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Accueil du site > Actualités > Info locale > Najat Vallaud-Belkacem, une rose au Parti socialiste

Najat Vallaud-Belkacem, une rose au Parti socialiste

Najat Vallaud-Belkacem est une de ces jeunes femmes dynamiques que les grands partis républicains s’arrachent, mais pour quel usage ? Fraîchement investie par le Parti socialiste dans la bataille des législatives, dans la 4e circonscription du Rhône, elle s’attend à une campagne difficile mais veut porter ses idées jusqu’à l’Assemblée nationale. Entretien avec la protégée du maire de Lyon, Gérard Collomb.

MV : Comment êtes-vous arrivée dans le milieu politique ?

NVB : J’ai débuté mon engagement citoyen dans la vie associative, par l’aide aux devoirs et l’implication dans des associations humanitaires comme Pharmaciens sans frontières, dès ma majorité. J’ai entrepris alors des études de droit puis à Sciences po avant de travailler en tant qu’assistante parlementaire pour une députée (NDLR : la socialiste Béatrice Marre), à l’âge de vingt-et-un ans. Je suis alors entrée dans les arcanes du pouvoir parlementaire, j’ai découvert le fonctionnement passionnant de l’Assemblée nationale tout en prenant conscience de la difficulté du mandat de député : partager son temps entre Paris et sa circonscription, être sans cesse à l’écoute des uns et des autres... J’avais donc à l’époque un regard assez mitigé sur un éventuel engagement politique : tellement de sacrifices pour un travail plutôt déconsidéré. Je trouvais alors plus intéressant de travailler dans l’ombre d’un politique. Puis je suis devenue juriste dans un cabinet d’avocats au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation pendant trois années, trois années pendant lesquelles je me suis un peu retirée du monde politique. Après trois ans dans ce cabinet et alors que je songeais à aller voir ce qui se passait ailleurs, j’ai rencontré Gérard Collomb (NDLR : maire de Lyon). On était en 2003, il venait d’être élu deux ans plus tôt et cherchait à étoffer son cabinet notamment sur les questions de démocratie participative. Je suis venue le rejoindre à Lyon pour travailler dans son cabinet sur ce sujet, puis sur d’autres. J’ai donc repris contact avec la politique sous ce biais-là.

MV : Quel a été le déclencheur de votre engagement au Parti socialiste ?

NVB : J’ai toujours été plus qu’une sympathisante et je n’ai jamais douté de mon appartenance à la gauche mais je n’ai adhéré au Parti socialiste que récemment : j’ai pris ma carte après le 21 avril 2002.

MV : Que pensez-vous de l’arrivée des femmes à l’avant de la scène politique ?

NVB : C’est génial ! Il y avait une vraie injustice à réparer qui portait tort à tout le monde. Il était anormal que la moitié de la population soit si peu représentée en politique : on se privait de vraies compétences et de certaines qualités que j’ai la faiblesse de croire « féminines ». Même lorsqu’elles font de la politique, les femmes ont une vie de famille à gérer et des enfants à élever, elles sont du coup plus proches des réalités que ne le sont les hommes. Les femmes sont de façon totalement intuitive plus réfléchies que les hommes : elles prennent davantage le temps de peser le pour et le contre avant de prendre une décision, elles sont moins sanguines que les hommes. La politique est malheureusement trop souvent une histoire de batailles, de coups bas et de violences. Je pense au contraire qu’il faut avoir un esprit serein de consensus afin de trouver les bonnes idées partout où elles sont et de prendre les bonnes décisions.

MV : Comment définissez-vous votre circonscription (NDLR : la 4e circonscription du Rhône) ?

NVB : C’est une circonscription qui a été découpée pour être apportée sur un plateau aux élus de droite, notamment à Raymond Barre en son temps. Elle a de tout temps à Lyon servi aux hommes politiques dont on imaginait par la suite qu’ils auraient vocation à briguer le fauteuil de maire, comme on le voit en ce moment avec Dominique Perben. Une grosse majorité de la circonscription est constituée du 6e arrondissement de Lyon, avec des plus petits bouts dans le 3e et le 8e arrondissement. Les voix de gauche sont diluées par celles de droite. Je trouve en revanche que le Parti socialiste doit faire son mea culpa en la matière car il n’a jamais été très présent dans cette circonscription puisqu’il l’a toujours considérée comme hors de portée. Aux dernières élections législatives, c’est un représentant des Verts qui s’est présenté. Moi, je vais sur le terrain et même si je ne gagne pas en juin, je pourrai m’enorgueillir d’avoir tout fait pour faire progresser les idées et valeurs de gauche aux quatre coins de la circonscription.

MV : Le Parti socialiste penserait-il donc à vous pour la relève éventuelle de Gérard Collomb ?

NVB : Pourquoi pas ? Si je gagne l’an prochain, tout est possible ! (rires) Franchement, je pense que Gérard Collomb a envie de repartir pour un mandat et ne cherche pas à placer ses camarades, il a raison car il a fait du bon travail et cinq ans c’est court pour mettre en place tous ses projets.

MV : Quels sont vos projets pour cette circonscription ?

NVB : Les habitants de ma circonscription sont différents, dans le 3e, le 6e ou le 8e arrondissement de Lyon, donc mes objectifs sont bien sûr différents. Je veux redonner un espoir aux habitants du 8e arrondissement (Mermoz, Laennec, Transvaal), une confiance dans les institutions, les écoles... Mon programme se porte particulièrement sur la question du logement et de l’éducation : deux points sur lesquels les habitant du 8e arrondissement de Lyon sont vraiment touchés. Je veux faire comprendre aux habitants du 6e qu’on peut être de gauche et avoir pourtant des positions viables sur le problème de l’emploi, de l’entreprise, de la croissance : les électeurs de droite du 6e ont l’impression que le Parti socialiste est là pour « flinguer » tous les patrons et mettre à mort l’entreprise. Je veux faire évoluer les mentalités de ces habitants sur ce qu’est le Parti socialiste et sur ce qu’il propose.

MV : Pour vous, qu’est-ce que le Parti socialiste aujourd’hui ?

NVB : Pour moi, c’est le parti le plus moderne, aussi bien sur la question des mœurs que sur celles de la solidarité nationale et des institutions. Nous proposons les solutions les plus acceptables par tous car nous prenons en considération chacune des composantes du corps social. Je comprends que le discours de droite séduise certaines personnes, mais il ne prend pas en compte les catégories les plus pauvres de la population. Il me semble que celui du Parti socialiste est le seul qui tout en essayant d’être moderne, de se mettre à la page et de comprendre qu’on est dans une société économiquement libérale, continue à parler de justice, d’équité, d’aider les plus pauvres tout en créant de la richesse. C’est le seul parti qui propose une solution équilibrée.

MV : Une forme d’ordre juste, en somme, que pensez-vous de Ségolène Royal ?

NVB : C’est mon idole ! (rires) Je pense beaucoup de bien de Ségolène. Je ne fais pas partie de ceux qui, il y a un an et demi, étaient d’ores et déjà convaincus, mais plutôt de ceux qui ont observé, sereinement, son parcours. Je ne peux m’empêcher de la trouver sympathique car je sais quelle force et quels sacrifices la politique demande aux femmes... surtout à ce niveau-là ! Elle ouvre une voie. Et rien que pour cela on ne peut que lui être reconnaissante. Par ailleurs j’aime son franc parler et son sourire éternel.

MV : Quels sont alors vos modèles en politique ?

NVB : Je n’ai aucun modèle. Personne ne me fascine, je respecte ceux qui ont bien réussi mais chacun a sa part d’ombre. En ce moment, je suis admirative devant Ségolène mais on ne peut pas dire que ce soit mon modèle.

MV : Que pensez-vous du rôle du député et de son pouvoir devenu moindre ?

NVB : La façon dont fonctionnent les institutions ne va plus. Le Parlement devrait avoir un rôle bien plus important que celui qui est le sien aujourd’hui, il devrait contrôler le gouvernement. Tout cela ne fonctionne pas : 90% des textes déposés au Parlement sont déposés par le gouvernement, ce n’est pas normal car a priori les 577 députés sont davantage au contact du terrain et ont peut-être de meilleures propositions de lois à faire. Je suis assez d’accord avec les idées qui courent, notamment portées par Arnaud Montebourg, selon lesquelles les institutions doivent être revues. Mais une fois que le rôle des institutions sera revu, le mandat de député est un des plus beaux qu’il soit. Je veux redonner son brillant au statut de député car c’est un des seuls mandats qui permette de rester au contact des gens et de prendre conscience de leurs problèmes, de voter et de proposer les lois qui font évoluer la société et les mœurs et enfin, bien qu’élu dans une circonscription précise, de représenter toute la France. Le député représente finalement plus la France que le ministre, qui n’a lui pas été élu.

MV : Vous n’avez pas encore trente ans, vous êtes conseillère régionale Rhône-Alpes et collaboratrice du maire de Lyon, vous voyez sincèrement plus loin que les législatives ?

NVB : Ca peut paraître surprenant mais je n’ai aucun plan de carrière ! Je ne peux pas dire que tout m’arrive par hasard car il faut avoir le déclic pour saisir les opportunités et je peux au moins me reconnaître ce talent, mais je pense néanmoins que la plupart des choses qui me sont arrivées ont été dues à des concours de circonstances. J’ai depuis su montrer mes qualités et mes compétences, c’est pour cela que je suis restée. Mais je ne me suis pas dit en sortant de l’Institut d’études politiques de Paris que j’allais devenir députée après avoir travaillé au cabinet du maire de Lyon et je ne sais pas ce que je vais faire dans un an si je ne suis pas députée.

MV : La politique n’a pas été une vocation pour vous et ça n’a pas été votre objectif, alors pourriez-vous plus facilement la quitter ?

NVB : Je ne considère pas la politique comme un emploi. Je pense que chacun d’entre nous devrait être en mesure d’exercer un mandat. Le vrai problème aujourd’hui est la professionnalisation de la politique, les hommes politiques considèrent normal d’avoir le pouvoir ou de le chercher depuis vingt, trente, voire quarante ans, ce n’est plus possible. Tout le monde doit se mettre d’accord sur ce que veut dire un mandat. Pour moi, cela veut dire qu’à un moment donné l’un d’entre nous considère qu’il est en position, parce qu’il a compris les grands enjeux de la société dans laquelle il vit et qu’il a des solutions à proposer à ses problèmes, de représenter ses concitoyens et de mener à bien des dossiers, des projets... Mais qu’il le fasse pendant la durée de son mandat seulement. Ensuite, s’il est essentiel à la bonne poursuite des dossiers, il peut briguer un deuxième mandat mais que l’on reste toujours dans ce qui est de l’ordre du raisonnable. Personnellement je songe à reprendre un jour une activité professionnelle. Je regrette qu’en France il y ait trop peu de passerelles entre le monde du privé et celui de la politique : de sorte que pour ceux qui se sont risqués en politique, lorsqu’ils arrêtent d’en faire, il leur est très difficile de retrouver leur poste. Cela explique surement pourquoi la plupart se maintiennent en politique...

MV : Vous vous rendez, durant votre campagne, sur les marchés de votre circonscription pour inciter à l’inscription sur les listes électorales et à la participation au débat citoyen et politique, est-ce une démarche citoyenne ou politique ?

NVB : J’aspire à devenir une « députée citoyenne », c’est mon slogan de campagne ! L’un de mes chevaux de bataille est de redonner son sens à ce qu’on appelle la citoyenneté. Ce travail que j’effectue est donc citoyen avant d’être électoraliste. Je leur dis « votez pour qui vous voulez, mais votez » ! Il me semble que c’est assez clair, même si évidemment cette démarche n’est pas totalement désintéressée. Dans la 4e circonscription du Rhône, les taux de participation varient selon les quartiers : importants dans le 6e arrondissement, à la hauteur de la moyenne nationale dans le 3e arrondissement, en revanche il y a un vrai problème dans le 8e arrondissement où seulement 40% des citoyens votent.

MV : Cette notion de « députée citoyenne » n’est-elle pas un coup de bâton en forme de clin d’œil à vos adversaires (Dominique Perben ou Christian Philipp) qui se partagent d’habitude cette circonscription ?

NVB : C’est une question de conception que l’on a de la politique. Il me semble que ceux dont vous parlez ont donné un exemple qui n’est pas à suivre, leur conception de la politique est celle d’un tremplin. Les problèmes des habitants de la circonscription ne les intéressent absolument pas, ils cherchent juste un tremplin pour arriver à un autre mandat qu’ils cumuleront allégrement avec celui de député. Nous sommes dans tout ce que je déteste dans le monde politique : se servir d’un mandat pour se valoriser, mieux pouvoir en briguer un autre puis les cumuler, considérer qu’une circonscription est une priorité. C’est aussi le problème de Christian Philipp qui s’énerve aujourd’hui contre Dominique Perben mais que je ne trouve pas plus cohérent : je ne vois pas en quoi cette circonscription devrait lui appartenir pour toujours. Leur conception de la politique est complètement ringarde. Je ne la partage pas du tout et je pense que lorsqu’on fait de la politique, le premier objectif que l’on doit poursuivre c’est le mieux-être des électeurs, des habitants et non pas le sien.

MV : Cette conception que vous qualifiée de ringarde est encore en vigueur chez la plupart des hommes politiques. Pensez-vous donc représenter un nouveau souffle en politique ?

NVB : J’ai certes vingt-neuf ans mais j’ai déjà une expérience qui fait que je ne suis pas la « petite jeune » qui arrive sans savoir où elle met les pieds. Je suis surtout quelqu’un qui suit extrêmement respectueuse de ce qui a pu être fait dans le passé et de ce qui a pu marcher : je ne suis pas sans cesse à vouloir réinventer la poudre, je cherche juste à améliorer ce qui a fonctionné. En revanche, mon jeune âge peut signifier quelque chose en termes de renouvellement, d’enthousiasme. On devrait être content que la politique réussisse encore à attirer des jeunes gens comme moi à une période où 60% des Français pensent que les politiques sont tous des « pourris ».

MV : Cette nouvelle manière de faire de la politique passe aussi par les nouveaux moyens de communication. Pensez-vous qu’aujourd’hui la politique est un mélange de décision et de communication ?

NVB : Ma circonscription, qui n’est pas parmi les plus importantes de France, représente plus de 100 000 habitants donc pour tous les toucher, nous devons passer obligatoirement par la communication, notamment avec les médias et tous les supports possibles. Je trouve qu’Internet est un moyen génial de communiquer car on n’est pas tributaire de la bonne volonté des journalistes et on réalise soi-même le support, on s’adresse directement aux lecteurs en recevant aussi directement leurs réactions, à travers les blogs. Mais je ne pense pas que la communication soit une fin en soi ou un moyen de faire de la politique, c’est un palliatif : elle remplace quelque chose qui n’a pas eu lieu avant. Pour prendre une bonne décision en politique, il faut faire participer les principaux intéressés. C’est seulement si ce travail n’est pas fait que les politiques ont besoin de faire appel à de la communication pour faire mieux passer et accepter leurs décisions. Mais si le travail en amont est bien fait, a priori une décision qui est juste et qui a été prise en partenariat avec les principaux intéressés n’a pas besoin de communication pour mieux passer.

MV : Le Parti socialiste suit un changement obligatoire d’orientation depuis 2002, quels sont vos projets d’avenir pour le Parti socialiste ?

NVB : Il y a quelque chose qui me chagrine quand je regarde les évolutions de la société d’aujourd’hui, mis à part les « nouvelles adhésions » du printemps 2006, c’est que les gens ont clairement envie et besoin de s’engager. Il y a de plus en plus de gens qui s’engagent dans les associations, mais en même temps il y a de moins en moins de monde qui se syndique, qui devient militant au vrai sens du terme. Je me dis donc que le problème ne vient pas des gens mais plutôt des structures qui n’ont pas su s’ouvrir. Les associations ont su s’ouvrir car elles sont très souples alors que des structures comme les syndicats et les partis sont trop lourdes, et ils n’ont pas su s’ouvrir à la population, ce qui est un vrai problème. Du coup, si j’avais un projet pour le Parti socialiste, ce serait de réfléchir à comment on peut redonner envie aux gens de l’intégrer. A la base, il y a tout de même une belle idée : se retrouver entre gens qui partagent les mêmes valeurs pour la société. Devenir militant devrait être aussi excitant que de s’engager dans une association ! Aujourd’hui ce n’est pas le cas car le parti se perd en réunions de sections interminables où on discute plus que l’on n’agit, on discute entre soi plus qu’on ne va convaincre son voisin. Je crois que ce problème n’atteint pas que le Parti socialiste, et il faut vraiment qu’on y réfléchisse quand on est à l’intérieur car en même temps un parti qui ne se renouvelle pas disparaît de sa mort naturelle.

MV : Les législatives vont découler en partie des présidentielles qui auront lieu un mois auparavant, que pensez-vous du débat politique actuel ?

NVB : Je trouve que Ségolène a eu l’avantage de mettre sur le tapis de vrais sujets : ceux dont les Français avaient besoin et envie de parler : carte scolaire en matière d’éducation ; délinquance dans les quartiers populaires ; démocratie participative... Je suis contente qu’elle ait évoqué tout cela car petit à petit elle a réussi à créer des débats autour de ses idées à elle alors qu’avant qu’elle n’arrive dans le paysage politique, c’était essentiellement ce que racontait Sarkozy qui faisait l’actualité. Or pour moi Sarkozy est un populiste qui ne sait que flatter les pires penchants des Français : le repli sur soi et la crainte. Depuis l’arrivée de Ségolène dans le débat, on se met à parler de sujets sérieux, on ne se contente pas de considérer que toute la misère des Français vient de l’immigration.

MV : En tant que socialiste et en tant qu’immigrée née au Maroc, ne pensez-vous pas que ce duel annoncé Ségolène Royal-Nicolas Sarkozy favorise l’extrémisme, et notamment le Front national, comme alternative ?

NVB : Attention à ne pas être en permanence dans une attitude de justification du vote Front national. Rien ne m’agace plus que cela. On ne peut pas dire que la prédominance médiatique des deux candidats des deux grands partis favorise l’expression d’un vote de rejet qui se porte sur le Front national. Si les gens ne se reconnaissent ni dans l’UMP ni dans le PS, ils ont un large choix entre le centre et la multitude de « petits partis » qui gravitent autour, et qui portent d’autres idées sans nécessairement tomber dans le racisme et la xénophobie.

MV : Pour vous, la meilleure manière de combattre ces idées sont de les occulter, ou de les intégrer au débat politique ?

NVB : De les occulter ! Par exemple, quand Serge Moati reçoit Le Pen en lui déroulant le tapis rouge (NDLR : dans son émission Ripostes du 26 novembre dernier), je ne trouve pas cela normal. Plus on parle du Front national et plus on le banalise, plus les gens trouvent normal de regarder ce qu’il propose et de se tourner vers lui. Et évidemment plus on le regarde, plus Le Pen va utiliser la communication pour se rendre doux comme un agneau. Je crois qu’il faut vraiment arrêter de jouer avec le feu, l’histoire nous a trop souvent appris comme il sait s’embraser rapidement.

Propos recueillis par Maxime Verner à Lyon, le 17 décembre 2006

Son site : www.najat-vallaud-belkacem.com


Moyenne des avis sur cet article :  3.05/5   (117 votes)




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30 réactions à cet article    


  • lullaby (---.---.68.210) 19 décembre 2006 13:19

    Je ne pense pas qu’Agoravox doit servir de lieu de propagande sur tel ou tel personne ou candidat mais un instrument critique de la politique et de la vie citoyenne.

    Si cette Najat Vallaud-Belkacem à besoin d’un petit coup de pub médiatique ou d’une tribune, qu’elle se crée un site perso comme bon nombre des députés au lieu de déblaterer sa démagogie ici


    • Voltaire Voltaire 19 décembre 2006 16:02

      Idem. Interview bien gentille, pas de questions qui fachent, on n’est pas dans le journalisme mais dans la com’. Il semble que la leçon de S. Royal soit bien comprise, mais cet « article », que je qualifierais de publi-communiqué, est déplacé.

      La situation électorale à Lyon mériterait un traitement plus poussé et objectif.


    • Maxime Verner Maxime Verner 19 décembre 2006 16:05

      Pour assurer une impartialité j’ai décidé de vous présenter Najat Vallaud-Belkacem, que j’ai découvert récemment et dont le profil m’intéresse, sous le biais d’un entretien, au lieu de faire un article. Donc c’est à vous de vous faire votre idée, ce n’est en aucun cas une propagande car, si donner accès à l’information se transforme en propagande, qu’est que le principe de reporter citoyen ? Enfin, pour votre gouverne, je soulignerais juste que je ne suis pas militant du PS, ni même sympathisant.

      Merci à tous.

      MV


    • NA (---.---.89.165) 19 décembre 2006 16:57

      Najat Vallaud Belkacem a déjà un site Internet et un blog :

      http://najat-vallaud-belkacem.com

      http://blog.najat-vallaud-belkacem.com

      Merci pour cette interview qui nous en apprend plus sur la nouvelle génération politique.


    • Johan Johan 19 décembre 2006 13:42

      Pourquoi toutes les femmes qui percent en politique sont physiquement renversantes (sans remettre en cause leurs autres mérites, on dirait qu’il y a comme un filtre supplémentaire) ?


      • space_cowboy (---.---.193.239) 19 décembre 2006 13:49

        bah suis allé voir son blog pour être sur que ce petit brin de charme ne cachait pas un désert... il ne me semble pas !

        Elle a du charme, elle est intelligente, a de la répartie et de la fraîcheur ! ben écoute qu’elle remplace ma grosse moche, teigneuse, débile et je vote pour elle !

        Sincèrement, et en arrêtant les conneries, on s’en fout un peu qu’elle soit belle... duu moment qu’elle ne se taise pas !


      • t-h (---.---.4.219) 19 décembre 2006 14:19

        @Johann

        Comme Mam et Edith Cresson ? smiley


      • sweetsmoke (---.---.241.2) 19 décembre 2006 16:20

        « Plus on parle du Front national et plus on le banalise »

        le P.S qui crache à la gueule de la liberté d’expréssion, diabolise, et maintient la pensée dominante.

        quoi de plus normal


        • seb59 (---.---.180.194) 19 décembre 2006 16:43

          Elle pourrait largement remplacer segolene. Elle, au moins, elle a un physique.


          • schroen (---.---.202.60) 19 décembre 2006 17:28

            Mouais elle a surtout le physique de la bourde socialo de base, j’aime les pauvres mais pas dans mon immeuble...

            Quant à la nouvelle génération de politique c’est cool, avant même d’essayer de trouver un boulot, elle foutait rien à l’assemblé encore une qui est pas près de dégraisser le mammouth... Pour avoir connu des assistants parlementaires, c’est soit du népotisme soit du piston, vu son joli minoi je crois pas au népotisme... smiley

            Dans 5 ans elle fera plus petite minette mais plutot MST socialo ( MST = Mocassin Serre Tete ) enfin voilà article pas interessant on se croirait dans un publi reportage de ELLE MAGAZINE....

            Schroen


            • Raslebol (---.---.146.254) 19 décembre 2006 18:11

              Me fait chier une certaine engeance sur Avox, qui ne supporte pas que l’on puisse parler de quelqu’un d’autre que de son chef bien aimé, avec leurs formules toutes faites:UMPS,profs marxistes,Dolto« enfant-roi » (n’a pas lu sa thèse de 1949:psychanalyse et pédiatrie")etc,etc..... Commencent sérieusement à me gonfler les squatters d’Avox,ça en devient plus que lassant:répugnant....Que les frontistes créent leur site et me fichent la paix.........

              Et merci à l’auteur de cet article,car je pense que les législatives seront plus intéressantes que les présidentielles.


              • Maxime Verner Maxime Verner 19 décembre 2006 19:21

                Je suis assez d’accord avec toi. Je précise aussi que cette interview est une présentation de cette candidate, certes plutôt sommaire, mais que j’ai pour projet de vous présenter d’autres candidats et candidates dans les principales circonscriptions du Rhône, et pourquoi pas de suivre Najat Vallaud-Belkacem au long de sa campagne, et les autres.


              • L'Hérétique Anaxagore 24 décembre 2006 00:21

                En soi, je trouve votre initiative intéressante, mais en revanche, je juge les réponses de cette charmante jeune femme pas vraiment développées.

                Je veux dire par là qu’elle ne m’apprend rien, et que finalement, son discours s’apparente assez à la doxa actuelle du PS tendance désirs d’avenirs.

                Du coup, je trouve que l’article n’est pas intéressant, et si je devais vous faire un reproche, c’est de ne pas avoir investigué davantage afin d’amener Mlle Najat Vallaud-Belkacem à exposer ses vues.

                En somme, l’article est creux, de convenance ; pas une question dérangeante, que du convenu, bien-pensant, remarques sur la ringardisation de ses adversaires et cetera... Rien , nada sur ses projets concrets pour sa circonscription. Moi, je ne suis pas Lyonnais, mais bon, on aurait pu avoir autre chose que la traditionnelle rengaine sur la féminisation de la vie politique qui devient quelque peu lassante...

                Il va falloir d’autres arguments pour convaincre...


              • Matthao (---.---.189.189) 19 décembre 2006 21:07

                Cette charmante jeune fille fait du psittacisme...c’est vraiment le discours incolore, inodore et sans saveur dont on va nous rebattre les oreilles ces prochains mois.


                • Visiteur Indigène (---.---.180.214) 20 décembre 2006 11:22

                  La véritable archétype de la bonne beurette de service, tous les critères y sont...la farce PS continue. Son consulat la rappellera à l’ordre en cas de dérapages...lol


                  • La Taverne des Poètes 20 décembre 2006 12:38

                    Une attrape-jeunes de charme pour le P.S mais la conclusion de l’article a visiblement énervé les frontistes qui usent du droit de vote ici mais d’une curieuse manière. Ils ne connaissent de ce pouvoir que l’usage de sanction aveugle, de censure.

                    Il ne fait pas bon dire du mal du FN par les temps qui courent. Raison de plus pour en dire ! Le FN c’est pas FuN ! Le FN c’est la FiN...


                    • Vive Najat ! (---.---.89.165) 20 décembre 2006 17:07

                      Franchement, pour avoir cotoyé cette charmante jeune lyonnaise, je peux vous dire que je suis surprise du nombre de réactions négatives à son encontre. Najat est une jeune femme dynamique, très intelligente, motivée, avec de nombreuses idées novatrices. Elle est extrêment sympathique et je comprend que le jeune journaliste soit tombé sous son charme.

                      Merci Maxime de nous offrir l’occasion de mieux la connaître !

                      Bon courage à Najat car ça ne doit pas être facile d’être ainsi insultée par des gens qui s’arrête à une photo pour la juger... Bonne continuation !


                      • L'Hérétique Anaxagore 24 décembre 2006 00:23

                        C’est peut-être bien quelqu’un de fort sympathique, mais ses réponses renvoient une image totalement insipide en termes d’idées...


                      • Antoine Diederick (---.---.203.226) 22 décembre 2006 00:26

                        Gentil publi-reportage pour faire connaître une charmante jeune femme qui entre ou est entrée en politique.

                        Deux remarques :

                        1)« C’est génial »....ben oui, de nos jours tout est génial, expression passe partout....

                        2) La politique est malheureusement trop souvent une histoire de batailles, de coups bas et de violences.

                        La nature du lien social et de la vie en société repose sur le conflit et non pas sur les bonnes intentions. Le lien social repose sur la régulation du conflit. La place de l’individu se définit par les conflits personnels apaisés et les conflits au collectif apaisés eux aussi. Le conflit est structurant et malheureusement parfois destructeur, résolu il participe de la construction des liens sociaux et politiques. La politique est donc violente, malheureusement.


                        • Antoine Diederick (---.---.220.229) 22 décembre 2006 16:07

                          "MV : Pour vous, la meilleure manière de combattre ces idées sont de les occulter, ou de les intégrer au débat politique ?

                          NVB : De les occulter ! Par exemple, quand Serge Moati reçoit Le Pen en lui déroulant le tapis rouge (NDLR : dans son émission Ripostes du 26 novembre dernier), je ne trouve pas cela normal. Plus on parle du Front national et plus on le banalise, plus les gens trouvent normal de regarder ce qu’il propose et de se tourner vers lui. Et évidemment plus on le regarde, plus Le Pen va utiliser la communication pour se rendre doux comme un agneau. Je crois qu’il faut vraiment arrêter de jouer avec le feu, l’histoire nous a trop souvent appris comme il sait s’embraser rapidement."

                          Cette question de l’auteur de l’article est très bonne.

                          Faut-il oui ou non empêcher certains mouvements politiques d’avoir accès à la communication ?

                          Finalement, je crois que non. Je me base sur le fameux « cordon sanitaire belge » qui a pour principe de ne pas « parler » de, avec ou contre les partis politiques qui sont extrémistes.

                          En fait, nous voyons très vite les limites de ce type d’approche.

                          Laissez parler les frontistes, ce qui permettra à l’opinion publique de se faire une opinion quant à leur aptitudes à gérer la Cité. La conclusion s’imposera d’elle mme....et l’opinion démocratique saura faire le tri.

                          Bref, défendre la transparence démocratique sans scrupules.


                          • Antoine Diederick (---.---.220.229) 22 décembre 2006 16:13

                            Autre remarque....ds un reportage récent sur Chirac, l’opinion lui a reproché de ne pas avoir réussi à faire un gouvernement d’union nationale.

                            S’il est réelu, j’espère qu’il le fera...

                            Sinon, je conseille à son successeur de le faire afin de créer la transition nationale nécessaire en France.

                            Ce n’est pas la peine de crier comme Montenbourg :« Nous ferons le 6 eme République !! » (Sarko a dit :« Montembourg , c’est une grande voix ! » euhhhhh, encore faut-il avoir une voix qui fait écho ds la montagne).

                            Ben, ya du boulot en France....


                          • La Taverne des Poètes 23 décembre 2006 14:38

                            ça devient vraiment le défilé des « pin up » sur Agora ! Sans allusion appendiculaire non plus.


                          • La Taverne des Poètes 23 décembre 2006 19:37

                            A Maxime, l’auteur :

                            Je préfére votre article sur Karim Nekkaz dont le militantisme citoyen et le caractère pugnace le rendent plus estimable à mon point de vue, plus proche de l’état d’esprit d’Agoravox. Tandis que nous avons ici une jeune femme entrée en politique par les voies classiques (Sciences Po ou IEP, Assemblée), qui connaît les arcanes d’un pouvoir auquel elle s’est très bien adaptée : si jeune et déjà si lisse !

                            Ses aspects populistes ne demandent qu’à surgir :
                            - Elle dit que Sarkozy est populiste mais pas Ségolène Royal qu’elle vénère. Quelle illusion !
                            - Elle suit une certaine ligne tactique du PS actuel pour lequel être une femme et (ou) être jeune suffirait à ringardiser les autres (elle utilise d’ailleurs le mot « ringards »)
                            - Elle se dit « députée citoyenne » mais ne fait que reprendre les idéaux creux de Ségolène Royal.

                            Elle ne vient pas apporter grand chose au débat citoyen ici. C’est pourquoi votre score s’en ressent, à mon avis. Ceci complète mon précédent point de vue qui impliquait pour une part les frontistes.

                            Bref, cela ne satistfait personne.

                            Néanmoins votre article est intéressant dans la mesure où il montre bien que la relève qu’on nous promet suivra les mêmes idées tracées que leurs aînés. On sait à quoi s’attendre : aucun changement en vue ni au PS ni à l’UMP.

                            J’en sors avec le sentiment renforcé qu’il n’y a que quelques petits candidats et l’UDF de Bayrou qui présentent une véritable alternative au système qui se reproduit par moyens fallacieux (jeunisme, féminité, beauté, slogans creux, mainmise sur les medias...).

                            Vous êtes vraiment né en 1989 ? Bravo ! (Mon grand est né en 1990. smiley) Et ne vous inquiétez pas, votre jugement s’aguerrira au fil du temps.


                            • L'Hérétique Anaxagore 24 décembre 2006 00:31

                              D’accord en grande partie avec vous, Taverne des Poètes.

                              Je reproche à peu près les mêmes choses à l’auteur, mais je serai un peu plus sévère envers lui : c’est à lui de se montrer incisif. Il aurait pu par exemple réagir au couplet sur la féminisation de la vie politique en faisant valoir qu’au delà des bonnes intentions, ce point de vue ne pouvait tenir lieu de programme , puis demander concrètement à cette jeune femme quelles étaient ses projets en termes de développement de sa circonscription. Il aurait pu l’interroger sur certains points dérangeants du programme du PS, lui poser des questions sur de grands problèmes locaux, mais aussi nationaux (poids de la dette, bombe démographique en raison du vieillissement de la population, politique fiscale, et cetera...) : lui demander de penser par elle-même, en somme...

                              J’ajoute que je vous suis tout à fait à propos des véritables alternatives.

                              J’en profite pour préciser que même s’il elle ne représente nullement mon idéal politique, je regrette que la gauche alternative et anti-libérale ne soit pas parvenue à s’unir pour présenter un candidat unique : Bové ou Clémentine Autain, par exemple.

                              Cela aurait eu de la « gueule » : l’UMPS, l’UDF, la gauche alternative et le FN.


                            • La Taverne des Poètes 24 décembre 2006 11:38

                              Anaxagore,

                              Je trouve que ce jeune auteur a su faire preuve de retenue et de neutralité quand on sait ce qu’il pense de Ségolène Royal : « Nul doute que Ségolène Royal peut compter sur son sourire (refait il y a quelques mois, et ça se voit) mais pas vraiment sur ses arguments. En effet, tout tient en deux mots : « démocratie participative ». Mais le peuple ne donne-t’il pas sa confiance à ses élus pour qu’ils mettent sur pieds la démocratie, et le vote n’est-il pas une participation à la démocratie ? Le principe du jury citoyen n’est sûrement pas inintéressant mais il n’est pas recevable non plus, la candidate Royal doit donc organiser ses propositions pour les rendre probable, judicieuse, opportune et donc convaincante. Ses prises de positions sont a peu de choses près celles du bord adverse mais, heureusement, elle arrive à faire croire, ou essaye plutôt, qu’elle se présente pour aider le parti socialiste à prendre l’Elysée. » (extrait de son article « Les candidats du paraître » sur son blog)

                              Car s’il n’avait pas mis ses idées de côté pour interviewer avec objectivité, cela aurait donné plutôt : « Nul doute que Najat Vallaud-Belkacem peut compter sur son sourire, même pas refait... » Etc. smiley

                              Cetes, notre journaliste en herbe a encore du chemin à faire mais allez-y donc questionner comme vous dites sur la « bombe démographique » quand vous avez devant vous, à c’te jeun’âge, une bombe justement ! smiley


                            • L'Hérétique Anaxagore 24 décembre 2006 17:35

                              Sur le fond, l’initiative est louable, et d’ailleurs, je ne suis pas journaliste d’investigation pour juger de la pratique de l’auteur, mais un simple citoyen lambda, et au final je suis resté sur ma fin.

                              Mais j’ai lu d’autres articles de l’auteur qui sont en effet de grande qualité.


                            • Maxime Verner Maxime Verner 25 décembre 2006 01:53

                              Merci à tous pour vos conseils et vos critiques, la plupart constructives (pas toutes !), surtout à La Taverne des Poètes. Je vous précise juste mes intentions : vous présenter une candidate aux législatives qui me semble représenter la jeune vague du PS, et plus généralement la nouvelle génération des politiques. Je n’aurais peut être pas du mettre la photo, je vois que ca vous a perturbé ! C’est sûr que ca change de Raymond Barre, Dominique Perben, Nicolas Sarkozy (il y’a aussi des disgracieux à gauche !). Et enfin, j’ajouterais que, mon opinion personnelle, qui n’a rien à faire dans cet article, est assez différente de celle de Mme Vallaud-Belkacem.

                              Joyeuses fêtes à tous les lecteurs et participants d’Agoravox.

                              NB : Oui, 1989 ! La chute du Mur, dixit mon prof d’histoire il y a quelques années. Et même le jour du premier évènement historique du XXIe siècle : 11 Septembre.


                            • Briseur d’idoles (---.---.168.155) 28 décembre 2006 16:30

                              Une feuille de rose au PS ? comme d’autres en font à l’UMP...

                              A chacun(e) son « honneur » et sa « dignité » !


                              • Maxime Verner Maxime Verner 22 février 2007 23:59

                                La nomination prévue depuis quelques semaines de Najat Vallaud-Belkacem dans l’équipe de campagne de Ségolène Royal, en qualité de porte-parole, a été officialisée ce soir.


                                • coco (---.---.224.9) 8 mars 2007 20:20

                                  Ben, moi, j la touve pas si belle que ca ! Me dites pas que ce n est pas constructif comme message, hein...

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