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Washington se réjouit de la coalition Gauche-Droite en Grèce

Washington se réjouit des élections législatives en Grèce car elles laissent augurer une coalition Droite-Gauche mettant en oeuvre le plan de riguer imposé pour rester dans l'Euro.

Comme c'était hélas à craindre, une majorité d'électeurs grecs ont été victimes de la campagne d'intimidation et de terreur qui leur a été assénée depuis un mois pour leur faire croire que la sortie de l'euro signifierait l'Apocalypse.

LA DROITE PRO-EURO ARRIVE EN TÊTE

En ce dimanche 17 juin au soir, les élections législatives grecques semblent donner les résultats suivants, par ordre décroissant :

1°) - les conservateurs de Nouvelle démocratie (ND, équivalent de l'UMP en France) recueillent 29,5% des voix, soit au moins 128 sièges sur les 300 que compte l'Assemblée nationale,

2°) - le parti de gauche Syriza (équivalent du Front de Gauche en France) reçoit 27,1% des suffrages, mais seulement 72 siège.

3°) - le PASOK (équivalent du PS en France) devrait recueillir 33 sièges, et pourraient former une coalition au pouvoir avec ND, afin de mettre en œuvre l'austérité requise pour rester dans l'euro. Les pourparlers pour la formation d'une nouvelle coalition devraient commencer dès lundi 18 juin.

4°)- les "Grecs indépendants" (ANEL, droite nationaliste) devraient recueillir 21 sièges

5°)- le parti néo-nazi, Aube dorée (XA, extrême droite), qui a tellement fait la Une des médias occidentaux pour y jouer le rôle du croque-mitaine, devrait recevoir 19 sièges,

6°)- la Gauche démocratique, un parti pro-européen qui avait quitté Syriza en 2010, devrait obtenir 16 sièges,

7°) - le Parti communiste (KKE), qui est le seul parti politique à proposer clairement la sortie de l'euro et de l'UE, devrait obtenir 13 sièges. 


UNE COALITION PRO-EURO PROBABLE

Dès dimanche soir, Antonis Samaras, le leader de ND, a proposé la formation d'un gouvernement de coalition pro-européen, avec les socialistes du PASOk et peut-être aussi la "Gauche démocratique" pro-européenne.  

M. Samaras a bien entendu, pour cela, récité la ritournelle des européistes, en égrenant les bobards propagandistes habituels : 

« Le peuple grec, aujourd'hui, a voté pour que la Grèce reste sur le chemin de l'Europe et dans la zone euro. Ils ont choisi une politique qui apportera des emplois, la croissance, la justice et la sécurité. »
 

LES AMBIGUÏTÉS ONT FAVORISÉ LES PARTIS PRO-EURO


S'il se déclare favorable à l'austérité, M. Samaras avait cependant fait mine, pendant la campagne, de vouloir renégocier les conditions du plan de sauvetage du pays. Il avait ainsi fait savoir qu'il aimerait que le plan de rigueur soit étalé jusqu'en 2016, et non 2014.  

Son compère socialo-européiste du PASOK avait usé de la même ficelle, en parlant même de 2017.  

Ce sont probablement ces vagues promesses d'étalement de la rigueur dans le temps qui ont permis au "NDPASOK" (équivalent de notre "UMPS") de remporter suffisamment de voix pour envisager un gouvernement de coalition. 

A contrario, la semi-victoire/semi-échec de Syriza (qui renforce encore ses scores mais qui est battu assez sensiblement par ND) découle peut-être en partie du fait que son chef, Alexis Tsipras, a, lui aussi, cultivé l'ambiguïté. 

Pendant la campagne, il a tenu un discours aussi peu crédible que celui de M. Mélenchon en France : car, tout en jouant les Matamores et en annonçant qu'il refuserait les "plans de sauvetage" [sic] en l'état, il avait aussi affirmé qu'il n'entendait pas du tout quitter la zone euro. 

Le problème de ce positionnement "mélenchonesque", c'est que les électeurs peuvent en retirer l'impression qu'il faut à tout prix rester dans la zone euro et dans l'UE ; et ils peuvent alors en déduire la conclusion, somme toute logique, qu'il vaut mieux voter pour des partis qui ne risquent pas de se mettre à dos les dirigeants de ladite zone euro... 

En un mot, Syriza en Grèce, tout comme le Front de Gauche en France, a failli à son devoir pédagogique : au lieu d'expliquer clairement au peuple pourquoi il faut absolument sortir de l'UE et de l'euro, il a donné aux électeurs le sentiment du contraire. 

Dès lors, sa pose alter-européiste apparaît comme peu crédible au plus grand nombre car les électeurs lisent et entendent ce que disent et écrivent les dirigeants des autres pays de la zone euro. 

Tout comme le Front de Gauche en France, Syriza a ainsi ouvert la voie à la politique de destruction des européistes qu'il prétendait combattre. 

WASHINGTON RAVI 

La Maison Blanche n'a pas tardé à réagir.  

Son porte-parole, M. Jay Carney, vient de « féliciter les Grecs pour le scrutin législatif qui a ouvert la voie à une coalition de partis favorables à l'euro » (Dépêche AFP du 17 juin 2012 - 22h53). 

Et il a mis les points sur les i : « Comme l'ont dit le président Obama et d'autres leaders mondiaux, nous pensons qu'il est de notre intérêt à tous que la Grèce reste dans la zone euro tout en respectant ses engagements sur les réformes. » 

La preuve est ainsi apportée, une énième fois, des pressions américaines en coulisse pour que la zone euro n'éclate pas, afin de ne pas menacer d'éclatement le glacis géopolitique américain perfidement dénommé "construction européenne". 

Les analyses de Mme Parisot (MEDEF) et de Mme Myret Zaki (magazine suisse Le Bilan), qui osent affirmer que les États-Unis travailleraient en sous-main pour torpiller l'euro, sont, par la même occasion, une nouvelle fois ridiculisées. 

François Asselineau

Site Internet : http://www.u-p-r.fr/
Facebook : http://www.facebook.com/upr.francoisasselineau
Twitter : https://twitter.com/# !/UPR_Asselineau




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Les réactions les plus appréciées

  • Par caramico (---.---.---.156) 18 juin 2012 10:36

    Nos amis Grecs ne vont pas tarder à voir qu’ils ont fait une connerie.

    C’était notre seule chance de salut, les financiers, voyant maintenant que les Grecs vont honorer leurs dettes, vont continuer à s’attaquer à l’Espagne, l’Italie, la France... l’Europe va y passer en entier.

    Une sortie de l’Euro de la part des grecs aurait été un coup de semonce pour ces vampires, qui en y laissant des plumes, auraient regardé à deux fois avant de continuer leurs prédations.
    Maintenant, ils ont le champ libre et on va tous être bouffés, tant pis pour nous, on est trop c...

  • Par bergerlotois (---.---.---.47) 18 juin 2012 11:59

    Quand on voit le nom du parti vainqueur « Nouvelle Démocratie » on se dit que vraiment, tout est possible de nos jours (en grèce et ailleurs).

    Les states ont besoin de l’euro pour se maintenir en position dominante avec le dollar. La chute de l’euro entrainera la montée relative et rapide des monnaies du clan des BRICS et donc la chute de l’égémonie du dollar. Dans cette économie libérale, on peut dire que l’euro sert de fusible ; et tant que le fusible ne grille pas, ça va.

    Si l’euro tombe, le yen et le dollar suivront de très près et c’est toute la doctrine occidentale qui coulera. Tout cela va de toute façon advenir. On secoue frénétiquement une bouteille de bière bien chaude en se disant que le bouchon va tenir....mais plus on attend, et plus ça va péter fort. Nous sommes en train de liquider les actif tangibles (richesse nationale) sur lesquels repose ces monnaies. Leur valeur réelle est de ce fait proche de zéro.

  • Par La mouche du coche (---.---.---.95) 18 juin 2012 13:56
    La mouche du coche

    Si on a refusé à M. Papaendreou de faire un referendum exactement sur cette question, c’est qu’ils savaient très bien que la réalité est l’inverse de ce que vous dites.

  • Par Abou Antoun (---.---.---.225) 18 juin 2012 12:17
    Abou Antoun

    Je ne comprends pas les Grecs ils ont voté pour ceux qui les ont mis dans la merde
    C’est vrai qu’en France la situation est complètement différente.

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