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Accueil du site > Actualités > Info locale > Du rattachement de la Lorraine à la France en 1766

Du rattachement de la Lorraine à la France en 1766

Il y a 250 ans, le soir du 5 février 1766, Stanislas Leszczynski, Duc de Lorraine et de Bar, mit le feu à sa robe de chambre en s’approchant de la cheminée de ses appartements au Château de Lunéville. Agé, obèse et malvoyant, il ne parvînt pas à éteindre le feu. Lorsqu’on finit par l’entendre, il était déjà grièvement brûlé. Il n’avait pourtant pas perdu son sens de l’humour puisqu’il déclara à sa vieille gouvernante qui se brûla également en l’aidant à se dégager des flammes : « Madame, qui eut cru qu’à nos grands âges, nous brûlerions un jour des mêmes feux ? ». L’ancien Roi de Pologne succomba finalement de ses blessures le 23 février 1766 à 88 ans. Les Duchés de Lorraine et de Bar, qui lui avaient été remis en viager par son gendre Louis XV, furent ainsi annexés au Royaume de France. Pour le meilleur, mais surtout pour le pire.

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Le Roi Stanislas créant le Marquis de La Galaizière chancelier de Lorraine au Château de Meudon le 18 janvier 1737

Après plus de huit siècles d’indépendance, la Lorraine n’était donc plus un Etat souverain. Le Duché de Lorraine avait en effet été créé en 959 après le partage de la Lotharingie. Stanislas fut enseveli dans le caveau familial en l’église Notre-Dame-de-Bonsecours à Nancy. Marie Leszczynska, épouse de Louis XV et fille de Stanislas, décéda le 24 juin 1768. Louis XV en profita pour dilapider l'héritage lorrain et faire de Nancy une banale ville de province. La grande université de Pont-à-Mousson fut de même transférée dans l’ancienne cité ducale. Comment en sommes-nous arrivé là ?

La Guerre de Trente Ans (1618-1648) avait déjà permis à la France de préparer le terrain. Après l’âge d’or de la Renaissance, la Lorraine fut en effet décimée par un véritable génocide, volontairement oublié de l’histoire, toujours écrite par le vainqueur. Des centaines de milliers de Lorrains furent massacrés, pendus et mutilés. Les historiens estiment que 60 % de la population lorraine fut assassinée. Les places fortes furent détruites pierre par pierre, à l’image de La Mothe, cité martyre et symbole de la résistance lorraine dont il ne reste plus rien aujourd’hui si ce n’est que quelques vestiges recouverts par une épaisse forêt. Le vice fut si poussé à l’extrême que La Mothe et le Bassigny furent même retirés de la Lorraine au moment de la création des départements pour intégrer la Haute-Marne. Les symboles lorrains furent ensuite détournés de leur sens originel, comme par exemple la Croix de Lorraine qui fut plus tard récupérée par De Gaulle.

Si bien que lorsque le Duc Léopold arriva au pouvoir en 1698, Louis XV s'empressa de lui fournir de la main d'œuvre française pour repeupler la Lorraine et engager un processus de colonisation. A la mort de Léopold en 1729, ce fut son fils François III qui monta sur le trône. Celui-ci épousa en 1736 l’archiduchesse Marie-Thérèse d’Autriche, héritière des Habsbourg. Cette union lui donnait la possibilité de devenir Empereur. Il protégeait par la même occasion ses Duchés de toutes velléités françaises. Il faut dire que la Lorraine constituait une sorte d’îlot depuis que l’Alsace et la Franche-Comté avaient été progressivement rattachées au Royaume de France sous le règne de Louis XIV. Mais l’ennemi s’était déjà installé dans la place puisque les Trois-Evêchés de Metz, Toul et Verdun avaient été pris en 1552. La situation de la Lorraine était en réalité tendue depuis 1632 et les différentes occupations françaises. Louis XV et le Cardinal de Fleury ne pouvaient pas tolérer que cette enclave passe sous influence impériale. Le roi de France signa par conséquent un accord avec l’Empereur Charles VI en 1737, matérialisé par le Traité de Vienne de 1738. Selon ce dernier, François III, au bord des larmes, fut contraint d’abandonner la Lorraine à la France et de recevoir en échange la Toscane. En compensation, la France accepta la Pragmatique Sanction de l’Empereur qui faisait de Marie-Thérèse son héritière, conjointement avec son époux François III. Le Traité de Vienne mit également fin à la guerre de succession en Pologne. Ce fut ainsi que le roi déchu de Pologne, Stanislas Leszczynski, fut nommé Duc de Lorraine par Louis XV. A sa mort, les Duchés de Lorraine et de Bar iraient à la France.

Les dispositions du Traité de Vienne prévoyaient également qu’une forme d’autonomie serait accordée à la Lorraine avec notamment la création d’un Parlement lorrain. Mais bien entendu, la France ne respecta jamais ce texte. Afin d’éviter des troubles trop importants et de faire plaisir à sa femme, Louis XV installa donc à titre viager son beau-père Stanislas, qu’il méprisait, à la tête d’un Etat lorrain stable et prospère. En contrepartie, Stanislas accepta l’arrivée d’un chancelier français, Antoine-Martin Chaumont de La Galaizière, pour exercer le pouvoir exécutif et préparer l’annexion à proprement parlé des Duchés. Le pouvoir militaire fut quant à lui confié au Duc de Belle-Isle qui était en charge déjà des Trois-Evêchés.

C’est ainsi que toutes traces et tous symboles du passé glorieux de l’ancien Etat indépendant lorrain furent effacés, à l’instar de la Fête Nationale de la Lorraine. Au regard de ce qui précède, des trois conflits impérialistes avec l’Allemagne, de l’exploitation industrielle de type coloniale de la Lorraine, des iniques et odieuses restructurations militaires, scolaires et hospitalières, ainsi que de l’enfouissement des déchets nucléaires en Meuse, de la paupérisation galopante et de l’illettrisme en Lorraine ou encore de la disparition de nos langues régionales et de la fusion de la Lorraine avec l’Alsace et la Champagne-Ardenne, nous ne voyons pas pourquoi nous devrions nous réjouir et fêter les 250 ans de l’annexion de notre Lorraine à la France. Ce n'est pas pour toujours.


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34 réactions à cet article    


  • sarcastelle 26 février 10:53

    Vous oubliez dans vos malheurs les trois capitaines vous ont appelée vilaine.





    • sarcastelle 26 février 11:03

      @sarcastelle


      « ......les trois capitaines qui vous ont..... »

    • Ben Schott 26 février 12:01

       
      La Lorraine indépendante. Il ne manquait plus que ça !... Y a vraiment des entartages (à la quiche) qui se perdent !
       


      • lejules lejules 26 février 14:16

        @Ben Schott
        nous sommes dans la logique des eurorégions . la propagande bruxelloise veut diviser les pays européens en toute petites unités ce qui permet de diviser pour mieux régner. nous sommes dans le plan de walter Hallstein éminent juriste nazi du 3eme Reich qui se proposait de détruire les états nation en Europe en faveur du fascisme européen. voir l’entrevue de Hitler Mussolini auquel participa le personnage qui une fois recycler par les américains a la fin de la guerre devient le 1er président de la commission européenne.

        cela permet de faire rentrer l’Alsace Lorraine dans le giron des landers allemands.

        si ce sujet vous intéresse voyez les conf de m.Asselineau a ce sujet

      • Jeussey de Sourcesûre M de Sourcessure 26 février 16:43

        @lejules

        J’ai connu un personnage important à la tête d’une grosse structure sous tutelle de l’état en Lorraine dont le projet était de créer une confédération qu’il appelait SARLORLUX... tout un programme qui aurait effectivement eu comme conséquence de casser les structures existantes.

        Ce personnage (franc-maçon « de gauche ») aimait délirer sur son projet en développant des arguments pseudo ethnico-culturels dignes de Gobineau (les blonds aux yeux bleus n’étaient pas loin) sans se rendre compte qu’il se coulait dans le sillage noir-brun d’une idéologie qu’il prétendait combattre.

      • Groupe BLE Lorraine Groupe BLE Lorraine 26 février 17:34

        @Ben Schott
        Elle l’a été pendant 807 ans exactement. Donc cela ne peut manquer, puisque c’est une réalité.


      • Groupe BLE Lorraine Groupe BLE Lorraine 26 février 17:39

        @lejules
        L’Etat nazi était un Etat centralisateur, tout comme la France depuis Louis XIV.


        Le France est d’ailleurs le dernier pays d’Europe occidentale à être centralisé.

        Le fédéralisme, c’est plus de démocratie, de transparence, d’indépendance de la justice et des médias (tout n’est pas concentré dans une seule et même ville, voir aussi le classement de la liberté de la presse publié chaque année par Reporters sans Frontière dans lequel la France est dans les 30ème avec le Salvador) et plus d’efficience économique (comparez les performances socio-économiques de la France avec la Suisse, les Pays-Bas, l’Allemagne).

      • Pie 3,14 26 février 18:21

        @Groupe BLE Lorraine

        Les Pays-Bas ne sont pas état fédéral.

        La décentralisation est effective en France depuis bientôt 35 ans. Les communes, les départements, les régions ont désormais un pouvoir comparable à celui de la plupart des régions en Europe.

        Vous naviguez dans un régionalisme victimaire assez ahurissant. Faire de la guerre de 30 ans un génocide est d’un anachronisme complet. 



      • Groupe BLE Lorraine Groupe BLE Lorraine 1er mars 20:03

        @Pie 3,14
        Basez-vous sur des faits et non sur des opinions.


        La France est pays centralisateur. Budget de la « nouvelle région ACAL » = 2,2 milliards d’euros, ce qui correspond au budget de la ville de Bâle. 

        Et c’est ridiculement faible par rapport aux Länders allemands qui ont un conseil des ministres et qui sont compétents en matière d’éducation, de police, d’économie, etc. Cela s’appelle du fédéralisme. Nous en sommes à des années lumières en France.

      • Pie 3,14 5 mars 20:26

        @Groupe BLE Lorraine

        Vous oubliez un détail, en France les départements gèrent des budgets très importants, bien plus que les régions. Ajoutez les départements aux régions et vous obtiendrez un budget beaucoup plus conséquent.

      • Jeussey de Sourcesûre M de Sourcessure 26 février 12:31

        Pendant que vous y êtes, allez-y d’un couplet sur l’Austrasie.

        C’est très en vogue à Metz !

        Cette façon de raconter l’histoire est détestable. Elle s’inscrit dans la pire tradition qui résume les évolutions et les événements à des mariages entre têtes couronnées sans tenir compte des conditions économiques ou culturelles qui les expliquent.

        La Lorraine a été longtemps un protectorat français qui permettait les délocalisations et le recrutement de mercenaires, car le niveau de vie était beaucoup moins élevé que dans le royaume de France. 

        Les colporteurs vosgiens étaient autorisés par le roi de France à écouler la production bon marché de Lorraine dans les campagnes. Ils étaient moins dangereux que des autochtones susceptibles de mener des jacqueries et servaient de mouchards à la maréchaussée qui vérifiait leurs sauf-conduits.

        Quoi qu’il en soit, le Dauphiné, l’Artois, la Subie auraient autant de griefs à faire valoir. Mais heureusement, personne n’a eu la mauvaise idée de donner leurs noms à des régions au moment de la décentralisation, comme cela a été fait pour la Lorraine. Aujourd’hui, c’est fini. Ouf !

        • Groupe BLE Lorraine Groupe BLE Lorraine 26 février 17:46

          @M de Sourcessure


          La Lorraine ne s’est jamais aussi mal portée depuis qu’elle est française.
          Il y a aujourd’hui plus illettrisme par exemple qu’au temps des Duchés, c’est dire.
          La France a massacré le peuple lorrain par un génocide (terme utilisé par les historiens de l’Académie de Stanislas dans une récente étude), colonisé ses terres puis exploité de manière coloniale ses richesses naturelles et minières.

        • Jeussey de Sourcesûre M de Sourcessure 26 février 18:03

          @Groupe BLE Lorraine

          La guerre de trente ans était un conflit qui a dévasté toute le région d’Europe où se situe la Lorraine. Le royaume de France a contribué au massacre des populations par le biais de mercenaires à l’échelle européenne qui opposait plusieurs états dont les dirigeants avaient des liens familiaux étroits : Maximilien Ier de Bavière était cousin de Frédéric V du Palatinat, oncle et beau-frère de l’empereur Ferdinand III ; Charles Ier d’Angleterre était beau-frère de Frédéric V et de Louis XIII de France ; Louis XIII, beau-frère de Charles Ier d’Angleterre, était également beau-frère de Ferdinand I, de Victor-Amédée Ier de Savoie et (de deux façons) de Philippe IV d’Espagne, lui-même cousin puis gendre de l’empereur Ferdinand III ; etc...C’était une sorte de guerre familiale eet vous seriez bien en peine aujourd’hui d’attribuer à l’Angleterre, à l’Espagne, à la Suède ou à la France la responsabilité des tueries des reîtres, même si cette horreur s’est soldée par le rattachement que vous évoquez.
          Il ne faut pas simplifier l’histoire en la déformant.

        • Alren Alren 26 février 19:06

          @M de Sourcessure

          « le Dauphiné, l’Artois, la Subie auraient autant de griefs à faire valoir [que la Lorraine] »

          M. de Sourcessure vous oubliez la Bretagne ! Cet état si prospère jusqu’à ce que les vilains suppôts du roy de France ne l’annexent. Les nazis pensaient démembrer la France après la victoire finale et rendre autonome la Bretagne. Les autonomistes bretons avaient d’ailleurs tant d’admiration pour le Reich qu’ils se confectionnèrent une drapeau noir et blanc, les couleurs de la croix gammée (sans le rouge évidemment !) que naïvement les Bretons d’aujourd’hui brandissent comme étendard régional.

          Par malheur, c’est aussi la région qui compta le plus de Français libres près de De Gaulle !

          Vous oubliez aussi la Bourgogne si prospère au Moyen-âge avant que le vilain Louis XI ne parvienne à mettre la main dessus. Cette fois, les nazis envisageaient d’en faire une sorte de province érigée en protectorat de l’Allemagne.

          Les Aquitains ont bien regretté de ne plus être sous la coupe des Anglais après la guerre de Cent ans, eux qui leur achetaient tellement de vin !

          Et les Normands, n’étaient-ils pas plus riches et puissants du temps de Guillaume-le-conquérant qu’après être rattachés à la couronne de France ?

          Quant à la Franche-Comté, Nice et la Savoie il y aurait bien des choses à dire ...

          Bon, je ne parlerai pas du Pays Basque, les Vascons ayant tué Roland à Ronceveaux ; ni du Roussillon arraché à l’Espagne et encore moins de la malheureuse Corse qui se passerait si bien des subventions de ces maudits Français …

          L’Europe des régions, voilà ce qui fait rêver les ennemis de la République, une et indivisible.


        • bakerstreet bakerstreet 26 février 23:44

          @Alren
          Sur le drapeau breton, vérifiez vos sources :«  Le premier Gwenn ha Du est créé entre 1923 et 1925 par Morvan Marchal, architecte et militant dans le mouvement breton. Avant 1939, il est utilisé par des cercles culturels et politiques bretons. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est arboré à la fois par des résistants tel que le Groupe Liberté que par une partie des nationalistes collaborant avec l’occupant allemand. Après-guerre, il est considéré comme un drapeau séditieux par les autorités françaises. L’émergence du troisième Emsav dans les années 1970 entraîne la popularisation du drapeau, d’abord dans les cercles culturels bretons, puis dans l’ensemble de la société bretonne. Largement utilisé depuis, par la population comme par les administrations locales, il est aujourd’hui le principal symbole de la Bretagne ». (wilkipédia)

          Donc prudence, ce n’est parce que le drapeau français a été brandi par la milice de Pétain et Laval, qu’il est sali. Pareil pour le drapeau Breton. Il est vrai que quelques illuminés, comme partout, se perdirent chez les nazis, en fonction de promesse, et d’un droit d’antenne à la radio de la langue Bretonne. Cela ne concerne en rien les bretons qui dans l’ensemble luttèrent contre les nazis. Il y eut plusieurs maquis en Bretagne, en particulier dans les landes de Lanvaux où furent parachutés les premiers contingents du débarquement de Normandie, dans une manœuvre de diversion. Sur l’ile de Sein, tous les bateaux de pêches partirent pour l’Angleterre, répondant à l’appel du général de gaulle en 40 ! Ce n’est pas la langue qui compte, ici, c’est le cœur !...Pour ceux qui veulent avoir une idée complète de la chose, lisez l’excellent roman autobiographique de Mona Ozouf, « composition française ». Mona Ozouf, en plus d’être historienne, et membre de l’académie française, est bilingue, et fille d’un couple de militants bretons. 

        • aimable 28 février 05:25

          @Alren
          vous êtes un addict du c’était mieux avant
          chez moi en Normandie des pieds nicklès ont créé un site sur internet , plus ou moins autonomiste indépendantiste
          il utilise le Français, et un charabia qui se dit être la langue Normande, ils doivent être de la ville
          ce qu’ils écrivent n’a aucun sens, je parles deux patois et c’est autre chose que leur petite littérature pseudo Normande


        • cathy cathy 26 février 12:41

          Merci de rappeler le génocide chrétien des Lorrains. 

          Une pensée émue pour mes ancêtres qui ont souffert pour Jésus Christ.

          • Jeussey de Sourcesûre M de Sourcessure 26 février 12:50

            @cathy

            Il faut admettre que le roi de France Saladin XV et ses cruels janissaires enturbannés ont fait des sacrés dégâts dans le camp des croyants. D’ailleurs le Pape était très en colère !

          • Jeussey de Sourcesûre M de Sourcessure 26 février 13:11

            @M de Sourcessure

            Plus sérieusement : catholiques contre protestants, ils se massacraient entre « bons » chrétiens !

          • Shawford OR ANGE SKINK 26 février 13:19

            @M de Sourcessure

             smiley smiley smiley smiley smiley smiley

            Y’a pas mauvais chrétiens aux yeux de ma famille, que des âmes valeureuses en attente de pouvoir sereinement finir d’accomplir leur destin avant la redemtion.

            Et comme par hasard, ce sont celles et ceux qui en sont les plus proches en qualité et en valeurs qui leur barrent les dernières marches de cet as en sœur pour le bonheur ! smiley


          • Pascal L 26 février 12:55

            Etant originaire de Metz, je vois ces choses là d’une manière très différente. Tout d’abord, Metz n’est lorraine que depuis 1766, mais était déjà française depuis la fin de la guerre de 30 ans, soit un siècle auparavant. Louis XIV a distribué les terres en friches à tous ceux qui voulaient bien les cultiver et mes ancètres étaient pour la plupart des ouvriers agricoles venus de France et de Suisse qui ont émigré à ce moment pour devenir des paysans. Même au XXème siècle, il restait un sentiment de reconnaissance vis-à-vis de la France. J’ai un grand-père qui a déserté de l’armée allemande en 1917 pour venir se battre aux côtés des Français. Cela n’aurait pas été possible s’il y avait eu un soupçon de méfiance envers la France à cette époque.


            • Jeussey de Sourcesûre M de Sourcessure 26 février 12:59

              @Pascal L

              Il n’y aurait rien d’étonnant à ce que vos ancêtres français fussent d’origine francomtoise.

            • Pascal L 26 février 16:12

              @M de Sourcessure
              Quand on recommence une vie dans une zone où tous les registres paroissiaux ont brûlé, il est facile de s’inventer une nouvelle identité. Donc Francomtois ou Picard, pourquoi pas ? il est impossible de remonter à une période antérieure à l’émigration, sauf pour les Suisses qui viennent du canton de Zürich d’avant les banques. Il y avait, en Suisse à cette époque, des famines et des révoltes de paysans réprimées dans le sang.


            • Groupe BLE Lorraine Groupe BLE Lorraine 26 février 17:50

              @Pascal L
              Rien d’étonnant puisque l’histoire est écrite par le vainqueur. 

              Metz a été pris par les Français par le jeu de la ruse. La ville y a perdu ses droits et ses prérogatives commerciales. Elle était l’une des plus grandes villes d’Europe au Moyen-âge, qu’en est-il aujourd’hui de son rayonnement ? Elle devrait avoir la taille d’une ville comme Francfort de nos jours.

            • Pascal L 26 février 19:44

              @Groupe BLE Lorraine
              Non, Metz n’a pas été prise par les Français, elle a été ramassée. Elle était semi-indépendante avant la guerre de 30 ans avec un gouvernement tiré de la bourgeoisie locale (les pareignes, déjà pas mal décimés par les maladies), mais après, il n’y avait plus d’habitants. Et si, pendant la guerre de 30 ans, il y avait les troupes françaises, il y avait aussi les Suédois et les Lorrains également considérés à Metz comme une armée étrangère. Je ne crois pas qu’une des armées s’est mieux comportée que les autres. Tout était une question d’ordre de passage. Après trois passages, il n’y avait plus rien ni plus personnes. Donc, comment faire un état indépendant sans habitants ? Il semble que le choix de la France ait été considéré comme un moindre mal, Metz était francophone et la France nous protégeait de ces voisins un peu encombrants : les duchés de Bar (la Meuse, Mars-la-Tour), de Lorraine (Pont-à-Mousson), de Luxembourg (Thionville) et l’Allemagne qui commençait à l’époque sur les rives de la Nied (Boulay), donc à deux pas de Metz. Louis XIV a, un peu plus tard, libéré le paysage et repeuplé la région, ce qui a permis à nouveau le développement de la ville.


              La question s’est reposée en 1918. Le référendum en Moselle a choisi la France comme un moindre mal (sauf Sarrebrück, mais les anciens habitants avaient été déportés), mais s’il s’était trouvé sur place une administration digne de ce nom, le choix de l’indépendance de la Moselle aurait probablement été fait. 

            • Groupe BLE Lorraine Groupe BLE Lorraine 1er mars 20:12

              @Pascal L
              Déjà Metz, ce n’est pas du féminin (incompétence journalistique), les noms de villes sont neutres. Donc Metz a été pris.



              Le développement de la ville ? la bonne blague, avec la révocation de l’Edit de Nantes par son successeur plus tard ? http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2013/10/09/de-l%E2%80%99exil-des-protestants-de-metz/

              L’histoire est toujours écrite par le vainqueur.

            • Montdragon Montdragon 26 février 19:42

              Tu aurai préféré être bourguignon camarade ? ou anglais ? ou pire..boulon ? Tu sais pertinemment que ton petit bout de terre humide aurait été appréhendée par une puissance quelle qu’elle soit.
              Est-ce que je vais pleurer si Dijon ne fais pas 5 millions d’habitants aujourd’hui ? Alors qu’elle le devrait...lol.


              • rhea 1481971 26 février 19:46

                 C’était la Suisse avant la Suisse de 1815, quand à la croix de Lorraine ce n’est pas De Gaule mais l’amiral Muselier qui prend la croix comme emblème pour les forces françaises libres.


                • MAIBORODA MAIBORODA 26 février 21:27

                  La CORSE, ce fut en 1768 (année où Gênes céda ses droits sur l’île à la Corse - Traité de Versailles ).
                  Le rattachement fut officialisé en 1789.

                  • bakerstreet bakerstreet 26 février 23:14

                    Cet article est loin d’être misérable, car il a le mérite de montrer la complexité de l’histoire, de rappeler que la guerre de 30 ans fut une abomination, et qu’elle est très occultée de l’histoire de France, bien qu’elle concerna des régions dans son nord est qui n’en faisaient pas encore partie. Les français ont une vie très caricaturale du passé, et c’est sans doute une des projections du centralisme, précisément. Fernand Braudel, le grand historien issu « des annales », avait l’habitude de dire que les chemins de fer avaient fait davantage pour l’unité de la France que la révolution française. Jusqu’à leur avènement, les gens restent dans leur province, et des enquêtes d’opinion montraient que les gens avaient l’identité de leur pays, ne sachant pas souvent qu’ils étaient Français. Et cela parce que pendant longtemps, les pays, quand ils n’étaient pas autonomes, comme la Bretagne, grande puissance maritime, qui fut ruiné par le blocus de louis quatorze, ou affiliés à d’autres puissances, comme la Savoie ou le pays de Nice, possédaient une culture de frontière, à cheval sur deux identités. 

                    Et que dire du royaume de Bourgogne qui a disparu, et qui était aussi puissant que l’état français, englobant Orléans, Arles et la Bavière ?...On a bricolé une histoire de France simpliste, pour donner une image figée et solidaire à ce qui ne l’était pas, et forcé les gens à désapprendre leur langue, comme dans tout système colonial. Et cela bien plus que n’importe quel pays le fit, ce qui une hérésie, appliquant par la force ce que l’usage encourageait. Que dire de la suppression de l’édit de Nantes par Louis quatorze ?....Ce roi demanda pardon pour ses guerres sur son lit de mort. C’est le moins qu’il pouvait faire, il ruina le pays....Pour autant évidemment je pense que l’idée de nation française existe, mais que pour le contrat marche au mieux il faut faire preuve d’intelligence, et reconnaître des droits culturels et de langue à chaque région, par exemple, car la richesse d’un pays passe par le bilinguisme, qui une ouverture vers d’autres cultures, le refus de se scléroser,d ’apprendre la relativité de façon naturelle, et de manier les phonèmes naturellement....Voilà pourquoi les français sont si nuls en langue : C’est qu’ils s’en sont estropiés...... Une évidence dans tous les pays d’Europe, pas en France où des propos pareils en font sursauter certains. C’est dire.

                    • bakerstreet bakerstreet 26 février 23:26

                      @bakerstreet
                      C’est toujours bien de regarder les cartes ; regardez celle du moyen âge, puis des époques successives. On pige plein de choses sans discours....En rapport à l’anniversaire de Verdun, c’est pas mal de regarder aussi la carte d’europe...l’alliance entre l’allemagne, plus grande qu’elle est actuellement, et au sud son allié, l’empire austro hongrois , énorme bloc qui va disparaitre quatre ans plus tard. 

                      Carte de l’Europe en 1914 - Atlas historique

                    • MAIBORODA MAIBORODA 27 février 09:07

                      @bakerstreet


                      à l’inverse des «  »montagnards« qui vous infligent une étoile jaune, je vous gratifie (maigre compensation, me direz- vous) d’une étoile d’excellence pour votre vision »girondine" de l’Histoire de France.




                    • cathy cathy 28 février 08:50

                      Groupe BLE Lorraine

                      Les germains dans toute l’Europe, étaient un frein au nouvel ordre, ils ont été exterminés, ou bien déportés.

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