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Vers une Europe allemande

Ce matin à Madrid, les titres des quotidiens s’alarment de la dépréciation de la note de l’Espagne par les marchés financiers.

En effet, le glas a sonné. Pourtant, à les lire de plus près, on continue la politique de l’Autruche et on se persuade que le boulet qui atteindra Athènes puis Lisbonne ne parviendra pas jusqu’ici.

A la fin de 2009, je m’amusais à de « fumeuses » prédictions pour l’an 2010, envisageant, outre un plongeon de la bourse, la fin de l’Euro. Nous y sommes.

Ce qu’aucun politologue patenté ne se risquait alors à envisager est pourtant devenu une certitude : La zone Euro est en phase d’agonie.

N’avaient-ils rien vu venir ? Sans doute, tant leurs effets oratoires ne sont que l’écho des bonimenteurs du pouvoir selon lesquels, à défaut d’une réalité économique tout reposerait sur la « confiance ». Sans se rappeler que le mot « crédit » n’est qu’une altération du verbe « croire » et qu’un mirage ne saurait être une réalité.

Angela Merkel le sait si bien que, par ses tergiversations apparentes, elle ne fait que précipiter un processus irrésistible qu’elle désire.

Rappelons nous : il y a peu Sarkozy nous disait : « La France est en faillite. »
Or nous allons verser 4 milliards d’Euros à la Grèce quand chacun sait désormais qu’ils ne seront jamais remboursés. Sans parler des pertes des banques françaises qui se sont exposées dans des prêts trop aventureux.
Or cette somme ne sera qu’une goutte d’eau quand il faudrait 200 milliards d’Euros pour sauver la Grèce !

Quant à l’Allemagne elle en rajoutera un peu plus, mais qu’importe, elle en a les moyens et il s’agit pour elle d’apurer les comptes et de repartir à zéro. Et d’ailleurs qui lui donnerait tort quand, lors de la création de l’Euro, elle avait fixé des règles qui n’ont pas été respectées ?

Elle a joué le rôle de la cigale qui préparait le gâteau tandis que des fourmis le grignotaient dans son dos.

Nous sommes, en France, à la croisée des chemins.

A ceux qui usent le fond de leur cervelle sur le mur des lamentations des burqas relookées entre droits de l’homme ou de la femme, ou racisme ordinaire, il serait temps qu’ils anticipent le véritable débat qui les agitera prochainement : Le choix entre un souverainisme contraint, celui des fourmis exclues de la monnaie commune.
Ou entre une nouvelle zone Euro à laquelle la France pourrait prétendre mais aux conditions de Berlin.

Ce qui présage d’un côté, une France balkanisée, une monnaie sans valeur et une économie en décrépitude. Mais de doux rêves populistes pour la soutenir.

Et de l’autre une France soumise à des règles d’austérité et de transparence par une banque centrale à Berlin.

Ou bien, cette monnaie forte se fera sur un axe Berlin-Varsovie, qui fera s’effondrer la Livre britannique et ôtera au Dollar sa fiction de valeur refuge.

L’hypothèse la plus probable est que nous n’échapperons pas à un référendum avec ce choix simple : La France comme Etat balkanisé dans une Europe du Sud ou bien dans une Europe allemande ? Après « La Cigale et la Fourmi », ce sera « Le Loup et le Chien « . La Fontaine, toujours !

Que choisirez-vous ?

Les déchirements internes qui ne manqueront pas de se produire, à droite comme à gauche, préludent à d’intéressantes perspectives pour les présidentielles de 2012.

Alors, pour l’instant, on se voile la face et on botte en touche sur des « problèmes sociétaux » qui n’ont aucun poids face au réel qu’il faudra bientôt affronter.
 

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9 réactions à cet article    


  • Alpo47 Alpo47 4 mai 2010 11:22

    Ne rêvez pas trop d’un référendum.
    Les derniers ont clairement montré aux « élites » que la population ne les suivait plus.
    Etant donné que je doute de leur masochisme, ils feront comme d’habitude, et décideront entre eux de NOTRE avenir.


    • non666 non666 4 mai 2010 13:23

      Ce qu’il faut comprendre, c’est que nous sommes dans un COMBAT a mort avec la zone dollar et la survie de celui-ci.

      Si l’on regarde les chiffres brut, les emissions massives de monnaie de singe verte , jusqu’a la fin de Bretton Wodd et apres la fin entériné de ces accords forme une bulle gigantesque.
      Si cette bulle etait purgé dans le pays d’emision (les etats unis) ,ils seraient en cessation de paiement.

      Une partie de cette buille a été purgée « grace » à la crise financiere ou des agences de notations US , entre les memes mains privées qui controlent la FED , ont vendu des creances titrisées surnotées et au risque dissimulée au reste du monde.
      De LEUR probleme, cela est devenu le notre.

      Le coup de la Grece est l’unique moyen pour faire s’effondrer l’Euro en l’utilisant la grece comme bras de levier pour faire s’effondrer le reste.
      Nous sommes TOUS surendettés.
      Mais ceux qui notent decident de ceux qui sont hors course et de ceux qui restent dans la course.

      Malgrès un endettement tant public que privé SUPERIEUR a celui de la grece , les etats unis restent classés AAA...
      Les reserves d’or sont un des elements clafs de la survieb en cas d’effondrement du systeme : la France avec les deuxiemes reserves d’or tant public que privé peut survivre au crach :
      donc Sarkozy fait vendre ces reserves au plus bas a ses amis pour mettre la France dans un collier etrangleur, avec les autres.

      En nous faisant racheter la dette Grece , on prepare la Punition de la france promise par Bush et les neo-cons.
      Nous seront declassés sitot que nous aurons mis et remis encore de l’argent pour "sauver la grece d’un endettement ...americain.
      Avec le declassement nous aurons a rembourser avec un taux superieur toute notre dette (et la dette grecque avec !)


      C’est le SEUL moyen pour renvoyer de l’argent dans l’abime sans fond des etats unis et de leur ponction structurelle sur l’economie mondiale , comme une dime imperiale.
      Mais pour cela , il faut des traitres au sommet de l’Etat Français
      Cela tombe bien, Lagarde, Sarkozy et Kouchner sont la...


      • JL JL 4 mai 2010 14:27

        La dette des Etats n’a servi qu’à masquer les politiques abjectes de réductions d’impôts, d’exonérations de charges, de mise sous perfusion d’entreprises écrasées par des dividendes invraisemblables, ainsi que de protectionnismes déguisés en subventions de toutes sortes.

        ET aujourd’hui, les mêmes qui nous ont prêté et qui prêtent encore, se conduisent comme des maîtres chanteurs, voire des dealers qui ont intoxiqué sciemment leurs victimes.

        Il faut dire non à ces bandits !


        • JL JL 5 mai 2010 07:51

          « A partir de 1995, dans la plupart des démocraties occidentales, le discours politique était saturé d’allusions au mur de la dette et à un effondrement économique imminent. On réclamait des compressions plus draconiennes et des privatisations plus ambitieuses. Pendant ce temps-là, les « think thanks » de Friedman brandissaient le spectre de la crise. Les institutions financières les plus puissantes de Washington étaient disposées à faire croire à l’existence d’une crise grâce à la manipulation des médias, certes, mais elles prenaient aussi de mesures concrètes pour créer des crises bien réelles » (Naomi Klein, p 313, « La stratégie du choc »)


        • finael finael 4 mai 2010 15:46

          L’Allemagne est, d’assez loin, le plus grand pays européen. Le plus peuplé, le plus industrialisé, et sans doute le plus avancé dans le libéralisme économique.

          Ce que ni Guillaume II ni Hitler n’ont pu faire par la guerre, l’Allemagne actuelle le fait dans la paix : elle gagne son rôle de premier plan. Cela n’a rien d’extraordinaire.

          Toutefois je trouve qu’il ne faut pas en faire « le grand méchant loup » : l’économie allemande ne va pas si bien que ça. En Allemagne même, grèves et manifestations se succèdent contre les conséquences de l’ultra-libéralisme et de plus en plus d’entreprises « allemandes » sont en réalité américaines, néerlandaises, russes, chinoises, ...

          Je ne crois pas à un quelconque axe Berlin-Varsovie contre la France ou l’Angleterre ce ne sont que délires d’esprits bien trop formatés et ignorants de la culture et surtout de l’histoire. De même, ce histoires de « lutte à mort » entre le dollar et l’Euro ne sont que fantasmes de monétaristes coupés du monde réel. Europe + USA = 1/8ème de la population mondiale. Et même si ce sont les principales puissances économiques aujourd’hui, elles ne peuvent pas se passer l’une de l’autre, comme l’Allemagne ne peut pas se passer de la France ou de l’Angleterre.

          La crise socio-économique mondiale n’a rien à voir avec les entités nationales, si ce n’est qu’elles sont dépassées par les puissances financières transnationales auxquelles elles obéissent bon gré mal gré. Le vrai conflit se situe entre les peuples et ces puissances.


          • tchoo 4 mai 2010 19:00

            Allons, allons tout cela ne repose sur rien, et est évidemment très dangereux.
            Si et seulement si, la banque centrale européenne avait le droit de prêter de l’argent aux états et ce faisant finançait les besoins de la grèce, quand bien même elle imposerait un grande rigueur dans la gestion du pays,
            il n’y aurait plus de crise grecque et les spéculateurs iraient se rhabiller, mais qui le voudra ?


            • xray 4 mai 2010 20:44


              L’Allemagne, sur qui le financement de l’Europe repose, risque bien de se sortir de l’Europe par le haut. Espérons que la France sera capable d’en faire autant. 

              Aujourd’hui on nous parle d’un grave problème de finance avec la Grèce. 
              À y regarder de plus près, il s’agit d’un faux problème. Un problème fabriqué de toute pièce. La Grèce n’est pas un cas unique. 
              L’église Orthodoxe grecque, échappant à toute fiscalité, est devenu le plus grand propriétaire foncier en Grèce (pratiquement le seul). On ne compte pas aussi les dizaines de milliards investis sur les marchés boursiers. 

              Hier on a oublié de nous parler du boulet Polonais. 
              À peine intégrée à l’Europe, la Pologne a utilisé les 80 milliards d’euros de la dotation européenne pour acheter des avions militaires américains. « Il faut dire que les Polonais sont très riches. » 

              Dans la foulée, la Pologne va utiliser « cette nouvelle liberté » pour interdire le droit à l’avortement. Cela ne peut qu’augmenter le niveau de vie des Polonais qui, dans la réalité, est l’un des plus bas d’europe. 

              Demain on passera sous silence que la Turquie dispose actuellement d’une quinzaine d’ogives nucléaires gracieusement offertes par les étasuniens dans le cadre de l’OTAN. 


              L’EUROPE du Chaos 

              Le problème n’est plus de « construire » l’Europe. Le problème est : « Comment se débarrasser de cette saloperie ? » 

              On s’achemine vers une société européenne sans nom, sans repères matériels réels, gavée de mensonges, de drogue,  de religions. Une société entièrement soumise au totalitarisme religieux. 


              L’EUROPE des curés
              http://mondehypocrite.midiblogs.com/ 

              Le bourbier européen 
              http://n-importelequelqu-onenfinisse.hautetfort.com/archive/2009/05/09/le-bourbier-europeen.html 




              • Eusèbe 4 mai 2010 22:27

                @xray. Se sortir de l’Europe ?
                IL me semble que l’Allemagne n’en a justement aucun intérêt. En imposant un Euro fort semblable au deutschmark, mais à tous les membres européens, elle a pu tirer profit de la monnaie tout en handicapant ses voisins européens tels la grèce.
                Le travail de sape sur les salaires allemands et les transferts de cotisations du patronnat vers les impôts lui a également permis un gain de compétitivité face à ses partenaire économiques, comme la France. Gageons que si dans un mouvement antagoniste la demande Française faiblissait, l’économie Allemande en pâtirait sérieusement.

                L’Allemagne tente de jouer double jeu pour s’en tirer seule.

                Jusqu’où ?


              • BA 4 mai 2010 23:28

                Mardi 4 mai 2010  :

                Selon nos informations, pour éviter de mauvaises surprises, l’Autorité de contrôle prudentiel (ACP) et l’Autorité des marchés financiers (AMF) viennent d’écrire à toutes les banques françaises, afin d’obtenir, dans des délais rapides, le montant de leur exposition aux dettes de la Grèce, du Portugal, de l’Espagne et de l’Irlande.


                http://www.lemonde.fr/economie/article/2010/05/04/incertitudes-sur-la-contribution-et-l-exposition-des-banques-a-la-dette-grecque_1346233_3234.html


                En clair : ça commence à sentir mauvais pour les banques françaises engagées en Grèce, Portugal, Espagne, Irlande.

                J’ai l’impression que les CONtribuables français vont devoir renflouer les banques françaises « dans des délais rapides ».

                Bof, ce n’est pas grave : nous avons l’habitude.

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