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Accueil du site > Actualités > Info locale > Sidérurgie : ArcelorMittal sacrifie la filière liquide lorraine sur (...)

Sidérurgie : ArcelorMittal sacrifie la filière liquide lorraine sur l’autel des profits

ArcelorMittal a dernièrement décidé d’arrêter son second haut-fourneau de Hayange-Florange, après avoir prolongé en juillet dernier l'arrêt du premier. C'est un mauvais signe pour la sidérurgie, pour l'industrie en général et la Lorraine. Car l’arrêt de l’ensemble de la filière liquide, annoncé comme provisoire, assombrit sérieusement l’avenir du site lorrain. Surtout en l’absence d’investissement. Cette nouvelle catastrophe sociale et industrielle (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2009/10/16/limmense-gachis-de-la-cokerie-de-carling/) suscite la colère, l’angoisse et l’incompréhension de tous les Lorrains. 

Les hauts-fourneaux d’Hayange, les agglomérés de Rombas, ainsi que l’aciérie (500 salariés) et le packaging de Florange (600 salariés) sont donc mis en veille ou tourne au ralenti (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2010/02/18/redemarrage-du-second-haut-fourneau-de-hayange-florange/). Cette mesure vaut au moins jusque début 2012, en attendant un nouveau plan industriel. Rappelons qu’Arcelor avait déjà programmé la fin de la filière liquide chaude en Lorraine pour 2010 au début des années 2000. L’Opération Publique d’Achat hostile de Mittal en 2006 sur le leader européen avait momentanément changé la donne et offert des perspectives d’avenir aux deux derniers hauts-fourneaux de la sidérurgie lorraine. Cependant, en 2008-2009, la crise avait obligé le groupe à mettre en veilleuse le P3 pendant près de dix mois et le P6 un peu moins longtemps. Eloigné des côtes, à la différence des sites de Dunkerque et de Fos-sur-Mer, le site sidérurgique lorrain est de fait considéré comme moins compétitif.

Avec les moyens du bord et des rafistolages, les deux hauts-fourneaux avaient difficilement redémarrés, comme l’imposait alors le marché. Les chocs thermiques avaient en effet sérieusement dégradé l’outil. Les ouvriers avaient passé des nuits à décongeler des tuyaux au chalumeau sur le P6, d’où des plaques de glace tombaient par morceau entier dans le fourneau. Un véritable désastre. La soudaine faiblesse du même marché au second semestre est venue plomber Florange, handicapé par ses coûts de fonctionnement et par l’état de ses outils de production. D’ailleurs, une importante panne a dernièrement eu lieu sur la partie chargement du P6. Un problème de corrosion est d’ores et déjà avancé.

Le train à chaud et le laminoir de Florange continueront cependant à produire entre 180 000 à 200 000 tonnes d’acier plat par mois en Lorraine grâce à l’acheminement d’acier brut par train en provenance d’autres complexes industriels. Or, l’autonomie de la toute la filière liquide lorraine est considérée comme une force par ses clients, notamment par l’industrie automobile, qui estiment qu’elle est un gage d’excellence et de qualité des aciers lorrains. Par exemple, l’acier Usibord affiche des performances exceptionnelles. En 2010, l’usine lorraine en produisait 200 000 tonnes et devait atteindre les 500 000 tonnes en 2015. Alors que les clients attendent des volumes, le site n’est pas structuré, si bien que les marchés lui échappent. Par ailleurs, de source syndicale, consigne aurait été donnée aux services commerciaux de ne plus chercher de nouveaux contrats pour le second semestre. Autrement dit, tout ce qui se passe actuellement à Florange serait délibéré et organisé. Inimaginable.

Alors que la direction justifie sa décision par « l’actuel ralentissement saisonnier et les fluctuations de la demande dans certaines zones géographiques en Europe », de plus en plus de personnes dénoncent la politique spéculative d'ArcelorMittal qui vise à faire du site mosellan une véritable variable d’ajustement en fonction de la conjoncture. Au total, plus de 2 000 emplois (CDI, intérimaires et sous-traitants) sont menacés par l'arrêt des deux hauts-fourneaux. ArcelorMittal pourrait mettre en place du chômage technique, de la formation, ou transférer des salariés sur d'autres sites. Mais il est scandaleux que le gouvernement français ait autorisé les mesures de chômage partiel avant même que les instances légales et représentatives n'aient été consultées et qu'aucune contrepartie n'ait été exigée.

La Lorraine symbolise une fois de plus la faillite de la politique industrielle française. Notre territoire a en effet perdu depuis 2002 plus de 25 % de ses emplois industriels, soit 42 000 postes. 

Mise en service en 1948, l’aciérie de Florange est un site intégré transformant chaque année plus de 3 millions de tonnes d’acier en fonte, fer blanc et tôles revêtues pour l’automobile, la construction et l’emballage. La structure possède une expérience et un savoir-faire indéniables.

Mais sans le moindre investissement programmé pendant cette nouvelle période d’arrêt, alors que Dunkerque tourne à plein régime et que Fos-sur-Mer finalise sa rénovation, ArcelorMittal condamne en réalité purement et simplement l’outil industriel lorrain. Le sort du P3 semble d’ores et déjà scellé. En effet, deux à trois mois de travaux préalables d’un montant de 4 à 5 millions d’euros seraient nécessaires pour le relancer. Le P6 constitue quant à lui l’ultime espoir de maintenir la filière liquide chaude à Florange. En mode ULCOS (voir : http://blefondation.e-monsite.com/rubrique,projet-ulcos,709272.html), il permettrait de produire de l’acier avec des coûts réduits de 25 %. Tout l’avenir de la filière liquide lorraine repose donc sur la décision de financer, ou non, ce projet avant-gardiste de captage et de stockage de CO2. La commission européenne doit justement rendre pour mi-2012 sa décision sur son financement (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2011/02/13/le-projet-ulcos-avance-sur-le-terrain-et-dans-les-tetes/#comments). Or, en arrêtant le second haut-fourneau lorrain, ArcelorMittal envoie un signal négatif pour ULCOS. Pire, le groupe pratiquerait du chantage : l’Union Européenne doit financer le Projet ULCOS pour qu’ArcelorMittal maintienne la filière liquide à Florange.

Il faut savoir que la sidérurgie lorraine souffre depuis les années 1970 d’un sous-investissement d’environ 30 % par rapport à la moyenne de la sidérurgie européenne, ce qui pénalise considérablement sa productivité et sa rentabilité. En conjoncture haute, ArcelorMittal fait tourner à fond ses usines lorraines, mais en investissant a minima. En conjoncture basse, il les ferme les unes après les autres au motif qu’elles sont moins rentables. Ce refus d’investir et l’imposition d’une telle flexibilité traduisent ni plus ni moins la mise en œuvre d’une politique de démantèlement de nos outils de productions. Le Groupe BLE Lorraine ne peut accepter une orientation aussi inique de la part d’une multinationale qui a puisé toute sa richesse par l’exploitation des ressources lorraines et qui enregistre encore aujourd’hui près de 2,5 milliards de dollars de bénéfices pour le seul premier trimestre 2011. ArcelorMittal se préoccupe aujourd’hui davantage de finance et de rentabilité à court terme que de l’avenir de ses outils industriels à long terme. Sa décision aurait ainsi été uniquement dictée dans le but de maintenir un prix élevé de l’acier, afin de pouvoir faire face à aux échéances financières de son endettement très important. Cela s’appelle faire de la spéculation et nous avons tous vu où cela nous menait. Depuis trente ans, les actionnaires d’hier, les De Wendel, puis ceux d’aujourd’hui, à savoir la famille Mittal, se sont enrichis avec l’acier lorrain et le travail des ouvriers. Aujourd’hui, ils ne connaissent pas la crise. Ils suppriment des emplois alors qu’ils croulent sous l’argent.


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71 réactions à cet article    


    • 65beve 12 septembre 2011 11:09

      Bonjour,
       
      Les promesses des patrons n’engagent que ceux qui y croient, c’est à dire le président de la République et les ouvriers umpistes d’Arcelor.

      cdlt.


      • LE CHAT LE CHAT 12 septembre 2011 15:53

        vu les carnets de commande chez Arcelor Mittal , on est pas étonnés non plus !
        d’autres fermetures vont suivre , patience , patience ...
        LA MEGA CRISE EST DEVANT NOUS !!!!


        • Groupe BLE Lorraine BLE 13 septembre 2011 22:38

          Le parallèle entre ce qui se produit aujourd’hui à Florange et ce qui s’est passé à Gandrange il y a plus de trois ans vient immédiatement à l’esprit (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/gandrange/). Rappelons que la décision de Lakshmi Mittal d’arrêter l’aciérie électrique et le train à billettes avait entrainé la suppression de 571 emplois directs, mais également d’un nombre important d’emplois chez les sous-traitants. Le plan de sauvegarde de l’emploi a permis de faire partir du personnel en mesure d’âge et d’en redéployer une bonne partie sur les autres sites d’ArcelorMittal, notamment au Luxembourg et à Florange. Le laminoir à barres et à couronnes, dans le lequel le groupe a investi, emploie encore aujourd’hui plus de 320 personnes. Il est alimenté par des billettes venues d’Allemagne et de Pologne. L’outil a redressé la barre grâce à un marché de produits de niches à forte valeur ajoutée. Gandrange souffrait d’un mal structurel. Son aciérie électrique était en effet surdimensionnée et obsolète. Cela dit, Mittal n’a jamais voulu investir dans cet outil, ni dans la formation et la mise à niveau du nombreux personnel qu’il avait recruté pour relancer la dernière usine lorraine de produits longs.


          • Groupe BLE Lorraine BLE 30 septembre 2011 22:43

            La direction d’ArcelorMittal a dernièrement promis d’entamer des travaux de maintenance à hauteur de 2 millions d’euros sur l’ensemble de la filière liquide et de provisionner 2,2 millions d’euros pour permettre le redémarrage du P6 lorsque celui-ci sera à l’ordre du jour.


            • Groupe BLE Lorraine BLE 5 octobre 2011 23:41

              La vallée des anges ressemble à un enfer d’acier en fusion et de flammes crachées par des cheminées que Vulcain lui-même n’aurait pas dédaignées.

              Après le purgatoire qui s’est installé depuis le début des années 1980, au moment de la fermeture des mines, d’autres chocs ont transformé l’eldorado du fer en musée à ciel ouvert de la corrosion.

              La fumée rougeâtre faisait partie du ciel. Quand ces nuages ont commencé à se dissiper, le temps s’est étrangement assombri.


              • Groupe BLE Lorraine BLE 5 octobre 2011 23:41

                Aujourd’hui, c’est la crainte d’un azur sans la moindre volute qui cristallise les angoisses. Soumise à la météo de l’acier mondial en général et de Mittal en particulier, la vallée de la Fensch essuie une énième tempête. La population vieillit, le régime minier s’effondre (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2011/03/11/sauvons-le-regime-minier/) et l’hôpital d’Hayange souffre d’arthrose financière.

                Dans la vallée des anges déchus, il reste cependant encore une volonté de fer. Mais ne nous voilons pas la face. Le riche petit Etat souverain luxembourgeois retient sur place les actifs et empêche la courbe locale du chômage de tutoyer le record de France.


                • Groupe BLE Lorraine BLE 7 octobre 2011 22:33

                  Lakshmi Mittal a dernièrement annoncé qu’il allait mettre en œuvre « un plan d’optimisation des actifs d’un milliard de dollars » d’ici fin 2012 en concentrant « la production sur les usines à plus bas coûts ».  

                  Suite aux premières mesures d’ArcelorMittal 400 intérimaires ont été remerciés et des licenciements sont à craindre parmi les 400 personnes travaillant pour des sous-traitants.


                  • Groupe BLE Lorraine BLE 7 octobre 2011 22:34

                    La dernière coulée a eu lieu au haut-fourneau P6. Les syndicats estiment que la fermeture du site spécialisé dans la fabrication d’aciers à très haute valeur ajoutée est « définitive » et constitue « l’arrêt de mort de la filière liquide chaude en Lorraine ».


                    • Groupe BLE Lorraine BLE 7 octobre 2011 22:36

                      L’appel à la « ville morte » lancé par Hayange a mobilisé 1 300 manifestants, dont des membres et des sympathisants du Parti Lorrain avec drapeaux et slogans, dans les rues de la cité. Les commerçants ont baissé leur rideau de 14 à 16 heures. Des poteaux métalliques de 3 mètres de haut supportant les trois lettres géantes « SOS » ont été installés au pied de la statue de la vierge qui domine Hayange (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2010/07/07/patrimoine-memoire-et-histoire-a-hayange/). Chaque soir, cet appel au secours est allumé, jusqu’à la remise en route du haut-fourneau. L’espace situé juste en face du portier Patural d’ArcelorMittal a par ailleurs été rebaptisé « Place de la résistance pour le maintien de la sidérurgie en Lorraine ». Un grand moment d’émotion. Près de 1 000 sidérurgistes, sur les 3 000 que compte le site, se retrouvent en effet au chômage partiel.


                      • Groupe BLE Lorraine BLE 7 octobre 2011 22:36

                        Depuis 1704, date à laquelle Jean-Martin Wendel acheta la forge d’Hayange, la vallée est passée par toutes les phases, de la splendeur à la décadence. En 1968, il y avait plus de 10 000 sidérurgistes à l’usine de Florange. En quelques années, la population de la commune d’Hayange a vieilli et est passée de 22 000 habitants à moins de 16 000 aujourd’hui. Les jeunes vont désormais chercher du travail au Luxembourg.


                        • Groupe BLE Lorraine BLE 7 octobre 2011 22:40

                          Les ouvriers et les habitants doivent passer avant les actionnaires d’ArcelorMittal qui vivent confortablement sur des coussins remplis de la sueur des travailleurs.


                          • Groupe BLE Lorraine BLE 12 octobre 2011 22:57

                            Après le succès de l’opération « Vallée mort » à Hayange, environ 1 500 manifestants ont dernièrement convergé vers les Grands Bureaux de Florange. Florange, dont le nom est aussi apparu sur une banderole à Marseille, tend depuis quelques temps à devenir le symbole de la mondialisation qui met à genoux la classe ouvrière.


                            • Groupe BLE Lorraine BLE 18 octobre 2011 22:15

                              Du temps de Lorraine Cœur d’Acier

                              La radio pirate Lorraine Cœur d’Acier fut fondée en mars 1979 par la Confédération Générale du Travail (CGT) à Longwy, afin de lutter contre les fermetures d’usines sidérurgiques. La radio diffusait quelques heures par jour, illégalement, à partir de la mairie de Longwy-Haut. L’émetteur était placé sur le sommet du clocher de l’église voisine. A chaque tentative d’évacuation par les Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS), on y sonnait le tocsin et des milliers de personnes venaient protéger la radio.

                              A l’été 1980, les nouveaux dirigeants de la CGT évincèrent les journalistes de Lorraine Cœur d’Acier et en modifièrent le contenu. La radio perdit alors de son influence et finit par être évacuée par les CRS en 1981.


                              • Groupe BLE Lorraine BLE 18 octobre 2011 22:15

                                La particularité de cette radio résidait dans son ouverture. La parole n’était en effet pas réservée exclusivement aux syndicats. Tous ceux qui voulaient intervenir le pouvaient. Lorraine Cœur d’Acier était une véritable radio libre fondée sur la solidarité. Elle reste encore aujourd’hui l’un des événements les plus emblématiques des luttes sociales de Longwy après la première crise de la sidérurgie et le premier plan acier.

                                30 ans plus tard, son combat reste toujours d’actualité.


                                • Groupe BLE Lorraine BLE 22 octobre 2011 00:10

                                  Arrêt d’un second haut-fourneau à Blénod-lès-Pont-à-Mousson

                                  Un second haut-fourneau a été mis à l’arrêt à l’usine Saint-Gobain qui produit des canalisations en fonte ductile. Le site dispose de trois haut-fourneaux et a une capacité totale de production de 600 000 tonnes par an. En 2009, l’entreprise a mis en sommeil un premier four, alors que la production passait sous les 400 000 tonnes. Ce nouvel arrêt est selon la direction « rendu nécessaire par la baisse des volumes des secteurs tuyaux et voiries ». Il s’accompagne de la réduction du nombre d’intérimaires et de mouvements internes vers le secteur métal énergie. A noter que « dès que les conditions commerciales le permettront, le retour à un fonctionnement à deux hauts fourneaux est envisagé ».


                                  • Groupe BLE Lorraine BLE 22 octobre 2011 00:19

                                    Après avoir décidé de fermer les installations de Liège, les sidérurgistes lorrains craignent qu’ArcelorMittal s’en prenne maintenant à Florange. En effet, alors que le groupe parlait seulement d’un arrêt provisoire à Liège et signait même un accord pour embaucher des gens, il a soudainement décidé de fermer le site. Et Florange était bien l’unité suivante sur la liste dans le programme Apollo d’Arcelor en 2004. Nous ne pouvons que dénoncer la stratégie d’exploitation de Mittal qui vise à délocaliser la production d’aciers vers d’autres continents où la productivité est plus profitable.


                                    • Groupe BLE Lorraine BLE 22 octobre 2011 00:19

                                      L’arrêt des hauts-fourneaux de Florange montre les difficultés du secteur en France. Pourtant, il emploie encore 40 000 personnes et bénéficie d’investissements significatifs. Mais depuis quelques années, le monde de l’acier bascule vers les pays émergents. Un mouvement de fond symbolique mais bien réel qui repose avec force la question de l’avenir de la sidérurgie en Lorraine et en Europe.


                                      • Groupe BLE Lorraine BLE 22 octobre 2011 00:21

                                        Les 600 élèves du collège Hurlevent de Hayange ont dernièrement fait  bouger leur ville. Le temps d’un flash mob, les jeunes ont voulu montrer que leur vallée de la Fensch, sinistrée par la crise, était encore bien vivante. Une chorégraphie bien huilée avec des ados issus de milieux différents mais tous unis vers un même dessein : une présentation publique en plein jour de marché hebdomadaire. Au cœur de la vallée de la Fensch, les élèves ont voulu montrer que malgré les difficultés économiques et sociales, il est possible de relever la tête et d’être fier de qui l’on est. Très bonne initiative. Bravo !


                                        • Groupe BLE Lorraine BLE 4 novembre 2011 22:53

                                          L’indien Tatasteel a dernièrement inauguré à Hayange la chaîne du rail 108 mètres après 18 mois de travaux et 35 millions d’euros d’investissement. Le site mosellan est le seul en France à produire ce « rail très grande longueur », celui du record du TGV à 574,8 km/h. Cela représente un gain économique, puisque la pose de ce rail nécessite moins de soudure, de pièces et de temps, mais aussi un gain en fiabilité, en sécurité et en performance.


                                          • Groupe BLE Lorraine BLE 4 novembre 2011 22:53

                                            A Hayange, 80 profils différents sont produits. Le 108 mètres est le dernier en date. L’usine lorraine fournit environ 80 % des rails pour le réseau ferroviaire français, auquel s’ajoutent des lignes de tramways et de métros. Un tiers de sa production est destiné à la France, un autre à l’Europe et un dernier au reste du monde.


                                            • Groupe BLE Lorraine BLE 4 novembre 2011 22:54

                                              A l’heure des menaces qui planent sur la sidérurgie lorraine, l’inauguration de cette installation offre un bol d’air. Mais la schizophrénie de la situation rappelle très vite que les  hauts fourneaux d’ArcelorMittal ont fourni l’usine à rails jusqu’en 2004. A partit de cette date, l’aciérie s’est déclaré débordée et a cessé d’approvisionner son voisin, qui s’est alors tourné vers une usine anglaise…


                                              • Groupe BLE Lorraine BLE 14 novembre 2011 21:41

                                                Les hauts-fourneaux lorrains seront-ils rallumés un jour ? La question se pose désormais de manière plus insistante. Toujours est-il que l’usine à chaud d’ArcelorMittal de Florange ne redémarrera pas au premier trimestre prochain. L’espoir s’amenuise et se concentre maintenant sur le deuxième trimestre 2012. Pire, c’est désormais l’étamage 2 du packaging qui est placé en arrêt temporaire.

                                                Selon la Confédération Générale du Travail, qui dénonce le démantèlement organisé à Florange par petit bout, 40 à 50 salariés de l’étamage vont ainsi grossir les rangs des 600 salariés des usines à chaud déjà touchés par les arrêts imposés pour des raisons exclusivement financières. C’est pourquoi, en signe de protestation, 500 personnes ont bloqué les voies.


                                                • Groupe BLE Lorraine BLE 14 novembre 2011 21:42

                                                  L’outil va continuer à se dégrader et l’on peut être vraiment sceptique sur les chances de redémarrage des hauts-fourneaux. La stratégie de Lakshmi Mittal ressemble en effet à une condamnation à mort de ce qui reste de la sidérurgie lorraine.

                                                  Beaucoup d’ouvriers se souviennent pourtant du temps pas si lointain où l’on parlait de construire une ligne flambant neuve à Florange. Depuis, ArcelorMittal a clairement signifié qu’il y avait une usine de packaging de trop en Europe. Liège ayant déjà perdu ses hauts-fourneaux, il y a de fortes chances pour que sa filière packaging ne soit pas supprimée.

                                                  A noter enfin qu’une « journée d’action et de grève » sur l’ensemble des sites d’ArcelorMittal en Europe est prévue le mercredi 7 décembre 2011 pour dénoncer cette casse industrielle.


                                                  • Groupe BLE Lorraine BLE 14 novembre 2011 21:43

                                                    ArcelorMittal a dernièrement engagé des travaux importants sur ses infrastructures de transports à Florange avec l’aménagement et l’amélioration des voies ferrées, des aiguillages et des raccordements. Des travaux qui sont tout sauf un signe rassurant. En effet, selon les syndicats, le projet vise à améliorer et à augmenter les capacités de réception de brames (masses d’acier destinées à la fabrication des tôles et des plaques sur les trains de laminoirs) à destination du train à chaud, afin de passer de 140 000 à 200 000 tonnes par mois. Autrement dit, à faire fonctionner le site sans la filière liquide avec un approvisionnement total en brames extérieurs.

                                                    Une première phase de travaux, d’un montant d’1,5 millions d’euros, devrait être réalisée d’ici le 15 décembre. Une seconde phase prévoit ensuite le réaménagement complet de la gare d’Eblange.


                                                    • Groupe BLE Lorraine BLE 18 novembre 2011 23:45

                                                      Le problème est que les régions françaises ne voient la Lorraine qu’à travers le prisme de la vieille industrie et que les Lorrains la regardent de la même façon. Il faut maintenant cesser de se lamenter sur la fin des mono-industries. La Lorraine est encore industrielle, elle en a la culture. Elle peut s’appuyer sur des savoir-faire reconnus, notamment dans les nouvelles technologies comme l’aéronautique (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2011/04/15/le-cluster-lorrain-aeriades-labellise/ et /blogerslorrainsengages.unblog.fr/2009/11/03/les-bases-du-skylander-sont-posees/">http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2009/11/03/les-bases-du-skylander-sont-posees/).


                                                      • Groupe BLE Lorraine BLE 18 janvier 2012 20:13

                                                        L’ancien patron de la société Wendel, Jean-Bernard Lafonta, a quitté le groupe avec une indemnité de licenciement de 955 000 euros en 2009. Avec le rachat des participations qu’il détenait, il s’est fait, en plus, un pécule de 2,5 millions d’euros.

                                                        Rappelons que Lafonta était le protégé d’Ernest-Antoine Seillières, un des héritiers de la famille De Wendel et longtemps président du MEDEF (Mouvement Des Entreprises de France) avant de passer la main à Florence Parisot. Il n’avait alors pas de mots assez durs pour dénoncer les « charges » qui pèsent sur les entreprises et le coût des salaires. Pas sur tous apparemment.


                                                        • Groupe BLE Lorraine BLE 18 janvier 2012 20:15

                                                          La fermeture de l’aciérie a fait de Gandrange le symbole économique de la désindustrialisation et de politique anti-sarkozyste. Depuis bientôt 4 ans, le maire de Gandrange reçoit des politiques et des journalistes du monde entier sur les décombres de l’aciérie. De quoi alimenter la notoriété planétaire de cette commune de 2 800 habitants. Le mythe Gandrange est né de la force évocatrice de cette cathédrale d’acier abandonné sur l’autel de la finance.


                                                          • Groupe BLE Lorraine BLE 22 janvier 2012 21:37

                                                            Lors du démantèlement de la sidérurgie lorraine, dans les années 1970-1980, une partie importante des actifs est parti en Chine. Aujourd’hui, le peu qu’il reste va partir en Inde pour faire tourner la méga usine Mittal. Imaginez le formidable retour sur investissement : une infrastructure payée à bas coût avec des outils européens déjà amortis pour y fabriquer un acier aux tarifs artificiellement élevés et qui sera, bien entendu, vendu pour partie en Europe. En fait, en pur financier, le clan Mittal cherche comment investir un minimum pour lui rapporter un maximum.

                                                            La nationalisation des équipements productifs constitue une alternative. Le tout est de savoir qui a prêté l’argent à Mittal. Car si on le fait couler, sa dette abyssale ne sera évidemment pas remboursée. Par conséquent, les banques nous feront payer le trou, si toutefois les banques sont européennes. C’est la triple peine, plus d’outils, plus d’emplois et en plus il faut payer.


                                                              • Groupe BLE Lorraine BLE 22 janvier 2012 21:51

                                                                2 ans après les promesses de Nicolas Sarkozy et 30 ans après celles de François Mitterrand, la Lorraine attend toujours sa reconversion et son renouveau.

                                                                A Gandrange, le péché originel de Sacilor a été le rôle de poubelle sociale que la société a assumé depuis 1969. Cette aciérie bâtie pour fonctionner avec 2 300 personnes en a eu plus de 5 000. Tous les virages technologiques ont été manqués. Toute la vallée, hormis Amnéville-les-Thermes qui a pris une direction différente (tourisme), a été sacrifiée. Il apparaît avec le recul que la Lorraine a été traitée comme une colonie.


                                                                • Groupe BLE Lorraine BLE 29 janvier 2012 21:35

                                                                  La Lorraine symbolise une fois de plus la faillite de la politique industrielle française. La sidérurgie lorraine souffre d’un sous investissement d’environ 30 % depuis les années 1970 par rapport à la moyenne de la sidérurgie européenne. Elle a perdu depuis 2002 plus de 42 000 postes, soit plus de 25 % des emplois industriels locaux. Si la situation d’arrêt des installations des usines à Chaud et de la filière Packaging devait se prolonger au-delà du premier semestre, cela entraînerait la mise en œuvre d’un plan de suppression de fabrications et de milliers d’emplois direct et indirect.


                                                                  • Groupe BLE Lorraine BLE 1er février 2012 21:44

                                                                    Est-ce qu’on va longtemps laisser opérer un tel prédateur ? L’Etat français va-t-il continuer à cofinancer la politique de Mittal et le laisser garantir un milliard de dollars à ses actionnaires ? Le groupe se porte pourtant plutôt bien.

                                                                    L’idée d’un acier d’intérêt général doit faire son chemin, afin de sortir l’industrie des griffes d’actionnaires peu scrupuleux.

                                                                    Que se passera-t-il si la filière chaude liquide lorraine ne redémarre pas en mars, période généralement de haute production ?


                                                                    • Groupe BLE Lorraine Groupe BLE Lorraine 12 février 2012 22:55

                                                                      ArcelorMittal ne prévoit pas de relancer les hauts-fourneaux de Florange-Hayange actuellement mis en veille. La direction continue au contraire d’investir dans la logistique pour améliorer le flux de brames venant de Dunkerque. Gandrange arrive encore à tirer son épingle du jeu avec l’obtention, juste avant l’annonce des baisse de budgets en fin d’année 2011, d’un investissement de plus de 7 millions d’euros, qui doit permettre de rentabiliser son laminoir à barres et à couronnes par un gain de 50 euros à la tonne.


                                                                      ArcelorMittal a néanmoins dégagé un résultat net de 2,3 milliards de dollars en 2011, avec des expéditions d’acier stables autour de 85 millions de tonnes. Ce résultat est essentiellement porté par la croissance des activités minières dans lesquelles Mittal compte poursuivre ses investissements en 2012.


                                                                      • Groupe BLE Lorraine Groupe BLE Lorraine 14 mars 2012 21:01

                                                                        Le Parti Lorrain tient une nouvelle fois à exprimer son soutien aux sidérurgistes de Hayange-Florange dans leur combat pour l’emploi et le maintien de l’industrie en Lorraine. Ses militants et sympathisants ont ainsi participé aux différentes manifestations organisées par l’Intersyndicale d’ArcelorMittal, notamment celle du 29 février à Metz pour le redémarrage des hauts-fourneaux de Hayange.

                                                                        Le Parti Lorrain est également descendu dans la rue pour soutenir les salariés de l’hôpital d’Hayange et la sauvegarde d’une activité hospitalière et de chirurgie dans la vallée de la Fensch.

                                                                        Le Parti Lorrain a été créé le 5 janvier 2010. Il défend les intérêts de la Lorraine et des Lorrains. Il aspire à un renforcement de la prise de décisions au niveau local et du pouvoir des Régions. Il entend par conséquent remettre ces dernières au cœur de l’action territoriale, afin de favoriser leur développement économique et social, ainsi que l’aménagement de leur territoire.


                                                                        • Groupe BLE Lorraine Groupe BLE Lorraine 15 mai 2012 22:12

                                                                          Faire front commun pour sauver Hayange !

                                                                          Mittal prendra sa décision cet été sur la relance des hauts-fourneaux de Hayange. Il a néanmoins d’ores et déjà affirmé qu’il n’avait pas besoin de ses installations lorraines, même pas pendant les quatre mois d’arrêt du haut-fourneau de Dunkerque. Et il ne souhaite pas attendre la décision de l’Europe au sujet du Projet ULCOS (voir : http://blefondation.e-monsite.com/pages/actions-et-realisations/projet-ulcos.html) pour se prononcer. C’est la raison pour laquelle les syndicats interpellent les candidats aux législatives et exigent un front commun (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2012/03/14/le-parti-lorrain-soutient-les-siderurgistes/), comme en Allemagne, où les politiques savent parler d’une seule voix sur des sujets aussi graves.


                                                                          • Groupe BLE Lorraine Groupe BLE Lorraine 15 mai 2012 22:13

                                                                            En Allemagne, 80 % des bénéfices sont réinvestis. Chez Mittal, ils vont à l’actionnaire.

                                                                            La direction d’ArcelorMittal joue sur le soutien des salariés au mouvement de résistance en Lorraine. Les gens ont peur, ils ont besoin de travailler. Ils apportent leur soutien moral, mais pas physique.

                                                                            Cela dit, Mittal, très sensible à son image renvoyée à l’extérieur, supporte mal la sur-médiatisation de ce conflit social qui en est à sa 14ème semaine.


                                                                            • Groupe BLE Lorraine Groupe BLE Lorraine 15 mai 2012 22:23

                                                                              Créer une nouvelle aciérie à Gandrange

                                                                              Le Groupe BLE Lorraine soutient l’idée de la Confédération Générale du Travail (CGT) de construire une nouvelle aciérie électrique à proximité du Laminoir à Couronnes et à Barres (LCB) de Gandrange, seul rescapé du cataclysme de 2008. Cette idée a en effet sa logique économique et environnementale.Continuer ainsi à approvisionner le LCB avec des billettes venant de Duisbourg, de Hambourg ou de Varsovie fragilise plus que jamais l’outil. Ce dernier ne bénéficie pas d’un approvisionnement optimal des billettes, la priorité étant donnée au site allemand de Duisbourg. Il est également pénalisé par le prix élevé de cette matière première livrée de sites de production lointains.


                                                                              • Groupe BLE Lorraine Groupe BLE Lorraine 15 mai 2012 22:23

                                                                                Pourtant, le LCB lorrain fabrique des produits très techniques à haute valeur ajoutée à destination de l’industrie automobile.La construction d’une aciérie électrique représenterait un investissement de long terme estimé à 120 millions d’euros. Il réduirait considérablement les coûts environnementaux et permettrait aussi de structurer la filière recyclage qui essaye d’émerger en Lorraine. Il répondrait par ailleurs aux doléances de la fédération des ferrailleurs qui cherche des débouchés en France. Son financement reposerait sur un engagement de partenaires industriels, ainsi que sur le soutien du Fonds Stratégique d’Investissement (FSI) et des collectivités territoriales dans le cadre d’une véritable politique industrielle locale.Mais la clique Mittal ne veut pas entendre parler de ce projet qui n’entre pas dans le cadre de sa stratégie financière spéculative à court-terme.


                                                                                • Groupe BLE Lorraine Groupe BLE Lorraine 15 mai 2012 22:45

                                                                                  Le 25 juin 1991, Francis Mer, grand patron de la sidérurgie, annonça depuis Paris la fermeture des deux hauts fourneaux U1 et U4 d’Uckange. Personne parmi les 240 salariés concernés ne s’y attendait. Ce drame augurait un triste avenir pour la filière fonte du Nord mosellan. D’ailleurs, l’arrêt de l’extraction à Mairy-Mainville, dernière mine de fer en activité, fut annoncée le même jour. La fonte de moulage était alors condamnée.

                                                                                  Uckange s’est battu comme un lion, avec cœur et dignité. Les salariés avaient compris que la bataille se gagnerait avec les images, les opinions et le discours, en jouant sur les sentiments et les émotions. A côté des opérations commando, de l’inévitable séquestration avec mise à sac du bureau du directeur général de Lorfonte, d’incroyables entreprises de séduction furent montées. La ville morte devînt vivante, avec toutes les associations rassemblées au stade de la ville. Le 16 octobre 1991, Bernard Lavilliers était là pour chanter avec sa seule guitare et des percussions au pied des hauts fourneaux. Il avait promis de revenir vingt ans plus tard. Il a tenu parole.

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