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SNCF : le service public en péril dans les zones rurales

Depuis quelques mois, un bras de fer s’est engagé entre la SNCF et plusieurs communes rurales de la région Midi-Pyrénées. La colère de plusieurs centaines d’usagers mécontents prend racine dans la nouvelle stratégie ubuesque menée par la compagnie ferroviaire.

Depuis le 9 décembre 2007, les gares de Gourdon, Souillac et Caussade, situées sur la ligne Paris- Toulouse, se sont ainsi vu supprimer 15 arrêts hebdomadaires. Gain de temps et d’argent selon la SNCF, abandon des usagers d’après l’association de défense de ces gares. Les suppressions des arrêts de ces trains grandes lignes Teoz ont été décidées sans concertation aucune avec les collectivités locales et malgré l’avis défavorable de la CDOMSP (Commission départementale d’organisation et de modernisation des services publics).

 

En outre, ces mesures, en contradiction totale avec le Grenelle de l’environnement, obligent des centaines de travailleurs à utiliser leur automobile pour se rendre sur leur lieu de travail. Si la suppression des arrêts de train est désastreuse d’un point de vue environnemental, que dire du point de vue de l’aménagement du territoire ? Des communes rurales, dont l’un des attraits était l’accès à la ligne Paris-Toulouse, se voient spoliées et enclavées.

Des populations rurales en colère

Afin de faire entendre raison à la direction de la SNCF, l’association « Tous ensemble pour les gares » a vu le jour et, forte de ses 1 513 adhérents à ce jour, proteste énergiquement contre une mesure injuste et sensibilise les voyageurs sur le sujet. Différentes actions sont menées à plus ou moins grande échelle : arrêts forcés des trains dans les gares concernées, pour permettre aux usagers de la région de s’arrêter malgré tout, distribution de tracts dans les grandes gares (Toulouse, Limoges) sur la ligne ainsi que dans les trains, conférences de presse, etc. Ainsi, malgré les protestations de quelques voyageurs peu au fait des réalités, des dizaines de manifestants bravent les dangers et envahissent les voies pour bloquer les trains. Alors que certains usagers s’estiment « pris en otage » selon l’expression très en vogue (où l’on s’aperçoit que certains se font une idée assez surprenante de la captivité), les membres de l’association sont déterminés à lutter pour le rétablissement partiel ou total des anciens arrêts.

La SNCF contre-attaque

En réaction à l’action des manifestants, la SNCF a décidé de bloquer les trains concernés dans les gares précédant celles de Gourdon et Souillac. Les voyageurs sont ainsi transbordés et terminent leur périple entassés dans des autocars et évitent le désagrément causé par les empêcheurs de tourner en rond. Instrumentalisés, ils sont les victimes de la tentative de déstabilisation des manifestants. En effet, la SNCF, soucieuse de décourager la poignée de mécontents lotois, et en dépit des dangers de la route, des règles de sécurité (des usagers affirment avoir voyagé debout dans des bus bondés) et des considérations environnementales, préfère traiter sa clientèle comme du bétail et contourner le problème. Mieux vaut lancer une opération de désinformation en sous-marin et attendre le moindre incident pour faire retomber la responsabilité sur les fauteurs de trouble.

Malgré la présence de nombreux élus locaux lors de chaque manifestation, la SNCF ne semble pas encore décidée à discuter. Derrière ce problème, rural et très localisé à première vue, se cache un vaste projet de refonte du trafic ferroviaire avec la séparation claire des grandes lignes et des lignes régionales. En vérité, un imbroglio entre régions, villes et SNCF. C’est une conception française du service public qui est remise en cause dans les zones rurales et trop de voyageurs, par fatalisme ou égocentrisme, acceptent cette situation. Que veut-on pour demain ? Des villes de plus en plus étendues, de mieux en mieux desservies entre elles, des pôles dynamiques et en contrepartie des campagnes isolées, moins accessibles et donc moins attractives ? En ces temps de prise de conscience environnementale et du « tout- écologique », sans parler de la mort annoncée de notre monde « pétrolisé », la SNCF ne s’engage-t-elle pas sur une pente savonneuse ?


Pour plus de renseignements, rendez vous à l’adresse suivante :

www.bataildurail.com

par jibé mercredi 25 juin 2008 - 31 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par Forest Ent (xxx.xxx.xxx.205) 25 juin 2008 15:14
    Forest Ent

    Cet article, sans doute bien intentionné, simplifie abusivement un sujet assez complexe.

    Pour ce qui est du mécanisme de décision, ce que dit la SNCF est simplement que les dessertes concernées relèvent de l’intérêt régional et non pas national. Dans cette mesure, c’est la Région qui est "l’Autorité Organisatrice" en vertu d’une loi de je crois 1996 ou 1997. Il se trouve justement que la région Midi-Pyrénées est l’une de celles qui investit le plus lourdement dans le transport ferroviaire. La grosse ambigüité de cette loi n’apparait pas dans l’article, c’est la charge (région ou état) des infrastructures.

    Pour ce qui est des aspects environnementaux, toute desserte n’est pas utile : il faut encore qu’il y ait des voyageurs dans les trains. En dessous d’un certain trafic, le bilan est négatif.

    Pour ceux qui imaginent qu’il suffirait de privatiser, l’exploitation d’une ligne n’est équilibrable qu’avec un trafic très important. On peut subventionner partiellement ? C’est ce que font les Régions, cf. paragraphe 1.

  • Par Berger (xxx.xxx.xxx.160) 25 juin 2008 13:01

    Fermeture des gares, fermetures des postes, fermeture des hôpitaux ruraux, des écoles, des tribunaux etc. Les départements ruraux sont en train de perdre un très lourd tribut à la mise en concurrence de tous les services.

    Pour ne pas renouveler"un fonctionnaire sur deux qui part à la retraite", c’est très simple : il suffit de prélever dans le milieu rural ! Le bilan va être sévère et l’"attractivité" des territoires ruraux va en prendre un coup. Pendant ce temps, le pétrole flambe : qu’importe, c’est moins coûteux (pour l’aministration) de faire se déplacer les gens vers le chef-lieu de canton ou de département que de maintenir des services de proximité. La logique voudrait au contraire qu’on songe à relocaliser les services au plus près des usagers.

    Tout se passe comme si dans le passé chaque ministère avait une petite part du budget d’aménagement du territoire qui permettait le maintien des services publics de proximité et l’égalité d’accès des citoyens à ces services. Au nom de la "rentabilité" on""segmente" les services, déterminant ceux qui ne rapportent pas assez., tout en négligeant désormais d’aménager ce territoire. Le bilan risque d’être lourd.

    A croire que nos dirigeants sont dans une ignorance totale de ce qu’est la vie dans les territoires ruraux où vivent quand même 1/3 des français !

  • Par Lisa SION (xxx.xxx.xxx.248) 25 juin 2008 18:25
    Lisa SION 2
    La SNCF doit-elle rester le premier transporteur routier français ?

    Les Echos n° 18740 du 16 Septembre 2002 • page 56

    A travers sa participation de référence dans Geodis et sa filiale Sernam, la SNCF reste depuis longtemps le premier transporteur routier français. Cette affirmation continue pourtant « d’irriter » de hauts responsables du secteur ferroviaire pour qui Geodis n’est que le « premier affréteur et utilisateur de transports routiers ». On ne veut pas laisser dire en interne « que le routier contrôlé par le groupe fait concurrence au ferroviaire ».

    . Le Sernam, conçu au départ comme le transport des derniers kilomètres pour les paquets venus par rail, est progressivement passé à la longue distance routière sous la pression des coûts.

    Synergies marginales avec le fret
    Officiellement, la société nationale a investi dans le routier comme elle l’a fait dans l’aérien avec Air Inter ou le maritime avec les ferrys, « pour disposer de modes complémentaires au rail ». En réalité, la complémentarité rail-route est toujours restée plus forte avec des transporteurs routiers extérieurs qu’avec ses propres filiales.

    Les synergies avec le fret SNCF sont restées marginales parce que « le fait d’être filiale crée des relations frictionnelles : on pense qu’on veut nous imposer des choix alors que nous devons nous engager vis-à-vis du client à prendre les meilleurs prestataires de la chaîne logistique », dit-on chez Geodis.

    La raison de fond de l’engagement de la SNCF dans le routier était plutôt liée à une discrète théorie en vogue chez certains de ses dirigeants qui affirmaient en substance « nécessaire de prendre des positions témoins chez ses concurrents pour les connaître et les contrer ».

    Plus tard, s’est greffée la mode du « grand opérateur multimodal à dominante ferroviaire » sur le modèle d’opérateurs américains. « Ce mythe est toujours resté loin de la réalité », estiment aussi bien d’anciens responsables de la SNCF que des clients et opérateurs logistiques. De fait, d’autres grands transporteurs ferroviaires comme les Anglais et les Allemands ont préféré se séparer de leurs filiales, qui ont donné naissance à de prospères organisateurs de transports privés,  » Dans ce sens, Fret SNCF, Bourgey-Montreuil (pour la route) et Ermewa (pour les wagons) vont créer début 2003 une filiale conjointe, Ermechem, pour promouvoir des offres communes. L’avenir de Geodis est donc âprement discuté : « Il n’y a aucune raison pour que la philosophie de privatisation ne revienne pas à l’ordre du jour », avance-t-on. De fait, la participation de la SNCF « peut évoluer », admet-on en interne, la société cherchant toutefois à maintenir « un lien exclusif ». Dans cette limite, le capital de Geodis pourrait donc évoluer au gré d’augmentations de capital et d’intérêts stratégiques avec, par exemple, un acteur comme Bolloré , à l’affût depuis de nombreuses années et prêt à entrer dans le tour de table avec d’autres investisseurs privés.
    OLIVIER NOYER

    ---

    La SNCF n’a pas vocation dans le trafic routier ; si ce n’est polluer l’un et l’autre ; D’abord, est ce que les banques ont pour mission de faire assurances...NON ! Est ce que les communications postales sont destinées à se recycler dans les téléphones, NON, Est ce que la Poste a pour mission de faire Banque, NON !

    Si chacun faisait son métier, il n’y aurait pas tout ces problèmes.

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