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Accueil du site > Actualités > Info locale > Pour une vraie « Nuit Blanche », à Paris !

Pour une vraie « Nuit Blanche », à Paris !

La 9e nuit blanche organisée par la Mairie de Paris, s’annonce différente des précédentes, misant sur la proximité. Mais les cafés seront-ils de la partie ? La magie de la nuit parisienne prendra-t-elle, quel que soit le temps ?

Dans « Les chats de Paris (1929) » Joseph Delteil en caressait l’âme « Paris nocturne est couleur d’arc-en-ciel. L’arc-en-ciel, c’est l’affiche du ciel. Paris est une vaste affiche. (…) Soudain tout s’apaise. Les 36 000 chandelles choient. Un calme, un silence pastoraux tombe sur les épaules du monde. Un lac bleu dort sous le feuillage vert. L’hypertension un instant crée l’immobilité. Cette minute d’unisson, pareille à l’amour, à l’éternité, cette minute où le mouvement et l’immobilité font l’amour. Un agneau rêve dans la clairière. La clarté est un ver luisant. »

Oui aimer Paris c’est aussi l’aimer la nuit, et cette nuit blanche, la 9e, promet de l’intimité et de la démesure, de la proximité et des sites différents, bref, elle offre Les œuvres et les manifestations sont exposées sur 3 territoires L’Ouest parisien autour du pôle Alma - Trocadéro et des grandes institutions culturelles,  Le Centre de Paris autour des Îles Saint-Louis et de la Cité, des quais et du Marais L’Est parisien autour du quartier de Belleville

La Ville de Paris a entendu les critiques des premières éditions. Fini donc les lieux dispersés et inaccessibles, vu le monde. Dans chaque territoire, lune dizaine d’oeuvres spécialement installées sur des lieux suffisamment proches les uns des autres (150 mètres) , qui permettront de déambuler à pied. [i] Et s’il y a trop de monde pour entrer dans un lieu, d’autres seront à proximité. Et dans tous les cas, il existe des œuvres en « plein ciel » ouvertes à toutes et à tous.

Alors quelle idée de programme ? Et bien, par exemple, nous pouvons commencer à partir de 19h place de l’Hôtel de Ville, avec une œuvre multicolore de Michelangelo Pistolletto projetée sur la façade de la Mairie, un projet original qui, après Venise, Turin, Naples, Bologne, Barcelone, Zagreb, réactive son concept « Aimer les différences », puis en flânant au centre de Paris, Ile Saint Louis et île de la Cité, entre l’école des Beaux Arts et le quartier du marais.

Notre ballade peut être poursuivi Place du Trocadéro (XVIe) , où Wilfredo Prieto, artiste cubain, va pour sa part faire flotter tous les drapeaux des pays du monde, , mais ceux-ci seront en noir et blanc, ne révélant plus qu’une soixantaine de drapeaux différents, et révélant le fait « qu’en estompant les couleurs, on abolit les différences et au Musée d’Art Moderne, dans el Palais de Tokyo, le Palais Galliera et le Théâtre des Champs Elysées qui ouvriront tous leurs portes toute la nuit.

Nous pouvons enfin nous diriger dans le 10e arrondissement, rue Sainte Marthe ou Claire Fontaine installe une vingtaine d’enseignes en néon de toutes les langues déclinant « étranger, partout » dans autant de langues différentes, et puis se poursuivre, à pied, rue de Belleville et d’Oberkampf, en passant par la Maison des Metallos et l’école d’Architecture de Paris Belleville qui vous attendront aussi toute la nuit. Cette nuit du samedi 2 octobre au dimanche 3 octobre peut passer vite, avant le lever du jour… Et s’il reste un peu d’énergie, on peut goûter, à l’heure du café, à cet instant, célébré par plusieurs centaines de réveils numériques qui sonneront à 07h00 tapante dimanche, dans le cadre d’une oeuvre spéciale de Faycal Bargriche qui symbolisera la fin de Nuit Blanche, à l’hôtel d’Albret (4e)

Il est aussi possible – ce sera mon choix – de se coucher tôt et de débuter ce programme à trois ou quatre heure du matin, en sachant que la RATP, partenaire de la nuit blanche, laisse ouverte la ligne 9 et la ligne 14 toute la nuit, avec un accès gratuit entre 2h et 5h 30. et la présence d’œuvres dans certaines stations.

Mais pour que la nuit blanche devienne vraiment une nuit blanche, il faut que les Parisiens et les Parisiennes s’en emparent. Déjà, de nombreuses galeries vont ouvrir toute la nuit. Mais pour que la nuit blanche soit réellement une nuit blanche, les cafés restaurants avaient, ce soir-là , le droit d’ouvrir toute la nuit à condition de prendre contact avec la mairie de Paris qui intercédait pour eux auprès de la préfecture de police, partenaire officiel de l’événement.

Car n’oublions pas que les bistrots parisiens sont Paris et qu’ils jouent même un rôle important dans le lien entre les Parisiens, et pour la découverte d’artistes, chanteurs, musiciens, plasticiens. Un sociologue atypique, Jean Hurstel, avait même lancé dans les années 80 un retentissant « fermez les centres sociaux, ouvrez les bistrots »[ii] 

Nous savons tous que certains lieux comme le café de Flore , qui a fait son apparition au début de la IIIème République, sans doute en 1887, avant de devenir, avec les « Deux Magots » le QG de Saint Germain des près de Sartre et de Juliette Gréco. Et la Closerie des Lilas, qui appartient au même propriétaire, cet ancien relais de poste de 1847 qui garde la trace de tous les écrivains et les artistes qui l’ont fréquenté, de Paul Cézanne à Picasso ou Modigliani, d’Aragon à Oscar Wilde, d’Hemingway à Henri Miller,  sont de vraies institutions.

Mais, de plus en plus, des lieux branchés s’imposent, comme le café Charbon rue Oberkampf, le café de l’Industrie rue Sedaine, et que d’autres petits bistrots de quartier retrouvent vie et fréquentation, sur les bords du canal saint Martin, ou dans une rue anonyme, dans des quartiers populaires.

Alors, qui sont ceux qui ont osé, dans les trois secteurs retenus pour cette « Nuit Blanche 2010 » relever le défi d’une ouverture non-stop toute la nuit ? Ils sont encore peu nombreux, mais si, dans la nuit de dimanche à samedi, vous prenez le temps de vous arrêter, pour prendre un verre de vin, un thé ou un café, voire pour y grignoter quelque chose à trois heures du matin, et bien sans doute que d’autres les imiteront l’année prochaine…

Alors notez bien les adresses !

À L’OUEST

Les Kiosques du Trocadéro, Parvis du Trocadéro, Paris 16e

Le Café du Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, 11 avenue du Président Wilson, Paris 16e

Le Tokyo Eat , 13 avenue du Président Wilson, Paris 16e

Le Georges V, 1 avenue Georges V Paris 8e 

AU CENTRE 

Théâtre du Châtelet, Place du Châtelet, Paris 1er

La Brasserie Au vieux Châtelet 1 Place du Châtelet, Paris 1er

Le Théâtre de la Ville, 2 Place du Châtelet Paris 4e

Le Pick-clops 16 rue Vieille du Temple Paris 4e

Le Café la comète 6 rue des Archives, Paris 4e

Le carrefour 8 rue des Archives Paris 4e

Le Féria café 4 rue du Bourg Tibourg, Paris 4e

Le Saint-Régis 6 rue Jean de Bellay Paris 4e

Le Lutétia 33 quai Bourbon Paris 4e 

À l’EST 

Le Xe degré , 19 rue Sainte-Marthe Paris 10e

L’art H 34 rue Sainte-Marthe Paris 10e

La sardine, 32 place Sainte-Marthe, Paris 10e

Le Sainte-Marthe 32 Place Sainte-Marthe, Paris 10e

Les Fontaines, 153 rue Saint-Maur Paris 11e

Le Ranch, 214 rue Saint-Maur, Paris 10e

Au chat noir, 76 rue Jean-Pierre Timbaud, Paris 11e 

Et puis, n’oublions pas non plus qu’il existe à Paris des bars et des restaurants qui sont ouvert toute la nuit et ce toute l’année. Alors si vous prenez goût à la nuit blanche, pour pouvez toujours prendre les adresses [iii] et puis, toujours, aux Halles, le Pied de Cochon et la Maison de l’Aubrac, vous serviront à toute heure de la nuit…

Mais concluons cet article en présentant l’architecte en chef de cette nuit blanche, Martin Bethenod qui est aussi le directeur du Palazzo Grassi à Venise et ex-commissaire général de la Fiac (Foire internationale d’art contemporain). Et laissons les derniers mots à la plume magique de Joseph Delteil, toujours dans « les Chats de Paris »…

« Et de nouveau les navettes du grand jeu battent de long en large la vie. Quelle douce étoffe de soie trament-ils de devanture en devanture, pour vêtir la Ville au Bois Dormant, ces fuseaux de rayons qui caressent la nuit ? Quelle robe en lamé de feu pour cette Belle qui a nom Paris ?[iv]

Eric DONFU

1er octobre 2010



[i] Un site vous donne tout le programme de la nuit : http://nuitblanche.paris.fr/

[ii] Jean Hurstel..Jeunes au bistrot, culture sur macadam, Syros, 1984, 

http://www.politique-jeunesse.com/ressources/alire/jeunesaubistrotculturesurmacadam/index.php

[iii] La liste des bars ouverts toute la nuit toute l’année : http://www.baraparis.com/BarCafe-Nocturne-0/Paris.html

[iv] Joseph Delteil les Chats de Paris, Editions Montaigne, Paris, 1929, pages 45, 46, chapitre « Les boulevards bleus ».


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13 réactions à cet article    


  • liberateur 2 octobre 2010 11:23

    Je suis d’accord, des leiux de convivialités, comme les cafés, doivent être ouverts cette nuit. Et pourquoi pas aussi une « nuit du patrimoine » avec les monuments à visiter de nuit ? Et pourquoi cette nuit est elle en octobre ? En mai, le temps aurait été de la partie, non ?
    En tous cas, merci et chapeau pour ce beau papier, si bien encadré par les écrits de Joseph Delteil, que l’on ne cite que trop rarement, alors que c’est un grand de la littérature du 20e. Je vosu conseille notamment « Cholera ». Allez, bonne nuit à toutes et à tous !


    • Dragoncat Dragoncat 2 octobre 2010 12:43

      Oui bonne nuit à tous dans la joie et la bonne humeur...
      En souhaitant ardemment que la Nuit Blanche Parisienne ne ressemble pas à la cloture de la dernière Techno-Parade !

      Dragoncat


      • rocla (haddock) rocla (haddock) 2 octobre 2010 13:05

        2000 d’ après la Police 20000 d’ après les syndicats....


          • Alexandre Partick 2 octobre 2010 19:52

            Bonsoir à tous les noctambules !
            Enfin un article intelligent sur la nuit Blanche ! J’adhère tout à fait à l’idée et même à l’idéal, et je trouve ce papier très bien fait. Bravo@l’auteur.
            Je voudrais juste faire un petit bémol : attention à la sécurité.
            En effet, je sais qu’il y a des bandes qui viennent de banlieue spécialement pour la nuit blanche, et que ça peut être chaud.
            Je n’oublie pas non plus que c’est lors de la première nuit blanche que Bertrand Delanoë a été poignardé.
            Alors, Ok pour la nuit blanche, mais vigilance ! Que les cafés ouverts fasse aussi attention à l’alcoolisme et que la police soit présente, en civil et en tenue, en nombre . Car un mauvais évènement ferait ombrage à toute la fête. Et je sais qu’elle ne mérite pas cela. Désolé d’avoir été un peu « rabajoie » mais je crois que ces choses là doivent être dites aussi.
            Mais, avant tout, joyeuse nuit blanche à toutes et à tous, bobo mais aussi prolos, blacks, blancs beurs , banlieusard et parigots, jeunes et vieux, riches et pauvres, oui que tout Paris fasse la fête !


            • easy easy 3 octobre 2010 11:32

              Gné ???
              Bin non Calmos, le champagne se sable (manière de le boire).
              A la rigueur on peut parler de sabrer la bouteille mais c’est très accessoire et vulgaire.

              Tu plaisantais avec ton histoire de mail


            • Shaytan666 Shaytan666 3 octobre 2010 11:40

              Et en plus c’est très dangereux, j’ai une copine qui a reçu le morceau de goulot sur le nez et elle en porte encore la cicatrice  smiley


            • easy easy 3 octobre 2010 17:48

              Morice, fou de gavage ?

              Tu déconnes.


              Mais puisqu’on en est aux dangers du sabrage (qui peut aussi aboutir à blesser quelqu’un avec le sabre lui-même), complètons utilement sur un autre danger du champagne : un jour, afin de gagner du temps sans doute, quelqu’un défait d’avance le fil de fer (invention de Jacquesson) et laisse la bouteille sur la table. Un autre passe derrière, saisit la bouteille sans voir qu’elle était dégoupillée, le bouchon part et lui crève l’oeil.


            • foufouille foufouille 3 octobre 2010 18:02

              faut ouvrir la bouteille .......... et la boire
              le cremant de bourgogne est moins cher et aussi bon
              hips !!!!


            • Shaytan666 Shaytan666 3 octobre 2010 18:12

              Moi perso, je prèfére le crèment d’Alsace, mais chacun ses goûts hein !


            • foufouille foufouille 3 octobre 2010 18:21

              « Moi perso, je prèfére le crèment d’Alsace, mais chacun ses goûts hein ! »
              jamais goute
              mais en general, les petits viticulteurs sont bien meilleurs que les gros


            • bo bo 3 octobre 2010 15:20

              Encore la démagogie...Faites la fête...Delanoé est un « grand festif ou festiaire » ( comme on dit dans le Sud Ouest)...<Faut pas oublier que le Directeur des festivités à la mairie de Paris a un beau salaire (voir les articles du Coin Coin déchaîné) augmenté d’une prime de 30 à 50.000 Euros par an>......... ET IL faut bien faire oublier aux pauvres gens le problème des retraites, les déficits chroniques et les « augmentations des impôts locaux » (plus 65% en 3 ans à Paris...)
              Alors la clique des dirigeants « bobos » de tout poil pense que la FEEEETE est la solution pour faire oublier le reste....La presse prends le pas...vive la FEEETE....vive la FEEEETE.... smiley smiley :-> :->


              • ymer ymer 3 octobre 2010 21:01

                Vous avez tous l’air d’avoir la nuit blanche en travers de vos messages...

                Pourquoi ne pas prendre ça comme un sympa défouloir à talents ?
                Un peu comme AgoraVox en fait... 

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