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Une médiathèque à Rouen

L’actuel maire de Rouen l’avait promis lors de sa campagne électorale : il construirait la médiathèque qui manque cruellement à la capitale normande. Sur ce point, le constat est partagé par tous les responsables locaux. Pourtant, quatre ans après l’élection, le projet est au point mort.

La seule et unique raison à cela est le choix fait par le Maire pour l’implantation de cette médiathèque : dans un quartier excentré, sur une zone inondable.

L’accessibilité n’est pas un vain mot, en ce qui concerne ce type d’équipement. Il ne suffit pas, en la matière, de faire venir sur les lieux une ligne de bus spéciale. C’est construire l’équipement sur un axe de transport le plus utilisé possible pour que le maximum de lecteurs puisse y aller très facilement.

La visibilité rejoint l’accessibilité. Il faut, en effet, que la médiathèque soit vue aussi par tous ceux qui n’ont pas l’intention de s’y rendre délibérément. La médiathèque doit être attractive pour eux. Son architecture doit les séduire, pour que, l’ayant vue par hasard, ils désirent y entrer.

Le choix du maire a été contesté par tous les acteurs culturels de la ville. Courriers et pétitions se sont succédés. Il l’a été également par l’opposition socialiste au conseil municipal qui a fait d’autres propositions. Mais le maire n’a pas voulu démordre d’une de ses promesses de campagne, fut-elle en contradiction avec tous les critères de réussite de tels équipements dans d’autres agglomérations.

Finalement, un avis a été demandé par le Ministre de la Culture à l’inspection générale des bibliothèques concernant le site choisi pour l’implantation de la nouvelle médiathèque de la ville. Ce rapport, reçu par le Maire le 12 avril, a été rendu public un mois plus tard. Sans réelle surprise, il est négatif. Qu’on en juge par cette simple phrase : : « Il faut pourtant ici prendre une position. Dans l’optique qui est la nôtre, celle du succès maximal de la médiathèque, cette position sera réservée. » En langage administratif, cela s’appelle bel et bien une condamnation. Plus loin : « Patente est la médiocre accessibilité du site par les transports en commun. (...) En effet une médiathèque, équipement destiné à tous, doit dès lors être aussi aisément accessible à tous que possible. En particulier à ces jeunes qui, en âge de ne plus être accompagnés par leurs parents, ne disposent pas nécessairement d’un véhicule à quatre ni même à deux roues. »

Lorsque les inspecteurs généraux examinent les douze autres bibliothèques municipales à vocation régionale françaises, ils constatent que toutes ont une situation nettement plus favorable que le projet de Rouen. Et quand par souci d’objectivité extrême, ils se demandent si trois d’entre elles ne se rapprocheraient pas de la situation de Rouen, la démonstration qu’il fait est finalement tout aussi critique pour le choix du maire de Rouen.

« Elle ne jouera pas à plein le rôle d’une bibliothèque municipale complète, destinée à tous les publics de la ville et au-delà. En ce sens paradoxalement, elle pourrait créer parmi la population l’attente d’une bibliothèque en centre ville. »

La conclusion du rapport est finalement sans appel :

"1°) Pour que l’attrait de la future médiathèque puisse produire tous ses effets si elle est située dans le quartier Grammont-La Sablière, de il est impératif d’améliorer l’accessibilité du site. Or, de nombreuses incertitudes règnent sur ce point.

2°) Supposons que le problème de l’accessibilité du site soit résolu. Selon nous - et sans dissimuler qu’il entre une part de subjectivité dans cette appréciation - le projet urbanistique concernant le quartier ne suffira pas à faire en sorte que la fréquentation de la médiathèque bénéficie de façon marquée de son environnement. Et réciproquement.

3°) Si la nouvelle centrale était construite dans le quartier Grammont-La Sablière, compte tenu de son offre en matière de documentation et de services, elle ne manquerait pas d’attirer du public. Se la représenter et la représenter déserte est caricatural. Mais attirerait-elle autant de public et des publics aussi variés que dans un autre quartier mieux relié au reste de la ville. C’est ce dont nous doutons. "

Ce rapport rendu, il est évident que le maire va devoir se tourner vers une autre solution. Il ne pourra pas s’entêter dans une direction que tous, depuis le début, lui disent mauvaise. Le département de Seine-Maritime et la Région de Haute-Normandie sont favorables pour participer au financement de la médiathèque de Rouen. Mais les élus de ces deux collectivités souhaitent que l’emplacement choisi permette au maximum d’habitants de Rouen, du Département ou de la Région de pouvoir s’y rendre facilement. Maintenant confortés dans leur choix par le rapport de l’Inspection Générale des Bibliothèques, ils devraient obtenir du Maire de Rouen le choix d’un emplacement qui garantisse le succès de ce projet. Les amoureux des livres normands ne peuvent que ce réjouir de cette nouvelle perspective.


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1 réactions à cet article    


  • Cathyrouen (---.---.32.123) 18 septembre 2006 13:23

    Je souhaite connaitre le lieu d’emplacement de la mediatheque de Rouen à ce jour.

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