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Afrique subsaharienne : des confiscations et vols qui tournent parfois à la fatalité

Si les détournements des fonds publics ne provoquent aucun risque fatal pour leurs auteurs, les confiscations, vols et les actes de soutirer des biens ou argent aux citoyens moyens tournent souvent au drame.

Les confiscations, vols des biens ou argent de personnes surprises en contrebande au niveau des frontières de certains Etats africains par les policiers ou contrôleurs des douanes tournent souvent au drame bien que ces faits sont souvent rares.

Les policiers ou contrôleurs des douanes sont souvent victimes des fonds ou biens qu’ils confisquent ou soutirent auprès des petits commerçants ou personnes ayant l’habitude de traverser les frontièrers pour vendre ou acheter leurs biens afin de subvenir aux besoins de leurs familles.

Avec les crises économiques endémiques qui secouent bon nombre des pays subsahariens, il est souvent difficile pour les fonctionnaires de l’Etat de boucler les fins de mois ; beaucoup d’entre eux s’adonnent au petit commerce frontalier de contrebande comme le trafic de carburant, de denrées alimentaires ou de change de monnaie. Si certains responsables au sein de la fonction publique s’en tirent facilement et mènent une vie plus ou moins confortable, due essentiellement aux détournements de fonds publics ou aux malversations économiques au sein des services publics, d’autres personnes, situées en bas de l’échelle de la responsabilité, ne vivent qu’avec ce petit commerce frontalier qui leur permet de subvenir aux besoins de leurs familles.

Et ces petits commerces de proximité font vivre des nombreuses familles bien que les agents de contrôle et policiers les trouvent illégaux. Certains Etats souvent ferment les yeux sur ces petits commerces pour permettre à bon nombre des personnes de suppléer aux maigres salaires payés dans la fonction publique. Si les sommes ou biens confisqués finissaient dans les caisses de l’Etat, il n’y aurait peut-être pas de drames qui touchent plusieurs policiers et agents des douanes. Ces derniers confisquent souvent ces biens pour se remplir les poches au détriment des personnes qui parcourent de longs trajets pour vendre ou acheter ces biens saisis.

Un homme d’une quarantaine d’années et de nationalité ivoirienne venait de traverser la frontière entre le Burkina Faso et la Côte-d’Ivoire avec quelques provisions pour sa famille. En cours de route, deux policiers l’ont appréhendé et lui ont intimé l’ordre de déposer ses biens et de rentrer chez lui les mains vides ; il aura bien signifié, en vain, à ces deux policiers que les biens, constituent son seul salut pour lui et sa famille ; son imploration n’a servi à rien puisque ces policiers avaient confisqué ces biens. L’homme s’est résigné et est rentré chez lui, dépouillé de ses biens.

Deux heures après la confiscation de ces biens, l’un des policiers a commencé à attraper une forte grippe et un froid dans un pays où la température frôle souvent le 35° C. Quand le policier a demandé à son collègue s’il n’avait pas attrapé froid, ce dernier a été pris d’inquiétude. Arrivé à la maison, le policier grippé a vraiment commencé à trembler. C’est pendant la nuit qu’il a raconté à sa femme ce qui s’était passé pendant la journée.

Au petit matin, le policier n’a pas eu le temps d’aller à la consultation médiale et est mort sans avoir consommé les biens qu’il a confisqués à ce pauvre Ivoirien.

Au Cameroun, dans la ville de Douala, les agents de contrôles à la police avaient intercepté dans un bus en direction de Douala un passager qui portait un gibier dans son sac. Comme le commerce des animaux en voie de disparition est interdit dans le pays, les contrôleurs ont saisi ce gibier et, au lieu d’être apporté aux services de la police, le gibier a transité dans une des casseroles de la famille du policier.

Comme souvent, ce sont les chefs de famille qui commencent à se servir du repas et les enfants après ; l’un des contrôleurs a mangé une partie de la viande du gibier. Cinq minutes n’ont pas passé que le ventre de celui-ci a commencé à gonfler. Le lendemain, ses collègues et voisins furent surpris de constater que le ventre de leur collègue gonflait anormalement. Par honte, quand ses amis le rencontraient en cours de route et qu’ils lui posaient la question au sujet de ce ventre bédonnant, il essayait de faire semblant et d’expliquer que son gros ventre représentait un signe de bonne santé. Ses amis et sa famille lui avaient demandé s’il n’avait pas de problème, mais le contrôleur avait nié et signifié que son gros ventre n’a rien à voir ni avec le vol ni avec la confiscation du gibier.

Le ventre a commencé à gonfler jusqu’à ce qu’il éclate. Sa famille et ses amis sont partis l’enterrer avec un constat de regret pour quelqu’un qui perd sa vie pour un morceau de gibier.

En Rd Congo, vers l’est du pays, un homme s’est retrouvé avec un ballon de football dans le ventre pour avoir volé l’argent qui appartenait à de petits commerçants le long de la frontière entre Bujumbura et Uvira, au sud-est de ce pays. La personne qui travaillait aux services des douanes n’a pas eu assez de temps pour consulter un médecin avant de succomber d’un arrêt respiratoire.

A la frontière entre le Congo et l’Angola, un autre fonctionnaire des douanes, n’a pas eu la chance de profiter de quelques quantités d’or qu’il a confisquées à un trafiquant de matières précieuses. Toutes les nuits, le trafiquant spolié apparaissait dans ses rêves lui réclamant l’or confisqué. Durant le trajet en direction de son bureau, le fonctionnaire s’est retrouvé assis à côté du trafiquant spolié. Ce fonctionnaire des douanes a fini par abandonner son travail et s’est jeté dans l’eau qui l’a emporté et tué.

Ces histoires mystérieuses paraissent anodines et en surprennent plus d’un. Si les biens ou argent confisqués et saisis transitaient dans les caisses de l’Etat, ces drames ne se produiraient peut-être pas ; mais souvent ces biens confisqués contribuent à enrichir les fonctionnaires et agents de l’Etat.

Si ces actes ne sont nullement acceptables et ne servent qu’à créer la désolation dans de nombreuses familles, il est aussi vrai qu’ils ont aussi contribué à réduire sensiblement des confiscations et saisies illégales le long des frontières de certains pays africains.

Source : Kilosho Barthélemy

Covalence Genève


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1 réactions à cet article    


  • jltisserand 11 octobre 2007 10:57

    Ah enfin une bonne nouvelle pour les petites gens des pays Africains mais si tous les policiers qui volent ou taxent impunement leurs compatriotes devaient mourir que resterait-il des forces de l’ordre la-bas ?

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