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Accueil du site > Actualités > Info locale > Suisse : Genève, la fin du dernier squat historique, Rhino

Suisse : Genève, la fin du dernier squat historique, Rhino

Ainsi donc, tout ce beau monde s’est finalement mis d’accord pour virer manu militari les derniers habitants du squat historique Rhino de Genève. La fin d’une époque, la fin d’une idée, la fin d’une utopie, la fin d’un combat que certains élus ont eux-mêmes mené au temps de leurs illusions non encore perdues.

Actuellement ils occupent les postes clés, il exercent le pouvoir, et foin d’idéalisme dans ce genre d’exercice. Au contraire, c’est le pragmatisme et parfois la violence qui ont pris le pas dans leurs esprits sur le militantisme social. Si l’on tend l’oreille en direction des réactions dites populaires, on entend volontiers des "ça suffisait... depuis si longtemps... ils se moquent du monde... les propriétaires sont propriétaires ou non... on peut même pas être tranquille chez soi et y faire ce qu’on veut".

"D’éminents" défenseurs de la propriété privée sont venus répondre à l’appel pour le moins directif des médias pour "confirmer" à qui de droit les principes du droit constitutionnel, enfin ceux qui les arrangeaient. Oui, la garantie de la propriété est inscrite dans la Constitution (article 26). Oui, l’occupation semblait illicite, encore qu’on puisse gloser sur ce point vu l’écoulement du temps, mais ces grands défenseurs des beaux principes sont bizarrement nettement moins enclins à défendre certains de ces mêmes principes qui sont tout aussi importants.

Par exemple, qui les a entendus parler de ces trois principes suivants ?

* la protection de la dignité humaine (article 7) dans un marché où les logements n’existent pas en nombre et qualité suffisants ;
* le droit d’obtenir une aide en situation de détresse (article 12) ;
* la protection contre l’arbitraire, notamment celui commis par les organes de l’Etat (article 9).

La notion de propriété privée (et donc l’opposition du riche et du pauvre) est une des sources de toutes les guerres et conflits. Elle est très certainement amorale en soi, elle conduit à l’exclusion et à la marginalisation. Elle est le moteur de l’inégalité devant le loi, justement interdite par la Constitution. Cette conception de la propriété privée ad vitam doit être revue, ne serait-ce qu’en raison de la croissance de la population du globe, mais aussi pour concourir à une société plus sociale et plus juste. Les squatters de Rhino ont peut-être juridiquement tort : ils ont au moins eu le mérite de mettre d’accord leurs actes et leurs convictions.


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4 réactions à cet article    


  • Marcel Chapoutier Marcel Chapoutier 26 juillet 2007 13:42

    Je constate avec tristesse que le retour de bâton issu d’un long processus (depuis le 11/9)de « remise aux normes d’un capitalisme agressif anti-humanité » a eu la peau du dernier squat de Genève.

    J’ai bien connu cette ville il y a 25 ans et déjà à l’époque il était très difficile de se loger pour les couches de population les moins favorisées...

    Je plains les Genevois...

    Pour avoir + d’infos voir le site :

    http://switzerland.indymedia.org/fr/2007/07/50887.shtml


    • Parpaillot Parpaillot 27 juillet 2007 23:55

      @Auteur :

      Dans votre article, vous auriez pu préciser que :

      1) Le squat Rhino situé au centre de Genève, dans un immeuble vétuste d’un quartier très agréable, était occupé depuis 19 ans, en toute illégalité. C’était une usurpation de propriété.

      2) Les squatters avaient effectué des transformations dans l’immeuble, dont certaines déclarées dangereuses, ainsi que sur ses façades, ceci en toute illégalité.

      3) Les squatters s’étaient vus proposer des logements sociaux pour se reloger, propositions qu’ils ont déclinées, trouvant la situation de ces logements trop excentrée (éloignement inférieur à 10 km du centre ville). Certains squatters résidaient en Suisse en toute illégalité, d’autres avaient conservé une chambre chez leurs parents.

      4) L’évacuation du squat a été décidée par le Procureur Général de la République et Canton de Genève, autorité compétente en la matière, ceci afin que le propriétaire de l’immeuble puisse (enfin ...) récupérer son bien et faire procéder à des travaux de rénovation. Le but final étant la remise sur le marché immobilier des appartements occupés pour les louer à des familles de la classe moyenne. Le projet de rénovation ne prévoit en aucun cas la création d’appartements de luxe.

      5) Les squatters ont utilisé et utilisent encore tous les artifices du droit à des fins dilatoires. Ils sont appuyés par les partis de gauche et certains élus de ces partis à l’exécutif (Conseil Administratif : mairie) de la ville de Genève. Les squatters délogés viennent même d’alerter le Rapporteur des Droits de l’Homme auprès de l’ONU, lui-même basé à Genève, pour enquêter sur les conditions d’évacuation. Celui-ci a déclaré vouloir ouvrir une enquête.

      6) Nombre de squatters genevois ne sont pas nécessiteux financièrement, mais ne squattent que par pur idéal, voire pour des raisons économiques : pour éviter de payer un loyer.

      7) En lisant les réactions et les interventions de lecteurs sur le forum du quotidien « La Tribune de Genève », on constate que la population genevoise dans sa grande majorité est favorable à l’évacuation des derniers squats, il en reste encore une vingtaine à Genève, comme elle l’a été lors de l’évacuation de « Rhino ».

      8) Dans un état de droit, la loi doit être appliquée. Si celle-ci n’est plus adaptée à la réalité actuelle ou jugée inhumaine, la loi peut être modifiée, révisée ou abrogée, mais cette décision appartient au législateur et non au pouvoir de la rue. En Suisse, le pouvoir de légiférer appartient en dernière instance au peuple souverain. C’est en effet par lui et dans les urnes que le sort des lois est décidé. On ne peut donc pas invoquer de quelconques carences démocratiques.

      Pour conclure, lorsqu’on suit l’actualité mondiale avec ses affres, ses génocides, massacres, famines, tortures, prises d’otages, guerres, tous les états où règne le non-droit (la majorité des pays de ce monde), je pense qu’il faut ramener la fermeture de ce squat « Rhino » a de plus justes proportions, à savoir un simple fait divers amplifié par des squatters et des marginaux, bien installés dans leur confort bourgeois.

      Très cordialement !

      Un citoyen helvétique résidant à Genève


      • Kalvin Whiteoak kalvin 28 juillet 2007 07:59

        @Parpaillot

        Oui, j’aurais pu mentionner tout ou partie de ce que vous rappelez. Je ne l’ai volontairement pas fait, considérant que ces arguments passaient largement au second plan. Un autre citoyant helvétique comme vous

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