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Accueil du site > Actualités > Info locale > Comment l’industrie nucléaire achète les élus meusiens

Comment l’industrie nucléaire achète les élus meusiens

Bure, village de moins de 100 habitants situé à l’extrême Sud de la Meuse, a dernièrement inauguré une salle des fêtes flambant neuve. La commune s’apprête également à lancer la construction d’un hôtel-restaurant de 14 chambres. Ces équipements font en fait partie de l’accompagnement économique d’un territoire qui a accepté d’accueillir les cochonneries nucléaires de la France entière (voir ici).

Si certaines organisations, comme le Groupe BLE Lorraine, continuent de contester le projet, les réticences restent assez faibles, compte tenu des retombées économiques, notamment en termes d’emploi, et de la manne financière que cela représente. Les responsables économiques locaux souhaitent en effet l’installation et le développement d’une filière industrielle centrée autour des métiers du nucléaire. Il faut dire qu’avec l’argent du nucléaire, les « volontaires » ont eu 80 % de subventions pour refaire leurs façades. Tous les ans, chacun a un bon de 35 euros pour fleurir devant sa maison.

Depuis 2005, il existe un pseudo laboratoire souterrain chargé de vérifier la faisabilité du projet (voir ici). C’est seulement après le débat public en 2013 et la décision politique de créer ou non un centre de stockage en 2016, que pourraient commencer les travaux pour un montant, au bas mot, de 15 milliards d’euros (voir ici).

Depuis 2000, les producteurs des futurs déchets nucléaires sont tenus de payer une taxe qu’un Groupement d’Intérêt Public (GIP) pour la Meuse reversent ensuite à des projets locaux qui y postulent. Ces fonds, qui proviennent à 78 % d’EDF, à 17 % du Comité à l’Energie Atomique (CEA) et à 5 % d’Areva, sont de plus en plus importants. Depuis l’an dernier, ils atteignent 30 millions d’euros par an. Ils permettent de financer la réhabilitation et la construction de locaux d’entreprises, de logements, de routes ou encore récemment d’une unité Alzheimer (voir ici). Certaines communes deviennent même dangereusement dépendantes des fonds du GIP pour leurs projets, à l’image de Bar-le-Duc, qui finance un tiers de sa nouvelle gare multimodale, la requalification de son centre-ville et son festival Renaissance grâce à ces fonds. L’argent sert également à créer de nouvelles activités ou à en relocaliser d’autres. Par exemple, à Bure, EDF a construit un centre pour ses archives industrielles et une plateforme logistique où seront stockées et réparées toutes les pièces de rechange des centrales nucléaires françaises (voir ici). 65 emplois ont été générés par cette opération. Par ailleurs, un projet de gazéification de la biomasse est à l’étude et Areva a créé une zone d’activité, un centre d’archivage et une base logistique. Le site fait actuellement travailler près de 400 personnes. L’Agence Nationale pour la gestion des Déches Radioactifs (ANDRA) estime que le centre de stockage devrait employer entre 500 et 800 personnes en permanence durant un siècle.

Néanmoins, il convient de bien comprendre que ces retombées économiques sont artificielles et ne dureront qu’un temps (voir ici et ). Elles servent à masquer des choses nettement moins avouables (voir ici). En outre, la création d’une telle déchèterie radioactive va réduire à néant les atouts du département que sont le tourisme vert et l’agriculture. 

Rappelons qu’une pétition lancée il y a deux ans a récolté plus de 40 000 signatures. Aucun pouvoir public n’y prête attention ! Un véritable scandale qui prouve une fois de plus les valeurs de notre démocratie et de la république à la française. Mais que ce soit par adhésion, indifférence ou pragmatisme, les résistances restent timides devant cette manne financière à portée de main. Même une partie de la cinquantaine d’élus qui sont opposés à l’enfouissement des déchets radioactifs (voir ici, et ) accepte les fonds du GIP ! 

Pour plus d’informations, se reporter notre la page spéciale sur BLE Fondation : http://blefondation.e-monsite.com/rubrique,dechets-nucleaires,311789.html.


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30 réactions à cet article    


  • reveil 28 septembre 2011 11:03

    Cette pratique s’appelle le baiser de la mort.


    • Lisa SION 2 Lisa SION 2 28 septembre 2011 11:05

      Bonjour BLE lorraine,

      nos banques sont outrageusement impliquées dans la filière nucléaire et à très long terme, c’est à dire, crédit et entretiens des zones de stockage déchets sur dix générations...cette filière ne tient que s’il existe des lieux où fourguer les déchets, et des lieux mondiaux où installer des centrales, et cela jusqu’au prochain accident nucléaire, enfin, bancaire...

      http://lesouffledivin.fr/2011/03/12/peut-etre-allons-nous-enfin-avoir-un-vrai-debat-sur-le-nucleaire/


      • Clojea Clojea 28 septembre 2011 11:42

        Et oui l’argent, toujours l’argent. Promettez de l’argent et la majorité des gens vont tomber dans le panneau. C’est comme ceux qui fabriquent des armes dans les usines, faut en avoir envie quand même ? Sous couvert de « j’ai une famille à nourrir, le chômage mon brave monsieur....donc je fabrique des engins de morts pour tuer des gens plus loin.... mais ce n’est pas mon problème.... moi je nourris ma famille... ; »
        Même chose pour votre situation dans votre village.


        • roro46 28 septembre 2011 15:27

          Juste en passant, puisque plus grand monde ne parle de Fukushima, où il semblerait que ça ne s’arrange pas vraiment :

          http://www.toulouse7.com/2011/09/28/fukushima-des-taux-de-radiations-comparables-a-tchernobyl/

          Merci pour votre article.


          • sto sto 29 septembre 2011 00:38

            Ca ne s’arrange vraiment pas.

            LA recolte de riz est en cours, des zones tres contaminees sont revelees a Yokohama (! !!!), le combustible est dans un sous sol innonde et inacessible, les travaux sont bloques pr de fortes concentrations d’hydrogene (une etincelle, et boum) etc,etc,etc


          • barbapapa barbapapa 28 septembre 2011 16:46

            EDF est un état dans l’Etat.

            Nombreux sont les élus ayant obtenus un emploi de complaisance (même des députés).
            Elle finance aussi les think tank des grands partis. Corromps les grands élus de la république avec des contrats douteux (exemple : straus Khan ). Il a financé des porteurs d’image vert (exemple Nicolas Hulot)
            En situation de monopole, il est difficile de lui échapper.
            Les salariés sont hors droit social, avec une retraite par taxation unique au monde (CTA sur les factures). La CGT principal syndicat français est dépendant totalement des fonds occultes récoltés par l’intermédiaire de son CE (1% de la facturation de l’électricité (partout ailleurs le CE fonctionne avec 1% de la masse salariale)), C’est même la principale source de recettes de ce syndicat.
            Secret magouilles clientélisme corruption passe droit sont les meilleurs adjectifs de cette entreprise.
            Un Etat dans l’Etat. Une Mafia....publique

            • krolik krolik 29 septembre 2011 00:15

              Nous allons avoir bientôt un nouveau président de la république.

              Un Président c’est fait pour gérer le futur et aussi gérer le passé.

              Si c’est par exemple Eva Jolly qui est élue, fermeture des centrales nucléaires à l’horizon. OK.

              Mais il y a une chose que je n’ai pas encore comprise, c’est qu’est-ce qu’elle fait des déchets existants vitrifiés ? La vitrification étant à mon sens ce qui se fait de mieux, mais ce qui est fait est fait.

              Alors quel est le programme de traitement des déchets d’Eva Jolly ?

              On jette à la mer ?

              On arrive à convaincre les Lorrains qu’il faudra bien accepter cette solution chez eux ?

              Autre solution ?

              @+


              • kéké02360 29 septembre 2011 07:28

                Que fait-on de KROLIK si Eva Joly est élue, on le jette à la mer, on en fait des croquettes pour chien, autre solution ????? smiley


              • gaijin gaijin 29 septembre 2011 07:53

                autre solution
                on réunit tous les pronucléocrates dans des camps avec des barbelés autour et on ne les laisse sortir que quand ils auront trouvé une solution


                • babadjinew babadjinew 29 septembre 2011 08:03

                  Un petit Bakchich par ici, un autre par la..... et déjà les portes s’ouvrent.


                  Par contre je trouve qu’en prime vos personnages politiques, mais également vos citoyens sont d’une naïveté sans nom ! 35€ pour des fleurs, une gare et 800 emplois sur un siècle ? C’est dérisoire, aux vues des milliards d’euros que ce site va rapporter. Vous êtes condamnés à devenir la poubelle nucléaire de l’Europe tout de même !

                  C’est par 100 ou par 1000 qu’il vous faudrait renégocier le montant du bakchich, cela serait peut être même un levier efficace pour inciter cette entreprise mortelle à quitter les lieux......

                  Vous êtes simplement en train de vous faire couillonner......

                  Désolé pour vous..... 

                  • joletaxi 2 octobre 2011 13:15

                    @Krolik


                    bonjour

                    vous avez pas bientôt fini d’évoquer des catastrophes comme ça ?
                    Quand j’ai lu que vous émettiez l’hypothèse(la fiction) que Eva soit élue mon chien s’est mis à hurler à la mort.

                    Et quelle drôle de question !
                    la mouvance antinuc vit depuis des décennies sur l’affirmation qu’il n’y a pas de solution aux déchets nucléaires.Chaque fois qu’une proposition est faite, ils mettent toutes leurs forces à la faire capoter.Cela coûte des milliards, qui se retrouvent dans nos factures mais ils s’en foutent.
                    Il n’y a qu’à voir la saga du Yuka repository,l’addition est salée.
                    Leur confier ce dossier, autant confier la banque du sang à Dracula.

                    Concernant les honteuses subventions dont parle l’auteur, je suis tout à fait d’accord.Et je dirais que cela s’impose dans tous les domaines.pas question qu’une usine fasse miroiter des emplois,des retombées financières et autres saletés de ce genre.
                    Bon, je doute que dans ces conditions,un maire accepte encore un dossier éolien, mais il faut rester logique.
                    Et en parlant de logique à 2 vitesses, regardons ce qui se passe quand des écolos s’emparent des leviers de commandes


                    je le crois pas, même la justice est à 2 vitesses dans ce dossier,plus fort qu’Areva.

                    Vous connaissez un dossier où les écolos ont fait prendre une seule décision qui aie été bénéfique ?


                    • krolik krolik 2 octobre 2011 18:07

                      Oh, j’émettais une hypothèse d’école.

                      mais ce serait une question intéressante à poser à la candidate Eva Joly, vous ne trouvez pas ?

                      J’ai déjà posé cette question sur plusieurs forum tendance très « écolo », finalement j’ai réussi à extirper la réponse :

                      - Il faudra bien mettre les déchets vitrifiés dans les sous-sol lorrain profond !

                      Alors après on peut poser la question de savoir comment un gouvernement écolo sous la houlette de Eva Joly pourrait arriver à convaincre les Lorrains d’accepter ce qu’ils refusent.

                      AREVA, EDF, le CEA pour l’instant paient comme mentionné, ils essaient de convaincre les Meusiens par le porte-monnaie...

                      Mais dans la mesure où il y aurait un gouvernement « Vert de chez vert » il est clair qu’il suffirait de passer une loi, et plus personne n’aurait plus rien à dire. Eva Joly fait respecter les Lois au pied de la lettre, ce n’est pas une marrante.

                      Allant au bout du système je suis sûr qu’elle serait capable d’envoyer des CRS régulièrement, ou alors créér de stages de formation obligatoires où l’on enseignerait votre intérêt bien compris, celui que vous ne comprenez pas.

                      Actuellement les Lorrains ont encore une chance de négocier au mieux des avantages en nature, ils devraient le faire rapidement, car ensuite cela ne sera plus possible.

                      Et de toutes les façons c’est inévitable en l’absence de réponse à la question :

                      - autres solutions ?

                      Mais j’ai l’impression que l’auteur n’a pas encore poussé sa réflexion sur le sujet.

                      Dire : Non, c’est facile, mais après qu’est-ce que l’on fait ?

                      @+

                       


                    • jako 4 octobre 2011 21:27

                      Tant que longuet et moranno seront réélus haut la main chez vous ne venez pas parler de votre région svp


                      • Groupe BLE Lorraine BLE 28 décembre 2011 23:57

                        L’hérésie de l’ANDRA à Bure prolongée !

                        L’Agence Nationale pour la gestion des Déchets Radioactifs (ANDRA) a dernièrement obtenu la prolongation jusqu’au 31 décembre 2030 de son autorisation d’exploiter son laboratoire souterrain situé à Bure, dans la Meuse, selon un décret paru au Journal Officiel. Le document précise que « les investigations, expérimentations et essais en laboratoire souterrain ont pour objet de réunir les données nécessaires à l’exploitation d’un éventuel stockage de déchets radioactifs en couche géologique profonde. Les recherches menées doivent notamment permettre d’« approfondir la connaissance des phénomènes physico-chimiques, mécaniques et thermiques », de « développer, optimiser et mettre au point les méthodes de construction et d’exploitation d’un stockage » et de « mettre au point des méthodes de scellement des ouvrages et de remblaiement de galeries ».


                        • Groupe BLE Lorraine BLE 29 décembre 2011 00:00

                          Rappelons que l’ANDRA développe chez nous depuis 1998 un projet de « tombeau » des déchets radioactifs les plus dangereux produits en France par le nucléaire civil et militaire qui devrait être mis en service en 2025 (voir : http://blefondation.e-monsite.com/pages/cercle-de-reflexion/dechets-nucleaires.html). Le Centre Industriel de Stockage Géologique (Cigéo) doit servir à confiner pendant des siècles plus de 100 000 mètres cube de déchets nucléaires à haute et moyenne activité radioactive et à vie longue (HA/MA-VL).

                          Le laboratoire de Bure est composé d’installations en surface (locaux administratifs, ateliers, laboratoires et bâtiment d’accueil du public), sur une superficie d’environ 17 hectares, ainsi que de plus de 700 mètres d’installations souterraines situées à 445 et à 490 mètres de profondeur.


                          • Groupe BLE Lorraine BLE 29 décembre 2011 00:01

                            Avec cette nouvelle phase, l’ANDRA entend désormais passer à « la démonstration » en vue d’une demande d’autorisation de construction du stockage prévue pour 2016.

                            Le Groupe BLE Lorraine est opposé depuis le début à l’édification de cette poubelle nucléaire française en terre lorraine.


                            • Groupe BLE Lorraine BLE 10 février 2012 20:22

                              Dans les entrailles de son laboratoire de Bure, l’ANDRA développe depuis 1998 un projet controversé de tombeau des déchets radioactifs les plus dangereux produits en France par le nucléaire civil et militaire (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2011/06/15/dechets-nucleaires-ou-leternite-empoisonnee/).


                              • Groupe BLE Lorraine BLE 10 février 2012 20:22

                                Le Centre Industriel de Stockage Géologique (Cigéo) devrait être mis en service en 2025. Il devra confiner pendant des siècles 100 000 mètres cube de déchets nucléaires à Haute et Moyenne Activité radioactive et à Vie Longue (HA/MA-VL) à 500 mètres sous terre.

                                Ces déchets sont composés de produits de fission (césium 134 et 137, strontium 90), mais aussi de résidus liés au fonctionnement des installations nucléaires françaises.

                                Les HA/MA-VL émettront pendant des dizaines de milliers d’années entre 100 000 et 10 milliards de becquerels (Bq) par gramme.

                                Il est actuellement proposé de réaliser le stockage sous un petit polygone de 15 km², à cheval sur quatre communes meusiennes, Mandres-en-Barrois, Bonnet, Ribeaucourt et Bure.


                                • Groupe BLE Lorraine BLE 10 février 2012 20:23

                                  Ces expérimentations ont évidemment un coût : 100 millions d’euros par an réglés selon un principe pollueur-payeur inscrit dans la loi par EDF (80 %), le groupe nucléaire public Areva (15 %) et le Commissariat à l’Energie Atomique. Mais cela n’est rien au regard des 15 milliards d’euros nécessaires pour le Cigéo. Ce coût pourrait même dépasser les 35 milliards d’euros pour tenir compte de nouvelles normes de sûreté (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2010/10/29/dechets-nucleaires-en-lorraine-la-securite-passera-apres/).


                                  • Groupe BLE Lorraine BLE 10 février 2012 20:23

                                    En collaboration avec 80 autres laboratoires de recherche, l’ANDRA développe depuis plus d’une dizaine d’années à Bure des systèmes de conditionnement et d’entreposage qu’elle veut croire d’une sûreté absolue.

                                    Dans un kilomètre de galeries, des milliers de mesures sont effectuées chaque jour par des centaines de capteurs pour tester la roche, la vitesse d’infiltration des fluides et les barrières techniques susceptibles de ralentir celle-ci, voire de l’empêcher.

                                    Acier, béton et verre sont parallèlement testés pour l’emballage des « colis » de déchets radioactifs. La France devra stocker 50 700 mètres cube de déchets HA/MA-VL en 2020 et 56 100 mètres cube en 2030.


                                    • Groupe BLE Lorraine Groupe BLE Lorraine 13 juin 2012 21:20

                                      A Bure, un ascenseur descend en huit minutes à 500 mètres de profondeur. Les installations souterraines s’étendent aujourd’hui sur un kilomètre et il est prévu d’en doubler la taille. Le site de stockage se situera à trois kilomètres de là.

                                      Les dépôts y seront surveillés pendant 100 ans à compter de la date du premier enfouissement, puis ils seront scellés pour une durée indéfinie. Ces dépôts sont censés rester hermétiques pendant 100 000 ans au moins, après quoi la radioactivité des déchets ne devrait pas être plus élevée que celle émanant de l’environnement naturel. Le premier site de stockage géologique du monde devrait être opérationnel en Finlande en 2015, le deuxième en Suède au début des années 2020 et le troisième en France en 2025.


                                      • Groupe BLE Lorraine Groupe BLE Lorraine 20 février 2013 18:46

                                        Enfouissement des déchets radioactifs français à Bure : volte-face d’Hollande

                                        Pourquoi le président Hollande autoriserait-il à Bure le projet d’enfouissement des déchets radioactif que le député Hollande a combattu et refusé en Corrèze ?

                                        En son temps, Hollande s’était en effet vivement opposé à ce projet lorsqu’il risquait de toucher à sa chère Corrèze. C’était sous Jospin, en 2000. Alors que le site d’enfouissement de Bure, en terre argileuse, venait d’être autorisé, une « mission granit » devait étudier l’implantation d’un second laboratoire de recherches. Le site de Saint-Julien-le-Vendômois, dans la circonscription du député et alors patron du PS, était pressenti. Or le Conseil Régional du Limousin, dont Hollande était également vice-président, a voté à l’unanimité une motion d’urgence pour s’opposer à « ces éventuelles implantations qui sont incompatibles avec la politique d’accueil des hommes et des activités poursuivie depuis plusieurs années ». En mai 2000, le bulletin de liaison des sites opposés à l’enfouissement des déchets radioactifs, baptisé « Bien profond », citait François Hollande comme étant « opposé au projet ici et ailleurs ». Au bout du compte, la mission granit s’est enlisée. Si bien qu’il n’y a eu qu’un seul centre d’enfouissement en France, à Bure (voir : http://blefondation.e-monsite.com/pages/cercle-de-reflexion/dechets-nucleaires.html), alors que la loi Bataille de 1991, votée par Hollande, prévoyait d’expérimenter plusieurs types de sites. Pour Hollande et la Corrèze, les déchets radioactifs, c’est oui, mais pas dans leur jardin.


                                        • Groupe BLE Lorraine Groupe BLE Lorraine 22 septembre 2013 22:37

                                          Transparence, démocratie et réversibilité des déchets. Les deux premiers termes sont bafoués à Bure depuis des années. Le troisième est impossible à réaliser. Comment voulez-vous sortir les colis radioactifs une fois que le temps aura fait son œuvre ?


                                          • Groupe BLE Lorraine Groupe BLE Lorraine 22 septembre 2013 22:37

                                            Les territoires qui accepteraient de recevoir dans leurs sous-sols des déchets radioactifs pendant des millions d’année veulent des compensations. Ils réclament non seulement des retombées sonnantes et trébuchantes, mais aussi des retombées économiques, c’est-à-dire l’installation de sites industriels amenant des emplois et de l’activité réelle sur le terrain. Ils demandent aussi plus de transparence et de collaboration de l’ANDRA, en particulier pour ce qui est de la transparence de son projet et des lieux exacts où l’agence entend poser ses installations de surface.

                                            Rappelons que les collectivités territoriales ont, à l’heure actuelle, seulement accepté l’installation d’un laboratoire de recherche à près de 500 mètres de profondeur, en place depuis 2001, mais pas celle d’un centre de stockage de déchets nucléaires.


                                            • Groupe BLE Lorraine Groupe BLE Lorraine 13 novembre 2013 22:12

                                              Géothermie vs déchets nucléaires à Bure

                                              Selon une étude du cabinet suisse Geowatt, spécialisé dans la géothermie, commandée par le CLIS (Comité Local d’Information et de Suivi), le sous-sol de Bure présenterait un potentiel géothermique indéniable qui pourrait compromettre les plans diaboliques de l’ANDRA (Agence Nationale pour la gestion des Déchets Radioactifs), porteur du projet de centre d’enfouissement des pires déchets que l’homme n’ait jamais produits.

                                              Chargée de trouver un site pour son cimetière nucléaire profond, l’agence d’Etat doit respecter les critères édictés par l’ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire), comme par exemple celui d’éviter les « zones pouvant présenter un intérêt exceptionnel en termes de ressources souterraines ». L’ANDRA a au contraire toujours minimisé le potentiel meusien. C’est la raison pour laquelle six associations l’ont assignée fin avril au TGI (Tribunal de Grande Instance) de Nanterre pour « dissimulation délibérée de l’intérêt de la ressource géothermique du site », dans le but de faciliter la réalisation et l’acceptabilité du projet. Selon les experts de Geowatt, il est possible « d’obtenir des débits du même ordre de grandeur que ceux obtenus en région parisienne », soit entre 100 et 400 m3/h. A tel point que les ressources géothermiques des environs de Bure « peuvent être exploitées économiquement ». On est donc loin des 5 m3/h évoqués par l’ANDRA. Pour ses opposants, il s’agirait donc d’un « énième mensonge » de l’agence.


                                              • Groupe BLE Lorraine Groupe BLE Lorraine 15 novembre 2013 21:44

                                                La réversibilité constitue une question centrale du stockage des déchets radioactifs dans le sous-sol de Bure

                                                Pour le grand public, la réversibilité est la possibilité d’aller retirer un colis quel que soit le motif et à tout moment, y compris après la fermeture du stockage. Si c’est bien ce sens qui est donné au mot réversibilité, il apparaît clairement que l’appellation stockage géologique réversible est abusive car le concept est par définition définitif, pour des raisons de sûreté. En effet, le stockage profond des déchets radioactifs est une installation destinée à être fermée définitivement pour limiter les charges supportées par les générations futures. Il fera ensuite l’objet d’un suivi de sûreté passif.

                                                Reste à savoir quand le couvercle sera scellé ? La loi de 2006 table sur une réversibilité d’au moins 100 ans. Soit le temps nécessaire à l’exploitation du centre et à l’enfouissement de tous les colis. Un siècle, c’est une goutte d’eau à l’échelle du temps nucléaire et de déchets qui mettront des millions d’années à devenir inoffensifs.

                                                Ce concept de réversibilité a été élaboré pour faire croire à la faisabilité du centre et faciliter son acceptabilité sociale. Il a notamment permis de faire sauter un verrou psychologique chez nombre d’élus locaux. Or, concrètement, comment récupérer techniquement et financièrement les colis dans un gruyère de 300 km de galeries qui va subir des pressions extraordinaires.

                                                L’ANDRA, qui planche sur une fermeture progressive du centre, voit un intérêt majeur à cette réversibilité. Celle-ci permet de laisser aux générations futures le choix de modifier ou d’orienter le processus de stockage, de retirer les colis stockés et de les entreposer si un autre mode de gestion était envisagé.

                                                Entre 2015 et la date d’autorisation de création d’un centre de stockage, l’Assemblée nationale française doit promulguer une loi fixant les conditions de la réversibilité. Ce calendrier est jugé incohérent, l’ANDRA devant déposer la demande d’autorisation du centre après le débat public. Il serait logique que celle-ci intervienne au contraire après l’adoption de la loi sur la réversibilité, afin d’éviter tout risque de contradiction entre les deux. Par ailleurs, les délais laissés à la recherche par ce calendrier sont beaucoup trop courts.


                                                • Groupe BLE Lorraine Groupe BLE Lorraine 29 janvier 2014 21:52

                                                  La ruralité constitue une cible privilégiée pour l’industrie nucléaire. Toutes les régions désignées pour accueillir les déchets radioactifs ont pour point commun d’être en perte de vitesse, appauvries et dépeuplées. Elles constituent en ce sens des proies faciles. Deux exemples sont particulièrement révélateurs en Lorraine : le projet Cigéo d’enfouissement des déchets de haute activité à vie longue à Bure, en Meuse, et le village d’Avricourt en Moselle. En 2008, une partie de la population de ce dernier s’était opposée, avec succès, à l’accueil d’un centre de stockage des déchets de faible activité à vie longue. Comme si de si petites communes pouvaient porter à elles seules l’avenir de la filière nucléaire.


                                                  • Groupe BLE Lorraine Groupe BLE Lorraine 29 janvier 2014 21:57

                                                    Pourquoi vouloir réaliser Cigéo si vite alors que les expériences scientifiques faites sont insuffisantes ? Le parallèle avec les précédentes catastrophes de Stocamine en Alsace ou de la mine de sel d’Asse en Allemagne fait froid dans le dos. A chaque fois, les discours en amont étaient les mêmes, pétris de certitudes.

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