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Accueil du site > Actualités > International > Apprentissage du capitalisme pour investisseurs chinois

Apprentissage du capitalisme pour investisseurs chinois

Les investisseurs chinois ont déployé une frénésie sans précédent dans un pays qui vient de s’ouvrir au capitalisme du fait du marché des actions en Chine qui a pris plus de 500 % en l’espace de deux ans. Quand certains analystes de mauvais augure jouaient les Cassandre pour alerter contre l’explosion prochaine de la bulle, les marchés corrigeaient un moment avant de repartir à la hausse de manière encore plus spectaculaire...

En fait, tout comme le marché, les investisseurs étaient euphoriques et se congratulaient mutuellement de leur mise sur telle ou telle action qui s’était appréciée de 20 et parfois de 30 fois ! C’était l’an dernier.

Entre-temps, la crise américaine des subprimes et les pressions inflationnistes aidant, l’indice de la bourse de Shanghai a plongé de 45 % par rapport à son pic d’octobre dernier et le lundi 31 mars - clôture du premier trimestre 2008 - a-t-il connu sa plus forte chute jamais enregistrée depuis sa création. Les autres bourses asiatiques sont également fragilisées ou même parfois dans une situation encore pire : en Inde et au Japon, les indices boursiers ont régressé de plus de 30 %, au Vietnam la bourse a perdu la moitié de sa valeur provoquant le mécontentement - voire la panique - de nombreux petits investisseurs qui y avaient misé toutes leurs économies quand ce n’était pas leur rente de retraite. Certains pays ont même connu un début d’insurrection avec par exemple l’effigie du patron de la banque centrale brûlée en Inde et un défilé de pleureuses à Ho Chi Minh ville.

Certes, l’économie chinoise dont la croissance est toujours très solide ne sera que très peu affectée de cette correction substantielle de sa bourse, mais il n’en reste pas moins que les petits spéculateurs ont été rudement touchés. Pourtant, l’économie réelle pourrait à son tour être atteinte si cette chute devait s’accentuer car les grosses entreprises chinoises ont, parfois secrètement en tout cas toujours agressivement, misé en bourse et l’on estime que 15 à 20 % de leurs profits générés l’an dernier sont redevables à des gains boursiers. Ainsi, des entreprises à vocation industrielle et commerciale, disposant d’excédents de liquidités, ont-elles voulu imiter les investisseurs privés afin de doper leurs bénéfices. De fait, JP Morgan a estimé qu’environ 150 millions d’investisseurs se sont rués sur les bourses l’an dernier. Certes, ce chiffre ne représente qu’une faible proportion dès lors qu’il est comparé à une population d’1,3 milliard, mais le fait est que ces dernières années de hausse ininterrompue des bourses ont vu l’émergence d’une nouvelle classe sociale qui se retrouve à présent sur le carreau. Effectivement, les sociétés de courtage avec écrans géants où les spéculateurs - souvent des retraités - venaient passer la journée à jouer aux cartes et à manger tout en gardant un œil sur les courbes qui ne faisaient que monter se sont multipliées en Chine... Tout le monde ou presque s’y était mis, du cireur de chaussure à l’agent immobilier, en passant par la femme de ménage à tel point que ces maisons de courtage avaient dû compartimenter les investisseurs en différentes salles en fonction des sommes investies afin de les mettre à l’aise...

Ces investisseurs, qui préfèrent ne plus regarder les écrans maintenant, ont laissé exploser leur colère dès lors qu’ils ont compris que les investisseurs institutionnels avaient liquidé leurs investissements avant la fin de l’année dernière ! Restés seuls à présent, ils provoquent çà et là des mouvements sociaux que la presse chinoise a de plus en plus de mal à dissimuler. Et ce n’est qu’un début car les bourses mondiales sont engagées dans un cycle baissier qui durera quelques années.


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3 réactions à cet article    


  • Forest Ent Forest Ent 4 avril 2008 12:50

    Tout à fait vrai, encore une fois.

    Le SSEC a déjà perdu 50% depuis 6 mois. La disparition des bourses chinoises ne signifie pas nécessairement celle du développement, car les "entreprises" chinoises sont très peu cotées.

    Pour savoir ce que vaut vraiment la croissance chinoise, il faut attendre encore un peu la récession aux US et dans l’UE, la baisse de leurs importations, la fin de la chute du dollar et de la hausse des matières premières, en particulier alimlentaires. Alors nous arriverons au moment de vérité et nous saurons si la Chine est un pays en voie de développement ou bien un sweatshop géant et une arrière-cuisine de la mondialisation.

    Et c’est là que se trouve l’enjeu premier de cette crise.


    • ZORBA 5 avril 2008 14:14

      entierement de cet avis,comment avoir peur de la chine ,celle ou 100millions de chinois s’en sortent bien et les autres ,1milliard 200 millions crevent la faim avec 1 2 euros par jour de salaire.

      PAUVRE MONDE PSEUDO SOCIALISTE OU REIGNE LA CASTE DU PARTI DIT "COMMUNISTE",

      et ou se rebeller mene directement en prison !!!


    • Lisa SION 2 Lisa SION 8 avril 2008 12:29

      Belle clarté et claire visibilité

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