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Afghanistan : après le tchadri, la mutilation !

A 8 ans seulement, Aisha Bibi âgée aujourd’hui de 19 ans a été contrainte par son père de se marier à un homme, un taliban. A 16 ans, alors qu’elle vit l’enfer avec les frères de son mari qui la torturent et abusent d’elle, la jeune femme tente de s’enfuir, pendant que ce dernier part au combat. Mais en vain ! Arrêtée par la police afghane, elle est condamnée à cinq mois de prison. A sa sortie les talibans la punissent en lui coupant le nez et les oreilles. Laissée pour morte dans les montagnes de la province d’Oruzgan (Afghanistan), se vidant de son sang, Aisha a trouvé refuge auprès de deux organisations : l’American Provincial Reconstruction Team d’Oruzgan et l’ONG Women for Afghan Women.
 
Mais les talibans n’en sont pas à leur premier coup d’essai. Ceux qui ont la réputation de vouloir imposer leur Loi, ont celle aussi depuis des années d’asservir leurs épouses à la perfection : refuser qu’elles quittent le domicile conjugal sans être accompagnées d’un homme ; refuser qu’elles éduquent leur(s) fille(s) ; refuser qu’elles aient un travail, hormis celui de domestique à la maison, etc… Tout manquement à ces règles établies par le Saint Esprit, entraîne inévitablement des représailles, à l’instar de celles infligées à Aisha Bibi. Pourtant ici il n’est pas question de religion, mais d’humanité et de liberté.
 
A quel prix les femmes afghanes doivent-elles payer leur liberté ?
Mutilées, violées, brûlées vives, voila le sort de ces femmes qui tentent de montrer aux hommes qu’elles existent elles aussi. Voila le sort de celles qui ne veulent plus être traitées comme des bêtes qu’on engrossent pour allaiter leurs petits, celles qu’on prend pour des objets sexuels, objets tout court. Mais ce n’est pas tout ! Les femmes afghanes doivent payer pour des crimes qu’elles n’ont pas commis, mais subis. En effet, d’après un article du magazine britannique The Independent, datant du 18 août 2008, elles seraient condamnées à 20 ans maximum de prison si elles sont violées par un homme autre que leur conjoint et 10 ans si elles tentent de fuir de chez elles. En 2008, toujours, d’après Ciberpresse.ca plus de 80 femmes auraient tenté de se suicider, contre plus de 90 en 2009 selon l’IRIN.
 
Pourquoi les auteurs de ces crimes ne sont-ils pas punis ?
Selon le rapport de l’association Human Rights Watch de décembre 2009, les relations sexuelles forcées intraconjugales, contrairement à l’adultère qui est réprimandé par la lapidation, ne seraient pas condamnables, étant considérées comme une affaire d’ordre privée. C’est pourquoi, en général les victimes de viols « conjugal » sont généralement emprisonnées à la place de leurs agresseurs qui payent les juges locaux contre leur libération.
 
Soumises à la violence de leur mari, à l’abandon de leur famille et du gouvernement afghan qui ne fait rien pour leur venir en aide, les femmes afghanes en désespoir de cause s’auto-immolent pour oublier l’horreur quotidien. Rappelons qu’en avril 2009 le président afghan Hamid Karzai a signé une loi concernant les femmes chiites, autorisant tout mari à exiger de la part de son épouse d’assouvir tous ses désirs sexuels. Signe que le taux de suicide chez les femmes afghanes est sur le point d’atteindre son paroxysme dans les années à venir.
 
 
Malheureusement le cas d’Aisha Bibi n’est pas le seul en Afghanistan, car selon l’ONU 90% des femmes afghanes seraient victimes de violences conjugales. Mais n’osent pas en parler !
Si certaines femmes craignent peut-être qu’on leur coupe la bouche pour avoir dénoncé la violence de leurs maris, d’autres comme Aisha, qui compte vivre désormais aux Etats-Unis, savent qu’elles peuvent renaître ailleurs sans se sentir coupables d’exister.
 
Parler c’est ne plus subir, se taire c’est mourir !
 
 
 
 



par Elodie Terlon (son site) mardi 10 août 2010 - 231 réactions
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