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Accueil du site > Actualités > International > 1648-2008 : les grandes puissances ne meurent jamais

1648-2008 : les grandes puissances ne meurent jamais

L’histoire moderne met en scène des gens regroupés en Etats. Mais les Etats ne naissent pas spontanément. Ils sont le résultat de lents processus mettant en jeu des techniques diverses, les unes dans l’ordre matériel, production de biens, d’outils, agriculture ; les autres dans l’ordre religieux, culte ; éducatif, instruction, culture ; politique, institutions, législations, administration. Ainsi naissent les grandes puissances modernes qui, toutes, tentent de s’attribuer un territoire, puis de s’étendre. D’où les grands conflits et les traités qui y mettent fin.

Carl Schmitt a livré quelques réflexions percutantes pour comprendre ce jeu des puissances. Le siècle métaphysique a été selon lui décisif. Il évoque une série de penseurs importants, parmi lesquels un certain Hobbes, auteur du Léviathan dont il proposa une exégèse devenue référence. Ce XVIIe siècle est marqué par la guerre de Trente Ans qui, au final, s’est conclue par le traité de Westphalie signé en 1648. Le Congrès s’est effet réuni dans deux localités pour mettre un terme à cette guerre durable et restaurer une paix en Europe. Un conflit assez complexe, mêlant des antagonismes religieux, mais aussi des rivalités entre des Etats européens nouvellement constitués grâce notamment aux progrès économiques (à noter le contexte du pseudo-empire de Charles Quint et l’unité européenne perdue au milieu du XVIe siècle)

Cette période marque doublement l’Europe. D’abord parce qu’elle est le moment où un transfert de souveraineté s’opère depuis la religion vers le politique (fort bien anticipé du reste par Machiavel dans Le Prince). Autrement dit, de la théocratie vers la monarchie, la principauté. Ensuite parce qu’on y voit se dessiner un schème récurrent. Celui de la constitution des puissances et de leur affrontement. Et déjà, l’économie sur le devant de la scène. Transformations des marchés, des routes commerciales, augmentation des prix, problèmes monétaires. Naissance d’une nouvelle bourgeoisie. Les progrès économiques, et techniques sont coordonnés aux questions des puissances étatiques centralisées. Des crises sociales en résultent ainsi que des crises politiques conduisant aux conflits, aux guerres. Un schéma classique qui va durer des siècles en Europe. Et qui sera marqué par des événements singuliers.

A retenir donc, ce XVIIe siècle crucial. Non seulement la guerre de Trente Ans, mais aussi les instabilités politiques. La plus connue pour nous étant la Fronde, pendant la période de minorité de Louis XIV. En fait, il y eut plusieurs frondes, celle des parlementaires puis celle des princes et enfin celle du prince de Condé. La Fronde s’achève par l’installation de la monarchie absolue. Et sous ce régime autoritaire, la France se développe et devient une puissance européenne autant redoutée qu’admirée pour sa culture. En Angleterre aussi, une fronde, entre les parlementaires et le roi. Charles I en fut décapité. La monarchie fut restaurée pour peu de temps. En 1688, la seconde révolution anglaise abolit l’ancien régime au profit d’une monarchie constitutionnelle et parlementaire. C’est dans cette période de trouble que Hobbes a conçu puis rédigé son Léviathan. Pour faire face à une situation non seulement politique, mais aussi anthropologique. Fini le temps du thomisme et la croyance en un homme sociable ("l’homme est un loup pour l’homme", dit Hobbes en reprenant Plaute). Achevé le spectre de la toute-puissance de Dieu. Il faut inventer un dispositif pour éviter la guerre de tous contre tous. Le temps du meurtre est arrivé, avec le fulgurant Shakespeare mettant en scène cette redoutable psychologie de l’homme. France, Angleterre, Espagne, Allemagne, Hongrie, le décor est planté pour des siècles de transformations techniques, économiques. Avec des régimes politiques souvent instables. Nous sommes bien placés en France pour le souligner. L’histoire européenne jusqu’en 1945, c’est celle des grandes puissances, organisées autour et par des Etats forts, qui croissent, non sans de redoutables crises économiques, politiques, sociales et géopolitiques. Plusieurs périodes semblent se dessiner. Des montées en puissance ici et là des déclins. A la fois, sur les plans militaires et économiques. Voici un court panorama, non exhaustif, qui semble se jouer sur des périodes de soixante-dix ans. Si tel est le cas, alors nous sommes vraiment à la fin d’une période.

1660-1730. L’âge métaphysique. La France et l’Angleterre sont les deux puissances européennes ascendantes. La guerre de 1718 signe le début du déclin espagnol. A peu près en même temps, l’empire suédois s’effrite. Alors que loin vers l’Est, une grande puissance se dessine, sous l’égide de Pierre le Grand, tsar que Voltaire admira. C’est la Russie. Dont les conquêtes seront multiples et, déjà, la Suède d’un côté et l’Empire ottoman, de l’autre, subissent des pertes face à cette nouvelle puissance européenne.

1730-1800. L’âge des Lumières. La montée en puissance de la France se confirme. Avec l’Angleterre. L’Espagne décline lentement. La Russie confirme son essor, alors que la Prusse décolle. Cette période est marquée par un nouvel esprit, ainsi qu’un progrès matériel soutenu. Généralisé à l’Europe, mais inégal. En France, cette période s’achève par la Révolution, les régimes intermédiaires et l’ascension de Napoléon.

1800-1870. L’âge romantique. Les intentions impérialistes de Napoléon sont contrées par les puissances européennes. Retour de la France presque à la case départ. Sauf que la révolution industrielle va modifier les équilibres des puissances. Guerre en Crimée. Une entrée remarquée de la Prusse gouvernée par Bismarck et qui inflige une sévère défaite à la France. Une période s’achève. L’Italie est devenu une grande puissance européenne.

1870-1940. Temps modernes. Les grandes puissances se sont affrontées en Europe. Deux empires démantelés, ottoman et austro-hongrois. En Asie, guerre sino-japonaise. Avant les hostilités déclenchées par Hitler, notons les nouvelles grandes puissances apparues sur la scène mondiale. Le Japon, fort de son industrie et les Etats-Unis. La Grande-Bretagne naguère rayonnante sur son empire est sur la pente du déclin. Alors qu’un nouvel empire s’est dessiné, à l’initiative de la Russie soviétique.

1940-2010. Temps post-modernes. Commencés avec la guerre de 39 en Europe, puis de 41 dans le Pacifique. Inutile de trop s’attarder sur deux événements bien connus. Les Etats-Unis dominent le monde. Mais toutes les nations industrielles constituées pendant les temps modernes rattrapent leur retard. Photo intermédiaire en 1991. L’Empire soviétique s’est effondré. Guerres en Irak. Le Japon est à son apogée avant la période molle qui suit la bulle se dégonflant. Quant au Royaume-Uni, puissance déclinante jusqu’en 1980, il s’est refait une petite santé. La mondialisation, les mouvements de capitaux engendrent une nouvelle ère géopolitique et économique. A l’issue de cette période, la Chine devient la troisième puissance économique et se prépare à doubler le Japon. D’autres puissances se dessinent, Brésil, Mexique, Inde. Avec la Corée du Sud faisant bonne figure dans cet espace d’Asie orientale comprenant également les dragons du Sud. De plus en plus de puissances économiques s’invitent sur le théâtre géopolitique et économique planétaire.

Ce découpage de l’Histoire en périodes de soixante-dix ans semble curieux. Peut-on parler de cycles, de rounds ? Toujours est-il que ces périodes se traduisent par des montées en puissance d’Etats, progrès techniques, innovations financières, transformations politiques et des conflits pour achever ces cycles. Si cette découpe est pertinente, alors nous sommes à la fin de ce cycle commencé en 1940. Mais l’hypothèse d’une fin de cycle est aussi plausible. Les mouvements et les transformations pourraient bien se jouer socialement. Et la police s’avérer plus importante que l’armée.

Ce qui est envisageable et probable au vu de ces calculs, c’est l’amorce d’un changement de cycle. Avec la présence de toutes les crises qui ont par le passé marqué ces sauts historiques. La crise du système financier se juxtapose avec la recomposition géo-économique du monde. Du côté de l’Asie. On n’assiste pas au déclin des grandes puissances, mais à leur affirmation sur la scène mondiale. Tel est le constat majeur que nous pouvons dresser de cette modernité galopante. Et d’ailleurs, la Modernité industrielle se dessine sous son angle conquérant. Les puissances grandes ou moyennes ne cessent d’émerger alors que les puissances dites historiques, France, Angleterre, Italie, Russie, States, Japon… ne faiblissent pas. 

Les grandes puissances ne meurent jamais, mais sont rappelées à l’ordre.

En effet, les grandes puissances se rêvent parfois en empire et sont obligées de rebrousser chemin à l’occasion de conflits déclenchés de manière unilatérale, non sans qu’un terreau se prête à ces guerres. 1800, 1870, 1940 et enfin, mais pas certain, 2010. Quelle est l’Histoire qui nous attend ? Dans un bon billet, JP Chevènement évoque l’idée du point de surextension impériale, développée par l’historien Paul Kennedy, scrutateur des ascensions et déclin des grandes puissances. Les Etats-Unis auraient atteint ce point, à la foi économiquement, avec la fin de l’hégémonie du dollar, l’endettement, le crédit, de quoi miner l’avenir de la croissance ; et militairement, avec l’enlisement en Irak et Afghanistan. Bref, une configuration qui va ressembler à celle de l’Empire napoléonien. La résistance pachtoune et talibane ne ressemble-t-elle pas à celle des partisans espagnols qui défièrent l’armée de Napoléon, la plus puissante d’Europe, à un contre quatre, des partisans mobiles contre une armée bien équipée. Evénement qui eut un retentissement énorme en Europe. Les armées napoléoniennes n’étaient pas invincibles. Les années 2010 verront sans doute le rééquilibrage militaire et économique. D’ailleurs, le point de surextension impériale, notion de technique géopolitique, s’appliquera sans doute à tous les pays d’un point de vue économique. La croissance va prendre une forme différente, avec des tensions sur les matières premières, minières, énergétiques, agricoles. Après tout, quel intérêt que de rappeler toutes ces histoires et d’imaginer ces cycles de soixante-dix ans. Cela n’apporte rien à la compréhension du présent et des problèmes qui vont se poser. 1800, 1870, 1940, 2010, à chaque bascule de l’Histoire son merdier. Mais 2010 signera peut-être une autre grande aventure de l’humain, qui fera suite à l’ère contemporaine que les historiens ont fait débuter en 1815.


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27 réactions à cet article    


  • Cug Cug 24 octobre 2008 10:44

     Vision historique d’écolier smiley

     Quid des grandes nations andines, amérindiennes, indiennes, mongoles, romaines, grecques ....

     Sinon rien ne se perd, tout se transforme.


    • Mohand 24 octobre 2008 10:58

       "Vision historique d’écolier", Non, un bon document d’élève de terminale, appuyé par des documents scolaires très académiques.
      Aucune distance ni d’analyse générale de l’histoire, une vision, de plus, très centrée sur les mentalités occidentales.
      Amusant et primaire !


    • Calito 24 octobre 2008 11:24

      Bernard écrit sans doute un peu trop.
      Mais je reste un de ses lecteurs.


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 24 octobre 2008 11:24

      ça y est, deux zozos qui n’ont jamais écrit de billet viennent donner leurs leçons sans avoir rien pigé au propos du texte et les moinsseurs d’y aller de leurs tomates de milgram. Bonjour le niveau mais c’est cela aussi, la bourse chute à Paris et la raison s’enrhume. Messieurs les moinsseurs, je me gausse

      Espérons que dans la journée, la raison va se reprendre. Et que ce billet aura suscité quelque commentaire constructif


    • La Taverne des Poètes 24 octobre 2008 11:32

      Bernard, votre plan consistant à produire des billets conduira à l’inflation, on vous l’a déjà dit. smiley


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 24 octobre 2008 12:11

      Mais cher Poète, qu’en savez vous de l’inflation ? Vous seriez-vous infiltré dans le cerveau de Greenspan ?


    • Calito 24 octobre 2008 13:08

      Attention Bernard, n’oublie pas que si on ne supporte pas la critique on le paye généralement très cher.
      Regarde Morice et ce qui lui arrive. Objectivement, selon moi, cet article n’est pas très bon.

      Et c’est normal si tu écrit un article par jour, c’est normal qu’il y est un peu de déchet (excuse l’expression).

      Ce en quoi, j’aime bcp tes articles généralement.

      Cdlt,

      Calito.


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 24 octobre 2008 13:14

      Calito

      Un type qui me parle de vision écolière et qui évoque les nations améridiennes, romaines et gresques, avouez que je peux me gausser. J’accepte la critique mais je me plais aussi à me gausser tel un parapluie facétieux déviant les jets de tomates depuis un magnétisme hérités de la cantatrice sopranix de Pérec.

      PS. J’espère que mon second billet sera accepté, il tape dans l’actu, la bourse a franchi le seuil psychologique des 3000 points.


    • Calito 24 octobre 2008 16:45

      J’ai relu l’article, finalement il est plutôt bien.
      Je comprend ce qui dérange, le regard que tu portes est peut être un peu trop vaste.
      Ca doit en agacer, et fondamentalement, cela m’a un peu agacé aussi.


    • SR-71 24 octobre 2008 11:32

      Ca va les chevilles dugué ?


      • Jordi Grau J. GRAU 24 octobre 2008 11:34

        Cher M. Dugué,

        Je crois qu’il est un peu réducteur de vouloir "découper" l’histoire en périodes bien précises, et plus encore si ces périodes sont d’égales longueur. Trop d’exactitude tue l’exactitude. On peut à ce propos remarquer une légère contradiction dans vos propos : vous parlez d’une période "romantique", qui irait de 1800 à 1870, puis, vers la fin de l’article, vous semblez reprendre un autre découpage, qui ferait remonter la période contemporaine à 1815. Le nombre de 70, on le voit, est donc assez arbitraire. A ce sujet, je ferais remarquer qu’il est très contestable de faire commencer la période des Lumières à 1730. En réalité, la pensée des lumières a commencé bien plutôt. Locke, grand inspirateur de tous les philosophes du XVIIIème siècle (y compris de Rousseau) a écrit son second Traité du gouvernement civil à la fin du 17ème siècle.

        Si vous me permettez encore une petite critique, j’ai l’impression que vous avez tendance à confondre l’idéologie dominante et la réalité historique. Il est certain que la pensée politique opère un tournant aux 16ème et 17ème siècle avec Machiavel et Hobbes. Mais les politiciens n’avaient pas attendu Machiavel pour être effroyablement machiavéliques. Vous citez Shakespeare à juste titre, mais vous oubliez de dire que les rois dont il s’est inspiré pour écrire ses pièces ont généralement vécu au moyen-âge. En cette période, les assassinats politiques étaient déjà monnaie courante. Il est vrai que l’Eglise catholique avait alors un poids très important, qu’elle a progressivement perdu au profit du pouvoir séculier. Mais il est exagéré de dire qu’il s’agissait d’une théocratie. En réalité, il y avait une forte rivalité entre le pouvoir spirituel et le pouvoir temporel, et notamment entre la papauté et l’empire germanique (cf. Le Nom de la rose de Umberto Eco). Et ce qui complique les choses, c’est que le pouvoir spirituel avait lui-même un pouvoir politique, ce qui le conduisait à se comporter d’une manière pas toujours très conforme aux préceptes évangéliques ou à la doctrine de saint Thomas d’Aquin.


        • Bernard Dugué Bernard Dugué 24 octobre 2008 12:00

          1815, c’est comme vous le savez, le début de la période contemporaines dont on parle dans les manuels d’Histoire. Après la chute de Napoléon. C’est à cela que je faisais allusion. Mais les historiens auraient pu très bien faire commencer l’ère contemporaine avec la venue au pourvoir de Napoléon. Avec sa nouveauté dans la conduites des affaires politiques et militaires, qui étonna Clausewitz du reste, puis Schmitt.

          Pour ce qui est de la période des Lumières, je désigne une période historique. Qui semble bien marquée avec le rééquilibrage entre Suède et Russie. C’est un peu osé j’en convient. Quant à la pensée, elle anticipe parfois les époques. Locke penseurs des lumières ? ça se discute. Il est plus dans la période métaphysique et classique. Quant aux 70 ans, ça sonne bien avec la série des dates 1800 1870 1940 2010. En remontant, ça donne aussi 1660, 1590, 1520. Et c’est aussi un peu ésotérique, du poil à gratter avec la destruction du temple.


        • ASINUS 24 octobre 2008 11:40

           zozo n ayant jamais redigé sur agoravox se couvrant la tete de cendres et se prosternant au sol
          l infime vermisseau peut il respectueusement faire observer l impasse sur koubilai khan et consorts les royaumes de hind, le partage du monde par le pape espagne/portugal ect.....
           le grand moghul , les japons , les azteques et autres incas voir les bantous et xhosas deboulant
          dans le bush du transvaal , . 


          • maharadh maharadh 24 octobre 2008 11:46

            Restons donc à notre place, vous parlez de vermisseau, moi je dirais grain de sable.

            La femme est l’avenir de l’homme ?


            • pallas 24 octobre 2008 12:10

              Il faudrait supprimer l’idéeologie de nation, pour la creation d’une gouvernance mondial, dont chaque etre sur le pour tour de la planete, serai aligné a une tache precise, qui ne serai qu’un pion du systeme, et dont sa seul motivation serai d’obeir et uniquement d’obeir, voila une avancé majeur qui serai juste, car chaques individues seraient au meme niveau.


              • Bernard Dugué Bernard Dugué 24 octobre 2008 13:25

                Tout est question d’interprétation. Le traité de Westphalie a été signé dans deux localités, l’une en terre catholique et l’autre en terre réformée. C’est ne cela que cette date est symbolique. Il faut bien faire des choix mais je reconnais que l’entreprise était bien ambitieuse pour un billet si court


              • Bernard Dugué Bernard Dugué 24 octobre 2008 20:11

                L’empire mongol est du passé pré-moderne
                l’empire ottoman a donné la Turquie, une moyenne puissance
                l’autriche-hongrie n’était pas une grande puissance moderne.


              • molloy molloy 24 octobre 2008 13:24

                (1660-1730. L’âge métaphysique. La France et l’Angleterre sont les deux puissances européennes ascendantes.)

                Euh, et le grand siècle ? Celui de Louis XIV et de l’hégémonie politique, économique, militaire et culturelle de la France sur l’Europe entière ? Il est avant 1730 me semble-t-il. La France est alors plus qu’une puissance ascendante puisqu’elle est la principale puissance.

                (1730-1800. L’âge des Lumières. La montée en puissance de la France se confirme.)

                1763 : traité de Paris. La France perd là son premier empire colonial au profit de l’Angleterre.

                Ces deux exemples ne servent qu’à montrer qu’il est vain de découper l’histoire en tranches même (surtout) pour des élèves de terminales. L’histoire n’a que faire des cycles que certains s’évertuent à lui imposer. Vous devriez laisser ces cycles pour les coureurs du tour de France


                • dapeacemaker911 24 octobre 2008 13:32

                  @Pallas

                  trait d ironie ou vrai folie ?

                  Ceux qui expriment ce meme point de vue, a savoir l espoir d une gouvernance mondiale, ne risquent pas d etre decu.

                  Tous pucés ou (ET) en prison.

                  ca va vite venir, vu qu on est tous la a regarder l Histoire s ecrire d elle meme, sans jamais que l on tente d y intervenir.

                  Demos Kratos.

                  (Dpm)


                   


                  • L'enfoiré L’enfoiré 24 octobre 2008 14:07
                    @L’auteur,
                     
                     En fait, comme disait Lavoisier « Rien ne perd, rien ne se crée…. Tout se déplace ».
                     « Les grandes puissances ne meurent jamais », en fait, elle le font par l’usure du temps.
                    Elles se suivent en portant un autre nom que l’histoire leur a attribué.
                    Il y a toujours une montée, un apogée et un déclin, remplacé par plus efficace, mieux outillé, mieux formé, plus chanceuse vis-à-vis des faits et méfaits de la nature.
                    Les Egyptiens, les Grecs, les Romains, l’Empire romain d’Occident, les barbares, les Mérovingiens perdus chez les rois fainéants. Les civilisations se sont sauvées, elles mêmes ou se sont reconstituées après des temps morts (comme par exemple Israël, qui n’est pas une civilisation mais plutôt un ensemble d’éparpillement de civilisations) 
                    Les subdivisions qu’on les prenne en dynasties, en empires, en âges, en temps, est plutôt une vue de l’esprit rationnel à posteriori mais pas vraiment sur le terrain et dans l’immédiat.
                    Les cycles existent absolument. Mais ce n’est pas complètement la même chose qui se passe. Les puissances sont rappelées à l’ordre pour amendements et corrections.
                    Les uns par la force des baïonnettes, car en retard d’une guerre, tout simplement. Les autres, suite à une mauvaise interprétation des réalités commerciales. Certaines villes ont joui d’une influence incroyable aujourd’hui car complètement rentrées dans l’oubli.
                     
                    La différence, avec aujourd’hui, c’est l’imbrication de la réussite ou de l’échec des peuples qui s’est ajouté.
                    Désormais, on nage ensemble ou on coule ensemble. Les événements récents suite à la mondialisation en sont une preuve flagrante. On n’a pas encore compris avec l’esprit de nation que les niveaux de décision vont devoir monter d’un cran. Se rationaliser à une échelle commune quand la nature intervient dans le jeu. Un solidarité forcée est en vue. On prend ou on ne prend pas. Back to the future. 
                     

                    • Bernard Dugué Bernard Dugué 24 octobre 2008 21:21

                      Salut l’enfoiré,

                      Les peuples, ils ont fait leur apparition dans le système de représentation pendant l’âge romantique, surtout avec Michelet et Hugo. Maintenant, c’est l’individu qui plus que le peuple incarne la puissance historique, ou du moins, l’impuissance historique pour parler de notre époque, à part les années 1960. Là, il s’est passé quelque chose

                      Je viens de lire l’édito du Courrier Int. Il est question de la fin de hégémonie des Etats-Unis. Et du monde multipolaire qui vient. C’est un peu aussi la conclusion de ce billet. Je ne sais pas mais cela ressemble à la fin d’un grand cycle, comme à la fin de Napoléon. Nous verrons dans dix ans ce qu’il advient de ce monde qu’on croit penser se réinventer sans qu’il n’y ait de différence avec les trois décennies précédentes. La fin de l’Histoire ?


                    • L'enfoiré L’enfoiré 25 octobre 2008 08:00
                      Bonjour Bernard,
                       
                       Début 2006, j’avais écrit un article qui avait même été discuté ici. Il s’agissait de l’ « Argent du beurre  ». Je me suis amusé à le relire. Ma conclusion de l’époque, nous y sommes en plein.
                       Tu parles de romantisme, nous l’avons pensant un temps transformé en cocooning pour se réfugier derrière les murs familiaux en « se foutant pal mal du regard oblique des passants honnêtes ». C’est la période des bilans. L’individu a en effet pris la parole et pas seulement d’ici. Internet a été le moteur de cette explosion et de se rassemblement des idées du monde comme l’a été l’imprimerie mais à une échelle bien plus importante. L’impuissance, c’est peut-être au niveau de l’homme lui-même qu’il faut la chercher. Il remarque que, tout à coup, la nature a pris d’autres dispositions en imposant ses propres règles. Nous avons vécu une période d’ascendances de tous types à des vitesses différentes. Mais on a avancé vers un mieux globalement. Réinventer le monde ? Je ne suis pas sûr. Des adaptations importantes, oui. La fin de l’Histoire ? Pas vraiment, il y a eu un casse vitesse sur le chemin, c’est incontestable. Dans ces cas là, la machine rebondit, il n’y a que la suspension qui en prend un coup. 

                    • Nathan Nathan 24 octobre 2008 15:47

                       Il est vrai que chaque nation semble garder ses atouts tandis que d’autres apparaissent avec d’autres atouts. En fait le monde dans sa double face réelle et virtuelle est suffisamment vaste pour qu’il y ait semble-t-il plusieurs puissances avec leurs spécialités propres. Leur essence ... smiley D’ailleurs en parlant d’ontologie je pense que celles, de nations, qui s’en sortiront le mieux seront celles qui réussiront à s’appliquer à elle même cette formule illustre du "connais toi toi même". Les plus lucides, sur leurs atouts et leurs faiblesses seront les plus puissantes. Des nations complexes, personnifiées dans un monde organique.

                      Les grandes puissance ne meurent jamais parce que : l’Histoire, et donc la personnalité. En revanche les civilisations, à laquelle appartiennent ces grandes nations, elles, périclitent. Aujourd’hui c’est plus la confusion et le chaos dans les valeurs et les esprits qui semble dominer plutôt qu’une certaine corruption. On le voit avec nos vieux qui voient leurs plans d’épargne en actions fondre comme neige au soleil alors qu’on leur avait bien dit à la banque postale : "mais non, mais non, ne jamais vendre quand c’est bas ! Ca va monter forcément ...". L’argent est la valeur et le système de valeur structurel numéro un dans notre société. Je ne dis pas qu’il corrompt nécessairement ou rend malheureux absolument. Mais je pense qu’il apporte souvent la confusion dans les esprits et c’est ce que l’on voit avec la bourse et cette crise actuelle.

                      En fait si j’étais curé, je dirais aux gens : ne mettez pas votre argent en bourse ... tout simplement, ha, ha, ha. smiley


                      • frédéric lyon 24 octobre 2008 16:12

                        En fait si j’étais curé, je dirais aux gens : ne mettez pas votre argent en bourse ... tout simplement, ha, ha, ha.

                        .................

                        Non, ça va encore baisser. Il faut encore attendre un peu.

                        A part ça, découper l’histoire en cycle de 70 ou 71 ans, c’est un peu puéril.

                        Nous sommes en plein milieu de la troisième révolution industrielle, après celle de la machine à vapeur et celle de l’électricité, mais personne n’a jamais d’article là-dessus sur Agoravox.

                        Par exemple quel rapport entre l’invention du circuit imprimé et la crise financière actuelle ?


                        • moebius 24 octobre 2008 21:47

                          ..les grandes puissances ne meurent jamais... ha ! bon...et votre conclusion ?


                          • brieli67 25 octobre 2008 20:33

                            Il faut prendre des pincettes avec Carl Schmitt et ces juristes "dissidents" de l’Ecole de Strasbourg d’avant 1918. Leur notion originale de la "Nation" moderne innovante certes à de nombreux égards reste encore d’actualité.
                            Néanmoins nombre de ces juristes avec un Heiddeger à Fribourg en Brisgau non loin ont collaboré voire plus au III Reich.

                            Avec le grand vulgarisateur traducteur et défendeur de Carl Schmitt le sociologue politologue Julien Freund
                            http://fr.wikipedia.org/wiki/Julien_Freund&nbsp ; nous sautons à pieds joints dans les eaux troubles du GRECE
                            http://fr.wikipedia.org/wiki/Groupe_de_recherche_et_d%27%C3%A9tudes_sur_la_civilisation_europ%C3%A9enne


                            • ASINUS 26 octobre 2008 07:07

                              yep c est vrai que pour le marché et les libertarien la Nation c est le mal absolu, la nation rendez vous compte c est ce qui peut entraver le capital mondialisé ,sans interface visible bref l ennemi non identifie
                              je suis etonné Brieli l internationalisme a tout crins n a qu un seul beneficiaire :le liberal, le tout au marché ;

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