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Accueil du site > Actualités > Info locale > Foot et esclavagisme : Lorient 2, Vannes 0...

Foot et esclavagisme : Lorient 2, Vannes 0...

Je débutais une nuit de sommeil réparatrice, un vendredi soir récent, quand j’entendis quelques coups de klaxon dans les rues de ma ville, près de Lorient. Voilà comment je sus que Lorient avait gagné, et montait en Ligue 1. Quelques supporters venaient faire partager leur joie aux Hennebontais endormis, comme s’il fallait forcément que tout le monde soit concerné par les exploits footballistiques des , mais le bruit n’a pas duré longtemps...

Lorient monte donc en L1, comme on dit. Et il paraîtrait que c’est une bonne nouvelle pour l’économie et la renommée de la ville... A voir, car les Merlus sont déjà montés en Ligue 1, et en sont redescendus. Quant à l’économie, si l’on mettait d’un côté l’argent investi par les collectivités locales dans le foot, et de l’autre, les entrées occasionnées, le solde serait-il réellement positif ? Et cet argent placé dans d’autres activités n’aurait-il pas créé plus d’emplois, par exemple ? Vastes questions, auxquelles un piètre économiste comme moi ne peut pas répondre, mais qui, par ailleurs, ne sont pas tellement posées...

Vannes, préfecture du Morbihan et rivale historique de Lorient, par contre, reste en “national”, l’équivalent de la troisième division. Dans le domaine du foot, Lorient est donc largement en tête.

Commerce triangulaire : Lorient encore en tête
Lorient distance encore Vannes, mais dans un autre domaine que l’on a redécouvert récemment, celui de la traite négrière. Eh oui, nos ports bretons comme Nantes, Vannes, Lorient, Saint-Malo, ont prospéré pendant des décennies, voire des siècles, sur ce commerce d’êtres humains. On appelait cela le commerce triangulaire. Les bateaux partaient d’Europe les cales chargées de marchandises pouvant être échangées sur les côtes africaines contre des personnes réduites à l’état d’esclaves. Ces Africains-là avaient été capturés par d’autres Africains qui profitaient eux aussi de ce commerce juteux (1). 20 à 25 % mouraient pendant le voyage, d’après les historiens, puis ce “bois d’ébène”, comme on appelait ces êtres humains, était vendu aux Antilles ou aux États-Unis. Les bateaux revenaient chargés de sucre ou de café. J’avais bien étudié ce commerce triangulaire au lycée, mais sans réaliser que Lorient, la ville où j’étudiais, était concernée. Sans réaliser que la fameuse Compagnie des Indes avait, elle aussi, largement participé à ce commerce.

Guillo du Bodan, maire esclavagiste
Un historien vannetais, Patrick André, évalue à 2000 le nombre de personnes déportées “par une dizaine d’armateurs vannetais” (Le Télégramme du 3 mai). L’un d’eux, M. Guillo du Bodan, put acheter la charge de maire de la ville grâce à l’argent ainsi gagné - les maires, à l’époque, n’étaient pas élus. Une rue de Vannes porte son nom depuis 1967, décision que l’on doit à Raymond Marcellin. Il y a donc une rue à rebaptiser à Vannes.
Pour Lorient, je n’ai pas vu de chiffres, mais Brigitte Nicolas, conservateur en chef du Musée de la Compagnie des Indes rappelle, dans Le Télégramme du 5 mai (édition de Lorient), que la traite a été une activité importante de la compagnie à la fin du XVIIIe siècle. "Lorient a même été le premier port négrier entre 1723 et 1725", précise-t-elle. Elle cite un autre historien, Olivier Pétré-Grenouillau : "On ne peut pas dire clairement que la traite ait enrichi la Bretagne, mais on peut dire qu’elle a enrichi certains Bretons..." Lorient distance donc encore Vannes, mais pas de quoi être fier.

Des invités et des évités
Les débats sur la mémoire historique française ont cela de bon qu’ils remettent à jour des faits que nous avions oubliés. Le 10 mai est devenu une journée de commémoration. Très bien. Une cérémonie officielle a même été organisée à Paris, dans les jardins du Luxembourg, en présence du président Chirac, et de madame ; pourquoi pas ? Mais sur invitation uniquement. J’ai vu, à la télé, l’humoriste pas toujours drôle Dieudonné tenter de s’immiscer. Mais il a été refoulé, il n’était pas invité. Il y avait donc des Noirs invités, et des Noirs évités. Plutôt que d’organiser une grande fête populaire pour célébrer l’abolition de l’esclavage, la République a préféré organiser un pince-fesse sur invitation. Cruel symbole. Nos élus auraient-ils peur du peuple ?

Aujourd’hui la situation a changé. L’esclavage est, officiellement, aboli, même s’il se pratique encore sous certaines formes : femmes ou filles mariées sans leur consentement, personnes contraintes de travailler sans rémunération, etc. En revanche on embauche à coups de millions d’euros des joueurs de foot venant de pays d’Afrique. Ceux-là ont de la chance, ils sont accueillis à bras ouverts quand leurs frères de couleur, moins doués en foot, sont accueillis à coups de fusil sur les frontières européennes, ou expulsés, ou exploités quand ils ont réussi à rentrer...

A nous les médecins africains
D’autres catégories que les footballeurs sont accueillies à bras ouverts, comme le personnel médical. Plusieurs organisations de solidarité internationale s’émeuvent de cette situation qui entraîne un manque de personnels soignants dans certains pays d’Afrique. Des centres de santé doivent fermer par manque de personnel, comme au Malawi. "Les médecins malawites sont aujourd’hui plus nombreux à Manchester que dans tout le Malawi", indique un document édité pour cette campagne intitulée Personnel de santé au Sud, pénurie mortelle (2).

Pour les pays riches, c’est tout bénéf : ils n’ont pas à prendre en charge la formation de ce personnel qualifié qui, une fois arrivé en Europe ou en Amérique du Nord, est sous payé et cible de discriminations. Les médecins des pays pauvres viennent soigner nos maladies de riches, et nous ne leur en savons même pas gré ! Médecins du monde, le Secours catholique, la Croix-Rouge et Agir, ici, font partie des associations qui tentent d’alerter l’opinion française et internationale sur ce phénomène inquiétant.

Maladies : recherches oubliées...
Si le commerce triangulaire est fini, les conditions de vie d’une partie de la population humaine restent révoltantes. Car au manque de personnel médical s’ajoute l’absence de médicaments et de vaccins pour certaines maladies comme le paludisme, la dengue, la cécité des rivières, etc. Ces maladies sont laissées de côté par les laboratoires de recherche car les populations concernées sont non solvables (Libération du 5 avril). Encore une affaire de commerce et de gros sous. Heureusement, on a la Ligue 1 et le monde merveilleux du foot, pour nous occuper l’esprit (3).
Christian Le Meut

(1) Lire : Racines (“Roots”) de Alex Haley, écrivain noir américain qui a reconstitué l’histoire de sa famille jusqu’à la déportation de son ancêtre africain, Kounta Kinté, en 1767.
(2) Contact : Agir ici, 104 rue Oberkampf, 75011 Paris. Téléphone : 01 56 98 24 40 et site Internet : agirici.org
(3) Idée de lecture :
Le football, une peste émotionnelle, de Jean-Marie Brohm et marc Perelman, vient de paraître chez Folio actuel.


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19 réactions à cet article    


  • Marie Pierre (---.---.40.132) 22 mai 2006 13:30

    Bonjour,

    Esclavage

    Eh oui ! Une rue de Vannes porte bien le nom de cet esclavagiste. Mais en 2003, lors des fêtes des Voiles Rouges à Séné, un spectacle son et lumières avait mis en évidence le rôle de certains vannetais et lorientais dans la traite des noirs.

    Foot

    Marre de payer pour des stades aux normes de la L1, faut pas les abîmer donc ils ne sont utilisés que par les équipes titulaires. Construction d’autres équipements pour les utilisateurs lambda. Voir le coût pour Rennes, pour Vannes, et surtout le geste de générosité du Conseil Général des Côtes d’Armor (PS) pour subventionner Guingamp.

    Pour le reste de votre article, encore d’accord.


    • Mathieu2 Mathieu2 22 mai 2006 14:18

      Je ne savais pas le rôle joué par Lorient et Vannes dans le commerce triangulaire. Je ne connaissais pas non plus cette rue vannetaise qui porte le nom d’un armateur versé dans ce traffic. Tout cela est intéressant.

      En revanche, je ne vois pas très bien où vous voulez en venir dans votre comparaison entre fooball et esclavagisme. Je crois qu’il faut placer le commmerce triangulaire dans son contexte historique non pour l’excuser, car il est inexcusable, mais pour le comprendre afin d’en tirer des leçons. Quant au foot-business, il est certes très criticable, mais quel rapport entre un esclave africain du XVIIIè siècle et une star du foot ou un médecin du XXIè ? Pour tout dire , je crois qu’il faudrait insister sur la nécessité de relations plus saines entre nous et l’Afrique, fondées sur la réciprocité, la responsabilité et la fin de l’assistanat stérile et dégoulinants de bons sentiments. Quant à la Françafrique (ce vaste système de corruption entre l’état français et ses annexes, et les « responsables » africains qui s’en mettent pleins les fouilles en surfant sur la démagogie), il faut absolument y mettre fin car cela pourrit complètement les relations entre Hexagons et Africains. Je trouve qu’actuellement l’incompréhension grandit entre eux, et cela m’inquiète.


      • Mathieu2 Mathieu2 22 mai 2006 14:23

        Voici un communiqué national de la fédération de Lorient (justement !)du Parti Breton qui me semble intéressant :

        DE LA FRANCE, DE L’ESCLAVAGE ET DE LA BRETAGNE

        Le 10 mai, la France a célébré pour la première fois l’abolition de la traite négrière et de l’esclavage. Cette première fait suite aux prises de conscience de leur passé par les Français et la promulgation de lois mémorielles relatives à la traite, à l’esclavage et au colonialisme. Avoir pratiqué l’esclavage et déclaré, par la loi dite Taubira du 21 mai 2001, que c’est un crime contre l’humanité, interdit définitivement à la France de s’autoproclamer la « patrie des Droits de l’Homme », et de donner des leçons à la terre entière....

        Le devoir de mémoire nécessite de se souvenir que le Danemark fut le premier pays européen à abolir l’esclavage et que son abolition doit au moins autant au Royaume-Uni qu’à Victor Schoelcher dont le combat doit être reconnu au même titre que celui de l’anglais William Wilberforce. Il est malsain de laisser accroire, sans situer la traite et l’esclavage dans son contexte européen, que la France aurait implicitement ouvert la voie.

        Il convient aussi de rappeler que l’abolition véritable de l’esclavage en tant qu’action directe de l’état français n’a eu définitivement lieu qu’en 1962, lors de la libération de l’Algérie, où prévalait encore le statut indigène qui obligeait les peuples colonisés à des servitudes diverses non rémunérées.

        Il appartient à la Bretagne et aux Bretons, de garder en mémoire l’implication de leur nation dans ce phénomène européen. Alors que la Bretagne a été la première nation européenne à abolir le servage, elle est aussi pratiquement le dernier pays d’Europe à pratiquer la traite qui perdura à Nantes plus de vingt ans après l’abolition de 1848.

        Quand bien même la Bretagne était sous administration française, ce passé n’est pas très honorable et la Bretagne a une dette morale envers les descendants des victimes de la traite et de l’esclavage, une obligation à comprendre les traumatismes qu’ils vivent encore quelques générations après. Le cas de Dieudonné, fils d’une Bretonne et d’un Camerounais donne à réfléchir. Il aurait pu être le symbole d’une réconciliation entre les communautés, il a choisi une voie bien décevante. Mais il peut encore revenir à plus de pondération.

        Cette prise de conscience du passé négrier breton est initiée depuis quelques années, non sans douleur, et l’on peut se réjouir qu’un espace de mémoire sur ce sujet douloureux soit consacré au château des Ducs de Bretagne. Si l’on ouvre un jour un musée de la traite à Nantes, le Parti Breton demande qu’il porte le nom de Toussaint-Louverture plutôt que celui d’un Européen.

        Si la prise de conscience du passé est une étape qui est doit être menée complètement, il convient également de ne pas se complaire dans la culpabilité, qui peut être aussi stérile que l’ignorance délibérée. Car le passé est intangible et il vient un moment où il faut se consacrer au futur.

        Les actions concrètes, qui sont souvent le fait d’associations, restent difficiles à mener dans un contexte de difficultés économiques et d’immigration mal gérée, propice au racisme. L’action en Afrique noire ou aux Caraïbes reste délicate du fait des contextes politiques. Il faut éviter l’écueil qui consiste à aider en se donnant seulement bonne conscience et persévérer dans une attitude paternaliste ou colonialiste, faute d’être suffisamment à l’écoute ou respectueux des identités. Malgré toutes ces circonstances contraires, la Bretagne doit et peut développer une collaboration économique équitable et moderne s’inscrivant dans le très long terme.

        Pour le Parti Breton, A. Samson


      • christian (---.---.131.217) 22 mai 2006 16:54

        Je ne fais pas de « comparaison » entre le foot et l’esclavage : il s’agit juste d’un télescopage de l’actualité qui m’a servi de prétexte à une chronique. Christian


      • Mathieu2 Mathieu2 22 mai 2006 17:16

        ok c’est noté. En tout cas j’ai appris des choses en lisant votre article.


      • Marsupilami (---.---.54.119) 22 mai 2006 15:30

        Ouaf !

        Excellent article. Je n’ai qu’un commentaire à faire : « On a ga-gné, on a ga-gné » !

        Houba houba !


        • MDV (---.---.10.196) 22 mai 2006 15:33

          Je vous cite :

          « Alors que la Bretagne a été la première nation européenne à abolir le servage, elle est aussi pratiquement le dernier pays d’Europe à pratiquer la traite qui perdura à Nantes plus de vingt ans après l’abolition de 1848. »

          La Bretagne est donc un « pays » d’Europe. C’est extraordinaire de pouvoir lire cela en 2006 sous une plume qui se prétend celte et porte-parole du « Parti Breton » - rien que ça !

          La Bretagne est une REGION FRANCAISE depuis le mariage de la duchesse Anne avec Charles VIII. Ce qui nous ramène au XVème siècle ! En tant que région, la Bretagne a subi pas mal de choses de la part de l’Etat français, qu’il fût monarchique ou non mais tout cela remonte à Mathusalem - ou presque.

          En tant que bretonne et fière de mes racines, je suis positivement outrée de lire pareil salmigondis qui tente de porter préjudice à nos ancêtres.

          J’observe à ce propos que M. Samson ne juge pas utile d’évoquer tous ces Bretons, qui ne parlaient pas un mot de français, et qui furent traînés sur les champs de bataille au prétexte que, parce qu’ils criaient « Da gêr ! Da gêr ! » (A la maison !), les généraux français en concluaient qu’ils voulaient effectivement aller à la guerre.

          Rien non plus sur le servage dont furent victimes les Bretons qui s’exilaient dans la région parisienne pour y devenir domestiques.

          Rien enfin sur les liaisons des partis « nationalistes » bretons avec les nazis dans un passé bien plus proche ...

          Je note encore :

          « Il convient aussi de rappeler que l’abolition véritable de l’esclavage en tant qu’action directe de l’état français n’a eu définitivement lieu qu’en 1962, lors de la libération de l’Algérie, où prévalait encore le statut indigène qui obligeait les peuples colonisés à des servitudes diverses non rémunérées. »

          M. Samson a-t-il entendu parler de l’action intentée (par l’Etat français) par exemple au Maroc contre l’esclavage lors de l’établissement du Protectorat français ? Je suppose que non ... A moins qu’il ne préfère la faire tomber dans les oubliettes ... comme, je le répète, l’alliance avec les nazis des sections nationalistes bretonnes pendant les années sombres de l’Occupation.

          Je n’hésite pas à l’écrire : les propos de M. Samson font preuve d’une haine et d’une xénophobie honteuses envers la France qui, vaille que vaille, a tout de même apporté beaucoup à la Bretagne. D’autant plus honteuses, d’autant plus inacceptables qu’elles cherchent à présenter le peuple celte comme un chantre de l’esclavagisme, ce qu’il ne fut jamais.

          Par de tels propos, M. Samson prouve qu’il ne connaît rien de l’histoire du peuple dont il a l’audace de se réclamer.

          Dans ces conditions, on peut émettre des doutes sur la science qu’il prétend détenir sur celle des peuples africains.

          M. Samson hurle avec les chiens galeux qui, de nos jours, s’attaquent à la France et à l’Occident, voilà tout ce qu’il fait : ce faisant, c’est la celticité toute entière qu’il renie. A bon entendeur !

          Considération distinguée :

          MDV


          • Mathieu2 Mathieu2 22 mai 2006 16:07

            MDV, il est inutile d’être agresive de la sorte. Je pense qu’une discussion peut avoir lieu avec un minimum de respect pour les opinions des uns et des autres. Et ne mettez pas « considérations distinguées » à la fin, car ce n’est pas très crédible.

            Vous semblez prêter à M. Samson de nombreuses opinions qui ne sont pas les siennes. Sinon sur Anne de Bretagne ce que vous dites est historiquement inexact, mais de toute façon je ne vois pas ce qu’elle vient faire dans ce débat. Quant à la collaboration nazie, ce genre d’amalgame, lui aussi hors-sujet, est scandaleux et ne vous honore pas.


          • yves (---.---.38.214) 22 mai 2006 18:19

            Je suis militant au Parti Breton Fédé d’Ille et Vilaine.

            J’ai un peu de mal à comprendre l’opinion de MDV. Je ne vais pas trop essayer de la comprendre - j’ai l’impression qui s’agit d’un amalgame franco-celte : la Bretagne est une région celte inclue dans un ensemble français qui est celte aussi, qui a exploité les Bretons mais qui leur a apporter beaucoup de progrès. La Bretagne n’est pas un pays, mais le « peuple celte » (sic !) n’a jamais trafiqué dans le commerce triangulaire. Enfin ce n’est pas très clair.

            Je conseille à MDV d’aller sur l’ABP et elle peut commencer à se documenter auprès des écrits du Dr Melennec : docteur en droit, en histoire et en médecine, qui raconte beaucoup de chose sur la Bretagne jusqu’au XVII siècle. Sa thèse de doctorat d’histoire portait sur l’illégalité du traité de 1532.

            J’ajouterais égelement que MDV pourrait un peu se documenter sur l’activité économique de la Bretagne au bas moyen age (XII, XII siècle), on peu y constater que dans le port d’Anvers, 80% des bateaux y commerçant étaient Bretons. Je rajouterai que pour le trafic, les Bretons ont toujours été très forts : dans « Don quichotte » (1605), Cervantes raconte l’histoire de ces marins français qui voulaient aller dans un port atlantique d’Espagne en se faisant passer pour des Bretons pour trafiquer. Il faut noter qu’à cette époque la notion de peuple n’existait pas, mais la nation Bretonne était une réalité : même si la Bretagne n’était plus indépendante, elle avait sa propre autonomie juridique et fiscale (ce n’était pas une région).

            Quand aux indépendantistes Bretons collabo. Si c’était si vrai, pourquoi Pétain a-t-il pu enlever la loire Atlantique à la Bretagne en 1941 sans problème ?

            Dans ce communiqué, le Parti Breton parle du commerce d’esclave, pas des brimades des tords que l’état français à fait subir au peuple Breton. Mais ce n’est pas non plus une raison de sublimer le peuple Breton, Nantes était le premier ports pour le commerce d’esclaves. Lorient, était également un grand port de commerce. Les Bretons n’étaient spécialement des tendres à cette époque.

            J’invite MDV a venir nous voir samedi 3 juin à Rennes, lors de la manif. On discute bien mieux en face que par écran interposé.

            En conclusion, l’histoire et le présent de la Bretagne sont des sujets d’actualités. Le statut de la Bretagne aujourd’hui exacerbe beaucoup d’esprits, ce qui montre que le peuple Breton est toujours la et bien la.


          • MDV (---.---.8.49) 22 mai 2006 20:17

            Moi, c’est la Bretagne, tenu pour un « pays européen » absolument libre de ses actes jusqu’après 1848 que je ne comprends pas : c’est une négation arbitraire de l’Histoire de France et de l’Histoire mondiale.

            Et c’est le Parti breton qui en parle - et non moi, ce me semble.

            Je vous repose également la question : savez-vous, oui ou non, ce que le Protectorat français a fait en ce qui concerne l’esclavage au Maroc - exemple que je connais bien puisque la grand-mère d’une amie personnelle, Marocaine, était esclave dans une famille marocaine avant le Protectorat ?

            Ou vous le savez, ou vous ne le savez pas.

            Ou vous affirmez de sang-froid que la Bretagne était un « pays européen », ayant champ libre dans son action économique et politique, jusqu’après 1848, ou vous reconnaissez qu’il s’agit là d’un mensonge.

            Ou vous reconnaissez que les groupuscules pseudo-nationalistes bretons se sont commis avec les Nazis (ce qui n’enlève rien au fait que beaucoup des premiers résistants à s’engager auprès de De Gaulle étaient bretons), ou vous le niez.

            N’essayez pas de noyer le poisson : je suis bretonne, née d’un clan de guerriers par ma mère et, du côté paternel, mon nom est espagnol. Si je lis et parle le breton bien modestement, je suis extrêmement fière de la région où je suis née et je me refuse - comme nombre de bretons, j’en suis sûre, qui me lisent ou me liront - à vous voir nous rabaisser ainsi dans l’espoir d’obtenir une indépendance économique et politique qui n’est qu’un leurre mais qui permet à des gens comme ce M. Samson de se faire mousser en proférant des contresens et des mensonges - et je ne dis rien des omissions volontaires !

            Quant à me compromettre dans des meetings où traîne une bande de klouks plus proches du FN ou de de Villiers que de toute autre chose, franchement, merci, ce n’est pas mon bol de cidre ! Je me rappelle encore cet accent de vache berrichonne avec laquelle vos partisans faisaient exprès de parler le français dans les années 70 ! Comment peut-on s’abaisser à ce point ? Et est-ce faire preuve d’intelligence et de sens politique que de rejeter ainsi une civilisation au lieu de l’intégrer ?

            Si le peuple breton a « trafiqué » comme vous dites, que dire des chefs africains eux-mêmes par exemple ? et des tribus arabo-musulmanes ? Savez-vous, Monsieur, que le premier catalogue de marchandises humaines fut établi par les Arabes et non par les Occidentaux - encore moins par les Bretons ?

            D’un seul coup de griffe, vous espérez changer la face du monde et vous hurlez en ce moment avec des Français dégénérés qui en sont venus à haïr leur propre pays par un opportunisme politique de bas étage. Vous souffirez que, en face, les vrais Bretons s’allient avec les Français qui, tout en reconnaissant les faiblesses de leur peuple, ne sont pas aussi coupables en cette affaire que vous souhaiteriez les voir se déclarer.

            Pas plus que votre pseudo parti ne parviendra à récrire l’Histoire de la Bretagne, il ne parviendra à récrire l’Histoire de France.

            MDV

            « La Première traite des noirs : en terre d’islam » - Jacques Heers (je ne vous donne pas son pedigree universitaire mais il est assez corsé, je vous rassure) - Chez Perrin. A lire de toute urgence pour cesser de lire et d’écrire des ... kloukeries. (Amis exclusivement français qui me lisez, vous savez désormais ce que signifie le mot « klouk » en breton.)


          • (---.---.36.223) 22 mai 2006 15:34

            « Les médecins des pays pauvres viennent soigner nos maladies de riches, et nous ne leur en savons même pas gré ! »

            En tout cas, je mesure à sa juste valeur l’esprit de sacrifice, l’engagement hippocratique et le sens de la solidarité dont ces gens ne font pas preuve à l’égard des leurs...

            C’est sûr aussi qu’entre rouler en Mercedes - même d’occase, payée par traites, puisqu’il paraît qu’ils sont sous-payés - ici, ou se faire rétribuer en poulets faméliques là-bas, y’a manifestement pas photo, pour eux !

            (On devra bientôt les remercier de ne pas empoisonner leurs patients, parce que c’est relativement facile pour des toubibs...)


            • Signature (---.---.36.223) 22 mai 2006 15:35

              Et c’est signé Scipion...


            • Jojo2 (---.---.158.64) 22 mai 2006 15:45

              Vannes est quand même sacrément plus chouette que Lorient...

              Nah.


              • anne (---.---.125.236) 23 mai 2006 23:52

                je suis désolé , dieudo est le plus drôlr de tous , on est pas obligé de rire à ses comédies mais quelle immense artiste. Anne de grenoble


                • anne (---.---.125.236) 24 mai 2006 00:03

                  je suis désolé , dieudo est le plus drôlr de tous , on est pas obligé de rire à ses comédies mais quelle immense artiste. Anne de grenoble


                  • Daniel Milan (---.---.168.91) 24 mai 2006 00:12

                    Quand j’entends Dieudo, je me dis, enfin, quelqu’un d’humain !


                  • Jean Landais (---.---.109.42) 25 mai 2006 00:18

                    il vaudrait mieux que MDV relise un peu le texte du Parti Breton avant de raconter n’importe quoi . Parce que dans le genre « salmigondi », MDv est la plus forte sans problème ...

                    Si elle est si bretonne qu’elle le dit, qu’elle s’extrait de ce carcant intellectuel bien pensant franco-français, et qu’elle pense « breton » ..... Sa vision des choses changera .

                    Et oui les Bretons ont été les premiers en Europe à abolir le servage et oui ils ont été les derniers à faire le commerce triangulaire. C’est un fait et il n’y a pas de quoi exploser ni raconter n’importe quoi .

                    Et le statut indigène a duré jusqu’en 1962 .... Ca aussi c’est un fait . Ah au fait , l’esclavage n’existait peut-être plus dans l’Empire français mais le travail obligatoire, si ... Question de vocabulaire, sans doute !


                    • jer (---.---.104.35) 28 mai 2006 09:29

                      Je ne suis pas sûr que la suppression du servage ait été une action philantropique. Le servage était, toutes proportions gardées bien entendu, une sorte de CDI. De plus, comme il n’y avait pas d’âge de retraite, le maitre était responsable de ses serfs de la naissance à la mort. Il semble aussi qu’à un certain moment, les maitres ont eu besoin de liquidités pour tenir leur train de vie. « Accepter » que les serfs achètent leur liberté a été un des moyens utilisés.

                      Mais il est « bien-pensant » de faire croire que les Bretons ont été les meilleurs quitte à tordre plus ou moins le passé pour le faire rentrer dans leur moule ! Il y a une chose que l’on doit reconnaitre aux bretonnistes c’est qu’ils sont très forts en dialectique.

                      A propos de l’esclavage, je suis étonné que l’on ait beaucoup discuté à propos de l’esclavage du passé mais pas vraiment parlé de l’esclavage actuel. Or il subsiste dans de nombreux pays du globe mais aussi en France, et je ne parle pas seulement de l’esclavage sexuel. Au lieu d’ajouter une journée de repentance, on ferait mieux de chercher les moyens de lutter contre ce scandale.


                      • Jean Landais (---.---.80.66) 2 juin 2006 23:43

                        C’est pas compliqué : après les destructions causées par les invasions vikings, la Bretagne avait besoin d’attirer une nouvelle population : l’abolition du servage a servi « d’appel d’air » pour les populations qui en avaient marre de travailler pour autrui .

                        C’est tout, c’est simple, c’est un fait .

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