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Interview de Claude Goasguen, candidat à la candidature pour Paris

medium_cg_pull.jpgAncien ministre, président du groupe UMP au Conseil de Paris depuis 2001, député du 16e sud, universitaire et enseignant à HEC, Claude Goasguen est, depuis qu’il est candidat aux primaires de son parti pour les municipales 2008, sous les feux de la rampe.

P16i : Je suppose que toute votre attention actuelle se porte sur les primaires qui auront lieu dans quelques semaines et qui devraient désigner le candidat UMP à la Mairie de Paris. Vous êtes en campagne depuis plusieurs mois, êtes-vous confiant ?

Claude Goasguen : Je suis sûr de faire un bon score, et j’exclus toute alliance entre les deux tours. Cette campagne m’a permis de conforter les idées que j’expose dans mon livre*. Je ne cherche pas forcément à apporter des solutions, mais à engager une réflexion sur le Paris des 25 prochaines années. Dans le contexte de mondialisation, les villes se transforment, et Paris doit s’adapter si elle ne veut pas être dépassée. Ce que je croyais absurde concernant la politique de Delanoë ne l’est pas si l’on veut faire de Paris une ville comme Vienne. Je voudrais faire de Paris une ville de 1re division, comme Londres aujourd’hui et Berlin dans quelques années.

P16i : Vous êtes opposé à ce que Paris devienne une ville-musée. Est-ce à dire que vous reviendriez sur des évènements tels que Paris-Plage ou les Nuits blanches ?

C. G. : La droite parisienne a commis une grave erreur en critiquant ces opérations. Je crois que Paris est une ville qui isole, et tous les moyens créant du lien social sont bons. D’ailleurs, Paris-Plage attire des touristes et fait parler de Paris à l’étranger. En parcourant les arrondissements, et particulièrement ceux du Nord et de l’Est, où je suis persuadé que se déroulera la bataille pour Paris, je me suis rendu compte que bien que très à gauche, l’actuelle politique de Delanoë ne satisfait qu’une partie de son électorat. Si la gauche « bo-bo » continuera quoi qu’il arrive à le soutenir, la gauche populaire est déçue, car il n’a pas créé d’emplois, pas assez de logements sociaux ou en accession à la propriété, qu’il n’a rien entrepris pour lutter contre l’insécurité, et qu’il a paralysé la circulation.

P16i : Concernant le développement économique, que préconisez-vous ?

C. G. : Trois secteurs peuvent être davantage développés : l’enseignement et la recherche avec la création d’un grand pôle universitaire ultra-moderne (par exemple sur le site des Batignolles), l’économie touristique, et, troisième secteur essentiel - notamment dans le 16e - l’aide à la personne et aux services : pas uniquement pour les personnes âgées ou handicapées, mais aussi en soutien des familles monoparentales ou des femmes qui travaillent. Mais cela ne suffit pas, encore faut-il avoir une capitale moderne et dynamique, tournée vers les autres. C’est-à-dire aller chercher des investisseurs étrangers, mais aussi entreprendre des partenariats avec les communes de l’agglomération parisienne en forte croissance, et je ne parle pas uniquement de l’Ouest avec La Défense, mais également du Nord, avec La Plaine Saint-Denis.

P16i : Dans quelle mesure la politique actuelle freine-t-elle le développement économique ? Si vous étiez Maire de Paris, quelles seraient vos premières actions ?

C. G. : Relancer l’intercommunalité en renforçant les liens Paris-banlieue, avec la couverture du périphérique, et en accélérant le processus. Et surtout revenir sur la politique des transports qui est absurde. A l’époque de Tiberi, j’étais déjà hostile au tramway, d’autant plus que des PC électriques peuvent parcourir plus de 300km sans rechargement. Je veux arrêter le tramway, jamais il n’ira dans le 16e. Ça a coûté 750 millions d’euros, et dans dix ans on enlèvera les rails. Je suis également farouchement opposé au mobilien. Même si ça a coûté 500 millions d’euros, je crois que les Parisiens souhaitent qu’on détruise les murets des couloirs protégés, alors qu’on pouvait simplement colorer la chaussée, comme cela se fait dans d’autres capitales européennes. En bloquant la circulation, Delanoë augmente la pollution.

P16i : Vous avez certainement, concernant votre circonscription, le 16e sud, des motifs de mécontentement, quels sont-ils ?

C. G. : Delanoë n’a pas tenu ses engagements concernant la rénovation de la piscine Molitor. On connaît ma position sur le Parc des Princes, je ne comprends pas pourquoi le PSG ne s’installe pas au Stade de France, je suis excédé par les débordements des supporters de ce club, et j’ai d’ailleurs proposé une détaxation du foncier pour les riverains qui subissent d’importantes nuisances. Je ne vois pourquoi développer Jean Bouin, même si les supporters du Stade de France sont plus mesurés, alors qu’on a Charlety. De même mon opposition est totale à tout projet d’extension de Roland Garros. Sans les Jeux Olympiques, tous ces projets n’ont plus de fondements, tout comme l’extension du tramway.

P16i : Plusieurs articles de presse, dont celui paru dans le JDD du 5 février, faisaient état d’un différent entre vous et Bernard Debré, député du 16e nord et également candidat à la Mairie de Paris [NDLR : voir notre interview]. Avez-vous un commentaire à faire ?

C. G. : Je trouve qu’il a tort de m’attaquer. Notre véritable adversaire, c’est Bertrand Delanoë. Il se montre condescendant avec nous [NDLR : les candidats aux primaires] surtout qu’à Amboise, il n’a pas réussi à être réélu. Je ne le connais pas. Il n’a jamais souhaité me rencontrer, alors que nous sommes tous les deux députés du 16e arrondissement.

P16i : Pour conclure, vous êtes un des rares élus parisien à tenir un blog, pourquoi avoir fait ce choix ?

C. G. : C’est une expérience très enrichissante. Certes, on s’expose beaucoup, mais je suis sûr que les blogs vont changer la façon de faire de la politique. Je débute et je découvre chaque jour de nouvelles applications, et je suis ravi de pouvoir engager ou susciter le dialogue entre les personnes qui visitent mon blog.

Propos recueillis, jeudi 9 février 2006, par Antoine Dufour pour www.paris16info.com

+ pour info, le livre* de Claude Goasguen, Allô Paris bobo aux éditions Ramsay, en vente notament à la librairie Murat, 122 boulevard Murat et dans toutes les bonnes librairies.


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1 réactions à cet article    


  • FAB (---.---.65.99) 16 février 2006 18:51

    Ce que dit M Claude Goasguen est terrifiant de lieu commun politique.La transformation de Paris en ville musée est le fait de plusieurs évènements historique, la loi Joxe obligeant les lieux culturels et cafés à fermer à deux heures du matin et la flambée de l’immobilier repoussant toujours plus loin les classes moyennes. Pour mémoire, il y a encore 15 ans, Paris était la ville au monde où il y avait le plus de club de Jazz. Les plaintes de voisinage ont autant contribué à les fermer que la simple volonté des tenanciers. Les investisseurs étrangers sont là, ils vendent les immeubles à la découpe... Quand au coup des emplois services et de proximité, à part les hauts-revenus du 16ème, l’employeur du particulier est très largement taxé au final, malgré la défiscalisation. Attaquer les bobos est un encore un lieu commun et encore une fois attaquer les classes moyennes. Attaquer les supporters, certes insupportables, c’est très méprisant. L’objectif c’est quoi ? Transformer Paris en ville dortoir. C’est déjà fait. Aucun projet, des phrases creuses, désolé, mais ce discours marque une absence totale de vision, de programme et de courage...

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