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Accueil du site > Actualités > Info locale > Nous sommes tous des Creusois !

Nous sommes tous des Creusois !

Il aurait pu rendre compte de ce qui fonctionne en Limousin, de solutions cohérentes contre l'enclavement et pour le devenir des jeunes provinciaux. Mais l'article polémique et désinvolte du magazine Technikart sur la jeunesse guérétoise, concentré de parisianisme borné et de propos inutiles et réducteurs, révèle aussi une appréciation catastrophique des problématiques territoriales. A ne pas refaire.

Non, ce n’est pas faire preuve de chauvinisme acharné ou exprimer une fierté artificielle, que de s’offusquer de l’article traitant de la Creuse, de Guéret, et de la jeunesse qui tenterait d’y subsister, paru il y a quelques jours dans le magazine Technikart. Sujet pontentiellement intéressant mais traitement plus que douteux. D’autres ont relevé le défi du reportage en terre inconnue avec bien plus de succès, et ce ne sont pas forcément les plus provinciaux. De Ryan Lafarge (cf. article très bientôt) à Claude Miller, en passant par Michel Houellebecq et Nathalie Baye, on a pu prouver que la vie, sinon l’intérêt, était possible en Limousin, pays des tournages de cinéma, des centres d’art contemporain, des pôles de compétitivité, du webdesign, des présidents et de la céramique industrielle, et on s’étonne encore qu’en 2012, de telles conceptions, sans doute encore largement répandues dans les couloirs de métro et les open-spaces parisiens, puissent encore paraître dans une presse dite de qualité.

Ces gens-là, sous couvert d’amuser et d’offrir une enquête intelligente dans son traitement, foncent droit dans tous les poncifs du parisianisme. Désoeuvrés, consanguins, arriérés, has-been : les « bouseux » les plus heureux seraient-ils ceux qui ne s’en rendraient pas compte ?

Le ton désinvolte, faussement « djeun’s » et décontracté, contribue sans nul doute à véhiculer la condescendance. Opposer « branchés de la campagne » à ceux qui ne le seraient pas, ne parvient pas à supposer une quelconque concession de la part du journaliste. L’ambition recherchée, – on aura du mal à nous faire croire à la promotion d’un territoire –, n’est-ce pas la moquerie simple ?

Pourquoi n’avoir pas choisi de rendre compte avec justesse et justice des habitudes de la jeunesse rurale, des difficultés posées par l’enclavement d’une région, ou mieux, d’imaginer des solutions pour y remédier (quoi de mieux que de demander leur avis aux jeunes plutôt que de rire de leur survie apparente ?). Technikart n’est pas le premier journal à s’intéresser au Limousin, comme il n’est pas le premier à le moquer. Mais les exemples d’articles plus judicieux existent.

Interrogé par France Bleu Creuse sur la polémique, le rédacteur en chef de Technikart a reconnu que « l’anagonisme entre Paris et la province n’a jamais été aussi fort ». La faute à qui ? Il s’étonne que les Creusois s’indignent de propos tenus sur des réalités qu’ils ont eux-même formulées. Les Creusois sont bien en droit de formuler leur désespérance, s’ils la vivent. Mais en faire un article qui ne traite que de cela et semble presque s’en amuser, c’est loin d’être la même chose ! L’argument politique sur le clivage promu par le gouvernement sortant entre territoires et populations se défend, même si les réflexes partisans ont pu s’effacer quand il s’agissait d’impératifs de survie (le service de radiothérapie de Guéret défendu par la droite comme la gauche en est un exemple) mais ne vient pas forcément justifier une telle approche. Quant à l’argument de la non-compréhension du ton du magazine, n’est-il pas un aveu de faiblesse ? Soyons plus intelligents, nous mettrons ça sur le compte de la maladresse dans la quête d’un exotisme dont doivent furieusement manquer les élites de la capitale. Maladresse qui est évoquée par les responsables du magazine, d’ailleurs. Ce qui n’atténue pas la portée des propos.

Certains propos peuvent blesser. On peut s’amuser d’une situation, on peut tourner en dérision, avec talent et intelligence, et surtout cohérence, sans aller jusqu’à offrir un ramassis de clichés dans lequel l’ambition journalistique éventuellement louable et les points positifs et espoirs du territoire creusois se sont évaporés. Cet article n’est-il pas un révélateur du triste fossé qui semble exister entre les territoires, mais peut-être aussi (surtout ?) de la vogue de certaines conceptions que les élites de la capitale ont de la province et de son développement ?

Ne nous trompons pas de combat. Quoi qu’il en soit, Technikart recevra un lien vers mon article, une manifestation de plus parmi les nombreux commentaires outrés laissés sur Facebook ou retransmis par la presse locale. En attendant un « manuel de survie contre les préjugés anti-provinciaux » ?

En prime, un petit florilège des « compliments » de Technikart :

- « Enterrée dans le Limousin, Guéret est une ville […] où [il y a] des ploucs, des viocs, des bovins en surnombre » (intro.)
- «  la Creuse, ce centre névralgique de la diagonale du vide qui défigure l’Hexagone » (l. 1)
- « le tout couplé à une vie sociale un brin consanguine » (l.30)
- « deux rades se tirent la bourre pour le titre du bar le moins naze de Guéret » (l. 73)
- « les damnés, ceux qui n’ont d’autre choix que de moisir sur place ou de se tirer une balle » (l. 105)
- «  des marques anachroniques comme Jules, Devred ou Brice ont la faveur, faute de choix, des autochtones mâles les mieux sapés » (l. 177)
- « Même à la cambrousse, conduire en état d’ivresse est interdit » (l. 189)

N.B : tentatives de rabibochages avec la mairie de Guéret et regrets en vue ?
Ce serait la moindre des choses. En espérant que Technikart saura trouver les bons mots et faire les bons gestes pour réparer en partie sa triste appréciation !

Photo : détournement de la photo et du titre de l’article de Technikart (groupe Facebook « Résitants creusois contre les bobos »), Lily La Fronde (tous droits réservés)

Ci-dessous, mon courriel au rédacteur en chef de Technikart.

 

Monsieur,

vous vous en doutez certainement, je veux évoquer votre article « La bouse ou la vie ».

En publiant sur mon blog ce billet que je vous invite à lire, mon objectif est moins d’ajouter de la discorde inutile à une polémique bien dommageable ou de vous insulter, que de témoigner de mon soutien à l’indignation des Creusois contre les préjugés et le parisianisme certain dont sont empreints votre article.

Loin de moi l’idée de dénigrer toutefois votre travail. Par ailleurs, je connais des Creusois qui ont eux-mêmes un avis peu positif sur leur propre département. C’est aussi le cas en Haute-Vienne, où je réside. Et dire que « tout va bien » en Creuse serait bien évidemment stupide. Je pense néanmoins que vous vous trompez de « combat », vous, en tant qu’acteur de presse. La réaction des Creusois et plus globalement de tous ceux qui se sont sentis blessés, est peut-être une réaction d’orgueil, mais c’est sans doute aussi une manière de vous dire que l’on n’améliore rien en parlant ainsi d’un territoire, et de vous demander de contribuer à votre échelle à rendre compte aussi de ce qui marche en Creuse, et de ce qui serait à même de l’aider à s’ouvrir et se développer. Le ton général de votre article, empli de clichés et de remarques peu amènes, fait oublier cette initiative si telle était la vôtre.

Vous qui faisiez remarquer si justement à l’antenne de France Bleu Creuse que l’ambiance récente était propice à la division entre les territoires et les populations, ne pensez-vous pas que parler ainsi de la Creuse et de sa jeunesse, c’est contribuer un peu, d’une certaine manière, à entretenir ce climat ?

Je ne prétends absolument pas détenir l’absolue vérité. Ma remarque n’est que la remarque d’un simple citoyen parmi d’autres.

Je suis certain que Technikart saura trouver les mots justes et faire les bons gestes pour atténuer la polémique et réparer au moins en partie sa triste appréciation.

Je vous remercie par avance de l’intérêt que vous aurez accordé à mon courriel.

Bien cordialement,

Lucas Destrem
Etudiant et jeune limousin.

 

(article également publié sur mon blog perso)


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28 réactions à cet article    


  • Fergus Fergus 23 mai 2012 10:04

    Bonjour, Lucas.

    Un grand bravo pour ce coup de gueule. J’aime beaucoup le Limousin, région que je traverse fréquemment pour me rendre en Auvergne d’où je suis originaire. Et il m’arrive de faire escale à Guéret, ville tranquille s’il en est. Tellement tranquille que « les jeunes s’y ennuient », m’ont affirmé à différentes reprises les personnes chez qui je passe la nuit. Et il est vrai que l’on est loin de l’animation des villes plus importantes, ne serait-ce que celle de la pourtant modeste Clermont. Mais c’est aussi cela qui fait le charme du lieu !

     

     


    • foufouille foufouille 23 mai 2012 11:52

      «  des marques anachroniques comme Jules, Devred ou Brice ont la faveur, faute de choix, des autochtones mâles les mieux sapés »

      le journaleux doit croire que le smic est a 5000, comme pour le magazine GQ


      • foufouille foufouille 23 mai 2012 12:10

        l’article de technikart est vraiment puant
        il ferait mieux de visiter sa ZUS, le bobo


        • Lisa SION 2 Lisa SION 2 23 mai 2012 13:53

          Bonjour,

          bonne idée de défendre la province, terres d’accueil estivales des bobos parisiens et du midi, enfin tous ces gens qui cherchent désormais à installer leurs deuxièmes résidences secondaires en terres tranquilles. Ces mêmes citadins se moquaient des campagnes à l’heure où les bouses de vaches traçaient des lignes brunes au milieu des départementales. Aujourd’hui, ce qui pue à la campagne sont les épandages de lisier industriel et les boues d’épuration toxiques de banlieue parisienne.
          Aujourd’hui, les villes puent bien plus que nos campagnes, « con se le dise », c’est aussi pour ça qu’ils reviennent à leurs racines.


          • Phil07 Phil07 23 mai 2012 14:46

            Mais que reprochez vous à cet article ? De dire la vérité ? Je connais Guéret et la Creuse... D’ailleurs, objectivement, des coins perdus, il y en a pas mal en France... Au lieu de rester dans ce perpétuel clivage Paris/Province, il serait plus judicieux de s’intérroger sur les causes de la mort de nos campagnes et des décisions politiques qui depuis plus de 50 ans, sont la cause de ce cataclysme rural... Et puis, ne mélangeons pas tout, si j’ose dire, mais la consanguinité, sans être une généralité, c’est aussi une réalité !......


            • LucasDestrem LucasDestrem 23 mai 2012 15:49

              Relisez l’article, ce n’est pas de faire le constat (même s’il est vraiment forcé et bourré de clichés et d’approximations assez désolantes) d’une situation assez délicate, mais de le faire de cette manière, et sans justement s’interroger, comme vous le dites, sur les causes de cette relégation et de ce que vous nommez « cataclysme » !
              Quant à votre dernière remarque sur la consanguinité, elle se passe de commentaires tant elle est inutile !


            • jef88 jef88 23 mai 2012 15:19

              LA FRANCE PROFONDE !!!
              Vue du fond (la campagne) c’est la déche ......
              Des boites qui ferment, des administrations qui se tirent, l’agriculture qui périclite.....

              Vue d’en haut (Paris) des paumés ringards qui pleurent dans leur coin !

              On y a voté à droite ... catastrophe !!!
              On y a voté à gauche ... le néant !!!!

              Alors certains essayent marine ....

              Mais si on créait des emplois ???

              Bien sur avec UMPS c’est pas gagné !!!


              • LucasDestrem LucasDestrem 23 mai 2012 15:52

                Je ne suis pas certain que ce soit une affaire de clivages politiques. 2 preuves :
                - une que je cite dans l’article, quand droite et gauche se sont offusquées de la fermeture du service de radiothérapie de Guéret et que le député UMP de la Creuse Jean Auclair s’est ouvertement prononcé contre les décisions du ministère de la Santé dirigé par une personnalité du même bord que lui...
                - les politiques d’aménagement d’un territoire et de promotion de celui-ci sont autant le fait de la droite que de la gauche (des collectivités de tous bords s’y attachent, je vous assure)
                Donc avant d’en invoquer les extrêmes (vous voyez qui j’veux dire), qui n’ont pas forcément en ce qui concerne le FN ou Lutte ouvrière une vision toujours très « territoriale » des choses, je pense qu’il faut espérer un changement de mentalité et de conceptions de la part des élites et édiles parisiens...


              • Fergus Fergus 23 mai 2012 16:14

                Le grand problème de la territorialité vient du glissement progressif (depuis la fin des années 60 pour faire simple) de la logique de service public assuré pour tous, et à coût égal grâce au principe de péréquation, vers une logique libérale de rationnalisation de ces coûts, souvent effectuée sans discernement sur des bases purement comptables et bien évidemment sans le moindre souci, ni de l’humain, ni de l’entretien de ces territoires.
                 
                Cela ne pourra malheureusement qu’empirer tant que le modèle politique restera axé sur un libéralisme par nature totalement déconnecté de toute considération humaniste.


              • totor totor 23 mai 2012 16:24

                le clivage n’est pas politique ... je parle d’UMPS !
                Mais il est territorial !
                La grande ville contre la campagne !
                c’est le fondement de la politique économique depuis 35 ans : il faut une dimension « européenne » le reste on le casse et on le jette ..................


              • LucasDestrem LucasDestrem 23 mai 2012 17:03

                Transversalité, oui. Du qualitatif, du local, de la mutualisation de moyens sur les territoires, des moyens cohérents donnés aux collectivités.


              • Jason Quidoz 23 mai 2012 17:02

                Bonjour. Je me sens particulièrement affecté par cet article du fait que je sois jeune (15 ans), que je vive à Guéret même et que je m’intéresse tout particulièrement à la politique nationale et locale. Je suis, par sensibilité, visé par l’article écrit par Technikart.

                Vous parlez ici de politique locale comme solution possible au désarroi publique que connais le Limousin. Je pense que vous vous trompez. La solution est ailleurs. Pour moi dire que le Limousin, et la Creuse en particulier, sont surtout victime de la vision imposée du secteur de la mode. L’article du journal en question le reflète bien. Avant de commencer à continuer cet article je tiens à dire que pas mal de choses avancés par l’article sont fausses. Premièrement les activités culturelles, a décharge de ne pas être nombreuses, sont bien souvent de très bonnes qualités. L’auteur ne doit pas être resté bien longtemps dans Guéret pour dire qu’il ne s’y passe jamais rien. A vrai dire il se passe autant de choses que dans une ville de la même taille que le chef-lieu du département. Ainsi l’été sont souvent organisés des fêtes, peu l’hiver il faut le reconnaitre, mais les programmations culturelles de « La Fabrique » comblent bien volontiers ce vide. Il ne faut pas oublier non plus les différentes expositions d’art et de photographies (pas seulement à Guéret), les conférences, la médiathèque, etc ... Et je vous rassure il n’y a aucune « relations consanguines » ! (il faudra m’expliquer le sens de cette phrase, tellement elle semble imbécile, déplacée, outrageante et insultante.). Certes il faut relativiser et se dire que tout n’est pas rose (agriculture en berne, chômage, hausse du cout de la vie, mais certainement désertion culturelle.) mais les petits commerces marchent et la vie y est calme et douce. Quant à Fergus qui dit que « les jeunes s’y ennuient » ; voyez-vous je suis bien placé pour vous dire que non. Les différentes réactions que j’obtiens dans mon collège sont très satisfaisantes envers la ville et ses alentours, même s’il est vrai que personne ne voit son avenir dans le coin. J’aimerais ajouter que les jeunes entre 13 et 20 ans ont tendance à largement critiquer toutes les choses qui leurs sont proposés : c’est maladif, nous n’y pouvons rien.

                Au delà de ceci, le ruralité est aujourd’hui mal appréciée par les gens, et pour une fois que c’est réellement de leur faute, surement à cause des médias. L’image colportée, notamment par les émissions de divertissement tel que Le Journal de 13H de Jean-Pierre Pernaut. Ils montrent une image renfermée, conservatrice et traditionnelle des « provinciaux », comme une sorte d’immortel moyen-âge, ce qui a pour conséquence d’opposer sur le plan idéologique et sociétal, et qui donc conduit à des articles comme celui-ci. Pourtant aujourd’hui rien ne permet de discerner un jeune parisien à la mode d’un guéretois.

                Je voudrais aussi revenir sur ce message :

                "Mais que reprochez vous à cet article ? De dire la vérité ? Je connais Guéret et la Creuse... D’ailleurs, objectivement, des coins perdus, il y en a pas mal en France... Au lieu de rester dans ce perpétuel clivage Paris/Province, il serait plus judicieux de s’intérroger sur les causes de la mort de nos campagnes et des décisions politiques qui depuis plus de 50 ans, sont la cause de ce cataclysme rural... Et puis, ne mélangeons pas tout, si j’ose dire, mais la consanguinité, sans être une généralité, c’est aussi une réalité !......"

                Je vous trouve intellectuellement malhonnête monsieur. Je ne pense pas que vous soyez bête et espère que les âneries que vous dîtes dans ce message ne sont pas réellement vos pensées. Pensez-vous que nous soyons barbares au point d’être consanguin ? Vraiment ?...

                Veuillez m’excuser des possibles fautes d’orthographes commises, erreurs de débutant si j’ose dire. smiley


                • LucasDestrem LucasDestrem 23 mai 2012 17:06

                  Largement d’accord avec toi, outre le fait que je sois surpris (dans le bon sens du terme ! ;) que quelqu’un de ton âge (ce n’est pas de la condescendance, vu que je ne suis pas bien vieux non plus) s’intéresse au devenir de son territoire et à sa vie politique. C’est comme ça qu’on avancera : par la mobilisation de toutes les forces vives, actuelles et en devenir...


                • Jason Quidoz 23 mai 2012 17:20

                  A vrai dire je participe peu mais je regarde, beaucoup. Il faut que la jeunesse (pas celle de 25 ans, mais celle de 14-15 ans.) regarde la réalité, la vraie. Et ils comprendront que leur sort n’est pas scellé. Mais l’éducation à faire est encore longue et je ne pense pas que la révolution citoyenne tant attendue viendra de notre génération.

                  « Histoire, que tu es longue et cruelle. » Leon TROTSKY


                • Fergus Fergus 23 mai 2012 17:54

                  Bonjour, Jason.

                  Ce n’est pas moi qui ai dit que les jeunes pouvaient s’ennuyer à Guéret : je n’ai fait que relayer des propos entendus tant dans dans cette ville qu’à Aubusson. Cela dit, loin de moi l’intention de laisser croire qu’il ne s’y passe rien. Mais ce qu’il s’y passe est, quoi qu’on en dise, limité par le vieillissement de la population et la perte de vitesse d’une préfecture très largement assoupie et dans laquelle les hôtels et restaurants (signe de vie) sont de moins en moins nomnbreux. A titre de comparaison, des villes comme Mende ou Figeac me semblent nettement plus vivantes, mais ne vivant ni dans l’une ni dans les autres, je peux me tromper.

                  Pour ce qui est de la ruralité et de la vie en milieu isolé, je connais... un peu car j’y ai vécu et plusieurs de mes cousins sont encore agriculteurs au coeur de l’Auvergne dans des zones de montagne plutôt rudes. Et ceux-là ne sont pas plus stupides que les citadins. Sans doute même sont-ils plus équilibrés que certains car en prise directe avec les racines -bien oubliées - de tous ces gens exilés en ville. Un dernier point : j’aime la ville et ses animations, mais j’aime aussi le calme, et c’est pourquoi cet été j’irai randonner dans l’Aubrac et les Causses, peut-être en m’arrêtant à Guéret sur ma route... 


                • LucasDestrem LucasDestrem 23 mai 2012 18:07

                  C’est aussi quelque part une question d’éducation, c’est vrai !


                • LucasDestrem LucasDestrem 23 mai 2012 18:08

                  Mende et Figeac ont peut-être un potentiel touristique supérieur, aussi... ;)


                • Jason Quidoz 23 mai 2012 18:30

                  Il est vrai que ma phrase est mal tournée, Fergus. Je m’en excuse.


                • Phil07 Phil07 24 mai 2012 13:10

                  Loin de moi l’intention de vous vexer ou d’insulter qui que se soit... Si vous l’avez ressenti de cette façon, je vous prie de m’excuser. Je faisais juste remarquer que la consanguinité, ou l’endogamie n’est bien évidemment pas une généralité, mais une réalité dans des zones géographiques reculées ou au sein de communautés pour diverses raisons liées aux successions, à l’idéologie, à la préservation de l’appartenance à un groupe social,à la préservation d’une identité religieuse, etc...
                  La ruralité, et donc la Creuse (comme je pourrai dire la Loire ou les Ardennes) peut favoriser les liens consanguins, s’agissant par exemple de préserver des propriétés ou des terres. Les unions entre cousins et cousines, c’est de la consanguinité.
                  La barbarie, c’est autre chose... Et je ne considère pas les creusois comme des barbares !


                • LucasDestrem LucasDestrem 24 mai 2012 14:05

                  Phil07, vous vous obstinez !
                  On s’en moque, au final, car en arriver à brandir la consanguinité, c’est faire preuve d’un manque de discernement et d’arguments abyssal.


                • Marc Bruxman 23 mai 2012 19:47

                  Ca commence bien et sur la page FB en lien, on trouve un combat de creusois contre les « bobos parisiens ». Parigots tête de veau comme on disait ;) (Et c’est un parigot qui vous le dit).

                  Il y a effectivement une fracture de plus en plus grande entre le mode de vie de la ville et de la campagne. Et également une fracture dans les attentes des citoyens de ces territoires bien distincts. Dès lors, l’incompréhension est reine et chacun se fout de la geule de l’autre.

                  Je me souviens quand j’étais étudiant et que j’ai quittai ma province (un endroit pas si paumé que cela, une ville de 100 000 hab) les gens me parlaient presque attristé genre « Paris c’est pas trop dur ? » etc, etc, ... Et en fait bien non, ce n’était pas dur du tout, je m’éclatais la bas ;)

                  Bref, le provincial s’estime que le parigot est bobo, vit à Sin City avec le crime, le sexe et tout. Il aurait besoin d’un masque à gaz pour respirer tant son air est pollué, passe deux heures par jour comprimé dans un métro blindé ou ca pue. Paie tout très cher et vit dans un appartement grand comme le chiotte de votre maison. Bien sur ce n’est pas plus vrai que si je parles de bouse de vache en parlant de la province mais qu’importe. Les tords sont partagés, la ruralité et la ville ne se comprennent plus et ne se parlent plus. J’avoue bien volontiers que je ne pourrais pas vivre en zone rurale autrement que pour y passer des vacances.

                  Voila, tout ca pour dire, keep cool, le mec de technikart s’est amusé, d’autres s’amusent à repeindre les parisiens en gros bobos, etc, etc, ... Et puis si le coeur vous en dit, faites un truc près de chez vous pour attirer du monde. Les zones oubliées ne demandent qu’à être redécouvertes.


                  • foufouille foufouille 23 mai 2012 19:51

                    vu son article, son salaire doit etre aussi eleve que le tien, voire plus
                    c’est donc bien un article de bobo
                    devait pas y avoir de salade aux truffes
                     


                  •  C BARRATIER C BARRATIER 23 mai 2012 20:17

                    Très bon article. les creusois d’hier et d’aujourd’hui sont des résistants qui portent à bout de bras leur passé glorieux et leur présent difficile. Attachants, fidèles, durs à la tâche. J’ai eu la chance par mon métier de travailler avec des tailleurs de pierre, de rencontrer leur folklore, leurs musiques, leurs écrits...Les maçons de la Creuse qui construisirent tant de monuments de PARIS ou de LYON furent des exemples d’opiniâtreté, de savoir faire...mais aussi de solidarité. Une population de gauche...ce qui explique cela.
                    Dans ma vie, comme pas mal de gens j’ai connu des honneurs : un très grand fut celui d’être reconnu, moi l ’Ardéchois comme « maçon de la Creuse. » Je suis membre de l’association depuis plus de 20 ans, et il faut voir le boulot qui se fait là.


                    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 23 mai 2012 20:51

                      Pourquoi les ruraux devraient ils payer les memes impots nationaux que les urbains ,vu le désengagement des services publics ?
                      Je ne suis pas pour en tant que républicain mais .......


                      • aliceines 24 mai 2012 06:07

                        je reste très dubitative fasse à cet article.....pourtant je vis en Creuse depuis près de 30 ans...je dois beaucoup à cette région qui m’a sauvée d’une adolescence banlieusarde plutôt tumultueuse...Régulièrement chambrée par ma famille, par certains amis parisiens je me suis blindée, devenant une véritable « militante » de la vie dans ma région, dans mon village de 300 habitants....pourtant la Creuse c’est aussi des « réseaux » épouvantables (gare à toi si tu oses t’opposer à l’elu du coin), idem si tu a eu maille à partir avec un employeur, notable intouchable mais qui pourtant foule au pied les droits fondamentaux du travail.

                        Ma chanche c’est d’avoir une ville plus importante (je vous entend déjà vous gondoler !!) à 30km de chez moi, où professionnellement je me suis épanouie...j’ai besoin de ma grande maison où ceux qui me chambrent viennent y passer de bien longues vacances, de cet environnement, mais je reste malgré tout la « parisienne »et je me frotte régulièrement avec des « amis » qui pour la plupart on voté FN aux dernières elections...Bref tout n’est pas rose, loin de là, et je n’affiche pas un angélisme à tout épreuve...Il y a aussi dans ce département une force d’inertie assez impréssionnante..........


                        • Phil07 Phil07 24 mai 2012 11:18

                          L’article initial de Technikart n’aurait jamais eu lieu d’être si il n’existait pas un fond de vérité, mise à part son côté largement outrancier, sur ce point je suis d’accord.
                          Maintenant, je sais bien que des initiatives locales existent et que des gens se battent pour que (sur)vive la Creuse. Je connais bien les coins de Sardent et Boussac...
                          Mon propos va peut-être vous sembler « incongru », mais que doit-on constater :
                          - Que ce soit la gauche ou la droite, et plus généralement sur un plan politique, personne n’en a rien à fiche du devenir de territoires comme la Creuse.
                          - Compter sur des financements publics pour filer « un coup de pouce » est illusoire. Le pays est en cessation de paiement et les collectivités locales et territoriales, ce n’est pas mieux ! De plus le système est en train de se casser la figure...

                          Il me semble, et c’est peut-être utopique, que ces territoires doivent penser à devancer l’inéluctable et rentrer en resistance en développant des systèmes communautaires d’échanges et d’activité qui lui seraient propre.
                          Arrêtez donc de rêver que le miracle va se produire et que comme par enchantement, l’état va se préoccuper de nous !...
                          A moins que.... AREVA décide de venir enfouir des merdes radioactives dans le granit en construisant des gymnases, des salles des fêtes, propose des emplois.... 


                          • LucasDestrem LucasDestrem 24 mai 2012 14:09

                            Nous sommes d’accord sur pas mal de points... après, quand vous dites « Arrêtez donc de rêver que le miracle va se produire et que comme par enchantement, l’état va se préoccuper de nous ! », n’est-ce pas faire preuve de résignation ? Il faut tout mettre en œuvre pour agir localement, bien sûr, mais nous sommes dans un État de droit, par conséquent, le pouvoir central se doit d’agir dans l’intérêt de toute la population et de tous les territoires, et nous sommes en droit (en devoir, même !) d’exiger de l’État des politiques et des considérations autres que celles qui promeuvent l’inégalité et le dédain !
                            « Le systèmes est en train de se casser la figure »... et on fait quoi, alors ? Et la solidarité ?


                          • Phil07 Phil07 24 mai 2012 14:51

                            Ce n’est pas de la résignation, mais du réalisme. La solidarité, du moins celle qui met en oeuvre des moyens financiers, ne peut exister que si les moyens existent et ce n’est plus le cas. C’est le premier point.
                            Le deuxième point, c’est que le système financier mondial doit se casser la figure car c’est lui qui est en train d’asservir les peuples...et les états ! Ce n’est malheureusement pas Mr Hollande qui va changer grand chose... La dette se nourrit de ses intérêts et s’auto-alimente sans fin. La France (et d’autres pays) est ruinée, en dépot de bilan, plus de pognon, ter-mi-né ! Et lui propose de mutualiser les dettes ? Mais c’est exactement comme le rachat de crédit pour un particulier : c’est reculer pour mieux sauter !
                            Alors ne comptez pas trop sur les illusionnistes politiques pour voler au secours de territoires sinistrés ! Ou bien ce sont des escrocs qui financent des projets en augmentant les dettes et le réveil sera d’autant plus douloureux.
                            Mon propos consisterait plutôt à dire qu’il faut au contraire quitter ce système et créer des communautés libres. cela ne veut pas dire retourner à l’âge de pierre mais choisir de vivre en mutualisant les moyens, y-compris technologiques. Et avons-nous réellement besoin de tout ce que cette civilisation nous propose ? 

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