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Accueil du site > Actualités > Info locale > Chéri, j’ai rétréci Paris

Chéri, j’ai rétréci Paris

Et si Paris déclinait... faute d’amour de la mondialisation de la part de ses élus, seule option connue pour la prospérité d’une capitale internationale.

Elu à la faveur de l’usure de la droite parisienne, Bertrand Delanoé a-t-il doté Paris d’une stratégie globale ? Les opportunités pour Paris ne manquent pas en ce début de siècle. 4% par an de croissance mondiale, c’est plus de touristes et d’investisseurs à Paris. L’essor de notre grande Europe crée des échanges nouveaux entre créateurs, diplomates, hommes d’affaires des capitales les plus attractives. En France, le TGV concentre les lieux de décision à Paris. La désindustrialisation de l’Ile-de-France devrait s’accompagner d’un essor de la création d’emplois tertiaires, de petites entreprises innovantes. La révolution internet, qui commence à peine, redistribue les emplois entre les villes mondiales les plus attractives.

La politique municipale parisienne limite les capacités de la capitale à tirer parti de ses atouts. La priorité aux créations de crèches et de logements sociaux, et la lutte contre la pollution automobile, ne distinguent Paris d’aucune autre ville moyenne d’Europe.

La Ville de Paris a sacralisé son espace. Les municipalités de Londres, Bruxelles, Lyon ou Marseille se sont associées avec leurs voisines. Villes centres et villes de banlieue ont dégagé de nouveaux terrains et partagé de nouvelles charges et de nouvelles recettes fiscales. En restant isolée, Paris fait la fortune de la première couronne, et organise son déclin financier. Les entreprises prestigieuses qui restent à Paris limitent leurs effectifs au minimum. Des arrondissements d’affaires perdent des milliers d’emplois, laissant des friches de bureaux vides.

La Ville de Paris a figé son urbanisme haussmannien. Les hauteurs d’immeubles sont limitées, les façades sont imposées. Comment capter plus de touristes, avec un nombre réglementé d’hôtels ? Comment accueillir la création d’entreprises, avec moins d’hôtels d’entreprises qu’Amiens ? Comment encourager le déploiement des hauts débits, avec une taxe unique en Europe, et exorbitante, sur le passage de la fibre optique dans les sous-sols ? Pourquoi mettre tant de moyens à détruire les emplois textiles dans le 11e, au lieu de les renforcer ? Pourquoi entraver la croissance de la fréquentation TGV et ses retombées économiques sur Paris, en limitant les surfaces de parking des gares ? Comment faire vivre la nuit une capitale populaire et internationale, sans transport en commun ? Comment développer les emplois et le pouvoir d’achat, sans la concurrence de nouveaux grands commerces ? Comment augmenter le tourisme européen, sans encourager les liaisons aériennes low cost dans les aéroports de Paris ?

Paris est repliée à l’intérieur du périphérique. Ses élus sont rétifs aux nouvelles « destructions créatrices » qui bouleversent le monde d’aujourd’hui. Paris est rendue inerte par les statuts des personnels municipaux, et ridicule par les trouvailles de sa communication. Preuve de l’échec d’une politique, les marges de manoeuvre du budget de Paris dépendent de la croissance des recettes fiscales de la spéculation immobilière et sont affectées aux besoins sociaux. Ce malthusianisme prive la ville de grands chantiers immobiliers novateurs. Il détourne les créateurs faute de terrain d’expression et d’une communauté d’accueil. En 1830, il a fallu 20 000 morts du choléra dans Paris pour que les édiles perçoivent le besoin de repenser une ville surpeuplée et conçue au Moyen Age. Aujourd’hui, combien faut-il encore de malheurs pour repenser Paris ?

L’héritage du passé fait de Paris une ville à ne pas manquer. Mais Paris n’est plus attractive par sa créativité d’aujourd’hui. Paris a besoin d’une stratégie d’influence, d’un périmètre élargi, d’administrations locales efficientes, d’une démocratie participative, d’un urbanisme en mouvement, et surtout de moins d’entraves à toutes les formes de création et de génie.

A mi-mandat, il devrait être question de projet stratégique pour Paris.


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9 réactions à cet article    


  • Manu (---.---.77.234) 11 octobre 2005 21:22

    Habitant depuis 7 ans dans le 19ème arrondissement de Paris, je me demande si nous vivons dans la même ville ? Durant cette période, j’ai pu constater :

    le réaménagement de la promenade de la rive droite du canal de l’ourcq,

    des réfections de voiries,

    la construction de crèches,

    la construction de nouveaux bâtiments (bureaux, logements),

    l’aménagement de la zac pont de flandres,

    le percement d’une rue,

    la mise en place d’espace civilisé (partage de l’avenue jean jaures entre piéton, cycliste, bus et automobile),

    la construction d’un cinéma (mk2 quai de la loire),

    la démarrage de la réfection du magasin général,

    le réaménagement de la place de la bataille de stalingrad,

    la mise en place de mobilien sur la ligne 60,

    la rénovation de plusieurs stations de métro,

    la réfection complète du BHV, du monprix, du supermarché casino,

    etc.

    En élargissant, citons pêle-mêle : l’ouverture de météore,

    l’ouverture d’eole,

    l’extension de la gare du nord,

    l’extension en cours de la gare de l’est

    l’aménagement de bercy village

    la restauration de l’opéra garnier

    l’ouverture du lafayette maison (ex marks & spencer)

    la rénovation du grand palais,

    etc.

    Dire que Paris est immobile après ça ne peut que témoigner d’une méconnaissance de cette ville. Mais peut-être est-ce parce que la plupart de ces aménagement sont destinés aux parisiens, auxquels il faut penser d’abord, bien avant la place de Paris dans les capitales d’un monde mondialisé.

    Evidemment, tout est loin d’être parfait, et en premier lieu, la propreté, indigne d’une ville du 21è siècle.

    Avant d’être une capitale, Paris est avant tout une ville, qui se doit d’améliorer en premier lieu le sort de ses habitants.


    • Didier Roubinet (---.---.84.93) 13 octobre 2005 10:17

      Certes, Paris bouge. Avant d’etre des bureaux desormais vides les appartements des beaux quartiers avaient des habitants...et meme pour certains des loyers « loi de 48 » (j’y étais). Quoi que l’on fasse -y compris de beaux aménagements et des quartiers verts- il y aura toujours moyen de spéculer. La segmentation du « marché » de la Région Parisienne en autant de petits royaumes a de ce point de vue été très efficace. Pendant les travaux, la vente continue...


      • Didier Roubinet (---.---.84.93) 13 octobre 2005 10:22

        Au fait, qui a créé les départements de la petite couronne, et les fonctionnaires qui vont avec ?


        • pisou (---.---.15.21) 13 octobre 2005 11:54

          salut les bobos bien fait pour ma gueule j’ai fait science pas assez d’argent pas boboisable

          ils sont partout font les lois sur mesure pour eux, UMP surtout mais PS aussi a la mairie de paris au gouvernement ,a la télé

          c’est les meme cercle d’elite d’ecole de marketing, managment , HEC ou autre

          pour ma part j’ai fait de la chimie je suis de nantes faire un post doc a paris

          la j’ai comprit ma douleur LA CRISE DU LOGEMENT ah ca oui je l’ai bien senti !!!!

          les bobos,il te parle d’ouverture economique derriere leur porte blindé bien ferme ah les fils de pute !!!

          les trimeurs ca n’a jamais été vous, ce sont les smicards


          • Proof OK (---.---.28.210) 13 octobre 2005 16:26

            J’habite Paris centre , apres avoir habite 8 ans Hong Kong et 3 a New york. C’est une ville extra , mais si je devais la definir, je dirais : que c’est la seule grande metropole ou tout est : VOLONTAIREMENT COMPLIQUE, et ou les autorites s’emploient a compliquer encore plus les choses chaque jour. Enfin , on trouve tout a Paris, mais la aussi , vous etes generalement tres mal recu : (c’etait vrai particulierement dans ce grand magasin qui a ferme ses portes rue de Rivoli, le service etait .....) Les francais N’AIMENT PAS LE SERVICE ! ni les touristes, ni les businessmen , ni les autres francais d’ailleurs. Le but inavoue ? : en faire une ville musee visitee par des etrangers ne parlant pas francais, comme cela ils ne ressentiront pas qu ils sont mal recus


            • (---.---.15.21) 14 octobre 2005 10:17

              salut, je suis macon je vient de villneuve saint george comme l’a dit mon collegue on a tout a paris sauf le toit ou chier tranquille sinon comment je fait moi pour faire mon business plan pour devenir le golden boy

              ddd U DU LOGEMENT DU LOGEMENT DU LOGEMENT DU LOGEMENT DU LOGEMENT DU LOGEMENT DU LOGEMENT DU LOGEMENT


              • En tee scie pet (---.---.28.210) 14 octobre 2005 11:54

                reponse au macon : vu qu il y a des milliers de ruine intra-muros a Paris a prix tres bas, vous gagnerez plus de fric en qualite de maçon en renovant une ruine , qu en travaillant dans une entreprise ! Voila la solution pour multiplier par 10 ou 20 un pret au pres d’une banque !!


                • (---.---.68.56) 29 décembre 2005 14:42

                  PARIS, ville laboratoire de DELANOE et des VERTS : tu parles, ils s’en foutent plein les poches et jouent aux integres purs et durs !surtout Delanoé, le mou pensant, le roseau fragile, tu parles : c’est un magouilleur de première !!!


                • Merlinp (---.---.110.3) 10 janvier 2006 17:56

                  c’est vrai ça, tout comme toi tu débites des conneries à la pelle... y a personne qui modère les insultes gratuites ?

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