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Accueil du site > Actualités > Europe > Une Europe Fédérale à Six : l’introuvable noyau dur

Une Europe Fédérale à Six : l’introuvable noyau dur

Construire à Six (ou à Neuf) le « noyau dur » autour de l'euro ne relève plus de l'utopie. C'est à portée de main, et c'est une nécessité.

L'Union Européenne à 28 est devenue un sujet de défiance pour sa propre population : qui de Schulz Junker ou Barnier sera le prochain Président de la Commission laisse les citoyens européens indifférents ; Obama et Poutine demandent à Merkel de jouer les go between pour régler leurs affaires ; Van Rompuy, lady Ashton, Barroso..., on ne les a vus ni à Kiev ni à Bamako, ni à Bangui ; lady Ashton est le pion des Britanniques dans l'échiquier diplomatique européen, rien de plus ! Les Institutions de l'Union, que le Traité de Lisbonne n'a pas éclaircies, sont une usine à gaz à laquelle personne ne comprend rien, et dont le fonctionnement est aux mains de technocrates qui font des expériences comme un chimiste sur sa paillasse avec le concept de concurrence. Comment sortir de cette situation ? Les interrogations sur l'avenir et la fragilité de l'euro sont une chance à saisir. Une monnaie n'existe pas sans un Etat - c'est un fait – créons-le ! C'est toujours le « noyau dur » que l'on évoque lorsqu'une crise nouvelle apparaît, sans en donner les grandes lignes, mais l'impérieuse obligation d'appuyer la monnaie sur un Etat permet d'envisager le saut vers le Fédéral. L'« Etat Fédéral Européen » serait le « noyau dur » de l'Europe politique, sur lequel l'euro se fonderait solidement. Se sont les Six - France, Allemagne, Luxembourg, Belgique, Hollande, Italie, signataires du Traité de Rome (plus peut-être l'Espagne, l'Autriche, le Danemark) - qui doivent en prendre l'initiative en devenant les premiers « Etats Fédérés d'Europe ». (Les autres Etats ayant adopté l'euro continueront de l'utiliser comme monnaie unique (ou monnaie commune - cf : 1914-2014 de Chevènement), mais ne participeront plus à sa gestion qui sera exclusivement de la compétence de la Fédération.) Cette « Europe Fédérale » aura un Président, un Parlement, des Députés, un Gouvernement avec des Ministres et un Premier Ministre ; ses Institutions régalienne incluront une Cour de Justice de la Fédération qui se substituera à la Cour de Justice Européenne, et la BCE deviendra, par une révision de ses missions, l'équivalent européen de la FED. Le processus pour élire ces personnes ne pose pas d'autres problèmes que ceux que connaît toute démocratie pour définir ses propres règles, y compris le recours au référendum. Les Chefs d'Etats et/ou de Gouvernements des Etats membres (les Six ou Neuf) auront un droit de veto dans certains domaines, et proposeront au Parlement le Président de la Fédération, qui l'intronisera. Aux autres Etats membres (22 ou 19) de faire évoluer l'organisation actuelle de l'UE. Le poids de la Grande Bretagne sera déterminant et on conservera ce qu'a toujours voulu Mrs Thatcher, un espace pour faire du business !


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12 réactions à cet article    


  • filo... 16 avril 2014 10:42

    C’est mieux pas d’UE du tout que d’avoir cette épave économique et politique, accrochée come un fourgon aux USA impérialiste.


    • Bernard Pinon Bernard Pinon 16 avril 2014 10:49

      Une Europe fédérale, pour quoi faire ?

      Pourra t-elle jamais être un acteur géopolitique majeur ?
      Les peuples se porteraient t-ils mieux avec une politique économique commune ?
      La démocratie en sortirait-elle renforcée ?
      Bref, quelle en est la finalité ?


      • BA 16 avril 2014 10:55
        L’économiste Bernard Maris publie une série d’articles explosifs dans l’hebdomadaire Charlie Hebdo.

        Cette série d’articles explique pourquoi l’économiste Bernard Maris, qui était favorable à l’euro depuis 25 ans, a changé d’avis : aujourd’hui, il est pour la sortie de l’euro.

        Charlie Hebdo, mercredi 16 avril 2014, page 6 :

        "Le sophisme de Benoist Apparu.

        Faut-il sortir de l’euro ? Oui. Est-ce possible ? C’est une autre paire de manches. Comment vivait la France avant l’euro ? Sa monnaie fluctuait au gré des dévaluations par rapport au dollar, décidées par les gouvernements en fonction des attaques contre la France (autrement dit, des ventes massives de francs par les résidents ou les étrangers, autrement dit, des sorties massives de capitaux). En ce temps-là, les marchés de capitaux étaient plus faciles à contrôler. D’abord, il n’y avait pas de capitaux offshore, flottant entre les Etats. Ensuite, le volume de l’épargne cherchant à se placer ici ou là était beaucoup plus faible. Malgré tout, le capital circulait et les Etats contraient cette circulation par le contrôle des changes ou la dévaluation. Arrivé au pouvoir, de Gaulle dévalue de 20 %. L’économie repart à tour de bras.

        Les temps ont changé. Les marchés de capitaux offshore, internationaux, brassent des sommes considérables. En zone euro, les marchés ne peuvent plus attaquer directement les monnaies (le franc a disparu), mais les contreparties de l’euro, les supports de l’euro. Il y en a trois : l’or (négligeable), les créances sur les économies (la dette Suez, la dette Renault, etc) et, surtout, les dettes publiques, les dettes sur les Trésors publics. Tout se passe exactement comme avant, sauf que les Etats ne peuvent plus répliquer en jouant sur la valeur de leur monnaie.

        Avant d’envisager de sortir de l’euro, il faut réfuter le sophisme de Benoist Apparu. Sur une chaîne de télé, il dit : « La dette française est de 2000 milliards (dont 1300 milliards sont détenus par des étrangers). Sortir de l’euro dévalue l’eurofranc (la nouvelle monnaie) de 25 %. Automatiquement, on doit 400 milliards de plus. Autrement dit, un budget annuel de l’Etat. Donc on ne peut pas sortir, CQFD. »

        Sauf que c’est faux. La dette, le jour où l’on sort de l’euro, n’est plus libellée en euros, mais en eurofrancs. Donc on doit illico 2000 milliards d’eurofrancs. Et on rembourse en eurofrancs émis par la Banque de France. Benoist Apparu raisonne comme si on changeait de monnaie sans sortir de la zone euro. Sophisme. Le 15 août 1971, Richard Nixon a aboli la convertibilité du dollar, pourtant garanti urbi et orbi 35 dollars l’once d’or. L’or s’est mis à flamber, et la FED à émettre des dollars. A un journaliste du Monde qui lui demandait si un jour les Etats-Unis parviendraient à rembourser leur dette colossale, l’économiste Milton Friedman répondit justement : « Notre dette est en dollars, donc on ne vous doit rien. »

        Petit bémol, néanmoins, car tout semble trop facile. De quelle juridiction dépend une dette ? Les pauvres pays d’Afrique se sont endettés jusqu’à l’os et n’ont jamais pu rembourser leurs dettes, parce qu’elles étaient gérées et défendues par les tribunaux des nations prêteuses. Pour passer en douce de l’euro à l’eurofranc, encore faut-il que les dettes publiques françaises dépendent de juridictions françaises. Est-ce le cas ? Oui, à 93 %. 93 % des contreparties de la dette, des OAT (Obligations Assimilables du Trésor, les bons entre cinq et cinquante ans émis par le Trésor et garantis par l’Etat), sont de droit français. Il n’en va pas de même pour les banques et pour les entreprises : elles sont endettées pour 300 milliards d’euros, et sont soumises au droit luxembourgeois, au droit britannique et, pour certaines, au droit des îles Caïmans.

        Difficile d’imaginer une renationalisation de la dette. Donc il faudrait refinancer les banques et les entreprises en eurofrancs, afin de leur permettre de rembourser leurs dettes. Mais alors ... l’inflation ? (A suivre)

        • foufouille foufouille 16 avril 2014 11:23

          Donc il faudrait refinancer les banques et les entreprises en eurofrancs, afin de leur permettre de rembourser leurs dettes. Mais alors ... l’inflation ? (A suivre)

          non, il suffit que l’état leur prètent la somme nécessaire pour rembourser leurs dettes tout de suite. l’inflation, tu augmentes le smic


        • Hermes Hermes 16 avril 2014 16:52

          Entre bons amis, on peut annuler les dettes !


        • foufouille foufouille 16 avril 2014 11:20

          France, Allemagne, Luxembourg, Belgique, Hollande, Italie, signataires du Traité de Rome (plus peut-être l’Espagne, l’Autriche, le Danemark)

          le smic en

          • Espagne

          752.85 €

          Allemagne, yena pas pour tous
          Italie, pareil

          etc
          et cela m’étonnerait que bruxelles soit d’accord pour l’augmenter


          • zygzornifle zygzornifle 16 avril 2014 13:57

            Le noyau dur est dans l’opposition à l’Europe et non dans cette Europe de pompom girl .....


            • zygzornifle zygzornifle 16 avril 2014 13:59

              L’Europe est devenue comme une écharde piquée dans le cul de tout les pays la constituant....Qui l’arrachera en premier ??


              • zygzornifle zygzornifle 16 avril 2014 14:00

                L’Europe fédérale fait des râles en agonisant .....


                • taktak 16 avril 2014 14:20

                  Sur le sujet de l’UE, voici une analyse de l’abstention aux européennes.
                  Le retour sur la réalité chiffrée est décoiffant

                  http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/la-signification-tres-politique-de-150762?debut_forums=0#forum4003011


                  • HELIOS HELIOS 16 avril 2014 17:18

                    ... quel que soit le « noyau dur », c’est a dire le nombre de pays... si les anglais sont dedans, cela ne marchera pas !!!

                    On prends les mêmes, c’est a dire les pays continentaux significatifs y compris la Pologne et on s’entend. Ceux qui ne sont pas d’accords peuvent partir, pas de pb...
                     Sans traité de Shengen qui ne peut etre appliqués tant que les frontieres ne sont pas correctement controlées


                    • momo momo 17 avril 2014 09:55

                      Tout à fait ! Il faut revenir à l’Europe à 6 qui peu ou prou correspondait aux frontières de l’Empire Carolingien. Un ensemble cohérent et viable et qui l’est toujours.

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