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Du Miracle breton à la Breizh Touch

Quand Yannick Le Bourdonnec publie « Le Miracle breton » en 1996, l’image d’une Bretagne vieillotte - « Bécassine » - se trouve aussitôt remisée. L’on ne parle plus alors que du bond économique prodigieux de l’après-guerre. Mais s’il y a bien eu miracle breton, quel en est le prix à payer aujourd’hui sur le plan de l’environnement ? Les Trente Glorieuses ont fait émergé les grands patrons bretons, mais certains noms de milliardaires résonnent trop dans les médias ou les coulisses du pouvoir. Enfin, le Conseil économique et social régional dessine le visage de ce que pourrait être la Bretagne de demain, en 2030. Avec des mises en garde...

Le général de Gaulle, qui comprenait bien les Bretons pour les avoir connus à ses côtés pendant ses années de lutte pour la défense du territoire, a fortement aidé au développement des infrastructures en Bretagne : réseau routier important, constructions navales de prestige, technologie de pointe... Cela a grandement aidé à l’essor de la région pendant les Trente Glorieuses. Cette spécificité bretonne a été qualifiée de « miracle breton » par l’écrivain et journaliste Yannick Le Bourdonnec dans son livre Le Miracle breton (Calmann-Lévy. 1996). On se flatte alors de compter 25 Bretons célèbres comme les grands entrepreneurs François Pinault, Yves Rocher, Edouard Leclerc, Vincent Bolloré... On se rappelle aussi, à cette occasion, de deux grands ingénieurs navals bretons, Jacques-Noël Sané et Stanislas Dupuy-de-Lôme. On se souvient d’un des tous premiers imprimeurs d’Europe après Gutenberg, le Breton Jean Brito, installé à Bruges dans les Flandres, et ainsi de suite ! Mais tout n’est pas rose néanmoins dans ce tableau.

Appel à « la deuxième révolution verte maintenant »

L’agriculture productiviste a fait de la Bretagne un dragon vert redoutable sur le plan économique, mais elle a aussi pollué les eaux. Le journal Ouest-France, par la voix de son directeur de l’information, signe le 22 mars 2007 un éditorial dérangeant dans lequel il appelle de ses vœux « la deuxième révolution verte maintenant ». Il dénonce le naufrage du modèle agricole productiviste et le lobby aveugle qui plonge la Bretagne dans une catastrophe environnementale majeure. Cette prise de position déclenche une ruée de commentaires sur le blog du journal. http://blog.ouest-france.fr/index.php/?2007/03/22/214-la-2e-revolution-verte-maintenant

Ce jour fera date dans la formation du mouvement contestataire S-Eau-S mené par Gérard Borvon, qui fut menacé de mort en février 2007 par des agriculteurs extrémistes. C’est dire l’enjeu et les tensions autour de cette question sensible !

Le mystérieux « Club des trente »

Dans son édition du 22 septembre 2007, le grand quotidien Le Monde ne parvient pas à percer cette nébuleuse organisation qu’est le "Club des trente", créé en 1989, et qui regroupe une soixantaine de grands patrons bretons. On sait, dit le journal, son action de lobbying pour le prolongement de la ligne du TGV Atlantique jusqu’à Rennes et le lancement de Passeport Bretagne pour aider les jeunes entrepreneurs bretons. Le nom "Club des trente" est une référence au Combat des Trente qui eut lieu près de Ploermel en 1351 pendant la guerre de Succession de Bretagne.

Ce que cache la Breizh Touch

Ce grand festival qui s’est déroulé du 20 au 23 septembre 2007 à Paris, avait comme point d’orgue le défilé de 3 000 musiciens et danseurs sur les Champs-Elysées. Il a remporté un succès bien plus important qu’attendu, preuve que la Bretagne est appéciée dans le monde (de nombreux visiteurs étrangers ont assisté à la fête) et reste ancrée dans le coeur des Bretons de Paris (une diaspora qui représente l’équivalent en population d’un département breton).

L’objet de l’opération était de faire connaître le dynamisme des Bretons et de leur territoire. Au-delà des quelques critiques qui ont été exprimées à propos de cet événement démesuré et sans précédent (notamment sur l’aspect financier : la région ayant investi 1,5 million d’euros sur les 2,5 millions de l’opération), se cachent des inquiétudes pour la Bretagne. Inquiétude sur l’avenir de son agriculture, de son industrie automobile (délocalisations) sur sa place - excentrée - dans l’Europe, sur le devenir de cette ressource fragile qu’est l’eau, inquiétude sur les freins que met l’Etat centralisé parfois à l’innovation, au déploiement d’infrastructures ferroviaires ou aériennes.

L’avenir de la Bretagne se corse !

La Bretagne est attractive ! Elle se place au 5e rang français derrière la Côte d’Azur. Tout semble donc aller très bien, sauf que pour le futur cela se complique si l’on en croit les données du Conseil économique et social. On prévoit que la Bretagne de 2030 aura gagné presque un quart de population (3,8 millions d’habitants), qu’elle aura, aussi, beaucoup vieilli (35 % de sa population aura plus de 65 ans), que l’urbanisation du littoral aura atteint sa limite (20 % des surfaces), que l’urbanisation se sera concentrée autour de quelques grandes villes (Rennes, Brest, et dans une moindre mesure : Vannes, Lorient et Quimper). Nous pourrons alors avoir une "Bretagne riviera" (une Bretagne très résidentielle avec hausse du foncier poussant les moins favorisés vers le Centre-Bretagne). La Bretagne peut aussi devenir un "nouveau Tigre celtique", voire produire trop et détruire son cadre de vie et son patrimoine. En germe, existe aussi un risque d’émigration massive des Bretons, chassés par l’économie en berne, le coût de l’énergie et des transports, la baisse de l’emploi...

Pour l’avenir, la Bretagne peut compter sur son "pôle Mer", pôle de compétitivité à vocation mondiale, qui associe de grandes entreprises, des PME, des laboratoires publics et privés, et des universités et grandes écoles implantés en Bretagne. L’ambition est de développer, à partir de technologies-clés, les produits et services innovants qui feront la différence sur les marchés internationaux et créeront des activités et des emplois (site du pôle Mer : http://www.pole-mer-bretagne.com).

La Bretagne peut aussi continuer de tabler sur sa culture (en essor constant) et sur le tourisme, deux ressources qui ne tarissent pas.

par Voris : compte fermé mercredi 10 octobre 2007 - 34 réactions
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  • Par Redj (xxx.xxx.xxx.129) 10 octobre 2007 11:14
    Redj

    "Je connais un informaticien qui est parti s’installé en Bretagne pour touver du boulot et bien il est revenu travailler en Ile de France car la Bretagne il n’y a pas grand chose et en plus,les salaires sont vraiment tres bas."

    ==> je suis également informaticien et je bosse en bretagne, et en bretagne sud encore en plus (Golfe du morbihan très prisée par les parisiens qui font grimper le prix des loyers). De plus, mon salaire est plus que correct, dans la moyenne haute des salaires des informaticiens en france. Alors ton "pote" là, soit il ne faisait pas l’affaire, soit il en demandait trop, soit il est encore venu en bon parisien ici "nous apprendre à travailler"...Bref, qu’il retourne chez lui et qu’il y reste.

    De plus, tout dépend de l’endroit où il a voulu s’installer.

    Bref, des parisiens comme toi on n’en veut pas, reste chez toi le plus longtemps possible.

    La bretagne aux bretons !! smiley

  • Par Sam Des Bectes (xxx.xxx.xxx.168) 10 octobre 2007 13:08
    Sam Des Bectes

    Hello, Redj, confrère morbihannais.

    Je suis informaticien, dans le Finistère (ça en fait au moins 2 en Bretagne, ça, dites-donc) et ici aussi tout va bien du point de vue boulot. Les salaires, que les avides peuvent trouver bas, sont largement compensés par le confort de vie.

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