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Accueil du site > Actualités > Info locale > Nancy : les pavés de la place Stanislas en vente sur le Net

Nancy : les pavés de la place Stanislas en vente sur le Net

C’est un commentaire sur Un pavé à part, un peu plus bas, qui m’a alerté. Oui, les pavés de la place Stanislas sont désormais en vente sur Internet. EBay propose ainsi d’authentiques pavés de la place Stanislas (dimensions : 10x10x10, poids : 2,2 kilos), avec leur certificat d’authenticité. Sacrée culbute qui peut être réalisée : certains les mettent en vente à 8 euros. Ajoutez les frais de port : vous atteindrez les 15 euros pour un pavé acheté un euro.

Le procédé, légal, est moralement discutable (ces pavés sont au départ vendus dans un but caritatif). Peu importe, le libéralisme est un mode de vie. Je trouve d’ailleurs que les vendeurs jouent petit bras : les dix mille premiers pavés sont vendus avec un certificat d’authenticité numéroté. Pas les suivants. Donc la valeur des premiers devrait être plus grande, à condition de les avoir ?

Et plutôt que de les vendre, pourquoi ne pas jouer sur le phénomène, et créer des objets dérivés ? Pourquoi ne pas découper un pavé et le vitrifier ? Le réduire en poudre, et l’intégrer à un tableau ou un tee-shirt ? Le dépecer en cubes, et en faire des porte-photos ? L’imagination manque vraiment !

Le plus drôle dans tout ça, c’est que le reste des pavés, en gros quelque 200 000, retournera à la circulation : ils serviront dans des communes de l’agglomération de Nancy. Tout le monde les piétinera, jouera dessus, ou laissera son chien faire ses besoins, sans se dire : « C’est un ancien pavé de la place Stanislas ». Vingt ans après, ils iront au dépotoir. Et le gars qui ira en pêcher un sur le tas et dira : « Il vient de la place Stanislas... », ses copains le regarderont avec un drôle d’air. Le contexte crée le besoin. Ôtez le contexte, le besoin disparaît.

Antonioni ne disait pas autre chose avec cette séquence de son film, Blow Up, où le photographe faisait des pieds et des mains pour s’emparer, au milieu d’une foule en délire, d’un manche de guitare, qu’il jetait, une fois sorti de la salle de concert.


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