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Accueil du site > Actualités > International > Accident à bord du sous-marin russe : l’anglais a-t-il joué un rôle (...)

Accident à bord du sous-marin russe : l’anglais a-t-il joué un rôle ?

L’accident du sous-marin nucléaire russe, le Nerpa, qui a fait 20 morts, est le plus grave depuis celui du Koursk en 2000. Les autorités ont rapidement conclu à l’erreur humaine, un matelot aurait avoué avoir déclenché le système anti-incendie.

« L’enquête a établi qu’un membre de l’équipage, un matelot, a fait fonctionner le système anti-incendie à bord du sous-marin, sans autorisation et sans aucune raison », a déclaré jeudi un porte- parole du Comité de l’enquête auprès du Parquet russe, Vladimir Markine, cité par l’agence Ria-Novosti.
Les victimes ont été asphyxiées en inhalant du fréon émis par le déclenchement intempestif du système anti-incendie. Selon les autorités, aucun incendie ne s’était déclaré à bord. »

Mais les choses semblent plus compliquées que ne le laissent entendre les premières déclarations officielles.

Tout d’abord, ce sous-marin devant être loué à l’Inde, une erreur humaine serait moins préjudiciable à cette location-vente qu’un défaut de conception du logiciel ou une défaillance technique.

D’autres facteurs ont été avancés, qui ont pu permettre ou aggraver l’accident.

«  Plusieurs experts et collègues du sous-marinier mettent d’ores et déjà en doute la version officielle. "Nous ne croyons pas qu’il ait pu intentionnellement ou accidentellement déclencher le système anti-incendie. Je sers depuis longtemps avec lui, depuis 2003. Ce n’est pas un débutant. C’est un spécialiste compétent", a déclaré un officier du Nerpa à l’agence Interfax. "Nous ne croyons pas qu’il soit coupable et craignons qu’il puisse faire des aveux sous la pression", a-t-il ajouté, sous couvert de l’anonymat. "Ils l’ont emmené hier soir pour un interrogatoire, et depuis il n’est pas revenu", a-t-il dit. »

Les masques à gaz auraient été défectueux ou en nombre insuffisant, pour un équipage civil et militaire en surnombre en raison des essais en mer.
« Selon le quotidien populaire russe « Tvoï Den’ », le grand nombre de morts pourrait s’expliquer aussi par le fait que plusieurs masques respiratoires à bord du sous-marin Nerpa étaient "défectueux". »

"Certaines victimes trouvées à bord du submersible portaient des masques respiratoires, mais ces appareils ne fonctionnaient pas", a assuré au quotidien le survivant Dmitri Oussatchov. »

« Révélation, en revanche : il y avait 208 personnes à bord, dont 81 marins alors que ce type d’appareil est prévu pour 73 membres d’équipage.
"Un sous-marin est particulièrement vulnérable pendant les essais. Avec à la fois du personnel de Marine et des civils à bord, il est très difficile de maintenir un grand nombre de gens organisés", a commenté Gennady Illarionov, un officier sous-marinier retraité, cité par l’agence RIA-Novosti. »

Enfin, il existe un dernier facteur à cet accident dramatique : l’usage de l’anglais dans les logiciels et les instructions affichées.
(information rapportée par le média citoyen espérantophone Libera folio, à partir de journaux russes)

« La méconnaissance de l’anglais a causé la mort (ndt : la perte) des marins russes (titre)
Le sous-marin nucléaire "Nerpa" a souffert du système de sécurité anti-incendie, très moderne, qui a été installé sur l’insistance des clients indiens.

- Même l’ensemble des instructions sont uniquement en anglais, pas possible de s’y retrouver, - dit l’un des spécialistes arrivés dans la ville côtière Bolchoï Kamen pour mener l’enquête. – Mais il reste beaucoup de choses inexpliquées. »

« Aujourd’hui, nous avons contacté l’ingénieur Youri
(à sa demande, nous ne donnons pas son nom de famille). Il devait faire partie de l’équipage du "Nerpa" – il avait même signé le contrat mais changé d’avis au dernier moment.
"Déjà quand j’ai pris la décision de quitter l’équipage, a été discuté le problème des instructions du système qui étaient en anglais, parce que le sous-marin a été construit pour les Indiens. Nous avons fait par écrit plusieurs réclamations en demandant que l’on traduise tout en russe, au moins pour la période des essais, mais je ne sais pas si cela a abouti. »

(traduit du russe)

Ces circonstances rappellent étrangement les accidents d’irradiation de l’hôpital d’Epinal, où l’usage d’un logiciel en anglais avait été un co-facteur de ces erreurs médicales aux lourdes conséquences. Dans les mois qui ont suivi, le Ministère de la Santé avait rendu obligatoire l’usage de logiciels traduits, et imposé que les formations des manipulateurs et radiothérapeutes se fassent elles aussi en français – ce qui n’était auparavant pas toujours le cas.

« Outre plusieurs opérations qui n’ont pas été effectuées, comme la traçabilité des opérations ou l’écriture préalable du protocole, les manipulateurs n’ont disposé "d’aucun guide d’utilisation en français adapté à leur pratique quotidienne" et n’ont pas été formés correctement à la modification effectuée. »
(Article d’un site infirmier, basé sur le même rapport officiel dont le lien est indiqué plus haut)

Confirmé également par le Ministère de la santé dans son communiqué de presse du 06/03/07  :
« Par ailleurs, il reste 5 centres de radiothérapie équipés de logiciels en anglais alors qu’ils sont interdits. L’agence française de sécurité sanitaire contrôle actuellement leur remplacement. On peut rappeler que les centres de radiothérapies, les hôpitaux qui s’en équiperaient comme leurs fournisseurs s’exposent à des poursuites judiciaires. »

Malgré ces confirmations officielles et ces rapides réactions du Ministère de la Santé, le fait de ne pas travailler en français ne fut que très brièvement évoqué dans les médias, par exemple par Le magazine de la santé, sur la 5, et certaines revues médicales, mais passé sous silence par d’autres...

On peut également rappeler que les malentendus en anglais ont été co-facteur du terrible accident de Ténériffe en 77, après lequel le vocabulaire anglais de l’aviation a été modifié, et les procédures de répétition des instructions reçues - systématisées.

L’aviation récente ne manque pas de malentendus de ce type, avec ou sans accident, mais cela ne fait jamais la une et, le cas échéant, on les met sur le compte de la mauvaise formation des pilotes dans telle ou telle compagnie, ou de leur faible niveau d’anglais (sous-entendu : apprenez mieux l’anglais).

Par exemple, bien que leur emploi ait été codifié après Ténériffe, les mots et expressions clear/cleared/hold clear se prêtent facilement à des malentendus.

Même si les rapports officiels sur l’accident du sous-marin russe restent encore évasifs sur les circonstances exactes, et qu’il n’y a pas suffisamment d’éléments pour titrer, à la manière d’un tabloïd, « L’anglais a encore tué », cet accident nous rappelle que c’est dans sa propre langue qu’on travaille le mieux, que la connaissance de l’anglais est toujours imparfaite, aléatoire – y compris parmi les personnels très qualifiés, dont le niveau d’anglais peut être correct, mais qui, loin de se contenter de demander la direction d’un hôtel, manipulent au contraire des logiciels et des machines sophistiqués. Même si leur niveau est meilleur que celui du citoyen lambda, le risque d’erreur grave existe toujours.

 L’usage d’une langue nationale, difficile par définition, aux nombreux idiotismes et à la phonétique aussi complexe que celle de l’anglais, est source de fréquents malentendus. Il est regrettable que ce sujet qui nous concerne tous, soit toujours escamoté par les médias. Combien de victimes faudra-t-il avant qu’on aborde ouvertement la question de la communication internationale ?


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36 réactions à cet article    


  • morice morice 25 novembre 2008 13:12

     La méconnaissance de l’anglais a causé la mort (ndt : la perte) des marins russes (titre)
    Le sous-marin nucléaire "Nerpa" a souffert du système de sécurité anti-incendie, très moderne, qui a été installé sur l’insistance des clients indiens.

     Même l’ensemble des instructions sont uniquement en anglais, pas possible de s’y retrouver, - dit l’un des spécialistes arrivés dans la ville côtière Bolchoï Kamen pour mener l’enquête. – Mais il reste beaucoup de choses inexpliquées. »

    pour le koursk, c’était le langage torpille qu’il a pas compris ?


    • Krokodilo Krokodilo 25 novembre 2008 16:19

      Morice,
      Deux accidents peuvent avoir des causes différentes, autres que « le langage torpille » donc. Et dans les accidents du travail, on retrouve souvent plusieurs facteurs associés, comme mauvaise sécurité, procédures inadaptées, fatigue, etc. C’est peut-être le cas ici, mais on ne le saura pas, car, comme dans toutes les armées du monde, leur rapport ne dira que ce qu’ils veulent bien laisser passer, cf notre chalutier pendant les manœuvres navales.

      Une mauvaise compréhension de l’anglais ou une erreur humaine ne gênerait pas les Indiens, car c’est une de leurs langues nationales, ils penseront que leurs marins se débrouilleront mieux, alors qu’un défaut du logiciel gênerait la vente.



    • appoline appoline 25 novembre 2008 18:50

      Bah, il manquait un OS sur la chaîne de montage, une fois de plus.


    • Zalka Zalka 25 novembre 2008 13:32

      D’où la nécessité d’un bon enseignement de l’anglais. Merci de nous apporter cet important renseignement.


      • Krokodilo Krokodilo 25 novembre 2008 16:22

        Zalka, y a k’a. Mais c’est effectivement une des possibilités, la plus injuste, la plus complexe et la moins efficace à grande échelle.
        Envoyer les notes de frais de lobbying au British Council, Londres.


      • Zalka Zalka 25 novembre 2008 16:38

        Effectivement. Y’a k’a. C’est d’ailleurs votre plan de mise en oeuvre pour l’esperanto également : y’a k’a.

        La plus injuste ? Effectivement, c’est plus juste de prendre une langue que personne ne parle.
        La plus complexe ? Effectivement, c’est tellement plus simple de former des dizaines de millions de profs d’esperanto (pour 200 000 maitrisant la langue actuellement).
        La moins efficace ? Effectivement, c’est tellement plus efficace de repartir de zéro lorsqu’on a déjà une langue véhiculaire avec plus d’un milliard de personnes.

        Quant à moi, je ne travaille pas pour un quelconque lobby, je refuse simplement qu’une bande d’idéalistes attardés ruinent le temps que j’ai passé à apprendre l’anglais juste parce que eux n’ont pas eu assez de bon sens pour comprendre que c’était une voie sans issue. Mon grand père avait appris les bases de l’esperanto, mais il a eu assez de bon sens pour faire étudier l’anglais à ses enfants.



        Au fait, une petite remarque : vous ne trouvez pas étonnant d’avoir du matériel avec de l’anglais dans un sous marin russe ? C’est quand même le genre d’engin top secret. Un pays puissant comme la russie ne doit probablement pas sous traiter à une boite américaine ou anglaise : il suffirait qu’un des dirigeants de la boite fasse une crise de patriotisme pour que "l’ennemi" obtiennent des infos.


      • Krokodilo Krokodilo 25 novembre 2008 17:08

        Etonnant non, puisqu’ils coopèrent maintenant dans de nombreux domaines : dans le spatial, les USA sont en passe d’être dépendants de la Russie pour leurs lanceurs, surtout si leur programme de navette est vieillissant, je me demande s’il n’y a pas un article en modération qui l’évoque, peut-être Morice ?
        Etonnant, non, mais dangereux, certainement… Un équipage russe doit travailler en russe, c’est ça la sécurité, même si certains veulent imposer à tous les métiers du monde de coopérer en anglais.

        Je blaguais pour le lobby, of course, mais vous dites quelque chose d’intéressant, de significatif :
        « Quant à moi, je ne travaille pas pour un quelconque lobby, je refuse simplement qu’une bande d’idéalistes attardés ruinent le temps que j’ai passé à apprendre l’anglais juste parce que eux n’ont pas eu assez de bon sens pour comprendre que c’était une voie sans issue. »

        C’est le raisonnement de la plupart de nos dirigeants, privilégier une solution pratique pour eux et pour leurs enfants (qui ont probablement déjà des cours du soir, des nannys), à court terme, élitiste, plutôt que de poser le problème d’une solution qui exigerait peut-être un nouvel apprentissage, mais serait plus efficace à moyen terme et diffusable au plus grand nombre.
         Transporter des seaux d’eau était efficace, cela n’a pas empêché de réfléchir et de tester de nouvelles méthodes d’irrigation, idem dans plein de domaines, aucune raison que la communication ne soit pas abordée selon la même logique.

        Quand la technologie change, on apprend : regardez toutes les « conneries » de manipulations aveugles que l’informatique nous a obligées à mémoriser par cœur, car nous n’en comprenons en général pas le détail. Combien de crises de nerfs à cause de ces machines performantes mais peu fiables, qu’il faut changer régulièrement même quand ça marche enfin ? L’espéranto, à côté de ça, c’est un vrai plaisir. Vi provu ĝin, ĝis (essayez-le, A+)



      • Romain Desbois 26 novembre 2008 00:06

        @Zalka
        Oui votre réaction est normale, c’est difficile de s’arrêter après tant d’effort et ce malgré le piètre résultat (je parle en général de l’enseignement de l’anglais).
        C’est ce qu’on appelle la statégie d’engagement dans les traités de manipulation.
        Mais je crois qu’une autre raison est aussi forte parmi ceux qui parlent anglais : le savoir est le pouvoir.
        Maîtriser une langue (où laisser croire) que d’autres ne savent que baraguouiner est un atout dans une société de compétition.
        Et pour une fois je cite la génèse :" Et Javé dit : et voici que si tous les humains parlent le même langage, plus rien ne pourra les empêcher d’entreprendre ce qu’ils veulent entreprendre"
        Si Dieu le dit......


      • Wlad Wlad 27 novembre 2008 11:33

        @Romain : qui parle de "piètres résultats" ?

        Je crois savoir que Zalka parle très bien anglais.


      • Hermes Hermes 28 novembre 2008 11:06

        "D’où la nécessité d’un bon enseignement de l’anglais. Merci de nous apporter cet important renseignement. "

        Comme nous ne savons pas le niveau de notre sousmarinier. Deux cas possibles, le premier il a un faible niveau d’anglais, donc oui faut amémiorer le niveau. Le second il a un excellement niveau, donc le probleme vient de la langue elle même


      • Τυφῶν בעל Perkele winkiesman 3 décembre 2008 13:33

        Vous vous contredisez, Prodhon : il est évident que si l’anglais n’était pas une langue mais le dialecte des débiles profonds, vous devriez être locuteur natif.

        Typhon, to winkie’s


      • Romain Desbois 25 novembre 2008 14:30

        Mais oui continuons a croire qu’il suffit de mieux apprendre l’anglais pour se retrouver au même niveau que ceux qui l’ont comme langue maternelle. Pendant ce temps ils se perfectionnent dans d’autres domaines (medecine, sciences, etc...)

        Et les irradiés d’Epinal vous les avez oublié ?! je vous invite à aller jeter un oeil sur cet article paru sur mon blog en avril dernier.

        http://ideauxetdebats.20minutes-blogs.fr/trackback/87104


        • finael finael 25 novembre 2008 15:14

          Cela voudrait-il dire que l’apprentissage de l’anglais (ou plus exactement de l’américain) serait devenu obligatoire pour les habitants de la planête ?

          Dans d’autres domaines on parle de "vente forcée".


          • eugène wermelinger eugène wermelinger 25 novembre 2008 15:51

             Kiam rusa matroso provis manipuli termostaton, li akcidente ŝaltis la fajroestingan sistemon.

            Voilà l’explication, je traduis (de l’espéranto en français) : Quand un marin russe a essayé de manipuler un thermostat, il a accidentellement enclenché le système d’extinction d’incendie. 


            • K K 26 novembre 2008 09:32

              J’avoue que devant une notice redigee en Esperanto, je ne saurais absolument pas quoi faire (tout comme tous les marins de ce sous marin). En general, par ecrit, la comprehension globale de l’anglais est correcte chez les techniciens et personnels navigants. La ou on rencontre plus de problemes, c’est a l’oral avec les differents accents. L’esperanto est lui bien moins repandu et ne supprimera pas les problemes d accents.


            • Krokodilo Krokodilo 27 novembre 2008 09:19

              K
              Tout à fait d’accord que c’est à l’oral que l’anglais se prête énormément aux malentendus, mais même par écrit, les idiotismes peuvent poser problème, notemment si les notices et logiciels ne sont pas spécialement conçus selon ce qu’on appelle l’anglais international, basique et en évitant les pièges.

              L’espéranto, à l’écrit, présente clairement la fonction des mots, qui est transparente : nom (o), adjectif (a), adverbe (e) et verbes. Et les accents ne sont pas plus gênants que les variations régionales en français.



            • morice morice 25 novembre 2008 16:25

               Etonnant qu’on ait pas encore sorti l’alcool comme problème..... ils savent même le simuler !! hips !


              • Krokodilo Krokodilo 25 novembre 2008 16:51

                C’est vrai que la France est exemplaire…
                http://www.liberation.fr/societe/010128494-alcool-les-jeunes-boivent-des-douze-ans
                Et la GB :
                « Un pilote arrêté à l’aéroport de Heathrow pour alcoolémie trop élevée »
                http://news.fr.msn.com/insolite/article.aspx?cp-documentid=10264224



              • Annie 25 novembre 2008 18:03

                C’est surtout l’appât du gain et la bétise humaine qui tuent les gens. Je ne sais pas combien coûte ce genre d’appareil, mais je suis sûre que dans le prix, on aurait pu inclure celui de la traduction.
                Cela me rappelle l’hôpital d’Abéché, livré clé en main par la France au peuple tchadien reconnaissant, avec ses appareils électriques dont les instructions étaient rédigées en allemand et en russe. Pour les appareils de cuisson dans la cuisine, ce n’était pas trop dramatique (en outre personne ne se servait de la cuisine), par contre au bloc opératoire, c’était plus compliqué....


                • Hieronymus Hieronymus 25 novembre 2008 21:03

                  merci pour cet interessant article
                  puis je vous demander ou a ete prise la photo qui l’illustre ?
                  un port de Russie je pense, mais lequel ?


                  • docdory docdory 25 novembre 2008 21:29

                     Hieronymus 

                    A vue de nez , Mourmansk ?


                  • Hieronymus Hieronymus 26 novembre 2008 17:15

                    Mourmansk, je crois pas trop ..

                    Vladivostok ? me semble plutot


                  • Krokodilo Krokodilo 27 novembre 2008 09:18

                    Hieronymus,

                    En fait, j’avais fait une simple recherche google, la photo mentionnait seulement « Nerpa ». Mais un de mes 60 stagiaires délocalisés a fini par trouver l’info sur un forum :

                    « Le SNLE K-152 "Nerpa" (projet 971, classe Akula-II ou Akula-I amélioré ?), alias futur SNLE INS "Chakra" loué à la marine indienne d’après certaines sources bien informées. ("Nerpa" est le nom d’un chantiel naval (n° 85) de la marine russe sur la mer de Barents, situé au fond de la Baie Olenia, à 5 km de Snezhnogorsk (Viouzhny ou Moumansk-60) et à quelques kilomètres à l’ouest de Poliarny - se traduit aussi par "phoque" en russe). »
                    http://www.vivreenrussie.net/forum/viewtopic.php?t=10702&sid=2dd3f73b6f282cca5f17d90ffe4e899c



                  • docdory docdory 25 novembre 2008 21:34

                     @ Krokodilo

                    Excellente et très éclairante ,cette comparaison entre cette affaire de sous-marin russe et l’affaire d’Epinal . Non seulement un mode d’emploi doit être traduit dans la langue de l’utilisateur , mais doit avoir été écrit dans la langue du concepteur ( on imagine mal un concepteur français de sous-marin écrire lui même un mode d’emploi de son engin en anglais ! Il faut qu’il l’écrive en français et qu’un bon traducteur le traduise en anglais ! )


                    • K K 26 novembre 2008 09:35

                      Je travaille pour une societe finlandaise qui developpe du materiel, les documentations sont redigees directement en anglais


                    • Asp Explorer Asp Explorer 25 novembre 2008 22:25

                      Je crois que c’est la première fois que je lis un article aussi débile sur agogovox depuis le célèbre "le tutoiement c’est du terrorisme".


                      • Krokodilo Krokodilo 27 novembre 2008 09:20

                        Asp,
                        J’essaierai de faire pire la prochaine fois ! C’est sûr que c’est pas du politiquement correct ; en plus, des infos inédites en langue française, venues de Russie via des médias espérantophones, ça peut en défriser certains...



                      • Wlad Wlad 27 novembre 2008 11:46

                        Complètement crétin. Le sous-marin était destiné aux Indiens, je ne vois pas pourquoi ses concepteurs se seraient cassé le cul à tout traduire en russe pour les essais.


                      • Krokodilo Krokodilo 27 novembre 2008 18:24

                        Wlad, pas sûr que les familles des victimes soient de votre avis.


                      • Hermes Hermes 28 novembre 2008 11:09

                        "Je crois que c’est la première fois que je lis un article aussi débile sur agogovox depuis le célèbre "le tutoiement c’est du terrorisme". "

                        Je crois que votre niveau de lecture est de plus en plus lamentable


                      • Iren-Nao 26 novembre 2008 01:08

                        Article interessant.

                        Le danger qu’il y a a communiquer dans une langue etrangere, et notamment a travers des appareils radio qui deforment la voix n’est pas mince et c’est bien precisement un probleme que j’ai a resoudre en ce moment (communication entre plongeurs sous-marins de nationalites differentes..)

                        Des tas de gens se flattent de bien parler anglais, c’est souvent assez rigolo quand on les ecoute.

                        Par ailleurs l’anglais est parle fort convenablement par des tas de nationalites ayant des accents tres tres differents, a la radio cela peut etre inbitable. ex : avez vous deja cause anglais avec un Coreen ? c’est une experience je vous dis...

                        Qui n’a jamais acquiesse avec un vague sourire a une phrase qu’il n’avait pas comprise. ?

                        Ajoutez a ce probleme une ambiance tendue ou de panique et alors vous ne comprenez plus que votre langue naturelle. On ne compte bien que dans sa langue...

                        Il faut le savoir.

                        Salut

                        Iren-Nao


                        • Krokodilo Krokodilo 27 novembre 2008 09:24

                          Les témoignages vécus, comme le vôtre, sont toujours victimes d’autocensure dans les médias, tant ce sujet est occulté. On a déjà de piètres réusltats avec une seule langue étrangère, voilà que l’UE veut nous en faire apprendre deux ou trois le plus tôt possible, de force, of course, comme si on pouvait apprendre une langue étrangère sans une forte motivation...


                        • Krokodilo Krokodilo 27 novembre 2008 09:21

                          La confusion persiste :
                          Le fait que ce sous-marin soit destiné à la marine indienne aurait été démenti par le ministre de la Défense russe :

                          http://www.marinebuzz.com/2008/10/28/indian-interests-on-sea-trials-of-russian-akula-ii-class-nuclear-submarine/

                          Mais confirmé par la presse indienne anglophone :
                          « A local daily close to the Kremlin on Wednesday reported that the nuclear submarine was to be leased to India and an agreement to this effect was to be signed after the completion of trials. »

                          http://timesofindia.indiatimes.com/India/Indians_on_accident-hit_Russian_sub/articleshow/3704842.cms

                          La possibilité de la présence d’Indiens à bord du sous-marin lors de l’accident avait été évoquée mais non confirmée. Par contre, la présence en Russie de fonctionnaire indiens semble attestée, ce qui tendrait à confirmer la réalité d’un contrat militaire entre les deux pays :

                          « "Indian Navy officials are already there in Russia monitoring the submarine project — both during its construction phase and now during the sea trial phase. So we are keeping a close watch on the developments," according to Indian Navy officials. »
                          Même média : The Times of India

                          http://timesofindia.indiatimes.com/India/Indians_on_accident-hit_Russian_sub/articleshow/3704842.cms

                          Enfin, point le plus gênant pour les autorités russes, le système anti-incendie semble avoir été mal conçu :

                          « Les commandes du système d’extinction d’incendie "devraient avoir dans chaque compartiment du navire des moyens fiables de blocage, en un mot des "garde-fous", a déclaré Guennadi Baguine, directeur de l’usine Vostok dans un entretien accordé au journal populaire Komsomolskaïa Pravda. "Or il y avait là un écran tactile, sans protection, sans même la traditionnelle vitre qu’il faut briser avant de composer la combinaison indispensable" au déclenchement, a-t-il poursuivi.
                          "De plus, le tableau de commande central ne permet pas de voir que quelqu’un est en train d’utiliser l’écran tactile", a indiqué M. Baguine au journal qui précise qu’il sera chargé de préparer le navire à de nouveaux essais en mer. »

                          http://www.7sur7.be/7s7/fr/1505/Monde/article/detail/507525/2008/11/25/Le-systeme-anti-incendie-du-Nerpa-etait-mal-concu.dhtml



                          • Pierrot Pierrot 28 novembre 2008 10:43

                            Bonjour,
                            juste une petite remarque sur votre texte : c’est une "invention journalistique" de dire que les accidents de radiothérapie de l’hôpital d’Epinal ont pour origine une notice en anglais.

                            Bien évidemment c’est ridicule, il s’agissait pour l’essentiel d’une erreur de conception du logiciel de comptage des doses d’irradiation du constructeur anglais qui ne prenait pas en compte les "tirs" préalables initiaux de gamma en vue de l’imagerie faite pour mieux focaliser les tirs des rayons. pour détruire les cellules malignes de la prostate.

                            Mais c’est assez complexe et ses pauvres journalistes incultes en sciences physiques n’ont rien compris.
                            C’est hors sujet de votre article sur lequel je n’ai pas d’idée avant les résultats de l’enquête.

                            Bonne journée.


                            • Hermes Hermes 28 novembre 2008 11:11

                              Tien étonnant le dernier rapport disait justement un prbleme de matériel et un problème avec l’anglais


                            • Krokodilo Krokodilo 28 novembre 2008 11:23

                              Pierrot,
                              Bonjour, « c’est une "invention journalistique" de dire que les accidents de radiothérapie de l’hôpital d’Epinal ont pour origine une notice en anglais. »

                              Ni les journalistes ni moi n’avons dit ça : les journalistes s’autocensurent en général sur la question de l’anglais, et moi j’ai écrit que l’anglais avait été un co-facteur, c’est-à-dire un des facteurs de l’accident, parmi d’autres. les accidents du travail sont souvent une accumulation malheureuse de divers facteurs, que ce soit dans des contextes simples ou avec des machines compliquées.
                              Ce qui est confirmé par les rapports sur l’accident et par les réactions rapides du Ministère que je cite plus haut : obligation de logiciel traduit et de formation (stages) en français.

                              « il s’agissait pour l’essentiel d’une erreur de conception du logiciel de comptage des doses d’irradiation du constructeur anglais »
                              "Pour l’essentiel", selon moi cela veut dire que d’autres facteurs ont joué (désorganisation du service depuis des années, etc)

                              « Mais c’est assez complexe et ses pauvres journalistes incultes en sciences physiques n’ont rien compris. »

                              Pas forcément, les journalistes ne sont pas systématiquement nuls et incultes : l’autre accident d’irradiation ( Toulouse), dans un service de pointe avec une machine de pointe, était justement dû à une question complexe de paramétrage où le constructeur a semble-t-il mal joué son rôle de formation et d’instructions ; les journalistes ont fidèlement rapporté les détails, d’autant que les acteurs de cette bavure ont courageusement accepté de témoigner (dans l’émission télé).


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