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Trois questions à une députée en campagne ...

Après le cyclone des élections présidentielles, alors même que la déception est une fois de plus au rendez-vous, je me suis penché avec attention sur les élections législatives, qu’on présente comme d’ores et déjà perdues pour la gauche. Mais ces élections, que tout le monde néglige, ou minimise, dans les médias et, semble-t-il, dans les états-majors des partis, ont une originalité, une unicité qui en fait sans doute le scrutin le plus exotique, le plus atypique, le plus passionnant de notre vie politique française.

Qu’est-ce qu’un député  ? C’est une femme ou une homme que nous élisons pour nous représenter, pour agir en notre nom dans ce que le pouvoir du peuple souverain a de plus fort : le pouvoir législatif. Par le biais de nos députés, nous disons la loi. Nous la faisons, nous disons ce qui est interdit.

Pour cette tâche si importante, nous élisons une personne, dans le cadre d’une circonscription. Le député a une attache locale. Pour autant, le député n’est pas la voix des électeurs de sa circonscription, mais l’expression du peuple dans son entier. Elu localement, son rôle est national. C’est peut-être cette schyzophrénie, cette dychotomie entre son mode d’élection et son mandat qui font du député un personnage si fantasmé dans l’inconscient politique des Français.

Lors d’une réunion politique, j’ai rencontré une femme députée qui se représente dans sa circonscription, celle où j’habite, celle où je vote. Elle se nomme Martine Billard. Elle appartient au parti des Verts. Elle a accepté de répondre à une interview. Je lui ai posé trois questions, à travers lesquelles je voulais avoir un regard plus limpide sur une députée " de base ". Voici ses réponses.

Quel est votre bilan de députée ?

Je suis toujours frappée par la difficulté pour une bonne partie de nos concitoyens d’identifier leur député, en tous les cas à Paris. D’ailleurs, une étude de l’IFOP indique que 55% de nos concitoyens ne connaissent pas le nom de leur député. Cela ne m’étonne pas, car combien de fois ai-je entendu : « vous êtes députée, vous êtes à l’Hôtel de Ville ». Et quand, je réponds « non, je siège à l’Assemblée nationale », il m’arrive souvent de voir passer comme un sentiment d’incompréhension dans les yeux de mes interlocuteurs. Mais à quoi sert un député  ? A voter les lois et défendre les intérêts de sa circonscription à l’Assemblée, ou à rester dans la circonscription ? Les attentes des électeurs sont plutôt ambivalentes. Ils râlent contre les bancs vides à l’Assemblée mais veulent en même temps que leur député se consacre en priorité à la circonscription. Pour ma part, j’ai la chance d’être députée de Paris. Je peux donc à la fois avoir une forte présence lors des débats de lois et assurer une présence maximum dans tous les évènements se déroulant dans la circonscription. Pour ce qui est de l’Assemblée, le classement du magazine L’Express parle pour moi : 13e sur 577.

Pourquoi briguer un nouveau mandat ?

Dans l’Assemblée sortante, nous n’étions que trois députés Verts. Les enjeux climatiques et environnementaux sont immenses. La présence de députés portant des convictions écologistes est donc indispensable. C’est une première raison pour me représenter.

Farouche partisane du mandat unique, surtout pour les parlementaires, j’ai pu me consacrer pendant cinq ans à mes fonctions de députée. Je fait partie de la faible proportion de femmes députées (12,3%), des 54 sur 577 députés, ne cumulant pas avec un autre mandat, et de la faible proportion des députés venant du secteur privé comme simple salariée. De plus, j’ai une expérience de déléguée du personnel en PME et de passage par la case ANPE. Ce profil très particulier dans une Assemblée massivement masculine,et très peu issue du monde salarié des petites entreprises du secteur privé me semble une seconde raison pour justifier ma candidature.

Pendant les cinq ans, un gros travail a été accompli avec tous les réseaux associatifs et professionnels présents dans la circonscription : parents d’élèves, anciens combattants, anciens déportés, victimes de discriminations notamment au travail, luttes contre les exclusions, locataires en butte à la spéculation, aux expulsions et aux ventes à la découpe, salariés du commerce, associations de quartiers. Pendant ma campagne de 2002, j’avais pris l’engagement d’organiser des débats préparatoires sur des textes de lois : je l’ai fait à propos de la réforme de l’assurance maladie, de la loi « fin de vie » de la loi Borloo de cohésion sociale, de la loi sur les droits d’auteurs (DADVSI), de la loi sur l’avenir de l’école, du CPE, des ventes à la découpe. Cela m’a permis de porter dans les débats à l’Assemblée nationale les remarques fort judicieuses portées par les réseaux de circonscription. C’est une troisième raison pour continuer.

Si vous êtes élue, quels sont vos objectifs et priorités ?

Conjuguer le local et le global, en articulant les propositions nécessaires dans la circonscription avec les interventions sur les lois. Mes priorités porteront donc sur :

  • la lutte contre les émissions de gaz à effets de serre qui provoquent le réchauffement climatique. Je propose de créer une « Délégation à l’effet de serre » à l’Assemblée nationale qui serait donc saisie pour avis de tous les textes de loi dont les dispositions ont des conséquences en terme de gaz à effets de serre (transport, logement, aménagement du territoire, énergie, agriculture). Localement cela signifie le soutien à la politique de l’équipe municipale animée par Bertrand Delanoë, de réduction de la circulation, d’aides aux énergies et aux modes de chauffage alternatifs, de création d’espace verts.

  • Le logement : il faut construire plus en France, mais en construisant utile, c’est-à-dire en fonction des besoins de la population et non de ceux qui ne cherchent qu’à placer leur argent. Il faut aussi conditionner les aides publiques à la construction ou à la réhabilitation au respect des normes environnementales et notamment d’efficacité énergétique. Localement, cela veut dire soutenir la création de logements sociaux, lutter contre les ventes à la découpe, soutenir les politiques d’aide à la réhabilitation des logements anciens.

  • La santé : notre système doit être refondé sur trois piliers : soins, environnement et éducation. C’est la meilleure façon de contenir l’évolution des dépenses de santé et d’améliorer l’état de santé de tous. Localement, cela implique le soutien aux structures de soins, aux campagnes d’information pour la réduction de l’utilisation de substances dangereuses, y compris à domicile (pesticides, produits chimiques ménagers, etc.).

  • les droits des salariés : en me battant contre les remises en cause du code du travail et en circonscription en soutenant notamment les salariés du secteur du commerce très nombreux dans la circonscription..

  • La lutte contre l’exclusion : en étant vigilante sur les futures lois tout en continuant à soutenir les structures de lutte contre l’exclusion du centre de Paris.

  • La lutte contre les toutes les discriminations.


PS:

Paris (1e circonscription)

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6 réactions à cet article    


  • tvargentine.com lerma 31 mai 2007 10:55

    Décidement aujourd’hui,il y a beaucoup de publi-reportage de type publicitaire d’amant ou de maris qui nous propose leur femme à la députation smiley smiley smiley

    En plus votre amie est dans le parti extrèmiste VERT smiley

    Non,franchement autant aller voter UMP ou LCR smiley


    • slowgun slowgun 31 mai 2007 12:44

      Une fois pour toute, tu nous fais vraiment chier avec très critiques de merde, pas constructives, et ta photo à la con qui buzz tous les articles. Là, je suis à ton niveau asshole.

      Tu devrais te bouger le cul pour trouver du travail, ça nous ferait de l’air frais.


    • Bulgroz 31 mai 2007 13:44

      La règle républicaine fixée par le conseil constitutionnel m’oblige à publier les autres candidats de la première circonscription de Paris (le royaume des Bobos) :

      PS : Néant LO : Néant LCR : Néant

      François Legaret : UMP

      Mario Stasi : UDF MODEM

      Martine Billard : VERTS (député sortante, élue en 2002 sur l’étiquette : « N’appartenant à aucun groupe »). (Martine Billard a de la chance, le PS ne présente personne et c’est heureux car Miss Voynet a fait 1.7% au premier tour présidentiel)

      Michèle Zalcman : PCF

      Patricia Delcher : FN

      Sophie Ménard : MRC

      Aurélien Véron (DVD-Alternative libérale)

      Christophe Casabonne (sans étiquette)

      Pour bien situer Martine Billard, lire les questions qu’elle pose à l’assemblée nationale. C’est bien une représentant du boboisme de première classe.

      http://www.assemblee-nationale.fr/12/tribun/fiches_cir/07501.asp#P3

      puis cliquer : questions


      • Voltaire Voltaire 1er juin 2007 08:41

        Sur ce coup, je trouve que certaines de ses questions au gouvernement ne manquent pas d’intérêt.

        Bien sûr, comme tout député, elle défend parfois les intérêt de la population de sa circonscription, mais d’autres sont d’intérêt général, même si l’on peut ne pas être en accord avec ses idées.


      • Foudebassan Foudebassan 31 mai 2007 21:36

        Au lieu de construire et construire, ne vaudrait-il pas mieux songer à favoriser une meilleure répartition de la populaton sur le territoire. Les villes grossissent d’année en année et personne ne semble s’en inquièter.


        • Internaute Internaute 1er juin 2007 09:02

          Curieusement à la question sur les raisons de se présenter, le député en oublie une - la gloire et le pognon. C’est malheureusement le principal moteur de l’ambition des candidats. Si ce n’était pas le cas, pourquoi passent-ils des lois en douce pour doubler leur salaire en pleine crise économique, pour s’éviter de payer les impôts sur le revenu et pour avoir une retraite pharaonïque aprés seulement 5 ans de travail. Lorsqu’un citoyen bosse 5 ans seulement, il n’a droit à rien. Un député moyen se fait 10.000 euros par mois net.

          La dichotomie que vous citez est à moitié juste. S’ils ont un mandat national, ils ne représentent pas individuellement l’ensemble du peuple français mais les citoyens de leur circonscription. Ce n’est que la somme de ces représentations locales qui fait une représentation nationale.

          Ceci dit, le problème de fond est justement qu’ils décident de lois de portée nationale mais trop souvent se font élire sur des questions du niveau des Mairies à savoir l’ouverture d’une salle de sport, une bretelle d’autoroute ou d’autres décisions qui n’ont rien de fondamental.

          Il faut exiger des députés une position claire sur des questions simples mais qui sont fondamentales.

          1 - Si l’Europe nous envoie la Turquie, est-ce que vous aurez le courage de voter NON ?

          2 - La liberté d’expression est baffouée en France. La censure avance à grands pas. Proposerez-vous l’abrogation de la loi Gayssot ?

          3 - Notre pays subit une invasion sans précédent. Quelles-loi de discrimination positive proposez-vous pour défendre la communauté française en France ?

          4 - Etes-vous pour le développement du chômage ? Si non, proposerez-vous des lois sur la protection des industries de notre pays ? Pensez-vous qu’il faille sortir de l’OMC ?

          5 - Défendrez-vous le droit des peuples à décider d’eux-même ?

          Voilà autant de questions qui ne sont jamais abordées et qui pourtant conditionnent notre avenir. Les candidats préfèrent rentrer dans le moule de la pensée unique, de l’homophilie, du Ari Krishna Alleluia Alleluia, du métissage obligatoire, on est tous frère tout le monde il est beau tout le monde il est gentil.

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