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Accueil du site > Actualités > Europe > Va-t-on vers un début de panique sur l’euro ?

Va-t-on vers un début de panique sur l’euro ?

LE DÉSÉQUILIBRE DES COMPTES INTRA-ZONE EURO A DÉPASSÉ 1.000 MILLIARDS D’EUROS

D’après nos informations venant de « milieux très bien renseignés », le montant total du déséquilibre dû à la « migration des comptes » interne à la zone euro a dépassé, début mai, la somme fantastique de 1.000 MILLIARDS d’EUROS pour la 1ère FOIS de la brève histoire de la monnaie commune européenne.

En clair, cela signifie que :
- plus de 300 milliards d’euros ont quitté l’Espagne,
- plus de 275 milliards d’euros ont quitté l’Italie,
- près de 100 milliards d’euros ont quitté la Grèce,
- près de 100 milliards d’euros ont quitté l’Irlande,
- près de 70 milliards d’euros ont quitté le Portugal,
- 40 milliards d’euros ont quitté l’Autriche,
- 34 milliards d’euros ont quitté la Belgique,
- 32 milliards d’euros ont quitté la France,
- 7 milliards d’euros ont quitté la Slovaquie,
- 7 milliards d’euros ont quitté Chypre,
- 5 milliards d’euros ont quitté la Slovénie,
et même 600 millions d’euros ont quitté la minuscule île de Malte…

Et ces sommes phénoménales sont ALLÉES SE RÉFUGIER VERS LES « EUROS-REFUGES » :

- près de 650 milliards d’euros sont allés se réfugier en Allemagne, pour y devenir des créances sur la Bundesbank,

- plus de 133 milliards d’euros sont allés se réfugier aux Pays-Bas, pour y devenir des créances sur la Banque centrale néerlandaise,

- près de 130 milliards d’euros sont allés se réfugier au Luxembourg, pour y devenir des créances sur la Banque centrale du Luxembourg,

Pour donner un ordre de grandeur du phénomène, cela signifie que le Luxembourg a désormais une créance sur la BCE, gagée sur des euros venus des pays du sud, égale à environ 2 fois et demi son PIB annuel !


UNE SITUATION DE BLOCAGE TOTAL DUE AU REFUS DE WASHINGTON D’ADMETTRE LA DÉSAGRÉGATION INÉLUCTABLE DE SON EMPIRE

L’information qui précède confirme que, loin d’être « derrière nous », la crise de l’euro est toujours bien devant nous, comme je ne cesse d’ailleurs de le dire depuis la création de l’UPR.

Contrairement à ce qu’affirment les médias, la Grèce n’est que la partie émergée de l’iceberg sur lequel le Titanic européen s’est fracassé depuis la création de l’euro. Car les situations de l’Espagne, de l’Italie, de l’Irlande, du Portugal, de Chypre, pour se limiter aux cas les plus criants, suscitent une inquiétude de plus en plus vive dans les allées du pouvoir européiste.

Or cette évolution fatale, qui ne laisse aucun doute sur l’issue de l’euro à plus ou moins long terme, se heurte frontalement au déni de la réalité venu des États-Unis.

Comme on a pu le voir dans tous les médias occidentaux, le président américain a en effet réuni ses vassaux au G8 de Camp David pour leur intimer l’ordre, sans ambages, de tout faire pour que la Grèce reste dans la monnaie commune européenne.

L’empereur Obama – qui n’est lui-même que le jouet de l’oligarchie atlantiste – est même allé jusqu’à proposer d’envoyer une équipe de conseillers techniques au sommet européen informel d’aujourd’hui à Bruxelles afin de sauver la présence de la Grèce dans l’euro (Source).

La preuve a ainsi été apportée, une nouvelle fois, que ce sont bien les Américains qui sont derrière l’euro, comme derrière la construction européenne. Mes lecteurs me rendront cette justice que je ne cesse pas de le dire, également depuis des années, et cela malgré les omissions ou les dénégations de TOUS les autres responsables politiques français.

Si les dirigeants de Washington sont si inquiets, ce n’est pas seulement par la perspective de voir la situation politique et sociale grecque exploser, conduire à la sortie de l’euro, et provoquer une nouvelle crise économique et financière dans le monde occidental.

Non. Ce qu’ils craignent par-dessus tout, c’est l’effet domino : que la sortie de la Grèce de l’euro ne conduise très vite à celle de l’Espagne, puis de l’Italie, et finalement à l’effondrement de tout l’édifice, dans une dynamique qui aurait de très fortes chances d’entraîner avec elle l’Union européenne elle-même et tous les « acquis » de la domestication atlantiste du continent depuis 60 ans.

Ce que craignent les États-Unis, c’est d’assister à un phénomène comparable à ce que vécut l’URSS en 1989-1991 : l’implosion de tout son glacis géopolitique européen, fruit des accords des conférences de Potsdam, Téhéran et Yalta.

C’est pourquoi nous sommes dans une situation de blocage total. Les pays d’Europe ne peuvent ni rester dans l’euro, ni en sortir :
=> politiquement, économiquement, socialement et financièrement, l’utopie européiste est à bout de souffle et l’euro est en survie artificielle.
=> mais l’empire américain ne peut pas davantage se résoudre à voir disparaître ces instruments de sa domination sur les peuples d’Europe que l’URSS d’Andropov et de Tchernenko ne pouvait se résoudre à voir s’effondrer le Rideau de Fer.


L’EURO EST EN CHUTE LIBRE SUR LES MARCHÉS FINANCIERS

Cette situation de blocage se voit de plus en plus nettement et a un impact croissant sur les marchés financiers du monde entier.

Les bourses font le yo-yo sur un fond tendanciel à la baisse : Paris est revenu aujourd’hui autour de 3.000 points après une chute de -2,62 % et la bourse de Milan, qui s’est effondrée de -3,68%, est ce soir au plus bas depuis 3 ans.
(source)

Quant à l’euro, il se déprécie fortement depuis plusieurs jours. Il est tombé ( à 17 h 45 le mercredi 23 mai 2012) à 1,2576 euro pour 1 dollar, ce qui est le plus bas cours depuis près de 2 ans, le 13 juillet 2010.
(source)

Notons que, pour les « chartistes », la tendance apparaît comme très baissière et l’euro pourrait rapidement tomber au prochain « seuil de résistance » à 1,19 pour 1 dollar.

Cette chute est la bienvenue pour notre économie car elle va redonner un peu d’oxygène à notre industrie gravement handicapée par le taux de change exorbitant de l’euro (qui était monté jusqu’à 1,5990 à la mi-2008).

Je rappelle cependant que, comme je l’indique dans mes conférences sur l’euro, le taux de change de l’euro convenant à la compétitivité intrinsèque de l’économie française se situe aux alentours de 1 euro pour 1 dollar. Même si son niveau actuel est plus raisonnable, il reste surévalué d’environ 20 à 25% pour notre économie.

Je souligne aussi que l’euro a perdu -21,39 % par rapport au dollar depuis son plus haut historique de 2008. Il est significatif que les partisans de l’euro, qui n’avaient pas de propos assez apocalyptiques pour prédire la future chute du franc nouveau sur les marchés des changes si la France sortait de l’euro, restent d’un silence éloquent face à cette chute de l’euro.

Notons au passage la conséquence de cette évolution sur une sortie de la France de l’euro : plus l’euro baisse face au dollar, et plus la décote éventuelle du franc nouveau face au dollar et à l’euro rémanent serait faible (et plus la surcote du nouveau deutsche mark serait forte).

L’évolution en cours ôte donc aux européistes l’un de leurs seuls arguments : celui qui consistait à faire planer la menace d’un renchérissement fantastique du coût de la dette exprimée en euros, en cas de retour aux monnaies nationales.

Outre que cet argument pouvait être facilement démonté (un État, c’est-à-dire un peuple, peut toujours imposer un remboursement décoté), la baisse très sensible de l’euro a pour conséquence que la décote éventuelle du franc nouveau serait de plus en plus limitée, si même elle avait lieu.

Quant à l’intérêt des Allemands à revenir au deutsche mark, il est … de plus en plus fort ! Là aussi, les européistes jugent plus prudent de n’en point parler.


L’ALLEMAGNE SUPERSTAR

Ce dernier point n’échappe cependant pas aux spécialistes des marchés financiers.

Alors que la Grèce et l’Espagne sont obligées de consentir des taux d’intérêt de plus en plus élevé pour placer leurs obligations d’État, nos voisins d’outre Rhin ont réussi aujourd’hui un prodige : l’Allemagne a emprunté GRATUITEMENT sur le marché obligataire avec un coupon zéro, c’est-à-dire qu’elle ne paiera pas d’intérêt sur cette dette.

La Bundesbank, chargée de l’opération, a indiqué avoir levé 4,55 milliards d’euros d’obligations à deux ans. La demande a été à peu près 2 fois plus forte que l’offre : plus de 7,74 milliards d’euros d’offres ont été reçues. Du coup, le taux de rendement moyen, qui résulte du rapport entre l’offre et la demande, est ressorti à un niveau quasi nul (0,07%), un nouveau plus bas historique pour des obligations allemandes de ce type.

Pourquoi cela ?

- parce que les investisseurs savent que les euros qu’ils prêtent à la Bundesbank se transformeraient ipso facto en deutsche mark si l’Allemagne décidait de quitter l’euro et de revenir au mark.

- parce qu’ils savent aussi que leur mark grimperait alors par rapport à l’euro rémanent ou au dollar.

- et comme ils sont tellement nombreux à anticiper que cette explosion de l’euro et ce retour de l’Allemagne au deutsche mark pourraient bien intervenir dans les deux ans, ils sont prêts pour cela à prêter de l’argent gratuitement à l’Allemagne sur des obligations de cette maturité.

Comme certains investisseurs seraient prêts à aller plus loin encore pour se procurer des euro-créances allemandes, l’Agence financière allemande a jugé nécessaire, dans un communiqué officiel, de préciser qu’elle n’a pas « pour l’instant » l’intention d’émettre des obligations à des coupons négatifs : ce qui reviendrait à rembourser moins aux prêteurs que ce qu’ils ont prêté !

« Un coupon de 0% reste pour l’instant la limite » a dit l’Agence financière allemande. Quelle classe !

Mais cette déclaration « classieuse » en dit long sur les forces telluriques qui se sont accumulées souterrainement et qui laissent augurer un tremblement de terre monétaire de force 9 sur l’échelle des marchés financiers.

François ASSELINEAU

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79 réactions à cet article    


  • pepin2pomme 24 mai 2012 08:58

    Bonjour,
    Vous écrivez ...
    « les investisseurs savent que les euros qu’ils prêtent à la Bundesbank se transformeraient ipso facto en deutsche mark si l’Allemagne décidait de quitter l’euro et de revenir au mark. »
    Je doute que vous ayez raison sur ce point. On nous explique bien que si la Grèce retourne à la drachme, sa dette restera libellée en euros, et donc sera d’autant plus insoutenable que la Drachme est appelée à se dévaluer.
    A contrario, le nouveau mark va se réévaluer, mais les obligations allemandes souscrites en euros seront remboursées en euros et non en mark.


    • diogene 24 mai 2012 11:44

      «  »«  »A contrario, le nouveau mark va se réévaluer, mais les obligations allemandes souscrites en euros seront remboursées en euros et non en mark.«  »«  »"

      Pour cela il faudrait que l’euro survive à la sortie de l’allemagne. Et même si l’euro survit à cette sortie quelle sera, alors, sa valeur ?
      Rembouser 1 milliard d’euros à 1,30 dollars ce n’est pas pareil que de le rembourser à 1dollar, voire moins.
      Cette décote de l’euro serait mortelle pour le système financier intl et c’est bien pourquoi ils cherchent, à tout prix, à le sauver.


    • Fred59 25 mai 2012 00:24

      - Pour la dette : ce qui se passera quand la Grèce retournera à la drachme, déjà, ça dépend si les grecs ont le culot de jouer le rapport de force. S’ils la jouent « je suis votre gangrène et pour se débarrasser de moi, il va falloir me convaincre », ça peut devenir très folklorique. Eux n’ont plus grand-chose à perdre ; les allemands, tout.

      - Pour les dépôts : c’est une question différente, cruciale, et pour l’instant aucun journaliste et aucun parti « grand public » n’a relayé cette notion, Asselineau est le seul à l’avoir relevé. Attirer les dépôts, c’est bien, mais un jour il faut rendre l’argent. Attirer le pognon des grecs ou des espagnols, sur le coup ça fait plaisir. Mais quand un compte d’Emporiki est transféré sur la Dresdner Bank, cela veut dire qu’on fait un simple transfert d’écriture électronique : pas de pièces, pas de billets : du virtuel. En revanche, quand le client demandera à matérialiser ses avoirs, il faudra bien les sortir du comptoir : et ce n’est plus le problème de la banque grecque : c’est devenu celui de la banque allemande. Pas de problème tant que ça reste occasionnel et réciproque. Mais là, ça tourne à la farce !

      Une farce à plusieurs centaines de milliards d’euros, déjà.

      Les grecs et les espagnols font ça parce qu’ils pensent que leur banque pourrait se trouver en cessation de paiement : mais qui imagine que les banques allemandes, à force, pourraient se trouver submergées ? Qui imagine que couvrir gentiment les risques des autres pays européens, à force, les germains pourraient s’en lasser ?


    • BlackMatter 25 mai 2012 23:04

      Je ne souhaite pas la sortie de l’euro. J’écoute le discours de Asselineau. Je regrette par contre que certains de ces partisans ont trop tenantes à parler d’empire et des juifs façon Soral ce qui me dérange fortement. Asselineau ne le fait pas mais devrait tenir certains de ses partisans.

      Pour répondre à la question de la sortie de l’euro. Moi je ne vois pas pourquoi il serait impossible que pendant un certain temps on ponde une loi du genre, en matière de créance, on rembourse 1 euro contre 1 franc pendant un certain délai. Et ceux qui ne l’acceptent pas iront se faire voir et au delà du délai, il y aura de toute façon forclusion. Vous verrez bien alors que les banques accepteront nos jolis francs. Elles sont pragmatiques, si on leur dit, c’est ça ou c’est rien, elles prendront ça.

    • HELIOS HELIOS 27 mai 2012 00:30

      ... bonsoir Blackmatter...
      je ne comprends pas bien les moinsages dont fait les frais votre commentaire.
      J’ai remarqué plusieurs fois maintenant q ue chaque fois qu’une idee ’hors euro« etait proposée elle s’accompagnait automatiquement de »moins« .

      Je peux comprendre qu’on ait envie de garder l’euro, je J’’ai profondemen envie moi aussi, mais cela ne justifie pas de decoter les idees qui poermettent de demontrer les mecanismes »tabous de l’euro vu par ceux qui ne semblentas avoir compris ce que cela veut dire.

      Sortir de l’Euro voulant dire « reprendre son automie et sa souveraineté sur sa monnaie » et a ce titre cela veut dire prendre des decisions sur les taux de changes et les conditions de remboursement de certains credits ; c’est justement exercer cette souveraineté. Decider de modalite de remboursements a des taux differents dans un plan realiste est tout simplement legitime et normal, y compris les contraintes financieres qui siont inclues.


    • Yvance77 24 mai 2012 09:21

      Salut,

      J’adore la photo... champêtre, bucolique à souhait, on dirait un gourou (Obama) s’adressant à ses ouailles. Manque plus qu’un verre de Chianti à la main et le barbecue qui fume et on a la totale.

      Pendant ce temps là, le monde brûle... et eux font si de rien n’était. C’est comme ces malades en phase avancée et qui se soignent à l’aspirine et à la bonne vielle méthode Coué.

      Vous avez raison sur ce point crucial : « UNE SITUATION DE BLOCAGE TOTAL DUE AU REFUS DE WASHINGTON D’ADMETTRE LA DÉSAGRÉGATION INÉLUCTABLE DE SON EMPIRE »

      Comment pourrait-il en être autrement. Difficile de se dire que l’on a été la reine des bals pendant des décennies et à présent on doit remiser dans son armoire les plus jolies robes que l’on portait.

      Les USA ont toujours dit que leur mode de vie n’est pas négociable, et ils ont tiendront mordicus cette ligne, mieux vaut tous périr ensemble qu’eux seuls dans l’anonymat.

      Peuple égotique et égoiste au possible c’est pourtant ce que je souhait, qu’il libère le monde de leur funeste dictature.


      • appoline appoline 24 mai 2012 13:15

        More water Sir ? No, thank you Margret !


        Ceux qui déplacent leurs fonds, sont ceux qui savent où les placer mais les petits eux, enfin la classe moyenne, celle qui est la plus rentable, que va t elle faire ? Elle va paumer tout ce qu’elle a économisé. 

      • robin 24 mai 2012 09:54

        Il faut bien organiser le chaos pour mettre en valeur le retour prochain et l’action du (faux) christ de ces messieurs......lol !


        • _Ulysse_ _Ulysse_ 24 mai 2012 10:04

          Je crois que l’euro tiendra, coûte que coûte jusqu’aux élections américaines (on fera ce qu’il faut pour cela, quelques rallonges à l’état grec, de la recapitalisation bancaire etc ). L’explosion pourrait bien avoir lieu juste après les élections.

          Sinon, je me demandais quel est l’état réel du système bancaire ?
          J’ai l’impression qu’il nécessite une recapitalisation urgente notamment en Espagne. Je n’ai pas encore entendu parler d’un nouveau plan de sauvetage pour les banques, attendent-t-ils l’effondrement ?


          • Criseuro Criseuro 24 mai 2012 13:56

            Oui, le système bancaire européen aurait besoin d’une recapitalisation en urgence même si l’Espagne qui a nationalisé Bankia a tenu des discours contradictoires sur le sujet. En effet, le premier ministre Mariano Rajoy a décliné l’aide de l’UE pour recapitaliser ses banques. À l’idée du président de la République de mobiliser « les mécanismes de solidarité européenne » - autrement dit le Fonds de stabilité financière - pour injecter des capitaux, le chef de l’exécutif espagnol a opposé une fin de non-recevoir. « M. Hollande ne connaît pas la situation des banques espagnoles ! », a répondu Mariano Rajoy.

            Les VLTRO 1 & 2 de la BCE n’ont fait que nourrir le marché interbancaire et ont permis d’acheter un peu de temps mais ne résolvent en rien le problème de solvabilité des banques.

            Mais Euréka, François Hollande semble avoir trouvé la solution miracle ! 

            En effet, après le mini sommet d’hier, il s’est prononcé en faveur de l’utilisation du pare-feu de la zone euro, le Mécanisme européen de stabilité (alors que la majorité des députés socialistes s’étaient abstenus de voter pour à l’Assemblée nationale et qu’une vingtaine de députés avaient carrément voté contre !). Aujourd’hui F. Hollande ne fait plus la fine bouche et souhaite que le MES recapitalise les banques « en lien avec la BCE ».

            Le président français a également annoncé avoir « défendu », de concert avec le chef du gouvernement italien Mario Monti, une proposition en faveur d’une « intégration européenne des mécanismes de supervision financière et des garanties des dépôts bancaires ».

            « C’est un point sur lequel nous reviendrons car plus on coordonne, on centralise, meilleure est la réponse », a-t-il estimé, ajoutant avoir été sur la même longueur d’ondes avec Mario Monti « sur beaucoup de points ». (sic !)

            Mais quel curieux revirement et quelle communion (soudaine ?) avec le patron de la BCE alors qu’il n’avait de cesse de dire pendant sa campagne que la BCE devrait prêter directement aux Etats, ce qui aurait entraîné de facto un changement de son statut que l’Allemagne et la BCE ont toujours refusé. smiley


          • _Ulysse_ _Ulysse_ 24 mai 2012 15:09

            Hollande est un ultra européiste et dans ses discours il a souvent répété qu’il était favorable à plus d’intégration européenne. Le pb c’est quant il dit ça, les français ne comprennent pas de quoi il s’agit !

            Plus d’intégration c’est effectivement des budgets en communs ou à valider par la commission, des mécanismes comme le MES etc ...

            Il n’est pas contradictoire avec ses positions personnelles, par contre il a laissé entendre au peuple français qu’il s’opposerais à la finance et aux chèques en blanc que l’on fait régulièrement pour les banques. Là il est simplement malhonnête.


          • lebreton 24 mai 2012 18:33

            Ulysse ,joli non !


            On croit rever quand on entend et qu’on lit de pareilles sornettes ,les banques mais elles sont pleines aux as et les compagnies d’assurances qui font de la bansque itout ,ou c’est de la naiveté ou vous prenez tout le monde pour des brellles ,alors allez jouer au golf et ne venez plus nous casser les couilles avec vos arguments a deux balle !! je précise bansque pour banqster ,ok ???


          • _Ulysse_ _Ulysse_ 25 mai 2012 09:58


            @ lebreton

            C’est à Moi que vous vous adressez ? Je n’ai agressé personne, il serait aimable de votre part de respecter vos interlocuteurs.

            Ensuite, non les banques ne sont pas pleines aux as, ce n’est pas leur rôle. Au contraire elles sont toujours en manque de liquidités et doivent en permanence équilibrer leur bilan. Renseignez vous sur comment cela fonctionne. Elles ne sont pas pleines aux as car elles redistribuent l’argent qu’elles gagnent. Évidemment si elles le gardaient là elles seraient plus que pleines aux as. Mais ce n’est pas leur rôle, leur rôle c’est de payer leurs actionnaires un maximum (et le cortège de financiers/directeurs/pdg qui va avec). Donc non, les banques sont réellement en difficulté. Mais ces difficultés ont été crées par la combinaison de la crise économique avec le fait qu’elles continent à vouloir distribuer un maximum d’argent à leurs actionnaires. Après tout, elles ne prennent pas de risque puisque les états sont obligés de les recapitaliser en cas de problème pour éviter l’effondrement général. La vraie bonne solution étant celle de Lordon : attendre la faillite et les nationaliser pour 1 euro. Ensuite, on recapitalise pour les faire marcher et voilà.




          • Pepe de Bienvenida (alternatif) 26 mai 2012 06:13

            " La vraie bonne solution étant celle de Lordon : attendre la faillite et les nationaliser pour 1 euro. Ensuite, on recapitalise pour les faire marcher et voilà."
            C’est la même idée que défendait Stiglitz avec les banques américaines en 2008. Le premier acte de la multicrise aurait été moins violent s’il avait été écouté.


          • François Asselineau 24 mai 2012 18:33

            @Orange

            Je vous remercie pour l’intérêt que vous portez à mes analyses ainsi qu’à l’Union Populaire Républicaine.

            Je réponds point par point à vos questions :

            ====================================================

            1°) vous dites que l’euro est dans l’intérêt des USA, mais dans ce cas, pourquoi The Economist, la Pravda du capitalisme, a toujours cherché à discréditer l’euro ?

            a) Il n’y a pas que moi, seul, qui le dis !

            Ce sont les déclarations et les actes constants de tous les dirigeants américains qui le prouvent. Si vous lisez par exemple les dépêches dont j’ai donné le lien dans le présent article, vous verrez que le président Obama a remis tout son poids dans la balance pour que la Grèce reste dans l’euro. Il l’avait déjà fait au Sommet du G20 de Cannes, le 3 novembre 2011

            De même que son Secrétaire aux Finances Timothy Geithner l’avait fait lors qu’un sommet des ministres des finances en Pologne le 17 septembre 2011. Le Figaro avait d’ailleurs résumé la situation avec le titre « Les Américains font la leçon aux Européens, en vain » 

             

            b)- Du reste, je vous suggère de lire l’article du grand journaliste d’investigation britannique Ambrose Evans-Pritchard, paru dans le très sérieux Daily Telegraph du 19 septembre 2000, que nous avons mis en ligne sur notre site.

            Cet article fait suite à la déclassification des documents « Secret Défense » du Département d’État américain, à laquelle l’administration Clinton a procédé à l’été 2000, sous l’effet de la loi américaine, pour tous les documents datant de janvier 1950 à décembre 1969.

            Voici ce qu’a découvert l’un des journalistes britanniques les plus réputés, et dont les révélations n’ont été suivies d’aucun démenti ni poursuite en diffamation :

            Des documents déclassifiés du gouvernement américain montrent que la communauté du renseignement des États-Unis a mené une campagne dans les années 1950 et 1960 pour favoriser l’unification de l’Europe. Celle-ci finança et dirigea le Mouvement fédéraliste européen. […]

             Les dirigeants du Mouvement européen – Retinger, le visionnaire Robert Schuman et l’ancien premier ministre belge, Paul-Henri Spaak – étaient tous traités comme des employés par leurs parrains américains. Le rôle des États-Unis fut tenu secret. L’argent de l’ACUE provenait des fondations Ford et Rockefeller, ainsi que de milieux d’affaires ayant des liens étroits avec le gouvernement américain.

             Paul Hoffman, directeur de la Fondation Ford et ex-officier de l’OSS, fut également à la tête de l’ACUE à la fin des années 1950. Le Département d’État y jouait aussi un rôle. Une note émanant de la Direction Europe, datée du 11 juin 1965, conseille au vice-président de la Communauté Économique Européenne, Robert Marjolin, de poursuivre de façon subreptice l’objectif d’une union monétaire. Elle recommande d’empêcher tout débat jusqu’au moment où « l’adoption de telles propositions serait devenue pratiquement inévitable »

            Lorsque je dis que l’euro a été conçue par les Américains, il ne s’agit donc pas d’un goût pour la « conspiration » ou d’une hypothèse lancée en l’air. C’est parce que les documents « Secret Défense » les plus officiels de l’administration américaine l’attestent.

            c) En regard de ces faits, excusez-moi de vous dire que les prises de position du magazine « The Economist » ne pèsent d’aucun poids.

            D’une part, et contrairement à ce que vous affirme, ce magazine n’est pas « la Pravda du capitalisme mondial ». C’est un journal qui défend une vision « radicale » (en termes britanniques), c’est-à-dire ultra-libérale . Il a soutenu des conservateurs comme Margaret Thatcher ou Ronald Reagan comme des travaillistes (Tony Blair) ou des démocrates (John Kerry, Barack Obama et Bill Clinton). Partisan de l’intervention américaine au Viêt Nam mais très critique envers l’opération américaine en Irak, il a également soutenu et épousé certaines causes comme la décolonisation, le mariage homosexuel , la légalisation de la consommation de drogues, l’opposition à la peine de mort,. Il a clairement affiché son opposition au traité constitutionnel européen et de l’euro, mais cela au nom du libéralisme : il y voit le risque d’un monstre bureaucratique et ses analyses sont proches, en France, de celle de Charles Gave par exemple. Il n’y a pas de réflexion géopolitique dans cette approche.

            D’une part « The Economist » est un magazine britannique et non américain. Or plus de 75 % des Britanniques sont pour le moins « eurosceptiques » et le magazine doit bien s’adapter à son public. N’oublions pas que le Royaume Uni a refusé d’entrer dans l’euro et que sa population se félicite tous les jours de ce chois qui remonte à deux décennies.

            Si vous alliez lire ce qu’écrit le « Financial Times » ou le « Wall Street Journal », qui méritent davantage le qualificatif de « Pravda du capitalisme mondial », vous y trouverez des articles sur l’euro d’une tonalité très différente.

            ====================================================

            SUITE DANS LE MESSAGE SUIVANT


          • François Asselineau 24 mai 2012 18:34

            SUITE DU MESSAGE PRECEDENT
            -------------------------------------------------

            ====================================================

            2°) - vous vous dites gaulliste, pourquoi de Gaulle a pris Pompidou comme premier ministre, un parvenu de la banque Rothschild, qui en 1973 a fait voter une loi privatisant la monnaie, était-ce afin de se concilier les marchés financiers ?

            ------------------------------------------------------------------

            Non, je ne me dis pas du tout « gaulliste » et le mouvement que j’ai créé ne revendique nullement ce qualificatif. Je vous renvoie à l’explication circonstanciée qui figure sur notre site Internet : http://www.u-p-r.fr/vos-questions-nos-reponses/le_positionnement_politique_de_l_upr/l%E2%80%99upr-est-elle-un-mouvement-gaulliste-2

            Permettez-moi, au passage, de vous signaler que les adhérents de l’UPR viennent de tout l’échiquier politique français, qu’une petite majorité d’entre eux est probablement de sensibilité de gauche, et que le mouvement compte des citoyens résolument anti-gaullistes.

            S’il est exact que je parle souvent moi-même de Charles de Gaulle, c’est parce que j’estime que ce fut non seulement notre plus grand chef d’Etat du XXe siècle, mais aussi notre plus grand stratège, avant même Clemenceau. Ses analyses géopolitiques demeurent d’une prémonition et d’une lucidité époustouflantes quarante ans après sa mort.

            Pour autant, ce n’est pas parce que je cite et que je m’inspire de ses analyses que je tombe en adoration devant le personnage et je suis le premier à reconnaître volontiers que, comme tout homme, il a commis des erreurs, parfois monumentales. Ses erreurs les plus graves ont été, à mon sens :

            • - son indifférence coupable face aux drames atroces qui marquèrent la fin de la Guerre d’Algérie,
            • - sa mauvaise anticipation des évolutions sociétales des années 60 et notamment les revendications qui allaient naître de l’apparition d’une gigantesque classe moyenne,
            • - son incompréhension des nouvelles formes de guerre que les Américains commençaient à mettre en œuvre : guerre de l’information, manipulations médiatiques, « soft power », etc.
            • - ses tergiversations sur la construction européenne, dont il avait pourtant parfaitement décelé le caractère tragique pour notre pays (cf. mes conférences et sa conférence de presse du 13 mai 1962)
            • - enfin, son incapacité à assurer sa succession, en s’entourant de responsables qui eussent réellement partagé sa vision du monde.

             Votre question se rattache à ce dernier point et je regrette, comme vous, qu’il ait cédé la pace à Georges Pompidou, qui n’avait au fond rien de « gaulliste ».

            Pour que vous compreniez mieux comment ce dernier est parvenu à la présidence de la République, je crois qu’il faut vous ôter de l’esprit l’idée que Charles de Gaulle serait allé le chercher à la Banque Rotschild. Je vous suggère en revanche de lire l’ouvrage très bien renseigné « ‘Le duel De Gaulle-Pompidou » du journaliste Philippe Alexandre, paru en 1970.

            Vous y découvrirez que de Gaulle fit la connaissance de Pompidou en 1944 et que ce dernier resta ensuite fidèlement dans son ombre pendant toute la « traversée du désert ».

            Il ne faut jamais oublier que, lorsque de Gaulle appela Pompidou à Matignon en 1962, le fondateur de la France Libre avait 72 ans et qu’il en avait 79 lorsqu’il démissionna en 1969. De Gaulle était donc un homme âgé, peu au fit des questions économiques et financières, aui avait confiance en Pompidou et qui pensa pouvoir se reposer sur lui. C’est progressivement, tout au long des années 1962-1968, que de Gaulle commença à découvrir Pompidou sous une autre facette, et qu’il l’évinça rudement à l’issue des événements de mai 1968.

            Il est également certain que De Gaulle fit tout son possible pour barrer la route de l’Elysée à Pompidou, y compris en laissant se développer la ténébreuse « affaire Markovic » pour tenter de ruiner la réputation de celui qui avait été son dauphin et qu’il ne revit jamais plus après sa mort le 9 novembre 1970.

            Notez bien que la loi à laquelle vous faites allusion est postérieure de 2 ans et 2 mois au décès de Charles de Gaulle.

            ====================================================


          • François Asselineau 24 mai 2012 18:39

            SUITE ET FIN DES MESSAGES PRECEDENTS
            ====================================================

            3°) - reconnaissez-vous que la Ve République avec scrutin majoritaire à l’Assemblée nationale favorise la « dictature du bipartisme », que cette Assemblée nationale n’a rien d’une Assemblée nationale, ne représente qu’une minorité de la population, que c’est une priorité d’en sortir, d’avoir un scrutin à la proportionnelle intégrale ?

            Il est exact que le scrutin majoritaire à deux tours favorise le caractère bipartisan de la vie politique française. Cependant, il est non moins exact que les scrutins à la proportionnelle, comme la France les a connus sous la IVe République et comme l’Italie les connaît, aboutit à un émiettement de la représentation nationale. Il en résulte une très forte instabilité gouvernementale et le triomphe des « combinaziones », des combinaisons et des coups tordus des appareils politiques.

            En bref, la proportionnelle intégrale a des défauts tout à fait considérables.

            Contrairement à ce que vous semblez croire, il n’y a d’ailleurs pas de corrélation entre le type de scrutin et la résistance à l’empire euro-atlantiste.

            Il est exact que ce sont les députés gaullistes et communistes qui firent échouer la CED en 1954, mais il est non moins exact que c’est aussi sous la IVe République que fut signé et ratifié le traité de Rome. Tandis que c’est sous la Ve République que la Constitution européenne fut rejetée, par recours au référendum prévu par la Constitution française.

             Je ne partage donc pas l’idée selon laquelle la « priorité » serait de sortir su système majoritaire pour revenir à la proportionnelle. De toute façon, cela ne changerait d’ailleurs strictement rien au fait que la France a perdu l’essentiel de sa souveraineté.

            Pour moi et pour tous ceux qui nous ont rejoints à l’UPR, la priorité des priorités c’est de se rassembler au-delà de tout clivage droite-centre-gauche pour faire sortir la France de l’UE, de l’euro et de l’OTAN afin de rendre aux Français leur démocratie. Il sera temps, ensuite, d’envisager des systèmes électoraux mixtes (avec une « dose de proportionnelle » par exemple), quoi permettrait à la fois de donner la parole à toutes les sensibilités, tout en préservant l’efficacité d’un gouvernement – droite ou de gauche -pouvant s’appuyer sur une majorité solide et stable. 

            En guise de conclusion, permettez-moi de souligner qu’ il y a bien d’autres façon d’assurer une démocratisation de la société française que par la seule modification du type de scrutin. Je sous renvoie aux nombreuses propositions que j’ai faites dans mon programme présidentiel.


            Cordialement à vous,

             François ASSELINEAU

             


          • Joe Liqueur 27 mai 2012 16:45

            @François Asselineau

            Merci pour vos réponses toujours très riches et instructives, et merci pour votre action politique exceptionnelle - je crois que le mot n’est pas trop fort.

            Permettez-moi deux petites remarques :

            -Un petit détail, il me semble que la conférence de presse de De Gaulle que vous évoquez s’est tenue le 15 mai 1962 et non le 13 mai (le 13 mai, c’est 1958…) ;

            -La légalisation de la consommation de drogues ne relève en aucun cas de l’« ultra-libéralisme » (ou de penchants « libéraux-libertaires » pour reprendre une expression à la mode…) et n’a strictement aucun rapport avec l’ultra-libéralisme économique ; c’est la simple défense des grands principes constitutifs des droits de l’homme, et en l’espèce des principes fondant les libertés individuelles, tels qu’ils ont été défendus et mis en œuvre en Angleterre puis en France, avec en particulier l’article 4 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 :

            "La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi.« 

            Puis d’ailleurs avec l’article 6 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1793, qui est assez proche du précédent :

             »La liberté est le pouvoir qui appartient à l’homme de faire tout ce qui ne nuit pas aux droits d’autrui ; elle a pour principe la nature ; pour règle la justice ; pour sauvegarde la loi ; sa limite morale est dans cette maxime : Ne fais pas à un autre ce que tu ne veux pas qu’il te soit fait.« 

            Je sais bien qu’il s’agit là (hélas) d’un sujet clivant au sein du corps électoral français, mais je voulais juste attirer votre attention sur le fait que c’est un sujet tout à fait sérieux, au-delà du folklore assez navrant et vain entretenu par les militants du cannabis - cette soi-disant »drogue douce« qui serait juste cool et amusante… (je caricature, évidemment). En ce qui me concerne, je n’aurai jamais la légèreté d’affirmer que la drogue en question n’est »pas bien dangereuse« ou »moins dangereuse que l’alcool" (ce qui n’a strictement aucun sens, aucune pertinence, ni aucun rapport avec la question de fond) ; je dis simplement que les libertés individuelles, proclamées dans l’article 4 de la DDHC de 1789, doivent être garanties en toutes circonstances, et qu’il s’agit là d’une question politique lourde - plus lourde que les militants inconséquents de la cause ne le suggèrent bêtement par leur attitude légère, et sans doute à l’insu de leur plein gré.

            En ce qui me concerne, je suis adhérent de l’UPR depuis 2010, et je compte bien l’être encore en 2013. Bonne continuation !


          • Fergus Fergus 24 mai 2012 10:31

            Bonjour à tous.

            Je ne crois pas à la fin de l’euro. Dès lors que l’Allemagne et les Pays-Bas auront cédé sur les eurobonds, la situation se stablisera et l’on assistera à un retour à la normale, moyennant la mise en place de garde-fous destinés à éviter le retour de dérapages en matière d’endettement non directement affecté au retour de la croissance.

            Pourquoi cet optimisme ? Pour une raison simple : l’Allemagne est si fortement dépendante de ses échanges avec ses voisins qu’elle acceptera tôt ou tard d’emprunter, via les eurobonds, à des taux plus élevés pour éviter de sombrer avec les autres. Certes, cela lui coûterait plus cher lors des lancements d’emprunt, mais Merkel finira par comprendre que mieux vaut cela qu’alimenter sans cesse un tonneau des danaïdes !


            • Augustule Augustule 24 mai 2012 11:06

              Merci pour ces informations très précieuses.

              Ça fait plus de 15 ans que les allemands sont hostiles à une mutualisation des dettes, je ne vois pas pourquoi cela changerait maintenant.

              Le fait que l’Allemagne laisse un peu filer l’inflation avec une augmentation des salaires pourrait très bien être une stratégie pour se couvrir d’une trop forte appreciation du deutsche mark au cas ou elle décide de sortir de l’euro.


            • Emmanuel Aguéra LeManu 24 mai 2012 12:51

              Asselineau fait son commerce du prosélytisme de la parano populiste. Il y a de tout entre les lignes, du souverainisme, du nationalisme, de la xénophobie, tout le bon des drapeaux, en définitive. Et quelle solution à part lui, je vous le demande ? Il me fait penser aux avocats qui jurent qu’ils font tout pour écourter une affaire... Et d’ailleurs c’est quoi, « lui » ? Il produit quoi, Assselineau, à part de la banalisation au service d’une frustration qui fait le lit des extrèmes ? Mais on s’excuse, le petit commerce, c’est la France profonde, n’est-ce pas ? On n’est pas loin du racolage actif. J’ignore pour le compte de qui. Le type doit avoir de sacrés intérêts à défendre pour justifier de tels appels au no-future. Asselineau est le Johnny Rotten de la real-politik... « L’avenir sera noir et je le sais ».
              Bravo, et merci cher entrepreneur, de votre contribution au chantier. Celui du retour aux monnaies du siècle dernier, j’imagine. Après on s’attaquera à modifier Yalta, d’accord ? Et après, madame Soleil ?


            • ChatquiChouine ChatquiChouine 24 mai 2012 13:40

              Lemanu

              Wahou ! quel argumentaire ! A défaut de pouvoir le citer, vous axez votre attaque sur ce qu’il faut « lire entre les lignes »...fallait l’oser celle là.

              Vous procédez toujours de cette façon ? je dis ça, je dis rien, mais, à voir votre avatar, je me demandais juste si vous ne jouez pas entre les cordes.


            • Rounga Roungalashinga 24 mai 2012 13:53

              Asselineau est le Johnny Rotten de la real-politik... « L’avenir sera noir et je le sais ».

              Sans doute portez-vous le même jugement sur Pierre Larrouturou, auteur du livre C’est plus grave que ce qu’on vous dit...mais on peut s’en sortir !

              Bravo, et merci cher entrepreneur, de votre contribution au chantier. Celui du retour aux monnaies du siècle dernier, j’imagine.

              J’imagine que pour vous le qualificatif « du siècle dernier » suffit à jeter le discrédit sur n’importe quoi.

              Quant à la xénophobie de Asselineau, c’est n’importe quoi. Certes on peut lui reprocher son côté bourgeois et le caractère grotesque de son personnage, mais sa xénophobie, non !


            • Kevorkian 24 mai 2012 21:42

              « ...je me demandais juste si vous ne jouez pas entre les cordes. »

              Hahaha merci pour ce bon mot, je suis plié smiley Effectivement j’ai essayé et on a l’air con.


            • Fred59 25 mai 2012 00:52

              Une fois qu’on aura réuni 27 surendettés et qu’on leur aura fait une belle photo de famille, on endettera la photo de famille. Alors, oui, on achètera du temps, peut-être même un ou deux ans. Après, le sur-sur-surendettement reviendra comme un boomerang.

              Les garde-fous ? Sur les dettes déjà contractées, on ne maîtrise déjà pas les surcoûts : si les taux grimpent, les intérêts des anciennes dettes grimpent. C’est le marché qui décide, pas le parlement. Faites une cure d’austérité, vous aurez moins de recettes, le marché vous sentira faible et exigera une plus forte rémunération.

              La voie Merkel-Cameron « Misère pour tous » comme l’Eurobond Hollande-Monti « encore un peu de temps monsieur le bourreau » ne résolvent rien. La solution s’appelle indépendance. Quand vous avez des dettes, vous êtes soumis.

              Comme disait Keynes, « une dette insoutenable ne doit pas être soutenue »


            • Emmanuel Aguéra LeManu 26 mai 2012 01:03

              là je dois dire... -23 à cette heure, pas de doute, je suis en pays conquis. Mais qui est cet Asselineau à la fin ? Que vend-il ? que veut-il ? putain y’a certainement une raison à ce cynisme d’une part, et au sectarisme qui naturellement en découle d’autre part... Où on va comme ça ? qqun parmi les 23 précités peut-il me renseigner ? Ou la statue est-elle inviolable à ce point ?


              • Mycroft 24 mai 2012 11:11

                La puissance de l’Allemagne étant fortement dépendante de l’Europe, et sa capacité énergétique étant, depuis son départ du petit monde du nucléaire, soumise au importation, son départ de l’Europe me parait incertains.

                De plus, en effet, une sortie de l’Europe de l’Allemagne ne verrai pas les dettes allemandes converties en Deutchmark, elle resteraient exprimée en euros, à moins que ce dernier disparaisse complètement et instantanément, ce qui n’est pas gagné.

                Les USA ne sont pas plus derrière l’euro que le pape. Qu’on il à y gagner ? La construction européenne crée justement dans le camps occidentale une alternative à leur hégémonie. Le fait est que les USA, conscient de leur perte de puissance, savent pertinemment que l’Europe est leur seul allié, et que voir cette dernière sortir des sentier battus (en suivant Spiza ou le fdg, par exemple, pas particulièrement Atlantiste) peut lui nuire, et réduire sa liste d’allié à Israël (et ce dernier sait être un allié encombrant). Quand on sait que les USA n’ont plus les moyen de financer leur guerre, mais que les faucons en veulent des nouvelles, on comprend que ce pays se cherche des alliés solide et fasse son possible pour conserver ceux qu’il lui reste. Nul besoin de voir sa main dans la construction européenne pour justifier son intervention dans les négociations.

                La solution du problème européen, c’est, non une Europe fédérale, mais une Europe étatique. Les petit pays locaux c’est comme les petites exploitation paysanne. C’est folklorique, mais ça ne sert à rien. Ne perdons plus notre temps avec des vieilles frontières, on devrait, depuis longtemps, déjà être à l’état unique occidental, vu les très faibles disparités culturelles qui existe entre nous.


                • Augustule Augustule 24 mai 2012 11:13

                  La photo avec Obama et ses sbires qui l’entoure est vraiment très explicite.
                  D’un côté les patrons, Obama et Barroso, et de l’autre le petit personnel qui prend des notes.


                  • cyrilcab cyrilcab 24 mai 2012 14:25

                    D’ailleurs, cette photo est particulièrement explicite. Que viennent faire le Président de la Commission Européenne, et le Président de l’UE dans une réunion du G8 ? 



                  • bigglop bigglop 24 mai 2012 19:28

                    A @Cyrilcab,

                    Pourquoi Barroso et Van Rompuy y sont présents ?
                    Simplement parce que l’Union Européenne est considérée, politiquement, comme un état à part entière.


                  • Le taulier Le taulier 24 mai 2012 11:22

                    Bonjour,

                    Jean Asselineau est un mec assez bien informé et qui connait sont sujet. Mais il y a une chose que je n’aime pas chez lui, et ce papier confirme mon impression, c’est qu’il se réjouit du malheur qui pourrait nous tomber sur la gueule en cas de désintégration de l’euro.

                    Concernant le Luxemourg, il n’y a rien d’étonnant à ce que ce petit pays « a désormais une créance sur la BCE, gagée sur des euros venus des pays du sud, égale à environ 2 fois et demi son PIB annuel ! » puisque c’est un place financière majeure. C’est un peu comme si on s’étonnait que la région du Beaujolais propose plus de bouteille de vin que ses hanitants ne pourraient en boire.


                    • Augustule Augustule 24 mai 2012 12:55

                      Je ne suis pas d’accord avec vous, François, et non Jean, Asselineau est si j’en juge à ces conférences et à mon impression, quelqu’un de très attaché à la France et à son histoire et à ce titre il ne peut pas se réjouir de voir sombrer notre pays de cette façon.

                      En revanche, il doit se réjouir, comme nous tous d’ailleurs, de voir ce système perfide imploser.


                    • easy easy 24 mai 2012 13:12

                      @ Augustule

                      Asselineau, se réjouir de voir la France s’effondrer, non.
                      Mais jouer des coudes sur la tour des cassandres pour gagner une place de prophète de malheur, oui.


                    • David Chesnel David Chesnel 24 mai 2012 13:24

                      @ l’oncle Sam

                      Bonjour,

                      Je vous propose de relire tous les articles de François Asselineau (et si vous n’êtes pas convaincu de M. Stiglitz,, M. Roubini, M. Fekete, M. Krugman...) afin de pleinement comprendre que le malheur est exclusivement dans le maintien de l’Euro. Donc oui, il a, tout comme n’importe quel économiste digne de ce nom, quelques bonnes raisons de craindre l’incapacité des eurocrates à se remettre en cause. Sérieusement, à part vous, qui se réjouit des 800 emplois industriels perdues par jours ouvrables, de la fermeture d’une entreprise par jour et du suicide d’un agriculteur par jour ?

                      Qui, à part des journalistes, pour employer cette euphémisme de « place financière majeure » pour ce paradis fiscale qu’est le Luxembourg ? C’est un peu comme se réjouir que l’équivalent de la moitié du PIB mondiale se retrouvant caché dans des paradis fiscaux.


                    • easy easy 24 mai 2012 13:40

                      @ David

                      Et alors ?

                      Ne peut-on pas développer une thèse démontrant que l’Euro était une mauvaise idée ou qu’il faut en sortir sans en venir à crier, même sous un déguisement de question, « C’est la panique. Tout le monde croit au naufrage de l’euro ! » ?
                      Moi ej crois que l’on peut éviter le genre orfraie et qu’on a le devoir de l’éviter quand on se prétend responsable politique.

                      Je crois qu’on peut dire « Des déplacements et placements financiers actuels démontrent que des gens, voire une majorité de gens, croient à la fin de l’Euro et qu’ils s’organisent en conséquence (sans paniquer) » 


                    • Emmanuel Aguéra LeManu 26 mai 2012 01:06

                      ah ? « ils s’organisent en conséquence ». ok.
                      Exemple ?


                    • easy easy 24 mai 2012 13:07

                      Des grands mots, toujours des grands mots (comme tant d’autres) !

                      Quand il y a le feu, est-il normal de se diriger vers la sortie ?
                      Est-ce ça la panique ?

                      Car si c’est ça, alors le seul fait de remplir son réservoir d’essence le dimanche soir pour ne pas avoir à le faire en semaine, c’est de la panique. Et souscrire à n’importe quelle sorte d’assurance aussi. Et chercher un emploi également. Et s’efforcer d’obtenir un diplôme aussi.



                      Rendons aux mots leur sens et ne les usons pas en abusant d’eux.
                      La panique c’est plutôt lorsque, ressentant qu’on n’a ni solution ni temps face à un danger, on hurle de dépit, on accuse père et mère, on arrache ses ongles sur les murs (cas relevés dans les chambres à gaz), on se jette du 70 ème étage, on se bouscule au portillon au point d’écraser des gens et de devenir alors meurtrier. 

                      Quand on panique on fait des choses qui apparaissent insensées aux yeux de ceux qui ne paniquent pas.

                      Vous trouvez que le fait, pour des banques, de placer 7 milliards sur des emprunts allemands à zéro pourcent de rendement sur deux ans parce qu’ils anticipent, selon vous, sur un gain possible si le mark remplace l’euro, c’est absurde, inintelligent, incohérent ?



                      Vous jouez l’orfraie, comme tant d’autres.
                      Tout ce que vous exposez comme mouvements et flux financiers sont des mouvements qui traduisent des stratégies réfléchies : « Le contexte change, changeons de stratégie »

                      Bien entendu, ces stratégies faites dans le calme peuvent s’avérer mauvaises. Mais en attendant, elles ne semblent folles ou suicidaires aux yeux de personne.

                      Je suis déçu que les personnalités politiques, les unes après les autres, ne manient que le cri d’orfraie, ne cherchent qu’à provoquer des paniques pour récupérer quelque épave.



                      • ChatquiChouine ChatquiChouine 24 mai 2012 14:11

                        Par easy,

                        Plutôt que de vous focaliser sur le mot « panique », vous feriez mieux de relire le titre de l’article à savoir :

                         « Va t’on vers un début de panique sur l’euro ? »

                        Outre qu’il soit sur un mode interrogatif, il évoque un éventuel « début de panique », ce qui n’a tout de même pas la même portée qu’un titre du genre « c’est la panique dans la maison Euro » par exemple.

                         Il serait plus constructif, je pense, de discuter des arguments évoqués dans l’article plutôt que de s’en prendre au sismographe qui prévient du tremblement de terre.


                      • sperate 24 mai 2012 14:37

                        C’est marrant, mais j’ai plutôt l’impression que c’est vous, easy, qui poussez des cris d’orfraie pour rien car il suffit d’allumer la télé sur Bloomberg ou BFM Business 15 minutes pour entendre 15 fois « panique sur les marchés ».

                        L’article se voulant plutôt technique, on est dans les tons ...

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