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Accueil du site > Actualités > Europe > Victor Hugo l’Européen, monument de la culture française (...)

Victor Hugo l’Européen, monument de la culture française (3)

Troisième et dernière partie : « En un mot, les États-Unis d’Europe. C’est là le but, c’est là le port. » (29 août 1876). « Je voudrais signer ma vie par un grand acte, et mourir. Ainsi, la fondation des États-Unis d’Europe. » (1876-1878).



Après avoir évoqué la pensée politique hugolienne sur quelques sujets notamment l’enseignement, voici la plus grande utopie hugolienne qui se réalisa un siècle plus tard.


Et l’Europe ? C’est la paix !

Cette vision nationale, celle par exemple pour l’enseignement pour tous, Victor Hugo l’a également eue pour l’organisation de l’Europe. Il était particulièrement sévère à l’égard de l’Autriche et de l’Espagne, monarchies cléricales qu’il considérait en opposition avec l’idéal républicain français. Mais cela ne l’empêchait pas de voir plus loin à l’horizon.

Très fréquemment, Victor Hugo faisait part effectivement de son idée des États-Unis d’Europe.

Au Congrès international de la paix qu’il présida à Paris, Victor Hugo a ainsi proclamé le 21 août 1849 ces phrases devenues célèbres et presque prémonitoires : « Un jour viendra où la guerre paraîtra aussi absurde et sera aussi impossible entre Paris et Londres, entre Pétersbourg et Berlin, entre Vienne et Turin, qu’elle serait impossible et qu’elle paraîtrait absurde aujourd’hui entre Rouen et Amiens, entre Boston et Philadelphie. Un jour viendra où vous France, vous Russie, vous Italie, vous Angleterre, vous Allemagne, vous toutes nations du continent, sans perdre vos qualités distinctes et votre glorieuse individualité, vous vous fondrez étroitement dans une unité supérieure et vous constituerez la fraternité européenne, absolument comme la Normandie, la Bretagne, la Bourgogne, la Lorraine, l’Alsace, toutes nos provinces, se sont fondues dans la France. Un jour viendra où il n’y aura plus d’autres champs de bataille que les marchés s’ouvrant au commerce et les esprits s’ouvrant aux idées. Un jour viendra où les boulets et les bombes seront remplacés par les votes, par le suffrage universel des peuples, par le vénérable arbitrage d’un grand sénat souverain qui sera à l’Europe ce que le Parlement est à l’Angleterre, ce que la Diète est à l’Allemagne, ce que l’Assemblée Législative est à la France ! (…) Comme les peuples lointains se touchent ! Comme les distances se rapprochent ! Et le rapprochement, c’est le commencent de la fraternité. Grâce aux chemins de fer, l’Europe bientôt ne sera pas plus grande que ne l’était la France au Moyen-Âge ! Grâce aux navires à vapeur, on traverse aujourd’hui l’océan plus aisément qu’on ne traversait autrefois la Méditerranée ! Avant peu, l’homme parcourra la Terre comme les dieux d’Homère parcouraient le ciel, en trois pas. Encore quelques années, et le fil électrique de la concorde entourera le Globe et étreindra le monde ! » (Quelle clairvoyance d’envisager jusqu’au fil électrique !).

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Bien avant Joseph Caillaux et Aristide Briand, bien avant Jean Monnet et Robert Schuman, bien avant Valéry Giscard d’Estaing et Jacques Delors, comme on le voit, l’esprit de la construction européenne planait déjà dans ce siècle terrible des nationalismes (Victor Hugo n'a d'ailleurs pas été le premier à imaginer une Europe unifiée mais il en a été le meilleur promoteur) et Victor Hugo avait compris que seule l’Europe unifiée serait la paix. Seul péché d’orgueil chauvin ou de francocentrisme, Victor Hugo voyait l’Europe unifiée sous la seule domination française avec pour capitale Paris : « Toutes les nations sœurs ayant pour cité et pour chef-lieu Paris, c’est-à-dire la liberté ayant pour capitale la lumière. » (29 août 1876). Mais à l'époque, Berlin et Rome étaient des capitales très récentes, et l'Allemagne et l'Italie des pays très récents, la France des Lumières répandant la liberté par sa Révolution partout en Europe restait un mythe encore très présent.

Dans ce fameux discours sur la paix, Victor Hugo esquissait même le possible futur Traité transatlantique : « Un jour viendra où l’on verra ces deux groupes immenses, les États-Unis d’Amérique, les États-Unis d’Europe, placés en face l’un de l’autre, se tendant la main par-dessus les mers, échangeant leurs produits, leur commerce, leur industrie, leurs arts, leurs génies, défrichant le globe, colonisant les déserts, améliorant la création sous le regard du Créateur, et combinant ensemble, pour en tirer le bien-être de tous, ces deux forces infinies, la fraternité des hommes et la puissance de Dieu ! (…) Et Français, Anglais, Belges, Allemands, Russes, Slaves, Européens, Américains, qu’avons-nous à faire pour arriver le plus tôt possible à ce grand jour ? Nous aimer ! » (21 août 1849).

Victor Hugo a aussi décrit le 29 août 1876 les horreurs en Serbie pour démontrer la nécessité d’une Europe unie : « Nous apprenons aux gouvernements d’Europe ceci, c’est qu’on ouvre les femmes grosses pour leur tuer les enfants dans les entrailles, c’est qu’il y a dans les places publiques des tas de squelettes de femmes ayant la trace de l’éventrement, c’est que les chiens rongent dans les rues le crâne des jeunes filles violées, c’est que tout cela est horrible, c’est qu’il suffirait d’un geste des gouvernements d’Europe pour l’empêcher, et que les sauvages qui commettent ces forfaits sont effrayants, et que les civilisés qui les laissent commettre sont épouvantables. Le moment est venu d’élever la voix. L’indignation universelle se soulève. Il y a des heures où la conscience humaine prend la parole et donne aux gouvernements l’ordre de l’écouter. Les gouvernements balbutient une réponse. Ils ont déjà essayé ce bégaiement : on exagère. (…) Chicaner l’indignation publique, rien de plus misérable. Les atténuation aggravent. C’est la subtilité plaidant pour la barbarie. C’est Byzance excusant Stamboul. Nommons les choses par leur nom. Tuer un homme au coin d’un bois qu’on appelle la forêt de Bondy ou la forêt Noire est un crime ; tuer un peuple au coin de cet autre bois qu’on appelle la diplomatie est un crime aussi. (…) Est-ce donc si difficile, la paix ? La République d’Europe, la Fédération continentale, il n’y a pas d’autre réalité politique que celle-là. (…) Ce que les atrocités de Serbie mettent hors de doute, c’est qu’il faut à l’Europe une nationalité européenne, un gouvernement un, un immense arbitrage fraternel, la démocratie en paix avec elle-même (…). En un mot, les États-Unis d'Europe. C'est là le but, c'est là le port. Ceci n’était hier que la vérité ; grâce aux bourreaux de la Serbie, c’est aujourd’hui l’évidence. » ("Pour la Serbie"). Cette description de l’horreur humaine semble désormais s’appliquer aux assassinats commis par les fanatiques du Daech.

Dans une lettre du 20 septembre 1872, Victor Hugo, retenu en exil, a écrit ceci aux organisateurs du Congrès de la Paix à Lugano : « À coup sûr, cette chose immense, la République européenne, nous l’aurons. Nous aurons ces grands États-Unis d’Europe, qui couronneront le vieux monde comme les États-Unis d’Amérique couronnent le nouveau. Nous aurons l’esprit de conquête transfiguré en esprit de découverte ; nous aurons la généreuse fraternité des nations au lieu de la fraternité féroce des empereurs ; nous aurons la patrie sans frontière, le budget sans le parasitisme, le commerce sans la douane, la circulation sans la barrière, l’éducation sans l’abrutissement, la jeunesse sans la caserne, le courage sans le combat, la justice sans l’échafaud, la vie sans le meurtre, la forêt sans le tigre, la charrue sans le glaive, la parole sans le bâillon, la conscience sans le joug, la vérité sans le dogme, Dieu sans le prêtre, le ciel sans l’enfer, l’amour sans la haine. L’effroyable ligature de la civilisation sera défaite ; l’isthme affreux qui sépare ces deux mers, Humanité et Félicité, sera coupé. Il y aura sur le monde un flot de lumière. Et qu’est-ce que c’est que toute cette lumière ? C’est la liberté. Et qu’est-ce que c’est que toute cette liberté ? C’est la paix. ».

Cette prise de position, l’ancien Ministre des Affaires étrangères Jean François-Poncet l’a commentée le 15 novembre 2002 ainsi : « Victor Hugo n’a rien d’un dément. Mais il est probable qu’on ne verrait en lui qu’un rêveur inspiré si l’Histoire, celle du XXe siècle, n’avait, après deux guerres mondiales et des dizaines de millions de morts, inscrit sa prophétie dans des traités, des institutions et une monnaie dont la naissance constitue l’un des grands événements politiques de notre temps. L’Europe, dont Victor Hugo s’est fait, tout au long de sa vie, le chantre passionné, ressemble-t-elle à la Communauté d’aujourd’hui, celle de Jean Monnet et de Charles De Gaulle ? Oui, elle en a, dans une assez large mesure, les caractéristiques. (…) L’Europe hugolienne est démocratique et républicaine, comme la nôtre. (…) Le fait est que l’union de l’Europe n’a pris corps qu’avec la disparition, après 1945, des régimes totalitaires d’Allemagne et d’Italie et que la démocratie et les droits de l’Homme sont, comme Victor Hugo l’avait prédit, les fondements de la communauté qui se construit. L’Europe de Victor Hugo (…) est rhénane, c’est-à-dire franco-allemande ; elle n’inclut pas l’Angleterre. C’est une ligne de force à laquelle Hugo se tiendra, mais qui comportera, après la guerre de 1870, un préalable : le retour de l’Alsace-Lorraine à la France. (…) Le jeune royaliste devient admirateur de Napoléon, avant de militer, corps et âme, pour la République. Mais jamais il ne renonce à l’espérance européenne, véritable point fixe de sa pensée politique. Personne ni alors ni aujourd’hui, n’a défendu l’idéal européen avec autant de force, de talent et d’éloquence que lui. Oui, Victor Hugo est bien le père spirituel de l’Union Européenne ! » (Colloque au Sénat, "Victor Hugo, l’Europe et la paix").

Pour Victor Hugo, la construction européenne n’était qu’une étape vers un monde complètement uni. Pour l’Exposition universelle à Paris en 1869, il écrivit : « Elle s’appellera l’Europe, au XXe siècle, et, aux siècles suivants, plus transfigurée encore, elle s’appellera l’Humanité. ». Il est des utopies (selon l’ironie de Maurice Barrès) capables finalement de se réaliser…

Ovationné lorsqu’il a prononcé les quelques mots d’adieu à ce congrès le 24 août 1849, Victor Hugo a pris date pour l’avenir, avec un certain orgueil : « Frères, j’accepte ces acclamations, et je les offre aux générations futures. Oui, que ce jour soit mémorable, qu’il marque la fin de l’effusion du sang humain, qu’il marque la fin des massacres et des guerres, qu’il inaugure le commencement de la concorde et de la paix du monde, et qu’on dise : le 24 août 1572 s’efface et disparaît sous le 24 août 1849 ! » (pour rappel, le 24 août 1572 s’est produit le massacre de la Saint-Barthélémy qui entraîna la mort de plusieurs dizaines de milliers de personnes).

Dans son discours d’ouverture au Congrès littéraire internationale le 7 juin 1878, Victor Hugo a repris cette idée que la culture faisait la paix : « Cette glorieuse année proclame, par l’exposition de Paris, l’alliance des industries ; par le centenaire de Voltaire [de sa mort], l’alliance des philosophes ; par ce congrès ici rassemblé, l’alliance des littératures ; vaste fédération du travail sous toutes les formes ; auguste édifice de la fraternité humaine, qui a pour base les paysans et les ouvriers et pour couronnement les esprits. L’industrie cherche l’utile, la philosophie cherche le vrai, la littérature cherche le beau. L’utile, le vrai, le beau, voilà le triple but de tout l’effort humain ; et le triomphe de ce sublime effort, c’est, Messieurs, la civilisation entre les peuples et la paix entre les hommes. (…) Vous et nous, nous sommes les concitoyens de la cité universelle. Tous, la main dans la main, affirmons notre unité et notre alliance. Entrons tous ensemble dans la grande patrie sereine, dans l’absolu, qui est la justice, dans l’idéal, qui est la vérité. (…) Messieurs, il y a un romain qui est célèbre par une idée fixe, il disait : Détruisons Carthage ! J’ai aussi, moi, une pensée qui m’obsède, et la voici : Détruisons la haine ! Si les lettres humaines ont un but, c’est celui-là. (…) La meilleure destruction de la haine se fait par le pardon. » (prononcé à Paris).


Autres positions politiques

Je cite très rapidement son très célèbre combat pour l’abolition de la peine de mort car je l’ai déjà évoqué récemment, par cette formule choc : « Que dit la loi ? Tu ne tueras pas. Comment le dit-elle ? En tuant ! ».

La volonté de Victor Hugo de porter l’attention sur les déshérités de la vie s’est traduite non seulement littérairement mais aussi politiquement. Issu du conservatisme politique, il s’était convaincu de devenir progressiste pour améliorer socialement le peuple. Il a ainsi voulu combattre la misère.

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Dans son discours du 9 juillet 1849, Victor Hugo a dit en particulier : « Je suis de ceux qui pensent et qui affirment qu’on peut détruire la misère. (…) La misère est une maladie du corps social comme la lèpre était une maladie du corps humain ; la misère peut disparaître comme la lèpre a disparu. (…) Il y a dans Paris, dans ces faubourgs de Paris que le vent de l’émeute soulevait naguère si aisément, il y a des rues, des maisons, des cloaques, où des familles, des familles entières, vivent pêle-mêle, hommes, femmes, jeunes filles, enfants, n’ayant pour lits, n’ayant pour couvertures, j’ai presque dit pour vêtements, que des monceaux infects de chiffons en fermentation, ramassés dans la fange du coin des bornes, espèce de fumier des villes, où des créatures s’enfouissent toutes vivantes pour échapper au froid de l’hiver. Voilà un fait. En voulez-vous d’autres ? Ces jours-ci (…), un malheureux homme est mort de faim, mort de faim à la lettre, et l’on a constaté, après sa mort, qu’il n’avait pas mangé depuis six jours. (…) Eh bien, Messieurs, je dis que ce sont là des choses qui ne doivent pas être ; je dis que la société doit dépenser toute sa force, toute sa sollicitude, toute son intelligence, toute sa volonté, pour que de telles choses ne soient pas ! Je dis que de tels faits, dans un pays civilisé, engagent la conscience de la société tout entière ; que je m’en sens, moi qui parle, complice et solidaire, et que de tels faits ne sont pas seulement des torts envers l’homme, que ce sont des crimes envers Dieu ! (…) Vous n’avez rien fait, tant que eux qui sont dans la force de l’âge et qui travaillent peuvent être sans pain ! Tant que ceux qui sont vieux et ont travaillé peuvent être sans asile ! Tant que l’usure dévore nos campagnes, tant qu’on meurt de faim dans nos villes, tant qu’il n’y a pas des lois fraternelles, des lois évangéliques qui viennent de toutes parts en aide aux pauvres familles honnêtes, aux bons paysans, aux bons ouvriers, aux gens de cœur ! Vous n’avez rien fait, tant que l’esprit de la révolution a pour auxiliaire la souffrance publique ! » (en séance). Un discours pas très éloigné de ceux de Jean Jaurès.


Le trou impérial

Il est clair que l’exil qu’il a choisi pour s’opposer à Napoléon III lui a empêché toute activité politique pendant une vingtaine d’années. Lorsqu’on s’aperçoit de la robustesse de ses idées, du talent pour les exprimer, du charisme pour emporter l’adhésion, on pourrait se dire qu’il y a eu, avec Victor Hugo, un "gâchis" de talent politique. A contrario, peut-être tant mieux ainsi, car on peut être difficilement acteur et observateur en même temps. Durant son exil, il a écrit entre autres "Les Châtiments" (1853), "Les Contemplations" (1856), "La Légende des siècles" (1859) et "Les Misérables" (1862). Sans doute que s’il avait eu une activité politique beaucoup plus dense, des responsabilités politiques prenantes, une ambition dévorante, il aurait "produit" beaucoup moins de ses belles créations littéraires, pour le plus grand malheur de ses lecteurs, même cent trente années après sa disparition…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (22 mai 2015)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Victor Hugo le politique.
Victor Hugo le républicain.
Victor Hugo l’Européen.
L’élection présidentielle de décembre 1848.
Napoléon III.
Pour l’abolition de la peine de mort.
L’Europe, c’était la guerre.
L’Europe, c’est maintenant la paix.
Jean Jaurès.
Actes du Colloque sur Victor Hugo au Sénat (15 et 16 novembre 2002).

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7 réactions à cet article    


  • César Castique César Castique 30 mai 2015 10:15

    « Oui, Victor Hugo est bien le père spirituel de l’Union Européenne ! »


    Mais Hugo est aussi - et rien de plus que cela - un illuminé bien de son siècle qui colporte toutes les chimères, à base de suffrage universel, de paix, de solidarité et de fraternité, dudit siècle.

    On se demande ce qu’il dirait s’il découvrait ce qu’est devenue sa fille spirituelle : une dictature technocratique dirigée par une oligarchie n’ayant de comptes à rendre à personne.

    P.S. - Rappelons que l’ hostilité de Victor Hugo à l’égard de Napoléon III est consécutive au refus de l’Empereur de lui confier le ministère de l’instruction politique.

    P.S. 2 - J’entends en ce moment même, sur Radio Courtoisie, le fils de PierreAntoine Cousteau, qui vient de rééditer l’introuvable Hugothérapie ou comment l’esprit vient aux mal-pensants. A lire absolument !

    • Laurent Simon 30 mai 2015 15:13

      @César Castique L’UE est inachevée,imparfaite, avec un Parlement d’influence croissante rapidement, mais cette construction n’a jamais été « une dictature technocratique dirigée par une oligarchie n’ayant de comptes à rendre à personne ».

      Comme disait quelqu’un la construction européenne est comme une bicyclette : dès qu’on s’arrête de pédaler, on tombe. Et c’est bien ce qui se produit depuis quelques années, avec le ralentissement lié aux deux NON (français et néerlandais) de 2005, avec les deux OUI espagnols et luxembourgeois. Deux NON qui ont fait perdre énormément de temps, un temps précieux, et surtout une énergie extrêmement précieuse,
      ce qui n’a pas permis de compléter l’édifice euro suffisamment rapidement.

      Du coup, « quand la crise fut venue » (2007-2008), elle a emporté beaucoup de choses, et la Grèce, qui est bien sûr en partie responsable (et en particulier ses ’élites’ politiques) en a payé un lourd prix, elle continue de le payer très cher, de même que l’Espagne, le Portugal, ou l’Italie (par exemple).

      Et l’on est passé à côté d’une gigantesque crise en 2011.
      Et l’on va peut-être se prendre une tout aussi gigantesque crise, si un accord correct n’est pas trouvé rapidement avec la Grèce dans les jours qui viennent.

      Voir mes prochains articles, dans les prochains jours.
      Il reste encore énormément à faire pour que la construction « UE » soit à la hauteur des enjeux, dans un monde en mutation profonde (émergence de nombreux pays, mutation de l’économie liée notamment à internet, etc.), mais ce n’est pas en disant des contre-vérités, et en exagérant énormément ce qui ne va pas bien, et en taisant les énormes bienfaits actuels, qu’on résoudra les tout aussi énormes difficultés qui sont devant nous.


    • César Castique César Castique 30 mai 2015 18:46

      @Laurent Simon« ... »Comme disait quelqu’un la construction européenne est comme une bicyclette : dès qu’on s’arrête de pédaler, on tombe."


      Et c’est exactement pour cela que l’Europe n’est pas démocratique, et ne peut pas l’être. Tous les peuples doivent pédaler, que cela leur plaise ou non. Mais que l’économie allemande connaisse les graves difficultés économiques que d’aucuns prédisent, et vous verrez les Teutons se révolter contre leur fonction de vaches à lait du Club Méd’

       

       

      "...ce n’est pas en disant des contre-vérités, et en exagérant énormément ce qui ne va pas bien, et en taisant les énormes bienfaits actuels, qu’on résoudra les tout aussi énormes difficultés qui sont devant nous."

       

       

      Ce n’est ni une exagération ni une contre-vérité que d’affirmer qu’ «  Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens  », puisque c’est Juncker lui-même qui l’avoue.

       

       

      Quant au destin du mini-machin, il apparaît bien sombre. C’est qu’il devient de plus en plus odieux à de plus en plus de monde. 

       

       

      Et il vous faut bien comprendre une chose : l’Union
      - comme ils disent - européenne, ne s’inspire ni des Etats-Unis, dont chaque Etat est, en soi, un melting pot, ni à la Suisse qui s’est patiemment construite au long des siècles et entre voisins qui se connaissaient et s’appréciaient, mais que c’est un conglomérat artificiel et « brutal », comme la Belgique, la Yougoslavie et la Tchécoslovaquie.

       

       

      Les « vieux » qui l’ont lancée entretenaient le souvenir de deux guerres mondiales, et ensuite l’épouvantail bolchevique prit le relais. Mais depuis 1989, depuis l’effondrement du bloc de l’Est, l’Union - comme ils disent - européenne n’a plus d’ennemi, matérialisant ce qu’elle voudrait n’être à aucun prix et contre lequel se recompacter unanimement dans les moments de tensions internes. A terme, cela pourrait la condamner. 


    • Ouallonsnous ? 30 mai 2015 17:27

      On ne pouvait attendre mieux de Sylvain Rakotoarison, un monument de « lèche » à l’UE/OTAN, drapée dans les gloires Hugoliennes du passé !


      • soi même 30 mai 2015 17:58

        Toujours aussi terre à terre comme conclusion sur les propos de Hugo , le problème c’est que l’on se met jamais à la place de celui là écrit, l’on se met toujours en avant comment cela doit être compris, estes vous sur ce c’est bien votre conclusion qu’il a exprimez dans ses pensés ?

         

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