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Accueil du site > Actualités > Info locale > Créer 5, 6, 7 millions d’emplois ?

Créer 5, 6, 7 millions d’emplois ?

Connaissez-vous Bernard Zimmern ? Moi oui. Beaucoup moins médiatique que Nicolas Hulot, il est en train de tenter le même genre d’opération : un lobbying intense pour obliger les candidats à se positionner clairement sur un sujet. Dans son cas : la création d’entreprises, la création d’emplois. De sept millions d’emplois.

Bernard Zimmern a aujourd’hui largement passé l’âge de la retraite. Ça ne l’empêche pas de développer une activité intense. Polytechnicien, énarque, haut fonctionnaire, il a tourné casaque et a créé sa propre entreprise. De ce point de vue, il est satisfait : il est passé à autre chose : le lobbying politique. Son souci : l’emploi, les entreprises, et l’efficacité publique. Son modèle : les "think tank" américains, efficaces machines à proposer des politiques "clefs en main" qui seront reprises par les politiciens. Car Bernard Zimmern croit certes à l’action politique, mais, d’une part, il ne se voit pas dans un habit d’élu, et, surtout, il estime que les élus sont des gens qui suivent plutôt que des gens qui impulsent. Des musiciens-interprètes (voire, pour certains, de simples "amplis"), mais rarement des auteurs-compositeurs des politiques qui seront jouées. Bernard Zimmern souhaite entendre une certaine chanson, pour ça il est prêt à l’écrire.

En 1985, il crée l’IFRAP ( http://www.ifrap.org/ ). l’IFRAP travaille sérieusement, en fouillant et en analysant, en calculant et comparant. Son agenda n’est pas celui des dossiers de presse officiels, et ça n’est pas non plus celui d’un quelconque parti politique : ses éditoriaux ne changent pas avec la couleur du gouvernement. Sa cible, sa tête de turc, ça n’est ni le gouvernement, ni même l’Etat : c’est l’administration publique telle qu’il la voit, telle qu’il la connaît bien, lui, l’ancien haut fonctionnaire : techniques obsolètes, "machins" et "fromages", mépris du public et syndicats tout-puissants. Sa méthode : dénoncer, avec des sources officielles et des analyses incontestables et proposer, avec des exemples (souvent étrangers). Difficile navigation pour trouver une place entre la marginalité de l’extrémiste, pur mais ignoré, et l’influence du pragmatique efficace, qui doit mettre de l’eau dans son vin.

Vingt ans plus tard, vous ne trouverez pas l’IFRAP dans les rouages des "illuminati", mais le poids que revendique cet organisme, bien que modeste, n’est pas de la forfanterie de sa part (http://management.journaldunet.com/dossiers/040435thinktanks/annuaire/index.shtml). Il organise des colloques dans les locaux de l’Assemblée, fait intervenir des élus poids lourds (présidents de commission, anciens ministres, surtout de droite, mais un peu de gauche aussi) . Son mensuel Société civile est lu et rencontre un écho à l’Assemblée (dans les rangs de la droite, mais aussi de la gauche), dans les cabinets ministériels, dans les couloirs de Bercy.

Nos politiques pensent souvent petit. C’est peut-être dû à leurs liens avec l’administration, où une évolution de plus ou moins 1 %, c’est une réforme, et où la révolution commence à + ou -5%. Mais, quand on attaque sérieusement les gros sujets, il faut bien changer d’échelle. Viser les + 20 % ou les - 50 %. Bernard Zimmern ne demande pas qu’on gagne une fraction de pourcentage sur le taux de chômage, lui, ce qu’il veut, c’est la création de cinq à sept millions d’emplois marchands supplémentaires, à raison chaque année de 300 000 emplois (des vrais, productifs, pas des emplois de domestiques rebaptisés "aide à la personne") ! Impossible, délirant ? Mais il a un exemple : le Royaume-Uni, pays comparable au nôtre à tous points de vue (population, nombre d’assistés, poids du secteur public, etc.), compte 24 millions d’emplois privés contre 17 millions en France. Bernard Zimmern a donc lancé dans ce but une opération distincte de l’IFRAP : http://www.lenjeu2007.fr/ . Et il a obtenu du soutien.

Il a convaincu d’autres organisations de participer à l’organisation d’un colloque. Certaines ne vous sont peut-être pas inconnues puisqu’elles ont une petite place dans les médias : je citerai le Centre des jeunes dirigeants d’entreprises ( http://www.cjd.net/ ), Croissance plus (http://www.croissanceplus.com/index.php, ), Entreprise et progrès (http://www.entreprise-progres.net/ ). François Bayrou, Ségolène Royal, et Nicolas Sarkosy (par ordre alphabétique et entre autres) ne viendront pas eux-même, mais ils se sont quand même fait représenter par des députés de premier plan. La Revue parlementaire, le Parisien-Economie, BFM et La Chaîne parlementaire en sont des partenaires et assureront la couverture médiatique.

Il est bien clair que ça n’est pas un événement de premier plan. Les candidats ne seront pas là en personne, ni la télé et ses animateurs vedettes. Mais on a déjà dépassé le niveau du petit meeting local. Le thème de l’emploi est important, la façon de l’aborder est nouvelle. Une bonne mayonnaise peut prendre : ce qui est au second plan peut passer au premier. Rendez-vous le lendemain du 12 février, après le colloque, pour voir si l’événement et les réponses à la question posée (ou l’absence de réponse, à travers de creux discours xylophoniques), trouvent quand même une place dans les médias, à côté de la dernière petite phrase.

Le sujet le mérite, non ?


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32 réactions à cet article    


  • faxtronic (---.---.127.45) 5 février 2007 12:31

    Oui, bien sur, creer 7 millions d’emploi. Je te les fait quand tu veux :
    - Je supprime le RMI et le SMIC. Ce sera dorenavant marche ou creve. Donc les gens marcheront.
    - Je supprime les impots sur les societes, et donc paf plein de societes.
    - Je supprime pendant 10 ans les hopitaux publics et les trains publics et l’education public, et tout ca, car plus d’impots necessite de l’argent frais, donc pas d’investissement public. Mais promis, apres 10 ans, quand les fruits de la croissance explosive seront la et que les impots sur les revenus et benefices seront mirobolants, je realimente le circuit public, qui sera depuis longtemps detruit et tres cher a remettre en place. Et en esperant qu’il n’y ait pas eu de revolution entre temps...


    • (---.---.105.23) 5 février 2007 13:15

      « Je supprime le RMI et le SMIC. Ce sera dorenavant marche ou creve. Donc les gens marcheront. »

      Donc, tu veut dire que des gens qui pourraient travailler ne le font pas parce qu’ils préféres vivre en parasites sociale ?

      « Je supprime les impots sur les societes, et donc paf plein de societes. »

      Et ?

      « - Je supprime pendant 10 ans les hopitaux publics et les trains publics et l’education public, et tout ca, car plus d’impots necessite de l’argent frais, donc pas d’investissement public. »

      Heu, « investissements public » ? Ah HA HA ! Toi, tu n’a pas lu le rapport Péberau ! Surtout ces fegnace d’enseignant, qui travail deux fois moins d’heure que leur collégue du reste de l’Europe !

      « Et en esperant qu’il n’y ait pas eu de revolution entre temps... »

      On sait parfaitement comment noyer dans son propre sang toute « révolution ». Nous ne feront pas les même erreurs qu’en 1789. Et puis pas ailleur, on ne voit pas pouruqoi des gens qui verraient leur pouvoir d’achat croitre de 60 ou 80% irait bruler des voitures...

      Au fait, lire le petit livre de statistique de « The Economist », vraiment trés pratique, et qui va t’ouvrir les yeux.


    • gem gem 5 février 2007 13:29

      hum... Un « vrai emploi », c’est un emploi rémunéré normalement, pas un boulot d’esclave galérien. Ca me paraissait tellement évident que j’ai oublié de le préciser, manifestement c’était une erreur de ma part...


    • gem gem 5 février 2007 13:45

      j’ai raté la mise en ligen des liens, je les refais : l’annonce

      les sites : IFRAP, et lenjeu2007/

      cjd,

      croissance plus

      entreprise et progres

      annuaire des « think tanks »


    • (---.---.238.174) 5 février 2007 14:08

      Merci pour les enseignants « feignasses » qui travaillent deux fois moins que leurs collègues européens et pour la qualité de votre français. Dois-je vous rappeler que le temps de présence dans l’établissement n’est pas tout ? Lorsque que Renault décide d’accroître le télétravail ça n’est pas uniquement pour que les employés se tournent les pouces à la maison. Mais surtout n’hésitez pas à postuler, en ZEP par exemple, c’est un métier tellement rigolo et tellement facile. D’ailleurs demandez aux quelques (trop rares) enseignants qui ont réussi à réintégrer le secteur privé et vous verrez s’ils le regrettent...


    • (---.---.238.174) 5 février 2007 21:08

      A toutes les personnes qui ont voté négativement à mon commentaire, merci de me dire pourquoi :
      - parce que j’ai sous-entendu que les enseignants ne sont pas des feignasses ?
      - parce que j’ai dis que le travail à domicile et le télétravail ne signifiaient pas ne rien faire
      - parce que j’ai signalé que ce n’était pas forcément tous les jours rigolo d’enseigner, surtout en ZEP
      - Parce que j’ai signalé que les gens qui avait réussi à quitter l’enseignement pour le secteur privé ne le regrettaient pas forcément(désolé mais je connais trois exemples de ce type et dans les trois cas les gens ne retourneraient pas dans l’enseignement pour tout l’or du monde !)

      - parce que mon commentaire ne parle pas assez de Bernard Zimmern dont je connais le livre « les profiteurs de l’état » depuis des années et dont le travail est remarquable même s’il y va peut-être un peu fort sur la fonction publique dont on à l’impression qu’elle est la source de tous les maux de la société française....


    • faxtronic (---.---.180.204) 5 février 2007 22:10

      Oh la la comment je me suis fait censuré. Relisez mon commentaires, c’est de l’ironie evidemment. Mais le second degré est un art difficile a manier, mea culpa, mea culpa maxima


    • ZEN zen 6 février 2007 02:11

      @Faxtronic

      Ton intention était pourtant claire. Il y en a qui sont d’une lourdeur !....


    • faux col (---.---.73.200) 6 février 2007 21:15

      «  »Surtout ces fegnace d’enseignant, qui travail deux fois moins d’heure que leur collégue du reste de l’Europe«  »

      Il a pa du fèr bocou des forts avaique toi ton instite, hein ? smiley


    • Ekofish (---.---.174.143) 11 février 2007 00:45

      Certains éléments essentiels sont toujours oubliés lorsque l’on parle de l’économie britannique.

      En dehors de la finance (spéculation boursière) qui contribue fortement à son PIB, la Grande-Bretagne dispose d’importantes ressources en pétrole et en gaz naturel depuis 1970-1975.

      Tiens, les conservateurs sont arrivés au pouvoir en mai 1979, époque vers laquelle les productions de pétrole et de gaz ont commencé à dépasser les consommations (donc exportations).

      Le maximum a été atteint en 1999 pour le pétrole (137,4 millions de tonnes) et en 2000 pour le gaz naturel (97,6 millions de tonnes équivalent pétrole - TEP).

      Pour le pétrole (millions de tonnes) : année - production - consommation

      1975 - 1,6 - 92,0

      1980 - 80,5 - 80,8

      1985 - 127,6 - 77,4

      1990 - 91,6 - 82,9

      1995 - 129,9 - 81,9

      2000 - 126,2 - 78,6

      2005 - 84,7 - 82,9

      Sans la finance, le pétrole et le gaz, où en serait l’économie britannique ? Le modèle libéral de l’économie est plutôt un échec. Le chômage réel est deux à trois fois plus important que le chômage officiel, la proportion de travailleurs pauvres est l’une des plus élevée des pays développés.


    • jerome (---.---.160.86) 5 février 2007 13:13

      @ l ’ auteur : je savais qu ’ un lecteur de JP.Petit a qq chose de bien , au fond !!! Bon article - ne pas oublier la revue soeur : « Le Cri du Contribuable »,disponible dans les kiosques . On attrape des cauchemards à le lire , mais on a vraiment envie de se bouger ! Bonne journée Jérome


      • Aurel (---.---.101.8) 5 février 2007 13:31

        L’IFRAP fait du bon boulot, avec une équipe de qualité. Dommage que Zimmern ait choisi de soutenir ostensiblement Sarko. En se coupant de l’UDF et d’Alternative Libérale, il perd un peu de sa crédibilité.

        Sa revue n’en reste pas moins excellente.


        • gem gem 5 février 2007 14:01

          Je lis ce commentaire comme un regret, fort compréhensible, d’un des piliers d’alter-lib. Néanmoins, il me semble excessif de dire que Zimmern soutient Sarkosy : il soutient celui qui a une chance réel de mettre en oeuvre la politique de création d’entreprise qu’il défend, c’est tout, car il ne croit ni en une gauche déboussolée qui retour à ses fondamentaux démagogico-marxiste, ni en un Bayrou trop « de gauche », ni en une alter-lib trop marginale ; tout cela dans les conditions actuelles.

          La ligne éditorial de l’IFRAP est certes « politique » au sens large, mais pas alignée sur un parti.


        • levoisin (---.---.84.10) 5 février 2007 14:38

          Et pourtant c’est Bayrou qui soutient la mise en oeuvre d’un Small Business Act à la française, ce qui est exactement ce que réclame l’auteur. (hé oui, je suis allé faire un tour sur son site).


        • deniz (---.---.132.162) 5 février 2007 15:13

          C’est exact mais même s’il monte dans les sondages, qui s’intéresse vraiment à ce que veut M.Bayrou ? Les élections, en France, c’est comme un match OM/PSG, comment pourrait-il imaginer une tierce équipe qui s’emploierait simplement à respecter les règles du jeu et à améliorer les conditions ? En Allemagne, en Belgique, aux Pays-Bas etc.. les citoyens attendent « une action citoyenne » du gouvernement, pas un spectacle.. et ça fonctionne ! Mais on a les élections qu’on mérite, des gouvernements qui ressemblent aux citoyens et des politiques émanant des mentalités, pas seulement à cause du système électoral mais simplement parce que les candidats cherchent forcément à coller aux mentalités des électeurs. Bayrou qui n’a pas cette bêtise n’a guère de chance dans ce beau pays de cafés du commerce ! Même pas celle de créer de vrais emplois.


        • supscoub (---.---.18.69) 6 février 2007 17:57

          Mais, bien que ne m’intéressant très peu au foot, il me semble que l’OM et le PSG sont un peu dépassés.... Il reste donc de l’espoir....


        • monteno (---.---.179.94) 5 février 2007 16:06

          @ l’auteur

          Article interessant apportant un peu de fraicheur ic !

          Je conseille de lire le post suivant de l’IFRAP :

          http://www.ifrap.org/0-ouvrirlesite/Enquete-Attali-tout-faux.htm


          • deneb (---.---.220.222) 5 février 2007 16:34

            Créer sa société de service, c’est bien souvent cumuler tous les inconvéniants d’un patron avec le salaire d’un intérimaire. Avis au amateurs ...


            • Dominique (---.---.30.99) 5 février 2007 16:45

              Bonjour à Monteno et à l’auteur, que j’ai tous deux plaisir à lire.

              En fait, Zimmern propose au futur président français de chausser les bottes de Maggie Thatcher... ? On peut toujours rêver smiley


              • deneb (---.---.220.222) 5 février 2007 17:01

                Le futur président (e) pourrait déjà commencer par s’inspirer de la méthode britannique pour recenser les chomeurs, on en aurait alors plus que 7%. Magic ...


                • gem gem 6 février 2007 10:21

                  encore une fois, il ne s’agit pas de recenser les chômeurs, mais d’augmenter le nombre d’emploi, le nombre dheures travaillées, etc. ; remplir le verre, au lieu de rentrer dans des querelle jésuitique sur la quantité de vide qu’il reste.


                • (---.---.202.18) 6 février 2007 11:37

                  Augmenter le nombre d’heures travaillés, augmenter le nombre d’emplois, plus ça va, plus ça me démoralise cette campagne et j’ai seulement 25 ans... Pourquoi vouez vous donc qu’on travaille plus ! on se gave, on a à manger pour une fois et demi notre nombre au moins, on a des meubles, des immeubles (pas forcement aux bons endroits d’accord), des machines pour faire notre boulot, pourquoi donc augmenter le nombre d’heures travaillées ? pour créer plus de vent ? pour payer artificiellement des gens ? Sans parler des impacts écologiques... Personne veut bosser, on veut vivre, c’est tout ! L’adéquation travail salaire devra mourir un jour, des campagnes comme ça aide pas.

                  Lire cet article a la suite de celui là http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=17513 ça permet de toucher du doigt l’abysse qui sépare les gens qui croient encore en la sacro sainte Valeur Travail (autorité, responsabilité, Amen) et ceux qui regardent un peu plus loin


                • gem gem 6 février 2007 12:30

                  @(IP:xxx.x23.202.18)

                  ça, c’est autre chose, comme question. Question pertinente au demeurant, mais d’un niveau supérieur. Constatons simplement que malgré l’ancienneté du manifeste pour le « droit à la paresse », malgré son évidence, il a peu de zélateurs et que la demande sociale est bien de « réduire le chômage » et « créer des emplois ».

                  De totue façon, malheureusement, au vu de l’histoire du monde, il semble bien que la nature humaine n’est pas compatible avec les loisirs pacifiques. Et je le regrette infiniment, car la paresse et la sieste sont des choses sacrés pour moi.


                • filux (---.---.220.222) 6 février 2007 13:04

                  « De totue façon, malheureusement, au vu de l’histoire du monde, il semble bien que la nature humaine n’est pas compatible avec les loisirs pacifiques. Et je le regrette infiniment, car la paresse et la sieste sont des choses sacrés pour moi. »

                  Si la nature humaine, voir la nature tout court était la primoté systématique de l’éfficacité sur le bien être, nous aurions des yeux sur les cotés pour voir a 360° comme les mouches cher monsieur. Et oui, la roue a bien été inventée par un feinéant.


                • Sherlock (---.---.75.243) 11 février 2007 01:35

                  La duperie du modèle danois

                  ( Résumé vu sur le site http://www.actuchomage.org )

                  Danemark et chômage : le modèle danois n’a aucun mérite

                  En 2004, le Danemark a plus de préretraités (187 200) que la France (139 700) pour une population active dix fois plus faible. Avec les autres mesures de marché du travail, le nombre réel de chômeurs est 2,52 fois le nombre officiel. Le taux de chômage réel devient 14,65 % au lieu d’un taux officiel de 6,38 %. La tromperie est dévoilée. Avec une évolution de sa population active identique à celle du Danemark depuis quinze ans, non seulement la France n’aurait plus aucun chômeur officiel, mais le chômage réel serait résorbé pour l’essentiel. Et cela sans introduire une plus grande flexibilité des contrats de travail.

                  Si de plus la France avait eu recours à la même proportion de préretraites que le Danemark (6,78 % de sa population active), le chômage réel aurait entièrement disparu et beaucoup d’emplois à temps partiel seraient redevenus des emplois à temps plein. Inversement, si la population active du Danemark avait augmenté dans la même proportion qu’en France (+12,1%), tout en créant aussi peu d’emplois (43 600 en quinze ans), le nombre de chômeurs aurait augmenté de 372 500 et le taux de chômage réel serait devenu 24,0 % de la nouvelle population active (après son augmentation).

                  Comme l’on voit, le succès apparent du Danemark ne doit rien à la flexicurité, mélange de flexibilité et de sécurité (discours bien connu). En fait, le modèle danois n’a aucun mérite pour résoudre le problème du chômage, une fois enlevés les artifices qui cachent le chômage réel et encore moins en tenant compte de la démographie de l’emploi.

                  Au Danemark en 2004, pour un nombre officiel de 176 400 chômeurs, 268 300 personnes étaient enregistrées dans les « mesures de marché du travail » (labour market policy measures), des préretraites pour l’essentiel. Le chômage réel était donc de 444 700 personnes. La population active étant de 2 766 300 personnes, le taux de chômage officiel était de 6,38 %. Mais, en réintégrant les 268 300 faux inactifs (préretraités ...) dans la population active, celle-ci devenait 3 034 600 personnes et le taux de chômage réel 14,65 %. Ce taux est un minimum, car ne prenant pas en compte les « invalides » pour raisons sociales.

                  En France en 2005, pour 2 420 000 chômeurs au sens de l’Anpe (catégorie Defm 1) et 2 717 000 chômeurs au sens de l’Insee, le nombre réel de chômeurs en équivalent temps plein était de 4 092 000, soit un taux de chômage réel de 14,53 % (compte tenu de la correction sur la population active) . Pour rester comparable aux données danoises, l’équivalent en chômage des emplois à temps partiel n’est pas pris en compte ici. Voir l’article « Chômage officiel et chômage réel (2005) » sur le même site http://travail-chomage.site.voila.fr/chomage/chom_reel2005.htm.

                  Le modèle français est le plus honnête en matière de chômage, ou le moins habile pour en cacher l’étendue, comparé au modèle danois, anglais ou hollandais. Le recours aux préretraites massives est utilisé au Danemark, l’invalidité pour raisons sociales (sans réelle invalidité médicale) est la mesure principale en Angleterre (Royaume-Uni) et aux Pays Bas, ce qui n’empêche pas l’utilisation d’autres mesures pour cacher l’importance du chômage. Dans ces trois pays, le chômage réel est de deux à trois fois plus important que le chômage officiel et se trouve comparable au chômage réel en France.

                  Enfin, le Danemark produit et exporte du pétrole et du gaz, ce qui arrange beaucoup les finances publiques et permet de payer un nombre considérable de préretraites pour faire baisser le chômage apparent en diminuant la population active.

                  Voir http://travail-chomage.site.voila.fr/danois/dk_merite.htm

                  pour un document trés complet et de grande qualité, avec des tableaux statistiques et les sources utilisées. D’autres aspects y sont aussi abordés : indemnités de chômage, coût du travail, durée effective du travail.

                  > En effet, cela vaut vraiment la peine d’aller voir le document original car tout est bien expliqué avec des informations sérieuses et issues des sources officielles (citées). Le texte peut être imprimé avec tous les traitements de texte (rtf).


                • Sherlock (---.---.75.243) 11 février 2007 01:38

                  Le modèle libéral britannique : emploi et chômage

                  http://travail-chomage.site.voila.fr/ancien/model_brita.htm

                  Ancien, mais toujours d’actualité.


                • Sherlock (---.---.66.22) 11 février 2007 01:58

                  Pour une durée légale du travail de 35 heures par semaine en France, la durée effective moyenne est de 39 heures pour les emplois à temps plein et de 36,3 heures pour l’ensemble des emplois (temps plein et temps partiel). Par comparaison, ces durées sont inférieures en Grande-Bretagne : 37,2 heures pour les emplois à temps complet et 31,7 heures pour l’ensemble des emplois. Elles sont aussi inférieures aux Etats-Unis et dans plusieurs pays en Europe.

                  En tenant compte de tous les emplois, à temps partiel et à temps complet, la semaine de travail est de :
                  36,3 h en France
                  - 36,2 h en Italie
                  - 35,1 h au Danemark
                  33,8 h aux Etats-Unis
                  - 33,6 h en Allemagne
                  - 33,2 h en Espagne
                  31,7 h en Grande-Bretagne
                  - 30,1 h en Suède (36,1 h pour ceux « au travail »)
                  - 29,2 h aux Pays-Bas (44% de temps partiel)

                  Lire : http://travail-chomage.site.voila.fr/emploi/duree_travail.htm un texte précis et bien documenté (sources officielles)

                  Cela surprend mais est facile à vérifier : toutes les sources sont citées avec précision pour chaque pays. Par exemple, pour les Etats-unis : http://www.bls.gov/ces (vers le milieu, employment and earnigs, table B-2) Moyenne générale, tout le privé : 33,8 heures de travail par semaine.

                  Pour la Grande-Bretagne, des explications plus précises sont données ici : http://travail-chomage.site.voila.fr/britan/32h.htm

                  Pour la Suède, voici le calcul : « Suède : En 2004, le nombre d’heures travaillées est de 126.700.000 par semaine, pour 4.213.000 personnes ayant un emploi, dont 3.508.000 réellement au travail. La durée hebdomadaire du travail est ainsi de 30,07 h pour les personnes ayant un emploi et 36,12 h pour celles qui travaillent réellement. »

                  La durée des congés payés est à peu près identique dans tous ces pays, sauf aux USA (deux semaines de moins). Par ailleurs, la très grande proportion de temps partiels (15-20h) de certains pays explique en grande partie leur taux d’activité plus élevé.


                • filux (---.---.220.222) 6 février 2007 12:51

                  « le Royaume-Uni, pays comparable au nôtre à tous points de vue (population, nombre d’assistés, poids du secteur public, etc.), compte 24 millions d’emplois privés contre 17 millions en France. »

                  Et pourtant sur 15 ans, de 1990 à 2005, la France a créé plus d’emplois net ( +11,25% ) que l’Angleterre ( +5,82% ). Je ne comprend pas, vous voulez vous inspirer d’un modèle qui en matière de création d’emplois ne marche pas ? Bref, je maintiens que votre discours doit être nuancé et replacé dans le contexte de la société britannique.


                  • gem (---.---.117.250) 7 février 2007 20:35

                    Moi je veux juste porter à la connaissance de tout le monde une analyse et des efforts fait pour promouvoir la création d’emplois. A charge pour vous d’analyser ça, et de forger votre propre opinion sur le besoin ou non de créer des emplois, la pertinence de la démarche, etc.

                    Petit élément en passant, toutefois : 48 milliards d’heures travaillées en Grande-Bretagne contre 38,8 milliards en France (resp. ONS - « Labour Market Statistics » de Juin 2006 et INSEE, comptes nationaux, cités par l’IFRAP). 1 milliard d’heures représente environ 0,6 millions d’emplois, et 9,2 milliards (la différence) : environ 5 millions d’emplois (tous secteurs confondus : privé, public ). Les créations entre 1990 et 2005 ne change rien au résultat final.


                  • Sherlock (---.---.167.241) 11 février 2007 00:16

                    En quinze ans, de 1990 à 2005, la France a créé davantage d’emplois (2 520 000 : +11,25%) que l’Angleterre (1 520 000 : +5,82%). Le modèle libéral britannique n’est donc pas supérieur au modèle social français.

                    Les deux pays ont une population totale équivalente (60 millions d’habitants) et une population en âge de travailler voisine (37 millions). La population active (ayant un emploi ou au chômage) est un peu plus importante en Angleterre qu’en France (29 contre 27,6 millions).

                    De 1990 à 2005, la France a créé 2 520 000 emplois (+11,25%) contre 1 520 000 au Royaume Uni (+5,82%). Dans le même temps, la population en âge de travailler (de 15 à 59 ou à 64 ans) a augmenté d’une valeur équivalente dans les deux pays. ...

                    Pour résumer, devant une augmentation semblable de la population en âge de travailler dans les deux pays, la population active a beaucoup diminué en Grande Bretagne (1 210 000) du fait d’un retrait massif d’activité (préretraites et surtout invalidité), permettant une diminution du chômage de 580 000 personnes. En France, la population active a davantage augmenté que la population en âge de travailler (690 000) du fait d’une importante demande d’emploi, entraînant une augmentation du chômage de 520 000 personnes.

                    Ainsi, si la différence dans le nombre de chômeurs a augmenté en quinze ans entre la France et l’Angleterre, cela n’est pas du aux prétendus mérites du modèle libéral britannique mais à la mise à l’écart d’une partie importante de la population active. Les chômeurs ont surtout été transformés en invalides. ...

                    Un emploi à temps partiel dont la durée moyenne est de 23,2 heures en France et de 15,7 heures en Angleterre n’a pas la même valeur qu’un emploi à temps plein dont la durée moyenne est de 39,0 heures en France et de 37,2 heures en Angleterre.

                    L’emploi à temps partiel est beaucoup plus développé en Angleterre, avec des salaires réduits en conséquence. En 2005, 25,5 % des emplois anglais sont à temps partiel comparé à 17,2 % des emplois français. ...

                    Le nombre d’heures travaillées chaque semaine (environ 910 milliards) est identique en France et en Grande Bretagne, malgré un nombre d’emplois différent. Cela s’explique encore mieux en comparant la durée réelle du travail (ensemble des emplois à temps complet et à temps partiel) : 31,72 h en Angleterre et 36,28 h en France (par semaine).

                    Voir détails et tableaux statistiques, ici Plus d’emplois créés en France qu’en Angleterre en 15 ans

                    Les statistiques sont plus tenaces que certains discours.


                  • Sherlock (---.---.167.241) 11 février 2007 00:26

                    Erreur de copie.

                    Chacun aura compris qu’il s’agit de 910 millions d’heures par semaine (et pas milliards).

                    Désolé.


                  • Esteban Manchego (---.---.179.71) 1er mars 2007 19:18

                    @ Sherlock

                    Très intéressant, vous devriez en faire des articles.

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