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Accueil du site > Actualités > International > Abderrahmane Mekhelef : « Les Juifs d’Algérie ont toujours partagé le (...)

Abderrahmane Mekhelef : « Les Juifs d’Algérie ont toujours partagé le malheur de leurs concitoyens musulmans »

L’Algérie a connu beaucoup de tumultes à propos des dernières élections présidentielles : des contestations de la rue algérienne, des réactions pour ou contre la candidature de M. Abdelaziz Bouteflika, même certains journalistes Français y ont pris part. Nous avons contacté M. Abderrahmane Mekhelef, ancien rédacteur en chef à l’APS et écrivain pour parler de l’actualité algérienne.

M. Abderrahmane Mekhelef est un écrivain algérien, il était aussi journaliste, il a participé à relancer l’APS (Algérie de presse service) en 1962, il a travaillé au journal Algérie Actualité en 1967, il a participé à la fondation de l’hebdomadaire Jeunesse-Action, il a réintégré l’APS en 1978 et a ouvert en 1982 un bureau de l’APS à Belgrade. En 1986, il était décoré de l’Ordre du drapeau yougoslave avec Étoile d’Or, il a également participé à la création de deux magasines en 1990 et en 1998 : Vie algéroise et Escale.

NB : M. Mekhelef, en votre qualité d’ancien rédacteur en chef de la rubrique nationale à l’APS, comment vous décrivez actuellement le secteur de l’information et de la communication de l’APS et sa présence dans le paysage médiatique ?

Abderrahmane Mekhelef : Je vous rappelle que dès le début de la mandature de Bouteflika, ce dernier a déclaré qu’il était le rédacteur en chef de l’APS et de l’ENTV (Établissement national de la télévision nationale). Exit donc toute initiative des journalistes de ces deux institutions. Pour le reste au cri et à la colère de la journaliste de l’APS F. Z. Khelifi, publié par Le Matin en octobre 1999 et où elle s’indigne de « l’état de pourrissement professionnel, intellectuel et moral avancé auquel est arrivé l’agence », non pas parce que « nous sommes tous frappés d’une quelconque incapacité à exercer ce métier, mais parce que nous sommes empêchés de le faire ». Son réquisitoire est accablant. Sur plusieurs colonnes, elle décortique les graves insuffisances qui brident le travail des journalistes : incompétences, médiocrité, opportunisme, marginalisation sournoise, dépêches d’agence, chefs zélés qui ne connaissent aucune limite à servir ceux qu’ils considèrent les maîtres du moment et j’en passe. Dans ces conditions, la présence de l’APS dans le paysage médiatique se limite à une caisse de résonnance de son rédacteur en chef.

NB : Dans votre dernier roman, Un brin de menthe à l’oreille, (publié récemment par les éditions APIC), vous nous faites prolonger dans les années 40, au milieu de la Deuxième Guerre mondiale, et vous évoquez la présence des Juifs d’Algérie, notamment dans le personnage de Raymond Timsit, un natif de la Casbah. Pensez-vous que la présence des juifs en Algérie reste toujours un sujet tabou et pourquoi ?

Abderrahmane Mekhelef : Les Juifs d’Algérie ont toujours partagé le malheur de leurs concitoyens musulmans. Aussi l’administration coloniale a toujours voulu les extraire de leur société d’origine pour les intégrer dans la société française en promulguant le décret Crémieux qui leur octroie la citoyenneté française, un leurre vérifié quand le maréchal Pétain prend le pouvoir et leur confisque, sous les ordres de Hitler, tous ces droits. Aussi, je considère que leur présence en Algérie, qui est leur pays, et que certains ont contribué à libérer, n’est pas un tabou mais un droit inné. Et ce, malgré les complications créées par l’OAS (Organisation armée secrète) qui en a obligé beaucoup à la soutenir et à quitter le pays après la signature des accords de cessez-le-feu et l’arrogance d’Israël qui a poussé des concitoyens immatures à confondre Juifs et sioniste.
 
NB : M. Abdelaziz Bouteflika vient d’être réélu pour un quatrième mandat, c’était une surprise pour vous ou une victoire attendue ? 

Abderrahmane Mekhelef : C’est une victoire attendue vu l’implication de l’administration de la campagne électorale et la pratique de la fraude qui a toujours caractérisé les élections.

NB : Le chef de l’État, M. Bouteflika, vient de proposer de limiter les mandats présidentiels à deux et de renforcer les pouvoirs du Premier ministre, pensez-vous que cette décision est la conséquence des pressions de la rue algérienne ou plutôt que le président algérien ne se voit pas pouvoir aller au-delà de ce quatrième mandat ?

Abderrahmane Mekhelef : Connaissant l’égo surdimensionné du personnage et sur tout les enjeux cachés, je suis sûr que les pressions de la rue n’ont eu aucun effet sur sa décision de limiter les mandats présidentiels. Mais est-ce pour autant la fin du régime ? Je ne le pense pas.  

NB : Au lendemain de la réélection de Bouteflika, 14 militaires ont été tués par le groupe d’AQMI (Al-Qaïda au Maghreb islamique) en Kabylie, il y a quelques jours une bombe artisanale a explosé à l’intérieur du mausolée de Sidi-Yahia, wilaya de Sidi Bel-Abbès causant la mort du gestionnaire du mausolée, est-ce que vous pensez que la stratégie sécuritaire en Algérie est instable ?

Abderrahmane Mekhelef : Il n’y a pas de stratégie sécuritaire claire en Algérie. Les dirigeants opèrent par à coups. Ce sont des réactions que je qualifierai d’épidermiques qui ne mettront pas la fin au terrorisme puisque son fondement idéologique n’a pas été traité comme il se doit par la Charte de la réconciliation nationale. Le pays a raté l’occasion de régler ce problème en amnistiant les terroristes et en refusant d’imiter l’Afrique du sud qui a traité comme il se doit les séquelles de l’Apartheid en créant la Commission Justice et Vérité. Sinon comment explique que les 11 ou les 16 militaires massacrés au lendemain des élections présidentielles en Kabylie aient été transportés de nuit et dans un bus civil ? Comment expliquer que le commando lourdement armé qui a attaqué la base de Tiguentourine en janvier 2013 ait pu parcourir 80 km à partir des frontières libyennes sans être repérés par les avions et les hélicoptères en mission dans la région ? 

NB : Au cours de la campagne électorale, nous avons assisté au retour du bâton dans les rues d’Alger, alors qu’il existe des lois qui protègent la liberté du citoyen algérien, notamment l’article 107 du code pénal algérien sur la liberté individuelle et des droits civiques, l’article 47 du code civil sur les droits inhérents à la personnalité du citoyen, ou l’article 35 de la Constitution algérienne sur les droits et les libertés du citoyen. Que pensez-vous entre les lois qui existent en Algérie et les dépassements commis par la police en réalité ?  
Abderrahmane Mekhelef : Il est vrai qu’il existe tout un arsenal de lois qui défendent les droits et les libertés des citoyens. Mais elles ne sont jamais appliquées… Face à la nature répressive de sécurité, le citoyen n’a aucun droit. 

NB : Vous avez sans doute regarder la vidéo qui montrait des policiers usant de la violence contre des citoyens lors d’une marche pacifique à Tizi-Ouzou. L’auteur de la vidéo a été mis sous contrôle judiciaire, mais, le ministre de l’Intérieur et des collectivités locales Taïeb Belaïz a affirmé que : « Aucune directive n’a été donnée pour mettre cette personne sous contrôle judiciaire », ne pensez-vous pas que ledit auteur devrait normalement être remercié pour avoir montré ces dépassements au lieu d’être intimidé ?

Abderrahmane Mekhelef : Le citoyen qui a filmé les actes de violence commis par des policiers à l’encontre du citoyen de Tizi-Ouzou est effectivement à féliciter parce qu’il a apporté la preuve que toutes les garanties de respect des droits de l’homme clamées par les gouvernants sont du pipeau.

NB : Comment vous analysez la situation alarmante à Ghardaïa ?
Abderrahmane Mekhelef : La situation à Ghardaïa est une tragique illustration du mensonge des gouvernants. Il est évident que les Mozabites sont abandonnés à leur sort puisque les troubles graves qui secouent la Pentapole durent depuis septembre 2013 et qu’ils ont commencé en… 1967. Je me rappelle qu’à cette époque, la seule préoccupation des autorités était de voir l’information interprétée à l’étranger comme une persécution d’une minorité appartenant au rite ibadite ancrée en terre algérienne depuis 12 siècles. Il est évident que la vraie cause de ces émeutes est ailleurs. Tous les observateurs honnêtes ont relevé que des agitateurs stipendiés sont missionnés pour rallumer la mèche après chaque confrontation. Pourquoi ? Il appartient aux services de la sécurité de répondre à cette question.

NB : Au cours de la campagne électorale, Sellal avait lancé à Chlef ces termes : « Laissez les jeunes vivre ! Laissez les gens respirer », à votre avis comment les jeunes peuvent vivre s’ils ne travaillent pas, et que le taux du smic est fixé à 180 euro par mois au lieu d’être fixé à 1800 euro par mois minimum ? Comment les gens peuvent respirer si des milliers de gens vivent dans des bidons de villes et ne peuvent bénéficier d’un logement décent alors que les personnalités de l’État vivent dans les grands chalets de Club des Pins, sous haute surveillance, sans payer aucun sous et tout ça sur le dos des contribuables algériens ? Comment les gens peuvent vivre si à chaque mètre des rues, on rencontre un SDF malheureux ? En d’autres termes, comment les vœux de Sellal peuvent se réaliser sans baguette magique, mais par des actes ?  
  
Abderrahmane Mekhelef : Comment peut-on croire aux promesses faites lors d’une campagne électorale ? C’est encore du pipeau et on ne voit rien venir en matière d’aides aux jeunes, exception faite des dispositions de l’ANSEJ (Agence nationale du soutien de l’emploi des jeunes ― Ndlr) et de la CNAS (Caisse nationale des assurances sociales ― Ndlr) qui ont effectivement aidé des postulats à bien démarrer leur carrière professionnelle. Mais combien d’entre eux ont été lancé dans l’arène impitoyable des affaires sans aucune préparation ? Et qui ont été obligé de revendre leur matériel acheté grâce aux prêts bancaires et qui se sont évanouis dans la nature.

NB : La dernière élection présidentielle a fait beaucoup parler d’elle, d’ailleurs au cours d’une émission française, le journaliste Français Eric Zemmour a affirmé que : « l’Algérie n’existe pas, c’est une invention de la France. Ça a toujours été une terre coloniale »
http://www.youtube.com/watch?v=mMxdEp-jVY8
Que lui répondez-vous ?  

Abderrahmane Mekhelef : Ce bourricot de la classe n’a jamais appris ses leçons. Sinon, il aurait su que ses ancêtres, chassés d’Espagne par Isabelle la Catholique en 1492 n’ont trouvé refuge qu’au Maghreb et notamment en Algérie où ils contribuèrent à l’épanouissement de la culture locale en y implantant les recettes de la brillante civilisation andalouse. Quelques années plus tard, le roi de France François Ier a signé un accord avec la Régence d’Alger pour épargner ses bateaux des razzias des Raïs qui dominaient alors la Méditerranée. À la veille de l’invasion française de l’Algérie, les gouvernants français, que ce soit durant la Révolution de 1789 ou des règnes de Napoléon ou du roi Louis Philippe, ont négocié avec Alger pour acheter du blé algérien qu’ils n’ont d’ailleurs pas payé. Et c’est la cupidité de la royauté française, hypnotisée par le trésor de la « Casbah », qui est la vraie raison de l’expédition de 1830… Une expédition qui a été la suite de toutes celles qui ont lamentablement échoué devant les fortifications d’Alger. À commencer par l’échec cuisant de l’armada de Charles Quint en 1541.
Plus loin encore, citons les rois numides dont l’un Massinissa, fut l’allié de Rome et l’autre Jugurtha, la combattra jusqu’à la mort. Au fait, Zemmour sait que son nom est amazigh et qu’il désigne l’olivier. Tout ce qu’il mérite est un bonnet d’âne au lieu de l’envoyer débiter sur des âneries sur les plateaux de télévision. Mais il n’est que la voix de son maître comme ces pseudo-philosophes qui appellent à casser les Arabes et les musulmans et à critiquer leurs alliés Russes et Chinois. Les néo-conservateurs américains et Israël, pour qui ils roulent, peuvent être contents de leur boulet.  
 
NB : Dans votre roman Loin de la source (paru en 2010, par les éditions APIC), vous évoquez les Accords d’Évian. Selon ces accords, la France bénéficie d’un « droit de préférence » sur le pétrole algérien, et que ces droits sur les hydrocarbures algériennes constituent une partie des sources pour les salaires français. Ne pensez-vous pas qu’il est temps de remettre à table ces accords et les modifier ?  

Abderrahmane Mekhelef : Il est évident que ces accords léonins sont injustes puisqu’il est donné à la France, en plus d’un « droit de préférence » sur le pétrole, une concession sur les sites nucléaires du Sahara jusqu’en 1976. Ce qui a permis à Paris de développer sa bombe atomique et de quitter les lieux gravement pollués par la radioactivité sans les nettoyer. Le résultat est effrayant : des générations d’habitants de ces régions ont développé des cancers de tous genres et des malformations. Comme il faut revoir les accords d’association avec l’Union européenne qui ont donné d’immenses avantages commerciaux aux Européens en leur garantissant un marché juteux pour leurs produits industriels sans pour autant répondre aux doléances d’Alger sur l’investissement et le transfert de technologie.  

NB : L’Algérie vient de commémorer le 69e anniversaire des massacres du 08 mai 1945, ne pensez-vous pas qu’il est temps pour la France de reconnaître les crimes commis à l’encontre des Algériens depuis 1830 jusqu’à l’indépendance de l’Algérie en 1962, car comment peut-on parler de relations stables entre deux pays si la France ne reconnait pas son passé colonial, ne reconnaît pas ses crimes et ne présente pas des excuses au peuple algérien ?

Abderrahmane Mekhelef : La France doit reconnaître ses crimes contre les Algériens de 1830 à 1962. Mais je considère les excuses inutiles car nous avons soldé nos comptes avec la France coloniale.

NB : Rachid Mimouni disait que : « L’intellectuel doit être critique, dénoncer les tares de la société et aussi du pouvoir », et Abderrahmane Mekhelef, vous, en votre qualité d’intellectuel qu’es-ce que vous en pensez par rapport à ça ?  
 
Abderrahmane Mekhelef : Mimouni énonce là une des missions de l’intellectuel, mission parfaitement illustré par l’engagement de notre élite durant la décennie rouge. Ce qui a provoqué son extermination, à l’exemple de Tahar Djaout, Ferhat Cherkit, Boukhobza, Boucebci, Liabbes, Flici, Alloula et tous les autres.

NB : Dans une formule célèbre de Didouche Mourad disait : « Si nous venons de mourir, défendez nos mémoires », à votre avis, la mémoire algérienne a-t-elle été sauvegardée ou pas ? A-t-elle était trahie ou pas ?

Abderrahmane Mekhelef : Il n’y a qu’à voir comment l’histoire de la guerre de libération est enseignée dans les écoles pour toucher du doigt les lacunes constatées en matière de préservation de la mémoire. Le résultat est que beaucoup d’Algériens ne connaissent ni leur histoire, ni leur culture.

NB : On dit que l’intellectuel s’engage au nom de la vérité et du progrès, et Abderrahmane Mekhelef s’engage pour quel but ?

Abderrahmane Mekhelef : Pour qu’un intellectuel puisse s’engager, il lui faut des supports, des participations à des émissions, des colloques qui lui permettent de s’exprimer. Ce n’est pas mon cas. Dernièrement, lors d’une émission télévisée consacrée à « un brin de menthe », j’ai évoqué la responsabilité de Bouteflika dans l’absence d’une prise en charge sérieuse de la sauvegarde de la Casbah, un thème qui me tient à cœur. En effet, la Casbah a failli être sauvée lors de l’opération de réhabilitation de ce patrimoine en 1998, sous la conduite du ministre gouverneur du Grand Alger, Cherif Rahmani, en coopération avec la Fondation Casbah. Ce plan, qui est le résultat de décennies de réflexions à laquelle ont participé d’éminents architectes urbanistes comme Le Corbusier, Oscar Niemeyer et Fernand Pouillon, consistait à diviser la Casbah en ilôts, à évacuer les locataires, à obliger les propriétaires soit à restaurer leurs bâtisses en respectant un cahier des charges qui leur interdit d’altérer l’architecture originelle et leur fait obligation d’utiliser des matériaux idoines, soit à les céder à la wilaya. Pour cela, ces propriétaires ont été réunis dans une association, à l’intérieur de la Fondation, qui a également préconisé la création du Haut Commissariat de la Sauvegarde de la Casbah placé sous la tutelle de la présidence de la République. Cette institution sera la seule à intervenir sur le tissu de la vieille ville. Il manquait des logements pour recaser les locataires. C’est encore la Fondation qui a sensibilisé le premier ministre Ouyahia à cette question. Ouyahia mit à la disposition de l’opération 3000 appartements neufs. L’opération pouvait démarrer et les trois premiers ilôts, Sidi Ramdane, Souq El Djemaâ et la Marine sont traités. Un millier de familles sont évacuées et relogées. Les bâtisses sont murées pour éviter leur squat et les clefs sont remises aux propriétaires. Et alors que l’opération atteignait sa vitesse de croisière par le traitement des autres ilôts, le président Bouteflika, qui venait d’être élu, mit fin à l’opération en limogeant Rahmani et en le remplaçant par le wali Nourani. C’est ce détail impliquant le président dans l’abandon de la vieille ville qui a été supprimé.  

NB : Certains disent que : « Le peuple reproche aux intellectuels de se préoccuper plus de leur confort personnel et de leur devenir que du devenir national », quelle est la part de vérité dans tout ça ?

Abderrahmane Mekhelef : Il y a intellectuel et intellectuel… Les intellectuels de service ne se préoccupent que de leur confort personnel et que l’on a classé dans la catégorie dite de la trahison des clercs. Et les autres, dont j’ai parlé plus haut et qui ont fait leur devoirs jusqu’à en mourir.
  
NB : Est-ce que votre prochain roman, s’inscrira toujours dans la lignée de la mémoire historique ?

Abderrahmane Mekhelef : Le prochain sera consacré à la décennie rouge.

NB : En un seul mot, que manque exactement aux Algériens ?
Abderrahmane Mekhelef : Il leur manque la liberté. Toutes les libertés. De s’exprimer, de manifester, de se réunir, de défendre leurs droits. La répression des dernières manifestations contre le quatrième mandat illustre cette carence. Des passants ont même été arrêtés et incarcérés, comme Mohand Kaci, un étudiant de 23 ans et militant de RAJ (Rassemblement action jeunesse — Ndlr) et Moez Benncir, un ressortissant tunisien parfaitement en règle qui est assistant d’édition dans une société franco-algérienne. Leur crime : s’être attablés dans un café de la rue Didouche Mourad au moment où se déroulait une manifestation du mouvement Barakat, le 16 avril. Lors de leur procès, le procureur a requis une peine d’un an de prison. Ils ont été finalement condamnés à 6 mois de prison avec sursis.  
 

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Un brin de menthe à l’oreille
Le dernier roman de Mekhelef paru chez les éditions APIC Algérie
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Dédicace
Dédicace à la Librairie générale d’El-Biar, place Kennedy, Alger, Algérie.

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14 réactions à cet article    


  • kitamissa kitamissa 4 juin 2014 12:58

    Et ce sont également les frères Bacri qui ont été les fautifs dans l’affaire du blé fourni à Bonaparte au moment de sa campagne d’Egypte, donc une vieille affaire ressortie par le Dey d’Alger de l’époque quand Deval, le ministre plénipotentiaire Français était allé à Alger pour se plaindre des exactions commises par les Pirates Algériens, alors qu’il y avait un accord entre la France et l’Algérie, sous la tutelle des Turcs à cette époque !


    Et c’est Charles X Roi de France à cette époque, qui sentait son règne en déclin qu’il prit pour prétexte de venger l’honneur de la France suite au coup de chasse mouche qu’il reçut du Dey ! 


     ce n’est que 3 ans après l’incident diplomatique que Charles X décida ces représailles 

    Malgré l’opposition alors que les caisses étaient vides pour engager une telle expédition ..

    environ 600 navires pour transporter 45000 hommes de troupe et toute la logistique, y compris 35 navires de guerre d’assaut munis de pièces de marine à longue portée ..

    la France reçut l’aval de l’Angleterre pour cette expédition, ....

    Donc ensuite, lors de la prise d’Alger en 1830, dans le trésor du Dey on trouva de quoi rembourser l’expédition qui avait coûté 45000 Fcs Or de l’époque !

    Ensuite, la France n’envisageait pas de conserver l’Algérie, Mais c’est le nouveau Roi Louis Philippe qui décida d’en faire une colonie Français !!

    Maintenant au sujet de la repentance, y’en a marre !! personne n’est responsable de l’histoire d’un pays et de tout ce qu’il a pu faire à une époque où les guerres ont été faites par tous les pays pour diverses raisons bonnes ou mauvaises !!

    • ablikan 4 juin 2014 13:04

      >Maintenant au sujet de la repentance, y’en a marre !! personne n’est responsable de l’histoire d’un pays et de tout ce qu’il a pu faire à une époque où les guerres ont été faites par tous les pays pour diverses raisons bonnes ou mauvaises !!

      C’est pas avec ce genre de discours que je vais recevoir mes excuses de Rome !


    • RAF 5 juin 2014 00:52

      @ kitamissa

      Tiens donc !

      On s’improvise historien, histoire de donner un défouloir à ses penchants racistes et d’excuser probablement des torts personnels.

      L’histoire de la conquête de l’Algérie commence bien plus avant que vous ne l’imaginez et ne voulez nous le faire croire. Je n’en veux pour infirmer votre thèse et la renvoyer aux caniveaux d’où vous nous la sortez que la première expédition datant de 1664, soit du temps de Louis XIV, sous le commandement de l’amiral Duquesne - laquelle d’ailleurs s’est soldée par la prise de Djidjelli (Jijel aujourd’hui) et quelque temps après par le refoulement de ses armées.

      Je ne m’étendrai pas sur vos incohérences, en tout cas visiblement tendancieuses, mais je vous rappellerai quand même que la France nourrissait de bien antiques ambitions impérialistes. L’occasion, pour ce qui concerne l’Algérie, ne s’est présentée qu’avec l’effondrement de l’empire ottoman. Ne dit-on pas en effet que quand le chat s’absente les souris se mettent à la danse.

      S’il vous plaît, ne ressortez plus le motif du fameux coup d’éventail ni l’excuse de la piraterie ou celle tout aussi ridicule de l’honneur bafoué qu’il fallait réparer.

      Un mot cependant sur la « repentance ». Pourquoi vous ramener ici avec ce sujet ? C’est décidément une manie bien maniaque qu’ont certains sur Av. Vous a-t-on jamais demandé des comptes ? Non. Vraiment pas. Alors c’est que ça vous pèse sérieusement sur la conscience. Un conseil d’ami : discutez-en avec votre psy.

      Salut. 
        


    • Bellamine Nassira Bellamine Nassira 5 juin 2014 09:48

      @Kitamissa

      Salut,

      Merci pour le com. je sais pas si le conseil d’ami m’est adressé ou pas en tout cas c’est pas tombé dans l’oreille d’une sourde, il se trouve comme par hasard, j’ai consulté un psychiatre, et quand il a commencé à me soigner ça s’est produit l’inverse, il a pleuré et il m’a recommandé de ne plus jamais venir le voir, ensuite je l’ai appelé par téléphone pour au moins il m’oriente vers un autre confrère et suivre une thérapie, je pourrai dire qu’il était très sympa et m’a orienté vers cette fois-ci un « psychanalyste ». Mais le psychanalyste quand il m’a entendu pendant 3 heures !!! Il m’a dit ceci : « Madame... Croyez-moi sur parole, si Freud en personne était en vie et se trouvait là à ma place à vous écouter, croyez-moi, il va démissionner et renier tous les fondements de la psychanalyse, il va abandonner la psychanalyse et ouvrir une gargote pour vendre la »clientita". Conclusion : où est-ce que vous voulez que j’aille consulter si tous les psy du monde entier me refusent smiley


    • RAF 5 juin 2014 15:08

      @ Nassira,

      Non, rassurez-vous, le message portant recommandation de psy ne vous est pas destiné. Et d’ailleurs il est signé RAF. Ceci dit j’ai trouvé comique que des psy abdiquent devant leur patiente et fondent en pleurs.

      Cordialement.


    • OMAR 4 juin 2014 20:19

      Omar33

      Bonjour Nassira

      Il n’y a pas de juifs d’Algérie, mais des juifs algériens.

      Car l’Algérie, c’était aussi leur pays.

      Et aucun doute que des juifs algériens aient partagé les malheurs des autres algériens.

      Certains se sont battus, d’autres sont morts pour que vive l’Algérie Algérienne.
      (Henri Alleg,...).
      Mais une majorité s’est laissée détachée de son peuple par l’intermédiaire de ces scélérats « Décrets Crémieux ».
      Décrets qui n’ont jamais été dénoncés ou rejetés par la communauté juive algérienne.
      Et quand vous entendez un E. Macias se déclarer plutôt pieds-noirs qu’algérien de souche....

      Enfin, juste une information très symbolique et significative.

      La plus grande synagogue d’Algérie se trouve au cœur de la....Casbah.
      Nous la dénommons « Djamâa Lihoud » (Mosquée des juifs).
      http://casbah-algerie.blogspot.com/2008/09/djamaa-lihoud-ou-lancienne-grande.html
      .


      • Bellamine Nassira Bellamine Nassira 4 juin 2014 21:02

        Bonjour Omar,

        C’est votre blog casbah-algerie... ? intéressant comme article, au fait Henri Alleg c’est pas lui qui a écrit « La question » ?


      • Alex Alex 4 juin 2014 23:29

        « Aussi l’administration coloniale a toujours voulu les extraire de leur société d’origine pour les intégrer dans la société française en promulguant le décret Crémieux qui leur octroie la citoyenneté française »

        C’est dommage de commencer un article par une telle affirmation, car on peut légitimement se demander si le reste est du même niveau...

        Le décret Crémieux vient du nom de son auteur, Isaac-Moïse Crémieux (curieusement connu sous le prénom d’Adolphe), « fier d’être juif » (Wiki) et l’un des fondateurs de l’Alliance Israélite Universelle. Il prit cette mesure dans un but communautaire.
        Ce décret fut promulgué le 24 octobre 1870, date à laquelle la France était envahie par l’armée allemande, la ville de Paris encerclée, et le gouvernement français en exil à Tours, ce qui permet d’en mesurer l’urgence...

        Suite aux manifestations des Musulmans, lorsque «  le chef du gouvernement provisoire, Adolphe Thiers, déposa le 21 juillet 1871 un projet d’abrogation du décret Crémieux, celui-ci fut repoussé sous la pression du banquier Alphonse de Rothschild » dont la banque garantissait la dette de guerre que la France devait payer à l’Allemagne. (Source : Herodote.net)

        D’après Nahum Goldman : « Au Maroc, les Juifs se méfiaient tellement des Arabes qu’ils étaient presque tous pro-français – ce qui a provoqué une certaine haine de la part de ceux qui aspiraient à l’indépendance. »

        En ce qui concerne l’harmonie entre les communautés, on peut donc avoir quelques doutes sur sa généralité, car on trouve tous les cas de figure : pendant la guerre d’Algérie, certains Juifs aidaient le FLN pendant que d’autres informaient le Mossad, qui faisait suivre au Sdece.

        Outre la colère d’Allah contre les Juifs et Chrétiens, ce qui a porté le plus de tort à ces relations fut l’action des organisations communautaires, puis celle d’Israël.

         


        • OMAR 5 juin 2014 00:12

          Omar33

          @Alex

          C’est sous les conseils ou plutôt les orientations de Isaac Crémieux, que Gambetta quitta Paris par ballon (la ville étant assiégée) pour aller voir Rotschild afin d’obtenir un prêt financier destiné aux Allemands.

          Rotschild accorda ce prêt sous deux conditions, que les juifs condamné à mort pour des délits de droit commun se voient commuer leur peine à la détention, et que les juifs d’Afrique du Nord accèdent à la nationalité française.

          Et malgré cet acquis, jamais les colons français n’avaient accepté cette assimilation, d’où certains pogroms et actes antisémites.
          http://www.lepoint.fr/actualites-litterature/1996-06-01/max-l-antijuif-roi-d-alger/1038/0/104287
          Le comble est qu’ à chaque vague antisémite qui se produisait, les juifs venaient se réfugier dans les quartiers et villages « indigènes ».

          @Nassira

          Henri Alleg (Harry Salem) auteur de « La Question » était aussi un responsable du journal « Alger Républicain ».
          http://www.slate.fr/france/75550/mais-qui-dira-tout-le-reste


        • Bellamine Nassira Bellamine Nassira 5 juin 2014 16:54

          @Omar,

          Il était donc responsable d’Algérie républicain !!! ha ha !!! intéressant, Albert Camus n’écrivait pas des articles ds ce journal ou je me trompe ? C’est ds ce journal qu’il a fait un reportage sur « la misère de la Kabylie » en 1939 ???


        • cathy30 cathy30 5 juin 2014 09:00

          Hé bien oui la terre des galères a toujours été une terre coloniale, même sous les romains. 

          Bravo, pas un mot sur l’indépendance de 1962. Les intellectuels algériens se cherchent une histoire qui n’existe pas et les religieux une ascendance avec leur prophète. Pourquoi ne pas chercher à la construire votre histoire, plutôt qu’être constamment dans la victimisation. Vos jérémiades sont inaudibles.
          Quant aux juifs, laissez les en dehors de vos histoires et massacres.

          PS : les occidentaux pendant la 1ere et 2eme guerre mondiale, ont payé le prix fort, sommes nous toujours entrain de pleurer ?, non, nous construisons malgré tout cela, faites pareil. 

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Bellamine Nassira

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