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Accueil du site > Actualités > Europe > Vers la post-démocratie ?

Vers la post-démocratie ?

On assiste aujourd’hui dans le monde occidental au développement d’une série de phénomènes dont l’ampleur est telle qu’elle conduit à constater une réelle régression démocratique que d’aucuns nomment déjà « post-démocratie ».

On observe en effet, à tous les niveaux de décision, une marginalisation du pouvoir politique donc démocratique, s’accompagnant parallèlement d’un engouement pour des oligarchies sociétales multiples : associations, communautés, lobbies, ONG, autorités administratives indépendantes, commissions, comités de hauts conseils d’experts, clubs, médias, instituts de sondage, juges internes, européens ou multinationaux.

Tous ces organismes ou institutions ont pour trait commun de n’être ni désignés ni contrôlés par le suffrage universel, et donc d’échapper au principe démocratique de la responsabilité politique devant le peuple. Les élus eux-mêmes semblent participer activement à cette dépolitisation en suivant systématiquement les consignes de ces oligarchies encouragées et souvent largement ou intégralement financées par les Etats.

La construction européenne constitue l’exemple le plus accompli de cette tendance en confiant le pouvoir exécutif d’une organisation quasi fédérale à une commission dont « les membres sont choisis en raison de leur compétence générale et de leur engagement européen et parmi des personnalités offrant toutes garanties d’indépendance » (article 1-26 du TCE repris dans le « traité simplifié »). L’indépendance à l’égard des instances démocratiques est donc considérée comme la qualité essentielle d’une commission qui a pourtant le monopole de l’initiative législative (renforcée par le traité simplifié) et qui, à ce titre, dirige et conduit la politique de l’Union dont le droit prime (article du TCE qu’on retrouve dans le « traité simplifié ») lui-même sur celui des Etats (cf. « une Constitution pour les Etats européens, pas pour le peuple » de Elisabeth Zoller).

L’hésitation de nombreux gouvernants à recourir au référendum pour faire approuver le TCE, la répugnance manifeste de certaines « élites » devant cette perspective, et le refus d’accepter le verdict des urnes, en le parant de tous les oripeaux possibles et imaginables pouvant prouver son aspect « irréfléchi » et « irrationnel », voire stupide, sont parfaitement symptomatiques d’une construction européenne qui semble vouloir se passer de démocratie.

Certains responsables se félicitent aussi de ce que la Charte européenne des droits fondamentaux (on notera le terme « charte » qui fait référence à un régime monarchique ! Voire féodal) intégrée au TCE (et reprise dans le « traité simplifié ») ait été « amendée » par les militantes du Lobby européen des femmes de l’Europe méridionale dont les citoyens de l’Union ignorent sans doute l’existence et qu’ils n’ont évidemment pas élues. Cette participation au processus des normes de groupes de pression s’autoproclamant « représentants de la société civile » (alors même que le terme « société civile » n’a aucune existence juridique !), alors qu’ils n’ont pas été mandatés par les citoyens fait l’objet d’une approbation enthousiaste par le discours dominant : « c’est ainsi que la société civile a fait son entrée dans l’élaboration de la Charte. Il faut dire qu’elle avait beaucoup contribué à la conception du projet depuis une dizaine d’années par de multiples colloques, réunions, rapports ». Bref, en gros, on nous annonce, sans souci, que le TCE était une somme de propositions faites par des lobbies particulièrement compétents ! Et que donc, le « traité simplifié », parce qu’il est le « TCE amendé » reste un texte qui n’a rien à voir avec le désir de faire avancer l’Europe ou de la sortir de sa possible « crise », mais bien un faire-valoir, pour faire primer au-dessus des Constitutions nationales, des intérêts particuliers, défendus par des lobbies ayant reçus l’agrément d’élus particulièrement conciliants ! Il est par conséquent logique qu’il soit si « difficile » d’aller vers une Europe plus sociale, ou plus démocratique, ou encore de faire valoir aux gouvernants l’intérêt du référendum, par définition nuisible à la « société civile » telle que définie plus haut, les peuples européens étant sans aucun doute bien moins conciliants envers les lobbies et autres, que leurs élus.

On ne saurait en tout cas mieux décrire la substitution du pouvoir minoritaire à la décision majoritaire sur laquelle repose pourtant la démocratie.

Le terme de « société civile » qui ne désigne rien d’autres qu’une juxtaposition de lobbies de toutes sortes, fait l’objet d’une utilisation anthropomorphique destinée à lui faire prendre la place de la nation, ou du peuple, et de faire passer pour « transparent » ou « démocratique » un processus décisionnel en réalité parfaitement aristocratique, c’est-à-dire réservé à une « classe » de gens qui s’autoproclament plus « éclairés » que les autres et, par conséquent, considèrent que les peuples, et peu importe leur niveau d’éducation ou leur passion pour l’Europe, sont définitivement « immatures ».

Le terme « opinion publique » tend aussi à se substituer à celui de peuple. Les résultats de sondages qui devraient être examinés avec recul et scepticisme sont présentés par les politiques et les médias bien sûr, comme exprimant à coups sûrs la volonté « des Français », des « Américains », des « Chinois », etc. D’où la stupéfaction et l’opprobre des « élites » quand le résultat des élections ou des référendums contredisent les sondages, et rappellent que le peuple n’est pas l’opinion publique, et inversement. Pour masquer cet écart fort gênant, on utilise toutefois le terme « démocratie d’opinion » qui désigne en réalité essentiellement le pouvoir médiatique.




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120 réactions à cet article    


  • PascalR 30 novembre 2007 10:12

    Excellente analyse. Alors même que le fondemement de toute société humaine était de créer de la sécurité face à une nature jugée hostile, la nature de l’Homme se retourne contre lui. Face à des pouvoirs qui ont oublié la notion de bien commun et de sécurité, les inconscients populaires se souviennent des frayeurs ancestrales et cherchent par tous les moyens à recréer des microcosmes sécuritaires. Je suis sur une plage déserte et arrive un touriste : il se met juste à côté de moi. Pourquoi ? Il a peur. La démocratie actuelle ne répond plus au besoin fondamental de l’Homme d’être en sécurité, besoin exprimé au travers de l’opinion publique dont se fiche bien les pouvoirs. La seule véritable raison à cela, c’est la terrible faiblesse de l’être humain, faiblesse qui s’exprime par ses peurs viscérales et son immense capacité à la prédation. Logique. Bio logique.


    • Odal GOLD Odal GOLD 30 novembre 2007 21:47

      Lui, le peuple, il fut et il sera ? Au fond qu’est-ce qui le fait marcher ? À moins que ce ne soit lui qui conditionne tout à sa propre image ?

      Les femmes mannequins, osseuses comme des mantes religieuses, s’arrangent bien, elles, pour avoir des mentors homos : comme ça elles sont tranquilles. Comme par hasard, le peuple a toujours des maîtres qui ne le dé­rangent pas.

      > http://odalgold.blog4ever.com/blog/lirarticle-106908-450766.html


    • Christophe Christophe 30 novembre 2007 11:10

      @Odile,

      Vous citez de façon fort pertinente la commission européenne qui répond à la problématique des impératifs ordonnés aux démocraties et républiques européennes, mais il me semble que la commission européenne n’est que le reflet de la structure mondiale ... dont l’OMC est le maître directeur.

      La structure mondiale est ainsi faite que ceux qui décident des orientations à donner aux nations ne sont nullement élus, n’ont de comptes à rendre à personne et n’ont à assumer aucune responsabilité quant aux effets de leurs orientations. Ces structures sont détenues majoritairement par des économistes qui n’ont pas de mandats électifs dans les démocraties ; comme le souligne Ivan Illich : dans un monde où les économistes remplacent les prêtres. Historiquement, il y a bien des similitudes entre la structure mondiale (européenne à une moindre échelle) actuelle et durant la période de domination des églises.

      Depuis plusieurs années, déjà, des philosophes tentent de nous interpeler sur la tournure du monde ; ils ne parlent pas de post-démocratie, mais de post-politique.


      • Internaute Internaute 30 novembre 2007 14:25

        Vous avez raison mais cependant il y a une question sans réponse.

        Quel que soit le chant des sirènes qui sifflent aux oreilles de nos décideurs, ceux-ci gardent la faculté de dire NON et portent l’entière responsabilité de dire OUI.

        Comment expliquer que l’oligarchie du PS et de l’UMP aient convenu de ne pas traiter le thème du pouvoir mondial pendant la campagne électorale et soient d’accord pour une Europe supra-nationale tout en sachant pertinemment que la majorité du peuple est contre ?

        Pourquoi les sussurement de Koffi Ahnan font frissonner nos députés plus fortement que les intérêts de la France ?

        On peut en acheter quelques uns, on peut avoir quelques taupes qui soient arrivées au sommet, mais une telle majorité de convictions anti-populaire ne s’explique pas.


      • Christophe Christophe 30 novembre 2007 16:40

        @Internaute,

        Il existe un lien de forte dépendance entre le politique et l’économique ; ce dernier offrant au politique des prévisions donc des solutions clef en main assurant (au sens des théories économiques) l’avenir. Cependant, depuis Becker et Friedman (et d’autres Chicago Boys), l’économie néo-classique a décrété son autonomie totale, rejetant toute pluridisciplinarité tant avec les sciences humaines, biologiques et évolutives ; ils ne tiennent compte d’aucun résultat de ces sciences, quitte à réinventer la poudre.


      • JL JL 30 novembre 2007 11:50

        Odile, merci pour cette analyse savante, l’une des meilleures publiées ici sur le fonctionnement de l’UE.

        Concernant la Charte des droits fondamentaux, il serait intéressant d’en dire un peu plus sur le Lobby européen des femmes de l’Europe méridionale.

        Je pense que les lobbies sont en Europe ce que les soviets étaient en URSS. Par ailleurs, si l’on compare l’UE à une entreprise, le conseil de l’Europe serait le Conseil d’administration et la commission son organe Directeur. Notons que les membres de ce conseil d’administration sont eux mêmes les représentants des Etats dirigés comme des entreprises. Des états, ou plutôt ’des comptoirs’ ?

        L’OMC cité par Christophe étant l’émanation des lobbies les plus puissants n’agit pas directement en tant que telle : selon le principe que l’on n’est jamais si bien servi que par soi-même, lesdits lobbies puissants agissent directement sur l’UE.

        Ps. Si vous permettez, voici le lien vers mon article et commentaires sur ce sujet de l’UE, la Charte et la ratification :

        http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=31254

        à Odile et Christophe : La démocratie - ou la politique ? - n’aurait été qu’un accident de l’Histoire ?


        • Christophe Christophe 30 novembre 2007 12:14

          @JL,

          Selon l’approche de certains philosophe anthropologiques, la politique telle que nous l’avons connue et qui semble bien changer serait liée à la relation entre l’homme et sa temporalité.

          En résumant, les lumières ont surtout introduit la perspective en philosophie ; l’homme raisonnant à contre courant du temps, il se projette sur l’avenir ; ce qui fût le rôle déterminant des politiques que de répondre aux besoins perpectifs des citoyens. Cette philosophie des lumières aurait été une rupture avec l’homme archaïque qui a existé sous l’emprise des églises ; l’avenir des hommes n’étant que le domaine de Dieu.

          Aujourd’hui, ils l’expliquent principalement par la tendance qui émane du monde financier ou la perspective est réduite ... au présent, au mieux au lendemain. La politique devenant le traitement des affaires courantes mais non plus une direction à moyen et long terme ; ce qui nécessite des idées directrices. La seule préoccupation, dans les faits, que nous retrouvons au niveau de ces structures non démocratiques consistant à tenter de stabiliser l’insécurité temporelle des finances.

          Nous constatons tout autant, selon certains philosophes, à un délitement d’idées directrices et fédératrices, qui sont souvent taxées d’idéologies afin de les décridibilisées ; alors que le moteur actuel nous poussant au temps présent est guidé par une idéologie qui ne peut admettre, comme à l’époque des religions, aucune contradiction, aucune nuance ; elle se pose de fait comme infaillible.

          D’autres philosophes s’évertuent à expliquer que le modernisme (celui que nous appliquons aujourd’hui s’entend) n’est en aucun cas un progrès.


        • JL JL 2 décembre 2007 10:51

          Christophe, je pense que votre remarque a à voir avec la Pensée unique, les médias et la messe du JiTé.

          Ces phiolosophes dont vous parlez, on ne les y entend pas.


        • Marsupilami Marsupilami 30 novembre 2007 11:55

          @ L’auteur

          Bonne analyse, à un bémol près : la post-démocratie, on y est déjà. Plus le citoyen se sent impuissant face à la main-mise des grands lobbies, moins il vote. C’est déjà ce qui se passe aux USA, où le suffrage et déjà quasi-censitaire depuis une vingtaine d’années.

          A moins d’un miracle, on suivra le même chemin.


          • socal 30 novembre 2007 12:13

            "... rappellent que le peuple n’est pas l’opinion publique, et inversement. Pour masquer cet écart fort gênant, on utilise toutefois le terme « démocratie d’opinion » qui désigne en réalité essentiellement le pouvoir médiatique.

            Belle analyse et excéllente conclusion , d’où la question de savoir si les conditions d’une vraie démocratie ne passe pas par une sérieuse remise en question prélude a une profonde mutation de ce pouvoir médiatique


            • Richard Richard Golay 1er décembre 2007 16:49

              Un vraie démocratie passe par la mise en place d’un contre-pouvoir à celui des politiques sous la forme du droit d’initiative et de référendum populaire. Le pouvoir médiatique est ainsi obliger lui aussi de tenir compte de l’avis du peuple.

              Citoyen suisse et français résidant en face d’Evian, votant 4x par année sur des décisions d’ordre communal, cantonal et fédéral, je souhaite vivement que le peuple français obtienne ces droits !

              Encore bravo Odile pour cette juste et très intéressante analyse. smiley


            • bernard29 candidat 007 30 novembre 2007 12:54

              La Post démocratie, c’est « la démocratie participative » à tous les étages. Il n’y a plus besoin de s’attacher aux problèmes de la démocratie représentative ou de la démocratie directe, puisque vous serez entendu, en tant que citoyens experts, lors de réunions, comités ou colloques de la société civile..

              Votre article m’a refait penser à celui-ci de Madame le Pourhiet. (prof de droit constitutionnel à Rennes) paru dans le Monde.

              "Qui veut de la post-démocratie ?

              samedi 12 mars 2005

              Que le projet de Constitution européenne fasse la part trop belle à la concurrence ; que son caractère social soit insuffisamment affirmé, son préambule un tissu de platitudes mièvres, sa troisième partie mal venue dans un texte à prétention constitutionnelle ; que la charte des droits fondamentaux ressemble à un catalogue festif de droits à tout et son contraire, tout cela n’est rien à côté de la perversité absolue qui consiste à demander à des peuples d’accepter de « constituer » une Europe sciemment post-démocratique.

              Le terme d’imposture n’est pas trop fort pour désigner le processus d’usurpation de légitimité à l’œuvre depuis le sommet de Cologne, en juin 1999. Déjà, l’organisme désigné chargé de rédiger la charte des droits fondamentaux n’avait pas hésité à s’autoproclamer « convention », pour s’attribuer le prestige des assemblées américaines élues par le peuple pour adopter ou amender la Constitution. Cette « convention » avait aussi cru bon d’outrepasser le mandat de Cologne en consacrant des droits nouveaux qui n’y figuraient pas, et de se vanter de son « petit coup d’Etat » et de s’enorgueillir que des groupes de pression inconnus de tous et mandatés par personne aient « amendé » le texte.

              Le contenu de la Constitution est à l’image de son processus d’élaboration. Il ne consacre aucune démocratie véritable et se borne à enkyster ce qu’a toujours été l’Europe communautaire : une collection d’aristocraties échappant au contrôle populaire. L’initiative législative - la conduite de la politique de l’UE - reste entre les mains d’une Commission dont on persiste à célébrer l’indépendance, comme si le fait d’échapper à l’influence d’instances démocratiques était une qualité politique.

              Le titre consacré à « la vie démocratique de l’Union » (on n’a pas osé écrire la démocratie tout court) n’arrive qu’en cinquième position dans le texte et prête franchement à sourire. Il oppose clairement et dangereusement la démocratie « représentative » à une prétendue démocratie « participative » consistant (article 47) en « un dialogue ouvert, transparent et régulier avec les associations représentatives et la société civile ». Voilà ce qu’on appelle abusivement « démocratie » : du lobbying institutionnalisé et une tentative de substituer une « société civile » éclatée, composée de groupes de pression et d’intérêts minoritaires, aux nations et aux peuples.

              Le droit de pétition permettant à un million de citoyens d’« inviter » la Commission à proposer une loi européenne dont elle appréciera l’opportunité est une mascarade d’initiative populaire. Il demeurera essentiellement un instrument bien peu transparent au service de lobbies. On comprend pourquoi la phrase de Thucydide : « Notre Constitution est appelée démocratie parce que le pouvoir est entre les mains non d’une minorité, mais du plus grand nombre », initialement placée en tête du texte, a finalement été retirée.

              Cette absence de démocratie est d’autant plus vertigineuse que les compétences de l’UE, telles qu’elles résultent des dispositions combinées décrivant ses objectifs et ses pouvoirs normatifs (mêlant contradictoirement le principe d’attri-bution du fédéralisme américain et le principe de subsidiarité du fédéralisme allemand), sont en réalité illimitées.

              Tout, absolument tout, est susceptible d’être décidé au niveau européen ; rien ne peut réellement échapper à l’extension tentaculaire de cette organisation dont le seul contrôle réside dans une Cour européenne dont les décisions sont sans appel. Jamais le gouvernement fédéral américain n’a pu s’emparer d’autant de pouvoirs au détriment de l’autonomie des Etats, alors qu’il est, lui, parfaitement démocratique.

              Ainsi, alors que la Charte des droits fondamentaux n’est évidemment pas encore adoptée, des juges européens se sont déjà fait fort de l’appliquer en se moquant délibérément des ratifications référendaires ou parlementaires à venir. Ce mépris inouï de la démocratie est d’autant plus provocant que l’on se pique de donner des leçons aux Etats candidats en les soumettant à d’humiliants examens de passage. A quoi sert-il d’élire démocratiquement un parlement national dont la tâche ne se borne plus qu’à transposer les directives élaborées par des instances oligarchiques ?

              Le Parlement turc n’est, paraît-il, pas exemplaire au regard des critères de Copenhague. Mais à quoi ressemble le Parlement européen ?

              Fort hostile au régime représentatif, Jean-Jacques Rousseau estimait que le peuple anglais n’était libre qu’au moment de l’élection des députés et redevenait esclave aussitôt. Il ajoutait sévèrement : « Dans les rares moments de sa liberté, l’usage qu’il en fait mérite bien qu’il la perde. »

              Les deux peuples, français et anglais, vont être confrontés sous peu au même choix de la liberté ou de la servitude. S’ils choisissent cette dernière, ils l’auront méritée.

              Anne-Marie LE POURHIET"


              • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 30 novembre 2007 14:36

                @ l’Auteur. J’abonde dans ce sens et je crois qu’on va tout droit vers la prochaine étape qui sera de justifier puis de formaliser la post-démocratie. La France pourrait en donner rapidement une illustration.

                http://nouvellesociete.org/5171.html

                Excellent article. On souhaiterait qu’il y en ait plus sur AV, mais force est de constater que le débat tend à se fixer à un autre niveau.

                Pierre JC Allard


                • fkl... 1er décembre 2007 15:59

                  C’est aussi cela la démocratie, la parole n’est pas réservée à une élite.


                • Aspiral Aspiral 30 novembre 2007 15:15

                  Pour moi la démocratie, ça ne marche que sur des groupes d’environ 100 personnes. Au delà, dès qu’on ne se connait plus trop, c’est l’avènement du règne des petits chefs qui utilisent séduction et culpabilisation pour commettre des abus de pouvoirs. Il faudrait construire une démocratie de blocs de 100 personnes, avec au premier étage des blocs de 100 représentants de 100 groupes...


                  • Aspiral Aspiral 1er décembre 2007 08:48

                    Il n’y a pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. Qui vivra verra. La vérité suit sa marche inexorable. Le complexe de Colomb est en train de ravager le lien social et son évolutivité !


                  • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 30 novembre 2007 16:06

                    Je ne vois pas en quoi la notion de peuple qui nie ou évacue derrière une unité politique fictive ou imaginaire, voire, si on la tient pour une réalité, illusoire, la réalité de la multiplicité citoyenne serait plus démocratique que celle de société civile ; (détail amusant : le mot « démocratique » en grec a un sens plus négatif que positif : il signifie plutôt le pouvoir tyrannique (kratos) de la populace (démos) ou de la foule que le pouvoir légitime (archos) de ceux qui savent organiser la cité selon l’intérêt général.

                    Chaque camp se gargarise en faisant usage de la notion de peuple à tout propos en oubliant qu’il n’y a que des électeurs divisés sur l’essentiel et dont la majorité est fluctuante. 2005/2007 en est une bonne illustration.

                    C’est cela la démocratie : les électeurs peuvent changer d’avis, voire confier au président et aux députés, après le ratage de fait du NON au référendum dont les partisans, très divisés, n’ont rien su faire, le soin de régler la question européenne ; ce que le référendum de 2005 n’avait pas permis de faire : en effet les électeurs avaient dit ce qu’ils ne voulaient pas mais pas du tout ce qu’ils voulaient, comme toujours quand on se contente de dire non sans autre précision sur les motifs et les intentions.

                    C’est la faiblesse et l’avantage de la démocratie pluraliste (et non pas populaire de sinistre mémoire) : elle est changeante et de ce fait susceptible de corriger les votes qui se sont avérés sans effets, sinon négatifs.

                    Le peuple uni et stable dans ses votes n’existe que dans votre imagination...


                    • Christophe Christophe 30 novembre 2007 17:49

                      @Mr Reboul,

                      détail amusant : le mot « démocratique » en grec a un sens plus négatif que positif : il signifie plutôt le pouvoir tyrannique (kratos) de la populace (démos) ou de la foule que le pouvoir légitime (archos) de ceux qui savent organiser la cité selon l’intérêt général.

                      Sur ce point, vous avez raison. Cependant, il faut préciser qu’à cette époque ancienne, Platon définit la démocratie comme une république dégénérée. Cela explique la connotation négative du terme, vous en conviendrez ! En fait, cela n’a rien d’amusant, ce n’est qu’un héritage historique.


                    • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 30 novembre 2007 18:05

                      je ne suis pas d’accord avec vous, cette auto-critique de la démocratie par Platon et beaucoup d’autres penseurs grecs est de première importance pour qui veut aujourd’hui encore, penser la démocratie et ses errements (démagogie) pour les corriger ou, mieux, pour qu’elle s’en corrige elle-même.


                    • Christophe Christophe 30 novembre 2007 18:13

                      @Reboul,

                      Mais je suis d’accord avec vous, le monde a évolué entre temps.

                      Je ne faisait référence qu’à l’approche de ces errements de la démocratie décriés par Platon comme nous le retrouvons aussi dans les écrits de Diogène Laerce. Platon était un défenseur de la République, et la démocratie ne pouvait être perçue que comme négative au regard de sa référence. C’est ce qui explique la connotation fortement négative du terme issu du grec ancien ; là est le sens de mon propos.

                      Mais si le terme n’a pas changé, dans les faits, certains errements ont étaient surmontés. Donc, votre explication sur le terme nécessitait, à mon sens, une mise en contexte.


                    • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 30 novembre 2007 19:05

                      Le risque de démagogie a été surmonté ? Première nouvelle !


                    • jesuisunhommelibre jesuisunhommelibre 30 novembre 2007 20:25

                      @ Sylvain Reboul

                      Votre réponse me semble pleine de bon sens, et j’y adhère.

                      Oui, la démocratie est bien toujours en question. D’où l’intérêt de l’article. Mais en quoi un groupe d’individu qui exprime une opinion et défend les intérêt de ses membres est-il anti-démocratique ? (je parle maintenant à l’auteur de l’article)

                      Faut-il uniquement des décisions solitaires et individuelles pour respecter ce que vous appeler la démocratie ?

                      Les associations, lobbies, partis sont tout à fait légitimes, à mon sens, à participer au débat démocratique.


                    • sto sto 1er décembre 2007 11:45

                      salut

                      en passant : chez les grecs on elisait aussi une personne a exclure de la cite, ce qui menait aussi a des abus, mais aidait apparement a maintenir un minimum de respect des dirigeants pour l’avis de la populace...


                    • JL JL 1er décembre 2007 22:59

                      Reboul : «  »… le NON au référendum dont les partisans, très divisés …«  »

                      Cette division n’a pas empêché Sarkozy de les désigner par le camp de la pensée unique !!!

                      Ce que Sarkozy, votre maître maintenant quoique vous en disiez, désigne par la pensée unique, n’est que la contestation que la Pensée unique suscite.

                      Anny Paule écrivait sur un autre fil : «  »Selon Pierre Mendès France (18 Janvier 1957) :« L’abdication d’une démocratie peut prendre deux formes, soit elle recourt à une dictature interne par la remise de tous les pouvoirs à un homme providentiel, soit à la délégation de ses pouvoirs à une autorité extérieure, laquelle au nom de la technique exercera en réalité la puissance publique, car au nom d’une saine économie on en vient aisément à dicter une politique monétaire, budgétaire, sociale, finalement, une politique, au sens le plus large du mot, nationale et internationale ».

                      A quoi j’ajoute : «  » Il y a en ce moment au monde, une toute jeune démocratie qui, mieux que le lièvre de la fable, est en passe de doubler toutes les tortues libérales dans la course au totalitarisme, c’est la Russie. Ce qu’il se passe là bas est sidérant et inquiétant. C’est la première forme d’abdication citée par PMF.

                      La deuxième forme, pour nous européens, et là Reboul, ça vous concerne, c’est l’UE : « la délégation des pouvoirs à une autorité extérieure, laquelle au nom de la technique exercera en réalité la puissance publique ». C’est, en remplaçant « la technique » par « le marché », le TINA dont parle Chomsky.

                      Mais vous Reboul, comme tous les néocons bien évidemment, vous haïssez Chomsky, non ?


                    • dom y loulou dom 2 décembre 2007 13:21

                      je vous invite à regarder ce film de Alex Johnes... certains se croient des êtres tellement supérieurs qu’ilspensent être en mesure de vous déclarer esclave de leurs biens. Voyez par vous-même et ne vous étonnez plus du cirque ambiant.

                      des leurres, des leurres et encore des leurres et des pertes de temps... pendant ce temps-là ? des affaires juteuses sur le dos des peuples musulmans et un nivellement vers le moyen-âge. Pillage de la classe moyenne qui laissera deux étages à la pyramide économique. Une dizaine de gros connards qui possèdent tout et 80% de l’humanité rendue esclave et aliénée de ses racines culturelles, de ses connaissances propres de survie donc, voilà les grands dangers.

                      les souffrances sont telles que ça va chier...

                      La propension des européens à ne pas vouloir voir la guerre en cours qui fait rage et détruit des vies tous le jours, cette guerre économique lancée depuis si longtemps ( quatre mille ans ? ) arrive à son paroxysme alors que les aboutissants de la politique Bilderberg deviennent humainement de plus en plus difficile à assumer je présume... voyez par vous-même :

                      http://fr.youtube.com/watch?v=pkgGOFXuYPw&feature=related


                    • Giovanni 30 novembre 2007 16:06

                      Bon jour a Tous,

                      in Italia siamo molto oltre la « post-démocratie » oggi si incontrano a Roma il Signor Berlusconi e il Signor Veltroni per stabilire le future leggi elettorali del Parlamento. I Signori Berlusconi e Veltroni sono premier dei due più grandi partiti italiani, assolutamente nuovi, infatti non esiste nessuna struttura dei due partiti e non esistono in parlamento deputati e senatori eletti in quei partiti...

                      La democrazia può aspettare...siamo alla « optional-démocratie » !

                      Giovanni


                      • anny paule 30 novembre 2007 16:46

                        Notre petit chef ne cesse de répéter, « des fois qu’on n’aurait pas compris », que les Français l’ont élu pour « faire ce qu’il avait dit »... et si certains sont durs d’oreille, il avait dit qu’un nouveau traité simplifié" (qu’il considère encore comme tel : persiste et signe !) serait ratifié par voie parlementaire.

                        Il se trouve que ce nouveau traité est le frère jumeau homozygote du premier que 54% de Français ont rejeté... qu’il n’est simplifié en rien ! Mais, lui, le Prince, tire sa « légitimité » des suffrages de 53% des mêmes Français... Cherchons l’erreur !

                        Trève de plaisanterie, le sujet est plus que sérieux : nous disposons encore (peut-être) du pouvoir de modifier les décisions du Prince en exigeant un référendum. A nous de jouer... sinon, nous serons définitivement entrés dans les ténèbres de la « post-démocratie ».

                        R.M.Jennar vient de publier un petit opuscule : Quelle Europe après le non ? Fayard, octobre 2007. Il donne des arguments pour engager la discussion avec les gens qui n’ont toujours pas compris...


                        • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 30 novembre 2007 17:18

                          Le choix a été clair sur ce point, entre SR que j’ai soutenue et qui s’était engagée, si elle était élue, à organiser un référendum sur une base plus sociale et NS qui a demande un blanc sein pour un traité ratifiable pas la voie parlementaire reprenant l’essentiel du TCE, sauf la symbolique constitutionnelle, les électeurs ont choisi.

                          Ils ont donc démocratiquement approuvé par la voie directe la ratification indirecte prônée par NS. Ce qui est tout à fait démocratique (un vote peut en chasser un autre et le dernier fait la décision)

                          Si les partisans du NON avaient présenté un plan B susceptible d’être majoritaire et d’obtenir l’accord de nos partenaires, la situation aurait peut-être été différente.

                          Si j’étais pape, j’autoriserais les homosexuels catholiques à se marier religieusement...


                        • Christophe Christophe 30 novembre 2007 18:01

                          Mr Reboul,

                          Encore cet argument qui ne tient pas un seul instant à l’épreuve des faits.

                          L’adhésion à un programme sur l’intégralité des points est une vaste fumisterie. Vous ne faites que le confirmer dans vos propos précédents en exprimant qu’un groupement d’individus n’est jamais en accord total sur tous les points. Vous avancez un argument qui vous convient pour exprimer votre interprétation douteuse (et je pèse mes mots) de la démocratie, puis sur une autre intervention, vous soutenez le contraire ... parce que cela vous convient pour le TCE. Cela se nomme, si je ne m’abuse, de la malhonnêteté intellectuelle.

                          D’autre part, l’acte démocratique est un scrutin majoritaire à deux tours. Au mieux, vos élucubrations d’adhésion totale pourraient être acceptables pour le premier tour ; cela afin d’éviter des palabres contreproductifs. Or au premier tour, quel fût le score de Sarkosy ? Est-ce une majorité pour vous ?


                        • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 30 novembre 2007 18:32

                          Je n’ai pas parlé d’adhésion totale, mais d’adhésion au projet monarchique global de NS. Il suffit que la majorité des électeurs n’aient pas jugé bon de sanctionner NS sur ce point pour considérer qu’ils n’étaient par en désaccord profond sur celui-ci, qui, comme vous le savez, commande toute, je dis bien toute, la politique économique, sociale et de défense de la France (ex : la question de l’euro et le la BCE, de l’Euro-corps etc...)

                          Vous ne pouvez considérer très justement cette question européenne comme centrale de la politique française, ce que vous faites, ainsi que tous les partisans du non, et affirmer, comme vous le faites, que les électeurs en ont fait un point de désaccord éventuel secondaire qui ne pouvait justifier une sanction globale de NS... ! Les électeurs dans leur majorité auraient donc, selon vous, étaient conscients en 2005 de l’importance de leur vote sur l’Europe mais plus en 2007.. Ou bien ont-ils tout simplement changé d’avis au regard des résultats totalement négatifs du non au référendum de 2005 (impasse en l’absence d’une alyternbtive majoritaire

                          Je vous rappelle que les partisans du NON se sont rétamés dès le premier tour et ce n’est pas faute d’avoir dénoncé la position de NS sur ce point ; certains mêmes (De Villiers, DA) ont même appelé à voter sans condition pour NS au deuxième tour !

                          La contradiction n’est pas de mon côté..


                        • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 30 novembre 2007 18:53

                          Je n’ai pas parlé d’adhésion totale, mais d’adhésion au projet monarchique global de NS. Il suffit que la majorité des électeurs n’aient pas jugé bon de sanctionner NS sur ce point pour considérer qu’ils n’étaient par en désaccord profond sur celui-ci, qui, comme vous le savez, commande toute, je dis bien toute, la politique économique, sociale et de défense de la France (ex : la question de l’euro et le la BCE, de l’Euro-corps etc...)

                          Vous ne pouvez considérer très justement cette question européenne comme centrale de la politique française, ce que vous faites, ainsi que tous les partisans du non, et affirmer, comme vous le faites, que les électeurs en ont fait un point de désaccord éventuel secondaire qui ne pouvait justifier une sanction globale de NS... ! Les électeurs dans leur majorité auraient donc, selon vous, étaient conscients en 2005 de l’importance de leur vote sur l’Europe mais plus en 2007.. Ou bien ont-ils tout simplement changé d’avis au regard des résultats totalement négatifs du non au référendum de 2005 (impasse en l’absence d’une alyternbtive majoritaire

                          Je vous rappelle que les partisans du NON se sont rétamés dès le premier tour et ce n’est pas faute d’avoir dénoncé la position de NS sur ce point ; certains mêmes (De Villiers, DA) ont même appelé à voter sans condition pour NS au deuxième tour !

                          La contradiction n’est pas de mon côté..


                        • Christophe Christophe 30 novembre 2007 20:38

                          Monsieur Reboul,

                          Les votants du second tour avaient le choix entre deux programmes.

                          Or, même si vous n’êtes pas d’accord avec certains points d’un programme, vous pouvez voter pour celui-ci dès lors qu’il est un moindre mal au regard de l’autre.

                          On ne peut donc prendre le vote démocratique sur un ensemble, un programme, pour justifier chaque point dudit programme. Ce type de raisonnement est totalement faussé.

                          Ce n’est pas un problème lié à des points prioritaires ou secondaires mais simplement un choix dans le cadre d’un compromis acceptable ou non. Cependant, la démocratie vous donne le droit de vous joindre à des positions opposées sur un point sans que cela ne soit incohérent.

                          Notre président s’appuyant énormément sur les sondages pour gouverner ne souhaite pas se plier à ce qu’il nous impose comme argumentaire. Cela est bien peu cohérent !

                          D’autre part, quand ce sont les gouvernants représentatifs qui définissent les structures et processus d’exercice du pouvoir, vous n’êtes plus en démocratie. En démocratie représentative, c’est le seul domaine dans lequel nos représentants ne peuvent se positionner pour les citoyens qu’ils représentent.


                        • Parpaillot Parpaillot 1er décembre 2007 00:15

                          @ Monsieur Sylvain Reboul, Professeur honoraire de philosophie ...

                          « Le choix a été clair sur ce point, entre SR que j’ai soutenue et qui s’était engagée, si elle était élue, à organiser un référendum sur une base plus sociale et NS qui a demande un blanc sein pour un traité ratifiable pas la voie parlementaire reprenant l’essentiel du TCE, sauf la symbolique constitutionnelle, les électeurs ont choisi. »

                          vvvvvvvvvvvvvvvvvvv

                          On comprend parfaitement que NS puisse éprouver quelque attrait pour un « blanc sein », lui qui est au régime sec depuis quelques temps. Mais comme vous le dites, les électeurs quant à eux, lui ont accordé un « blanc seing »...

                          Cordialement ! smiley


                        • Plum’ 1er décembre 2007 10:19

                          « Les électeurs dans leur majorité auraient donc, selon vous, étaient conscients en 2005 de l’importance de leur vote sur l’Europe mais plus en 2007... »

                          C’est quoi cet amalgame ? Les français ne se sont pas exprimés sur l’Europe en 2007. Seulement sur l’élection d’un président de la république. Lequel a - entre autres promesses - promis un « traité simplifié » et s’est ensuite contredit gravement en imposant un traité plus compliqué que la constitution qui avait été rejetée.


                        • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 2 décembre 2007 10:50

                          Merci pour cette précieuse correction, mais, comme vous, je préfère la première graphie, sans que cela ne gène pour autant la compréhension. Une coquille peut être plus stimulante pour l’esprit ; Lacan était passé maître de ce genre de jeux de mots ou mots d’esprit...Qu’il soient involontaires ne les rend pas moins savoureux, comme vous l’avait justement souligné.


                        • JL JL 2 décembre 2007 10:55

                          Anny Paule, savez-vous que Raoul Marc Jennar, privé d’emploi et de ressources (ses livres ?) a du s’expatrier au Cambodge je crois ? Mardi je serai en mesure de vous donner la référence de sa lettre publiée dans un mensuel alter mondialiste.


                        • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 2 décembre 2007 10:55

                          Je vous rappelle que la constitution peut être modifiée par un vote du congrès donc par la voie indirecte. D’où je présume que vous ne la considérez pas comme démocratique..

                          C’est votre avis, pas le mien : je ne suis pas très favorable à la démocratie directe et je préfère, surtout dans le règlement de traité qui exige des compromis, la démocratie représentative.


                        • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 2 décembre 2007 11:03

                          Il se sont exprimés en faveur d’un président de la république qui leur a promis qu’ils ne seraient pas consultés sur l’Europe. Donc ils se sont exprimés aussi sur l’Europe et la manière de sortir de l’impasse du non..C’est un fait et non une opinion. Ils pouvaient, s’ils avaient été en désaccord profond ou fondamental, s’abstenir ou voter pour SR qui avant promis un nouveau référendum sur un nouveau texte.

                          Ce raisonnement factuel ne me semble pas être trop compliqué pour que vous fassiez semblant de ne pas le comprendre.


                        • JL JL 2 décembre 2007 12:40

                          «  »d’un président de la république qui leur a promis qu’ils ne seraient pas consultés sur l’Europe«  »

                           smiley smiley smiley


                        • arturh 30 novembre 2007 17:37

                          Pas mal, mais votre raisonnement est entaché, où plutôt affaibli par l’idée qu’il existe un « peuple ». Cette idée, aujourd’hui purement idéologique et qui n’est opérante véritablement que dans les idéologies totalitaires, obère votre conclusion, en particulier concernant l’UE dont l’analyse des institutions politique est assez juste.

                          Vous pourriez pousser votre raisonnement en analysant la chose suivante : vous avez raison, la construction européenne a été réalisée par des « élites », au seul profit des « élites ». Mais ces élites déclarent le faire au nom des « peuples ».

                          Or la fin de la guerre froide a provoqué un sursaut d’aspiration à la Démocratie dans toute l’UE. Cette aspiration s’est traduite, dans le Traité de Maastricht par une bombe : tous les citoyens des nations de l’UE sont devenus des citoyens de l’UE. La conséquence a été immédiate : les institutions politiques de l’UE étaient immédiatement illégitime, avec les conséquences que l’on sait : il se pose un problème de définition de la légitimité de la décision politique, symbolisée par la question de la « majorité », sur lesquels vous achopper tous les traités suivant, jusqu’au TCE.

                          Le TCE dévoile une chose, enfin : les « élites » sont forcées de reconnaître qu’en raison de l’existence de « citoyens européens », la méthode des « traités », qui sont naturellement signés entre dirigeants, donc « élites », est caduque. Ils tentent de contourner le problème en appelant un nouveau Traité : « Constitution », mot immédiatement associé à celui de Démocratie. Mais, pour le faire passer, certains ne peuvent s’empêcher, prenant leurs désirs pour des réalités, de le soumettre au vote des « citoyens », avec le résultat que l’on sait.

                          Maintenant une brèche gigantesque a été ouverte entre d’un côté des citoyens européens qui ont révélés, avec le NON au TCE, leur volonté de participer au débat, et un Traité de Lisbonne qui entérine le fait que les « élites » veulent poursuivre la construction européenne en refusant de faire intervenir le vote des citoyens.

                          Cette brèche est un vide politique et la nature polique des citoyens, dans leur ensemble, a horreur du vide...

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