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1er mai historique à Istanbul : « L’Europe n’est qu’une taupinière, Parlez-moi de l’Orient ! »1

Depuis 31 ans que dans les rues de ce rêve bordé du Bosphore qu’est Istanbul ville légendaire aux portes d’un hypothétique Orient, dans toutes les rues de Turquie vous pouvez voir taguées sur les murs ces mystérieuses inscriptions laissées par les militants d’extrême gauche « Bir mayis Taksim’dayiz, hahaha » et « Bir mayiz, sokaktayiz, hahaha ! », « au premier mai nous serons à Taksim ! », « au premier mai nous serons dans la rue » (Gnark ! Gnark ! Gnark !). Depuis 31 ans que la place Taksim à Istanbul, sœur jumelle de notre place de la Bastille ! Depuis le 1er mai 1977, date à laquelle des militants d’extrême droite, soupçonnés d’avoir été instrumentalisés par les services de renseignements, avaient ouvert le feu sur les manifestants, provoquant des mouvements de foules qui firent 34 morts. Depuis ce jour fatidique de l’histoire sociale turque où chaque année la place Taksim était fermée aux cortèges, comme si l’on nous privait dans nos chairs de défiler sur notre belle place de la Bastille. Un traumatisme jamais pardonné par la gauche turque… Ce 1er mai 2009 marque enfin la fin de cette interdiction honteuse, et selon la presse, pas moins de 5000 manifestants on pu investir la place dans le calme. Petit retour en images sur cette journée si particulière à Istanbul…

Envol de colombes au lance-pierres...

 
Passionnée et passionnante Turquie ! (Bon, ok, j’ai m’enti, c’était pas des colombes...) Bien sûr, si ce grand pays dont la 60 % de la population est musulmane (Cf : Samin Akgönül, « Religions de Turquie, religions des Turcs) est aussi complexe tant dans son immense diversité religieuse (musulmans, alevis, chrétiens, juifs, et bouddhistes de toutes tendances, sans oublier les nombreux déistes, athées et agnostiques) qu’il l’est dans son extraordinaire palette culturelle (turcs, tatars de Crimée, kurdes, circassiens, laze, etc.…), il l’est par conséquent dans son fabuleux éventail politique allant de l’extrême gauche anarchiste à l’extrême droite des sinistres loups gris, en passant pour ne citer que les plus connus ou ceux qui nous parlent plus, par le TKP (Parti communiste turc), les yesiller ( littéralement, « les verts » de Turquie), l’ÖDP (le Parti pour la Liberté et la Solidarité des anticapitalistes qui existaient bien avant le NPA de Besancenot), le légendaire CHP de centre gauche d’Atatürk, dirigé par Deniz Baykal et qui sont aujourd’hui à la gauche turque ce que le Ségolène Royale et le P.S sont à la gauche française… (une plaisanterie de mauvais goût !). On notera à droite l’AKP des « musulmans démocrates » au pouvoir du premier ministre Recep Tayyip Erdogan et composée de quelques éléments ayant appartenus à la droite religieuse, élu pour sa campagne sur l’adhésion à l’Europe, ses promesses de réformes, et de croissance économique et qui par sa façon de remettre en cause la laïcité auxquels les turcs qui l’ont élus composés en partie de déçus du CHP ne l’avaient pas invités, n’est pas sans nous rappeler amèrement l’UMP de Nicolas Sarkozy qui avait comme bras droit aux présidentielles Devedjian, ancien membre de la mouvance d’extrême droite Occident, et Christine Boutin connue pour avoir témoigné son attachement profond à la laïcité en brandissant la bible dans l’hémicycle lors du vote du PACS. A cela vous pouvez rajouter, même si largement minoritaire, le Saadet Partesi qui épouse tout autant les valeurs européennes que De Villiers dans sa « lettre ouverte aux coupeurs de têtes de la République ».

En ce qui concerne la célébration du 1er mai en Turquie, comme le rappelle l’Observatoire de la Vie Politique Turque (OVIPOT), celui-ci a été pour la première fois célébré en 1909 à Selanik, aujourd’hui devenue Salonique dans l’actuelle Grèce. Lorsque celle-ci se trouvait encore dans l’Empire Ottoman et qu’elle était la capitale des révolutionnaires turcs que ces derniers appelaient la « Mecque de la Liberté ». La ville était alors composée à 55% de juifs arrivés depuis l’inquisition espagnole de 1483 et y avait prospéré jusqu’à commencer à décroisser à partir du moment où la ville tomba aux mains des grecs, jusqu’à leur extermination par les nazis. Le 1er mai devient interdit dans la jeune république turque dés 1925 et quand en 1935 il devient un jour férié, ce n’est pas pour célébrer le travail mais le printemps. Pourtant, dans l’inconscient collectif turc, dans les faits, il est assimilé aux revendications des travailleurs, des ouvriers en particulier. La suite, nous la connaissons, avec ce tragique évènement de 1977 qui interdit toute manifestation sur la place, mais surtout l’interdiction après le coup d’Etat du 12 septembre 1980 de célébrer le 1er mai à nouveau en Turquie. C’est compter sans le panache farouche des travailleurs turcs qui continueront peu à peu à reprendre les manifestations où la gauche et surtout l’extrême gauche turque viendra défier la police. Avec des incidents dramatiques comme en 1996 où 3 personnes perdent la vie place Taksim. Depuis 2005, date de l’ouverture des pourparlers sur l’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne, le 1er mai est régulièrement célébré sur la rive asiatique dans le quartier de Kadiköy, bastion de la culture et de la laïcité, pendant qu’à Taksim la police ne cesse de disperser les tentatives de rassemblement.

Et puis lentement, à force d’envol de pavés, à grands coups de lance-pierres répliquant aux matraques et aux canons à jets d’eau, aux matraques, aux gaz lacrymogènes… grâce à l’audace des médias aussi dont les journalistes courageux et acharnés, bien loin de nos poules mouillées journalistiques génétiquement modifiées, enchainent procès sur procès sans faillir… grâce à cette extraordinaire société civile hyper dynamique, fruit magique d’une population jeune dont 70 % avait moins de 35 ans en 2005… grâce à cette gauche turque increvable, à ses syndicats, ses tissus d’associations, le gouvernement a fini par reculer. Et le Président Abdullah Gül, le 24 avril 2009 a promulgué la loi n°5892 modifiant la loi n°2429 et relative aux fêtes nationales et aux fêtes en général qui prévoit un jour férié célébrant la « fête du Travail et de la Solidarité » (Emek ve Dayanişma Günü tatili). Cette loi, par sa publication au journal officiel de la République de Turquie est entrée en vigueur le 27 avril 2009.

Un tournant historique pour la Turquie ! A partir de ce 1er mai 2009, tout citoyen turc, quelque soit le lieu où il se trouve sur le territoire turc, a désormais le droit de manifester pour ses droits et ainsi faire partie à part entière de la grande famille des travailleurs de l’humanité. Pourtant, le préfet Muammer Güler a une fois de plus refusé à la Fédération des Syndicats de Türk-iş (travailleurs turcs) à manifester sur la place Taksim, n’autorisant uniquement qu’une poignée de dirigeants syndicaux à venir se recueillir. Derniers sursauts anti-démocratiques d’une société en marche et qui n’a pas l’intention de s’arrêter, auxquels ont répondu de façon épidermique les présidents des confédérations syndicales DISK et KESK, répondant le regard haut par un clair défi adressé à Mr Güler, que préfet ou pas, la loi était de leurs côtés, et que légalement, il était désormais interdit d’interdire l’accès à la place Taksim…

Sur le fil d’une société à haute tension !

Ainsi, c’est sur cette république qui se démocratise sous les grands coups de boutoirs de sa société civile à l’ombre des médias européens, que se sont déroulées les manifestations du 1er mai à Istanbul. Là bas de l’autre côté du Bosphore où planent les doutes de l’Affaire Ergenekon et des récentes arrestations au sein du DTP (parti des travailleurs kurdes) accusé de tractations souterraines avec les terroristes indépendantistes du PKK. Là-bas, où la crise économique aussi fait rage...

A la base de l’affaire Ergenekon, la découverte d’une cache d’arme à Istanbul à l’été 2007, point de départ du démantèlement d’une organisation secrète du nom d’Ergenekon, tissus de réseaux entre certains hauts responsables de l’Armée Turque et des ultra nationalistes, qui a mené à l’arrestation récente de 56 personnes, dont 2 généraux quatre étoiles en retraite qui comparaitront en juillet devant les tribunaux de la République. Ces deux généraux, Sener Eruygur, l’ancien chef de la gendarmerie, et Hursit Tolon, seraient les cerveaux de pas moins de 4 tentatives de putschs entre 2003 et 2007, dont les deux premiers visaient directement à renverser le gouvernement AKP de Recep Tayyip Erdogan. Ils avaient été révélés aux médias par la publication des petits carnets d’un général très fleur bleue qui les avait alors baptisés « Fille blonde » et « Clair de lune ». (Cf : Le Monde, Guillaume Perrier, « Deux anciens généraux risquent la prison à vie »).

Le problème c’est que l’affaire Ergenekon a bon dos et qu’elle sert maintenant de moyen au gouvernement AKP de régler de vieux comptes avec les milieux laïques en y effectuant des arrestations abusives afin de salir des noms de personnes au-dessus de tous soupçons en les mêlant à ceux de despotes ultranationaliste issus du « derin devlet », l’Etat Profond. Parmi ces noms figurent celui de Mehmet Haberal, recteur de l’Université Baskent d’Ankara et professeur de médecine, également propriétaire de la chaîne de télévision Kanal B qui défend l’héritage du fondateur de la Turquie moderne, Mustafa Kemal Atatürk. Ainsi que celui de la légendaire Türkan Saylan, 85 ans et atteinte d’un cancer. Dermatologue rendue célèbre pour avoir contribué à éradiquer la lèpre de Turquie, fondatrice et présidente de l’association CYDD « Soutien à la vie contemporaine », une des plus importantes ONG de Turquie qui lutte pour le respect des droits des femmes et l’éducation des jeunes filles issues des milieux défavorisés, en leurs permettant de faire des études. Pour laquelle la diva, que dis-je la diva, la Piaf des Turcs, Sezen Aksu, avait composé son album « Perce Neige », que les fonds ont servi à financer. Tous ces centres ont été fouillés et la police a mis main basse sur tous les fichiers et documents de l’association, mettant en péril l’avenir des jeunes filles dont les fichiers servaient à trouver des bourses, etc.…

A l’affaire Ergenekon, vous rajoutez les récentes 51 arrestations au sein du parti pro kurde « pour une société démocratique » (DTP), dont 3 de ses vice-présidents, mis en examen pour des raisons liées aux PKK. (source : Radikal, 19 avril 2009) Arf ! C’est un secret de polichinelle pour personne, en Turquie tout le monde sait que le DTP qui représente 21 députés a l’Assemblée Nationale turque depuis les législatives de 2007 est au PKK un peu ce que le Sein Fein est à l’IRA, ou l’Asala au Daschnack arménien : Docteur Jekyll & Mister Hide. La représentation politique et pacifiste d’un côté, le bras armé de l’autre. Nous marchons donc ici sur des œufs : tout dépend en fait de quel côté de la Méditerranée se trouve être votre interlocuteur, et à quelle époque nous parlons. En définitive, tous ces groupes qui ne sont que prétendument indépendants des partis nationalistes auxquels ils se rapportent. Ils ont eu un jour une légitimité » en ce sens où tout peuple « à droit à disposer de lui-même » attendu comme le rappelait la DDH de 1793 que « quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs ». La différence avec le PKK, c’est que ce qui est pour les turcs un groupe terroriste qui vise les civiles et même parfois les touristes, malgré sa reconnaissance par l’ONU et l’Union Européenne comme groupe terroriste, ceux-ci restent des « indépendantistes » ou des « rebelles » dans l’esprit des journalistes français. Quand les indépendantistes corses, basques ou bretons ne visant même pas les civiles sont eux taxés de « terroristes ». En clair, en Europe, les combats pour la liberté ont un goût toujours plus romantique quand ils ne se déroulent pas sur votre sol. De leurs côtés, les progrès pour les droits des kurdes se sont ostensiblement améliorés depuis l’ouverture des pourparlers d’adhésions avec notamment des émissions qui commencent à diffuser en langue kurde à la télévision. Le hic dans ce nid d’oursins, c’est qu’en conséquences de ces récentes vagues d’arrestations, il est à craindre que la colère qui commence à monter chez les kurdes partisans du conflit armé ne commence à redonner du crédit au PKK. Or le PKK est le meilleur allié de ces adversaires nationalistes historiques, puisque comme chacun le sait – et c’est une règle universelle – les extrêmes s’alimentent. Or, l’extrême droite du MHP a gagné à ces dernières élections du 29 mars du terrain sur le dos des grands partis. A cela vous ajoutez que l’AKP avait emporté les élections législatives grâce aux minorités, dont une bonne partie des citoyens de la région kurde auxquels ils promettaient plus de droits minoritaires. A cela vous rajoutez pour finir, le rapport de l’eurodéputée hollandaise Ria Oomen-Ruijten sur les efforts réalisés en 2007 par la Turquie et approuvé par la Commission des Affaires Etrangères par 53 membres sur 59, qui pressait la Turquie de résoudre les problèmes de « violence à l’égard des minorités politiques et religieuses » et demandant au DTP « ses membres élus au Parlement et les maires à se distancer clairement du PKK », ainsi qu’à ce dernier à respecter un cessez-le-feu immédiat. Tout cela montre à quel point la question kurde n’est pas simple, combien les tensions entre le gouvernement AKP et le DTP ne profiteraient à personne ! Alors pourquoi tout ce bordel entre le gouvernement AKP et le DTP me direz-vous ? Disons qu’il y a de grandes chances pour que les raisons encore floues de ces stupides interpellations ne soient dictées par d’autres motifs que de basses raisons électoralistes directement liées à ces dernières élections municipales. Le DTP a simplement mis une gifle monumentale à l’AKP en raflant 8 provinces du sud-est anatolien (Tunceli, Diyarbakır, Batman, Siirt, Şırnak, Hakkari, Van et Iğdır) ou l’AKP pensait pouvoir l’emporter, et conservant à 65% des suffrages la ville de Diyarbakır.

Par ailleurs, si le DTP est allègrement soupçonné d’être proche du PKK et accusé d’être un parti identitaire, n’oublions pas que ses sympathisants ne sont pas forcément tous kurdes et qu’il est aisé à voir en l’autre les raisons de sa propre défaite. En effet, l’AKP a mis du temps, ce qui a fait scandale, à dire que oui, la Turquie subissait, elle aussi, la crise de plein fouet avec un fort ralentissement de sa croissance à 3.6% de son PIB. La banque centrale turque, de son côté a annoncé une baisse de ses taux d’intérêt de 50 points de base, à un niveau historiquement bas avec une rémunération des dépôts s’élevant à 9,75 % et le taux d’escompte à 12,25 %. Ce qui a eu pour effet une soudaine inflation dans une population de consommateurs jeunes gangrénée par des emprunts bancaires et les crédits revolving grimpant en flèche à 7,89% pour 2009. Et un chômage dont les chiffres officiels prévoient qu’il atteigne 13.9% de la population et un déficit budgétaire qui devrait grimper à 48 milliards de livres turques (22,9 milliards d’euros), contre 10,4 milliards de livres anticipés précédemment.
Dominique Strauss-Kahn, directeur général du Fonds monétaire international a dû même rentrer en scène pour affirmer que les besoins de l’économie turque étaient « grands », mais que le FMI pourrait signer avec le gouvernement turc un accord pour venir en aide au pays. Une aide qui s’élèverait selon la presse turque à la bagatelle de 45 milliards de dollars. Ce qui devrait relancer les importations venant de l’Amérique et de l’Europe, cette dernière restant le principal importateur du pays. Une crise économique et sociale à laquelle on peut ajouter la crise écologique croissante dû à l’industrialisation sauvage du pays (notamment la farouche opposition du peuple à l’installation de centrales nucléaires), donc, dont les échecs de l’AKP ont eu pour conséquence de faire reprendre du terrain aux partis opposants que sont le CHP, le DTP, et le MHP.

Tout le charme de l’Orient...

« Tout le charme de l’Orient » aurait dit Bebel, « l’indolence et la cruauté, moitié lokoum, moitié cigüe, en somme… le Coran alternatif ! ». C’est précisément bien loin des clichés orientalistes, dans un climat social lié à la crise et aux questions identitaires que nous ne connaissons nous-mêmes français que trop bien pour ne jamais être vraiment parvenus parfaitement à les résoudre, que s’est déroulé ce premier mai historique où les manifestants ont enfin pu accéder à la place Taksim afin de se recueillir en paix avant d’être dispersés par la police dans le calme. Malgré les échauffourées dans les rues adjacentes où traditionnellement, comme chez nous les anarchistes et l’extrême gauche se sont retrouvés face à 20 000 policiers

. Dont 11 de ces derniers furent légèrement blessés. Malgré le chômage qui grimpe en flèche et son cortège de misère sociale. Malgré les derniers relents de répressions d’une Turquie déjà d’un autre âge. Malgré cette Europe qui se raidit en vieillissant tentant d’oublier sa laideur dans les blessures de l’autre, malgré les animosités soudaines de la part de cette vieille amie que fut toujours la France et qui suscitent l’incompréhension totale dans une population qui a bu les Lumières comme à l’aube on se douche le visage des premiers rayons du soleil. Parce qu’à Istanbul qui deviendra capitale européenne de la culture en 2010, peut-être plus que partout ailleurs en Europe, peut-être parce que la population y est plus jeune qu’ailleurs, ou peut-être parce que tout simplement on sait encore le sens profond du mot « özgürlük », liberté, et le prix à payer pour l’obtenir… on se bat ! Et que ce combat du premier mai n’est pas le combat d’une élite bobo venue s’encanailler un jour férié, mais véritablement celui de tout un peuple pour son émancipation. Ce qui me fait dire au fond que c’est peut-être ça Istanbul, un rêve d’une paix des peuples, sociale et universelle, qui se noie dans le raki et par le ruisseau creusé par les larmes, finit par se jeter dans la Mer…va-t-on lui dire enfin un jour "oui" et la prendre dans nos bras cette humanité retrouvée ?

Aurélien Roulland

1 : Napoléon Bonaparte au retour de sa campagne d’Egypte où la grande armée avait guerroyé contre les forces du Sultan Ottoman Selim III y régnant alors. Ce dernier avait pourtant bien faillit s’allier quelques années avant aux révolutionnaires, ce qui fit dire à Robespierre que la Turquie était « la plus vieille et la plus fidèle alliée de la France ».

2 : Sur la première image, traduction : « J’ai vu Taksim ! ».

3 : Sur la deuxième photos : « ne vous enfuyez pas ! »

4 : La video que vous allez voir est mise en libre service et offerte par le journal Hurriyet.

 


Les travailleurs turcs entrent dans Taksim après 31 ans...


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  • Par Bulgroz (xxx.xxx.xxx.194) 9 mai 2009 13:47

    Bon, je peux la faire en plus court même si ma vision est beaucop plus restreinte que la votre (’vous avez bien de la chance d’avoir une vision aussi élargie et votre argument sur ce point m’a convaincu) :

    La Turquie n’est pas un pays d’Europe, elle n’y a pas sa place car :

    • son territoire est très majoritairement asiatique,
    • sa population et sa langue sont également d’origine asiatique,
    • son histoire n’est qu’une longue suite de conquêtes de pays chrétiens d’Europe, suivie de reculs successifs devant le réveil national des peuples qui lui étaient soumis,
    • ses coutumes sont celles de l’islam,
    • sa laïcité imposée par la force par Mustafa Kémal est peu à peu bafouée,
    • son armée occupe illégalement depuis 1974 la partie nord de Chypre où siège un gouvernement fantoche reconnu seulement par Ankara,
    • elle pratique vis à vis des minorités ethniques ou religieuses une discrimination officielle,
    • elle s’est livrée à un génocide tojours nié, sur le peuple arménien.
  • Par Bulgroz (xxx.xxx.xxx.19) 9 mai 2009 14:05

    Il est clair que faire un caca nerveux sur les caricatures de Mahomet lors du denier sommet de l’Otan est la preuve que la Turquie ne défend pas des valeurs communes, démocratiques et laiques mais les valeurs de sa religion.

    Religion qui se trouve être celle qui nous fait le plus scier. 

    Grâce à votre vision élargie, vous devez sans peine pouvoir deviner à quoi je fais référence.

  • Par Aurélien Roulland (xxx.xxx.xxx.76) 9 mai 2009 11:51
    Aurélien Roulland

    Bonsoir Jonas,

    à moi ainsi que le disait Nietsches, "il me déplait de suivre autant que de guider". Donc, donner des ordres c’est pas vraiment mon truc... et je vais certainement pas respecter plus ceux qui les suivent...

    Ensuite, il n’y a pas, scientifiquement, de peuples plus courageux que les uns ou les autres. A moins de catégoriser les races. Il y a, comme partout, des êtres éclairés et des abrutits... ou plus précisément, des courageux qui font marcher leurs méninges et vont contre leurs propres peurs, et de l’autre des paresseux, ainsi que Brel définissait la paresse : " un espèce de graisse autour du cerveau et autour du coeur".

    Le Christianisme n’a plus force de loi en France ? Alors quid de ses 15 milliards recensés par les Etats Généraux de la Libre Pensée et qui recensent 15 milliards chaque année partant pour l’Eglise catholique ? Quid du concordat d’Alsace Moselle ? Quid des religieux comme Boutin au gouvernement ?

    Ensuite je ne sais comment prendre votre "n’en abusez pas !" ? Une injonction à fermer ma gueule sous peine de quoi ? Je vais vous dire, si j’ai autant de droits aujourd’hui c’est justement parce qu’à chaque fois qu’un homme a dit à un autre dans ce pays "n’abusez pas de la liberté qu’on vous donne" et à laquelle il aurait dû répondre "vous êtes trop bon Monseigneur !" il a levé le poing de façon épidermique jusqu’à temps d’être entendu et écouté dans la chair de l’humanité par delà l’horizon.

    Pour finir, oui, la crise touche tout le monde, avec son cortège de misère, ce n’est pas nouveau, la France comme la Turquie, l’Allemagne comme les USA...

  • Par Bulgroz (xxx.xxx.xxx.205) 9 mai 2009 12:32

    Ah, les délices de la douce Orient  !!!, comment ne pas évoquer la Turquie sans mentionner les phénomènes de vendettas ou, plus précisément, des « reprises du sang ».

    Il y a 5 jours, le 4 mai 2009, Plusieurs hommes masqués, armés de fusils automatiques et de grenades ont surgi lundi soir dans un bâtiment de Bilge, village du sud-est de la Turquie, pour ouvrir le feu sur les convives d’un mariage. Premier bilan de l’opération commando : au moins 44 morts, sur les 200 personnes qui assistaient à la fête. "Ils ont fait irruption dans la maison et ont commencé à cribler l’endroit de balles, touchant aussi bien les hommes que les femmes. Leurs visages étaient cachés derrière des masques" »

    Notons que l’on retrouve cette jolie pratique citoyenne de « reprise de sang » en Albanie et au Kosovo (la gjakmarrje issue du droit édicté par Soliman le magnifique vers 1500 !!!!) , pays occupés par les Turcs t qui ont su maintenir ses meilleures traditions.

    Merci à l’auteur de nous rappeler à notre devoir de nous intégrer à cet Orient turc, la semaine même où on a enregistré 44 morts lors d’une cérémonie de mariage.

    Nous avons tant à apprendre et recevoir de l’Orient Turc et de Soliman le Magnifique.

    http://www.lejdd.fr/cmc/international/200919/turquie-massacre-au-mariage_206921.html

    http://www.euronews.net/2009/05/05/wedding-massacre-in-turkey/


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