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Accueil du site > Actualités > Info locale > La police municipale de Nouméa est-elle réformable ?

La police municipale de Nouméa est-elle réformable ?

La Police Municipale de Nouméa a déjà attiré l’attention sur ses bavures et ses grèves à répétitions. En fait cette institution, très marquée par son origine politico-clientéliste refuse obstinément tout changement allant dans le sens de la démocratisation de son recrutement, de l’amélioration de ses pratiques professionnelles et de la modernisation de son organisation. Après de précédentes tentatives, toutes vouées à l’échec, son nouveau directeur ( un colonel de Gendarmerie ) tente à nouveau une réforme, celle de la dernière chance ?

Déjà en 2005-2006 un ancien commissaire de police expérimenté ( ayant déjà oeuvré à la formation des policiers d’Etat Calédoniens puis à la mise en place de l’îlotage dans les quartiers de Nouméa ) avait essayé de démocratiser et moderniser une police municipale "en miettes" .
Au bout d’une année, sous la pression de certains syndicats, la Mairie ne lui renouvelait pas son contrat. Le maire UMP, Jean-LEQUES, désavouait sans grand courage un directeur ayant tenté d’appliquer à la lettre ses directives. La priorité était alors de franchir l’étape des élections municipales sans mécontenter quiconque. La réforme attendra....l’essentiel étant que le maire et sa coterie fussent réélus. Chose faite aujourd’hui.
Les problèmes empirant au sein de la police municipale ( 150 agents ) l’immobilisme fut privilégié au détriment de son efficacité opérationnelle, concourant ainsi à la dégradation de la sécurité dans la ville.
Il faut que le lecteur sache que cette police ( qui défile en rangs serrés le 14 Juillet , derrière les gendarmes et les militaires ) est d’un genre particulier. Créée en 1992 elle avait pour but, plus ou moins avoué, de remplacer à terme une police nationale à effectifs restreints. Les municipaux ( dont le recrutement était de nature politico-clientéliste ) furent ainsi doté d’un statut local très avantageux ( agent de catégorie B alors qu’en France ceux-ci sont toujours de catégorie C ), d’uniformes noirs de type " chérif US", de nombreux véhicules etc...  Leurs compétences judiciaires étant alors réduites au stationnement, cette police particulièrement musclée s’est attachée à "nettoyer" les rues de Nouméa de tous ses SDF et marginaux.
La loi fondatrice du 15 janvier 1999 sur les polices municipales n’a pas été rendues applicable en Nouvelle-Calédonie. Qui en a pris la responsabilité politique ? Nous ne le savons pas.
Toujours est-il que les dispositions prévues par cette loi concernant les compétences des policiers municipaux, leur armement, leurs uniformes, leurs obligations éthiques ( code de déontologie ) ne concernent toujours pas les municipaux calédoniens sans que cela ne gêne apparemment le moins du monde les responsables politiques locaux.
Cela ne va pas sans " bavures" : le moins dernier les magistrats de la Cour d’Appel de Nouméa soulevaient un lièvre de taille : aucun texte de loi ne permet aux policiers municipaux de dépister l’alcoolémie au volant ! ..mesures qu’ils pratiquent quotidiennement depuis des années.
Hier, l’ancien commissaire de police voulait en quelque sorte "renvoyer" les policiers municipaux dans ces quartiers populaires qu’ils avaient quittés depuis bien longtemps pour " patrouiller " dans les zones touristiques, au bord de la mer. Il voulait ainsi les amener à retrouver le chemin de la proximité, celui des gens abandonnés aux dégradations, violences et incivilités diverses. Une majorité d’agents menés par quelques "gros-bras" avaient décidé que ce n’était pas un " métro" qui allait interrompre leur façon de faire. Une grève d’un jour suffit à faire plier la Mairie.
Aujourd’hui le Colonel de Gendarmerie, plus prudent, n’emploie pas le terme de " proximité" mais a l’intention de mieux localiser les missions des municipaux : désormais finies les déambulations hasardeuses, la ville sera quadrillée en secteurs précis où les municipaux devront se rendre quotidiennement afin d’affirmer une présence plus visible. Leurs véhicules seront dotés de GPS pour mieux synchroniser ces mouvements et le tout sera piloté par un PC.
Les mêmes causes produisant les mêmes effets ...des préavis de grève sont déjà déposés.
Le directeur est traité de " dictateur" et son dépoussiérage d’un vieux règlement intérieur est qualifié "d’atteinte aux droits acquis". La reprise en main de son propre secrétariat provoque une levée de boucliers : le gendarme est accusé de "harcellement", pas moins, pour avoir tenté de remplacer une secrétaire inapte et peu loyale....
La Mairie appuie son directeur : la seule question est jusqu’à quand ?
Le calédonien-moyen n’est pas dupe. "Cette police est irréformable ", " c’est partout comme ça en Calédonie" , "dès que vous voulez changer quelque chose voilà le résultat"...
Comble de maladresse, ou d’inconscience, l’Etat et la Mairie viennent de lancer un système de vidéosurveillance du centre-ville ...qui sera supervisé par la Police municipale.
La réforme de la police municipale de Nouméa en est d’autant plus urgente !
 

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2 réactions à cet article    


  • foufouille foufouille 22 octobre 2009 10:47

    9un flic reste un flic
    et donc 99% de devenir collabo


    • fredleborgne fredleborgne 22 octobre 2009 13:02

      Cette réforme dépend-elle encore de l’état français ? Rappelons nous que la Nouvelle Caledonie est un pays d’outre-mer et à ce titre dispose de plus d’autonomie qu’un département.
      Il est triste que dans ce pays, une bande de profiteurs accapare toutes les richesses, tous les bons contrats et tous les pouvoirs, alors que la population locale, qu’ils soient blancs, canaques, chinois, wallisienn ou métropolitains de passage est en règle générale si sympathique.
      Une police municipale malade, dans un tel contexte peut être un vrai drame local dans un pays « casse pas la tête », et les lois calédonniennes sont bafouées régulièrement et en toute impunité par l’élite en place.
      Si cette caste n’était pas protégée par l’état français, ce genre de problème serait déjà réglé, le caledonien aimant des lois simples et sans équivoque pour se sentir « en liberté ».

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scipion


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