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Pôle lorrain de chirurgie cardiovasculaire : et si les dés étaient pipés ?

Tout d’abord, il faut savoir qu’avant d’être suspendu, le service messin tournait à plein régime, contrairement à celui de la cité ducale. Et comme maintenant tout est affaire de quotas et de statistiques pour conserver une activité médicale, les bonnes intentions affichées peuvent paraître douteuses.

Ensuite, si la création de cette CHT devrait être un beau projet dans le but d’unir les forces lorraines, de rationaliser et de mutualiser les moyens et les compétences en matière de santé, nous pouvons émettre, sans parti pris, mais dans une démarche de transparence, des critiques par rapport à la méthode employée pour y parvenir.

Par exemple, en juin 2010, Jean-Yves Graal, directeur général de l’Agence Régionale de Santé (ARS), située à Nancy, avait déjà proposé en conseil d’administration une fusion entre le CHU et le CHR qui avait été refusée. Six mois plus tard, sous une autre forme et dans un contexte différent, le projet ressort des cartons.

En effet, nous incitions déjà à la méfiance nos lecteurs au début de l’affaire politico-judiciaire autour de l’activité de chirurgie cardiaque à Metz. Etrangement, la communauté médicale messine a comme par hasard commencé à entendre parler de cette CHT juste après la suspension administrative du service de chirurgie cardiaque de Metz. Comme si cette suspension n’avait été qu’un prétexte pour créer la CHT.

Il faut dire que la CHT constitue le socle légal à la création d’un pôle lorrain commun de chirurgie cardiovasculaire, que le Pr Jean-Pierre Villemot, du CHU de Nancy, a vocation à diriger. Or, cette initiative, en apparence louable pour la Lorraine, s’appuie pour l’instant sur deux suspensions administratives : celle de la chirurgie cardiaque de Bonsecours et celle de son chef de service. Alors, forcément, certains médecins messins crient au coup monté.

Par ailleurs, comme l’indique le projet de convention de CHT, ce pôle sera « la première action concrète d’un projet médical commun entre le CHU et le CHR ». L’article 2 de la même convention signale simplement que la CHT du Sillon lorrain a pour objet de définir le projet médical commun entre le CHU de Nancy et le CHR de Metz-Thionville dans le domaine des soins, de l’enseignement et de la recherche.

Le Groupe BLE Lorraine pense que le projet de communauté hospitalière doit être mené avec sérieux et sans précipitation. Or, selon les syndicats et une partie du corps médical, l’actuel CHT ne serait qu’une coquille vide, sans projet médical commun, sans objectifs prévisionnels d’activité, sans indication sur les possibles transferts ou partage d’activités entre les deux établissements et sans aucune garantie au sujet des fermetures de services, de la mobilité d’agents ou la suppression de postes en cas de déficit. Autrement dit, pour expliquer cela de manière imagée, c’est comme si un couple se mariait sans contrat de mariage. Il n’est donc pas étonnant que les personnels de Metz craignent qu’à terme toute l’activité de chirurgie cardiaque de Bonsecours soit rapatriée à Nancy. 

Enfin, le projet prévoit une délégation de décision à travers un Directoire où le CHR sera minoritaire avec sept voix contre neuf pour le CHU ! Si bien que les gens du CHU pourraient faire passer n’importe quelle décision. Cherchez l’erreur…

En conclusion, le Groupe BLE Lorraine se montre bien évidemment favorable à la création d’une structure de coopération et de mutualisation entre le CHU de Nancy et le CHR de Metz-Thionville. Mais il ne pourra jamais accepter que cette initiative se fasse en finalité au détriment du Nord ou du Sud Lorrain. Les équilibres en matière de santé doivent être conservés.


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8 réactions à cet article    


  • frugeky 27 janvier 2011 10:16

    Même remarque qu’hier...la Lorraine ce n’est pas QUE Nancy-Metz, avec, visiblement, une implantation messine pour le BLE.
    Pendant ce temps là, à Bar le Duc par exemple, au CHG, le nombre d’heures supplémentaires des catégories infirmières est devenu tel qu’un courrier de la direction engage les infirmiers du CHS (direction commune aux deux établissements, soucis de mutualisation, évidement) sont appelés à faire des heures supplémentaires au CHG.
    A Commercy, le service des urgences a du fermer, faute de moyens et malgré son utilité.
    Tout ça au détriment des patients.
    La guéguerre des deux capitales régionales se fait au détriment du reste de la région.


    • Claude Hubert rony 27 janvier 2011 16:32

      Et quid des Vosges ?
      mais non, Metz Metz Metz ! !


    • Groupe BLE Lorraine BLE 27 janvier 2011 10:48

      Merci de votre précision, mais l’article parle de la fusion entre le CHU et le CHR, pas du système hospitalier et des conditions générales de travail dans ce milieu en Lorraine.


      • reivax 27 janvier 2011 17:45

        Heu c’est quoi CHT ?


        • Groupe BLE Lorraine BLE 27 janvier 2011 22:00

          Communauté Hospitalière de Territoire


          • Groupe BLE Lorraine BLE 27 janvier 2011 22:20

            Le conseil de surveillance du CHU de Nancy a voté massivement pour la création d’une Communauté Hospitalière de Territoire (CHT) avec le CHR de Metz-Thionville. La première pierre de l’édifice est donc posée. Le premier acte de la CHT s’appellera pôle vasculaire et cardiologique.

            Même si l’Agence Régionale de Santé (ARS) n’a pris aucun engagement sur les emplois, la Lorraine, coincée entre Strasbourg et Reims qui se rapproche d’Amiens, se doit de muscler ses forces médicales pour peser.

            À terme, selon les vœux de l’ARS, il n’y aurait qu’un seul CHU divisé sur deux sites.


            • Anor 30 janvier 2011 18:12

              Je suis parfaitement d’accord avec votre analyse, et plusieurs éléments restent troublants dans cette histoire : Les hôpitaux, et donc les médecins ont une obligation de résultats, et il est donc étonnant que cette suspension d’activités se soit appuyée sur des chiffres de mortalité comparés à une base de données nationales, dont la vérification doit être très difficile.

              Que veut dire une comparaison de mortalité sur des populations différentes ?
              Que veut dire une analyse statistique sur un petit nombre de personnes ?
              On remarquera par ailleurs que les différents journalistes reprenant les propos du Dr de l’ARS, ne parlent qu’en pourcentage, ce qui peut être beaucoup impressionnant que la réalité.
              Par exemple : 10% de 10 personnes= 1 personne !!
              Cette suspension d’activité du service de chirurgie cardiaque du CHR Bon secours a eu lieu en extreme urgence, sans raison évidente.
              Le chef de service a été suspendu brutalement, après 22 ans d’exercice ; s’il le méritait, pourquoi ne l’a t-on pas fait avant ? Et s’il était si mauvais, comment pouvait-il avoir une activité aussi importante, et recommandé par autant de médecins et de cardiologues de la région ?


              • Groupe BLE Lorraine BLE 1er février 2011 10:57

                Le CHU et le CHR se marient sans contrat de mariage

                Quelques jours après la naissance de l’Université de Lorraine (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2011/01/30/oui-a-luniversite-de-lorraine/), le rapprochement entre le CHU de Nancy et le CHR de Metz-Thionville a dernièrement été validé par le vote du conseil de surveillance du centre hospitalier mosellan. Ce dernier s’est en effet prononcé en faveur de la constitution de la Communauté Hospitalière de Territoire (CHT) du Sillon Lorrain qui siègera au CHU de Nancy. La présidence de cette nouvelle instance sera tournante et les réunions seront organisées en alternance à Nancy et à Metz.

                Avec deux tiers des suffrages, la CHT du Sillon Lorrain est donc née, mais avec une motion agrafée au vote qui stipule qu’un projet médical commun doit être finalisé avant le 15 juin prochain. Néanmoins, cela ne change pas grand-chose, car même si pour une raison ou une autre le projet médical commun n’était pas finalisé d’ici la mi-juin, il n’y aura pas de remise en cause de la Communauté Hospitalière de Territoire.

                Cette union est décriée par les syndicats du centre hospitalier mosellan et par une bonne partie de ses personnels. Ces derniers craignent de perdre, à terme, leurs patients et donc leur activité. Même s’ils adhèrent au principe d’un partenariat renforcé avec le CHU de Nancy, ils ne peuvent l’accepter sans un projet médical commun.

                Leurs inquiétudes sont en outre renforcées par les chiffres officiels des deux établissements. En effet, en 2009, le budget de fonctionnement du CHU de Nancy était de 633 millions d’euros, tandis que celui du CHR de Metz-Thionville atteignait 401 millions d’euros. Par ailleurs, Nancy comptait 564 Equivalents Temps Plein Médicaux (ETPM) et Metz 369. Mais, à l’inverse, les chiffres montrent que l’activité était supérieure à Metz avec 1 806 lits pour 120 798 séjours, alors que Nancy ne comptabilisait que 1 721 lits pour 107 017 séjours.

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