de toute façon la seule issue pour l’Europe, qui doit, à mon sens, sortir une fois pour toutes du mythe des « nations ». Un état fédéral n’enlèvera rien à la grandeur des peuples qui le composent, à leur souveraineté, etc. Mais qu’est-ce qui justifie définitivement les frontières du peuple français ou italien ou allemand ? Ne peut-on imaginer une souveraineté européenne ? une souveraineté partagée avec des peuples amis, avec lesquels nous voulons élaborer notre avenir ? La création de Kerneuropa permettra aussi, je pense, de poser des bases constitutionnelles qui nous sont propres (nous = les 6 pays fondateurs). Nul doute qu’à voir le résultat politique d’une telle initiative, bien des pays voudront entrer dans cet état fédéral. Mais contrairement à ce qui se passe actuellement, la Constitution aura été écrite avant, et les pays entrant connaîtront les règles avant d’entrer. Aujourd’hui, 25 pays essaient de se mettre d’accord sur des principes, a posteriori. Les choses se font à l’envers. Aucun système ne fonctionne en disant : « mettons-nous ensemble puis fixons les règles de fonctionnement ». Mon commentaire n’est pas celui d’un spécialiste des institutions, mais celui d’un européen convaincu. Il est l’expression d’un citoyen non expert, et je suis prêt à entendre toute contradiction sur mes opinions.

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