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Accueil du site > Actualités > International > Afghanistan : Washington invite les talibans à la réconciliation

Afghanistan : Washington invite les talibans à la réconciliation

Possible retour des talibans au pouvoir ?

Résumé  : dans un appel sans précédent lancé par M. Robert Gates, secrétaire d’Etat à la Défense, Washington revient en arrière et invite le mouvement du Mullah Omar à la réconciliation s’il accepte de négocier avec Kaboul. Le temps presse : pour Mike Mullen, Commandant en chef des armées américaines « Nous ne pouvons pas tuer pour obtenir la victoire. Nous n’avons plus le temps ! » C’est fort !

Des rencontres entre des représentants des moudjahiddines et des responsables gouvernementaux ont eu lieu en Arabie saoudite sous la houlette du roi saoudien encouragé ouvertement par les Anglais et implicitement par les Américains.

Que se passe-t-il en Afghanistan ? Les informations provenant d’Afghanistan montrent qu’une nouvelle voie est en train de se dessiner pour en finir, peut-être, avec un conflit devenu endémique. Les différents acteurs sur le terrain, étrangers et locaux, ont tendance à assouplir des discours précédemment intransigeants.

Des déclarations appelant à la négociation pleuvent de tous bords, américains, anglais, français et même le Mullah Mohamed Omar qui tente de rassurer ses ennemis s’ils quittent le pays.

S’acheminent-ils vers une pause ou vers la fin du conflit ? La question revient : que se passe-t-il dans cet incroyable Afghanistan ?

 

Le Constat

Tout le monde s’accorde sur l’échec des États-Unis en Irak, au Liban et maintenant en Afghanistan. Depuis sept ans, l’armée américaine ne s’est pas privée de mener des dizaines et des dizaines d’opérations, portant des appellations différentes pour atteindre deux objectifs : éradiquer le terrorisme et arrêter Oussama Ben Laden afin de le traduire devant les tribunaux et le juger.

Après chaque opération militaire, on dénombre les morts d’une part et on dénombre de nouveaux Jihadistes d’autre part. Il n’est pas inutile de rappeler que la société afghane est dominée par des relations tribales où la perte de membres appartenant à une tribu, dans les conditions actuelles, entraîne un renforcement des liens assabiya (la force clanique ou tribale) entre les membres des tribus contre l’agresseur, sans chercher à savoir s’il a tort ou raison. La vengeance alors est le mot d’ordre, elle est à la bouche de tout le monde. Le mouvement des « taliban » n’est que le moyen le plus rapide de se venger.

Ainsi, les attaques des insurgés sont devenues quantitativement plus nombreuses et qualitativement plus sophistiquées. Le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU pour l’Afghanistan, M. Kai Eide, n’a pas mâché ses mots et il a été très clair.

Dans un rapport récent, présenté le 14 de ce mois devant le Conseil de sécurité, il a déclaré que la situation s’était détériorée depuis plusieurs mois. Le nombre des incidents a augmenté de 40 % en juillet et août passés, par rapport à la même période de l’année précédente.

L’influence de l’insurrection dépasse les zones traditionnelles instables du sud et de l’est du pays, s’est intensifiée dans les provinces de Kaboul et les attaques sont de plus en plus sophistiquées, a ajouté M. Eide.

Il est communément admis maintenant que l’année 2008 a été l’année la plus violente depuis la chute des talibans. C’est l’année du sang. Le gouvernement de Kaboul pro-américain ne doute plus seulement de la capacité militaire des insurgés, mais surtout s’inquiète fortement de la qualité de leur entraînement et de leur coordination, comme cela a été révélé par le ministre afghan de la Défense, M. Abdul Rahim Wardak. Toutefois, la situation reste sous contrôle et nous ne sommes pas confrontés à la perspective d’une défaite, dit le ministre afghan.

Ces déclarations sont, cependant, à prendre avec précautions, car plusieurs responsables notamment militaires, des pays impliqués en Afghanistan ont fait part de leur souci devant la détérioration de la situation : 224 soldats étrangers ont été tués au cours des neuf premiers mois de l’année 2008 contre 219 pour toute l’année 2007. Côté afghan, on dénombre au moins 3 800 personnes, dont un tiers de civils, selon un décompte des Nations unies.

 

La parole des militaires : « Nous n’allons pas gagner cette guerre » !

Le général britannique Mark Carleton-Smith, commandant le corps expéditionnaire en Afghanistan, est explicite et résume ce que les militaires, en contact direct avec la réalité, pensent tout bas. Il estime que ses soldats (8 000) ont « atténué la menace des talibans pour 2008 ». « Nous n’allons pas gagner cette guerre, la menace est réduite à un niveau d’insurrection contrôlable ». Les Britanniques pourraient bien quitter le pays sans y avoir maté la rébellion islamiste.

Le ministre anglais de la Défense a tenté de minimiser la portée de ces déclarations. Estimant qu’il s’agit d’une opinion personnelle et qu’il ne reflète pas l’avis de son gouvernement. Le ministre britannique a également accusé les journaux anglais de déformer les déclarations du général Smith.

 

Le défi solitaire

À ce sujet, il est fort utile de signaler une autre réaction intéressante, celle de M. Robert Gates, le secrétaire américain à la Défense qui a rétorqué en fustigeant les déclarations défaitistes du général britannique : « Rien ne justifie que l’on soit défaitiste ou qu’on minimise nos chances de gagner à long terme ».

La réaction de M. Robert Gates, bien qu’il ne soit pas militaire de métier, s’insère dans un esprit militaire américain qui puise ses racines dans le vocabulaire familier à tout diplômé de West Point, l’une des plus prestigieuses académies militaires des États-Unis « Dans une guerre, il n’y a pas de substitut à la victoire ». Ces mots sont tirés du discours d’adieu du général MacArthur devant le Congrès le 19 avril 1951. Sauf que nous sommes en 2008 et la guerre d’Afghanistan n’est pas une guerre conventionnelle.

Les déclarations du secrétaire américain à la Défense ont été révélées lors de son déplacement en avion vers Budapest. M. Gates a incité ses homologues de l’Europe de l’Est et du Sud-Est d’augmenter leur contingent en Afghanistan : « À l’heure où la situation s’améliore sur le terrain en Irak, je vous demande d’envisager d’envoyer vos forces armées en Afghanistan, qui a un besoin urgent de formateurs pour l’aider à élargir son armée ».

Notre chef d’état-major, le général Jean-Louis Georgelin, quant à lui, a déclaré le 8 octobre qu’il partage « totalement le sentiment qu’il n’y a pas de solution militaire à la crise afghane. Notre général, et contrairement à son collègue britannique, n’a pas reçu de reproches de son supérieur, c’est-à-dire de Monsieur le président de la République. Cela signifie ce que cela signifie. Nous n’insisterons pas sur l’initiative de M. Kouchner, car elle n’a pas eu un écho favorable auprès des belligérants pour le moment.

Enfin, le général en chef de l’Otan en Afghanistan, David Mckiernan, a rejeté l’idée que son organisation militaire soit en train de perdre la guerre sur le sol afghan. Toutefois, il a affirmé qu’il avait besoin de davantage de forces militaires pour lutter contre les talibans.

 

Explication états-unienne de l’augmentation de la violence !

Le Los Angeles Times du 1re octobre, qui s’appuie sur des sources de renseignements militaires, a attribué l’augmentation significative de la rébellion à l’effort conjugué des trois princes de la guerre : Mullah Mohamed Omar, l’ancien chef du taliban, Jalaluddin Haqqani, ancien ministre dans le cabinet formé par les talibans et le très conservateur Gulbuddin Hekmatyar.

À ce propos, Gulbuddin Hekmatyar a reconnu récemment la responsabilité de ses hommes dans l’attaque dont l’armée française a été l’objet en août dernier. Hekmatyar, l’ingénieur, comme ses partisans l’appellent, n’a pas oublié que la France lui a préféré un autre seigneur (Ahmed Shah Massoud) dans les années 90, et, ayant pressenti que le moment des négociations était venu, a voulu montrer son importance et son poids sur l’échiquier afghan.

En 2006, Gulbuddin Hekmatyar a fait allégeance à Oussama Ben Laden en langue arabe. Par contre, il a refusé de la faire au Mullah Omar. Son orgueil, sa frustration du pouvoir durant la période où les talibans étaient au pouvoir l’empêche encore de sauter le pas. Pendant cette période, il s’est réfugié en Iran. Pour le Dr Hani Al Siba’i, directeur du centre d’études historiques, l’allégeance d’Hekmatyar à Ben Laden équivaut à une allégeance au Mullah Omar.

On raconte aussi, et selon Samir Sa’adawi, que Gulbuddin Hekmatyar a refusé de saluer Ronald Reagan lors d’une réception donnée aux chefs des moudjahiddines afghans, pour fêter le départ des forces soviétiques, car il n’a pas été considéré par le président américain comme le chef suprême de tous les moudjahiddines.

Le Los Angeles Times n’a pas manqué de souligner d’après ses sources militaires que la réputation de ces hommes est due principalement à leur combat, avec l’aide de la CIA bien entendu, contre l’armée rouge qui a fini par quitter l’Afghanistan.

Cependant, le même journal n’attribue pas toutes les opérations à ces princes, car l’armée américaine ne dispose pas des preuves irréfutables de l’existence d’une coopération active entre ces hommes. Par contre, l’armée les considère comme une source importante de déclenchement de violence.

À l’opposé des informations citées par le Los Angeles, Samir El Sa’adawi a révelé dans le journal El Hayat (pro-saoudien) qu’en dépit de la distance, plusieurs centaines de kilomètres, qui sépare Mullah Omar (au milieu du pays) de Hekmatyar (la zone stratégique frontalière avec le Pakistan), les deux hommes se sont liés pour lutter contre les étrangers.

Ce lien peut être interprétée par al assabiya al Qabiliya, c’est-à-dire par l’esprit de corps ou la cohésion et la solidarité, comme nous l’avions déjà démontré dans une contribution précédente. Donc, il y a une coopération étroite entre les deux hommes en dépit de leur différent sur la primauté de l’un ou l’autre. Ce problème ne se pose plus comme nous pourrons le constater un peu plus bas.

Pour Al Cheikh Jalaluddin Haqqani dont l’influence s’étale sur la zone frontalière à partir des provinces de Bektia et Yektika, son autorité va aussi dans l’ouest du pays et il a bâti des relations privilégiées avec les tribus de Pachtoun, ce qui lui a valu d’être nommé à la tête des forces militaires par le chef des talibans dans les années 90. Le point commun du Cheikh avec les deux autres c’est la volonté de résister à l’occupation étrangère.

Cheikh Jalaluddin Haqqani possède une qualité supplémentaire, il est considéré comme l’architecte des relations et des contacts entre Mullah Omar et Oussama Ben Laden. Les bases de Haqqani, en Afghanistan et au Pakistan, ont été bombardées deux fois en septembre dernier, par l’armée américaine, dans l’espoir de couper le contact entre les têtes de pyramide, entre Al-Qaïda et talibans, mais sans succès.

 

Reconnaissance de l’échec

À l’occasion du 7e anniversaire du 11-Septembre, la branche politique des talibans a appelé les forces internationales à quitter le pays car les Afghans refuseront les conditions des étrangers. L’appel a proféré des menaces contre les États-Unis et a promis « une perte historique » aux Américains en dépit des moyens sophistiqués mis à leur disposition. En même temps, Mullah Omar s’est engagé, dans une lettre publiée sur un site proche du taliban, à assurer la sécurité du départ des forces étrangères.

Devant l’impossibilité de gagner cette guerre par la force, nous constatons depuis la fin septembre des propositions inimaginables depuis quelques mois voire depuis quelques semaines. Que se passe t-il ?

Patrick J. Buchnan apporte une partie de la réponse, le basculement vers les négociations. La guerre en Afghanistan est la plus longue de l’histoire des États-Unis. Pourquoi n’avons-nous pas encore gagné ? Parce que nous manquons de forces armées.

Alors, pourquoi on a mis si peu de troupes ? Parce que, quoi qu’ils disent, très peu d’Américains croient vraiment que la survie du régime d’Hamid Karzaï est vital pour notre sécurité ou que nous serions en danger de mort si les talibans revendiquaient le pouvoir.

À cela, il faut ajouter la parole du général américain Patraeus : « de toute évidence, les décisions en Afghanistan sont allées dans la mauvaise direction... vous ne pouvez pas tuer ou faire des prisonniers pour venir à bout d’une insurrection aussi importante que celles rencontrées en Irak et en Afghanistan ».

Cependant, il manque quelques éléments de réponses que M. Buchenan ne précise pas et M. Barack Obama, le candidat démocrate aux présidentielles a souligné : notre problème c’était Ben Laden, point à la ligne. Pourquoi aller massivement en Irak ? M. Buchenan aurait dû creuser un peu plus dans ses analyses.

Le commandant en chef des armées américaines, Mike Mullen, va encore plus loin : « Nous ne pouvons pas tuer pour obtenir la victoire », et qu’il « n’était pas convaincu qu’on était en train de gagner la guerre ».

 

Des appels aux négociations !

Le président Hamid Karzaï a sollicité une médiation saoudienne pour des pourparlers avec Mullah Mohamed Omar. Requête immédiatement rejetée par Mullah Yerdar, l’un de chefs des talibans lors d’un entretien téléphonique avec Reuters.

Mullah Yerdar a réitéré les conditions de son mouvement de refuser tout pourparler avec les envahisseurs. « Nous avons dit par le passé, et nous le redisons une fois de plus que les forces étrangères doivent se retirer sans aucune condition », a affirmé de son côté, Qari Mohamed Yousuf le porte-parole du mouvement taliban à l’agence de presse afghane. Quant au Mullah Omar, il a refusé toute discussion avec la marionnette des Américains, Hamid Karzaï.

Le présidant afghan Hamid Karzaï : « J’ai décidé de me réconcilier avec les talibans ».

Le 4 octobre Mme Rice, désespérée par plusieurs déconfitures diplomatiques en Irak comme au Liban, a changé de ton. Elle a admis que la stabilité en Afghanistan nécessitait une aide régionale et un appui politique et économique des voisins. On commence à se réveiller. L’oncle Sam se réveille.

L’administration américaine actuelle est convaincue maintenant qu’elle est dans l’impasse, notamment, après les différentes déclarations des généraux de l’Otan et des généraux américains. La révélation d’un rapport alarmant élaboré par 16 agences de services de renseignement dévoilant que la situation en Afghanistan est dans une « spirale descendante » n’a fait que faire déborder le vase. La Maison-Blanche a décidé de réexaminer la politique états-unienne en Afghanistan.

Effectivement, nous ne pouvons pas également exclure un facteur important : les élections présidentielles prochaines. Il est coutume dans la tradition de la vie politique américaine que le président sortant ne laisse à son successeur qu’un nombre limité de dossiers en suspens.

Mais, en l’occurrence, l’héritage laissé est dur à assumer dans plusieurs domaines : écologiques, économiques, militaires et sociaux. Il est normal dans l’état actuel des choses que le maître de la Maison-Blanche tente de régler une question délicate telle que l’Afghanistan, même tardivement, car la nouvelle administration aura beaucoup de pain sur la planche.

 

L’appel de Robert Gates : le rattrapage !

Avec M. Robert Gates tout est possible. Le secrétaire américain de la Défense est persuadé maintenant comme les autres qu’il faut une solution pacifique, car la guerre d’Afghanistan ne peut pas être gagnée militairement. Il a fini, bon gré mal gré, par déclarer le 9 octobre à la suite d’une réunion de l’Otan à Budapest que :

« Son pays est disposé à se réconcilier avec les talibans afin de finir cette guerre ».

Il a ajouté que la « réconciliation est en fin de compte, une stratégie de sortie pour tout le monde ». Toutefois, M. Gates a confirmé son refus de discuter avec Al-Qaïda.

 

Les Britanniques sont pressés !

Cependant, les appels les plus significatifs sont ceux du général Carleton-Smith dans le Sunday Times selon lesquels : « Si les talibans étaient prêts à s’asseoir à une table pour parler d’une solution pacifique, alors cela serait précisément le type de progrès susceptible de mettre fin à ce type d’insurrection ».

Le message est clair, personne n’imagine, en dépit de démenti, qu’il s’agit d’une initiative personnelle de général. Il est quasi certain qu’il a eu le feu vert de son gouvernement et du gouvernement américain. En principe, en démocratie, les militaires ne parlent pas politique, c’est un domaine réservé aux hommes politiques.

En aucun cas, nous ne pouvons ignorer aussi la fameuse phrase du général David Petraeus ancien chef du contingent américain en Irak, devenu commandant de l’immense zone militaire Moyent-Orient-Asie (incluant l’Afghanistan) : « Il faut parler à ses ennemis ».

En fait c’est exactement ce que propose notre expert en diplomatie, notre ancien ministre des Affaires étrangères, M. Hubert Védrine comme principe d’ABC pour régler les conflits : « La diplomatie n’est pas faite pour discuter entre amis ».

 

Des rencontres quand même !

Abdel Salam Da’ïf, l’ancien ambassadeur des talibans au Pakistan, a déclaré le 7 octobre que des éléments appartenant à son mouvement ont rencontré le roi saoudien et des responsables gouvernementaux afghans : « Nous étions 7 ou 8 anciens responsables talibans, idem pour les gouvernementaux, la rencontre a eu lieu en présence du roi ».

Pour le contenu de cette rencontre ou les détails, c’est la langue de bois : « Dans cette réunion, nous n’avons parlé ou discuté d’aucune question politique concernant l’Afghanistan ! » L’ancien ministre des Affaires étrangères des talibans a qualifié la rencontre d’« une réunion normale et nous avons dîné ensemble ! »

Les premières rencontres ont eu lieu les 24 et 27 septembre en Arabie saoudite. Gulbuddin Hekmatyar a représenté les rebelles. La rencontre a été saluée par le général britannique Mark Carleton-Smith.

Selon des sources à Washington un groupe de travail, composé de Saoudiens encouragés ouvertement par des Anglais et tacitement par les Américains, tente d’obtenir un accord entre certaines factions des talibans et le gouvernement de M. Karzaï dans le but de mettre en place un gouvernement d’entente nationale. Le président Karzaï est prêt à offrir des portefeuilles ministériels aux talibans s’ils acceptaient un accord avec lui.

 

Pourquoi Américains et Saoudiens s’intéressent-ils à Ben Laden ?

Les Américains comme les Saoudiens souhaitent avoir Oussama Ben Laden « Dead or alive ». Le but final est le même. Pour les Américains, l’arrestation de Ben Laden, permet de le juger et le punir pour le 11-Septembre d’une part, de restaurer l’effort perdu et déployé par leurs forces, remonter le moral des troupes d’autre part. Elle a l’avantage aussi de redorer le blason d’un président qui a échoué sur plusieurs plans et qui est sur le point de quitter ses fonctions par la petite porte.

Pour les Saoudiens, on attribue à Ben Laden plusieurs attentats dont il n’a pas nié la responsabilité. Ces attentats ont réduits la crédibilité du pays connu pour sa stabilité et pour sa main de fer à tout ce qui touche à la sécurité intérieure. C’est le premier producteur de pétrole du monde d’une part et le lieu du pèlerinage de millions des musulmans chaque année d’autre part. Donc, son arrestation est fondamentale pour le royaume.

Néanmoins, l’arrestation d’Oussama Ben Laden nécessite forcément une coopération active de la part du Mullah Omar, le chef suprême des talibans. Ceci nous amène obligatoirement à se poser une question capitale :

Est-ce que le Mullah est prêt à livrer son ami aux Américains ou aux Saoudiens et pour quel prix ?

Avant de tenter de répondre à cette cruciale question par une réponse simple du genre « Oui » ou « Non », je vous invite à lire attentivement et patiemment le paragraphe suivant en sachant que je me suis appuyé profondément sur une partie des travaux du philosophe arabo-musulman Ibn Khaldoun publié dans Le Livre des exemples d’Ibn Khaldoun.

Le calife Omar ! Le commandant des croyants ! Jusqu’à nouvel ordre !

Dans la vie, il est nécessaire de se référer à des règles politiques que tout le monde reconnaît et dont tout le monde respecte les clauses. Quand ces règles sont établies par les sages, les grands personnages et les esprits les plus éclairés de l’État, on a affaire à une politique rationnelle. Quant elles sont établies par Dieu par l’intermédiaire d’un législateur qui les proclame et en fait une loi religieuse, on a affaire à une politique religieuse.

Les règles de la politique ne considèrent que les intérêts du monde d’ici bas. Mais ce que veut le législateur pour les hommes, c’est leur bien dans l’autre monde. Il est donc nécessaire, conformément aux lois religieuses, d’exhorter les hommes à se soumettre aux préceptes religieux aussi bien pour les affaires de ce monde que pour celles de l’autre monde.

Cette tâche a d’abord incombé aux prophètes. Puis elle est passée à ceux qui les ont remplacés, c’est-à-dire les califes. Donc le calife est le substitut du législateur pour la garde de la religion et le gouvernement des affaires d’ici bas sur un fondement religieux. La fonction que le calife exerce est appelée Califat.

 

Quant au titre de commandant des croyants, il a été créé à l’époque des [quatre premiers] califes, appelés [Les califes bien guidés...] Pour faire court, la première personnalité musulmane qui a eu le droit à ce titre, était le deuxième calife de l’islam « Omar Ibn El Khatabe ».

Ces deux titres avec leurs fonctions et leurs pouvoirs sont les plus hauts grades qui peuvent être accordés à un musulman après le prophète. Ces titres sont le rêve ultime de certains hommes politiques musulmans croyants.

En fait, il n’y a pas longtemps, certains gouverneurs arabes, dans un but purement politique, ne se sont pas privés de s’approprier ces titres. Ces gouverneurs ont disparu maintenant selon la loi de la nature. Personne n’est éternel !

Sur le mur, on a écrit : « Le Commandant des Croyants Mohamed Omar »

Nous arrivons à l’essentiel : Oussama Ben Laden a fait allégeance au Mullah Mohamed Omar et il lui a confié les titres les plus honorables, les plus chers au cœur des musulmans.

Nous ne dévoilons pas un secret ni un scoop en disant que le Mullah Omar est aujourd’hui "Le calife" et « Le Commandant des Croyants » de toute la nation musulmane du monde entier, et ceci jusqu’à nouvel ordre. Au moins c’est ce qu’il croit.

Par contre, maintenant, nous allons tenter de répondre à la question que nous nous sommes posée plus haut, mais en posant une autre question :

Est-ce que le calife Mohamed Omar, Le Commandant des Croyants, va coopérer activement avec les Américains ou les Saoudiens pour livrer Oussama Ben Laden ?

Autrement dit est-ce que Le Calife va trahir la personne qui l’a nommé à la tête des croyants et qui le soutient financièrement et logistiquement ? Nous sommes en face de deux cas de figures :

1. Pour que la réponse du Calife soit « Oui », il serait intéressant de savoir qu’est-ce qu’ils ont - Américains et Saoudiens - à lui proposer de mieux ?

2. Si la réponse est non, cela signifierait que les négociations talibans-gouvernement seront, soit, infructueuses, avec des conséquences fâcheuses sur le terrain pour tout le monde, soit, vont déboucher sur un retour pur et simple des talibans au pouvoir !

Le président Karzaï sera-t-il en mesure de résister aux talibans quand les forces étrangères quitteront le pays ?

Fayez Nahabieh

Amis du Monde diplomatique

20.10.2008.

 

Eclairage Hors texte

1. Pouvoir politique et pouvoir religieux - Les prémices de la Laïcité.

Pour Ibn Khaldoun, l’idéal d’une unification du religieux et du politique est considéré comme une belle utopie qui n’a connu dans l’histoire de l’islam qu’une très courte durée (trente ans) où elle a été pleinement réalisée, au temps des [califes bien guidés]. Les raisons objectives empêchant cet idéal de fonctionner à travers le temps résident dans la nature de l’homme et dans celle du pouvoir en même temps.

Abdesselam Cheddadi nous démontre une autre originalité d’Ibn Khaldoun : la politique est indépendante de la religion. Au cours de l’histoire de l’islam, les régimes royaux qui ont existé dans la plupart des sociétés islamiques ont opéré un modèle de compromis entre l’application de la loi religieuse et les exigences de la société et du pouvoir.

Le politique était un domaine réservé où les religieux et les érudits n’avaient pas leur mot à dire. Ainsi, les premières prémices de la laïcité étaient nées. La seule chose qui manquait à cette formidable naissance était le cadre juridique et constitutionnel afin qu’elle pérennise à travers le temps. C’était un pas géant en faveur de l’humanité.

La religion dans sa fonctionnalité politique n’était pas nécessaire et, pour preuve, Ibn khadoun parle des sociétés ayant existé historiquement et qui fonctionnaient sans aucune religion. De ce point de vue, Ibn Khaldoun diverge des autres philosophes musulmans.

Toutefois, il reconnaît à la religion un rôle, seulement en tant qu’adjuvant aux forces sociales, c’est-à-dire en tant que force sociale parmi d’autres jouant le rôle du ciment pour unifier les hommes autour d’un idéal.

2. La signification du serment d’allégeance

Le serment d’allégeance est le fait de prêter obéissance. Celui qui le fait s’engage à abandonner à son prince la direction de ses propres affaires et celles des musulmans, à s’abstenir de toute contestation à ce sujet, et à lui obéir dans toutes les affaires dont il le charge, que cela lui plaise ou non.

(D’après Le Livre des exemples. Page : 499)

 

Références

1. Le Livre des exemples. Ibn Khaldoun. Bibliothèque de la Pléiade. Publiée aux Editions Gallimard. Volume numéro 490. 2002. Traduit par Abdessalam Cheddadi. 1559 pages.

2. Los Angeles Times Behind Afghanistan’s rising attacks ; Despite huge boutines on their heads were largely unhindered to direct strikes on US.troops.

3. Los Angeles Times Afghanistan : A country locked in a spiral of doom.

4. Centre d’actualités de l’ONU Afghanistan : La situation s’est détériorée depuis plusieurs mois, selon Kai Eide.

5. www.afp.net Afghanistan : Washington rejette tout "défaitisme", évoque des négociations

6. www.latribune-online.com Afghanistan, une année de sang.

7. www.liberation.fr L’Otan peut gagner en Afghanistan, selon le commandant en chef.

8. www.canoe.com L’Otan ne perd pas la guerre en Afghanistan.

9. www.lemonde.fr « La guerre en Afghanistan ne peut être gagnée », estime le commandant britannique sur place.

10. www.lemonde.fr Rapport alarmant du renseignement américain sur l’Afghanistan.

11. www.romandie.com Gates réclame des troupes à l’Europe du Sud-Est et de l’Est.

12. www.romandie.com Afghanistan : les USA réexaminent leur politique après un rapport alarmant.

13. www.solidariteetprogres.org Un groupe anglo-saoudien prépare une surprise d’octobre en Afghanistan.

14. http://fr.novopress.info A propos des généraux et des victoires.

15. www.rue89.com « Combattre les barbares » ou négocier avec les talibans ?

16. www.asharqalawsat.com En arabe. Une nouvelle stratégie américaine en Afghanistan : réconciliation avec les talibans et une diplomatie active avec les voisins.

17. www.aljazeera.net En arabe. Les Etats-Unis sont disposés à une réconciliation avec les talibans.

18. www.daralhayat.net En arabe. Washington propose à taliban la réconciliation s’il négocie avec kaboul pour finir la guerre.

19. www.aljazeera.net Rice appelle les voisins d’Afghanistan à l’aide et yaliban refuse de négocier.

20. www.daralhayat.net En arabe. Les horizons d’une solution afghane entre « l’ingénieur », le « Mullah Omar » et le réveil de « l’oncle Sam ».

21. www.asharqalawsat.com En arabe. La relation entre Ben Laden et le Mullah Omar s’est renforcée grâce au moyen financier, et l’attribution du titre « Le Commandant des Croyants ».

22. www.alarabnews.com En arabe. Hekmatyar et la grande allégeance.

23. www.daralhayat.net En arabe Les pourparlers afghans attisent la tension américano-britannique.

24. www.aljazeera.net En arabe. Canada : les forces étrangères ne peuvent instaurer la paix en Afghanistan.


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49 réactions à cet article    


  • LE CHAT LE CHAT 20 octobre 2008 11:57

    l’allégeance , ça existe aussi par chez nous , Nico a été fissa dans le ranch de Debeulyou faire allégeance à son maitre ! et faut voir les efforts qu’il déploie actuellement pour que son mentor finisse son mandat en sauveur de l’économie ! smiley


    • morice morice 20 octobre 2008 12:18

       Va falloir discuter avec l’assassin des soldats français, comme je l’ai dit à deux reprises ici déjà... qui va se charger d’aller le dire aux familles ? Vous évitez de parler du frère de Karzaï, soupçonné d’être à la tête du trafic de drogue du pays... va aussi falloir le dire aux familles, que celui qui dirige le pays est de mèche avec les trafiquants ???


      • Allain Jules Allain Jules 20 octobre 2008 14:31

        Morice,

        Real politik !

        Maintenant, il faut surtout expliquer le bien fondé d’une telle guerre.....pour "la liberté et contre le terrorisme". A manger sa cravate comme le dirait nun certain Morice.

        Il me souvient, j’avas été traité de tous les noms d’oiseaux en parlant la probable capitulation des
        forces étrangères. Qui avait raison ?

        Rira bien qui rira le dernier !


      • jbal 21 octobre 2008 16:06

        tout à fait d’accord avec vous, que de morts pour rien dans ce cas !!!!


      • CANAAN 20 octobre 2008 12:24

        En matière de trafics de drogue les islamos mafieux talibans ne sont pas en reste...

        RFI - La drogue au service des talibans


        • Mr Mimose Mr Mimose 20 octobre 2008 14:06

          Très interresant article ! En tout cas je suis bien content que ces connards de néo-cons se prennent une branlée en afghanistan ! Ils croyaient peut etre imposer leur culture pop corn à ce peuple fier et courageux qui a resister a plusieurs invasions ?
          Comme quoi on voit bien les décerbrés genre Patton et Cannan qui ont des idées qui changent en fonction des évenements. Pour eux les talibans sont des barbares, dans les années de l’invasion russe c’était de courageux combattants à cheval !
          Faut vraiment etre un mange merde sans nom pour changer d’idée comme une pute change de rouge à lèvres.


          • Mr Mimose Mr Mimose 20 octobre 2008 14:18

            Tiens d’ailleurs dans je sais plus quel rambo on voit bien l’aide américaine aux afghans contre les affreux russes. A cette époque c’était pas de vilains talibans ? Comment de courageux combattants de la liberté comme les américains les appellaient, sont devenus des monstres de talibans qui mangent des enfants ???
            Cannan et l’autre abruti de Patton, vous avez une réponse à cette question ?


          • Mr Mimose Mr Mimose 20 octobre 2008 15:05

            Patton tu condamnes donc du meme coup les américains qui ont soutenus des extrémistes, va au fond de ta pensée, ait un peu de courage pour une fois.
            Ou alors analyses les faits historiquement sans parti pris, en arretant de nous faire a chaque fois le coup du pathos avec tes histoires stupides sur les arabes. Y’a que toi qui y croit d’ailleurs, avec ton pote cannan.


          • Mr Mimose Mr Mimose 20 octobre 2008 15:39

            Et ta connerie elle est pas dangereuse peut etre ? Les américains ont continué de soutenir les talibans bien après le départ des communistes et bien après l’effondrement du regime soviétique. Tout comme ils soutenaient Saddam hussein d’ailleurs. Alors arreter d’essayer de nous faire pleurer avec vos histoires d’humanitaire assassinée par les vilains talibans. On est pas à une réunion tupperware.
            Révisez votre géopolitique après vous pourrez ramenez votre gueule.


          • Super resistant de l’islam 20 octobre 2008 15:58

            mieux vaut des talibants morts que des occidentaux morts.
            Le reste c’est du pipi de chat.


          • Arafel Arafel 20 octobre 2008 16:13

            Entre la peste et le choléra.......................


          • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 20 octobre 2008 22:46

            Je n’ai aucune affeetion pour les talba que je considere conmme le meileur exemple contemporain d’obscurantisme J’ai beaucoup de pitié pour le peuple qui pourrait leur être soumis. Je garde toutefois ma haine pour les dirigeants américains, pour leur hypocrisie, leur barbarie, leur stupidité. Ils ont déshonoré la civilisation occidentale.

             Pierre JC Allard

            http://nouvellesociete.org/5149.html
            http://nouvellesociete.wordpress.com/2008/03/12/166-extra-la-guerre-est-finie/


          • CANAAN 20 octobre 2008 14:33

            Sans doute que les STATES préferent les talibans aux communistes...à l’époque l’expansion communiste était et de loin plus dangereuse qu’une poignée d’enturbannés du moyenâge.


            • ASINUS 20 octobre 2008 16:08

              vision idiote s il en etais canaan , l etat sovietique a bout de soufle etait pour les usa le meilleur garant du statu quo ,vision a court termes sans anticipation , un peu comme israel jouant le hamas contre le fatah dans les années 90
              pour la droite israelienne plutot les barbus que les socialisants du fatah*




              *pas de procés d intention canaan vous savez pertinement qu il n y a pas d intention maligne dans mon exemple


            • Arafel Arafel 20 octobre 2008 16:11

              Le temps presse : pour Mike Mullen, Commandant en chef des armées américaines « Nous ne pouvons pas tuer pour obtenir la victoire. Nous n’avons plus le temps ! »

              Je me demande dans ces conditions quel serait l’interet des talibans à négocier avec les envahisseurs, puisque comme il est dit plus haut, ceux-ci ne gagneront pas.....................


              • CANAAN 20 octobre 2008 16:24

                Oh aprés tout, les talibans...c’est quoi ???
                concentrons nous sur l’iran maintenant...les chiites sont dans l’immédiat plus dangereux...il sera temps de s’occuper des fadas un autre jour...


                • Mr Mimose Mr Mimose 20 octobre 2008 16:38

                  par CANAAN (IP:xxx.x67.115.10) le 20 octobre 2008 à 16H24

                  Oh aprés tout, les talibans...c’est quoi ? ? ?
                  concentrons nous sur l’iran maintenant..

                  C’est qui nous ??? Vous parlez au nom de qui ? Et puis l’irak et l’afghanistan est un échec total, vaudrait mieux qu’ils rentrent chez eux les ricains.
                  Il faut demander à l’onu d’envoyer des troupes aux usa, arreter un criminel qui à pris le pouvoir en trichant aux élections et qui utilise l’armée us à des fins de génocides.
                  Canaan vous etes coupable d’admirer un nazi, descendant de Prescott Bush, le banquier des nazis, copain d’oussama ben laden.

                  • frédéric lyon 20 octobre 2008 17:05

                    De Mimose, notre ami du Maghreb :

                    "C’est qui nous ? ? ? Vous parlez au nom de qui ?"

                    ........................

                    Non ami Mimose, cher ami d’Afrique du Nord, en effet "nous" ce n’est pas toi. Et si tu te contentais de siffler la Marseillaise ?


                  • ASINUS 20 octobre 2008 16:44

                    @canaan

                    yep
                     l iran , ben c est une théocratie a la democratie aleatoire ,vous meme savez qu une autre theocratie
                    dans la region voit sa democratie sapée par le fait religieux
                    l iran c est un etat de la region qui n est pas neuf sous le ciel et peut legitiment vouloir compter
                    l iran c est paradoxalement un etat qui a ou aurait des interets geopolitique et strategique convergent
                    avec israel
                    l iran atomique est a court terme moins un danger pour isrel que ne l est un desiquilibre demographique
                    en court actuellement
                    last but not least l iran c est un ancien et tres fidele e x allié

                    reste les braillements d hamanihedjad 
                    ils servent d habillage a la politique interieure des mollahs 
                    il n’ est que des politicard demagogues our l utiliser , les vrais hommes d etats d israel ont sut faire la paix avec un homme qui c etait bercés des chants d oum khalsoum , rappelez vous " egorge egorge"


                    • CANAAN 20 octobre 2008 16:46

                      Calme toi mimose...ou tu vas finir dans un hopital psychiatrique cubain...soigné par des génériques chinois ...


                      • frédéric lyon 20 octobre 2008 17:01

                        Il se passe en Afghanistan ce qui s’est passé en Irak.

                        Les habitants du coin en ont marre de servir de chair à canon aux islamistes "jihadistes" d’al Qaeda, qui sont tous des étrangers.

                        En Irak les sunnites irakiens ont laissé tombé al Qaeda.

                        En Aghanistan les rebelles Pachtounes du Mollah Omar ont annoncé qu’ils les laisseraient volontiers tomber aussi.

                        Rappelons que notre intervention en Aghanistan a été décidée à la suite du refus des Mollahs de livrer Oussama Ben Laden.

                        Si les Pachtounes du Mollah Omar veulent rejoindre les Pachtounes d’Amid Karzai, il n’y a pas de raison de ne pas leur faire une petite place en Afghanistan, à côté des autres ethnies qui soutiennent le gouvernement en place.

                        En tous cas on peut toujours en discuter avec eux !

                        Les jihadistes étrangers à la région qui sont basés au Waziristan Pakistanais seront de plus en plus isolés, surtout depuis depuis que l’armée Pakistanaise a décidé de les frapper, et depuis que les services spéciaux Français et Américains vont les canarder jusque dans leurs anciens sanctuaires.

                        On se doutait bien que si les rebelles ne disposaient plus du sanctuaire et s’ils commencaient à risquer leur peau en se promenant dans la campagne du Waziristan, les trahisons commenceraient aussitôt.

                        Je l’avais d’ailleurs prévu dans un de mes commentaires ici-même et c’est ce qui est en train de se produire.

                        La guerre en Irak contre les islamistes a dores et déja été gagné, les opérations militaires sont de plus en plus réduites et se résument à présent à de simples opérations de police que peut mener l’armée irakienne avec notre soutien logistique.

                        La France vient fort opportunément d’en prendre acte en reprenant ses livraisons d’armes à Bagdad et nous négocions actuellement un important contrat portant sur la livraison d’hélicoptères au gouvernement irakien, avec l’aval des Américains. La France a toujours été un important forunisseur d’armes à l’Irak et il fallait prendre acte du changement de pouvoir dans ce pays.

                        Voilà donc qui a été fait avec ce contrat.

                        La reddition du Mollah Omar augure bien de notre prochaine victoire en Afghanistan.


                        • Mr Mimose Mr Mimose 20 octobre 2008 17:02

                          Canaan pourquoi soutenez vous le président Bush, un homme aux idées plus que douteuses dont le grand père à soutenu les nazis (nazis qui ont gazé des millions de juifs) et qui est copain comme cochon avec Oussama ben laden ?
                          Je vous soupçonne d’avoir des idées plus que douteuses, m’étonnerait pas qu’on apprenne que vous avez votre carte au Front national.


                          • Mr Mimose Mr Mimose 20 octobre 2008 17:06

                            Manquait plus que Lyon, le pote de canaan, lui aussi du front national.


                          • Mr Mimose Mr Mimose 20 octobre 2008 17:09

                            Lyon met ta moustache postiche et fait le salut hitlérien, ça va te faire du bien.


                          • frédéric lyon 20 octobre 2008 17:17

                            Mimose, cher ami d’Afrique du Nord, c’est impossible car ma religion me l’interdit.

                            Tandis que la tienne te le recommanderait peut-être, qui sait ?

                            Veux-tu que je te rappelle encore une fois l’histoire du Grand Mufti de Jérusalem, l’illustre Mohammed Amin al Husseini, le kollabo d’Adolf Hitler pendant la seconde guerre mondiale ?


                          • Godwin Godwin 20 octobre 2008 17:23

                            Mr Mimose c’est en fait l’extrême opposé de Fréderic Lyon, un peu comme la matière et l’antimatière, en tous cas vous allez bien ensemble smiley


                          • CANAAN 20 octobre 2008 17:41

                            oui, oui FRED...rappelle à mimose le B.A.BA de l’idéologie islamique...ça lui rappelera cuba et son prophète FIDEL


                            • Satantango Satantango 20 octobre 2008 21:16

                              Tandis que l’idéologie Judéo-siono-yahvéiste est tellement "progressiste" qu’elle n’est réservée qu’à un "peuple élu" au même titre que celle des bons "Aryens" chers aux Adolph Hitler, Sharon ; Olmert et autres Kouchner, D Strauss-Khan, Bush, Begin, Netanyahou, Begin, etc., etc.

                              N’est-ce pas Juda-Thierry-Yakoub-Israel-le-Feuj-Juif ? N(ayez crainte bientôt Ahmedinejad va vous transformer en carburant ou vous vider de "votre sang impur pour abreuver ses sillons’ 

                              George(tte) Patton a la tronche d’un travelo


                            • robocup555 20 octobre 2008 17:41

                              Article interessant. Dans mon blog http://robocup555.blogs.nouvelobs.com et sur Agoravox http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=43884 j’ai préssenti que ces négociations auraient lieu vue l’évolution de la situation sur le terrain en Afghanistan et les ai encouragées.

                              Toutesfois votre article va plus loin.

                              En effet vous dites 2 choses contradictoires .

                              1 les américains ne craignent plus le retour des Talibans au pouvoir.
                              2 le pouvoir des Talibans va au-delà de l’Afghanistan puisque "Ben Laden" a investi le Mollah Omar de "Calife" et vous rappelez en conséquence le Califat de Omar, compagnon et gendre du Prophète.

                              Que les Talibans reprennent le pouvoir de gré ou de force en Afghanistan et qu’ils y installent un régime islamiste sunnite opposé au régime islamiste chiite iranien semble être l’option OTAN afin de rendre un conflit direct en conflit indirect.

                              Que le Mollah Omar soit Calife, c’est de la pure fiction qui n’est que dans la tête de quelques nostalgiques qui ignorent que le califat (Damas, Baghdad, Istambul) n’a jamais maintenue une réelle unité. Au siècle de la mondialisation, d’internet, des libertés, qui en dehors de quelques extrémistes, du Maroc en Indonésie accepterait d’être gouverné par un Calife à ... Kaboul ? 


                              • robocup555 20 octobre 2008 17:57

                                J’ajouterai en complément à mon dernier post que c’est précisément ce genre de refléxion sur le Califat déconnéctée de la réalité qui pousse les occidentaux et même les pays musulmans à "combattre le terrorisme". 


                              • Mr Mimose Mr Mimose 20 octobre 2008 18:00

                                Mr lyon je me contrefous du grand moufti, du pape, d’allah, de moise et autre débilité dans le genre vu que je suis athée, et breton de souche.
                                C’était pour préciser.
                                Quant à vous je ne sais pas de quelle religion vous parler, mais en tout cas je trouve que vos propos ressemble à deux gouttes d’eau de ceux du FN. De plus vous soutenez un homme dont le grand père a fait fortune avec les nazis et qui est l’ami personnel d’oussama ben laden
                                Vous accumulez les paradoxes.


                                • Mr Mimose Mr Mimose 20 octobre 2008 18:18

                                  Voila pour votre culture Mr Lyon
                                  La fortune de la famille Bush est liée à la Shoah Prescott Bush, George Herbert Walker, et l’industriel allemand Fritz Thyssen, ont financé Adolf Hitler avant et pendant la 2ème guerre mondiale.

                                  http://www.mai68.org/textes/PrescottBush.htm

                                  Vous soutenez ouvertement quelqu’un dont la famille à fait fortune sur le sang des juifs, vous etes une raclure !


                                  • CANAAN 20 octobre 2008 18:43

                                    Personnellement je ne soutiens pas BUSH...mais je suis l’allié des STATES...
                                    BUSH junior n’est pas responsable des faits et gestes du grand pére...


                                    • fonzibrain fonzibrain 20 octobre 2008 18:57

                                       hé bey tout cela pour rien


                                      honteux,en fait les taliban ne sont pas si mauvais que ça,et il ont mis 8 ans et 150 000 morts pour s’en rendre compte


                                      • Mr Mimose Mr Mimose 20 octobre 2008 19:02

                                        Allié des states ne veut rien dire, on est d’accord avec une politique pas avec un pays. Et Bush est le representant légal de la politique U.S.
                                        C’est à dire une politique trouble servie par une équipe qui utilisent Israel et le terrorisme afin de servir ses interets. Cette politique se soldera par un échec avec de grave répercussion pour Israel, mais de cela Bush n’en a rien à foutre. Comme son grand père n’en avait rien à foutre des juifs. Encore une fois les juifs seront les dindons de la farce au bout du compte.


                                        • CANAAN 20 octobre 2008 19:15

                                          je suis d’accord avec la politique U.S qui redéfinit ses priorités...dans un monde en mouvement .
                                          J’ai bon ???


                                          • judel.66 20 octobre 2008 19:17

                                            que faisons nous en afghanistan......les derniers morts pour l’opium de la maffia albano US......


                                            • Mr Mimose Mr Mimose 20 octobre 2008 19:25

                                              Canaan, vous avez bon ! smiley
                                              Espérons que les USA puissent un jour retrouver un grand président comme cela fut le cas avec Roosevelt.
                                              Malheureusement je crains qu’il ne soit trop tard.


                                              • Mr Mimose Mr Mimose 20 octobre 2008 19:33

                                                Ha oui, le traffic d’opium :
                                                 Par une ironie amère, la présence militaire des USA a servi à reconstituer plutôt qu’à supprimer le trafic de drogue, qui a été multiplié par 21 depuis l’invasion menée par les USA en 2001.
                                                Ce que les médias omettent de rappeler est que le gouvernement taliban avait été pour beaucoup été dans la mise en œuvre du programme réussi d’éradication de la drogue, avec l’appui et la collaboration de l’ONU, en 2000-2001 .
                                                Mis en application en 2000-2001, le programme d’éradication des Talibans a provoqué une diminution de 94 pour cent de la culture de pavot. En 2001, selon des chiffres de l’ONU, la production d’opium était tombée à 185 tonnes. Juste après l’invasion US d’octobre 2001, la production s’est accrue considérablement, regagnant ses niveaux historiques
                                                .
                                                http://www.michelcollon.info/articles.php?dateaccess=2007-05-02%2006:16:46&log=invites


                                                • Christophe Christophe 20 octobre 2008 19:34

                                                  @L’auteur,

                                                  Bon article bien documenté.

                                                  Ce qui reste à mettre en oeuvre chez nous, est tout simplement de faire comprendre que ce que nous regroupions dans un ensemble appelé Taliban n’est en aucun cas un ensemble monolitique. Les influences tribales étant les plus prégnantes dans l’Afghanistan, c’est le revers de la médaille que de faire comprendre maintenant tout l’inverse des propos propagandistes qui nous ont amené à faire une guerre perdue d’avance.

                                                  La défaite sur le plan militaire peut se transformer en victoire politique, mais rien n’est moins sûr. Quelle légitimité a, dans les diverses composantes de l’Afghanistan, Hamid Karzaï ? Certes, il pourrait être considéré comme un chef tribal, son influence ne dépassant pas Kaboul ; mais cela ne fait pas de lui un homme influent auprès de la population afghane. Sa seule et unique renommée fait de lui un dépositaire des intérêts occidentaux en Afghanistan, il est a parié que si des élections libres devaient se tenir sur l’ensemble du territoire afghan, Karzaï n’aurait aucune chance d’être élu !

                                                  Je ne suis pas du tout certain que le gouvernement afghan ait le moindre poids dans une négociation de cet ordre. Les forces en présence, si nous retirons les forces occidentales, ne laissent planer aucun doute quant au poids des interlocuteurs, surtout que les chefs de guerre savent déjà qu’ils ont remporté la bataille militaire (en fait, plus les occidentaux mènent d’actions militaires, plus les rangs des opposants grossissent ; problème de dicernement, si les dégâts collatéraux sont acceptés par les occidentaux pour se soulager psychologiquement des horreurs qu’ils perpétuent, ce n’est pas perçu exactement sous la même forme par ceux qui perdent des proches). Dans ce contexte, ils n’accepterons sans doute pas des seconds rôles derrière un fantoche.

                                                  Il faut reconnaître que les frappes occidentales au Warizistan pakistanais pose de sérieux problèmes aux Etats-Unis ; cela tend à destabiliser un pays (la population civile pakistanaise est loin d’être majoritairement favorable à ces bombardements) qui est l’un de leurs alliés quasiment indéflectibles (surtout un de leur prés carré) où ils verraient d’un mauvais oeil une poussée islamique dans ce pays doté de l’arme nucléaire.

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