Normalement, Hubert Blanc, préfet spécial mandaté par Paris pour étudier les possibles compensations aux iniques restructurations militaires, aurait déjà dû faire des propositions dès les mois de février et mars. Or, après le grand fiasco et le véritable flou artistique qui avaient accompagné les premières semaines de l’annonce de la réforme de l’armée, place donc maintenant au silence radio. Peut-être que la France espère ainsi faire oublier le départ de plusieurs milliers de militaires, de nous faire tranquillement avaler la pilule. Et bien non. Décidément le peuple lorrain est vraiment pris pour une poire ! Car, au-delà même des restructurations militaires, c’est également toute la filière bois de Lorraine qui est singulièrement ignorée. Tout simplement. C’est plus qu’une duperie.
Rappelons qu’en 2012 Metz devrait bénéficier de l’implantation de 1 500 emplois publics, dont plus de 600 seront affectés à la création d’un pôle statistique, contre un millier initialement. Et encore, seulement 500 devraient véritablement être transférés. Ce qui signifie que les 125 postes restants, qui concerneront un centre d’enquêtes téléphonique et un centre de formation aux statistiques européennes, seront à créer sur place. Autrement dit, pour atteindre la barre fatidique des 1 500 emplois promis, il reste encore à trouver la provenance des 875 autres, en faisant l’hypothèse plus qu’optimiste qu’ils viennent véritablement. Alors que la mairie de Metz annonce que 70 fonctionnaires pourraient arriver du fait du regroupement des centres interministériels de renseignements administratifs, que 15 inspecteurs du génie rural des eaux et forêts pourraient également poser leurs valises sur les bords de la Moselle, il serait en outre question de faire débarquer les 250 agents de la direction des systèmes d’information de la défense et d’un centre des applications informatiques de l’éducation nationale qui compte 70 personnes.
Mais, même en comptabilisant ces hypothétiques transferts, on serait toujours loin du compte, très loin même… Cependant, au fond du marasme qui l’entoure, la ville de Metz travaillerait actuellement sur un contrat de site d’environ 36 millions d’euros. Une telle enveloppe pourrait ainsi servir à financer le nouveau centre des congrès, le lancement du centre Pompidou et de la chaudière biomasse de l’Usine d’Electricité de Metz (UEM) ainsi que le développement de zones d’activités et d’un port à containers. La belle affaire, car tous ces projets étaient quoi qu’il advienne déjà prévus. Un coup d’épée dans l’eau en somme. Rien de nouveau, circulez, il n’y a rien à voir. En outre, la ville, qui n’aurait pas abandonné l’idée d’une possible implantation d’une école vétérinaire sur le site de la base aérienne 128 de Frescaty, essaierait toujours, et heureusement, mais tant bien que mal, de faire le forcing pour conserver le régiment médical de Châtel-Saint-Germain, dont rappelons-le, le transfert au camp de La Valbonne dans l’Ain est plus qu’une odieuse aberration financière et budgétaire.
Du côté de Bitche, on attend toujours, mais de plus en plus impatiemment, des nouvelles. Les habitants, déjà exaspérés, le sont encore plus depuis que l’enveloppe de 10 millions d’euros qui leur avait été promise ne sera finalement plus que 3 millions d’euros du fait de l’arrivée d’un nouveau régiment. Un manque à gagner cruel, qui vient également s’ajouter à l’abandon de la zone à fiscalité réduite exigée par la ville. Autrement dit, l’addition commence à devenir plus que salée pour Bitche. Les élus continuent cependant de militer pour leur projet de désenclavement avec la mise à 2X2 voies de la route nationale 62 en direction de Haguenau.
Enfin à Dieuze, pour finir ce tour non exhaustif, le maire ne digère toujours pas le fait que sa commune va perdre un habitant sur deux, 1 000 emplois, 350 familles et plus de 750 enfants. En plus de ces chiffres faramineux, Paris exige que Dieuze finance encore à hauteur de 20% les projets actés dans le plan de redynamisation de 10 millions d’euros. Oui, mais avec quel argent ? Comble de l’ironie. Pas de cadeau, ce que l’on nous offre d’un côté, on nous le prend de l’autre. C’est l’éternel coup classique. A noter que la bourgade mosellane n’en sait toujours pas plus sur l’éventuel arrivée d’un groupement d’instruction de 400 permanents et de 600 engagés volontaires appelés à tourner trois fois par an.
Bref, la triste réalité, c’est que la Lorraine, et plus particulièrement la Moselle, se sont faites littéralement piller. Très mal défendue à Paris, notre province paie de plein pot la gestion calamiteuse et tout l’intérêt que lui portent ses élus. La Lorraine, terre une nouvelle fois saccagée et humiliée. Et ces temps de crise n’arrangent bien évidemment rien…

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