Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > International > 2010, l’année du Chili

2010, l’année du Chili

Séisme, retour de la droite au pouvoir avec Sebastián Piñera, coupe du monde de football, 2010 est, et restera l’année chilienne.

Le 27 février 2010, le Chili était frappé par l’un des plus violent séisme de l’histoire. 521 victimes et 30 milliards de dollars de dégâts matériels. Avec une magnitude de 8,8, le tremblement de terre a libéré 500 fois plus d’énergie que le séisme dévastateur enregistré le 12 janvier dernier à Haïti, et a dévié l’axe de la Terre de 8 cm, raccourcissant la durée de jour terrestre de 1,26 microseconde, Et pourtant, les pertes de vies sont sans commune mesure, plus de 200 000 à Haïti. Comment expliquer un tel écart ? Les Chiliens sont habitués aux tremblements de terre. Leurs constructions sont donc conçues pour résister. Les bâtiments officiels, comme les écoles et les hôpitaux, respectent des règles strictes de construction parasismique. Reste que toute les villes et les villages proche de l’épicentre, dans la région de Concepción, ont quasiment été réduits à néant.

Une passation de pouvoir dans un contexte dramatique

Un mois plus tôt, un autre séisme frappait le pays gouverné depuis 2005 par la socialiste Michelle Bachelet. Le 17 janvier 2010, l’ homme d’affaires et milliardaire de droite, Sebastián Piñera est élu président de la République chilienne avec 51,61 % des suffrages. Après 20 ans de gouvernement de gauche, Piñera devient le premier chef d’État chilien de droite depuis Pinochet. Il est surnommé par ceux qui le détestent, le Berlusconi chilien...Il est officiellement investi président de la République du Chili le 11 mars 2010, seulement douze jours après le terrible séisme, alors que trois fortes répliques secouent le centre du pays, dont la capitale, Santiago.

Avant le séisme, le Chili est un pays de rêve pour un économiste et homme d’affaires comme Piñera. En effet, il y a 20 ans, en dépit de la dictature, le général Augusto Pinochet a laissé derrière lui une économie en très bon état de marche, faisant du Chili un pays en constante croissance. Une belle autoroute dégagée pour ses successeurs de gauche. Même la crise économique mondiale de 2008 a épargné (du moins plus que les autres) le pays, qui espérait voir son taux de croissance grimper à 4,5% en 2010. Une aubaine pour le nouveau président.

Mais seulement voilà, le 27 février vient changer la donne. C’est en effet un pays sinistré dont hérite Sebastián Piñera. Le tremblement de terre a ébranlé, à la fois, une nation vue sur le continent comme un modèle et un président élu plein d’ardeur réformatrice. Mais ses réformes, Piñera devra attendre pour les mettre en œuvre et devra se consacrer en premier lieu à la reconstruction du pays. Une reconstruction qui devrait durer au moins jusqu’à la prochaine élection présidentielle et sans doute le retour au pouvoir de Michelle Bachelet. Heureusement pour Sebastián Piñera, le Chili est un grand pays qui a su garder ses atouts intacts (richesses naturelles (cuivre, argent), stabilité politique et sociale, une population dynamique).

La Roja, (réel) espoir de tout un peuple

2010, c’est aussi l’année de la coupe du monde de football en Afrique Du Sud. Un mondial qui, après deux semaines de compétitions, a eu son lots de surprises : éliminations des deux derniers finalistes, l’Italie et la superbe équipe de France, le vacarme des vuvuzélas, l’âge de la retraite avancée pour le football de la vieille Europe mais surtout l’émergence de "petits" pays comme le Japon, la Slovaquie et bien sûr le Chili, la bien nommée "Roja". Et ce soir, en affrontant l’autre "Roja", la grande Espagne (logique favori), l’équipe nationale chilienne a l’occasion de prouver au monde entier qu’il faudra compter sur elle.

Car pour sa huitième participation, la première depuis France 98, le Chili a réalisé un parcours exceptionnel pour se qualifier, finissant deuxième de la zone Amérique du sud avec un seul petit point de retard sur le Brésil et devant l’Argentine de Maradona. Tout le monde (ou du moins les passionnés de football) connaissent des joueurs comme Salas ou Zamorano, joueurs vedettes de la "Roja" dans les années 90. Aujourd’hui, une nouvelle génération a pris le pouvoir, pas de stars dans la sélection. Peut-être Alexis Sanchez, le milieu offensif d’Udine en Italie. Une jeune équipe, demi-finaliste de la dernière Coupe du monde des moins de 20 ans, et menée par l’ancien sélectionneur de l’Argentine, Marcelo Bielsa. En faisant tomber l’équipe championne d’Europe espagnole, l’équipe du Chili a l’occasion de plonger dans l’euphorie tout un peuple encore meurtri par la terrible nuit du 27 février 2010. Fuerza Chile !


Moyenne des avis sur cet article :  2.33/5   (3 votes)




Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON

Auteur de l'article

Eddy Duluc


Voir ses articles







Palmarès