Un scandale secoue en ce moment la petite ville calme d’Orly. Non, il ne s’agit pas d’une défaillance de sécurité de l’aéroport ou d’une menace d’attentats concernant celui-ci, mais d’une investiture plus que trouble au Parti socialiste local pour les municipales de 2008.
Mais reprenons au début. Pour les municipales, les militants de chaque commune sont appelés à se prononcer sur le candidat qui les représentera. Pour voter à cette investiture, il faut être membre de la section du Parti socialiste qui comprend cette ville et être électeur de la ville en question. A Orly, pas d’exception, cela fonctionne de la même façon conformément aux statuts. Il y a donc dans cette ville cinq candidats qui se présentent et ils seront départagés par le vote de la cinquantaine de militants remplissant les conditions.
En théorie, car en pratique, les choses ne se sont pas tout à fait passées comme ça. Razzye Hammadi, 28 ans, actuel président du Mouvement des Jeunes Socialistes, se présente à Orly. Il n’y habite pas, mais il s’agit d’une ville plutôt facile à obtenir pour le Parti Socialiste étant donné que Ségolène Royal y a fait plus de 60 % des voix au deuxième tour, que la droite n’y a fait que 15 % aux dernières municipales et que le seul adversaire à gauche est le maire sortant communiste âgé de 82 ans qui en est à son 7e mandat. Le plus dur donc pour Razzye Hammadi consiste à battre à l’investiture les quatre candidats qu’il a contre lui sachant que son arrivée dans la section apparaît comme un parachutage et que ce genre de pratique est particulièrement mal vu des militants. Pour résoudre le problème, il décide d’utiliser une parade pour le moins suspecte : inviter treize « amis » appartenant à d’autres sections du Parti socialiste à le rejoindre à la section d’Orly. Ainsi ses « amis » votant pour lui, il est assuré d’être investi. Néanmoins, il reste que ceux-ci ne remplissent pas la deuxième condition : être électeur de la ville. Qu’à cela ne tienne ! Ils décident de s’inscrire sur les listes électorales d’Orly et, pour se faire, fournissent à la ville pour adresse de logement, celles de certains militants consentant au petit arrangement et comme justificatif, ils auraient employé des remboursements LMDE qui leur seraient envoyés à ces adresses.
Bref, non seulement cela est complètement contraire à la démocratie interne du Parti socialiste, mais, de plus, ils ont franchi « la ligne rouge » pénalement, puisqu’il s’agirait de la création de faux électeurs qui auraient sûrement votés aux municipales si tout ceci n’avait été découvert. Bien entendu, cette affaire n’est pas sortie du cadre d’Orly et les militants seuls s’indignent à loisir. Mais maintenant que vous savez...

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