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Accueil du site > Actualités > International > Analyse de la situation au Zimbabwe

Analyse de la situation au Zimbabwe

Le Zimbabwe est au cœur de la tourmente et des médias, et on lit beaucoup de choses dont certaines sont exactes et d’autres totalement fausses. Il est donc nécessaire de faire un point sur ce pays et ce qui s’en dit pour essayer d’imaginer ce qui va s’y passer.

A PROPOS DE LA FAUTE DE MUGABE

Factuellement, Mugabe était à la tête du pays et est le comptable de la décrépitude économique. Aujourd’hui, on est arrivé à un point tel qu’il faut arrêter et repartir sur d’autres bases : en continuant, on va arriver à des catastrophes irréversibles. Et je n’ai encore rien dit sur le fait qu’il ait raison ou tort. Mais, dans tous les pays d’aujourd’hui, démocratiques ou non, le responsable suprême, c’est le dirigeant du pays. Et, quand un pays est en échec, c’est toujours de la faute du président, même si ce n’est pas la sienne.

Cela dit, oui, Mugabe a commis des erreurs gigantesques, mais qui ne se trouvent probablement pas là où la plupart des gens les voient.
Ainsi, pour moi, le passage des terres des fermiers blancs aux fermiers noirs n’est pas à l’origine du déclin économique ni la raison de l’accélération de ce déclin, contrairement à ce qu’assène et répète la Grande-Bretagne au point que tout le monde en Occident a fini par y croire.

A PROPOS DU PASSAGE DES TERRES DES FERMIERS BLANCS AUX FERMIERS NOIRS

Ce transfert était inscrit dans les accords de Lancaster House signés en 1979 par tous les protagonistes, y compris la Grande-Bretagne, et qui ont servi de base pour la Constitution du Zimbabwe autour de laquelle s’est créé ce pays en 1980.

Il y est spécifié en toutes lettres le passage des terres des fermiers blancs aux fermiers noirs avec la date limite de 2000 avec le financement par les pays internationaux (GB et Etats-Unis au premier chef). Il y est également spécifié que ce transfert était obligatoire, mais devrait se faire sur la base du volontariat (formulation que j’ai toujours trouvée bizarre : le volontariat obligatoire...) qui était symbolisé par la formule "willing buyer, willing seller".

Et, effectivement, la GB a commencé à fournir les fonds et, en 1996, 20 % des terres avait été transférées selon ce schéma. Mais, en arrivant en 1996, Tony Blair a déclaré qu’il n’était pas engagé par les promesses orales de ses prédécesseurs et donc qu’il décidait d’arrêter le financement de ce transfert (le montant n’était pas indiqué en toutes lettres dans les accords de Lancaster House, seulement le principe).

Donc, en fait, il est difficile de reprocher à Mugabe la déconfiture économique sur le fait du transfert des terres des fermiers blancs aux fermiers noirs puisqu’il devait de toute façon être fait, et que seuls les fermiers spoliés par la confiscation de 2000 peuvent y trouver une grosse différence puisqu’au lieu d’être dédommagés ils se sont retrouvés sans rien.

Et, pour ceux qui trouvent que le principe de passage des fermiers blancs aux fermiers noirs est injuste, je rappelle que ces terres avaient été volées aux Noirs par Rhodes et successeurs, et que la compensation était supposée correspondre au coût de la mise en valeur et non pas aux terres elles-mêmes ni à ce qu’elles avaient rapporté.

J’insiste un peu sur ce point, car on a un problème similaire qui se dessine en Afrique du Sud avec les fermiers blancs qui ont eu des terres confisquées aux Noirs sous le régime de l’apartheid et avec une première date limite de transfert de 30 % des terres en 2014. Entre 1994 et maintenant, il y a à peu près 5 % des terres qui ont été effectivement transférées.
Il faut peut-être d’ailleurs se demander si l’indulgence apparente de Mbeki (président de l’AFS et du SADC) vis-à-vis de Mugabe n’est pas influencée par cette similitude de cas et le gigantesque problème qui est en train de lui tomber dessus.

A PROPOS DE LA DEGRINGOLADE ECONOMIQUE

Il suffit de regarder les chiffres : la baisse du PIB (on pleure sur notre faible croissance, je ne vous raconte pas si on était en récession !) du Zimbabwe a démarré bien avant la réforme agraire.

En fait, la récession a commencé quand Mugabe a appliqué les réformes exigées par le FMI.
Avant, l’effort principal de Mugabe avait porté sur l’éducation (avec un taux jamais vu en Afrique de 92 % de taux d’alphabétisation !) et les services publics en général (système de santé gratuit, système de distribution d’eau gratuit, réseau routier de très bonne qualité, etc.). Pour cela, le pays s’était endetté, mais avec des capacités de remboursement par les minéraux (2e producteur mondial de platine, charbon, or, diamants industriels...). Mais le FMI, du haut de sa technocratie, a décidé que les pays africains n’auraient de l’aide que s’ils appliquaient le système de "l’ajustement structurel". En gros, cela consiste à ce que les gouvernements n’aident plus leur agriculture et industrie et fassent payer les services aux usagers. Au passage, le FMI réclame également aux pays occidentaux de ne pas subventionner leur agriculture et industrie, mais l’Occident n’écoute pas le FMI qui a ainsi créé les conditions d’une inégalité flagrante en défaveur des pays du Sud dont ceux de l’Afrique (obligés d’obéir sous peine de suppression des aides) et que les citoyens d’Occident eux-mêmes sont en train de combattre (avec, par exemple, le commerce équitable).

Et, comme le Zimbabwe avait besoin de l’aide internationale (un pays de moins de 15 ans d’âge en pleine structuration pour que la population noire quasiment asservie arrive à un fonctionnement où toute la population est formée de citoyens normaux a un vrai besoin de financement), Mugabe a accepté d’appliquer la politique du FMI comme les autres pays d’Afrique. Et, comme pour les autres pays d’Afrique, cela a entraîné la paupérisation du Zimbabwe malgré son grand potentiel.
Si vous entendez ceci pour la première fois, je vous recommande de vous documenter sur le sujet, c’est effrayant et réel et ne concerne de loin pas le que le Zimbabwe, mais la plupart des pays d’Afrique.

La réforme agraire (pas bien appliquée du tout, il faut quand même le souligner) s’est donc fait dans un pays déjà en récession. Et la réponse des Britanniques a été celle que l’on connaît : guerre économique à tout-va, officiellement contre Mugabe et en pratique contre le pays Zimbabwe : gel des avoirs dans les banques internationales (à commencer en GB qui était le pays d’échange privilégié, à la fois pour des raisons historiques et parce que la GB avait intérêt à entretenir cela du fait de la production industrielle du Zimbabwe), suppression de toutes les aides internationales (FMI, Banque mondiale et consœurs), lobbying pour couper les échanges commerciaux avec le Zimbabwe. Aujourd’hui, il n’y a plus que les aides humanitaires qui arrivent au Zimbabwe.

Et Mugabe s’est trouvé dans la situation de devoir gérer un pays en récession sans aucune possibilité de financement, même pas celles du pays car les avoirs étaient bloqués. Le tort qu’a eu Mugabe a été de se raidir dans sa fierté nationale, car il était écrit qu’il allait perdre cette guerre quoi qu’il fasse. Mais, à partir du moment où il l’a fait, le pays était parti sur la pente de la dégringolade économique.

A PROPOS DE L’INFLATION

L’inflation vient d’une erreur de base qui a été la solution de facilité : il n’y a plus d’argent, donc on fait fonctionner la machine à billets. Et il n’est pas besoin de connaître les théories économiques de Keynes pour voir ce que cette politique risque d’entraîner sur la valeur de la monnaie.

Cela aurait pu encore fonctionner dans un milieu fermé sans échange avec l’extérieur. Malheureusement, il n’était pas possible d’isoler totalement le Zimbabwe en autarcie, et donc le dollar Zimbabwe (Z$) a commencé une chute. Pour ralentir cette chute, Mugabe a institué un taux officiel. Mais, comme les entreprises ont besoin d’acheter à l’étranger (machines, produits y compris de base comme le maïs, etc.), un marché parallèle de la devise a commencé à s’installer. Evidemment, ce marché parallèle est totalement interdit par la loi, mais il existe et même le gouvernement lui-même va s’y approvisionner avec des billets tout neufs qu’il vient d’imprimer quand il a besoin de US$.

Au moment de la publication de cet article, le taux officiel d’un US$ est de 30 000 Z$ et le taux parallèle est de &US$ = 40 millions Z$.

Les billets de banque ont une mention dessus qui limite leur date de validité à six mois : un billet de banque au Zimbabwe a une date de péremption six fois plus courte qu’un bocal de cornichons.

Le prix des produits de base est très stable en US$ et même un poil à la baisse et les denrées ne sont pas chères par rapport aux prix dans le monde. Mais, quand on a une paye en Z$, c’est épouvantable. Un policier en milieu de carrière (qui doit donc nourrir une famille moyenne de quatre enfants) reçoit chaque mois de quoi le faire pendant au maxi une semaine, et s’il attend un mois pour faire ses achats, il a alors de quoi tenir trois jours.

Un tiers de la population s’est enfuie à l’étranger (majoritairement les pays voisins) de façon officielle où ils touchent une paye normale dont ils envoient une partie au pays (surtout sans passer par les systèmes bancaires qui comptent le change officiel) et qui permet à leur famille de survivre. Et ce tiers est celui des avocats, médecins, infirmières, enseignants, cadres, etc., ce qui réduit encore plus la capacité du pays à se redresser. Ne restent que les plus pauvres ou ceux qui n’ont pas le niveau d’instruction suffisant pour se faire embaucher. Certains tentent quand même l’aventure en proposant leurs services aux fermiers d’Afrique du Sud (blancs et noirs) qui les traitent assez mal avec des conditions de vie précaires, des salaires très faibles et une précarité d’emploi de chaque instant.

A PROPOS DE L’OPPOSITION

Il est normal qu’il y ait une opposition dans ce pays car les conditions de vie ne peuvent que générer du mécontentement vis-à-vis de la gestion par le gouvernement, et ce d’autant plus que la corruption n’est pas absente : comment les employés des services publics arriveraient à survivre ? Et je ne parle même pas de certains hauts dirigeants profitant honteusement du système de double taux de change.

Ce qui est plus surprenant et même inquiétant est que le parti d’opposition, le MDC est directement financé par la GB pour tenter de renverser le parti au pouvoir. Partout dans le monde, on appelle cela de l’ingérence, et je ne vous raconte pas le scandale en France si on se rendait compte par exemple que le PS fonctionnerait parce qu’il recevrait des financements occultes des Chinois (ce n’est évidemment pas le cas, mais je donne un exemple transposé chez nous qui a dû en faire sursauter plus d’un).

Bref, il y a une opposition dont le fonctionnement est un peu trouble et dont le dirigeant, d’origine syndicaliste, n’a jamais montré sa capacité à diriger une communauté. Cela ne veut pas dire qu’il n’en a pas les capacités : après tout Lech Valessa (origine Solidarnosc) a su évoluer dans le bon sens. Mais le parti au pouvoir a toutes les craintes que Tsavangirai ne soit qu’un pantin aux mains des Britanniques. Objectivement, il le sera ou ne le sera pas, mais il est important de noter la crainte du Zanu-PF, ce qui a probablement provoqué le rejet de la proposition du gouvernement mixte proposé par Tsavangirai à Mugabe, il y a deux jours.

La deuxième opposition dont personne ne parle est aussi intéressante : c’est Makoni.
On ne sait pas ce qu’il a fait aux présidentielles, puisque les résultats n’ont pas été publiés. Mais il faut souligner que c’est un dissident du Zanu-PF et que, malgré son exclusion suite à sa présentation comme candidat contre Mugabe, des dirigeants du Zanu-PF ont pris ouvertement parti pour lui.

A PROPOS DES ELECTIONS ET DE LA DEMOCRATIE

Au risque de choquer plusieurs lecteurs, il faut bien avouer que la notion de démocratie est quelque chose de tout à fait relatif et que la notion d’élections démocratiques s’afface derrière les agissements internationaux des autres gouvernements.

Ainsi, par exemple, on qualifie Mugabe de dictateur et de pire atteinte à la démocratie avec des élections qualifiées de truquées, etc.

Mais, pendant le même temps, la Chine qui est vraiment un régime non démocratique vient d’être retirée de la liste américaine des pays violant la démocratie et les droits de l’homme, alors qu’on est en pleine crise avec le Tibet.

Et, pour prendre un autre exemple, le Hamas démocratiquement élu par les Palestiniens n’est pas reconnu comme interlocuteur valable par les Occidentaux derrière la bannière des Etats-Unis.
Et il y a d’autres exemples surprenants quand on en prend conscience.

Force est donc de se rendre compte que la notion de démocratie est quelque peu bizarre à l’aune des intérêts de tel ou tel pays.

Pour ce qui est des élections au Zimbabwe, la situation est vraiment mauvaise, car les résultats ne sont toujours pas publiés (pour les présidentielles) et ces élections sont contestées (pour les législatives) avec une demande de recomptage.

Il faut dire que les deux forces en présence sont très proches et que chacun est convaincu (ou fait semblant de l’être) que l’autre triche. Le MDC accuse le Zanu-PF au pouvoir d’être en train de truquer les bulletins, tandis que le Zanu-PF vient de demander l’arrestation de sept membres du MDC participant au dépouillement pour avoir subtilisé des bulletins du Zanu-PF pour les remplacer par des bulletins du MDC.

Les plus virulents contre cette situation à base de contestations, de recomptage ou demande de recomptage et de dépôts de recours devant la Cour sont les Américains, oubliant totalement l’épisode de leur élection présidentielle de 2000 où il a fallu un mois et une semaine avant de savoir qui était président. De plus, ultérieurement, un recomptage de tous les bulletins de la Floride a montré que le vrai résultat dans la stricte observation des règles démocratiques était Gore président, soit l’inverse de la décision juridique qui a désigné Bush.

Je suis inquiet pour le futur du Zimbabwe et donc anxieux non seulement des résultats du scrutin, mais surtout de ce qui sera fait pour la suite dans le pays, quel que soit celui qui deviendra président.

QUE VA-T-IL SE PASSER AU ZIMBABWE

Un avantage certain du pays est que, globalement, il n’y a pas de problème ethnique rajoutant à la pression et exacerbant les rancœurs, car même s’il y a deux ethnies (shona et mdebele), la partition MDC/Zanu-PF ne suit pas la partition ethnique.

Une explosion brutale et rapide comme on vient d’en avoir une suite aux élections au Kenya est donc très nettement moins probable que dans ce pays.

Les peuples du Zimbabwe sont en général pacifiques et surtout très patients. En octobre dernier, alors qu’il manquait de tout, j’ai assisté à une scène édifiante.
J’étais dans un "Steack-House" qui, comme chacun le sait a pour spécialité des steacks de bœuf de tous types. En fait, il n’y avait que du chicken-rice. Mais il faut bien manger et, de toute façon, c’était bon.
Arrive un consommateur qui demande un café. Pas de café. Il dit que cela n’est pas grave et change pour un thé. Pas de thé. Il demande alors calmement ce qu’il y a et le serveur lui dit "soda water" (eau gazéifiée). Et donc le type a commandé un soda water sans sembler en être affecté d’une quelconque façon.

Par contre, l’attitude de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis me semble essentielle pour le futur du Zimbabwe : tant que la guerre économique va perdurer, aucun dirigeant, de quelque bord que ce soit ne pourra redresser le Zimbabwe. Et celui qui sera en place n’aura pas trop le choix et devra appliquer les mêmes principes de gestion généraux que Mugabe : ne pas laisser les pays occidentaux piller le pays, mais construire des partenariats commerciaux et industriels et investir dans l’éducation et les services publics.

LE PAS SI MAUVAIS DU GOUVERNEMENT DE MUGABE

Car, si effectivement il y a de graves échecs tels que la politique économique et monétaire ou la corruption, il faut bien avouer que plusieurs secteurs de fonctionnement sont exemplaires.

Il y en a peu, mais cela vaut quand même la peine de les souligner tellement ce qu’on lit et on entend ne montre que l’aspect négatif des choses en insistant sur le raccourci "Mugabe dictateur".

Ainsi, l’aide alimentaire au Zimbabwe ne fait l’objet d’aucun trafic et les ONG mandatées par le programme alimentaire mondial font parfaitement leur travail de détermination de qui a besoin de l’aide et de distribution de cette aide par eux-mêmes sans que le gouvernement du Zimbabwe n’intervienne. Ce n’est pas souvent le cas et, malheureusement, on peut même dire que ce n’est pas souvent le cas. Le Programme mondial l’a d’ailleurs souligné, mais n’a été entendu par personne.

La lutte contre le sida est également assez exemplaire, ainsi que l’a souligné à plusieurs reprises l’OMS, et malgré de nombreux articles où l’on peut lire que le pays est ravagé par le sida en accolant cette déclaration à l’éternel vocable dictateur (devinez de qui ils parlent) comme pour rejeter la faute de l’épidémie sur celui-ci. Le Zimbabwe est un des deux seuls pays où la prévalence du sida est en baisse (avec le Botswana) y compris après correction d’une mortalité forte due à l’épidémie.

Il y a donc bien des choses à conserver du gouvernement de Mugabe par le prochain gouvernement.

CONCLUSION (TEMPORAIRE)

Il faut que Mugabe s’en aille.

Mais je ne fais pas partie de ceux qui le traitent de dictateur. Oui, il y a des casseroles difficiles à oublier, mais la presque totalité des reproches que l’on fait au gouvernement de Mugabe et à Mugabe peuvent être faits par exemple à Bush et à son gouvernement (y compris les violations de la démocratie, le viol des droits de l’homme...). Y compris la torture et l’assassinat commis par les services secrets.
Ce n’est pas une consolation, mais je ne hurle pas avec ceux qui ont le pouvoir de l’argent qui voient la paille dans l’œil des autres en oubliant la poutre dans le leur.

Je crois que le tort principal de Mugabe est qu’il ne comprend pas les Occidentaux et qu’il a pris les mauvaises décisions de ce fait. Et aujourd’hui que le pays a gravement et urgemment le besoin de l’aide de ces Occidentaux, il faut qu’il passe la main, car il en est devenu l’ennemi et que le seul moyen de pouvoir récupérer cette aide pour le Zimbabwe est de ne plus être l’interlocuteur des Occidentaux.

En tout cas, les choses sont bien plus complexes que ce que les articles très viscéraux transmettent la plupart du temps sur le sujet, avec un défaut que je trouve très dommageable pour l’information : la plupart des journalistes avec ou sans carte de presse ont pour source d’information des articles écrits par d’autres qui sont parfois partiaux.


Moyenne des avis sur cet article :  3.42/5   (33 votes)




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44 réactions à cet article    


  • tvargentine.com lerma 9 avril 2008 10:45

    Votre article me donne envie de vomir tellement il cherche à justifier la dictature de votre mentor criminel MUGABE

    Comment pouvez vous écrire que "Les peuples du Zimbabwe sont en général pacifiques et surtout très patients."

    Oui,ils vont attendre que ce despote meurt pour avoir la démocratie ?

    Vraiment c’est une honte pour ce "comité de rédaction" de laisser diffuser ce torchon

    Je demande à connaitre la liste des votants sur cet article

     

     


    • koudou 9 avril 2008 12:10

      AInsi vont les choses sur Agoravox : il y a un certain nombre de lecteurs comme vous tellements imbus et sûrs d’avoir la science infuse qu’il ne sont même plus capables de lire comme il faut, de réfléchir et de faire la part des choses, et ne savent qu’avoir des réactions haineuses, disproportionnées et partisanes.

      En plus dans votre cas particulier, vous semblez parler sans connaître et votre source d’informations ne me parait aller au delà d’internet et la télévision et très probablement pas le terrain.

      Car votre commentaire comporte exactement 5 phrases et chacun est une connerie.

      1. "Votre article me donne envie de vomir tellement il cherche à justifier la
      dictature de votre mentor criminel MUGABE"

      C’est le contraire, mon article appelle à ce que Mugabe s’en aille, quelqu’en soit la manière. Et vu tout ce que je dis sur lui de négaitf, je me demande comment on peut encore penser qu’il puisse être mon mentor !

      2. "Comment pouvez vous écrire que "Les peuples du Zimbabwe sont en général
      pacifiques et surtout très patients.""

      Je ne suis pas le seul à le dire et à le constater. Doris Lessing ("Pleure, ô ZImbabw bien-aimé", Le Monde Diplomatique aout 2003) ou Soeur Claire Marie qui ont la connaissance du terrain et qui sont plutôt ennemies de Mugabe le disent également, et ce ne sont pas les seules

      3. "Oui,ils vont attendre que ce despote meurt pour avoir la démocratie ?"

      Et vous croyez que l’organisation d’élections et toute la problématique actuelle au Zimbabwe ne vient pas d’un processus démocratique, même s’il n’est pas encore bien appliqué ?
       

      4. "Vraiment c’est une honte pour ce "comité de rédaction" de laisser diffuser
      ce torchon

      Ca, c’est la plus grosse connerie qu’on puisse proférer !
      Il faudrait qu’un comité de rédaction interdise un article modéré parce qu’il ne vous plaît pas alors qu’il laisse passe un commentaire haineux (le vôtre) ?
      Moi je regrette que ce site puisse laisser passer des commentaires comme le vôtre.

      5. "Je demande à connaitre la liste des votants sur cet article"

      Et quoi encore ? leur adresse ? leur date de naissance  ? leur religion ? leur race d’origine ?
      Vous voulez fabriquer un fichier ethnique ?

       

       


    • Le péripate Le péripate 9 avril 2008 12:17

      Lerma est un troll masochiste : il n’aime rien tant que de se faire fouetter !

      J’aavis fait il y a quelques années un assez long séjour au Zim, pour un film sur les plantes médicinales. J’avais adoré cette "suisse" africaine, et je souhaite que ce pays puisse trouver sa voie, si le medecin FMI ne tue pas son malade...


    • Innsa 9 avril 2008 12:38

      l’auteur de l’article vient de decouvrir lerna


    • koudou 9 avril 2008 12:30

      Cela m’est arrivé tout près de l’hôtel Meikles. Le restaurant (le steack-house) est au premier étage, et le menu à l’entrée dans la rue affichait toujours le menu avec des steacks. En arrivant au premier, le serveur est venu me voir et m’a dit discrètement : "Sorry, Sir, we have only chicken rice for the moment".

      Quand j’ai demandé un coca, ils n’en avaient pas (d’ailleurs il n’y avait presque pas de coca dans toute la ville), seulement leur soda water.

      A la table d’à côté, il y avait deux personnes qui ont demandé un café à la fin du repas. Puis, comme il n’y en avait pas, un thé. Et comme il n’y en avait pas non plus, il a demandé s’il restait du soda water (il y en avait but pendant qu’il mangeait l’unique plat du restaurant, le chicken rice) et il a donc pris du soda water.

      J’étais particlièrement suffoqué par cette scène, parce que le patron d’un lieu superbe (le Kuimba Shiri au bord du Lac Chivero à une dizaine de kilomètres de Harare, un zimbabwéien blanc) m’avait conté une histoire semblable dont il rigolait et que je trouvais outrancière. Et cette anecdote m’est restée gravée dans l’esprit.

      C’était pendant mon dernier séjour fin septembre/début octobre.

      =============================

      Il m’est arrivé aussi d’autres aventures. En particulier, il n’y avait plus de viande de boeuf dans toute la ville, car Mugabe avait imposé un prix de vente de la viande qui était en dessous du prix coûtant de la vache et interdit l’abattage des vaches en dehors des abattoirs contrôlés par des membres du Zanu-PF.

      J’ai acheté au noir une vache vivante en dehors de la ville (en payant en USD) et ils l’ont abattue clandestinement de nuit pour me préparer du biltong (viande séchée qui se conserve assez longtemps) dont j’ai fait cadeau à mes amis locaux parce que ceux qui ne sont pas au Zanu-PF ne pouvaient plus avoir de viande.
       


    • Le péripate Le péripate 9 avril 2008 12:54

      Je me demande si je n’avais pas mangé dans ce restaurant. Un des côtés donne sur une galerie commerciale. La police y avait lancé des grenades lacrymogenes, peut-être pour déloger quelques indésirables. Tout le restaurant s’est retrouvé dans la rue, tous larmoyants, et... nous sommes partis sans payer !


    • frédéric lyon 9 avril 2008 12:29

      Je connais un peu le Zimbabwe pour y avoir vécu 2 ans, au début des années 80, et pour y être retourné depuis à de nombreuses reprises. A l’époque, le Zimbabwe s’appelait encore Rodhésie-Zimbabwe et la capitale s’appelait Salisbury.

      Mugabe a ruiné le pays. Il est impossible de dire autrement.

      Le drame du Zimbabwe vient de ce que l’ethnie dominante (les Shonas) est largement majoritaire dans le pays et que l’éthnie concurrente (les Ndebeles) est minoritaire et qu’elle vient d’Afrique du Sud (Il s’agit d’un clan du peuple Zoulou). Ce sont donc des "étrangers". Le pouvoir de Mugabe ne pouvait donc pas être remis en cause.

      Mugabe a voulu "africaniser", c’est peut-être légitime, mais "africaniser" une économie, qui était assez sophistiquée, aboutit tout simplement à la ruine. Pour les Français qui ne connaissent pas l’Afrique Australe, je précise que cette région d’Afrique, au même titre que l’Afrique qui est à l’autre bout du continent (Le Maghreb), a été une région de colonies de peuplement, et pas seulement de colonies de traites comme l’Afrique équatoriale française, par exemple.

      Ce qui veut dire que les économies de ces colonies de peuplement était beaucoup plus développées et complexes, que l’économie de pays comme la Côte d’Ivoire ou le Cameroun.

      Le résultat est qu’elles ont été ruinées complétement par le processus d’indépendance, tandis que l’Economie de pays comme la Côte d’Ivoire ne dépend pas de facteur interne mais seulement du cours mondial du cacao. La gestion interne sera tout aussi mauvaise, pour ne pas dire pathologique, en Côte d’Ivoire, mais le cours du cacao ne dépend pas de ça et les rentrées d’argent ne sont affectées que de façon marginale.

      Tandis qu’au Zimbabwe, Mugabe a ruiné tous les secteurs de l’économie sophistiquée installée par les blancs qui devaient parer un embargo international. Ce qui veut dire qu’il a ruiné successivement :

      1) l’industrie lourde (les fonderies de métaux),

      2) l’industrie légère (les industries de transformation du secteur agro-alimentaire, puis les entreprises du secteur primaire, les mines et les plantations (canne à sucre, cacao, thé, café),

      3) pour finir par ruiner l’agriculture qui alimentait le pays en denrées alimentaires (céréales, élevage, légumineuses, fruits et légumes).

      Le dommage est irréparable et personne n’investira aujourd’hui pour le réparer. Les investisements étrangers éventuels se borneront à remettre en route les plantations et les mines, le reste ne sera pas remis debout. 

      Il est assez probable que l’Afrique du Sud suivra peu à peu le même chemin que le Zimbabwe, la destruction de ce pays commencera dès que Mandela sera mort, un chemin de destruction et de ruine qui sera plus long car l’Economie de l’Afrique du Sud est un mastodonte qui sera très long à saigner à mort. De plus la communauté blanche se compte par millions d’individus et ne se laissera pas ruiner si facilement.

      On peut prévoir même des évènements politiques en Afrique du Sud, qui sonneront le glas de l’Histoire de la décolonisation en Afrique.

      Une Histoire de misère et de mort.

       


      • frédéric lyon 9 avril 2008 12:38

        "Cela m’est arrivé tout près de l’hôtel Meikles. Le restaurant (le steack-house) est au premier étage"

        Excusez-moi cher auteur, mais à mon époque le steak house était situé au rez de chaussée et c’était le restaurant gastronomique qui était situé au second. Mais celà a pu changer bien sûr.

        En fait, il y avait même trois restaurants au Meikles hotel !


        • koudou 9 avril 2008 13:27

          Non, ce n’était pas au Meikles, mais à côté.

          Aujourd’hui, il n’y a plus de steack-house au Meikles : il est devenu un bar supposé branché. mais il y a toujours le coffe-shop (la plate-forme face à l’accueil) où on peu avoir des sandwiches. Au premier, il y a deux restaurants. Un restaurant buffet (où on prend les petits déjeuners le matin) et le restaurant gastronomique qui s’appelle "La Fontaine"

           


        • frédéric lyon 9 avril 2008 12:48

          Koudou, ètes-vous certain de connaitre l’Afrique Australe autrement qu’en simple touriste ?

          Je vous cite :

          "Je ne suis pas le seul à le dire et à le constater. Doris Lessing ("Pleure, ô ZImbabw bien-aimé",......."

          Le roman de Doris Lessing s’appelle en réalité : "Pleure Ô mon pays bien-aimé" et son pays bien-aimé est l’Afrique du Sud et non le Zimbabwe, car Doris Lessing est Sud-Africaine.


          • koudou 9 avril 2008 13:31

            Ce que vous dites est totalement exact : le bouquin de Doris Lessing s’appelle bien "Pleure, ô mon pays bien aimé". Et il s’agit bien de l’Afrique du Sud.

            Cela dit, je ne faisais pas allusion à son roman, mais à un article qu’elle a passé dans le Monde Diplomatique en Aout 2003 (en tout cas en été 2003) et qui avait le titre que je cite, sans doute par référence à son propre roman.

            Mais merci de votre commentaire de commentaire qui a permis de souligner e clin d’oeil de Doris Lessing.


          • koudou 9 avril 2008 13:44

            M...

            J’ai toujours cru que c’était de Doris Lessing (dont je n’avais d’ailleurs pas lu ce bouquin).

            Cela dit Il me semble quand même qu’ele a vécu au Zimbabwe (je crois avoir lu un interview d’elle à ce sujet)


          • Makan 9 avril 2008 14:55

            "Pleure, ô mon pays bien aimé" est d’Alan Paton (et non de Doris Lessing) et concerne effectivement l’Afrique du Sud.


          • frédéric lyon 9 avril 2008 13:01

            Et pour couronner le tout "Pleure Ô mon pays bien-aimé" (Cry the beloved country) a été écrit par un auteur Sud Africain nommé Allan Paton et l’intrigue se déroule bien en Afrique du Sud !


            • koudou 9 avril 2008 13:21

              Je ne reviens pas sur l’action négative de Mugabe décrite dans ce commentaire. C’est factuel et indiscutable, et cela fait fait partie des grandes conneries de Mugabe. Cela dit, il ne l’a pas fait délibérément, mais par un mélange détonnant de racisme, d’incompétence économique et d’incapacité à obtenir de l’aide des pays occidentaux parce qu’il ne les comprenait pas.

              Cela dit, la réponse de la guerre économique des occidentaux (de la GB et des autres pays derrière) n’est pas plus jolie.

              Pour ce qui concerne les shona et les ndebele, il est vrai que les shona sont très largement majoritaires (80%) et que cela a failli très mal tourner au début de l’indépendance du pays avec ce qui aurait pu tourner en guerre ethnique entre la ZAPU (ndebele) et la ZANU (shona). Il y a d’ailleurs eu un mini-révolution qui a été réprimée dans le sang par le Zanu de Mugabe sans q’aucun pays occidental ne dise rien (à l’époque, Mugabe était dans les petits papiers de tout le monde).
              ZANU et ZAPU ont fusionné en 1987 pour former le ZANU-PF qui est donc mixte et est le parti dont la fondation remonte aux forces révolutionnaires, alors que le parti d’opposition de Tsavangirai (MDC, créé en 1996) est mal considéré par le Zanu-PF arce qu’ils sont en majorité étrangers aux actifs de cette révolution qui a donné l’indépendance au pays.
              Cela dit, même si les Ndebele (branche Zoulou comme le rappelle Frédéric Lyon) et les Shona (branche Shona) sont des groupes ethniques séparés, ils sont tous deux de la famille linguistique Bantou.

              Par contre, je reviens sur ce que dit le commentaire de très négatif sur le futur du pays où je ne suis pas aussi pessimiste que Frédéric.

              ll y a probablement une petite phrase dans son commentaire que les lecteurs n’ont probablement pas relevé tellement elle est discrète : " l’économie sophistiquée installée par les blancs qui devaient parer un embargo
              international". Ce petit bout de phrase est très important, car il est probablement à l’origine de notre vision différente pour le futur.

              Frédéric fait allusion à la première indépendance auto-proclamée par Ian Smith en novembre 1965, avec condamnation de la GB et de l’ONU, avec embargo international. A l’époque le pays disposait d’une forte population blanche qui était non seulement zimbabwéienne d’origine, mais aussi formée des anciens colons réfugiés depuis un an en provenance de la Zambie, Malawi, Kenya et Congo.

              Cette communauté blanche, subissant l’embargo, a donc retroussé les manches et a mis en place toute la chaine industrielle nécessaire à la fabrication de tout ce qui était nécessaire. Un travail remarquable et énorme fait principalement par les colons blancs en réponse à l’embargo international et qui a permis au pays de tenir bon lors des premières années d’indépendance.

              Je suppose que Frédéric fait allusion au fait que cette communauté blanche n’est plus là aujourd’hui pour reconstruire l’ensemble de toute cette industrie et que l’effort sera d’autant moins fait qu’il n’y aura plus la nécessité comme en 1965.

              Je n’ai pas la même vision que lui pour plusieurs raisons, dont la principale est que nous ne sommes plus dans les mêmes circonstances.

              Tout d’abord, en terme de savoir-faire, la population noire a su créer ses propres cadres, qui d’ailleurs sont pour la plupart réfugiés à l’étranger (une grosse partie des 30% de la population réfugiée hors du Zimbabwe) où ils occupent d’ailleurs souvent des postes de responsabilité opérationnelles. Beaucoup sont passés par les cycles de formation britanniques et titulaires de l’objectif suprême du master anglais.
              Ensuite, l’aide extérieure va revenir dans le pays lorsque Mugabe ne sera plus là, avec en plus une concurrence forte entre l’aide fournie par l’Asie et celle par l’Occident.
              L’enjeu est probablement celui des matières premières (ce qui justifie pleinement la pensée de Frédéric sur le développement des industries minières et agricoles), mais la présence d’un encadrement de qualité disponible me fait penser que l’exigence de contre partie pourrait être la remise en place progressive d’équipement industriels secondaires et même tertiaires importants.

              Le seul point qui me fait vraiment peur et qui rend le scénario de Frédéric possible est l’action très négative du FMI.

               

              En tout cas, merci mille fois à Frédéric de son commentaire dont j’apprécie grandement la qualité, la pertinence et la vision.


              • koudou 9 avril 2008 13:24

                Exact, c’est probablement celui-là : il a une entrée sur la rue et une sur le cntre commercial qui s’appele Grand quelque chose (je ne sais plus le nom)


                • Le péripate Le péripate 9 avril 2008 13:26

                  Rigolo...


                • Georges Yang 9 avril 2008 17:05

                   

                  Un si long article et pas un mot sur la haine contre les Matebeles ou Ndebeles orchestrée par Mugabe dès voire avant l’indépendance. Il n’y pas que Ian Smith dans le camp des racistes. Sans aller jusqu’à parler du Rwanda, Mugabe a instrumentalisé les Shonas pour etablir son pouvoir personel. Pas un mot sur Joshua Nkomo.

                  • faxtronic faxtronic 9 avril 2008 18:05

                    peux tu nous en dire un peu plus, sur les personnes que tu cite ?


                  • Georges Yang 9 avril 2008 20:09

                     

                    Ian Smith, c’est le pouvoir blanc après le refus de la décolonisation voulue par Londres. Un type rude, mais considérant la Rhodésie comme son pays, (en moins politique et plus romantique se souvenir de Di Caprio dans Blood Diamond : disant TIA that is Africa mais avec un attachement atavique à sa terre). Il fut combattu par Mugabe et des Shonas , sa tribu, mais aussi par d’autres. Vite, pour installer un pouvoir personnel, Mugabe déclencha la haine contre les Matebeles et contre Joshua Nkomo, un autre leader noir. Il s’en suivit torture, exécutions, humiliation. Mugabe est responsable de plus de morts noirs que le pouvoir blanc de Smith. Il mérite bien son surnom de petit Hitler noir et pas seulement à cause de sa moustache.

                  • koudou 9 avril 2008 20:09

                    C’est vrai, je n’ai pas parlé des Ndebele ni de Ian Smith, parce que c’était un papier d’analyse de la situation actuelle et que même s’i ces points étaient très importants autrefois, il ne sont plus au premier plan aujourd’hui.

                    J’ai du parler dans une des commentaires de la répression salnglante de la révolte Ndebele par Mugabe. Mais cela ne fait pas partie des points les plus importants dans la lutte actuelle, car, je le répète encore une fois, les deux forces en présence sont le ZANU-PF (pro Mugabe) et le MDC (anti Mugabe). Dans ces deux mouvements en présence, il y a des Shona et des Ndeble. Je ne connais pas le pourcentage parce que je crois que personne n’y fait spécialement attention.

                    Dire que Mugabe a "instrumentalisé" les shonas pour établitr son pouvoir ne e semble pas refléter la réalité.

                    En fait, il y avait plusieurs mouvements de lutte noirs contre les blancs. Le premier à avoir été créé a été celui des Ndebele par Joshua Nkomo en 1961 : la ZAPU. Les membres de la ZAPU étaient essentiellement Ndebele et habitaient majoritairement dans le Matabeland (la partie ouest du pays avec les deux villes importantes de Hwange et Bulawayo). Mugabe est shona et a donc créé en 1963 la ZANU qui est exactement la même chose que la ZAPU, mais pour les shona.

                    La ZAPU et la ZANU étaient tous les deux signatires des accords de Lancaster House, et ont présenté des candidats aux élections de 1980 avec des députés les représentant à l’assemblée.

                    En 1987, La ZAPU et la ZANU ont fusionné pour devenir le ZANU-PF (en fait, le ZANU utlisati déjà ce sigle alors que la ZAPU était devenu la FP-ZAPU). Et donc lle ZANU-PF partie au pouvoir, rassemble à la fois les shonas et les Ndebeles qui ont fait la révolution et l’indépendance du Zimbabwe.

                    Cela a l’air un peu linéaire, mais en pratique cela a été un peu plus compliqué, car Mugabe a été jeté en prison par Ian Smith en 1964 et n’a été libéré qu’en 1974 où il s’est enfui au Mozambique pour mener une luttre armée contre Ian Smith à partir du Mozambique à la tête du ZANLA qui étaiten pratique le bras armé de la ZANU. Le bras armé de la ZAPU était la ZIPRA (qui a abattu deux avions civils à la roquette et massacré les survivant - principlament femmes et enfants).
                    En 1982, Joshua Nkomo, alors que gouvernement, tente un coup d’état qui avorte, et Mugabe lance des représailles sur le Matabeland qui est en état de guerre civile. Bilan, 20000 morts. Pendant ce temps, Joshua Nkomo s’est réfugié à Londres. Il se réconcilie en 1987 lors de la fusion et meurt d’un cancer (de la prostate, je crois) dans la fin des années 90.

                    ============================

                    Cela dit, je ne connais pas suffisamment Mugabe (que je n’ai jamais rencontré) et donc, je ne sais pas s’il est raciste ou non. Je n’ai pas le sentiment qu’il le soit vis à vis des Ndebele. En tout cas, je connais assez bien certains de ses proches du monde politique et administratif, et je peux confirmer qu’ils ne sont pas racistes vis à vis des Ndebele.

                    Je crains que Mugabe ne soit préoccupé que par lui-même et que son seul objetif actuel soit de se retirer tranquilement an gardant l’impunité que lui confère actuellement sa position de président.
                    C’est quelque chose que serait à même de lui promettre Tsavangirai.

                     


                  • Georges Yang 9 avril 2008 20:35

                    Merci pour les precisions


                  • Internaute Internaute 9 avril 2008 18:59

                    Il arrive à la Rhodésie ce qui est arrivé à tous les pays d’Afrique où les noirs ont pris les commandes. Le drame sont ces pauvres fermiers blancs qui ont sué sang et eau pour défricher et cultiver dans des zones inhospitalières et à qui aujourd’hui on vole sans vergogne le fruit de leur travail. Les fermiers blancs se font massacrer comme en Afrique du Sud où déjà plus de 2.350 ont été assassinés. Ces crimes racistes ne soulèvent aucune indignation de la part de nos bien-pensants et donneurs de leçons habituels.

                     

                    Je me sens solidaire des fermiers blancs de Rhodésie. J’attends d’Hollande et Sarkozy qu’ils disent haut et fort : nous sommes tous des fermiers blancs rodhésiens. (je sais, je peux attendre longtemps).


                    • Georges Yang 9 avril 2008 21:06

                      Il faut se souvenir qu’a ’l’ independance,Mugabe a fait montre de reserve envers les blancs. Il a d’abord ecarte les opposants noirs, au moins un leader ndebele connu dont j’ai oublie le nom a ete assassine sauvagement.

                      Ce n’est que bien plus tard qu’il a lance les nciens combattants contre les fermiers.

                      La crise alimentaire par contre ne vient pas de cette eviction,car les blancs faisaient surtout du bovin et du tabac, pas trop de vivrier.


                      • frédéric lyon 10 avril 2008 16:22

                        "La crise alimentaire par contre ne vient pas de cette eviction,car les blancs faisaient surtout du bovin et du tabac, pas trop de vivrier"

                        ......................................

                        Euuuhhh.....non, pardonnez-moi. Les fermiers blancs cutivaient de tout, y compris des cultures vivrières, le maïs blanc, notamment. Au début des années 80, le Zimbabwe exportait 500,000 tonnes de maïs blanc par an et nourissait toute l’Afrique Australe (sauf l’Afrique du Sud qui se nourrit toute seule), car la bouillie de farine de maïs blanc est la nourriture de base de tous les Africains de cette région (au Zim, on appelle ça la "sadza", il me semble).

                        Ils produisaient aussi tout le blé, toute la viande (Le Zimbabwe était exportateur de viandes de porc et de boeuf), tous les légumes et tous les fruits dont le pays avait besoin.

                        Le Zim était une colonie de peuplement, le pays est incroyablement fertile si l’on est capable d’installer et de gérer un système d’irrigation, car le principal problème est la variabilité des saisons des pluies. Les colons produisaient donc de tout.

                        D’autre part, la géographie du pays était un atout formidable, car on peut diviser ce pays en deux régions principales :

                        le haut plateau (le "Highveld") à 1,500 mètres d’altitude, dont le climat permettait les cultures européennes (céréales, fruits et légumes de type "européen", élevages, tabac)

                        et le plateau inférieur (le "Lowveld"), au climat tropical, plus chaud et plus sec, qui permettait les cultures des denrées tropicales (riz, canne à sucre, café, cacao, légumes et fruits tropicaux).

                        Le potentiel agricole du pays est donc incroyablement varié, avec un seul problème à régler qui est l’irrigation.

                        De plus, comme ils ont été soumis à un embargo international, les blancs se sont mis à développer avec succès une industrie de transformation et notamment une industrie de transformation de leurs productions agricoles (minoteries, abattoirs, transformation de la viande de boeuf et de porc, conserves, laiteries, fromageries, bières, vins, boissons, transformation des céréales, buiscuiteries).

                        Tous les produits alimentaires et tous les produits de l’industrie légère (frigo, fer à repasser, ampoules, outillage, etc.) que l’on trouvait dans les super-marchés étaient fabriqués au Zim.

                        Le chômage (africain) était très faible et la population se nourissait sans problème. Il y avait bien sûr une différence énorme de niveau de vie entre la population africaine et la population européenne, mais il n’y avait pas de misère dans ce pays.

                        Ce que je dis là du Zimbabwe, est aussi vrai de l’Afrique du Sud, mais il faut multiplier par 100. L’Afrique du Sud n’est pas un pays d’Afrique, c’est carrément un autre monde. Le sort qui est réservé à ce pays, difficile de le prévoir mais on peut être un peu pessimiste à mon avis, sera un des problèmes politiques majeurs du monde du 21 ème siècle.

                        L’Afrique Australe est un des plus beau coin du monde, c’est aussi le coin d’Afrique qui a l’Histoire la plus complexe et la plus intéressante, ou les peuples africains sont les plus passionnants à regarder vivre et les plus aimables. Ce sont de grands artistes, il faut avoir eu l’occasion d’entendre les chants choraux du peuple Zoulou et de les voir danser leurs femmes et leurs guerriers, il faut avoir vu le travail des artisans Sothos ou Tswanas.

                        Vivement que je revois un jour les jacarandas en fleurs de Cecil Park et de Mazowe Avenue. Et Second Street, Enterprise Road, Mount Pleasant. Belgravia.

                        Et le Golf et le Jardin Botanique que je longeais tous les jours en voiture pour aller au boulot !!!!!

                        Et les cigognes qui se rassemblaient sur le terrain de polo du Club de Golf avant de s’envoler en escadrille vers l’Europe à la fin de l’été austral !!!!!!!! 


                        • koudou 10 avril 2008 18:52

                          Oui, cela s’appelle bien le sadza, et cela ressemble un peu à la purée de pdt en un peu plus compact. Délicieux avec un ragout de boeuf ou des boerwors (saucisse avec de la viande autre que le porc : boeuf, buffle, koudou ou sable).

                          Mais il est vrai qu’en valeur, l’exportation agricole principale était le tabac et que la plus grande partie de la richesse des grandes fermes venaient de cette plantation.

                          Cela dit, ne pas oublier les diamants industriels, le charbon (principalement de la région de Hwange où les chinois ont commencé à prendre le contrôle des mines) et surtout le platine dont le Zimbabwe était le second producteur mondial, place qu’il garde encore malgré la chute de 40% de sa production.

                          L’eau est effectivement un problème majeur dans une grande partie du pays. D’abord par le manque d’eau avec des sécheresses revenant à intervalles réguliers (dont deux succesives juste après la réforme agraire de 2000 déjà mal faite en soi, avec des conséquences désastreuses pour la production nationale vivrière), mais aussi par les inondations graves des orages d’été (donc principalement en décembre et janvier), avec comme victimes régulières les terres du lowveld près du Limpopo et le nord-est entre le Zambèze inférieur et les highlands.

                          On n’a pas parlé des erreurs du gouvernement concernant le maïs blanc...

                          La pénurie de maïs et son importation très difficile des pays voisins (du fait du manque de "hard currency", c’est à dire de n’importe quelle autre monnaie que le Z$) a dans un premier temps amené le gouvernement de Mugabe à subventionner les minoteries pour pouvoir acheter du maïs à l’étranger.
                          Mais on a vu apparaître des minoteries bidon (en fait des boites au lettres créées par des hauts fonctionnaires) qui ont touché des subventions pour acheter du maÏs, puis gardaient la subvention en revendant le maïs, parfois même sans qu’il ne quitte les silos.

                          Le scandale découvert, Le gouvernement s’est institué seul revendeur de maïs subventionné. Mais par manque de devises, ce gouvernement ne pouvait plus fournir assez car plus persone ne voulait leur faire crédit (avec de gros retards de paiement), et donc les minoteries ont acheté en direct sans être subventionnées avec pour conséquence la multiplication des prix de la farine de maïs par 4 à 6, et une protestation de la population.

                          Le gouvernement a alors imposé un prix maximum de la farine de maïs en jettant en prison ceux qui vendaient plus cher. Et comme les minoteries ne pouvaient plus acheter de maïs car il leur fallait vendre à très forte perte la farine fabriquée avec maïs, elles ont arrêté de produire, créant une gigantesque pénurie et un florissant marché noir.
                          Le gouvernement a donc du essayer de trouver des devises pour réalimenter le circuit de maïs, et comme il n’en avaient pas, ils se sont alimentés en devises sur le marché noir en imprimant des billets, créant ainsi un facteur supplémentaire à la perte de valeur du z$ avec des taux d’inflations qui sont ceux qu’on a pu voir.

                          ==============================

                          Concernant l’Afrique du Sud (dont on parle peu aujourd’hui), je crains comme Frédéric qu’il ne faille prévoir une crise autrement plus grave qu’au Zimbabwe, car cela risque d’être beaucoup beaucoup pllus sanglant que ce qui s’est passé au Zimbabwe.

                          Quand aux jacarandas en fleurs c’est une des raisons pour lesquelles je conseille fortement de visiter le Zimbabwe entre spetembre et octobre (avec un mois d’octobre qui peut être très très chaud certaines années). Oui, ces jacarandas d’un bleu improbable et magnifiques forment un paysage extraordinaire qui est probabement magnifié Union square (qui s’appelait autrefois Cecil Square). C’est toujours le cas aujourd’hui

                          Le golf devant lequel vous passiez, c’était le Royal ou le Chapman ?

                          De toute façon, les choses ont relativement peu changé dans le paysage urbain de Harare par rapport à celui de Salisbury..

                          Mais c’est vrai que l’Afrique Australe, mais j’irais même plus loin : du Zimbabwe, est un des plus beaux de tout le continent africain. Et le plus bel endroit est à mon goût Leopard Rock (à Vumba dans les Eastern Highlands).

                           


                        • Makan 11 avril 2008 03:18

                          @L’auteur

                          "Concernant l’Afrique du Sud (dont on parle peu aujourd’hui), je crains comme Frédéric qu’il ne faille prévoir une crise autrement plus grave qu’au Zimbabwe, car cela risque d’être beaucoup beaucoup pllus sanglant que ce qui s’est passé au Zimbabwe."

                          A qui la faute ?

                          Les Blancs ont commis tellement d’injustices dans cette région que la nécessaire normalisation sera douloureuse pour tout le monde. Parfois, il faut avoir le courage de tout casser pour rebâtir.

                          Le processus de décolonisation doit aller à son terme même si cela doit se faire dans la douleur. Cela passe par les reformes agraires, bien sûr, mais aussi par des choses moins importantes en apparence que le changement des noms des villes. C’est ainsi que Pretoria est entrain de devenir Tshwame.

                          Quand les Blancs Européens et Américains n’auront plus le monopole du pouvoir financier pour étouffer les peuples qui ne veulent plus leur rester soumis, le Zimbabwe renaîtra et l’Afrique tout entière renaîtront.

                          Et c’est pour bientôt.

                          Personne ne regrettera les fermiers blancs descendants de colons qui ont exploité pendant si longtemps la misère des populations noires.


                        • frédéric lyon 11 avril 2008 03:55

                          Cher ami, votre racisme vous égare.

                          Le processus de décolonisation est allé jusqu’à son terme et la marée est en train de repartir dans l’autre sens. Car la misère est bien trop grande aujourd’hui, et la chute terrifiante d’un pays comme le Zimbabwe est caricaturale.

                          Un language comme celui que vous tenez ici est tout aussi caricatural, il était encore admis il y a quelques années, mais il ne peut plus l’être aujourd’hui, il est devenu tout d’un coup ringard, car la réalité qu’il occultait ne peut plus être cachée aujourd’hui.


                        • Makan 11 avril 2008 04:30

                          @frederic lyon

                          Il y a-t-il plus raciste que les Blancs ? Tout le système occidental respire la haine des autres peuples.

                          C’est facile de retourner ce mot n’importe comment contre tout le monde alors que le racisme, ce sont les Blancs qui l’ont créé.

                          La situation au Zimbabwe est principalement due au système inique mis en place par les Blancs (sanctions de toutes sortes) et qui va s’effondrer tôt ou tard.

                          Ne vous en déplaise, le processus de décolonisation continue. Il sera mené à son terme jusqu’à ce que les seuls Blancs restants dans ces pays, s’il en reste, soient vraiment ceux qui le méritent et non des descendants de colons arrogants.

                           


                        • frédéric lyon 11 avril 2008 09:36

                          Le processus de décolonisation est terminé et votre présence chez nous est la preuve qu’il a échoué.

                          Le peuple Zimbabwéen est dores et déjà prêt à accueillir tous ceux qui voudront venir l’aider à reconstruire leur pays. Je compte m’y rendre bientôt sur invitation, car ils savent que je suis leur ami, ils n’ont pas beaucoup d’amis, et ils savent à présent que vous êtes leur ennemi, un loup qui se pare de la toison d’un mouton et qui leur a menti. 

                          L’heure est aux batisseurs et non aux destructeurs et aux affameurs comme vous. Qu’avez-vous à leur apporter, sinon de nouvelles destructions et de nouvelles famines ?

                          Votre temps est fini.


                        • Le péripate Le péripate 11 avril 2008 09:43

                          Ah, Lyon, ma mine préférée de sophismes en tout genre. "Votre présence ici est la preuve de l’échec de la décolonisation" . De quoi est la preuve la présence de nombreux Français à Londres ? De quoi est la preuve la présence de nombreux Américains à Paris ?

                          Vous vous relachez, Lyon.


                        • koudou 11 avril 2008 09:50

                          Je crains que le racisme ne soit pas un monopole ... racial.

                          En effet, s’il faut chercher des exemples de racisme des blancs contre les noirs ou en trouve aussi facilement que lorsqu’on cherche des exemples de racisme des noirs contre les blancs. Et exarcerber les courroux par conviction raciste quelque soit votre couleur ou votre racisme n’est certainement pas la meilleure façon de voir ce qui pourrait être meilleur pour le futur de tous.

                          Concernant ce que vous dites, il y a plusieurs choses dont j’aurais souhaité que vous ne les écriviez pas.

                          "Les blancs ont créé le racisme" est une aberration. En particulier si vous le faites sur une base historique, car le racisme était déjà très fortement marqué dans tous la majorité des peuples avant même l’époque chrétienne. Je n’insiste pas, vous trouverez facilement des exemples illustrant mon propos.

                          " Tout le système occidental respire la haire des autres peuples". Non, c’est totalement faux. Le système occidental est un système partisan et égoïste et pas raciste. AInsi par exemple, tout ce qui n’est pas britannique est un ennemi pour les britannique qui doit doit être soumis ou combattu. Idem pour le Japon (dont on peut estimer qu’il est dans le système occidental aujourd’hui). Si on prend l’exemple des Américains, ils ont quand même eu leur plus grosse guerre civile entre ceux qui étaient cotre l’esclavage et ceux qui étaient pour. Et ce sont qui étaient contre qui ont gagné.

                          "La situation au Zimbabwe est principalement due au système inique [de sanctions] mis en
                          place par les Blancs". C’est le théorie de Robert Mugabe.
                          Mais la responsabilité de la situation est partagée, car s’il est vrai que les britanniques (qui sont blancs) ont mis en place ce système, force est de constater que Robert Mugabe n’a pas tenté d’expliquer aux autres blancs non britanniques les raisons et s’est braqué contre tout l’occident en général qui du coup se sont trouvés naturellement dans le cap britannique.
                          Le dernier sommet africain est pourtant un exemple de ce que les non britanniques peuvent ne pas suivre aveuglément, puisque Mugabe a particié au sommet de Lisbonne ...

                          "Le processus de décolonisation continue". De nouveau, c’est faux. En tout cas, si vous parlez du Zimbabwe. Sauf que ce n’est pas fait par les blancs, mais par les jaunes. En quatre ans, tout le monde a pu le constater dans la rue. Et je me suis accroché verbalement violemment avec des chinois du fait de leur attitude arrogante en 2006, et j’ai eu des relations tendues avec un groupe de chinois cotoyé en 2007.

                           

                          Bref, je vous recommande d’essayer d’être un peu plus lucide que ce que vous écrivez, d’essayer de voir ce qui se passe des deux côtés et de prendre le temps de relire et de réfléchir avant de faire envoi.


                        • frédéric lyon 11 avril 2008 10:27

                          Le Peripate : La lecture de vos trois lignes de commentaires prouve que vous êtres un grand connaisseur en matière de sophismes en tous genres.

                          Comparer ce qui n’est pas comparable, c’est un sophisme n’est-ce pas ?

                          Le Peripate, vous n’êtes pas un contradicteur d’un niveau suffisant pour qu’un débat avec vous puisse avoir un intérêt quelconque. Ne vous étonnez donc pas que je ne perde pas trop de temps à vous répondre à l’avenir.


                        • Le péripate Le péripate 11 avril 2008 10:41

                          Tout à fait, comparer ce qui n’est pas comparable est un sophisme. C’est pour ça que l’on peut éclairer un sophisme par un autre.

                          Je sais bien que votre intelligence est immense, aussi, ne perdez pas votre précieux temps à me répondre, mais permettez que de temps en temps, je souligne à l’intention d’autres lecteurs quelques unes de vos perles, ne serait-ce que pour pouvoir comparer le cristal de vos pensées avec la boue de mes ruminations.


                        • Makan 11 avril 2008 15:30

                          @frederic lyon

                          Je vis chez moi en Afrique. Donc votre argumentation ne tient pas.

                          Au cas où vous ne le sauriez pas, je vous informe que nous sommes près de 750 millions de subsahariens dont la très grande majorité n’a aucun projet d’émigration vers l’Europe. Heureusement pour vous d’ailleurs parce que quand on voit les soucis que vous causent l’infime minorité d’Africains tentant d’aller en Europe, vous seriez vite débordés.

                          En revanche, les Zimbabwéens ne devraient pas laisser entrer sur leur territoire des individus comme vous.

                          Pars ailleurs, quand allez-vous enfin comprendre que l’Internet est mondial et qu’on peut s’y connecter aussi depuis l’Afrique et participer à des débats sur un site hébergé en France ?

                          @l’auteur

                          Vous devez être ce genre d’Européens, qu’on rencontre de plus en plus en Afrique, qui se sont donné pour mission d’expliquer aux Africains à quel point les Chinois sont dangereux pour eux. C’est l’hôpital qui se fout de la charité.

                          J’en ai rencontré et je leur rappelle toujours qu’il est difficile de faire pire que les Blancs en Afrique. Quatre siècles d’esclavage, un siècle de colonisation, 50 ans de néocolonisation qui continue d’ailleurs dans bien des pays Africains (vous connaissez la "françafrique" ?). Que voulez-vous que les Chinois fassent de pire que tout cela ? Votre nouvelle vertu d’humaniste ami des Africains fait sourire. Vous êtes des hypocrites qui craignez que ce continent ne vous échappe et que l’Africain ne finisse par relever la tête. C’est là votre seule et unique motivation.

                          C’est bien dommage parce que vous avez écrit un article que je trouve assez bien équilibré sur la situation au Zimbabwe.

                          Ne vous en déplaise, ce sont les Blancs qui ont porté le racisme au rand d’idéologie pour asseoir leur domination. Et donc ce sont bien eux qui l’ont créé tel que nous le connaissons aujourd’hui. Les autres peuples se contentaient de se dire supérieurs ou de mépriser les autres. Les Blancs en ont fait une idéologie. Dans un premier temps à travers une interprétation particulière des Ecritures bibliques et ensuite à travers la théorie de l’évolution. Pourquoi croyez-vous que les évolutionnistes blancs s’acharnent, sans preuve, à faire de l’Afrique le berceau de l’Humanité ? C’est une façon de laisser entendre que les Africains sont le modèle primitif de l’Homme. Et le plus drôle, c’est que beaucoup d’Africains y croient et en sont fiers. Pour une fois que quelque chose de "bien" vient d’Afrique, si tant est que l’on puisse considérer que l’Homme est quelque chose de bien...

                          Le résultat de tout cela a été des massacres sans nom perpétrés au nom d’une idéologie de suprématie raciale. Et cela continue.

                          Même votre inquiétude pour le Zimbabwe et l’Afrique du Sud vient de cette idéologie raciste dont vous avez été nourri depuis le berceau et qui vous fait croire les Noirs sont incapables de diriger. Donc ces pays sombreront dans le chaos quand les Blancs ne seront plus là. Sauf que vous oubliez que, dans un monde jusqu’à maintenant dominé par l’homme blanc avec son idéologie raciste, on a systématiquement étouffé les pays dirigés par les Noirs. Mais cette situation est entrain de changer avec l’émergence de vraies puissances non blanches comme la Chine. D’où, encore une fois, votre inquiétude.

                          Avec des amis comme vous, les Zimbabwéens n’ont pas besoin d’ennemis.

                           

                           


                        • frédéric lyon 11 avril 2008 16:21

                          "En revanche, les Zimbabwéens ne devraient pas laisser entrer sur leur territoire des individus comme vous"

                          Vous me faites rire, occupez-vous donc de vos affaires.

                          Mais, d’une certaine façon, vous avez raison au sujet de la rivalité entre la Chine et les Occidentaux à propos de l’Afrique qui regorge de matières premières qui intéressent les industries de transformation des deux principaux pôles économiques du monde d’aujourd’hui et du monde à venir.

                          Je suppose qu’ils se partageront le gâteau et qu’ils emmeneront chez eux ce qui leur faut. Il y a de la place pour tout le monde.

                          En revanche, ils ne s’intéresseront plus, ni les uns ni les autres, aux populations locales, ni aux productions de biens ou de services qui ne seront pas destinées à l’exportation. 

                          Je pense donc que ces populations locales seront peu à peu confiées à la responsabilité d’organisations internationales dépendantes de l’ONU, telles que le FMI, la FAO, etc. qui géreront les infrastructures, les systèmes de santé, l’approvisionnement en nourriture, et tous les autres services collectifs de base. 

                          Les gouvernements locaux n’éxerceront plus qu’une autorité territoriale nominale et travailleront sous le contrôle de la communauté internationale. Les autorités locales seront de simples fondés de pouvoirs mais les apparences seront sauves. Toutes ces institutions internationales sont déjà installées sur place, pratiquement dans tous les pays d’Afrique, et elles fonctionnent déjà comme des doublons des administrations autochtones, qu’elles suppléent et qu’elles remplacent déjà dans les faits. 

                          Il n’y aura pas de mise sous tutelle globale et affichée, mais une solution pour chaque pays adaptée à chaque cas. On appelera celà l’interdépendance ou le droit d’ingérence, ou la mondialisation, et celà intéressera aussi le domaine politique, et pas seulement l’économie et l’administration. Voyez Robert Mugabe, il ne va pas pouvoir se maintenir au pouvoir, malgré l’envie qu’il en a, car la terre entière le regarde !

                          Si vous lui demandiez aujourd’hui ce qu’il en pense, il dirait que c’est un attentat contre l’indépendance, mais ce n’est en fait qu’un attentat contre SON indépendance d’autocrate, et tout le monde se fout de l’indépendance du Zimbabwe, à commencer par le peuple zimbabwéen lui-même, qui ne demande qu’à manger à sa faim et qu’on respecte certaines convenances. Et c’est tout.

                          Donc, je vous le répête, votre temps est fini, c’est une autre époque de l’Histoire de l’Afrique qui commence.


                        • Makan 11 avril 2008 16:38

                           

                           

                          @frederic lyon

                          "Je pense donc que ces populations locales seront peu à peu confiées à la responsabilité d’organisations internationales dépendantes de l’ONU, telles que le FMI, la FAO, etc. qui géreront les infrastructures, les systèmes de santé, l’approvisionnement en nourriture, et tous les autres services collectifs de base. "

                          C’est votre vieille utopie que vous je vous ai déjà vu développer sur d’autres fils de ce site. Vous vous faites beaucoup d’illusions comme lorsque vous pensez que l’Occident continuera à jouer un rôle prépondérant dans le monde à venir.

                          L’Occident a perdu de sa superbe. Elle n’est plus capable de dire au monde ce qu’il faut faire et bientôt plus personne ne l’écoutera. Pendant ce temps, vous êtes entrain de vous faire coloniser.

                          C’est cela votre réelle inquiétude.

                          Robert Mugabe peut partir. Cela ne changera rien au déroulement des choses.

                          C’est effectivement une nouvelle Histoire de l’Afrique et du monde qui commence sans la domination des Blancs.

                           

                           


                        • frédéric lyon 11 avril 2008 19:28

                          Tenez Malkan, je vous laisse méditer sur ceci :

                          Du NOBS :

                          Jacques Diouf, Directeur Général de la FAO a estimé que cette hausse des produits alimentaires "avait un impact dévastateur sur la sécurité de nombreux peuples et sur les droits de l’Homme".
                          Le directeur général a énuméré les pays où la hausse du prix du pain a déjà provoqué des émeutes : Mauritanie, Cameroun, Burkina Faso, Ethiopie, Indonésie, Egypte, Maroc, Côte d’Ivoire, Sénégal, Madagascar, Philippines et Haïti.

                          L’Afrique est particulièrement bien représentée dans cette liste misérable.

                          La décolonisation est terminée, elle a porté ses fruits en Asie, mais elle a porté des fruits amers en Afrique et dans le monde Arabe, notamment, et il va falloir inventer autre chose dans ces régions.

                          Comment des pays qui ne peuvent pas se nourrir et dont les populations sont en déshérence au point d’aller se noyer en mer pour s’échapper, pourraient-ils rester "indépendants" au sens que l’on donnait à ce mot il y a seulement dix ans ?

                          N’est-ce pas à la FAO et à l’ONU de prendre la direction effective de ses pays et la gestion de leurs populations ?

                          Car ce ne sont pas les Occidentaux, ni les Chinois qui voudront prendre ces populations à leur charge et entreprendre une recolonisation en bonne et due forme.

                          On va donc garder le terme "indépendance" mais on va en modifier le sens.


                        • Makan 11 avril 2008 22:27

                          @frederic lyon

                          "Le directeur général a énuméré les pays où la hausse du prix du pain a déjà provoqué des émeutes : Mauritanie, Cameroun, Burkina Faso, Ethiopie, Indonésie, Egypte, Maroc, Côte d’Ivoire, Sénégal, Madagascar, Philippines et Haïti.

                          L’Afrique est particulièrement bien représentée dans cette liste misérable."

                          En attendant que la crise se propage chez vous. En fait, vous ne comprenez rien. C’est le système occidental qui est entrain de s’effondrer sous la poussée des puissances émergentes. Et bien sûr, les pays que ce système a toujours maintenus dans la misère en souffrent mais vous n’êtes pas et ne serez pas épargnés non plus. En fait, je crois que ce sera plus grave chez vous, dans vos sociétés décadentes, quand tout s’écroulera et c’est vous qui risquez d’avoir besoin de ces organismes criminels que vous avez créés et qui ont depuis toujours contribués à ruiner les peuples autour de la planète.

                          Il y a une information que vous ignorez peut-être. Le FMI est contraint de vendre ses bijoux de famille pour faire face à la crise. C’est que l’organisation maffieuse traverse une crise sans précédent depuis sa création. Les puissances émergentes sont entrain de lui tailler des croupières dans son aire de jeu habituel (les pays pauvres). Le même sort attend toutes les structures criminelles (FAO, ONU, OMS, BM) créées par l’Occident pour opprimer.

                          La Chine vient de casser le monopole d’Areva au Niger (monopole mis en place depuis les années 60) et ce pays qui vient en retour de lui apporter son soutien pour les JO. Elle a déjà effectué le plus gros investissement jamais réalisé en Afrique subsaharienne en apportant des capitaux dans une banque subsaharienne, proposé pour 5 milliards de dollars d’infrastructures à la RDC. Et la liste des petits investissements est très longue là où l’Occident nous toujours tout pris en ne nous laissant que des miettes.

                          L’Inde vient également de tenir chez elle un sommet avec les pays africains.

                          Je sais que les puissances émergeantes, loin d’être des philanthropes, ne sont pas connes non plus. Elles ne laisseront pas survivre le système mis en place par les Occidentaux. La Chine, par exemple, sait que son seul véritable ennemi est l’Occident (comme on l’a vu depuis quelques jours avec le parcours de la flamme olympique). Et je fais le pari que, loin de vous aider dans votre entreprise criminelle de paupérisation généralisée des peuples, les nouvelles puissances se chercheront des alliés en aidant par exemple les pays africains et bien d’autres à se relever pour le cas où - hypothèse à ne pas écarter- il leur faudra se résoudre à vous botter vos culs blancs. Elle sait qu’elles pourront compter sur nous qui attendons une revanche depuis si longtemps.

                          Pour le bien de l’Humanité, la fin de l’Occident criminel approche.

                           


                        • frédéric lyon 11 avril 2008 03:41

                          A mon époque (début des années 80) le golf dont je parle s’appelait le Royal Salisbury Golf Club. Chapman est plus loin de la ville si je me souviens bien. J’habitais à Mount Pleasant et je me rendais à mon boulot (Second Street / Gordon Avenue) par Second Street Extension ou par une petite route qui longeait le golf (de l’autre côté) et le Jardin Botanique.

                          Vous m’apprenez que Cecil square a changé de nom. Oui bof ! Union square c’est pas mal, c’est comme Union avenue quoi, mais je préfére Cecil square. Je ne connais pas Leopard Rock, je n’ai jamais mis les pieds aux ruines de Zimbabwe et je n’ai jamais vu les chutes !!

                          Le site naturel qui m’a le plus impressionné : la tombe de Jameson et de Rhodes à World’s End, près de Bulawayo.

                          Mon plus grand souvenir, du genre "vieux colon british" à la Rudyard Kipling : Une nuit passée au Royal Bulawayo Club à Bulawayo, vieux club anglais où les femmes n’ont pas droit de séjour, elles sont seulement admises à la salle de restaurant et au bar à condition d’avoir été invité par un membre du club. 

                          Le club a été fondé par Cecil Rhodes soi-même vers 1880/90 et c’était un grand honneur d’y être invité par un membre, seul façon d’ être admis à y passer la nuit. Early morning tea, servi par un waiter en livrée à 4 heures tous les matins, puis breakfast à 6 heures dans la grande salle de restaurant réservée aux membres, avec boiseries en bois précieux, vaisselle en porcelaine et argenterie en argent massif, et trophées de chasse partout sur tous les murs. Et un waiter en uniforme au garde à vous derrière chaque convive assis à une table.

                          Et un portrait de Sir Cecil tronant au milieu de ce décor irréel !!

                          Vous avez raison, le Zim est le plus beau pays du monde. J’ai bien aimé aussi le Lesotho (beaucoup plus pauvre), le lac Malawi, Johannesburg et la province du Cap. Pour moi Capetown est la plus belle ville du monde, en tous cas le site est impressionnant, adossé à Table mountain. Et le cap des Aiguilles et le cap de Bonne Espérance, la fin du monde africain.

                          Pour en revenir à a politique, je crois que Bob va être obligé de passer la main, mais c’est un coriace !

                           

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