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Accueil du site > Actualités > Europe > Un protectionnisme européen assumé contre les protectionnismes nationaux (...)

Un protectionnisme européen assumé contre les protectionnismes nationaux cachés

Les hommes politiques aux responsabilités poussent des cris d’orfraie dès qu’on prononce le mot « protectionnisme ». Quelle hypocrisie ! Le protectionnisme existe bel et bien, mais financé par tous, il ne sert qu’à protéger des intérêts particuliers en entraînant un déclin global et la précarité pour les populations européennes.

Il devient urgent de mettre en place un protectionnisme européen assumé, et ce, dans l’intérêt général. Cette évolution permettrait une alternative humaniste au modèle dominant axé sur les revenus financiers à court terme, la spéculation sans borne et le développement des privilèges de classes.

Le protectionnisme est défini dans les manuels d’économie comme une politique pratiquée par un Etat dans le but de protéger ses entreprises. L’Union européenne et chacun des pays qui la compose refusent d’évoquer le protectionnisme, mais le pratiquent sournoisement. Il se révèle très coûteux pour les budgets nationaux : rien que pour la France, les subventions publiques aux entreprises se montent à plus de 100 milliards d’euros dans la plus complète opacité. Ce protectionnisme de clientèle, qui mériterait des enquêtes sérieuses du Parlement, est principalement destiné à la sauvegarde de monopoles privés et au favoritisme politique. Il est soutenu par la mise en place de politiques d’achats publics, de normes et de certifications obligatoires disqualifiantes car trop coûteuses pour les PME, de barrières douanières, de subventions à l’exportation, etc.

Cette forme particulière de protectionnisme a peu d’avantages et beaucoup d’inconvénients pour la collectivité. Parmi les avantages, citons la survie d’entreprises soi-disant stratégiques, mais techniquement ou socialement inadaptées à la concurrence internationale. Parmi les inconvénients, les inévitables mesures de rétorsion des autres pays, les distorsions de concurrence nuisibles aux consommateurs et aux entreprises délaissées, un lent déclin économico-politique dû aux manques d’efficacité et de recherche dans les domaines sociaux, scientifiques et techniques. C’est ce que nous vivons actuellement.

Les avantages d’un protectionnisme européen sont nombreux et positifs.

A l’échelle de l’Union européenne, le protectionnisme prend une tout autre dimension et les avantages l’emportent haut la main sur les inconvénients comme le montre notamment Maurice Allais, scientifique méconnu en France quoique prix Nobel d’économie 1988 (1).

La diversité des cultures sociales et industrielles associées à un inévitable chauvinisme naturel encouragerait la compétition et ne permettrait pas de s’endormir sur ses lauriers. La remarquable et cruelle stratégie développée de longue date par les Allemands pour prendre le contrôle de l’industrie aéronautique européenne est un exemple de l’âpreté du combat qui règne dans l’Union dans les domaines protégés. Les subventions perdraient leurs douteuses utilités et les distorsions de concurrence seraient sanctionnées par la Commission.

Nous avons des atouts : un marché de près de 500 millions de consommateurs une monnaie unique, des infrastructures développées, encore en bon état et des peuples éduqués qui partagent une certaine idée de l’humanité. Imaginons une Europe dans laquelle les ordinateurs et la plupart de leurs composants ne viendraient plus d’Asie. Imaginons une industrie textile de haute qualité, d’usines propres dont les investissements écologiques ou sociaux ne seraient plus contraints par la concurrence de pays moins rigoureux en la matière, mais soumis à des normes exigeantes communes. Sans oublier les avantages d’une harmonisation rendue nécessaire des règles de concurrences, sociales, écologiques, fiscales et anti-trusts.

Le plein-emploi serait rapidement atteint, non pas par la précarité généralisée telle qu’on nous l’organise actuellement, mais par des emplois qualifiés et correctement rémunérés proposés par des entreprises contraintes de rapatrier la production des produits qu’elles nous vendent. Cela entraînerait un rééquilibrage des comptes sociaux et donnerait un coup d’arrêt au démantèlement des systèmes solidaires.

Le libre-échangisme, pas celui des livres (2), mais celui pratiqué dès le développement des échanges internationaux de grande ampleur, est une idéologie colonialiste : « Je vous contrains par la force à acheter très cher mon opium et je vous oblige à me céder votre jade et vos soieries à vil prix ». De nos jours, c’est à peine différent notamment entre les pays riches et le tiers-monde. Cette politique économique est associée au libéralisme. Pour les dogmatiques, remettre en cause l’un, c’est remettre en cause l’autre.

L’idée que les pays socialement avancés vont trouver leur voie dans des technologies de pointe, ou dans les Services à hautes valeurs ajoutées, est totalement infondée. Il ne s’agit pas d’un manque de confiance en nos capacités comme l’avance Hubert Védrine dans son rapport remis au président de la République (3), mais, de fait, la grande majorité des actifs européens n’ont pas des Masters. Tous ne se sentent pas capables de rester assis derrière un bureau pendant quarante ans. De fait, les productions industrielles sont massivement délocalisées dans les pays à bas coûts. Encore récemment, Airbus a annoncé son intention d’aller produire en zone dollar, zone qui inclut la Chine.

De plus, les pays en développement accéléré, comme l’Inde et la Chine, investissent massivement dans la formation d’ingénieurs et de scientifiques. On ne voit pas pourquoi ils s’interdiraient de prospérer aussi dans les domaines de hautes technologies. Taiwan et la Corée du Sud, les ordinateurs et les écrans plats, par exemple, nous ont démontré avec brio l’absurdité de cette idée.

Pour quelles raisons, les hommes politiques aux responsabilités disqualifient-ils a priori la création d’une Europe protégée des ravages d’une concurrence déloyale et néfaste ?

Mon opinion est qu’ils favorisent des intérêts supérieurs à l’intérêt des peuples, leurs propres intérêts. Toute leur politique n’est en réalité qu’une politique de classe orientée dans l’intérêt de leurs seuls sponsors, les gros actionnaires des multinationales.

Nul n’ignore plus que la stratégie des multinationales consistent à jouer des différences de coûts entre les zones à bas salaires, à faibles droits du travail, à faibles coûts sociaux et écologiques. Les montages juridico-financiers utilisant des sociétés tampons, dans des paradis fiscaux toujours plus prospères, permettent la réalisation de juteux bénéfices. Personne n’est dupe, mais tout le monde fait comme si les quelques milliards déclarés dans les pays européens (hors paradis fiscaux) étaient les seuls bénéfices. Les faibles impôts payés par ces sociétés géantes sont négociés au cas par cas avec la direction du trésor. On imagine le chantage à la délocalisation des sièges sociaux et les salariés utilisés comme otages dans ce genre de négociations (4). Il est révélateur que les montants des impôts réellement versés soient tenus secrets. Rappelons que le total des impôts sur les sociétés atteignent à peine 43,7 milliards en 2006, à comparer avec les 100 milliards de subventions dont il est question plus haut.

Le seul libre-échange acceptable est celui organisé par des accords bilatéraux équilibrés et librement consentis.

La limite d’emploi des actifs sera vite atteinte et, dès le départ, nous devrons conclure des accords avec des partenaires, afin d’importer certains produits finis ou semi-finis dont la production en Europe serait trop coûteuse en main-d’œuvre ou en énergie comme le biocarburant sud-américain, par exemple, un protectionnisme choisi en quelque sorte.

L’argument que le libre-échange avec les pays du tiers-monde permettrait un développement économico-social ne doit pas être évacué d’un revers de plume. Ces généreux humanistes, sincères ou non, doivent prendre en compte la détérioration de nos infrastructures, le nivellement des politiques sociales vers le bas et l’avancée irrésistible de la précarité dans nos pays, un quart-monde local. Ils doivent se rendre à l’évidence également que le tiers-monde n’est plus ce qu’il était : Il y a plus de millionnaires Chinois ou Indiens que d’habitants en France.

Et quel modèle de développement sommes-nous en train de favoriser dans ces zones à bas coûts ?

La dure réalité est que ces hommes qui fabriquent nos chaussures de sport en Asie ou ailleurs sont maintenus en quasi-esclavage par des organisations sociales autoritaires. Ces êtres humains sont placés sous la férule de patrons sans scrupules dans des conditions similaires à celles supportées par les prolétaires européens du XIXe siècle. Les scandales sur les conditions de travail et les bas salaires ont conduit les grandes firmes occidentales, sous la pression de leurs consommateurs, à mettre en place des chartres obligeant leurs sous-traitants à mieux traiter leur main-d’œuvre. La plupart des enquêtes effectuées a posteriori sur le terrain ont conclu à l’inefficacité et à l’indifférence des donneurs d’ordres.

Ne nous cachons pas derrière notre petit doigt, ce n’est pas le modèle de développement humain que nous voulons encourager ou soutenir. L’intérêt des populations locales est une réorientation de leur économie vers le développement du marché intérieur. Il n’est pas admissible que nous encouragions une production d’exportation alors que des millions de personnes subissent l’exploitation et la misère au mépris de leurs droits fondamentaux.



(1) http://etienne.chouard.free.fr/Europe/messages_recus/

(2) http://www.cultureco.com/blog/blog/bts-immobilier/

(3) http://www.elysee.fr/elysee/elysee.fr/francais/salle_de_presse/

(4) http://www.lexpansion.com/economie/


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24 réactions à cet article    


  • Forest Ent Forest Ent 15 mai 2008 11:53

    Entièrement d’accord.

    Mais le pire, c’est que c’était bien l’idée initiale de la construction européenne. Il y avait jusqu’à pas si longtemps une notion de "préférence européenne", de "marché intérieur".

    J’ai vécu le naufrage des NTIC en Europe. Chaque entreprise nationale (Bull, Siemens) avait un marché captif mais trop petit pour être concurrentielle face aux entreprises US (IBM, ...). Créer un marché intérieur aurait été douloureux, mais moins qu’un marché extérieur comme actuellement. D’ailleurs, l’UE pourrait toujours si elle le voulait lancer un OS local et interdire Windows pour relancer son activité. On n’en prend pas le chemin.

    Comment sommes-nous sortis de la piste ?

    C’est arrivé quand l’UE a envoyé M Lamy négocier au GATT. Dès ce moment, elle avait renoncé à devenir une puissance et à avoir la moindre velléité d’indépendance vis à vis des US. Je me demande quand même si ça serait arrivé si l’on n’avait pas offert un siège aux anglais. Funeste erreur de Pompidou. De Gaulle avait toujours refusé.


    • gnarf 27 mai 2008 22:46

      >>D’ailleurs, l’UE pourrait toujours si elle le voulait lancer un OS local et interdire Windows pour relancer son activité. On n’en prend pas le chemin.

      Consternant...

      A votre avis, combien d’entreprises Europeennes vendent actuellement des produits qui fonctionnent uniquement grace a l’architecture de Windows ? des centaines, des milliers. Combien de dizaine de milliers d’informaticiens ont acquis une expertise dans cet OS complexe au prix d’annees de formations payantes ? 

      Lancer un OS local et interdire Windows c’est tuer ces boites, asphyxier ces gens et en plus, garantir que quasiment plus un seul des logiciels Europeens ne s’exportera....sauf si on arrose de subventions des pays etrangers pour qu’ils adoptent cet OS.

      Lancer un OS local et interdire Windows, c’est faire miroiter un monopole et un gros budget a nos "champions" locaux, les Thomson et cie...qui n’ont pas l’experience dans ce domaine et vont faire des conneries dont nous ferons tous les frais...

      Donc lancer un OS local et interdire Windows, c’est transformer l’informatique Europeenne en machin gere par l’Etat, rempli de boites qui ne survivent que grace aux subventions, avec une commission chargee de repandre l’OS en question par subventions.

      C’est quand-meme impayable...c’est aussi stupide comme idee que le beauf du coin qui dit "ah ba vivement une bonne guerre". Le protectionnisme...on n’achete rien aux autres et on refait tout maison pour etre grands dans tous les domaines...ca ne vous rappelle rien ? c’etait l’URSS.


    • xmen-classe4 9 novembre 2008 00:22

      il y a déjà linux comme alternative


    • herve33 31 octobre 2009 21:27

      @gnarf

      Des milliers d’entreprises utilisent Windows .

      Peut-etre pour la bureautique , mais pour les serveurs et les milieux professionnels où on a besoin de sécurité et de sureté , on utilise pas cette merde . C’est Unix en général ou linux qui n’est qu’un clone d’Unix .

      Donc supprimer windows est tout à fait possible , d’ailleurs certaines administrations l’ont fait , elles en ont marre de subir le racket de Microsoft qui demande de repayer les mises à jour de ces produits tout les 4 ou 5 ans . sur des milliers de licences , la facture est élevée .


    • Emmanuel W 15 mai 2008 13:37

      Effectivement, il faudrait commencer par sortir l’UE de l’OMC mais c’est mal barré...

      La manoeuvre actuelle se dessine, tractée par les Etats-Unis via l’Allemagne : faire disparaître les nations en favorisant l’idée de régionnalismes dépendants directement de Bruxelles (cf. récemment le Kosovo et plus généralement la politique menée par l’UFCE), régions qui auront encore moins la souverainneté de celle des nations pour, entre autres, établir des politiques commerciales extérieures.

      Ce qui permettra aux US de proposer facilement une fusion euro-dollar, sauvant la crédibilité de leur monnaie de singe tout en asseyant le nouvel ordre mondial des corporatocrates.


      • Parpaillot Parpaillot 15 mai 2008 14:25

         

        @ L’auteur :

        D’accord avec votre constat et le tableau que vous dressez quant aux protectionnismes nationaux au sein de l’UE. En revanche, je ne suis pas sûr qu’un protectionnisme européen, tel que vous le suggérez, soit susceptible de remédier à la situation à long terme. En effet, transposer les protectionnismes nationaux respectifs pour en rétablir d’autres à l’échelle de l’UE ne ferait que déplacer le problème et en différer la solution. Ce ne serait qu’un répit de quelques années. Car malgré sa puissance économique actuelle et son marché intérieur, l’UE sera rattrapée sur les plans technologique et économique par les pays émergents tels que la Chine et l’Inde, voire le Brésil et le problème se posera alors à nouveau dans quelques années.

        D’une façon générale, je pense que le protectionnisme est un frein aux réformes car il masque les vrais problèmes, constitue un oreiller de paresse et se révèle souvent comme un instrument de démagogie. De surcroît, le protectionnisme génère beaucoup de réglementation. Il est en revanche très utile à certains dirigeants politiques qui s’en servent pour se maintenir en place !

        L’Europe a certes de nombreuses valeurs à défendre telles que les droits humanitaires, la solidarité, la diversité culturelle, la protection de l’environnement, etc. Ce sont ces valeurs que l’Europe pourrait opposer aux menées expansionnistes économiques débridées.

        Cordialement !


        • Daniel Roux Daniel R 15 mai 2008 16:47

          Votre commentaire porte sur l’objet même de mon argumentation.

          C’est cette différence d’échelle qui fait l’intérêt du protectionnisme européen et rend le protectionnisme national obsolète et contre-productif.

          Dans un pays, les amitiés particulières, les coteries, la corruption, les intérêts croisés et les renvois d’ascenseurs sont inévitables. En France, pays dont le fonctionnement s’apparente souvent à celui d’un république bananière, c’est particulièrement criant. De plus le marché est étroit et les entrepreneurs limité dans leur développement notamment en cas de distorsion de concurrence par des procédés déloyaux.

          A l’échelle européenne, des ententes et des distorsions de concurrence, inévitables par qu’humaines, seront surveillées et sanctionnées par la Commission, exécutif supranational. Chacun protégera ses intérêts et sera vigilant au respect des règles. Si l’Allemand Siemens ou le Français Dassault, par exemple, bénéficiaient de subventions ou de marchés d’Etat bafouant les intérêts de ses concurrents, plainte serait déposée, enquête menée et sanction prononcée. Les Etats même ne serait pas à l’abri de poursuites. De plus, 500 millions de consommateurs européens forment un marché inégalé dans le monde, supérieur en valeur aux USA, à la Chine et à l’Inde.

          Si nous n’agissons pas rapidement, les destructions sociales et économiques seront telles qu’elles entraîneront des tensions capables de provoquer l’éclatement de l’Union Européenne. Cette utopie en marc
           


        • Dominique Larchey-Wendling 15 mai 2008 14:47

          Comment nous débarasser de ceux qui s’engraissent de la dérégulation et d’une forme moderne de commerce triangulaire sauf que c’est les produits qu’on importe au lieu des esclaves grâce à la délocalisation du travail.

           


          • ronchonaire 15 mai 2008 15:08

            C’est dommage, votre article est passé complètement à côté de la principale politique protectionniste européenne : la PAC.

            Louons d’ailleurs les conséquences très positives de cette politique :

             - chez nous : sur-exploitation et pollution des sols et des eaux ; multiples problèmes sanitaires (vache folle, poulet aux hormones, etc.) ; maintien de prix des produits alimentaires plus élevés que si on importait ces produits ; 1/4 du budget européen englouti par quelques millions de foyers (rappel : il n’y a que 300.000 agriculteurs en France, qui reçoivent plus d’aides financières à eux seuls que tout le reste de la population).

             - ailleurs : liquidation pure et simple des activités agricoles dans de nombreux pays qui n’avaient pas les moyens de lutter avec nos produits archi-subventionnés et qui se sont tournés vers les rares produits qui ne peuvent être cultivés chez nous (café, cacao, coton) ; invasion de ces mêmes pays par les produits européens, pas forcément adaptés au mode d’alimentation locale. Pour info, nous vendons du lait en poudre soluble dans l’eau à des pays qui n’ont pas d’eau potable ; voilà ce qui s’appelle une politique mûrement réfléchie !

            Merci les protectionnistes et encore bravo ! La prochaine fois que vous avez une idée aussi lumineuse, faites-nous plaisir : allez plutôt vous faire une belote au bistrot du coin.


            • Emmanuel W 15 mai 2008 15:38

              Joli exemple d’amalgame : ce n’est pas parceque la PAC est un exemple désastreux de protectionnisme que tout protectionnisme est désastreux.

               

               


            • ronchonaire 15 mai 2008 16:56

              Citez-moi des exemples de politiques protectionnistes ayant réussi, alors. Et par "réussi", j’entend "ayant bénéficié à tout le monde". Bon courage parce que par définition une politique protectionniste est une politique égoïste donc même si vous me trouvez des exemples de politique protectionniste ayant bénéficié au pays concerné, cette politique aura forcément pénalisé d’autres pays.


            • Daniel Roux Daniel R 15 mai 2008 17:04

              C’est par manque de place et pour ne pas trop diverger du fond que je n’évoque pas le détail des subventions et leurs méfaits.

              Vous avez raison, les subventions agricoles sont une arme redoutable à l’encontre des paysans du tiers-monde mais également celles versées sans contrôle, ni suivi, sous divers prétextes, aux entrepreneurs les plus malins dont certains savent manier efficacement l’arme du chantage aux délocalisations.

              Saviez-vous par exemple que la Sécu est obligé de subventionner des entreprises désirant moderniser leur outil de production ? Le prétexte trouvé par le législateur est bien entendu de bonne tenue : la protection des salariés.

              Voici les chiffres que je donnais dans un commentaire d’un article précédent : "Les riches hors de prix".

              "Les entreprises recoivent environ 103 milliards de subventions chaque année, soit 75 milliards de subventions directes (y compris le secteur agricole grace à la PAC), plus 28 milliards d’exonération de charges sociales sous des prétextes divers dont 12 milliards restent à la charge de notre bonne vieille Sécu".


            • Emmanuel W 15 mai 2008 18:11

              @ronchonaire

              Et bien par exemple les Etats-Unis, pronant le libéralisme pour les autres mais pratiquant pour eux-même le protectionnisme : 

              Buy American Act de 1933
              Small Business Act de 1953 pour les petites entreprises (voir aussi pacte PME),
              Defense Federal Acquisition Regulations Supplement (DFARS)
              Exceptions sécurité nationale (ALENA, chapitre 10, partie D, article 1018)
              Amendement Berry (textiles, denrées alimentaires et vêtements non américains)
              Amendement Byrnes-Tollefson (bateaux non américains)
              Buy American - transports en commun (subventions de la Federal Transit Administration)
              Buy American - construction routière (subventions de la Federal Highway Administration)
              Buy American - aéroports (subventions de la Federal Aviation Administration)
               

              Pourquoi alors devrions-nous bouffer des ogm, du boeuf aux hormones ou du poulet javélisé ?

               

               


            • gnarf 27 mai 2008 22:53

              Dans votre article vous comparez le libre-echange a la colonisation....

              Pourtant, nous constatons aujourd’hui que l’absence de protectionnisme, le libre-echange, est le moteur de l’eveil de la Chine et de l’Inde.

              Il me parait evident au contraire que c’est par le libre-echange que la Chine et l’Inde sont en train de sortir de leur passivite et de devenir de redoutables forces economiques. Vous pensez peut-etre au textile fabrique en Chine....mais si vous regardez bien aujourd’hui, ce qui est fabrique en Chine ce ne sont plus seulement les gadgets a 1 euro, mais c’est l’ensemble de tous les produits techniques, grandes marques et produits de tres haute qualite compris.

              C’est le contraire d’une colonisation. L’absence de protectionnisme (bien sur il y a des colons) c’est ce qui donne aux pays comme la Chine le pouvoir de devenir indispensables. Aujourd’hui, qui est colonise ? C’est l’Europe. Un Europeen ne peut plus vivre sans les produits Chinois !

              Et au contraire, les systemes protectionnistes nuisent enormement aux pays pauvres. La PAC en est un exemple. Mettez des barrieres douanieres, et vous assurez un bien-etre a certains de vos citoyens au prix d’une baisse generale de niveau de vie....cette baisse generale de niveau de vie impacte surtout les plus pauvres, les pays faibles.


            • gnarf 27 mai 2008 22:56

              Il n’y a qu’en France qu’on croit que les USA sont le champion du liberalisme. Cela permet aux antiliberaux de pointer du doigt certaines tares US dues au protectionnisme et de dire que c’est de la faute au liberalisme.Les USA sont un pays assez protectionniste, qui a ete tres protectionniste dans le passe et a fait une petite cure de liberalisme du temps de Reagan.

              Il y a en Europe des pays bien plus liberaux. Luxembourg, Irelande


            • Yannick Harrel Yannick Harrel 15 mai 2008 16:16

              Bonjour,

              J’avais été initié et séduit par le protectionnisme il y a quelques années grâce à cet auteur : Friedrich List et son Système National d’Economie Politique. Il est d’ailleurs très intéressant de constater que l’homme était tout sauf un idéologue et a été entrepreneur (au contraire d’autres doctes penseurs n’ayant jamais eu l’occasion d’oeuvrer en dehors de leur chaire).

              Pour le reste, ce courant actuellement est minoritaire, à mon grand regret, et ne risque pas d’avoir des échos favorables des instances Européennes pour qui le credo ad vitam aeternam doit rester le libéralisme, fusse aux dépens des populations dont ils ont la charge...

              Cordialement


              • Daniel Roux Daniel R 15 mai 2008 17:05

                Vous avez tout compris !


              • zelectron zelectron 23 novembre 2010 11:27

                et qui plus est jusqu’à Naukan (Наукан), et c’est une évidence


              • karg se 15 mai 2008 23:39

                "L’idée que les pays socialement avancés vont trouver leur voie dans des technologies de pointe, ou dans les Services à hautes valeurs ajoutées, est totalement infondée."

                http://www.workindenmark.dk

                Denmark – a knowledge society  An extensive welfare system and an active business life

                 


                • Daniel Roux Daniel R 19 mai 2008 08:23

                  Traduction SVP ?


                • fredR31 18 mai 2008 22:14

                  "La remarquable et cruelle stratégie développée de longue date par les Allemands pour prendre le contrôle de l’industrie aéronautique européenne est un exemple de l’âpreté du combat qui règne dans l’Union"

                  Que voulez vous dire ?


                  • Daniel Roux Daniel R 19 mai 2008 08:22

                    Pourquoi une remarquable stratégie ?

                    http://www.bakchich.info/article3673.html

                    Pourquoi cruelle ?

                    http://www.cidu.de/fr/dt_franz_bez/geschichte/daten_inhalt.html

                    Les Français n’ont pas encore pris toute la mesure de ce que signifie cette captation larvée. Ils ont réellement cru à la réconciliation et à l’entente entre les deux peuples. S’il n’y avait pas l’obstacle insurmontable de la langue, tout était envisageable. La déception va être terrible. 

                    Et les pitreries de Sarko devant Merkel et l’intelligenzia allemande ne font que renforcer un mépris maintenant affiché sans retenue.


                    • gnarf 27 mai 2008 23:22

                      Il s’agit d’affaires de gros sousous et de politique. Les politiques Allemands protegent au maximum les emplois d’airbus pour garder du support politique. Les grands groupes en profitent pour s’incruster.

                      Des le debut l’A380 etait un projet non pas industriel mais politique. Je connais des gens qui travaillent dessus...ils m’ont dit clairement que les contraintes industrielles sont passees au second plan derriere les querelles politiques. Rien que dans le partage des lots (un avion est concu par lots) exploses dans beaucoup de pays il y a eu des choses absurdes, evidemment dictees par la politique en depit du bon sens.

                      N’y voyez pas des strategies de domination d’un peuple sur l’autre. Je croyais qu’on en avait fini avec ces nevroses. Et l’obstacle insurmontable de la langue ? Curieux votre truc...

                      La quasi totalite des gens Francais comme Allemands s’occupent de monter en grade et de toucher plus d’argent. Et pour monter rapidement le mieux c’est de rapatrier du boulot dans votre coin pour qu’on ait besoin d’une nouvelle equipe, que vous allez diriger.


                    • Daniel Roux Daniel R 16 août 2008 13:00

                      Il existe au moins deux façon de regarder les évènements avec une lorgnette : Par le petit bout ou par le gros bout. Les deux donnent des résultats différents. Nous ne regardons pas par le même bout, c’est tout.

                      La domination d’un peuple par un autre, névrose.... ? Sait-on jamais mais à mon avis, l’Histoire n’est pratiquement que l’histoire de ces dominations successives.

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