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L’hébergement d’urgence comme outil politique

Le dernier Conseil d’arrondissement du 14e arrondissemnt de Paris, tenu lundi 13 février, a été l’occasion pour le Collectif logement 14 d’organiser une manifestation à l’entrée de la Mairie. 25 personnes souffrant des problèmes de mal-logement, accompagnées de 5 à 10 personnes issues de ce collectif (notamment LCR, PCF, Urbanisme et démocratie, ATTAC, LDH 14°/6°) étaient présentes à l’entrée de la Mairie, puis ont manifesté sous les fenêtres de la salle des mariages, où se tenait le conseil.

L’hébergement d’urgence : le coût

Les 25 personnes, avec parfois leur enfants en bas âge, étaient des personnes d’origine africaine, victimes d’une grande précarité en matière de logement : expulsés faute de moyens financiers, refusés en HLM faute de logements disponibles, étrangers déboutés du droit d’asile. Ils sont logés actuellement dans les quelques hôtels meublés 1 étoile ou 2 étoiles de l’arrondissement, voire non homologués (dits alors « de préfecture ») à des prix extravagants. En effet, le prix généralement observé dans ces hôtels est de l’ordre de 17 € par personne et par nuitée. Noter qu’un enfant ou qu’un nourrisson compte pour une personne. Il en ressort pour une famille de 5 personnes un coût mensuel de 2550 €.
Les organismes tels que la ville de Paris, le Samu social, la Coordination d’accueil des familles de demandeur d’asile, acquittent en général 80 à 100% de ces frais d’hébergement.
En résulte que ce type d’activité hôtelière est extrêmement lucratif (solvabilité parfaite des organismes publics ou caritatifs, forte demande, et prestations hôtelières réduites au minimum légal, parfois moins).
Mais ce financement, plus de 50 millions d’euros par an pour Paris, obère fortement les capacités du social dans d’autres domaines, et notamment dans la construction de logement sociaux.

Vile politique...
Cette manifestation faisait suite au CICA (Conseil d’information et de consultation des associations) du mois de décembre, et surtout au précédent conseil d’arrondissement. En effet, la question du logement y était abordée avec la demande expresse du groupe Les Verts pour que soit inscrite à l’ordre du jour la question des proportions de logements à destination très sociale (PLAI). Ce débat, ouvert sous la forme d’un vœu, permet à un maire d’arrondissement de soumettre l’avis d’un conseil d’arrondissement au maire de Paris, qui l’examine alors au Conseil de Paris. Mais ici, dans le 14e, où notre maire d’arrondissement est de la même obédience que le Maire de Paris, il semblerait que ce soit plus un moyen, pour une composante verte de la majorité municipale, de pousser le Maire dans ses retranchements. Sur le fond, l’ensemble de la majorité municipale s’est accordé pour augmenter la proportion du logement très social au détriment du logement intermédiaire. Cela n’empêcha cependant pas René Dutrey (Les Verts) d’annoncer le dépôt d’un nouveau vœu, au nom de son groupe, et ceci pour un futur conseil d’arrondissement, dans le sens de la surenchère. Le conseil d’arrondissement deviendrait-il une antichambre des manœuvres politiques, dans le sens où un clash au sein de la très plurielle majorité municipale avait déjà été provoqué par le groupe Les verts au Conseil de Paris du 26/09/2005 sur un sujet très proche (la création de 1500 logements d’urgence) avec l’appui de l’UMP ?

Et politique de la Ville
Le sujet, pourtant délicat, concerne la vie de dizaines de familles dans notre arrondissement. Comment les loger, et comment proposer des solutions sociales intelligentes et financièrement équilibrées ?
Pour comprendre la difficulté, il est nécessaire de rappeler que partout en Europe, les demandes d’asile sont en diminution, partout sauf en France où la demande continue de croître. Conséquence d’une stabilisation et d’une amélioration des conditions politiques dans de nombreux pays et de l’avance des libertés (loin des litanies sur l’entropie du monde, assénées continuellement pour soutenir la nécessaire culpabilité de chacun d’entre nous), les réfugiés politiques sont moins nombreux, mais pas les réfugiés économiques. L’Ile-de-France accueille 50 % de ces nouveaux venus. Et la moitié d’entre eux viennent à Paris intra-muros. Cela implique que 3,5% de la population française (les Parisiens) supporte le poids de 25% de l’immigration. Réfléchir sur le sujet renvoie au vaste débat sur l’immigration, impossible dans notre pays puisque pollué par les positions des extrêmes de droite ou de gauche. Les raisons de cette concentration à Paris sont multiples : a) l’existence de fortes communautés rendent possible la digestion de nouveaux venus. b) le fort gradient des aides entre Paris et les départements voisins, puis entre l’Ile-de-France et la province, joue le rôle d’un mirage vers lequel se dirigent les personnes en question.

Harmoniser les différences de traitements est un moyen de répartir. Mais lorsque la Mairie prend des positions politiques très marquées de défense de sans-papier, et d’augmentation des aides à leur égard, elle incite ces populations à venir intra-muros. Leur proposer un logement en petite couronne ou en grande couronne se heurte à un écueil, tant la protection affichée par la mairie de Paris leur paraît nécessaire. Augmenter continuellement le niveau d’aide permet d’avoir, certes, bonne conscience, mais ne résout pas le problème de la saturation de Paris et de l’Ile-de-France en logement d’urgence. Le bon sens serait peut être de répartir différemment le logement d’urgence sur les métropoles de province, en ne faisant pas de la surenchère sociale un outil politique aux effets néfastes.


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2 réactions à cet article    


  • olivier (---.---.36.168) 21 février 2006 23:50

    Faut arrêter la demagogie et la désinformation : lorsque vous dites que la population parisienne supporte 50% des nouveaux venus en ile de france ; faux venez chez moi à aauberviliers (93), je vous y convie , au moins 50 % de la populatiuon est d’origine étrangère... j’y vis depuis 46 ans , et je peux vous dire que j’ai vu et je vois toujours arriver les vagues migratoires par vagues successives : portugais et maghrébins des années 60,70, africains des années 80-90, chinois des années 2000

    d’ailleurs , on s’en porte pas plus mal....

    vous avez peur que le foncier baisse dans le 14 ème ?... :)


    • Plutot mort qu ’objectif (---.---.28.210) 1er mars 2006 16:00

      Les Communistes ont construit dans toute l’Europe communiste et a l’Est de Paris aussi des « PANELS » ou « PANELAKS » (monstrueux blocs H L M )pendant 50 ans.

      Recommençons la même chose !!!!!!!!!

      Les français ont la mémoire courte ......

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