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Accueil du site > Actualités > Europe > Varoufakis | Le FMI avoue avoir immolé la Grèce pour le compte de (...)

Varoufakis | Le FMI avoue avoir immolé la Grèce pour le compte de l‘Eurogroupe

Cette semaine [5-9/08/2016. NDR] a débuté avec un débat au parlement grec, lancé par l’Opposition Officielle (le principal – mais pas le seul – supporter de la troïka à l‘intérieur de la Grèce), avec pour objectif final de me faire inculper pour avoir osé contrer la troïka lorsque je fus ministre des finances durant les six premiers mois de 2015.

par Yanis Varoufakis

La troïka, qui avait organisé une panique bancaire avant même que je prenne pied dans mon ministère, qui m‘avait menacé de fermeture des banques trois jours après que j‘aie assumé ma charge ministérielle, et qui avait mis en œuvre la fermeture de nos banques, avait à présent décidé de m’accuser d’avoir…fermé les banques et imposé le contrôle des capitaux. Comme tout bon harceleur, la troïka s’est montrée plus que prompte à blâmer ses victimes, et à bafouer et vilipender tout qui oserait résister à ses violences.

Ma réaction aux accusations de la troïka et à la menace d’être entraîné dans une enquête judiciaire fut simple : « Allez-y ! » « Je vous affronterai, » les ai-je défiés, « dans l’arène que vous choisirez : dans un amphithéâtre, sur un plateau de télévision, même devant une cour de justice ! » Au final, ils se sont dégonflés, et la motion parlementaire a été rejetée lorsque quelques-uns d’entre eux (un petit parti qui est habituellement totalement inféodé à la troïka) ont fait le choix stratégique de voter contre elle.

Ensuite, pour parfaire la raclée essuyée par la troïka cette semaine, le rapport du Bureau d’Évaluation Indépendante du FMI (IEO en anglais) a été publié. C’est une évaluation brutale qui ne laisse aucune place au doute quant à la théorie économique triviale et à la diplomatie à la canonnière utilisée par la troïka. Ce rapport met en difficulté le FMI, la BCE et la Commission : soit ils restaurent un minimum de leur légitimité en admettant leurs erreurs et en se séparant de ceux qui portent le plus de responsabilité dans cette affaire, ou ils ne font rien, par la même décuplant le mécontentement des citoyens européens envers l’UE, accélérant ainsi la déconstruction de cette dernière.

Lorsque j’étais ministre, occupé à négocier avec ce genre d’individus, la presse pro-troïka (ou plutôt, la presse dépendant de la troïka) affirmait que j’étais indigne de conduire ces négociations parce que j’avais osé insinuer que, de 2010 à 2014, le FMI, la BCE et la Commission avaient soumis la Grèce à des simulations de noyade fiscale, provoquant une Grande Dépression inutile en raison de leur imposition violente de politiques macroéconomiques incompétentes. Les médias de l’establishment affirmaient que le ministre des finances d’une petite nation en faillite, soumise à des simulations de noyade fiscale par les fonctionnaires de la toute-puissante troïka, ne pouvait pas se permettre de dire, que ce soit en public ou même en privé, que l’on était en train de soumettre cette petite nation en faillite à des simulations de noyade fiscale.

Ma réponse fut que nous avions tenté le silence et l’obéissance de 2010 à 2014. Le résultat ? Une perte de 28 % du revenu national, et les raisins de la colère qui « …s’étoffaient et se faisaient de plus en plus lourd pour la récolte. » Il était donc temps de donner à la troïka des contre-propositions modérées, rationnelles, tout en refusant de continuer à hocher la tête devant leur tactique visant à « faire comme si. » Jamais on ne m’a pardonné d’avoir adopté cette position.

Un an après que la troïka ait réussi à me faire éjecter du gouvernement grec, en convaincant Alexis Tsipras à capituler devant eux contre les souhaits de 62 % des électeurs grecs, le « bureau des affaires internes » du FMI confirme maintenant que ma position était totalement justifiée, et non erronée ou peu diplomate. Dans son article du 29 juillet au sein du Daily Telegraph, Ambrose Evans-Pritcher a dit ceci à propos du rapport du Bureau d’Évaluation Indépendante du FMI :

Un sous-rapport sur la saga grecque révèle que le pays a été forcé de se soumettre à un resserrement écrasant, équivalent à 11 % du PIB sur les trois premières années. Ceci a déclenché une spirale négative auto-alimentée. Plus la situation se dégradait, plus la Grèce était forcée de sabrer – ce que l’ex-ministre des finances Yanis Varoufakis a appelé « simulation de noyade fiscale. » (Voir plus bas pour des citations pertinentes du texte d’Evans-Pritchard).

À présent, la question est : que va-t-il se passer ensuite ?

  • Quel intérêt y a-t-il à recevoir un mea culpa, si les politiques imposées au gouvernement grec sont les mêmes que celles pour lesquelles un mea culpa a été publié ?

  • Quel intérêt y a-t-il à avoir un mea culpa, si les officiels qui ont imposé des politiques aussi désastreuses et inhumaines restent en place et sont, en fait, promus en récompense de leur incompétence crasse ?

Pour résumer, il est urgent que des excuses soient adressées au peuple grec, pas seulement de la part du FMI, mais aussi de la part de la BCE et de la Commission, dont les officiels ont encouragé le FMI à procéder à la simulation de noyade fiscale de la Grèce. Mais des excuses et un mea culpa collectif de la part de la troïka seraient terriblement insuffisants. Cela doit être suivi du licenciement immédiat d’au moins trois fonctionnaires.

Le premier sur la liste est M. Poul Thomsen – le chef de la première mission du FMI en Grèce, dont l’échec retentissant (selon les propres rapport du FMI, jamais auparavant un chef de mission n’avait présidé à pire désastre macro-économique) a résulté en une promotion au poste de Responsable pour l’Europe au sein du FMI. Le second, fort proche du premier sur cette liste, est M. Thomas Wieser, le président de l’EuroWorkingGroup, qui a trempé dans toutes les politiques et tous les coups qui ont conduit à l’immolation de la Grèce et l’ignominie de l’Europe, qui sera, il faut l’espérer, rejoint dans sa retraite par M. Declan Costello, dont les empreintes se retrouvent partout au sein des instruments utilisés pour la simulation de noyade fiscale. Et, enfin, un gentleman que mes amis irlandais ne connaissent que trop bien : M. Klaus Masuch de la BCE.

Enfin, et c’est le plus important, ces excuses et ces licenciements ne serviront à rien s’ils ne sont pas suivi d’un revirement complet sur les politiques macro-économiques, fiscales et de réformes appliquées en Grèce et au-delà.

Est-ce que l’un au moins de ces éléments se produira ? Ou le rapport du Bureau d’Évaluation Indépendante du FMI ne fera-t-il qu’illuminer le ciel un instant, avant d’être vite oublié ? Les signes penchent pour la seconde voie. Dans ce cas, les chances de l’UE de regagner la confiance de ses citoyens, chances qui sont déjà trop minces, s’échapperont des mains de nos dirigeants comme du fin sable blanc.

Citations supplémentaires du texte d’Evans-Pritchard

« Le rapport du Bureau d’Évaluation Indépendante du FMI (IEO en anglais) passe au-dessus de la tête de sa directrice, Christine Lagarde. Il ne répond qu’au conseil d’administration, et les administrateurs d’Asie et d’Amérique Latine sont clairement révoltés devant la manière avec laquelle des initiés de l’UE ont utilisé le Fonds pour sauver leur propre, riche union monétaire et leur système bancaire. »

« Si les actions du Fonds étaient compréhensibles au centre de la crise, la dure vérité est que le programme de sauvetage a sacrifié la Grèce au cours d’une « mise en attente » destinée à sauver l’euro et les banques de l’Europe du nord. La Grèce a enduré le traditionnel choc d’austérité amené par le FMI, sans les remèdes de compensation du FMI que sont la réduction de la dette et la dévaluation monétaire pour rétablir la viabilité du pays. »

« Les plus hauts fonctionnaires du FMI ont trompé leur propre conseil d’administration, commis une série d’erreurs de jugement calamiteuses en Grèce, sont devenus des défenseurs enthousiastes du projet de l’euro, ont ignoré les signaux avertissant du déclenchement imminent d’une crise et, collectivement, ils ont échoué à maîtriser un concept élémentaire de la théorie monétaire. »

« De nombreux documents ont été préparés en dehors des canaux officiels connus ; la documentation écrite sur certains sujets sensibles n’a pas pu être localisée. »

« Le rapport de l’IEO décrit une ‘culture de la complaisance’, encline a produire des analyses ‘superficielles et mécaniques’, et retrace un effondrement de gouvernance choquant au sein du FMI, dressant un tableau trouble dans lequel on ne sait pas qui, en dernier recours, dirige cette organisation extrêmement puissante. »

 

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141 réactions à cet article    


  • Olivier Perriet Olivier Perriet 8 septembre 09:44

    Dire que la gauche française (Hollande, Mélenchon et consorts) a espéré que les dirigeants « d’un petit pays soumis à des simulations de noyade fiscale depuis 5 ans » puisse, à lui seul, renverser la politique monétaire et financière suivie par l’UE.

    Quelle bonne blague !

    Quelle tartufferie !


    • wesson wesson 8 septembre 13:00

      @Olivier Perriet
      Mon cher ami, si vous n’avez pas l’espoir minimal sur l’honnêteté d’un dirigeant, alors il ne vous reste plus qu’à prendre votre pétoire et à faire les choses par vous même. 


      Tsipras as à mon avis fait une énorme erreur politique, mais c’était au tout début de la négociation, qu’il aurait dû stopper au bout de 3 semaines. Au lieu de cela il a effectivement laissé traîner cela pendant 6 mois (tout en acceptant des conditions assez malheureuses dès le départ comme celle de ne rien décider unilatéralement) et s’est laissé effectivement étrangler par la BCE. 

      Et c’est exact que lorsqu’il a été acculé à la reddition, ne pas le faire n’aurait pas été du tout une partie de plaisir, même avec le soutient de sa population. Je vous assure que il aurait manqué de tout jusque dans les supermarchés - voire même peut-être de système de paiement. C’est le genre de chose qui ne peut durer plus d’une dizaine de jours avant l’anarchie, même sur une population préparée. 

      En attendant, la personne de gauche que je suis ira toujours voter pour ceux qui présentent un programme conforme aux grandes lignes de ce qu’est la gauche, quitte à se faire trahir par la suite. 

      Et à titre personnel, je puis dire que l’on soit de gauche ou de droite, si l’on attends que se soit quelqu’un d’autre qui règle vos problèmes et fasse changer les choses, c’est le meilleur moyen pour que au final il ne se passe jamais rien et rien ne change réellement. 

    • Olivier Perriet Olivier Perriet 8 septembre 13:26

      @wesson

      je ne blâme veut pas blâmer les grecs ni leurs dirigeants, puisque je n’y peux rien.

      Je blâme ceux qui ont travesti les faits en donnant de bons conseils...aux Grecs, alors que la seule question qui se pose c’est qu’est-ce que la France aurait dû faire et devrait faire ?
      et qui au final, ont fait ce que vous dites : "attendre que ce soit quelqu’un d’autre qui règle vos problèmes et fasse changer les choses"


    • François Vesin François Vesin 8 septembre 15:35

      @wesson
      Tsipras avait le soutien et la confiance du peuple Grec

      pour affronter l’Eurogroupe : il les a trahis !
      C’est faire affront à ce peuple que de laisser croire qu’il
      aurait sombré dans le désordre.
      En revanche, c’est faire beaucoup de crédit à cette euro-classe
      politique gangrenée de penser qu’à la fin elle n’aurait pas cédé !
      Il suffisait de menacer de claquer la porte à l’OTAN et immédiatement
      l’Europe aurait obéi comme toujours aux injonctions étasuniennes.

      PS : quand j’entends une personne de gauche me dire 
      qu’elle ira voter, je désespère de l’humanité !!!


    • Alren Alren 8 septembre 17:45

      @Olivier Perriet

      Vous ne manquez pas d’air de mettre dans le même sac Hollande président de la république française, deuxième et bientôt première puissance de l’Ue et Mélenchon dans l’opposition !
      Mais bien entendu vous êtes de mauvaise foi et votre propos de ce fait est insignifiant.
      Il aurait suffi d’un mot ferme de Hollande pour entraver le mauvais coup préparé pour la Grèce. mais bien entendu il l’approuvait.

      Tsipras dont la souveraineté aérienne est régulièrement violée par le survol d’avions militaires turcs, donc de l’OTAN, a eu peur pour son peuple des mesures de rétorsion s’il refusait de se soumettre à l’horreur capitaliste. Il lui a suffi de voir le traitement de Cuba, du Venezuela et maintenant du Brésil pour imaginer ce que son petit pays allait endurer s’il redressait la tête.


    • Alren Alren 8 septembre 17:50

      @François Vesin

      Il suffisait de menacer de claquer la porte à l’OTAN et immédiatement
      l’Europe aurait obéi comme toujours aux injonctions étasuniennes.

      Vous rigolez ?
      Les USA se moquent comme d’une guigne de la présence de la Grèce dans l’OTAN ! Elle préfère son ennemie de toujours, la Turquie, qui contrôle les détroits où doivent passer les navires russes de la Mer Noire pour se rendre en Méditerranée et en Atlantique.
      Au contraire, qu’on étrille financièrement un peuple pour le soumettre à la finance, ça leur convient parfaitement aux dirigeants US et à Wall Street.



    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 8 septembre 20:38

      @wesson
      Il y a en Grèce un Mouvement qui s’appelle l’ EPAM, qui propose depuis des années, la sortie de l’ UE et de l’ euro, ainsi d’ailleurs que le Parti Communiste grec.


      Mais les médias ont censuré ces Partis au profit de Syriza qui ne proposait rien de tel. Quand on veut rester dans l’ UE, il ne suffit pas de faire de jolis programmes de Gauche, il faut savoir qu’il ne sera jamais possible de les mettre en œuvre...

      Quant à ce pauvre Varoufakis, il suffit de lire ses déclarations sur l’avenir de l’ UE, pour mesurer combien il y a de confusion dans son esprit.... « Varoufakis : que voulons nous faire de l’ Europe ? »
      La meilleure chose à faire, c’est d’en sortir définitivement.

    • jaja jaja 8 septembre 20:46

      @Fifi Brind_acier

      Manque Antarsya, extrême gauche, dans votre recension des partis grecs pour la sortie de l’UE, de l’Euro et de l’Otan....


    • wesson wesson 8 septembre 21:54

      @François Vesin
      Tsipras a trahi ? Oui, assurément. 

      Le peuple Grec qui est un grand peuple n’aurait pas sombré dans le désordre ? C’est pas certain du tout. 

      Les peuples, grands ou petits, ont une certaine tendance à très mal réagir lorsqu’ils sont en présence de magasins pleins à craquer de bouffe et de marchandise, et l’impossibilité de les acheter car leur carte bleue ou tout autre moyen de paiement ne fonctionnent plus .

      Parce que c’était cela que la BCE avait préparé : rendre le cours des Euros grec tout simplement illégal en Europe, et faire passer toute l’économie en mode « troc » jusqu’à ce qu’une autre monnaie prenne effectivement le relais. 

      Même pour les billets ça ne s’imprime pas n’importe comment, et je ne suis pas certain qu’il se soit trouvé une seule imprimerie en Europe qui aurait accepté de le faire. Sauf erreur de ma part il n’y en as pas en Grèce. 

      On sous-estime énormément ces aspects pratiques, et qui sont pourtant primordiaux. 

    • Poupou333 (---.---.170.178) 8 septembre 21:57

      @wesson

      Oui mais les grecs, ont le régime crétois ils nous enterreront....


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 9 septembre 00:22

      @wesson


      Qui contrôle la Banque, la Presse et l’Armée peut se faire élire tout a fait démocratiquement à sa 
      guise. C’est cette démocratie manipulée qui est l’arnaque, et dont seule peut nous débarrasser une révolution des individus«  : l »action spontanée non-cootdonnée d’une multitude d’individus pour qui la destruction du système actuel apparait prioritaire et donc plus importante que la promotion de leurs idées favorites et de leurs intérêts personnels. C"est une attitude irrationellle, et c’est pour cette raison que l’on craint tellement le fanatisme.



      PJCA



    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 9 septembre 08:46

      @Alren
      La Grèce est une pièce maîtresse de l’ OTAN, c’est le porte- avion des armées de l’ OTAN en Méditerranée pour intervenir dans le Moyen Orient. ! C’est de la Grèce que sont partis les avions pour bombarder la Libye.


    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 9 septembre 08:54

      @Alren
      Cessez de nous enfumer... Podémos, Syriza, le PCF, Die Lincke, Mélenchon etc, sont tous rassemblés dans le même Parti réformiste européen dirigé par Pierre Laurent

      "Dès sa fondation, en 2004, plusieurs partis communistes influents ont refusé d’y adhérer  : les PC portugais (PCP), grec (KKE), tchèque (KSCM), chypriote (AKEL), italien (PdCI). D’autres ne l’ont pas rejoint : allemand, luxembourgeois, hongrois, slovaque, ou le Parti du travail de Belgique.

       

      Même des des partis de la « gauche radicale  » nordique refusent d’adhérer au PGE, pour garder leur indépendance de pensée critique vis-à-vis de l’UE : l’Alliance de gauche finlandaise, le Parti de gauche suédois, le Parti socialiste néerlandais, le Mouvement populaire contre l’UE danois.

       

      Le PGE représente ainsi seulement des formations anti-communistes comme SYRIZA en Grèce et le Bloc de gauche au Portugal et des formations en rupture avec l’héritage communiste  : PCF-PG-Front de gauche en France, PCE-Izquierda Unida en Espagne, Refondation en Italie – tous de la sinistre tradition euro-communiste – Die Linke en Allemagne.

       

      Rappelons que le PGE n’est pas synonyme du groupe parlementaire européen GUE/NGL. Le PGE est un parti politique européen, financé par la Commission européenne pour « faire la promotion de l’idée et de l’intégration européenne ». Comme le PSE ou le PPE."

      Je commencerai à prendre Mélenchon au sérieux, le jour où il annoncera que le Parti de Gauche sort du Parti de la Gauche européenne ...

       


    • Ar zen Ar zen 9 septembre 09:09

      @wesson

      Il n’existe aucune possibilité de programme de « gauche » dans le cadre des traités européens qui incluent des dispositions économiques ultralibérales (dixit Frédéric Lordon et facile de le vérifier en lisant le TFUE et le TUE).

      Alors wesson, quelle conclusion tirer de ceci si l’on est rationnel ?


    • Olivier Perriet Olivier Perriet 9 septembre 09:53

      @Alren

      Mélenchon n’est certes pas en responsabilité comme Hollande.

      Remplacez donc « Mélenchon » dans ma phrase par « les supporters de Mélenchon qui nous expliquaient matin midi et soir ce que le gouvernement grec devrait faire, aurait dû faire, ou a bien fait de faire » pour voir ce que je veux dire.

      à force d’être transnational, on n’est plus rien.
      la France n’est pas la Grèce, et ce n’est pas à la Grèce de régler la politique française (et vice versa)


    • jmdest62 jmdest62 9 septembre 09:54

      @Ar zen

      « quelle conclusion tirer de ceci si l’on est rationnel ? »
      On renégocie les traités et si , pas possible , on se casse (Voir à partir de 5’ 20)
      Limpide Non ?

      @+

      et si vous avez un peu de temps !


    • acetrip 9 septembre 09:56

      @jaja
      recensement


    • jaja jaja 9 septembre 09:58

      @acetrip

      Exact...Merci


    • Osis Osis 9 septembre 10:19

      @wesson

       « ira toujours voter pour ceux qui présentent un programme conforme aux grandes lignes de ce qu’est la gauche » 

      Le problème étant bien sûr, ce que vous appelez la gauche !!

       
      Et je crains fortement que ce que vous appelez gauche, glissement sémantique finement orchestré, ne fasse absolument rien pour changer quoi que ce soit...
      La mission première de votre gauche étant défendre le donjon par n’importe quel moyen avec l’aise des complaisants avides de bonne conscience, il ne faut pas s’en étonner.

      Il est notable qu’il soit maintenant de bon ton, dans la société civile, de se prétendre de gauche...
       Cela ne vous engage à rien du tout puisque cela ne veut plus rien dire, mais cela vous donne une aura d’humanisme respectable du meilleur effet...
      Cela sans nuisances aucune sur son avenir, et surtout, sans avoir à ni militer ni à se syndiquer, faut quand même pas déconner.
       
       
      Il y a même de grands patrons, capitalistes dans l’âme, patrons de presse de surcroit, qui sont de cette gauche sucrée...

      C’est tout dire ...


    • Djam Djam 9 septembre 10:31

      @wesson

      "En attendant, la personne de gauche que je suis ira toujours voter pour ceux qui présentent un programme conforme aux grandes lignes de ce qu’est la gauche, quitte à se faire trahir par la suite. 

      Et à titre personnel, je puis dire que l’on soit de gauche ou de droite, si l’on attends que se soit quelqu’un d’autre qui règle vos problèmes et fasse changer les choses, c’est le meilleur moyen pour que au final il ne se passe jamais rien et rien ne change réellement.« 

      Ce qui signifie, cher wesson, qu’à la fois vous acceptez de vous faire abuser par ceux-là mêmes pour lesquels vous irez re-voter et en même temps vous re-confiez à d’autres le soin de penser pour vous. Et tout ça, juste parce que »homme de gauche" vous n’imaginez même pas pouvoir penser autrement ?
      A ce stade, c’est soit de la gourmandise soit... du masochisme...

    • wesson wesson 9 septembre 11:45

      @Ar zen
      Je suis d’accord avec cette proposition de Lordon. Mais Ce dernier va plus loin sur le sujet. Il y a les conditions que l’on se donne pour justement organiser une telle sortie.


      Tout ce que je veux dire, c’est qu’une sortie ça se prépare. 

      Faute de l’avoir fait, Tsipras aurait bien pu avoir à affronter une situation d’anarchie institutionnelle si il était effectivement sorti après son référendum. 

    • wesson wesson 9 septembre 11:51

      @Djam
      ça veut dire qu’il faut être réaliste. 

      Les changements ça ne vient (quasiment) jamais de par le haut.
      Il faut certes porter au pouvoir des personnes qui ne sont pas fondamentalement opposés aux changements auxquels on aspire. Mais une fois qu’ils y sont si on attends les bras croisés que ça se passe, alors en général il ne se passe rien.

      Prenez l’exemple du front populaire. Ils arrivent au pouvoir sur un seul programme : barrer la route au ligues fascistes - rien de plus. 

      Mais ce qui a permis d’arracher les grandes avancées sociales de ce gouvernement, c’est un puissant mouvement social de grèves bon enfant, avec un pouvoir bien décidé à les laisser s’exprimer sans envoyer la troupe dessus. 
      Et c’est cette conjonction des 2 : pouvoir bienveillant et mouvement social puissant qui ont en 15 jours obtenu tout ce qui fait la matrice sociale de la France et que l’on nous envie encore à l’international (pour ce qu’il en reste).

      Et c’est vrai que très peu de temps après cela, les socialistes sont revenus à leur bonne vieille habitude de trahir le peuple qui l’as porté au pouvoir, mais l’essentiel avait été acquis et il a fallu très peu de temps pour cela. 

      L’autre solution, c’est la révolution avec son cortège de violences, de profiteurs et d’injustices. 

      Choisir l’un ou l’autre, c’est une question de gout.

    • JL JL 9 septembre 11:59

      @Ar Zen,


      « Il n’existe aucune possibilité de programme de « gauche » dans le cadre des traités européens qui incluent des dispositions économiques ultralibérales (dixit Frédéric Lordon et facile de le vérifier en lisant le TFUE et le TUE). »
       
       Et pour cause : ils ont été élaborés précisément dans ce but ! 

    • JL JL 9 septembre 12:03

      C’est ce qu’à l’époque j’appelais l’effet cliquet. La souveraineté populaire se conquiert par les armes. Les abandons de souveraineté sont sans retours possibles.

       
      Nos dirigeants successifs, bonnets blancs et blancs bonnets, nous ont systématiquement trahis.

    • Alren Alren 9 septembre 12:05

      @Fifi Brind_acier

      Les USA peuvent aisément se passer de bases aériennes en Grèce ! Ils ont suffisamment de moyens avec leurs porte-avions et les bases en Italie et en Turquie pour opérer au Proche-Orient et en Afrique du Nord.


    • Alren Alren 9 septembre 12:24

      @Fifi Brind_acier
      Cessez de nous enfumer...

       Je pourrais vous dire que je ne suis pas apiculteur (!), mais je préfère écrire que clairement vous n’avez pas pris connaissance des interventions de JLM qu’on lui concède aux compte-gouttes au Parlement européen !

      Elles ne vont pas dans le sens de ’faire la promotion de l’idée et de l’intégration européenne« , le moins qu’on puisse dire !
      Si vous connaissez un peu la situation, vous savez qu’il est nécessaire d’appartenir à un groupe pour »exister« dans des assemblées comme celle-là.
      Mais JLM s’est toujours revendiqué du GUE et d’aucun autre groupe.

      Quant à »l’héritage communiste« il faut bien de la mauvaise foi pour l’y associer : il n’a jamais été membre du PC ! Et déplore l’attitude des dirigeants de ce parti usé et poussiéreux, ce parti de vieux à tous égards (notamment les adhérents de base dans les »cellules« de la ruche) qui persistent à vouloir une »primaire de la gauche« comprenant éventuellement Hollande !

      Des millions de personnes ont voté pour JLM en 2012. D’autres millions voteront pour lui en 2017.
      Vous croyez qu’aucune d’elles n’est capable de voir que c’est le plus »sérieux" et le plus important candidat de la future présidentielle ?
      Qu’il n’y a qu’avec lui et les propositions de la France insoumise que la spirale descendante de la France peut s’inverser ?
      Tous les autres candidats, tous sans exception, y compris Le Pen feraient une politique économique à l’opposé des intérêts du peuple français. Un des pires serait Juppé.


    • Osis Osis 9 septembre 17:31

      @Alren

      C’est quelqu’un de brillant, d’intelligent, de cultivé, de passionnant à écouter mais un peu long à la détente...
      Trente ans de socialisme et de trahisons avant de découvrir le mauvais gout de la soupe...
      Pourtant féru d’histoire, il ne pouvait ignorer le triste passé historique des socialistes en France ou ailleurs... (ex pour la carricature : Mussolini était le patron des socialistes)

      Ce n’est pas très clair d’autant, que, comme d’habitude, il régurgitera, au deuxième tour, son brouet dans l’auge de ses anciens complices de trente ans.

      Il excelle dans son rôle de bateleur et de rabatteur...
      C’est un bon camelot. 

       


    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 9 septembre 18:09

      @Ar zen
      Wesson ne répond jamais à l’UPR...


    • wesson wesson 9 septembre 23:11

      @Fifi Brind_acier

      tout simplement parce que « don’t feed the troll ».



    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 10 septembre 06:24

      @jmdest62
      On sait d’avance qu’il est impossible de renégocier les Traités ! Vous faites perdre du temps à tout le monde avec vos suppositions ! Il faudrait que les 27 pays soient d’accord à l’unanimité avec le programme de Mélenchon ! Combien de pays sont d’accord ? Allez, donnez la liste !


      Il suffit qu’un seul pays ne soit pas d’accord,( article 48 du TFUE), pour que rien ne change. Tant que vous n’en aurez pas 27/27 d’accord avec le programme de Mélenchon, vous ne pourrez pas changer une virgule dans les Traités.

    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 10 septembre 06:33

      @wesson
      Merci de votre soutien au Parti le plus censuré de France ! J’attends le jour où vous écrirez quelque chose sur la défense de la démocratie et de la liberté d’expression ...


      Tous les Gouvernements violent impunément l’article 4 de la Constitution qui assure la liberté d’expression politique. Merci de reconnaître que vous êtes aussi démocrate qu’un vulgaire stalinien ! Rien de bien nouveau sous le pâle soleil de la Gauche.
      •  
      NB : 
      Vous pouvez aller discuter sur la page Facebook de l’ UPR, on vous répondra et vous ne serez pas censuré, alors que les blogs de Mélenchon ou du FDG censurent systématiquement les posts UPR.

    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 10 septembre 06:35

      @wesson
      Le Front populaire, c’était du temps où les syndicats n’étaient pas affiliés à la Confédération européenne des syndicats et financés par Bruxelles ...


    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 10 septembre 06:40

      @JL
      « Les abandons de souveraineté sont sans retours possibles. »
      D’où sortez-vous cette idée ? Tous les pays qui ont appartenu à des Empires dans l’ histoire, en sont sortis...L’Empire colonial, l’ Empire romain, l’Empire austro-hongrois etc, se sont effondrés, les différents pays ont chacun repris leurs billes...

       

    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 10 septembre 06:47

      @Alren
      Si vous ignorez que le Parti de Gauche est affilié au Parti de la Gauche européenne de Pierre Laurent, renseignez-vous ! Voilà la carte d’Europe des partis affiliés. Vous cliquez sur chaque pays.


      Il n’y a rien de secret, le Parti de la Gauche européenne reçoit chaque année de Bruxelles 1,6 million d’euros.

    • JL JL 10 septembre 07:58

      @Fifi Brind_acier
       

       je parlais de souveraineté du peuple. Nuance.
       
       Pour mémoire : 

      - est souverain celui qui peut dire : parce que c’est mon bon vouloir. Le roi, ou le peuple.
      - est dirigeant celui qui doit rendre des comptes au souverain.
       
       La Révolution en a fini avec les rois. L’UE en a fini avec les peuples. Celui qui nous ferait sortir de l’UE et rendrait au peuple sa souveraineté n’est pas encore arrivé au pouvoir, et on peut toujours gloser.
       
       Dans tous les cas, ce n’est aucun des politiciens de la race de ceux qui nous ont trahis qui nous rendrait cette souveraineté, et même un Mélenchon serait, en UE comme hors UE, soumis aux diktats de la Finance et du Commerce.
       
       L’UE est un piège à rats, qui a fait en sorte que l’extérieur ne soit guère plus enviable que l’intérieur.

    • JL JL 10 septembre 10:01

      @Fifi,

       
       L’Europe est constitutionnellement néolibérale  : « C’est (donc) l’interaction de la tutelle organisée des marchés financiers et de règles à la fois folles dans leurs contenus et illégitimes dans leur forme, qui est au principe d’une destruction volontaire de souveraineté probablement sans précédent dans l’histoire politique moderne. » F. Lordon
       
      Sortir de l’UE ce n’est pas ipso facto s’affranchir de la tutelle des marchés financiers : il restera du chemin à faire. 


    • wesson wesson 10 septembre 13:42

      @Fifi Brind_acier
      Fifi je vais faire une exception et vous répondre sur la liberté d’expression. 


      Commençons par dire que votre liberté d’expression vas très bien, et que ce pourquoi vous vous battez n’est juste que le privilège d’avoir un accès réservé dans les médias de masse à votre auguste mouvement. 

      Rien à voir avec un combat pour la liberté d’expression, qui est par définition se battre pour que puisse s’exprimer des opinions qui nous soient intolérables. Là vous vous battez juste pour que vous puissiez étaler partout vos propres idées. 

      Et de ce que j’écrit découle une contrainte : laisser un espace suffisant pour que justement les opinions contraires puissent s’exprimer. Cela implique d’une part la concision, d’autre par l’originalité, et plus que tout la modération dans le nombre de contributions. 

      Et là on comprends tout à fait que vos interminables récessions, vos liens systématiques vers la parole du grand gourou, en un mot votre trollisme est la démonstration la plus éclatante du peu de cas que vous faites réellement de la liberté d’expression, vous accaparant la parole au détriment de celles des autres partout ou vos faibles moyens vous le permettent. 

      Une des première décision de Pétain fut d’annuler l’interdiction faite à la presse de tenir des propos antisémites. Eux aussi avaient invoqués la liberté d’expression pour le justifier. Est-ce que ça l’était ? Je ne pense pas.

    • jmdest62 jmdest62 10 septembre 14:18

      @wesson

      Vous auriez du en rester à « don’t feed the troll » elle s’en fout de vos arguments il faut qu’elle fasse ses quotas...
      Vous avez craqué (je sais , ça arrive même aux meilleurs) => ça va la re-booster ..c’est vraiment pas sympa  smiley

      @+

      PS : Parfois je me demande si il ne s’agit pas d’un militant NPA , infiltré à l’UPR , pour en détruire l’image .


    • Alren Alren 10 septembre 19:04

      @Osis

      Je parierai bien 100€ que cette fois, ayant compris la leçon de 2012, JLM n’appellera pas à voter pour le candidat du PS ... d’autant qu’il n’y aura pas de candidat PS au deuxième tour !

      Il n’a jamais été « complice » de Hollande au parti socialiste, puisque celui-ci pour agglomérer un maximum d’adhérents, se partage en « courants » qui sont souvent radicalement opposés sur des questions essentielles.

      Mélenchon a toujours été à la gauche du PS et Hollande dans un « centre » qui a toujours été à droite en ce sens qu’il ne veut pas l’abrogation du capitalisme et demeure européaniste malgré les dégâts que l’UE ne cesse de causer.


    • Allexandre 10 septembre 21:22

      @François Vesin
      Bonsoir,


      votre PS est tout à fait juste. Je ne comprends même pas qu’un membre du ps, ou de tout autre parti d’ailleurs, ait encore le projet d’aller voter et de se rendre dans les meetings de ces candidats fantoches plus nuls en politique qu’ils sont brillants en escroquerie et en mensonges. Le vote est une lanterne prise pour une vessie. Qu’il y ait des millions de Français qui veuillent encore croire qu’un homme ou femme politique peut changer la face des choses me semble de la bêtise à l’état pur, ou de la naïveté du plus haut degré...ou les deux !!!

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