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Afrique Centrale : Les ressources naturelles ou les racines de la conflictualité

L’Afrique Centrale, une des Régions méconnue de l’Afrique caractérisée par l’absence de la démocratie, du développement, d’un trou noir dans la gouvernance, et des États mal assis. Thierry Vircoulon, Central Africa Project Director au International Crisis Group, retrace très bien la problématique de gestion des ressources naturelles dans cette Région du monde caractérisée par des rivalités inter-ethniques, la monopolisation du pouvoir et où l’accès aux ressources naturelles se fait avec grandes violences.

La majorité de ces pays comme le Congo, RD Congo, Rwanda, Burundi, Gabon, Cameroun, Tchad etc.. ont été découverts par les occidentaux pour l’exploitation des ressources naturelles principalement le caoutchouc, l’ivoire et les exploitations s’étaient déroulées avec grandes violences. International Crisis Group, une Organisation non Gouvernementale basée à Bruxelles en Belgique, retrace comment les colons, animés simplement par l’appât du gain, ont entretenus des rivalités inter ethnique jusqu’aujourd’hui. Dans ces pays, certains ethnies se considèrent supérieures à d’autres ethnies, par exemple, le kasaïens du Katanga, le Tutsi au Rwanda et au Burundi.

Les finances publiques de ces pays, dépendent à quatre-vingt-dix-neuf pour cent des ressources d’exportations brute ; caractérisés par une économie non diversifiée et où le secteur privé vient s’adosser. Ce qui fait des ces pays, des États rentiers.

Sur le plan politique, les indicateurs de gouvernance mettent l’ensemble de ces pays d’Afrique centrale en queue de peloton des autres pays. Le pouvoir est monopolisé par une seule ethnie et la distribution de la rente est faite par l’administration publique et non le secteur privé. C’est pour cette raison que la plupart des gens préfèrent travailler dans l’administration plutôt dans le secteur privé.

Comme souligne cette organisation active dans les préventions des conflits à travers le monde, la plupart des conflits existant dans cette région, sont basées essentiellement sur la rente opposant les gouvernements aux investisseurs étrangers. Et cette logique de conflits s’expliquent essentiellement par le contrôle de la rente notamment le coltan, diamant et or en Rd Congo, le pétrole au Congo, Tchad, République Centrafricaine où les avantages sociaux sont disproportionnés entre les pouvoirs et le reste de la composante de la societé comme la société civile, l’ opposition. C’est pour cette raison que les oppositions ont tant de mal à conquérir les pouvoir à travers l’alternance pacifique.

Dans ces pays, le développement est considéré comme des cadeaux présidentiels notamment les inaugurations ostentatoires des ponts, routes, Centres de santé, écoles par les présidents ou les hautes autorités de l’Etat. C’est la capacité de redistribution des revenus tirés de la rente, qui permet aux dirigeant d’asseoir leur pouvoir.

Il en va de soi que la stabilité dans cette région dépend énormément des fluctuations du cours des matières premières sur le marché mondial. Les pouvoirs se renforcent pendant l’embellie ou la hausse de matières premières, au moment des découvertes des gisements des matières 1ères, en l’occurrence le pétrole au Tchad, au Burundi, en Centrafrique, en RD Congo..Les accalmies observées, restent fragiles et temporaires aussi longtemps que les fluctuations des cours des matières 1ères restent positives.

Malgré les mesures adoptées de l’extérieur en l’occurrence la Banque mondiale pour le contrôle du pétrole du Tchad, les États-Unis pour le contrôle des minerais en RdCongo, Kimberley Process pour le diamant dans les zones des conflits ; il s’avère que ces mesures restent limitées parce que, venant de l’extérieur, ne servent qu’a alimenter les contradictions et la dichotomie entre les multinationales de plus en plus puissantes et les pouvoirs en place corrompus et dictatoriaux.

Faudrait-il, pour les africains, de penser peut-être, un autre mode de développement basé sur les produits non rentiers, agricoles locaux pour freiner ce cercle vicieux où la longévité des pouvoirs politiques ne dépend que de la rentabilité économique des multinationales étrangères. Et la population…., « Allez vous faire foutre ».


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6 réactions à cet article    


  • Roosevelt_vs_Keynes 14 mai 2011 11:58

    Cet article est un très bon résumé des politiques appliquées par l’Empire britannique à l’Afrique.

    Par contre, à lire les trois derniers paragraphes, l’auteur semble oublier (ou n’avoir jamais écouté) le discours prononcé par Thomas Sankara au Sommet de l’Organisation de l’Union Africaine le 28 juillet 1987.


    • Leo Le Sage 14 mai 2011 15:33

      @auteur
      vous dites « 1948 »
      Hmmm...
      Mais le but des pays développés c’est justement d’empêcher le développement de l’industrie africaine, sinon personne en Afrique ne va vendre des matières premières au reste du monde.
      Et comme le reste du monde a besoin des matières premières de l’Afrique...
      M’enfin...


      • Roosevelt_vs_Keynes 14 mai 2011 17:24

        Permettez que j’apporte une précision.

        L’intérêt d’un pays industrialisé (où le mot industrie doit être compris au sens de Lazare Carnot et de Gaspard Monge, qui ont fondé l’Ecole polytechnique POUR COMBATTRE l’Empire britannique en permettant aux citoyens d’accéder au savoir scientifique et technique afin de s’émanciper) c’est de développer d’autres pays afin de pouvoir échanger des idées, construire, commercer...

        C’est par contre de l’intérêt d’un empire que de maintenir des territoires sous-développés pour le piller. Et pour ce qui est de l’Afrique, je vous renvoie au discours tellement limpide de Thomas Sankara au Sommet de l’Organisation de l’Union Africaine le 28 juillet 1987... qu’il se fit assassiner quelques jours plus tard.



      • Robert GIL ROBERT GIL 14 mai 2011 16:46

        Comme l’Amérique du sud est le jardin des USA, l’Afrique est l’arrière cour des puissances coloniales européennes, directement, ou sous couvert d’indépendance de façade, elles contrôlent l’économie du continent. Ce n’est pas demain que l’on produira et consommera africain ! La dette est un véritable fléau, chaque minute, l’Afrique paye 25000 euros aux créanciers du nord ! Et aussi longtemps que les richesses seront confisquées par une minorité africaine corrompue ayant le soutien de l’occident, aucun mur si haut soit-il n’empêchera les africains de quitter cette terre de misère.Lire :

        http://2ccr.unblog.fr/2010/12/05/afrique-terre-de-pillages/


        • Roosevelt_vs_Keynes 14 mai 2011 17:29

          Au risque de passer pour un perroquet (eu égard à mes 2 précédents commentaires), je renvoie au discours de Thomas Sankara au Sommet de l’Organisation de l’Union Africaine le 28 juillet 1987.

          Le problème est identifié, la solution aussi : l’adoption de la H.R. 1489 par le Congrès US, introduit le 12 avril 2011. La guerre est déclaré et l’enjeu est tellement phénoménal... que cest-la-chose-dont-ne-parle-pas, comme dirait Harry Potter !


        • ffi ffi 14 mai 2011 21:24

          Enfin bon, quand on voit que l’éducation « à l’Africaine » se fait à coup de cravache et de coup de poing dans la gueule, voir l’occident comme cause de la violence Africaine, c’est assez drôle...

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