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Fin d’un marchand de journaux...

Place Charles Michels à Paris 15e, la maison de la presse, qui jouxtait le Mac Donald et le centre commercial et faisait face au café, aux banques et au tabac, vient de fermer ses portes... définitivement.

Cette maison de la presse, la plus grande du quartier, s’est installée il y a une bonne vingtaine d’années. Elle était devenue une sorte d’institution. C’est avec stupeur que les habitants la découvrent close. En vitrine, une page dactylographiée annonce qu’elle ne rouvrira pas après la restructuration du centre commercial, et explique sobrement les raisons de cette fermeture qui annoncerait celle de beaucoup d’autres lieux semblables à Paris : le grand nombre de titres distribués, qui pour une grande part n’étaient pas vendus, ce qui entraînait un problème de trésorerie entre le moment où il fallait avancer les fonds et celui où on récupérait le prix des invendus ; et plus encore une charge de travail excessive pour le personnel, des semaines de deux fois 35 heures ! Enfin la concurrence occasionnée par ces abonnements à prix réduits que les journaux et magazines nous proposent, en bénéficiant des avantages accordés par les pouvoirs publics en termes de tarifs postaux.

Apparente contradiction : on a pu lire par ailleurs (Le Monde du 1er novembre) que le nombre de kiosques a recommencé à augmenter à Paris et qu’aux dires du président du CSMP (Conseil supérieur des messageries de presse), "l’objectif pour 2010 est d’atteindre 33 000 points de vente traditionnels, de proximité, soit environ 5000 de plus qu’aujourd’hui".

Alors pourquoi cette amertume ? La fin de "notre" marchand de journaux sera peut-être l’occasion, pour le tabac en face, d’ouvrir un "coin" presse, histoire de compléter la recette de ces jeux de hasard qui entraînent la dépendance, et de compenser la baisse des ventes de ces produits qui "nuisent gravement à la santé" ! Et il nous restera toujours ces piles du journal Métro, devant la station Charles Michels, devant la boulangerie, devant... Et puis "notre City marché", à deux pas, a ouvert un rayon presse et librairie où chacun, chacune peut lire tranquillement la presse magazine "peuple" et le dernier roman ésotérique à succès...

Mais pourra-t-on encore lire et acheter la presse de province, Le Populaire du centre, Le Bien public, La Montagne... ? La presse alternative ? Et mon ami turc pourra-t-il acheter Hurriyet ou Sabah... ? Et si justement c’était cette diversité qui allait disparaître en même temps que "notre" marchand de journaux, à la veille du lancement de ce nouveau centre commercial Beaugrenelle, que de généreux investisseurs, ardemment soutenus par la "gauche" parisienne, entendent mettre à notre disposition ?


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18 réactions à cet article    


  • phil (---.---.54.55) 9 novembre 2006 11:25

    prise en étau entre les journaux gratuits et internet, la presse « papier » classique n’est-elle pas condamnée à disparaître ? Agoravox participe involontairement à cette entreprise de sape. Chaque jour, l’information sur le net devient plus riche, plus accessible, plus diversifiée. Et l’information de province, étrangère, suit le même chemin.


    • Sam (---.---.155.167) 9 novembre 2006 13:10

      C’est vrai que la presse électronique sape la presse papier.

      Mais pas la bonne presse papier, pour le moment.

      Moi je continue à acheter le Diplo, Politis, CQFD et Le Plan B ; d’ailleurs mon porte-monnaie à le visage un peu fermé en ce moment. smiley


    • lol (---.---.174.18) 9 novembre 2006 12:24

      patrick adam à dit : c’est la faute aux bobos


      • FURAX (---.---.228.110) 9 novembre 2006 12:27

        Il y en a un qui a disparu dans mon quartier,c’etait pourtant sympa, on s’y retrouvait pour papoter et il se sentait sur le départ. J’ai l’impression que ce type de commerce est en voie d’extinction... c’est un peu normal, les bonnes revues sont chères , ajouter à cela, les journaux gratuits, internet : plus besoin de kiosque. c’est dommage encore un commerce de proximité qui s’en va smiley


        • Sam (---.---.155.167) 9 novembre 2006 13:15

          Oui, c’est dommage, tu as raison.

          Mais les bonnes revues chères pourraient l’être moins, du moins celles qui n’ont pas de pub et font un effort en termes de contenu.

          Je sais pas si t’as remarqué, mais quand regardes les rayons, tu vois une tonne de mag papier glacé qui te parlent informatique. Ces mags, dont les articles sont déjà du publi- rédactionnel, sont FARCIS de pub.

          A la limite, ils touchent tellement de recettes pubs qu’ils n’ont pas besoin de lecteurs.

          Tu crois pas que l’organisme de soutien à la presse, pourraient pas obliger ces mags et leurs supports publicitaires à soutenir par une redevance cette presse que tu trouves chère à juste raison ?.. smiley


        • Kian (---.---.91.72) 9 novembre 2006 12:52

          Ah zut, j’allais souvent y acheter mes journaux. D’ailleurs, non loin de là, rue de Lourmel, autour du tabac « Le Disque Bleu », 2 autres marchands de journaux ont fermés : il y a quelques années celui rue de Lourmel, remplacé par un vendeur immobilier, et maintenant celui rue du Théâtre remplacé par ... un autre vendeur immobilier !

          Dure d’acheter ses journaux ...


          • Sam (---.---.155.167) 9 novembre 2006 13:07

            Place Charles Michels à Paris 15e, la maison de la presse, qui jouxtait le Mac Donald et le centre commercial et faisait face au café, aux banques et au tabac, vient de fermer ses portes... définitivement.

            Je crois bien que j’ai discuté le coup avec le gars qui le tenait, y deux ans de ca à peu près. Déjà, il était pas euphorique. Déjà, il y a dix environ, les kiosquiers de Paris se plaignaient. Quand tu dis qu’ils augmentent, je suis étonné.

            A moins que tu veuilles parler des Relay et autres petits soldats de Hachette et des autres grands groupes.

            C’est pas pareil. Chez ces clones, y a des titres que tu ne trouveras jamais.

            Et puis y en a qui sont systématiquement cachés, ou quasiment.

            Comme l’HUMANITE. Quoique j’ai rien pour l’Huma perfusée par le Bétonneur, c’est un peu comme ces boites que tu retournes et qui font « meuuuuuhhhhhhhhhh ».

            Mais comme les dirigeants de ces groupes sont des types archéos, dont l’intelligence est réflexive et limbique, ils se disent Huma = communiste = rouge = danger de l’Est qui va croquer nos groupes avec le grand couteau que serrent ses dents sanglantes.

            Voilà, faut pas chercher. Ces des primaires tous ces dirigeants. Je fais du pognon et je casse du Rouge. C’est leur vie et c’est comme ça qu’ils organisent les Relay et autres pseudos kiosques.

            Donc, si c’est ça le renouveau des kiosquier, y a du souci à se faire. smiley


            • (---.---.162.15) 9 novembre 2006 14:51

              Je crois que le malaise est ancien et que la situation ne cesse de se dégrader lentement.

              Il y deux choses qui m’avaient marqués. Dans les gares la mise sous monopoles de tous les kiosques par les « Relais H » avec une uniformisation complète. Et puis l’uniformisation complète aussi de toutes les vitrines à travers la France par un service dédié (des NMPP, directement ou indirectement) qui les remplit régulièrement.

              Que penser d’un commerçant qui n’a pas le droit d’organiser et remplir sa vitrine ? Il perd son âme.

              Cela va bien au delà. Il ne peut même pas choisir les journaux qu’il vend, les quantités qu’on lui envoie, on l’a transformé en robot exécutant les ordres du monopole parisien de distribution.

              Briser le monopole des NMPP devient une priorité.

              Am.


              • ohlala (---.---.124.230) 9 novembre 2006 16:37

                D’accord sur le monopole des NMPP. Et aussi le syndicat des Ouvriers du livre.

                Débit de presse = Impossibilité d’avoir la marchandise adaptée à la clientèle de leur quartier, obligation d’avoir des panneaux pub partout, des mags sous plastique avec gadget-cadeaux impossibles à ranger, avalanche de présentoirs « jeux »-mots fléchés, des tonnes de magazines « doublons » à vocation éphémère (décoration, mode, informatique, cuisine, karaté, cul-charme, etc...) Autant de magazines vite faits avec 3 personnes (vérifiez « l’ours » au sommaire) . Sans pouvoir attirer la pub, ces magazines disparaissent après 3 numéros, càd avant d’avoir le contrôle OJD sur le chiffre des ventes. Le petit nouveau de la semaine dernière, c’était « Rajeunir » !

                La marge de manoeuvre laissée à ces commerçants est mince.


              • crou (---.---.58.119) 11 novembre 2006 22:41

                « Briser le monopole des NMPP »

                1) Il n’y a pas de monopole puisqu’il y a aussi les MLP (Messagerie Lyonnaise de Presse).

                2) Les NMPP distribuent à perte les quotidiens. Elles se rattrappent sur les mensuels et toutes les conneries style Del prado et consorts... Si on veut mettre de la concurence alors, je crains fortement que ce soit la mort des quotidiens. smiley


              • (---.---.107.66) 9 novembre 2006 17:26

                Cette histoire me rappelle drôlement l’intrigue qui sert d’arrière-plan à la comédie romantique « Vous avez un message », avec Meg Ryan et Tom Hanks...

                Ne laissons pas mourir le commerce de proximité, à visage humain, ni la diversité d’expression. C’est de notre responsabilité, à chacun. Comme toute évidence, il est bon de le rappeler régulièrement.


                • erickk (---.---.3.71) 9 novembre 2006 18:42

                  C’est une évidence que ces marchands n’ont pas su prendre le virage de la modernité numérique qui qu’on le veuille ou pas est le futur. De la même manière, tout est porté à fusionner et les groupes à fusionner entre eux jusqu’à une standardisation de la demande. Je veux dire, on le voit partout dans tous les domaines...

                  Maintenant je pleure pas trop sur le sort de ces marchands qui nous ont berné longtemps en surtarifant leurs produits. L’information voyage à la vitesse du réseau planétaire et c’est tant mieux. Tout comme la possibilité de trouver cette information à un clic de souris. Il aurait peut-être fallu s’adapter. Et tant pis pour les mélancoliques du feuilletage dans cette boutique, pipe au bec, dans une grand gabardine durant d’improbables années 60-70...

                  Ceci dit, la tendance est quand même à la personalisation du produit. Dans ce domaine de la presse, le virage s’amorce avec l’information citoyenne. Je pense que ce n’est qu’un début. Et c’est vraiment tant mieux pour la liberté d’expression de pouvoir diffuser cela planétairement sans devoir prendre le métro pour aller à un endroit précis acheter le magazine de notre coeur.


                  • (---.---.162.15) 9 novembre 2006 22:14

                    Ah bon, de la « surtarification » là où le prix est fixe ? Expliquez-nous donc ça...

                    Am.


                  • Marco15 (---.---.203.50) 9 novembre 2006 22:19

                    Eh oui, une bonne partie d’entre nous est constituée de vieux ringards qui achètons encore des journaux en papier. Est ce que nous avons pour autant raté le virage du numérique ? T’as raison fils. Mes précédents employeurs étaient Sun,Oracle et Microsoft !!! Je n’ai rien contre la culture numérique, bien au contraire. Je lis Red Herring sur le net depuis qu’il a disparu en kiosque, mais je prends plus de plaisir à lire Wired sur papier. Alors je suis quoi : un qui n’a rien compris, ou un lecteur averti qui entend avoir le choix ?!? Ainsi affirmer que les marchands de journaux n’ont rien compris à l’économie numérique, c’est déjà un non sens et une vision à deux balles que les grands groupes de médias veulent nous faire prendre pour une vérité. Par pitié, laissez nous la chance de choisir : Telemarket ok, mais l’arabe du coin a aussi ses avantages. Un automate de carte bleue sur le péage d’autoroute ok, mais le sourire ou le conseil de-la-fille-qui-se-les-gèle-dans-la-guitoune me procure plus d’émotions !!! Allez, je te laisse l’économie numérique, j’en ai bouffé pendant 20 ans, je retourne dans la vraie vie.


                  • Marco15 (---.---.203.50) 9 novembre 2006 21:17

                    Et oui, ils sont partis nos sympathiques libraires. Moi j’avais croisé Denis sur une Goëlette en Mer Rouge, et depuis j’achetais mes revues chez lui en discutant de nos plongées. Je suis comme vous, un peu surpris. Surpris que finalement les librairies disparaissent plus vite que les stations essence ...

                    Et puis, ce quartier commence (ou va) perdre son âme. Les commercants sympatoches s’en vont. Plus moyen d’acheter qquechose à manger rue du commerce, on n’y trouve plus que des magasins de téléphone ou de vêtements.

                    Pire, le centre commercial qui nous est proposé va encore asphixier les indépendants qui font le charme de cette partie du XVè. Bientot nous aurons tous sous le bras le même bouquin en promo massive à la Fnac, les mêmes baskets hype de chez qui-vous-savez, et en plus nos gamins porteront tous les mêmes fringues à l’école.

                    Pour un pays qui dit protéger sa culture, son indépendance et sa liberté de ton, je reste sur ma faim.


                    • ohlala (---.---.124.230) 9 novembre 2006 21:58

                      (« Plus moyen d’acheter qquechose à manger rue du Commerce ») : c’est fou, il n’y avait que des boutiques de bouffe... c’était un quartier sympa.

                      Pour cette raison, je ne peux être d’accord avec erickk (message au-dessus) qui voit TOUT l’avenir et la Vie moderne passer par son écran. Il discute avec son clavier aussi ? Perso, j’aime encore lire le point de vue d’un édito journaliste ET les articles / commentaires d’Agvx. Ca se complète. Pareils pour les bouquins, d’accord avec vous.


                    • Emin Bernar Paşa pasa 9 novembre 2006 22:12

                      je partage ton avis sur Beaugrenelle...toute la gauche parisienne sauf les verts du 15ème porte la responsabilité de ce projet hypertrophié ! bravo pour ton titre : j’avais envie de conclure mon article par cette phrase : presse ou marchandise, il faut choisir !


                    • jamesdu75 jamesdu75 10 novembre 2006 00:55

                      Désolé de vous décevoir a tous mais Picsou Magazine et le journal de Mickey sont plus vendus que La Montagne en France, légrement suivis par Huslter et GTI magazine.

                      Moins prosaiquement je ne vois pas le danger sachant qu’un Kiosque ne vend pas des produits manufacturé mais finis donc dans un super marché ou ailleurs. Celui voulant recevoir tel ou tel magazine peut le télécharger sur le net ou le recevoir dans sa boite aux lettres. A la fin se sera pareil. même si par le net on c’est un petit peu plus ecologique.

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