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Accueil du site > Actualités > International > Adhésion de la Turquie à l’Union européenne

Adhésion de la Turquie à l’Union européenne

La Commission n’a pas le droit de prendre des paris...

Si la géographie physique est bien le creuset dans lequel l’histoire des hommes se fait, et qui conditionne tout comme l’a démontré Braudel, la désignation des continents et de quelques autres catégories relève de conventions ou de compromis historiques pour former une sorte de géographie administrative. Que sur nos cartes de géographie l’Europe s’arrête au Bosphore - Scutari est donc en Asie alors qu’Istanbul est en Europe -, n’est sans doute pas suffisant pour décréter que la Turquie est en partie en Europe et a donc vocation à rejoindre l’Union, alors que, par exemple, le Maroc qui est totalement en Afrique, ne l’a pas.

Ce pays n’est pas homogène : qu’ont en effet en commun la Turquie d’Europe à l’ouest du Bosphore, avec cette ville cosmopolite Istanbul (autrefois Byzance puis Constantinople), naturellement européenne, la Turquie centrale qui va de la mer Egée à Ankara avec ses villes côtières chargées d’histoire comme Izmir (qui fut Smyrne du temps de la Grèce), et la Turquie de l’est, celle du plateau anatolien avec ses villages pauvres et ses villes repliées sur elles-mêmes qui sont les marches de l’Asie centrale ? A Iskenderun on se sent plus prêt de Samarkand que d’Istanbul...

S’il est vrai que la culture grecque et le développement du christianisme se sont faits sur la côte asiatique de la mer Egée - en Ionie, Mysie, Lydie, Carie et Lycie -, il ne faut pas oublier qu’Atatürk a pratiquement exterminé leurs descendants, en grande majorité orthodoxes, pour peupler cette région avec des paysans turcs d’Anatolie, tous musulmans. Que reste-t-il à Izmir de cette civilisation que l’on doit à Thalès de Millet, Hérodote, Esope ? L’Iliade et les écrits de Saint-Paul sont toujours nôtres, mais ils sont restés étrangers à la culture turque. La Turquie n’appartient pas à notre espace de civilisation.

Ce pays s’est fait sur le massacre des populations arméniennes, kurdes et grecques au début du siècle, lorsque l’Empire ottoman s’est effondré, complété par les accords de Lausanne qui ont permis des déportations massives de population entre la Grèce et la Turquie pour regrouper les orthodoxes d’un côté et les musulmans de l’autre. Mustapha Kemal a décrété que la Turquie était un Etat laïque, mais avec la disparition des religions orthodoxe et arménienne, conséquence de sa guerre nationaliste de reconquête, seul l’islam est resté avec, dans cet Etat laïque, ses mollahs nommés et payés par l’Etat !

Il est évident que la Turquie - qui n’est pas seulement la partie géographiquement européenne avec Istanbul, mais aussi cette avancée de l’Asie centrale -, ne partage pas avec les autres pays de l’Union européenne cette mixité sociale qui prend ses racines dans la famille et l’éducation scolaire et universitaire.

Croire qu’il suffit à la Turquie d’abolir la peine de mort, de reconnaître la langue kurde et, fusse de façon solennelle, le génocide des Arméniens, pour que ses institutions répondent aux critères qui sous-tendent les démocraties européennes relève de l’aveuglement ou de l’utopie. Soixante-quinze ans de régime kémaliste n’ont pas permis de consolider l’édifice institutionnel turc, et le kémalisme - qui est resté unique dans le monde musulman - vit peut-être ses derniers soubresauts avec un gouvernement d’essence islamique. Il suffirait que l’armée baisse la garde pour que le régime bascule dans l’inconnu. La Turquie n’appartient donc pas à notre espace politique. C’est un fait actuel, d’autant que nous ne partageons pas les mêmes références historiques. La division de Chypre est d’ailleurs là pour nous le rappeler.

Nous sommes devant un gap civilisationnel. Les composantes culturelles ne se listent pas sur deux colonnes « avantages et inconvénients ». Pour quelles raisons devrions-nous prendre le risque d’accueillir dans l’Union européenne une telle diversité de populations qui n’ont en commun que l’islam et un passé mythique dont sont exclus les exterminations et génocides ? Est-il possible d’admettre au sein de l’UE cet Etat qui au cours du XXe siècle a commis exterminations et génocides contre des populations - Grecs, Arméniens, Kurdes - implantées depuis des siècles en Asie mineure et en Anatolie ?

De plus, l’un des caractères essentiels de notre civilisation est celui de la condition féminine. Or « l’émancipation des Turques » reste à faire après soixante-quinze ans de laïcité ! Nous devons nous interroger sur le plus petit dénominateur commun que nous pourrions avoir avec la Turquie pour vivre ensemble au sein de l’Europe : la condition de la femme est à tout le moins ce plus petit commun dénominateur. Or la femme turque, dans les plaines de l’Anatolie, du côté du lac de Van, est toujours soumise, - soumise à son père, à son mari, à ses frères -, dans un contexte social archaïque fait d’interdits et d’humiliations. Et ce n’est pas l’adhésion à l’Union européenne de la Turquie qui fera forcément évoluer les choses. Nous n’avons pas le droit de prendre des paris sur le comportement futur de la Turquie au sein de l’Union.

Certains démontrent qu’il y a plus d’inconvénients que d’avantages à refuser l’entrée de la Turquie dans l’Union ; d’autres qu’il n’y a aucun risque à poursuivre les négociations avec le gouvernement turc puisque son adhésion à l’UE est impossible, les critères étant ce qu’ils sont et les opinions publiques majoritairement contre. Certains comptent notamment sur les Chypriotes pour mettre un véto incontournable à l’adhésion - justifié par la présence de l’armée turque sur le nord de l’île, repeuplée grâce à cette présence militaire, et ce n’est pas la moindre des sources de conflit, d’hommes et de femmes déplacés d’Anatolie, après la création d’un nano-Etat turc au nord de l’Île.

Cette attitude permettrait, disent ces faux apôtres, de ne pas heurter la sensibilité des mouvements extrémistes islamiques, et de maintenir des bonnes relations en faisant croire que l’on souhaite l’adhésion. Du moment qu’on la sait impossible, on fait comme si on y travaillait ! Ce jeu est dangereux parce qu’il ouvre des failles dans les institutions européennes, permettant aux Turcs d’espérer atteindre rapidement un point de non-retour.

Il faut sortir de cette problématique pour dire aux Turcs ce qu’ils ont le droit de savoir, c’est à dire notre refus de les intégrer dans l’UE. Partenaires privilégiés, certes, mais au même titre que les pays du Maghreb ou de l’Est (Ukraine, Biélorussie, Balkans etc.) qui formeront bientôt un troisième cercle vertueux - après l’Euroland et l’Europe des 27. Arrêtons cette politique archaïque faite de faux-semblants et de mensonges.

Reste à trouver la bonne méthode pour revenir sur des engagements pris par des politiciens distraits ou incompétents pour arrêter le processus bureaucratique en cours, sorte de fleuve charriant vers l’inconnu nos valeurs, nos cultures et notre civilisation européennes. Le recours au référendum européen sur cette question - qui pourrait être une première - serait sans doute cette bonne méthode. Qui peut contester aux 450 millions d’Européens le droit de se prononcer sur l’adhésion de la Turquie ? Comment imaginer d’ailleurs qu’il puisse en être autrement ?


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57 réactions à cet article    


  • badr (---.---.96.22) 17 avril 2007 11:52

    la turquie n’a pas sa place dans l’union europeene elle n’a rien d’europeens ils n’ont meme pa eu le culot de reconaitre le genocide des armeniens et meme les turcs d’europes n’on pa leur place car ils sont mal integrer et que la plupar ne conaissent pas bien la langue du pays qui les aceuillent et les turc sont reputés pour avoir les plus mauvais resultats scolaires de tous les immigré . Moi je pense qu’il faudrai un referendum sur l’adésion de la turquie et cet fois ci je suis sur du resultat !


    • (---.---.5.107) 17 avril 2007 14:12

      Comment voulez-vous que l’on prenne au sérieux une telle réponse, on a une faute de grammaire/orthographe/conjugaison (rayez les mentions inutiles) tous les trois mots.


    • olivier 18 avril 2007 09:25

      et le plus drole c’est qu’il se permet de juger des resultats scolaires des immigrés ... on aura tout vu. en dictée, vous aviez 0 non ?


    • Unknown (---.---.241.82) 17 avril 2007 12:08

      Le problème avec l’entrée de la Turquie dans L’UE : est le boulversement géostratégique que cela supposerait. L’UE aurait une frontière direct et immense avec la région du monde la plus chaude qui soit : Le MO, une frontière avec Iran, Irak, Caucase, etc... Pour la plus grande joie des US, Otan et consorts.

      Mais personnellement, la Turquie fait partie de l’Europe, mais savoir si elle doit rentrer dans l’UE est, me semble t-il, un autre problème, auquel votre article répond assez clairement.


      • erdal (---.---.242.88) 17 avril 2007 12:51

        A l’auteur

        C’est parti pour un tour....

        Bon tout d’abord, je suis turc de première génération et issu d’un DUT génie thermique et énergie et j’ai vécu un an en allemagne.

        Am ersten, ich möchte euch sagen dass diese Civilization ist nicht ein Spiel aber ein ernst Politische eintscheidung und Europa für mich ist unbedingt ein raum wo man in frieden wachsen können und egal ihre Kultur.

        Ikinci bölüm icin, sizin bildin ve istediniz Avrupa bir Devlet gibi gözökmelidir, ama bu sorum bir dil ve bir Adlet olmalidir. Ve istediniz sunu ic bir zaman gelemez...Istediniz Avrupa ic bir zaman görönmez.

        Troisièmement, il est clair comme vousle précisez précédemment la différence est énorme mais cette Europe est une réponse aux mouvements des économies actuelles et cela permet de canaliser la guerre souterraine économique qui est actuellement en cours.

        Troisièmement, je ne demande qu’une clarification des Etats se disant européen concernant la candidature turc et il serait temps de rompre la candidature turc par l’Europe, une bonne pour toute...

        Si j’arrive à cette conclusion, c’est bien parceque d’une part, nous ne reconnaîtrons pas de génocide pendant les évènements tragique de 1915, car la chute de l’empire ottoman organisé par les pays occidentaux a malheureusement occasionné des dommages collatéraux et les mouvements de populations ont été à cette époque une nécessité pour la sécurité du pays. Est ce que vous pensez que je serais vivant si nous aurions laissé agir les arméniens épaulés par les russes ? Vous préfèreriez peut être que nous soyons génocidé ?

        Concernant Chypre, je suis toujours étonné de voir que vous considéré Chypre comme un état européen alors qu’il est au sud de la turquie en territoire d’asie Mineur. Alors au passage dîtes aux Grecques de laisser Chypre pour être phase avec votre logique.

        Espèce de Basibozuk

        Et ne vous inquitez pas, les turques n’ont rien à faire en France c’est une certitude, mais malheureusement pour vous en Allemagne, ils ont leur place. Et un conseil, ne sous estimez pas les turcs allemands en allemagne car les économies sont fait en sorte de divergence et le moteur Franco allemand sera grippé avec une turquie en affrontement direct avec l’europe.

        Erdal

        PS : Vous oubliez de manière amnésique que les turcs ont fait reculer pendant la guerre froide le communisme....


        • Erdal l’embrigadé (---.---.0.79) 17 avril 2007 13:29

          « nous ne reconnaîtrons pas de génocide pendant les évènements tragique de 1915, car la chute de l’empire ottoman organisé par les pays occidentaux a malheureusement occasionné des dommages collatéraux et les mouvements de populations ont été à cette époque une nécessité pour la sécurité du pays. Est ce que vous pensez que je serais vivant si nous aurions laissé agir les arméniens épaulés par les russes ? Vous préfèreriez peut être que nous soyons génocidé ? » Comment on peut te laisser dire des énormités pareilles, faut arrêter de réinventer l’histoire, en même temps, plus c’est gors, plus ça passe !


        • Milla 17 avril 2007 13:01

          @ L’auteur

          L’article 22 de la deuxième partie du projet de Constitution européenne qui nous dit que l’union européenne s’engage a respecter la diversité culturelle et linguistique pas uniquement comme un fait mais aussi comme un droit, un droit de la nouvelle génération des droits. Il faut faire une pédagogie sur la valeur de la diversité, au niveau européen s’il est nécessaire, afin que, tout d’abord, la Turquie comprenne le bien que pour elle, et pour tous les Européens, serait la reconnaissance du Peuple kurde comme un des composants de la diversité européenne. La Catalogne pourrait servir de repère pour la transformation nécessaire de la Turquie si vraiment elle veut s’intégrer à l’union Européenne, En tout cas pour affronter la question kurde, le mépris, la répression, l’ignorance ne servent qu’augmenter les conflits. La reconnaissance, le dialogue, l’effort démocratique, la défense des droits est, aussi dans le cas kurde, la garantie de la paix pour tous...

          Un long parcours encore pour la Turquie... la condition des « femmes » et la laïcité vraie...

          Milla


          • MyHyene (---.---.214.63) 17 avril 2007 13:31

            L’article 22 de la deuxième partie du projet de Constitution européenne qui nous dit que ..."

            le projet européen a été rejeté,peut-être devra-t-on revoter ou peut-être sera t-il modifié, pour l’instant cette regle ne s’applique pas...


          • Milla 17 avril 2007 13:38

            @ MyHyene

            il faut lire les mots tels qu’ils sont écrits, c’est pourquoi j’ai spécifié « projet »...

            sans racune

            Milla


          • Alper 18 avril 2007 00:26

            Si comme vous dites, la Catalogne servait de « référence » à l’Europe, il n y aurait plus d’Europe que des minorités ethniques et nationalistes, éclatée... ce qui est en contradiction avec le projet européen qui justement veut dépasser les particularismes : les minorités ethniques se diluent dans une nation, qui se diluent dans l’ensemble européen. Prendre la Catalogne comme modèle, c’est revenir, au « nom du » dépassement des Etats-nations, à l’ancien modèle féodal. Il faut bien comprendre ce qu’est le projet européen à savoir la dilution des particularismes.

            Si on veut une europe des communautés ethniques, comme les USA d’aujourd’hui, il faut le dire et le faire. L’Europe ne se résume pas à la Catalogne.


          • Frédéric Dalmas frédéric dalmas 20 avril 2007 00:32

            La conditon des femmes ? Savez-vous que les femmes ont le droit de vote en Turquie depuis... 1934 (11 ans avant la France !) Source : http://hypo.ge-dip.etat-ge.ch/www/cliotexte/html/vote.femmes.html


          • tvargentine.com lerma 17 avril 2007 13:16

            Oui,je suis provocateur dans le titre,mais au même titre que tous ces personnes politiques nées dans les anciennes colonies français et qui se sont déjà exprimé dans la presse par le passé pour l’intégration du magrheb dans l’europe (Cambadelis,Guigou..),la Turquie n’a pas sa place en Europe comme la chine ou la corée du sud,n’ont pas leur place en Europe.

            J’ai encore en mémoire cette manifestation violente voici 1 an à Lyon de ces Turcs révisionistes fascisant qui ne voulaient pas reconnaitre les crimes contre l’humanité du génocide arménien

            Trop de tolérance avec eux,trop de tolérance avec des revisionistes,les Turcs ne s’intégrent même pas en Allemagne et encore moins en France,ils ne respectent pas les femmes.

            Ils ont une culture de l’intolérance incompatible avec l’europe (dont ils ne vont pas partis meme avec des traçés de frontières bidons)


            • Alper 18 avril 2007 00:34

              Il faut lever le nez un peu des sites désinformateurs.


            • MyHyene (---.---.214.63) 17 avril 2007 13:19

              vivement un referundum sur le sujet , afin de regler définitivement la question ( soit oui, soit non, mais plus de doutes ni incertitudes)


              • MyHyene (---.---.214.63) 17 avril 2007 13:25

                vivement un referundum sur le sujet , afin de regler définitivement la question ( soit oui, soit non, mais plus de doutes ni incertitudes)


                • Rebwar (---.---.110.3) 17 avril 2007 13:38

                  Oui je suis d’avis aussi que tant que la Turquie reniera le génocide arménien et ne protégra pas les droits du peuple kurde alors elle ne devra pas être membre de l’Union européenne. Personnellement, je pense même que les négociations n’auraient pas dû s’ouvrir puisque la Turquie ne respecte pas les critères de Copenhague (contrairement à l’avis de la Commission européenne). En effet, les droits des minorités ne sont pas respectés.


                  • Dominique Dutilloy Dominique Dutilloy 17 avril 2007 15:02

                    Il est hors de question que la Turquie fasse partie de l’Union européenne... C’est ma position !

                    Cependant, tout comme la France et d’autres Etats européens, moyen orientaux ou maghrébins, la Turquie est riveraine de la Méditerranée...

                    De ce fait, il conviendrait de créer une Union des Etats riverains de la Mer Méditerranée : là, la Turquie aurait largement sa place dans cette institution, tout comme les autres états méditerranéens !

                    Ce serait plus logique que de vouloir la faire adhérer à l’Union européenne !


                    • selcuk 18 avril 2007 16:00

                      Quelles fantasies !! Donc dans ce cas là, L’Italie (membre fondateur) et l’Espagne sort de l’UE, et entre dans cette organisation dont tu viens de rêver... Ou encore, cette organisation peut inclure les villes méditéraneennes de la FRance , ou la France en entière :D Dans ce cas là, l’UE sera l’UE des pays du nord européen. C’est chouette J’adore ce genre d’intelligence géographique :)


                    • la verite ? (---.---.57.74) 17 avril 2007 15:19

                      Un simple citoyen d’Europe n’a pas besoin de la Turquie, comme ce lui de la Turquie, n’a pas besoin de la France (pour faire court..) mais l’Europe a besoin de la Turquie et la Turquie besoin de l’Europe. Celui qui dit « ce n’est pas vrais », est un citoyen ignorant ! C’est la vie, c’est comme ça !!


                      • X (---.---.69.241) 17 avril 2007 15:21

                        A l’attention de l’auteur,

                        Est-ce que vous êtes déjà venu en Turquie ? Ou vous parlez comme ça, sans faire une analyse critique de cette société, ni sans aller voir simplement le pays ? La Turquie est un pays musulmane, mais les turcs sont d’abord turcs et européens, avant d’être musulman. Kemal Atatürk n’a pas effacé les traces de la civilisation antique : allez voir les villes Efes, Foça et d’autres. l’héritage antique est toujours là et la Turquie est fière de cette richesse, comme avec celle de la culture orientale. C’est cela qui fait de la Turquie, un pays particulier. En ce qui concerne les orthodoxes, il n’y a pas eu de génocide, mais un échange avec les turcs musulmanes habitant en Grèce. Vous parlez sans connaitre l’histoire, et vous utilisez le mot génocide... Il faut arreter un peu ! Aujourd’hui, les pays qui font partie de l’Europe ont-ils toujours protegé ses minorités turques ? Lar réponse est NON. Voyez ce que les grecs et les chypriotes grecs ont fait en Chypre, comment les bulgares ont ignoré ses minorités turcs sous le mandat de Jivkov... Et encore aujourd’hui, être turc dans ces pays là est très difficile. Bulgarie rentre dans l’Europe avant la Turquie, et la Grece est là depuis 20 ans. En ce qui concerne la génocide, la Turquie n’en est pas repsonsable puisque, comme a dit Erdal, on était en guerre et la population arméniens étaient provoquée surtout par les russes et ont organisé des attaques terribles contre les turcs . Ce qui se passe par la suite, est considéré comme génocide, mais il me semble que ce n’est pas évident non plus. En tous cas, la République turque n’était pas fondé à l’époque et les gens qui ont organisé les massacres ne font pas forcément partie des élites fondatrices de la République. Il ne faut pas oublier non plus la guerre d’Algérie... Est-ce que la France, avec tous les maux qu’elle a fait, mérite de rester en Europe aujourd’jhui ? Si on se place dans votre point de vue, la réponse serait non ! Alors, arretez de jouer avec l’histoire... En ce qui concerne les kurdes, je suis d’accord avec Milla. L’action de l’armée turque dans la région est très violente, et il faudra trouver une solution politique à cette question.En même temps, les kurdes ont obtenu une sorte d’autonomie culturelle et vous le savez bien. Je pense qu’on peut aller encore plus loin et que le modèle basque n’est pas très loin, mais il faut que les hommes politiques y pense. Ce n’est pas le cas pour l’instant mais au fur et à mesure que le rôle de l’armée s’efface derrière la recherche d’un consensus démocratique, les choses peuvent s’évoluer. Mais la situation géopolitique actuelle laisse à l’armée, une grande marge de mainoeuvre


                        • Emile Carl 17 avril 2007 16:09

                          Il est vrai qu’Izmir (Smyrne si vous préférez) détruite par les armées d’occupation grecques par la technique, ô combien efficace, du brulis, ça fait tache dans le décor.

                          M’enfin... on n’est pas à cette inexactitude près quand on parle de la Turquie en France.


                          • fouadraiden fouadraiden 17 avril 2007 18:24

                            oui aux turcs


                            • Pascal 17 avril 2007 23:17

                              Cher auteur,

                              Votre article me paraît intéressant même si je ne partage pas totalement votre point de vue. Cependant, votre soustitre « la Commission n’a pas le droit de prendre des paris... » est trompeur.

                              La décision d’ouverture des négociations avec la Turquie n’est pas du ressort de la Commission européenne mais bien celui des états réunis au Conseil européen (Sommet lors desquels l’unanimité est par ailleurs requise). En décembre 2004, celui-ci a donné instruction à la Commission d’entamer les négociations. La Commission est une exécutante mise au service des états membres.

                              Par ailleurs, il faut rappeler que ce même Conseil européen, où je le rappelle tous les états ont un droit de véto, France comprise, a reconnu en 1999 le statut d’état candidat à l’adhésion à la Turquie.

                              En ce sens, que l’on soit pour ou contre l’adhésion de la Turquie dans l’Union me semble une question dépassée. Tous les pays membres de l’Union ont déjà accepté cette idée. La question porte davantage sur les modalités et le timing (il faut que les idées murissent).


                              • selcuk 17 avril 2007 23:38

                                Un auteur qui connaît ni les institutions européennes, ni l’histoire, ni la politique... Pourquoi vous laissez écrire ces charlatants ici ?


                                • selcuk 17 avril 2007 23:56

                                  Vous pouvez décrire les territoires européennes comme vous voulez. mais les turcs, par leur histoire, par leur culture, par leurs richesses, et par leur héritage, vous dites qu’ils y sont !

                                  La Turquie est un pays du continent asiatique donc ne peut pas faire partie de l’UE : alors comment se fait-il que le Chypre fait partie de l’UE ?

                                  La Turquie est un pays musulmane : alors comment réfuser, un jour, la candidature d’une Bosnie, d’une Albanie et plein d’autres pays où vivent les musulmanes, alors qu’on admet les pays les plus pauvres de l’Europe oriental comme Roumanie ?

                                  Les turcs vont s’immigrer massivement en Europe : Eh ben, c’est déjà le cas. En Allemagne, vivent quelques 3 millions de tucs, sans parler des allemands d’origine turque ! Berlin est une ville où les turcs sont plus nombreux que les allemands ! Faut il les expulser ?

                                  La Turquie est le cheval de troie des Etats Unis : c’est cet argument que j’adore le plus ! La Pologne qui vient de rentrer dans l’UE, était un des rares pays qui a fourni des forces armées aux américaines pendant la guerre d’Irak, alors que la Turquie a réfuse le déploiement 60 000 soldats américaines sur son territoire !

                                  La Turquie fait partie d’une région qui est débordé, dévastée...etc : Eh ben, là, il faut se décider mes chers européens : l’UE veut devenir un acteur international en tant qu’unité politique ou rester dans son coin, sans se meler de ces affaires dangereuses http://agoravox.fr/smileys/mort_de_rire.png


                                • selcuk 17 avril 2007 23:58

                                  Vous pouvez décrire les territoires européennes comme vous voulez. mais les turcs, par leur histoire, par leur culture, par leurs richesses, et par leur héritage, vous disent qu’ils y sont !

                                  La Turquie est un pays du continent asiatique donc ne peut pas faire partie de l’UE : alors comment se fait-il que le Chypre fait partie de l’UE ?

                                  La Turquie est un pays musulmane : alors comment réfuser, un jour, la candidature d’une Bosnie, d’une Albanie et plein d’autres pays où vivent les musulmanes, alors qu’on admet les pays les plus pauvres de l’Europe oriental comme Roumanie ?

                                  Les turcs vont s’immigrer massivement en Europe : Eh ben, c’est déjà le cas. En Allemagne, vivent quelques 3 millions de tucs, sans parler des allemands d’origine turque ! Berlin est une ville où les turcs sont plus nombreux que les allemands ! Faut il les expulser ?

                                  La Turquie est le cheval de troie des Etats Unis : c’est cet argument que j’adore le plus ! La Pologne qui vient de rentrer dans l’UE, était un des rares pays qui a fourni des forces armées aux américaines pendant la guerre d’Irak, alors que la Turquie a réfuse le déploiement 60 000 soldats américaines sur son territoire !

                                  La Turquie fait partie d’une région qui est débordé, dévastée...etc : Eh ben, là, il faut se décider mes chers européens : l’UE veut devenir un acteur international en tant qu’unité politique ou rester dans son coin, sans se meler de ces affaires dangereuses ?


                                • laurent m 18 avril 2007 04:31

                                  Et c’est reparti pour un tour sur la Turquie ! Cet article est très moyen comparé aux autres sur le sujet qu’on a pu lire sur les indénombrables forums où les partisans s’affrontent. L’auteur est très partiel et nous envoie les mêmes arguments simplistes que les détracteurs sérieux de l’entrée de ce pays à l’UE n’osent même plus aborder, preuve de la méconnaissance du sujet, comme 99 pour cent de ceux qui sont contre. L’histoire est mise systématiquement en exergue quand on parle de la Turquie et déformée à guise selon ses opinions politiques. Les français aiment qualifier, fixer les choses, comme si elles ne pouvaient pas évoluer. Ce qui est important de savoir sur la Turquie, c’est ce vers quoi tend ce pays. A regarder la vie de Mustafa Kemal et son oeuvre, pas de doute, c’est un dictateur éclairé. Un projet révolutionnaire comme le sien ne peut passer que par la dictature. Mais à y regarder de plus près, c’est une dictature en chemin inverse : passer à la démocratie par la force ! Il n’y a pas d’autre personnage dans l’histoire contemporaine où ce cas est avéré. On a donc en face de nous un pays qui a suivi une voie qu’aucun autre pays au monde n’a suivi. Un examen en profondeur s’impose donc. Il n’y a que les islamistes opportunistes et les écervelés ultranationalistes turcs(en dehors de la majorité des français) qui peuvent prendre au premier degrés certaines affirmations d’Ataturk comme : le premier homme sur terre était turc, un bon turc est un turc musulman, tous les non turcs doivent quitter le pays...etc. Quand on sait que seulement 15 pour cent de la population turque savait lire, on comprend pourquoi il n’a pas hésité à « lacher »« ce genre de chose avec un sourire au coin des lèvres. Sa véritable réussite a été qu’il a réussi à mettre le pays sur les bons rails pour ouvrir la population à la connaissance du monde. A passer du jugement fataliste religieux à la rigueur scientifique, la seule permettant de dialoguer avec le reste de la planète. Toute son action politique va vers ce sens. C’est cet héritage là que les turcs essaient de présenter à l’Europe. Car si ce pays n’appartient pas à l’Europe, il n’appartient à aucune autre »aire d’attraction", et surement pas les pays arabes et autres musulmans. Un partisan de la démocratie et des droits de l’homme ne peut qu’admirer et SOUTENIR un tel projet, surtout en ces temps de préjugés, rémanences du passé(souvent sombre)qui touchent tous les pays européens. La Turquie, malgré beaucoup de ratés est aujourd’hui le pays de la sphère des pays de culture musulmane où la démocratie est la mieux implantée. L’état de droit y existe réellement. Bien sûr en France on ne parle que des dysfonctionnement ou des manquements sans jamais évoquer les réels progrès. On ne sait pas en France que la Turquie est aujourd’hui beaucoup plus démocratique que des pays de prétendue « culture européenne » comme la Russie, la Biélorussie, la Géorgie, l’Arménie. Un pays comme la Pologne connait une ingérence de la religion dans la politique qui est plus importante qu’en Turquie, où la laicité est défendue avec acharnement. J’entends souvent dans les médias français qu’on n’entend jamais de musulmans défendant les idées laiques, sur les plateaux de télé,les musulmans sont souvent ridiculisés et renvoyés à la simple expression que leur renvoie l’opinion. En Turquie, des théologiens renommés (et détestés par les mollahs arabes)comme Zekerya Beyaz débattent en direct de questions dans l’islam comme le port du voile, le rapport des homosexuels avec la religion, la prière mixte, la masturbation, etc...Je vous garanti qu’un numéro d’« envoyé spécial » sur le débat religieux en Turquie ferait un tabac dans l’audimat et provoquerait quelques électrochocs salvateurs chez beaucoup de musulmans français. Cà, évidemment les français sont loin de pouvoir imaginer que c’est possible en Turquie. Samedi 14 avril dernier a eu lieu la plus grande manifestation de l’histoire en Turquie. Plus de 300000 personnes ont défilé à Ankara vers le mausolée d’Ataturk pour dire qu’ils refusaient la loi religieuse et défendre ce que la France a clamé haut et fort il y a 200 ans. Pas un seul personnage politique français, ni personnalité tout court,n’a salué et soutenu ce mouvement populaire. Preuve de la méconnaissance et du dédain qu’éprouvent les français pour un pays musulman comme un autre.....


                                  • philippe montagne 18 avril 2007 06:18

                                    quelle rage dans ce debat, les turcs font-ils si peur ? rappellons tout de meme quelques faits.

                                    * geographie= l’europe n’est pas un continent [regardez une carte !] mais une extension du continent asiatique ou eurasiatique si vous voulez. elle n’a ete classee comme continent que par orgueil culturel.relativisons donc le critere geographique.de toute facon, la turquie a effectivement une partie de son territoire en europe.je gage que si la turquie etait encore byzantine et grecque, nous l’accepterions beaucoup plus facilement meme si 90% de son territoire est en asie.de plus,comme le souligne un des internautes,nous classons deja chypre en europe au lieu du moyen-orient auquelle cette ile appartient , simplement parcequ’elle est chretienne en majorite.

                                    * religion = donc, c’est egalement une question de culture religieuse, les turcs etant musulmans, et l’europe chretienne.mais, si tel est un des criteres [et il l’est], mettons le noir sur blanc dans les traites europeens. mais quid alors des pays musulmans europeens de bosnie,d’albanie et egalement de nos propres francais musulmans, allemands musulmans ?

                                    * democratie = je pense que c’est le seul vrai critere. en turquie ,il y a actuellement une democratie pas encore aboutie.et pour rendre les choses plus compliquees les defenseurs de la democratie laique sont justement les militaires qui enfreignent souvent les droits civiques de leurs concitoyens, pour defendre l’etat laique d’ataturk, contre les tentatives de reislamisation [au sens de sharia] du parti au pouvoir,et de secession kurde. serions-nous plus forcement plus democratiques en europe, face a une telle situation ? je n’en suis pas sur . [regardons la reaction de la france en algerie, territoire francais, ou dans les colonies apres la seconde guerre,,]

                                    en conclusion, le debat geographique ou religieux me semble un peu depasse en ce 21eme siecle,la turquie peut appartenir a l’europe meme musulmane, et meme avec un territoire essentiellement asiatique .nous devrions plutot centrer le debat sur la democratie, mais tout en prenant en compte le fait que la turquie est dans une situation conflictuelle ,et nombre de democraties en europe le seraient egalement beaucoup moins [democratique] si dans la meme situation.


                                    • selcuk 18 avril 2007 10:46

                                      La culture européenne n’a rien d’homogène. En plus, j’habite à Paris et quand je vais en campagne, ce n’est plus la même mentalité, ça on le sait bien. Donc il est normal qu’il y ait des différences de mentalité, d’attitude entre la population istambouliote ou celle des grandes villes touristiques (Izmir, Antalya) et anatolienne pûre.


                                    • Gazi BORAT 18 avril 2007 10:58

                                      « La question religieuse »

                                      Rien de bien neuf et dans l’article - le enième sur l’adhésion sans cesse repoussée de la Turquie à l’U.E., et dans les réactions qu’il suscite..

                                      A part quelques commentaires sur une base rationnelle qui argumentent point par point sur les différents aspects de la question, la plupart restent de l’ordre du passionnel et plus focalisés sur la question religieuse.

                                      Or, qu’en est il à ce sujet ?

                                      La Turquie est effectivement un pays à majorité musulmane. De quel islam s’agit-il ? Majoritairement sunnite (hanefite et chafeite) avec une forte minorité (15%) de chiites alevis.

                                      Une particularité de la Turquie est la grande influence chez les sunnites des confréries soufies, où l’accent est plus mis sur le perfectionnement individuel de l’adepte beaucoup que sur un proselytisme conquérant.

                                      Si l’on connait en France les chiites duodecimains (majoritaires en Iran), les Alevis le sont beaucoup moins. Descendants de turkmènes nomades, ils pratiquent une religion paisible, dans des lieux de culte (les cem evi) où hommes et femmes sont mélangés et où la musique tient une place importante. Les rituels sont allégés (Ramadan de vingt jours avec seulement proscription de certains aliments). D’un point de vue politique, les Alevis sont majoritairement kemalistes, à gauche et à l’extrème gauche.

                                      Ces singularités religieuses et politiques en firent la cible des extremistes de droite et de fanatiques religieux lors des massacres de Kramanmaras en 1983, en marge du coup d’état du général Evren.

                                      Qu’en est-il alors des minorités non turques ?

                                      Les Grecs, autrefois représentaient le double de la population arménienne. Le rapport est aujourd’hui inversé. Ils ont quitté le pays en plusieurs vagues : au moment de la reconquète du territoire par Mustafa Kemal et Ismet Inönü puis, dans les années 40, au moment de l’application du Varlik (impôt discriminant). Un certain nombre de ces départs a été dû a des échanges croisés de population, sorte d’épuration ethnique pacifique, à la suite d’accords entre les gouvernements grecs et turcs. Sa position actuelle est moins confortable aujourd’hui que celle des Arméniens, en raison d’une guerre froide greco-turque aujourd’hui située à un stade de co-existence pacifique.

                                      Les Arméniens sont surtout présents dans les grandes villes. Si la population a massivement diminué en raison du génocide de 1915 et de l’émigration des années vingt et quarante, elle a ensuite augmenté faiblement mais régulièrement.

                                      La communauté juive est, par contre beaucoup mieux intégrée. Sur le plan de la politique étrangère, la Turquie est le seul pays musulmans à avoir signé des accords de défense mutuel avec Israel. Tsahal et l’armée turque participent régulièrement à des manœuvres communes. Le traité militaire comporte des clauses secrètes que l’état major turc a toujours refusé de communiquer au pouvoir civil.

                                      Ce décor d’arrière plan religieux étant planté, qu’en est-il actuellement au niveau politique ?

                                      Le courant politique d’essence religieuse actuellement au pouvoir, le parti de Tayip Erdogan, est lui, plus influencé par des tendances wahabites pour des raisons de financement par les pays du Golfe. Il est l’héritier d’une longue série de partis religieux (Demokrat Partisi, Adalet Partisi, Refah Partisi) , à tendance économique libérales, toujours soutenus depuis 1948 et qui firent l’objet d’interdictions successives sous la pression des autorités militaires. Il comporte ainsi ses martyrs : Adnan Menderes et Celal Bayar, chefs du gouvernement exécutés par la junte lors du putsch de 1960.

                                      Aujourd’hui, la question de l’intégration européenne représente un avantage certain pour le camp religieux : la pression de l’U.E. sur la question des droits de l’homme est vue comme une possibilité d’alléger le poids de l’état-major, garant de la laïcité et du kemalisme sur la vis politique turque..

                                      Je laisse maintenant les spécialistes compléter ce panorama succint de la question..

                                      GAZi bORAt


                                      • Neos 18 avril 2007 11:03

                                        Bonjour, l’article soulève un dossier hautement sensible, qui illustre à lui seul les divergences internes au sein de l’Union européenne. L’auteur a décrit avec maîtrise les différentes raisons historiques, sociologiques, culturelles et morales, voire éthiques, qui poussent à penser que l’initiative de lancer des négociations avec la Turquie n’était peut-être pas conforme à l’idée que l’on se fait en France de la construction européenne et a fortiori de la finalité du processus. La culture inspiratrice française - Jean Monnet n’est-il pas surnommé "l’Inspirateur’ ? - est en déclin depuis une bonne dizaine d’années. On le ressent au sein des institutions européennes, l’Europe est ’en manque’ d’inspiration française en ce qu’elle a de plus noble, c’est à dire à la fois de dynamique d’intégration européenne, ainsi que de cohérence et de sagesse dans les décisions historiques et le moment pour les prendre. Très écoutée sous l’ère Mitterandienne, entre deux eaux sous le 1er mandat de Jacques Chirac, la France est considérablement affaiblie sur la scène européenne depuis l’événement du referendum de 2005. Or, et ce n’est pas un hasard, c’est au mois d’octobre 2005 que les négociations ont été lancées avec la Turquie.

                                        Au sein de l’Union européenne, les sensibilités sont disparates. Certains Etats exercent une grande influence historique et politique (c’est le cas des Etats fondateurs : France, Allemagne, Italie, Benelux), d’autres une influence économique ou environnementale (UK, Suède, Danemark, Finlande). Lorsque l’un des cercles d’influence est affaibli, un autre prend le dessus et fait basculer les décisions de l’Union dans un sens, parfois dans un autre. En ce qui concerne l’Elargissement, et notamment le dossier Turc, les discussions sur la vocation turque à l’adhésion ont été menées à une période de notre histoire européenne (le principe de la vocation de la Turquie à adhérer un jour à l’UE a été offficiellement confirmé au Conseil européen d’Helsinki en 1999) où la France n’était pas dans une phase d’influence inspiratrice.

                                        Profitant de cette situation, les partisans d’un élargissement à-tout-va, qui affaiblit l’Union européenne et prive en l’espèce cet élargissement d’une substance coherente, n’avaient plus qu’à jouer de leur influence pour faire adopter ce principe de la vocation de la Turquie à adhérer un jour à l’UE.

                                        C’est ainsi que celui-ci a été validé le 3 octobre 2005 ... sous la présidence britannique de Tony Blair.


                                        • selcuk 18 avril 2007 12:35

                                          Les crises auxquelles l’Europe a vécu ces dernières années (ou même avant, je pense notamment à la politique de chaise vide ) ne sont pas liées à la manque d’inspiration française, mais justement au cynisme français. La crise identitaire que la FRance vit aujourd’hui se reflete à sa position au sein de l’Union. Quel est le pays européen le plus anti-mondialiste aujourd’hui ? C’est la France. On oublie que l’UE est un projet de mondialisation et la position de la France n’y convient pas du tout. Il n’est pas possible de faire de l’UE, une entité politique à caractère chrétien, ou un projet francofrançais ou franco-allemand. Pour que l’UE devient un acteur international, il faut que la France se rend compte des transformations mondiales tant économiques que politiques d’après guerre froide. On peut pas ignorer l’hyperpuissance on n’est pas obligé de se soumettre à lui non plus, mais on pourrait très bien constituer un contrepoids. Et pour cela, on a besoin des valeurs universelles de la France, mais pas sa position cynique,ni l’islamophobe sarkozienne... Et la Turquie a toute sa place, avec son rôle géopolitique clé qu’elle a joué et joue encore tant au moyen orien qu’aux balkans.


                                          • selcuk 18 avril 2007 13:15

                                            Il est vrai que la tradition anatolienne ne permet pas toujours aux femmes d’être active dans certaines secteurs de la vie. La raison en est qu’en Turquie, il y a beaucoup de région où le travail agricole est ancré dans la structure familiale traditionnelles. Pour aller plus loin, nous avons beaucoup de femmes qui bossent dans l’agriculture, mais elles ne sont pas reconnues comme travailleuses. c’est ce qu’on appele le chomage caché (D’ailleurs, selon certaines statistiques faux, le taux de chomage est moins élevé en Turquie par rapport aux certaines pays de l’Europe, mais ceux-ci ne prennent pas en compte le chomage caché). Donc, pour celles là, il va de soi que leurs travail ne soit pas valorisé du tout, et que les mecs s’abstiennent de travailler car c’est les mecs qui dirigent la famille, et son économie. Ce ci dit,les mecs gagnent de l’argent sur le dos de la femme et la femme se trouve dans un situation de quasi-esclavage !

                                            Ce n’est pas toujours le cas, mais en tous cas, il y a des cas qui sont moins douleureux, ou plus catastrophiques. Bref, la question est lié à toute une structure socio-économique qui devrait être abolie. Et je pense notamment que la Turquie a vraiment besoin des projets européens (pas forcément par rapport à l’argent, mais surtout à un changement des mentalités, à un chellange social) en ce qui concerne l’amélioration des PME, du développement rural et notamment les nouveaux investiessement qui permettront aux femmes de détenir un emploi, de travailler librement . L’émancipation des femmes turques passera par ces ce challenge. C’est justement une des raisons qui explique que la Turquie a besoin de plus de temps pour rentrer dans l’UE que les autres. C’est un processuss et la population en fait partie.

                                            En France, le problème de l’accès des femmes à l’emploi existe aussi, mais cela est évidemment moins inquiétant par rapport au cas turc. Mais ce qui m’inquiete personnellement c’est de dire qu’une femme ne peut acceder à tel emploi, elle peut pas réussir dans tel domaine, dans tel boulot, elle n’a pas de capacité suffisante, elle n’est pas à la hauteur... C’est le cas aujourd’hui de Ségolène : la seule candidate à avoir un projet politique pertinante est contestée par certaines electeurs qui disent qu’une femme ne peut pas être capable de présider la République ! Je suis désolé mais je trouve ça scandaleux : là aussi il faut un changement des mentalités...

                                            Et n’oublions pas que la Turquie que ces gens méprisent a élu, en 1994, un parti politique présidé par une femme (Tansu çiller) comme le premier parti du Parlement. tansu Ciller est devenue premiere ministre suite à ces éléctions


                                          • frédéric lyon 18 avril 2007 18:01

                                            L’association de la Turquie à l’Europe est inéluctable puisqu’elle est voulue par tous nos partenaires.

                                            Elle s’accompagnera d’un abandon progressif de la politique pro-arabe de la France au profit d’une ouverture vers l’Est : vers le Monde Russe et la Sibérie, vers le Monde Turc et l’Asie Centrale turcique.

                                            C’est là que se trouve notre avenir, et non au Sud qui n’a rien à exporter sinon sa misère et sa violence.


                                            • stradiuvarius 18 avril 2007 23:18

                                              3 conditions non accréditées par l’union européenne, mais cependant partagées par les Européens font de la candidature Turque une farce ou une plaisanterie à leur yeux et discréditent fortement l’institution censée les représenter à Bruxelles.

                                              1/ La Turquie est un pays qui se trouve géographiquement en Asie et non en Europe. Quoiqu’on en dise et par quelque bout on scrute une map monde. 2/ Les turcs ne partagent pas l’héritage judéo chrétien sur lequel s’est construit la civilisation Européenne. Pire même, ils se sont évertués pendant des siècles à le détruire méticuleusement depuis Byzance jusqu’au Génocide des Arméniens pour asseoir leur légitimité et se forger une identité en propre. 3/ l’Europe n’aspire pas à devenir un bloc impérialiste destiné à rivaliser avec les Usa, l’Inde ou la Chine (cela est un argument purement économique, et la prospérité, ce n’est pas ce qui rend à un pays son identité ou sa cohésion) mais à pérenniser son originalité culturelle ainsi que le rayonnement naturel de son héritage.

                                              La Turquie peut finalement aspirer à partager un destin commun ainsi que bénéficier des subventions gargantuesques que son économie exsangue nécessitera pour le mettre à niveau dans les critères de convergence, c’est aux Européens, à leurs expliquer calmement et démocratiquement (la majorité en Europe est par ailleurs contre leur adhésion) qu’ils ne font pas parti de cette communauté de destin et qu’ils ne répondent objectivement à aucun critère leur permettant d’accéder à ce statut

                                              Est-ce si insultant pour les Turcs que de leurs expliquer qu’ils ne sont pas européens ? Peut on entretenir des relations de bon voisinage sans être contraint de souscrire au mariage forcé qu’ils réclament aujourd’hui comme de droit ?

                                              Non !

                                              La tâche du prochain président en France sera clairement de leurs signifier cet état de fait, et surtout de PASSER à AUTRE CHOSE


                                              • miaou miaou 18 avril 2007 23:47

                                                L’un des « arguments » poussant à l’acceptation de la Turquie dans l’UE est une sorte de multiculturalisme obligatoire : mais quand on sait à quel point a été réprimée en Turquie toute identité non turque ou non musulmane. Car en fait, la Turquie se sent fragile car sa légitimité historique sur ces terres est faible...


                                              • selcuk 19 avril 2007 00:27

                                                Bon ben, l’argument géographique ne marche pas parce que vous n’expliquez toujours pas pourquoi le Chypre fait partie de l’UE alors qu’il est dans le continent asiatique. Compte tenu de votre discours ultra-catholique (bien qu’on vient de deux pays laique), vous considerez sans doute que le Chypre est chrétien, donc c’est ok pour l’EU. L’identité de l’Europe, c’est l’identité chrétienne pour vous. C’est le seul argument pertinent qui se revele de votre commentaire.

                                                En tant que citoyen turc, il est normal que je défend, comme les autre turcs, la candidature de la Turquie à l’UE parce que, contrairement à vous, la plupart de turcs ne traite pas cette question à travers les convictions religieuses. C’est notre formation kémaliste peut etre qui nous a appris à penser la politique en termes séculaires, ce que vous, vous ne faites pas.

                                                Un jour, si les pays à majorité musulmane comme Bosnie, et l’Albanie frappe la porte de l’UE, vous leur diriez la même chose et vous leur réfuseriez. Alors nous allons voir bientôt une carte de l’Europe, sur laquelle l’Albanie, la Bosnie et peut etre le Macédoine seront entourés par les territoires de l’UE.

                                                Je m’efforce pas à argumenter mon opposition. Vous êtes tellement convaincu qu’il n’y a rien à faire. Ok pour la majorité non-à-la-turquie et ok pour la méfiance européenne vis a vis de la politique international. Restez dans votre coin, allez à l’Eglise, aimez bcp votre pays, dénoncer les mauvais effets de la mondialisation, détestez l’Islam... et votez Sarko ou De Villier


                                              • Gazi BORAT 19 avril 2007 12:48

                                                @ Miaou

                                                « Turquie et Multiculturalisme »

                                                Effectivement, vous avez raison en ce qui concerne le rejet du multiculturalisme par la constitution turque etce, dès ses premiers articles.

                                                La cause est politique et non pas religieuse. Le modèle adopté par la Turquie est celui du jacobinisme FRANCAIS.

                                                Qu’on se souvienne seulement comment, chez nous, furent combattues les langues régionales et les écriteaux, au début du siècle annonçant :

                                                « Il est interdit de cracher par terre et de parler breton.. »

                                                gAZi bORAt


                                              • stradiuvarius 19 avril 2007 22:19

                                                Chypre fait partie de l’Ue tout comme St Pierre et Miquelon ou la Martinique dans les caraïbes font de facto parties de l’Ue. C’est une contingence historique qui soulève bien des problèmes puisque les Turcs ont , me semble il, envahi l’île en 1974 , pour ne pas la laisser dans le giron Grec et le coup d’état fomenté par les Colonels. Preuve s’il en était que la ligne de démarcation est bien religieuse ou ethnique dans cette région du monde.

                                                Ou ai-je eu un discours ultra catholique ? Le fait de souligner le caractère Chrétien de l’Europe et de la France (depuis le sacre et la conversion de Clovis - 1er roi franc - au Vème siècle) fait-il de moi un intégriste religieux ? Et en quoi cela est il insultant pour un Turc Musulman que de souligner une caractéristique historique de mon pays ?

                                                Que vous ayez une formation kémaliste , religieuse ou autre ne m’intéresse pas et ne constitue pas en soi un argument définitif sondant ou flirtant avec la vérité à mes yeux. L’importance que vous portez à Kémal vous regarde personnellement, et si vous le placez en droite lignée de votre héritage historique, sachez que les Français ne sont pas concernés par ce personnage, son dogme, ses precepts ou sa vision mais le peuple Turc.

                                                La Bosnie, la Macédoine ou l’Albanie sont des pays Européens qui intégreront un jour l’UE parce qu’ils sont en Europe, tout simplement. Il y a 5 millions de Musulmans en France et cela ne vous aura pas échappée, la France fait aussi partie de l’UE.

                                                Je ne deteste pas l’Islam, je ne déteste pas les Musulmans, je ne vais pas à l’église ou à la synagogue. Je pense juste que la Turquie n’a pas sa place dans un espace qui n’est pas le sien .Les Européens lui feront savoir bien assez tôt d’ailleurs, et j’ose espérer pour vous que nous pourrons continuer à entretenir des relations courtoises et civilisées, ne serait ce que pour la bonne marche de votre développement économique, de votre démocratie, des libertés, du sort des femmes, des minorités non Musulmanes, de la laïcité, et in fine de la paix ....dans votre pays et la région !


                                              • selcuk 20 avril 2007 01:22

                                                « Que vous ayez une formation kémaliste , religieuse ou autre ne m’intéresse pas et ne constitue pas en soi un argument définitif sondant ou flirtant avec la vérité à mes yeux. »

                                                Comme j’ai expliqué à la fin de mon commentaire, je n’ai pas essayé d’argumenter mes idées, car je ne le trouve pas nécessaire. Donc, il va de soi que ma formation laique ne constitue pas un argument. J’ai juste soulevé que je ne traite pas cette question en de termes religieux.

                                                Moi ça m’intéresse pas non plus que vous souleviez un caractère religieux de votre pays, de votre société. Vos sentiments, comme ceux de beaucoup de français, envers mon pays ne sont pas favorables et je le sais et je le prends pas pour une insulte. Et je le considère comme un élément important de l’opposition française à la Turquie.

                                                Sachant que vous n’êtes pas contre une éventuelle adhésion de la Bosnie ou de l’Albanie et que vous insistez sur la présence de la communauté musulmane en France, je suis vraiment étonné de votre détournement. Maintenant, tout passe par une ligne de démarcation qui a été crée en 1974 ? Je ne comprends pas vraiment... S’il y a un telle rupture entre l’Europe et la Turquie qui se serait manifestée dans cette crise chypriote, elle ne vient pas du fait que les turcs sont pas capable de vivre avec les européens (grecs en l’occurence), mais les européens (grecs) ont massacré la minorité turque pendant des années au nom d’une eventuelle attachement de l’île et à la Grèce (ce qu’on appele enosis, union hellenique), ce qui a entrainé enfin, une intervention militaire de la Turquie. C’est ainsi que l’île a été divisée en deux.

                                                Personnellement, je ne veux pas que la Turquie fasse partie de cette Europe où des projets historico-ethnique comme énosis, ou des projets d’alliance religieuse, projets discriminatoires sont encore d’actualités. Mais heureusement, ce n’est pas avec cette Europe là que la Turquie négocie aujourd’hui. Par contre le populisme est toujours là, les hommes politiques jouent avec ces sentiments d’opposition face à la question turque.

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