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Alexandre Soljenitsyne, le géant de la littérature contre le Goliath du communisme

Prix Nobel de littérature 1970, Soljenitsyne s’est éteint à 89 ans dans un monde très différent de celui qui l’avait fait connaître, celui de la guerre froide.

Une image restera dans les mémoires de l’Histoire : la rencontre, le 12 juin 2007, entre Alexandre Soljenitsyne et Vladimir Poutine, encore président de la Fédération de Russie. Poutine s’était rendu chez l’écrivain pour lui remettre le prix d’État, une récompense exceptionnelle, et avait esquissé sur son visage l’expression d’un petit enfant très impressionné de se retrouver aux côtés d’un si grand écrivain.

Cette image est tout en contraste. Poutine, continuateur d’un État russe fort, continuateur de la puissance de l’Union soviétique tant honnie, ou préservateur de la démocratie ? …


La disparition d’un monstre de la littérature internationale

Né le 11 décembre 1918, soit un mois après la fin de la Première Guerre mondiale et une année après le début de la Révolution russe, Alexandre Soljenitsyne vient de disparaître à Moscou d’une insuffisance cardiaque aiguë le dimanche 3 août 2008 à 23 h 45 (heure locale).

Gorbatchev, le dernier des dirigeants de l’Union soviétique, a rendu hommage à l’écrivain : « Il a traversé des épreuves difficiles comme des millions de citoyens du pays. (…) Il fut l’un des premiers à parler à voix haute du caractère inhumain du régime stalinien et de ceux qui l’ont connu, mais n’ont pas été brisés. ».


Prisonnier politique pour une simple lettre

Après des études de littérature et de mathématiques à Rostov, Soljenitsyne devint artilleur contre les Allemands en 1941, mais fut condamné dès la fin de la Seconde Guerre mondiale à huit ans de camps de travail pour avoir critiqué Staline et sa stratégie pendant la guerre. Soljenitsyne considérait que Staline était bien plus responsable que Hitler des millions de morts soviétiques pendant la guerre.

À sa sortie de prison, peu avant la mort de Staline, Soljenitsyne fut exilé définitivement au Kazakhstan. Il fut finalement "réhabilité" (après avoir été considéré comme un traître) en 1957 (au moment de la déstalinisation) et eut l’autorisation de s’installer à Riazan (sud de Moscou) pour enseigner la physique.


Le début d’une belle carrière littéraire

Nikita Khrouchtchev lui permit de publier dans Novi Mir, une revue littéraire soviétique, en 1962, son premier ouvrage célèbre, Une journée d’Ivan Denissovitch.

Pour ses autres livres, Le Premier Cercle et Le Pavillon des cancéreux, Soljenitsyne fut censuré dès 1964, mais il réussit à les faire publier en Occident où sa réputation devenait grandissante à tel point qu’il obtint en 1970 le prix Nobel de littérature qu’il chercha à Stockholm seulement en 1974, après son expulsion.


Censuré et expulsé de son pays

Épié, surveillé, cambriolé, Soljenitsyne fut même victime d’une tentative d’assassinat en 1971 et ses proches également (une collaboratrice se suicida même après avoir avoué au KGB où se trouvait un de ses manuscrits).

Entre-temps, de 1958 à 1967, il écrivit L’Archipel du goulag, son chef-d’œuvre très connu, sur des petits feuillets remis à des amis et copiés en double pour une parution en France.

Le livre fut publié en décembre 1973 à Paris et provoqua un événement politique important en ce sens qu’il présentait pour la première fois les camps de concentration soviétiques, dans lesquels il avait été interné, et l’extrême totalitarisme du régime communiste. L’historien français François Furet considéra cette œuvre comme l’un des livres majeurs du XXe siècle (dans son livre Le Passé d’une illusion).

Cette parution lui valut deux mois après son expulsion d’Union soviétique, déchu de sa citoyenneté soviétique.

De février 1974 à mai 1994, Soljenitsyne vécut en exil, en Allemagne, en Suisse puis surtout aux États-Unis où il poursuivit son œuvre littéraire (avec l’écriture notamment de La Roue rouge) tout en donnant de nombreuses conférences internationales.

Il se montrait assez sévère contre la société de consommation et apparut comme un orthodoxe très conservateur.


Un retour d’exil remarqué

Le 27 mai 1994, Alexandre Soljenitsyne, de nouveau Russe, retrouva sa Russie grâce à Boris Eltsine. Pendant quatre ans, il multiplia ses interventions dans les médias russes et dans la population russe.

Beaucoup de ses compatriotes crurent qu’il jouerait un rôle politique important dans la Russie post-soviétique, mais la maladie l’a fait un peu oublier.

La Russie moderne lui a rendu un hommage vibrant par l’intermédiaire de Poutine l’année dernière.


Collusions poutiniennes ?

Poutine et Soljenitsyne alliés ? Sûrement un peu : le premier en admiration devant le talent du second, ce dernier approuvant la politique de retour à une Russie forte et fière après la décennie Eltsine d’humiliation et de décomposition des structures étatiques et économiques. Par exemple, Soljenitsyne s’opposait à l’Otan en 2006 et à ce qu’il appelait « l’encerclement total de la Russie et la perte de sa souveraineté ».

Il parlait ainsi de Poutine en avril 2008 : « Poutine a reçu en héritage un pays pillé et à genoux, avec une majorité de la population démoralisée et tombée dans la misère. Et il a commencé sa reconstruction (…) petit à petit, lentement. Ces efforts n’ont pas été remarqués et appréciés tout de suite. ».


Un libéral…

Soljenitsyne fut avant tout une figure libérale : inspiré par Tocqueville, il croyait beaucoup en la démocratie locale et au pouvoir associatif. Certains le prirent pour un nationaliste slave, mais lui se considérait plutôt comme un patriote heureux d’un pouvoir central fort (ce qui n’est pas contradictoire avec son libéralisme politique puisqu’il voulait un pouvoir présidentiel fort uniquement pour les compétences régaliennes de l’État).

Ne réfutant pas sa tentation royaliste (beaucoup de Russes après la fin de l’Union soviétique devinrent des nostalgiques du tsar), Soljenitsyne condamna la guerre en Tchétchénie.


Et un conservateur…

Critiquant le national-étatisme de Soljenitsyne, l’historien américain Richard Pipes le soupçonnait d’antisémitisme en ces termes : « Chaque culture a une forme propre d’antisémitisme. Dans le cas de Soljenitsyne, celui-ci n’est pas racial. Cela n’a rien à voir avec le sang. Il n’est pas raciste, la question est fondamentalement religieuse et culturelle. Il présente de nombreuses ressemblances avec Dostoïevski, qui était un chrétien fervent, un patriote et un antisémite farouche. Soljenitsyne se place incontestablement dans la vision de la Révolution défendue par l’extrême droite russe, comme une création des Juifs. » (New York Times du 13 novembre 1985).

Soljenitsyne a cependant toujours réfuté les accusations d’antisémitisme portées contre lui.

Une comparaison avec Dostoïevski reprise curieusement par le président français, Nicolas Sarkozy, qui déclara : « Son intransigeance, son idéal et sa vie longue et mouvementée font d’Alexandre Soljenitsyne une figure romanesque, héritière de Dostoïevski. Il appartient au panthéon de la littérature mondiale. Je rends hommage à sa mémoire, l’une des plus grandes consciences de la Russie du XXe siècle. »


Un symbole de la dissidence contre le communisme

L’année dernière, s’adressant à Poutine, Soljenitsyne espéra ceci : « À la fin de ma vie, je peux espérer que le matériel historique (…) que j’ai collecté entrera dans les consciences et la mémoire de mes compatriotes. ».

Auteur de près d’une quarantaine de livres, Alexandre Soljenitsyne fut, avec le grand physicien Andreï Sakharov (mort il y a presque vingt ans, le 14 décembre 1989, et prix Nobel de la paix 1975), l’un des symboles les plus célèbres internationalement de la dissidence politique contre le régime totalitaire de l’Union soviétique.

Ses idées cependant pourraient être qualifiées de rétrogrades et passéistes, mais constituent peut-être une bonne base pour mieux comprendre la grande popularité dont jouit aujourd’hui encore Vladimir Poutine au sein de la population russe.

Sylvain Rakotoarison


Pour aller plus loin :


Dépêche de presse du 4 août 2008.

Encyclopédie en ligne Wikipédia.

Article Les barbouilleurs ne cherchent pas la lumière par Soljenitsyne (revue Litératournaïa Gazeta).

Documents joints à cet article

Alexandre Soljenitsyne, le géant de la littérature contre le Goliath du communisme Alexandre Soljenitsyne, le géant de la littérature contre le Goliath du communisme Alexandre Soljenitsyne, le géant de la littérature contre le Goliath du communisme

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64 réactions à cet article    


  • nantor nantor 5 août 2008 11:39

    Le jour de la disparition de Soljenitsyne, je pense qu’il y a plus important que sa rencontre avec Poutine (et que de mettre en photo une couverture ... en italien !).

    Quelles qu’aient pu être ses conceptions politiques ou libérales, ce qu’il faut retenir, c’est l’immense courage d’un homme qui tient bon devant une dictature. Il a voué sa vie à ce que cette noire période ne tombe pas dans l’oubli, pour les générations futures tant que pour les millions d’anonymes qui sont tombés dans les goulags.

    Figure oh combien respectable de l’histoire du XX° siècle.


  • Bois-Guisbert 4 août 2008 12:49

    Un des plus grands hommes du XXe siècle s’en est allé... Un de ces hommes qui sont l’honneur et la fierté de notre continent !

    Qu’un Sartre, par exemple, paraît tout petit, mesquin, médiocre, malsain, moralement malpropre, au-dessous - on aurait honte d’écrire à côté - d’un tel géant !


    • Bois-Guisbert 4 août 2008 14:43

      C’est sûr qu’entre Larengon qui chantait la gloire du GPU et le Bigleux qui ne voulait pas désespérer Billancourt, le coeur peut balancer...

      Maintenant, pour ce qui est de balancer à moindres frais, peut-être qu’en passant les deux cous dans le même noeud... smiley


    • sisyphe sisyphe 4 août 2008 15:36

      Tiens !

      Les fachos se lachent ! smiley

      Si vous n’aviez ne serait-ce qu’un millième de l’intelligence et du talent de Sartre ou d’Aragon, qui restent pour toujours dans l’histoire de la philosophie, du théâtre, de la poésie et de la littérature (ne vous déplaise smiley, vous seriez, dans la France sarkozyste, sur tous les plateaux de télé.
      Tandis que là, vous restez dans vos petits coins sombres à ruminer votre petite hargne, et à vous faire des ulcères à l’estomac avec votre petit fiel qui vous remonte...

      A propos, si vous courriez aussi vite que vous êtes cons, vous rafleriez toutes les médailles aux Jeux handisport du bulbe :  vous avez pensé à vous inscrire ? smiley


    • Bois-Guisbert 4 août 2008 20:09

      "Prélude au temps des cerises " (in Persécuté-Persécuteur, Ed. Denoel, 1931), par Louis Aragon, génie universel :

      Il s’agit de préparer le procès monstre
      d’un monde monstrueux
      Aiguisez demain sur la pierre
      Préparez les conseils d’ouvriers et soldats
      Constituez le tribunal révolutionnaire
      J’appelle la Terreur du fond de mes poumons
      Je chante le Guépéou (2) qui se forme
      en France à l’heure qu’il est
      Je chante le Guépéou nécessaire de France

      Je chante les Guépéous de nulle part et de partout
      Je demande un Guépéou pour préparer la fin d’un monde
      Demandez un Guépéou pour préparer la fin d’un monde
      pour défendre ceux qui sont trahis
      pour défendre ceux qui sont toujours trahis
      Demandez un Guépéou vous qu’on plie et vous qu’on tue
      Demandez un Guépéou
      Il vous faut un Guépéou

      Vive le Guépéou véritable image de la grandeur matérialiste
      Vive le Guépéou contre Dieu Chiappe et la Marseillaise
      Vive le Guépéou contre le pape et les poux
      Vive le Guépéou contre la résignation des banques
      Vive le Guépéou contre les manúuvres de l’Est
      Vive le Guépéou contre la famille
      Vive le Guépéou contre les lois scélérates
      Vive le Guépéou contre le socialisme des assassins du type
      Caballero Boncour Mac Donald Zoergibel
      Vive le Guépéou contre tous les ennemis du prolétariat."


      Pour ceux qui l’ignoreraient, précisons que le GPU était la version bolchevique de la Gestapo, tortures et exécutions sommaires comprises !


    • Bois-Guisbert 4 août 2008 20:11

      Louis-Ferdinand Céline

       

      A l’agité du bocal

       

      "Je ne lis pas grand-chose, je n’ai pas le temps. Trop d’années perdues déjà en tant de bêtises et de prison ! Mais on me presse, adjure, tarabuste. Il faut que je lise absolument, paraît-il, une sorte d’article, le Portrait d’un Antisémite, par Jean-Baptiste Sartre (Temps modernes, décembre 1945). Je parcours ce long devoir, jette un oeil, ce n’est ni bon ni mauvais, ce n’est rien du tout, pastiche... une façon de "Lamanièredeux"... Ce petit J.‑B. S. a lu l’Étourdi, l’Amateur de Tulipes, etc. Il s’y est pris, évidemment, il n’en sort plus... Toujours au lycée, ce J.‑B. S. ! toujours aux pastiches, aux "Lamanièredeux"... La manière de Céline aussi... et puis de bien d’autres... "Putains", etc. "Têtes de rechange"... "Maïa"... Rien de grave, bien sûr. J’en traîne un certain nombre au cul de ces petits "Lamanièredeux"... Qu’y puis-je ? Étouffants, haineux, foireux, bien traîtres, demi-sangsues, demi-ténias, ils ne me font point d’honneur, je n’en parle jamais, c’est tout. Progéniture de l’ombre. Décence ! Oh ! je ne veux aucun mal au petit J.‑B. S. ! Son sort où il est placé est bien assez cruel ! Puisqu’il s’agit d’un devoir, je lui aurais donné volontiers sept sur vingt et n’en parlerais plus... Mais page 462, la petite fiente, il m’interloque ! Ah ! le damné pourri croupion ! Qu’ose-t-il écrire ? "Si Céline a pu soutenir les thèses socialistes des nazis c’est qu’il était payé. " Textuel. Holà ! Voici donc ce qu’écrivait ce petit bousier pendant que j’étais en prison en plein péril qu’on me pende. Satanée petite saloperie gavée de merde, tu me sors de l’entre-fesse pour me salir au dehors ! Anus Caïn pfoui. Que cherches-tu ? Qu’on m’assassine ! C’est l’évidence ! Ici ! Que je t’écrabouille ! Oui !... Je le vois en photo, ces gros yeux... ce crochet... cette ventouse baveuse... c’est un cestode ! Que n’inventerait-il, le monstre, pour qu’on m’assassine ! A peine sorti de mon cacao, le voici qui me dénonce ! Le plus fort est que page 451, il a le fiel de nous prévenir : "Un homme qui trouve naturel de dénoncer des hommes ne peut avoir notre conception de l’honneur, même ceux dont il se fait le bienfaiteur, il ne les voit pas avec nos yeux, sa générosité, sa douceur, ne sont pas semblables à notre douceur, à notre générosité, on ne peut pas localiser la passion."

      Dans mon cul où il se trouve, on ne peut pas demander à J.‑B. S. d’y voir bien clair, ni de s’exprimer nettement, J.‑B. S. a semble-t-il cependant prévu le cas de la solitude et de l’obscurité dans mon anus... J.‑B. S. parle évidemment de lui-même lorsqu’il écrit page 451  : "Cet homme redoute toute espèce de solitude, celle du génie comme celle de l’assassin." Comprenons ce que parler veut dire... Sur la foi des hebdomadaires J-B. S. ne se voit plus que dans la peau du génie. Pour ma part et sur la foi de ses propres textes, je suis bien forcé de ne plus voir J.‑B. S. que dans la peau d’un assassin, et encore mieux, d’un foutu donneur, maudit, hideux, chiant pourvoyeur, bourrique à lunettes. Voici que je m’emballe ! Ce n’est pas de mon âge, ni de mon état... J’allais clore là... dégoûté, c’est tout... Je réfléchis... Assassin et génial ? Cela s’est vu... Après tout... C’est peut-être le cas de Sartre ? Assassin il est, il voudrait l’être, c’est entendu mais, génial ? Petite crotte à mon cul génial ? hum ?... c’est à voir... oui certes, cela peut éclore... se déclarer... mais J.‑B. S. ? Ces yeux d’embryonnaire ? ces mesquines épaules ?... ce gros petit bidon ? Ténia bien sûr, ténia d’homme, situé où vous savez... et philosophe !... c’est bien des choses... Il a délivré, parait-il, Paris à bicyclette. Il a fait joujou... au Théâtre, à la Ville, avec les horreurs de l’époque, la guerre, les supplices, les fers, le feu. Mais les temps évoluent, et le voici qui croît, gonfle énormément, J.‑B. S. ! Il ne se possède plus... il ne se connaît plus... d’embryon qu’il est il tend à passer créature... le cycle... il en a assez du joujou, des tricheries... il court après les épreuves, les vraies épreuves... la prison, l’expiation, le bâton, et le plus gros de tous les bâtons : le Poteau... le Sort entreprend J.B.-S... les Furies ! finies les bagatelles... Il veut passer tout à fait monstre ! Il engueule de Gaulle du coup !

      Quel moyen ! Il veut commettre l’irréparable ! Il y tient ! Les sorcières vont le rendre fou, il est venu les taquiner, elles ne le lâcheront plus... Ténia des étrons, faux têtard, tu vas bouffer la Mandragore ! Tu passeras succube ! La maladie d’être maudit évolue chez Sartre... Vieille maladie, vieille comme le monde, dont toute la littérature est pourrie... Attendez J.‑B. S. avant que de commettre les gaffes suprêmes !... Tâtez-vous ! Réfléchissez que l’horreur n’est rien sans le Songe et sans la Musique... Je vous vois bien ténia, certes, mais pas cobra, pas cobra du tout... nul à la flûte ! Macbeth n’est que du Grand-Guignol, et des mauvais jours, sans musique, sans rêve... Vous êtes méchant, sale, ingrat, haineux, bourrique, ce n’est pas tout J.‑B. S. ! Cela ne suffit pas... Il faut danser encore !... Je veux bien me tromper bien sûr... Je ne demande pas mieux... J’irai vous applaudir lorsque vous serez enfin devenu un vrai monstre, que vous aurez payé, aux sorcières, ce qu’il faut, leur prix, pour qu’elles vous transmutent, éclosent, en vrai phénomène. En ténia qui joue de la flûte.

      M’avez-vous assez prié et fait prier par Dullin, par Denoël, supplié "sous la botte" de bien vouloir descendre vous applaudir ! Je ne vous trouvais ni dansant, ni flûtant, vice terrible à mon sens, je l’avoue... Mais oublions tout ceci ! Ne pensons plus qu’à l’avenir ! Tâchez que vos démons vous inculquent la flûte ! Flûte d’abord ! Retardez Shakespeare, lycéen ! 3/4 de flûte, 1/4 de sang... 1/4 suffit je vous assure... mais du vôtre d’abord ! avant tous les autres sangs. L’Alchimie a ses lois... le "sang des autres" ne plaît point aux Muses... Réfléchissons... Vous avez emporté tout de même votre petit succès au "Sarah", sous la Botte, avec vos Mouches... Que ne troussez-vous maintenant trois petits actes, en vitesse, de circonstance, sur le pouce, Les Mouchards ? Revuette rétrospective... L’on vous y verrait en personne, avec vos petits potes, en train d’envoyer vos confrères détestés, dits "Collaborateurs" au bagne, au poteau, en exil... Serait-ce assez cocasse ? Vous-même, bien entendu, fort de votre texte au tout premier rôle... en ténia persifleur et philosophe... Il est facile d’imaginer cent coups de théâtre, péripéties et rebondissements des plus farces dans le cours d’une féerie de ce genre... et puis au tableau final un de ces "Massacre Général" qui secouera toute l’Europe de folle rigolade ! (Il est temps !) Le plus joyeux de la décade ! Qu’ils en pisseront, foireront encore à la 500e !... et bien au-delà ! (L’au-delà ! Hi ! Hi !) L’assassinat des "Signataires", les uns par les autres !... vous-même par Cassou... cestuy par Eluard ! l’autre par sa femme et Mauriac ! et ainsi de suite jusqu’au dernier !... Vous vous rendez compte ! L’Hécatombe d’Apothéose ! Sans oublier la chair, bien sûr !... Grand défilé de filles superbes, nues, absolument dandinantes... orchestre du Grand Tabarin... Jazz des "Constructeurs du Mur"... "Atlantist Boys"... concours assuré... et la grande partouze des fantômes en surimpression lumineuse... 200.000 assassinés, forçats, choléras, indignes... et tondues ! à la farandole ! du parterre du Ciel ! Choeur des "Pendeurs de Nuremberg"... Et dans le ton vous concevez plus-qu’existence, instantaniste, massacriste... Ambiance par hoquets d’agonie, bruits de coliques, sanglots, ferrailles... "Au secours !"... Fond sonore : "Machines à Hurrahs !"... Vous voyez ça ? Et puis pour le clou, à l’entr’acte : Enchères de menottes ! et Buvette au sang. Le Bar futuriste absolu. Rien que du vrai sang ! au bock, cru, certifié des hôpitaux... du matin même ! sang d’aorte, sang de foetus, sang d’hymen, sang de fusillés !... Tous les goûts ! Ah ! quel avenir J.‑B. S. ! Que vous en ferez des merveilles quand vous serez éclos Vrai Monstre ! Je vous vois déjà hors de fiente, jouant déjà presque de la flûte, de la vraie petite flûte ! à ravir !... déjà presque un vrai petit artiste !

      Sacré J.‑B. S.

      L.-F. Céline."


    • nantor nantor 5 août 2008 11:42

      Calmos, vous êtes lamentable


    • goc goc 4 août 2008 13:44

      Ce deces doit aussi nous rappeler qu’a l’heure ou un certain communautarisme tente de nous faire croire qu’eux seuls ont souffert, il est bon de rappeler que le stalinisme a fait 32 millions de victimes
      mais ces gens-là ont assez de dignité pour ne pas instrumentaliser leur sort.

      Cela doit aussi s’appeler la pudeur.


      • Armelle Barguillet Hauteloire Armelle Barguillet Hauteloire 4 août 2008 13:59

        Je ne suis pas du tout d’accord avec vous sur le fait que ses idées puissent êtres qualifiées " de rétrogrades et passéistes" - ce qui me semble hélas ! correspondre à la regrettable opinion française d’une intelligentsia aveugle et bornée. Je crois, au contraire, que son passé éclaire notre présent et que son oeuvre - que l’on peut rapprocher de celle de Tolstoï - sera un guide, où puiser d’abondance, pour les générations futures.


        • sisyphe sisyphe 4 août 2008 15:38

          Houla !

          Je connais des "guides" plus éclairants...


        • Jean-Paul Doguet 4 août 2008 20:29

          Vous vous trompez bien entendu, il était profondément rétrograde et passéiste. Et cette appréciation était partagée par la dissidence soviétique libérale, par exemple Sakharov. Soljenitsyne était un géant moral et un grand écrivain, mais qu’il ait été passéiste est une évidence. Politiquement il allait chercher son modèle dans le passé, les assemblées rurales du 19e siècle. Et que dire de ses idées économiques ? Il ne voulait pas de banques et n’était pas en réalité favorable à l’économie de marché. Ses propositions économiques font sourire et personne ne les prenait au sérieux.. 
          Soljenitsyne était en fait, après 90 à la recherche d’une "3e voie" qu’il allait trouver dans le passé de la Russie. Il ne comprenait pas du tout son temps à mon avis. Ce qui était frappant dans les écrits qu’il a publiés à ce moment là c’était de voir qu’en réalité il restait lié au système qu’il avait combattu. A sa façon c’était un représentant de l’"homo sovieticus" et je pense que la jeunesse russe le considérait comme un raseur devenu inactuel. 


        • CAMBRONNE CAMBRONNE 4 août 2008 14:52

          BRAVO POUR CETTE REACIVITE

          Je serai très clair , Soljenitsine est de la trempe des plus grands écrivains russes : Tolstoi, Dostoiewsky . J’ai particulièrement apprécié en dehors de l’archipel , "Le premier cercle" et son chef d’oeuvre remanié jusqu’au bout ; "La roue rouge" Dans la roue rouge qui va de Aout 14 à Novembre 1917 nous voyons la société russe aller vers sa disparition . Une société d’intellectuels et de bourgeois grands et petits qui creuse sa tombe le coeur léger .

          Comme sous la révolution française ce sont ceux qui furent les initiateurs qui furent les premiers trucidés .
          Excellente description du parti des "Cadets" et des officiers de l’Etat major .

          Sur soljenitsine on peut écrire des dizaines d’articles mais cet homme est un géant de la littérature certes mais avant tout de l’humanité .

          Honneur à Alexandre soljénitsine .


          • Forest Ent Forest Ent 4 août 2008 18:30

            Entièrement d’accord.


          • Daniel RIOT Daniel RIOT 4 août 2008 15:15

            "rétrograde " et "passéiste" ne sont sans doute pas des ots qui conviennent. Que veulent-ils dire d’ailleurs ? mais c’ets toujours difficile d’enterrer un Géant. Félicitations. Sans faire de l’auto-promotion, je vous invite sur Relatio-europe.eu Des documents et des liens intéressants.


            • Jean-Paul Doguet 4 août 2008 22:17

              Ces mots conviennent au contraire parfaitement. Ils ont un sens précis, ils s’appliquent à ceux qui vont chercher dans un passé plus ou moins idéalisé un modèle face aux problémes présents et aux tâches à venir, et c’est très exactement ce que faisait Soljenitsyne.


            • abelard 4 août 2008 15:22

              Par un hasard de l’histoire, Soljenitsyne meurt au moment même où fait rage, dans notre petit pays, une polémique odieuse contre Siné soupçonné d’antisémitisme...

              Je ne partage pas du tout les opinions majoritaires et élégiaques sur cet écrivain de second ordre dont le seul mérite est d’avoir écrit sur le goulag. Qui parmi ses grands admirateurs qui s’expriment ici est venu à bout de « l’archipel du goulag » ? Qui a lu autre chose que « Une journée d’Ivan Denissovitch » et le « Pavillon des cancéreux » que l’on donne à déchiffrer à nos pauvres écoliers en guise de punition ?

              Comparer Soljénitsyne à Tolstoï ou à Dostoievski relève de la crétinerie à l’état pur. « Guerre et paix » et « Crime et chatiment » face à « l’archipel du goulag »... C’est un gag ?

              Autant mettre en relation « la recherche du temps perdu » avec les oeuvres complètes d’Alexandre Jardin !

              Comme Lech Walesa en son temps (lui aussi prix Nobel) Soljenitsyne a servi les intérêts de l’occident impérial dans sa croisade contre l’URSS. La médiocrité abyssale de Walesa s’est révélée dés qu’il a été élu président de la Pologne... En tant qu’écrivain, Soljénitsyne a échappé à une juste réévaluation de son talent, même s’il a terriblement déçu quand l’élite médiatico-financière a découvert que son idéal politique n’avait rien à voir avec la démocratie à l’occidentale.

              Mais le point qui m’amuse aujourd’hui c’est de constater que les nécrologies de Libé, du Monde et d’Agoravox ne parlent que très peu d’une idée constitutive de la prose soljenitsyenne : son antisémitisme virulent !

              Où sont donc passées nos belles âmes BHL, Finkielkraut, Joffrin, Val et consorts ? Ceux qui décèlent dans une petite phrase anodine de Siné « l’écho du massacre » n’entendent rien chez le barbu sanctifié ? Décidément ils n’ont ni cohérence, ni consistance. Juste beaucoup de suffisance...

              La seule bonne nouvelle est que maintenant, nous ne pouvons plus l’ignorer.

              PS : les nécrologies laudatives me font toujours penser à une définition d’Ambrose Bierce dans son dictionnaire du diable. « Epitaphe : inscription sur une tombe, démontrant que les vertus acquises par le trépas ont un effet rétroactif »".


              • sisyphe sisyphe 4 août 2008 15:40

                Abelard, excellent commentaire : pas une ligne à retrancher, ni à ajouter.


              • rocla (haddock) rocla (haddock) 4 août 2008 16:09

                T’ as raison garzigue , le Alexandre aurait écrit Sako a des talonnettes , vous auriez trouvé la belle construction verbale , l’ argumentation étayée , la coïncidence du propos avec les événements , un orientation politique des plus adéquates , une vue à long terme , bref un génial leader d’ opinions .
                J’ ai droit de rire combien de temps ?


              • Deneb Deneb 4 août 2008 16:13

                On commence à avoir l’habitude d’être accusé d’antisemitisme dés que l’on émet la moindre critique de la religion juive ou de la politique israelienne, ce n’est pourtant pas rendre service au peuple juif que de s’abstenir de dire ce que l’on pense de la dictature sioniste. Soljenitsyne ne s’est jamais retenu de dire ce qu’il pensait, en plus dans un style digne des réalistes russes du fin XIXième, ce qui lui a valu d’être toute sa vie persecuté, opprimé, torturé. J’ai lu "Le premier cercle" dans ma Yougoslavie natale, en traduction clandestine, ce qui m’a ouvert les yeux aussi sur les exactions de la dictature titiste, même si elle fut un peu plus "soft" que la soviétique. Par son talent, Soljenytsine à apporté une grande contribution au combat contre toutes les dictatures.


              • CAMBRONNE CAMBRONNE 4 août 2008 16:26

                SALUT LEON

                Vous confirmez l’estime que j’ai pour vous .


              • abelard 4 août 2008 17:09

                @Léon,

                Vous avez tout à fait le droit d’aimer les écrits de Soljenitsyne pour leur qualités propres.

                Le problème, si l’on parle de littérature, est d’arriver à séparer l’écrivain de l’aura médiatique qu’il a sucitée pour des raisons politiques. Si vous lisez les posts de ce fil vous vous rendrez compte que la plupart des interventions déplorent la perte du héros de l’anti-communisme, personne ne connaissant l’écrivain. Pour quelqu’un que l’on veut à toute force comparer à Tolstoï (comme le fait son traducteur dans Le Monde) ou à Dostoievski, c’est un peu gênant, non ?

                Quand l’écume des choses se sera dissipée nous pourront reprendre le débat littéraire, mais je lui vois un destin à la René Bazin : couvert d’honneur de son vivant et aujourd’hui heureusement oublié.


              • goc goc 4 août 2008 18:36

                @ abelard
                Mais le point qui m’amuse aujourd’hui c’est de constater que les nécrologies de Libé, du Monde et d’Agoravox ne parlent que très peu d’une idée constitutive de la prose soljenitsyenne : son antisémitisme virulent !

                Analyse superficielle demontrant une totale meconnaissance de la culture russe et meme slave en general.

                Pour votre gouverne, l’antisemitisme est une "tradition" tres ancienne autant que la haine atavique envers les tchetchenes. Ces derniers etant souvent montré aux enfants quand ils ne sont pas sages. Quand a l’antisemitisme, il est toujours aussi fort qu’a l’epoque stalinienne, ou meme qu’a debut du siecle dernier, periode des pogroms les plus sauvages. d’ailleurs c’est en se basant sur cet antisemitisme "congenital" que les nazis ont pu recruter aussi facilement leurs gardiens parmis les ukrainiens et autres polonais.

                donc "decouvrir" l’antisemitisme de soljenistine c’est comme denoncer le matchisme des talibans, c’est malheureusement d’une banalité affligeante


              • Jean-Paul Doguet 4 août 2008 22:40

                Vous vous trompez Abélard, la comparaison avec Tolstoi et avec Dostoievsky est tout à fait pertinente dans le cas de Soljenitsyne. 
                1) Il est évident que les "Souvenirs de la maison des morts" ont été un modèle pour la "Journée" et surtout pour "l’archipel du Goulag", qui est un grand monument littéraire et historique du XXe siècle.
                2) Mais même cette dernière oeuvre doit beaucoup aussi à Tolstoi. Il pratique quelque chose que nous ne connaissons pas ou plus vraiment en France, et qui est l’utilisation (un peu lourde pour un Français peut-être) de considérations de philosophie de l’histoire dans la littérature, la fusion histoire-littérature. Le lien avec Guerre et paix est évident.
                Et puis il y a d’autres convergences : avec Dosteievsky la slavophilie religieuse, la méfiance un peu hostile pour l’Occident (même si Soljenitsyne n’était pas monarchiste) et avec Tolstoi l’intransigeance morale personnelle, le lien entre littérature et perfectionnement moral personnel. Et ses nouvelles (Matriona notamment) sont très proches de Tolstoi (Résurrection et la mort d’Ivan illitch).
                 


              • Dudule 5 août 2008 01:13

                Je partage souvent les l’avis de Sisyphe, mais pas sur ce commentaire.

                Je suis venu à bout de l’Archipel du Goulag (et même de la Roue Rouge), un grand livre. J’ai lu aussi "Une journée d’Ivan Dénissovitch".

                Mais se ne sont pas ses meilleurs oeuvres, d’un point de vu littéraire. Il faut absolument lire "Le Pavillon des Cancéreux" et le "Premier Cercle" (complètement dévoyé par un téléfilm dans lequel les prémisses même de l’histoire sont changées)... Deux oeuvres magistrales et superbes. "La Roue Rouge", monumentale, est contaminée par des personnages stéréotipés qui reflètent les a priori de l’auteur. Littérairement moins réussie, mais loin d’être inintéressante et dépourvue de talent.

                Un contestataire devenu un réac passéiste, sûrement, un grand écrivain, sûrement aussi. Exactement le même parcours politique que Dostoïevsky, finalement. Qui critiquerait les opinions politiques de Dostoïevsky ?

                Les écris politiques de Soljénistyne, souvent douteux, c’est certains, masquent la réelle qualité de son oeuvre littéraire.


              • S2ndreal 5 août 2008 03:21

                Je suis arrivé au bout de l’"Archipel du Goulag". C’est un chef d’oeuvre en histoire et en littérature qui mérite tous les éloges. Sur la base de cette lecture et dans les limites de mon jugement, la vérité l’intéressait plus que l’antisémitisme. Vous me donnez l’idée que l’antisémitisme c’est parler des Juifs quand ils font une connerie. Parce qu’il a relevé la présence de Juifs dans les milieux dirigeants de l’URSS. Il a aussi noté que ces derniers sont devenus une cible du pouvoir soviétique quand cela arrangeait ce dernier. Je ne vois pas en quoi ces observations historiques sont antisémites. De là, a faire de son antisémitisme supposé, une pièce centrale de sa pensée, il y a de la marge.


              • abelard 5 août 2008 10:27

                @ goc,

                Vous avez raison, Goc, et je me rend à la pertinence de votre analyse.

                Je m’excuse d’avoir écrit que Soljénitsyne était antisémite alors que vous m’avez fort brillamment démontré que Soljénitsyne était antisémite.

                Vous m’avez ouvert les yeux et désormais j’écrirai avec vous : Soljénitsyne était antisémite.

                Merci Goc.


              • abelard 5 août 2008 11:08

                Bonjour Constant et merci de vos liens... Qui malheureusement ne fonctionnent plus.

                D’après ce que vous écrivez, j’en déduis que Béachelle s’est fendu d’un hommage. Je n’en suis pas surpris. Béachelle est ce « philosophe » qui d’un coté assassine Siné et Badiou pour un supposé antisémitisme subliminal qu’il juge insupportable et de l’autre commet l’éloge d’un écrivain à l’antisémitisme avéré. Béachelle n’en est plus à une incohérence ou à un reniement près, il a tellement donné dans la trahison et le retournement de veste. Ce type n’est pas un « philosophe », c’est un bubon !

                En ce qui concerne Israël, le problème est d’un autre ordre : le sionisme n’a aucun intérêt à combattre l’antisémitisme pour la bonne raison qu’il s’en nourrit.

                Il faut savoir que démographiquement l’Etat juif est menacé par l’accroissement de la population palestinienne mais aussi par l’émigration des Israëliens qui sont nombreux chaque année à quitter le pays pour les USA ou l’Europe. Il faut donc contrebalancer les départs par un afflux constant de nouveaux immigrés.

                Le flux le plus important, ces dernières années, provient de Russie. Soljénitsyne est donc un double héros :
                - Il a dénoncé le communisme. Israël, patrie du capitalisme à l’américaine, s’en félicite.
                - Il rappelle par son exemple que la tradition russe, nourrie d’orthodoxie, est violemment antisémite. Israël s’en frotte les mains.

                L’hommage de ce pays a donc tout de politique et rien de littéraire...


              • gnarf 5 août 2008 13:46

                "d’ailleurs c’est en se basant sur cet antisemitisme "congenital" que les nazis ont pu recruter aussi facilement leurs gardiens parmis les ukrainiens et autres polonais."

                Vous vous trompez....pas de gardiens Polonais. Des chefs de baraque oui (donc des prisonniers plus mafieux que les autres qui ont fini a la chambre comme les autres) mais pas des gardiens.

                Enorme difference.


              • rocla (haddock) rocla (haddock) 4 août 2008 15:30

                Alexandre Soljenitsyne , l’ illustration du pouvoir des mots .


                Merci Sylvain .


                • sisyphe sisyphe 4 août 2008 15:43

                  ...et Poutine, le choc des photos ?
                   smiley


                • ASINUS 4 août 2008 15:45

                  "dont le seul merite est d avoir ecrit sur le goulag"




                  heu y avoir survecu physiquement , moralement et intellectuellement

                  ça me semble relever du merite

                  un grand ecrivain j ai bien peur de ne pas etre qualifié pour le dire contrairement a beaucoup
                  semble t il


                  un homme debout non ? c est pas mal comme definition

                  mais je vois bien ou le bat blesse
                  blanc slave chretien nationaliste ça ne peut etre qu réac et antisemite pas vrai ?

                  non un homme avec ses doutes ses préférences , bref un homme debout
                  par les temps qui courent la denrée est rare


                  • Julius Julius 4 août 2008 16:17

                    > dont le seul merite est d avoir ecrit sur le goulag

                    Son mérite a été d’écrire à propos du système communiste. Soljenitsyn a découvert que goulag est juste une conséquence du marxisme appliqué. La source du mal russe du 20ème siècle n’est ni la personnalité de Staline, ni la tradition tzarist, mais l’idéologie communiste. Communisme crée toujours Stalins et goulags. C’est le principal message de Soljenitsyn. Et c’est la raison pour laquelle il est toujours haïs par tous neocommunist partout dans le monde.


                    • CAMBRONNE CAMBRONNE 4 août 2008 16:23

                      BRAVO JULIUS


                    • abelard 4 août 2008 16:44

                      Merci de d’apporter de l’eau à mon moulin par votre post, Julius.

                      En effet, les grandes tirades larmoyantes qui accompagnent la disparition de Soljénitsyne n’ont que peu à voir avec la littérature. Les anti-communistes occidentaux ont trouvé chez lui leur héraut, c’est tout.

                      Et au fond, pourquoi pas ? Oubliées ses piètres qualité d’écrivain, il me plait assez bien en représentant de l’idéologie impériale : chrétien orthodoxe, ennemi de toute démocratie, partisan de l’autoritarisme, antisémite...

                      Au moins il ne s’en est jamais caché, lui. Et en tant que représentant des valeurs blanches de l’occident chrétien, il me parait parfait.


                    • Traroth Traroth 4 août 2008 23:07

                      Oui, enfin, le communisme a disparu en Russie, les goulags sont restés. Ce n’est pas Mikhaïl Khodorkovski qui dira le contraire...


                    • cathy30 cathy30 5 août 2008 00:00

                      et surtout d’avoir vécu le goulag ce qui donne toute la force au texte. Le plus fort d’avoir pris une seule journée dans la vie de ivan dans les détails qui rythme 24 h du camp dans toute sa cruauté, il n’aurait pas pu faire mieux ; j’ai lu ce livre j’avais une quinzaine d’année, je n’ai toujours pas oublié.
                      je comprends qu’il ait fait tomber toute une idéologie destructice. C’est un grand écrivain et ces écrits resteront.


                    • Dudule 5 août 2008 01:25

                      Traroth, Khodorovsky est un mauvais exemple. Sa place est bel et bien au gnouf. D’autres de la même trempe et plus malin ont quitté le pays avant d’avoir des ennuis (Gadémak, Beresovsky...). Je ne vois pas bien comment ont peut critiquer la Russie de Poutine (criticable, assurément) sous cet angle là.


                    • Traroth Traroth 5 août 2008 02:23

                      Si, en fait : m’étonnerais qu’il en revienne un jour, du "gnouf"...


                    • Traroth Traroth 5 août 2008 02:30

                      Et aussi que la quasi-totalité des actifs a été racheté par Gazprom. Et Gazprom, à qui ça appartient donc, en vrai ?

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